A/N: bonsoir chers lecteurs. Voici un nouveau chapitre, l'avant dernier. La suite arrivera rapidement, très rapidement.

Bonne lecture a tous,

Sweety


Teresa, une jeune esclave, est acheté par Jane, un homme riche, contre l'esclave. Se passe au milieu du 19eme siècle. Univers Alternatif.


Chapitre 27


Un personnage solitaire se tenait devant la pierre tombale familiale dans le cimetière près de l'église. Enveloppé d'un manteau sombre, la silhouette s'accroupit devant la tombe et arracha les mauvaises herbes envahissantes.

-" C'est mieux comme ça" grommela-t-il, satisfait du nouvel état de la tombe. " C'était trop sale. J'espère que vous me pardonnerez de venir si tard."

Le vent commença à souffler, comme une réponse. Avec un doux sourire, l'adolescent aux cheveux noirs se pencha vers l'inscription Lisbon et caressa tendrement les lettres. L'enterrement avait eu lieu il y a deux semaines, et c'était la première fois qu'il avait réussi à se faufiler hors de la maison pour rendre visite à la personne récemment décédée.

-" Je ne m'inquiète pas de ce que disent les gens" ajouta-t-il avec détermination. " Quelles que soient les rumeurs ici, je viendrai la semaine prochaine pour mettre des fleurs sur la tombe, comme nous l'avons fait avec mère quand elle est morte."

Un autre silence suivit, pendant lequel il baissa respectueusement la tête. Des bruits de pas résonnèrent derrière lui. Il sut sans se retourner à qui il allait être confronté.

-" Êtes-vous prêt à partir ? " Demanda-t-il au nouveau venu, sans perdre la pierre tombale de vue. Une voix d'homme répondit avec douceur :

-" Nous le sommes. Je suis venu pour vous signaler notre départ."

-" Bien" répondit-il avant de se tourner vers l'homme blond, vêtu d'un costume trois-pièces noir, une marque de respect face à la situation de l'adolescent. " Maintenant, je vais vous demander de ne jamais revenir ici. Ma famille a assez souffert par votre faute et je ne veux pas la blesser d'avantage par vos visites."

-" Je comprends" l'homme blond hocha la tête. Tous deux se regardèrent. Le plus jeune avait des cernes sous les yeux et le plus âgé fit de son mieux pour rester droit. Les deux semblaient sur le point de succomber à la fatigue due aux derniers jours, mais aucun ne voulait baisser la garde en face de l'autre. L'adolescent brisa le silence en premier:

-" Dites adieu à Chris pour moi. Et j'espère qu'il me pardonnera un jour. C'est le mieux que je puisse faire pour lui. "

Le blond hocha la tête une fois de plus.

-" Je ferai passer votre message à votre frère. Avez-vous quelque chose à dire à Teresa ?"

Raymond Lisbon sourit amèrement avant de se tourner de nouveau vers la tombe, et regarda de nouveau les lettres gravées formant le nom de son père. Peter Lisbon.

-" J'ai eu une sœur par le passé, M. Jane. Elle est morte il y a deux ans et est revenue il y a deux semaines pour prendre la vie de mon père. Je souhaiterais juste qu'elle n'ait jamais existé" ajouta-t-il tranquillement. " Mon père serait alors encore parmi nous."

Il retourna à sa contemplation de la pierre tombale et Jane sut qu'il n'obtiendrait rien d'autre de lui. Alors, il tourna les talons et s'éloigna, pas si malheureux que ça, remettant son chapeau sur sa tête. A partir de ce jour, trois personnes -Teresa, Christopher et lui-même - ne reviendraient jamais. Et il ne pouvait tout simplement rien ressentir d'autre que de la satisfaction à ce sujet.

-Slave-

Teresa soupira et appuya sa tête contre le mur le plus proche, en fermant les yeux. Le trajet sur la route cahoteuse s'était passé dans un silence complet depuis qu'ils avaient quitté le manoir Lisbon, et ni Cho ni Julian n'étaient enclin à faire la conversation avec elle. Même s'ils essayaient de lui parler, elle répondait par monosyllabes sans quitter le paysage des yeux. Sa main monta à son cou et y effleura le petit pansement. C'était juste un carré destiné à protéger le côté gauche par mesure de précaution, et même s'il n'y avait rien que l'on puisse appeler une blessure en dessous, cela la brûlait à chaque fois qu'elle posait un doigt dessus.

La voiture heurta un rocher sur la route et elle ouvrit les yeux. Julian était profondément endormi, la tête retombant contre son siège, la bouche ouverte et bavant. Elle sourit légèrement avant de tourner son attention vers Cho. L'homme asiatique était encore plus silencieux, et elle savait qu'il était encore un peu en colère contre elle. Même si elle n'avait pas l'intention de laisser Jane, elle pouvait sentir son mécontentement envers son attitude qu'il avait pris comme un caprice ou un test, et elle ne pouvait pas lui en vouloir.

Ce n'était rien d'autre qu'un caprice. Et le pansement à son cou était la marque de sa liberté nouvellement acquise.

-" Je ne te permettrai pas de me laisser encore Mary" grogna-t-il. " Ne me force pas à faire cela, tu sais que je vais tirer." Elle ne bougea pas. Il appuya sur la gâchette.

Quelque chose de chaud effleura son cou. Teresa était en état de choc. Il avait tiré. Il avait tenté de l'abattre ou presque …

" Ne me laisse pas !" ordonna-t-il de nouveau. " Ou je ne te manquerai pas cette fois."

Elle ne voulait pas montrer sa peur. Elle tentait de ne pas montrer sa peur. Si elle le faisait, elle serait à sa merci, à leur merci.

-" Adieu père" dit-elle encore avant de se tourner vers la sortie et s'éloigna. Le sang tambourinait dans ses tempes et elle pouvait sentir l'accélération des battements de son cœur à chaque pas qu'elle faisait, peur qu'il ne tire de nouveau et cette fois ... Le son atteint ses oreilles d'une manière déformée. Une chaise tomba sur le sol. Des voix criaient avec colère, crainte, elle crut reconnaître les voix de Bosco ainsi que de son frère Raymond ... mais elle était trop effrayée pour regarder. Elle avait presque atteint la porte de la salle à manger quand elle repéra deux visages. Cho et Julian, dans une tenue plus formelle, qui l'attendaient, le visage pâle et une expression d'inquiétude, pour elle.

-" Vous allez bien ?" Lui demanda le cuisinier avec inquiétude.

Teresa hocha la tête et n'ouvrit pas la bouche. Si elle n'avait jamais vécu l'incident avec John le Rouge, elle savait qu'elle aurait été en larmes et tremblante. Pourtant, si elle avait reprit le contrôle de son corps, elle ne pouvait en dire autant de sa voix. L'écho d'une plaque que l'on casse la fit regarder par-dessus son épaule.

Bosco était debout en face de son père, tenant son bras dans une main, le pistolet était dans la main de son frère, Raymond. Ce dernier regardait l'arme avec prudence, une lueur de crainte et de fascination dans le regard. Tommy n'avait pas levé la tête de son assiette, et Chris les regardait nerveusement se battre. Malgré l'envie de revenir et de prendre son petit frère dans ses bras, elle savait qu'elle ne pouvait pas le faire. Si elle voulait oublier son passé cela incluait... laisser sa famille derrière. Lorsque leurs regards se croisèrent de nouveau, elle détourna les yeux.

-" Allons-y" dit-elle, et quand elle parla sa voix ne trembla pas.

Teresa soupira et ferma les yeux, ce qui lui permit de se détendre. Avoir laissé son frère derrière serait toujours son plus grand regret, elle le savait. Mais pour l'instant, elle sentait qu'elle n'avait pas d'autre choix. Rien qu'elle ne puisse faire.

-" Vous allez bien ?"

La voix de Cho interrompit ses pensées et elle cligna des yeux avant de le regarder. Malgré sa mauvaise humeur, il l'avait protégée quand même, surtout depuis qu'il avait entendu parler de sa grossesse et elle lui en serait toujours reconnaissante. Elle permit un petit sourire de naître sur ses lèvres et hocha la tête.

-" Je vais bien, merci."

Et elle le pensait.

Le voyage se termina plus vite qu'elle ne le pensait et, quand elle sortit de la voiture, elle sentit comme si les dernières semaines n'avaient été qu'un mauvais rêve. A son retour, comme prévu, ils l'accueillirent comme si elle n'était jamais partit, juste avec un léger changement, apparemment. Elise avait répandu le mot qu'elle pourrait être enceinte. Les conséquences en étaient que Van Pelt lui interdit d'effectuer la moindre tâche fatigante, Julian lui prépara un plat spécial -comme il avait prit l'habitude de le faire pour Van Pelt, Emma venait la voir toutes les quinze minutes et Rigsby était devenu extraordinairement obéissant. Seulement quelques jours s'écoulèrent avant que le retour de Jane ne soit annoncé.

Florin était arrivé la veille à cheval. Il n'avait pas été surpris par la présence de Teresa et avait simplement demandé à ce qu'elle soit bien habillée quand les autres allaient arriver. Van Pelt demanda un nettoyage complet de la maison et la femme brune fut mise de côté malgré ses protestations. Cette nuit-là, Teresa ne dormit pas. Elle n'avait pas de vêtement portant son parfum pour la réconforter, et l'excitation et l'inquiétude de le revoir après leur dispute n'aidait pas non plus. Tournant et roulant dans son lit de femme de chambre, elle finit par se lever avant tout le monde et but son thé favori, assis sur un banc dans le jardin.

Le matin semblait passer lentement, car une fois que Van Pelt l'eut aidé à enfiler sa robe, elle ne fut pas autorisée à s'approcher de quoi que ce soit qui puisse salir ses vêtements. Heureusement, un peu après midi, Emma repéra quelque chose au loin et Florin, juste derrière, confirma.

-" Ils sont là! Tout le monde! M. Jane est de retour!"

Toute la maison sembla se précipiter vers la porte avant à l'annonce. Un chariot poussiéreux et boueux ralentit et s'arrêta devant les portes. La première chose que Teresa remarqua quand elle arriva, c'est que Jane n'était pas seul. La voiture était trop grande pour une seule personne, et elle savait que même s'il avait tendance à dépenser son argent, Jane ne le faisait jamais inutilement. La porte s'ouvrit et il fut le premier à descendre.

Son rythme cardiaque augmenta à sa vue et pendant quelques secondes, le monde cessa d'exister. Il avait l'air pâle et fatigué de son voyage, et s'ils avaient été seuls et en bons termes, elle se serait précipitée pour le prendre dans ses bras, le serrer fort et ne jamais le laisser partir. Mais elle ne le fit pas. Elle garda juste ses yeux sur lui, alors qu'il descendait de la voiture et se dirigeait vers elle, saluant en retour ceux qu'il croisait sur son chemin. Contrairement à ce qu'elle pensait, il ne s'arrêta pas. Il murmura simplement quand il passa près d'elle:

-" Nous devons parler, mais plus tard. Nous avons des invités pour le moment."

Elle le regarda, se demandant si c'était toute l'attention qu'elle allait recevoir, mais il lui embrassa le front doucement et s'éloigna. Elle retourna son attention vers le chariot et spécula sur l'identité de ces personnes mystérieuses. Mashburn et Harper revenaient-ils avec lui ? Pourquoi Florin ne leur avait-il pas dit ? Était-ce la raison pour laquelle elle devait porter une tenue de soirée? Toutes ses pensées furent oubliées quand elle aperçut l'enfant aux cheveux noirs descendant les marches de la voiture.

-" Chris ?" Cria-t-elle, interloqué par sa présence. " Qu ..."

Le visage de son frère se détendit quand il la vit. Sans réfléchir deux fois, il couru vers ses bras ouverts et étreint sa taille.

-" Teresa ! Tu m'as manqué !" dit-il gaiement, sa voix étouffée par ses vêtements. Elle l'embrassa en retour, encore stupéfaite de le voir ici. Quand il rit, Teresa ne put s'empêcher de sourire à son tour et s'agenouilla pour le tenir serré contre elle. C'était la première fois qu'elle pourrait vraiment enlacer son petit frère. Elle cligna des yeux pour chasser les larmes qui menaçaient de tomber.

-" Dieu, Chris, qu'est-ce que tu fais ici ?"

-" Il va venir avec moi" répondit une autre voix familière. Quand elle releva la tête, Teresa fut surprise de rencontrer les yeux gris de Sophie Miller. L'emprise de Christopher se serra autour de ses épaules et son visage s'enfouit profondément dans son cou. Il était effrayé par quelque chose, et elle ne parvenait pas à comprendre de quoi il s'agissait exactement. Alors, elle lui caressa les cheveux doucement et regarda la femme plus âgée.

-" Pourquoi ?" Demanda-t-elle sur un ton ferme.

-" Parce que mon mari est décédé il y a quelques années, me laissant seule sans enfants et je ne veux pas que ma fortune soit gaspillée. Il est le troisième fils d'une famille qui n'aura pas besoin de lui dans l'immédiat. Nos besoins sont liés" ajouta-t-elle en s'approchant : " J'ai besoin d'un héritier et les Lisbon on un enfant à perdre."

-" Allez-vous l'adopter ?" Demanda Teresa, sa voix légèrement tremblante. Cela signifiait qu'une seule chose. Quelque chose s'était passé là-bas, au manoir, et cela ne pouvait pas être bon.

Sophie Miller hocha la tête.

-" Nos chevaux ont besoin d'être nourri et reposé. Il leur faudra quelques heures."

Elle se mordit la lèvre inférieure, sachant que cela signifiait qu'elle n'avait que peu de temps avant leur départ. Alors, elle hocha la tête et remercia la femme avant de se lever, de prendre l'enfant par la main et de se diriger vers les jardins.

-Slave-

La plus grande partie de l'après-midi fut consacrée à son frère. Elle le présenta à ses collègues et amis, lui courait dans les jardins et elle profita de sa présence autant qu'elle le pouvait. Teresa savait que le temps était écoulé quand elle vit Mme Miller devant la porte. La femme était habillée pour le départ, tenant ce qu'elle reconnaissait comme étant la veste de Chris.

-" Christopher" l'appela-t-elle d'un ton plus doux. Le garçon regarda rapidement vers elle. " Nous partons, mais j'ai encore besoin de parler à ta sœur."

Le garçon se mordit la lèvre inférieure et jeta un regard désespéré à sa sœur. Teresa savait qu'il ne voulait pas la quitter, qu'il l'a suppliait silencieusement de trouver une raison pour lui de rester. La jeune femme se mit à genoux à côté de lui à contrecœur et attrapa ses joues de ses mains, comme elle le faisait toujours quand il était peu enthousiaste à propos de quelque chose.

-" Vas-y Chris" chuchota-t-elle, appuyant son front contre le sien. " Tu seras très bien. Mme Miller va prendre soin de toi, et je suis sûr que je te verrai bientôt."

-" Tu me le promets ? " Demanda-t-il d'un ton plein d'espoir. Elle sourit tristement et caressa ses tempes doucement avec ses pouces, comme elle le faisait toujours quand il était proche.

-" Je ne peux pas. Je vais essayer, mais je dois rester ici maintenant. Promets-moi que tu seras un bon garçon et que tu écouteras Mme Miller."

Il hocha la tête et du bout des lèvres l'embrassa sur la joue avant de se diriger à l'extérieur. Elle détestait les longs et déchirants adieux et de se séparer ainsi semblait être le seul moyen de lui faire espérer qu'ils se reverraient plus tôt qu'il ne le pensait. Elle savait que Jane et Miller se verraient encore de temps en temps de toute façon. Une fois que sa silhouette eut passé le chambranle, Miller se retourna vers la jeune femme.

-" Je vais être franche. Peter a-t-il vraiment tiré sur Marie ?"

Teresa cligna des yeux à sa question et la dévisagea avec incrédulité. Devant son hésitation, la femme soupira et ajouta des explications:

-" J'ai entendu des rumeurs sur la mort de votre mère. Je veux juste savoir si je devrais avoir pitié de votre père ou pas."

-" Si je vous dis ce que je sais" répondit immédiatement Teresa, " me donnerez-vous la vraie raison derrière l'adoption de mon frère ? Je ne pouvais pas me résoudre à lui demander."

La femme haussa les épaules et laissa tomber froidement:

-" J'accompagnais Patrick pour le manoir de votre famille quand nous sommes tombés sur une cérémonie funéraire. L'aîné, Raymond Lisbon, je pense, nous a accueillit à la place de votre père. Plus tard, Thomas Lisbon nous a dit que Peter s'était tiré une balle dans son bureau, quelques jours après votre départ. Christopher a trouvé son corps et était en état de choc. Votre frère a pensé qu'il serait mieux pour lui de quitter le manoir pour de bon. Lui et son autre frère sont des partenaires avec Bosco dans son entreprise, ce qui fait de lui leur tuteur, dans une certaine façon."

Mais l'attention de Teresa s'était perdue à la troisième phrase. S'est tiré une balle. Son père s'était tiré une balle. Il était mort... et elle ne ressentait aucune douleur. Rien. Elle leva son visage et réalisa que Miller la regardait toujours avec intérêt. Alors, elle fit ce qu'elle devait:

-" Je n'étais pas là quand ma mère est morte" sa voix sonnait un peu fausse. " Mais je savais qu'elle et mon père ne s'étaient pas mariés par amour. C'était un mariage arrangé. Elle voulait le quitter après que ses parents soient morts et qu'elle ait hérité de leur fortune... et mon père a refusé. Je me souviens de leurs disputes, lui la menaçant de ne pas partir ou elle le regretterait. Je ne sais pas si il l'a tuée."

-" Pensez-vous qu'il l'a fait ? " Insista-t-elle, la regardant avec une telle intensité que cela l'a fit presque frissonner. La jeune femme secoua la tête.

-" Mon père était une personne très solitaire obsédé par son départ. Je veux croire qu'il ne l'a pas fait."

-" Même si il a délibérément tiré sur vous?"

Teresa secoua la tête et répondit sèchement:

-" Il était bon avec nous. Je n'oublierai jamais ce qu'il nous a fait, mais je veux toujours garder ce souvenir."

Rien ne fut dit pendant quelques instants, elles regardèrent juste l'autre fixement en silence. Soudain, Sophie dit:

-" Et d'ailleurs" ajouta-t-elle avec un sourire amusé : " Félicitations. Les rumeurs disent que vous êtes enceinte, était-ce un mensonge ou quelque chose de réel ?"

La jeune femme ne put s'en empêcher. Elle ne savait pas ce qui l'ennuyait, mais elle ne put arrêter la rougeur qui s'étendit sur son visage. Le visage de Miller se radoucit et elle se retourna pour partir.

-" Adieu Teresa, et ne vous inquiétez pas, je traiterais bien Christopher."

Alors qu'elle a disparu sur le seuil, Teresa savait qu'adopter son frère était juste une autre façon de faire amende honorable avec sa mère et Jane. Elle avait le même regard, il y a plusieurs mois, quand elle était venue leur rendre visite après l'incident avec John le Rouge. Quand elle avait parlé de l'accident ce jour-là, elle avait la même expression triste et un peu coupable.

" Sylvia n'aimait pas Patrick, mais il la savait fidèle. Kristina était déçue de voir qu'elle lui était fidèle. Et elle savait aussi que Patrick était sincère envers elle. Un jour, elle a payé des hommes pour poursuivre la voiture de Sylvia, juste pour lui faire peur. Ces gens n'étaient pas exactement ... doux dans leur mission; elle s'est transformée en une véritable chasse. Ils ne savaient pas que sa fille était avec elle et la voiture a fini par quitter la route. Sarah mourut instantanément, d'après le médecin, mais il a fallu quelques heures de plus pour que Sylvia meurt. Patrick était hors du pays à ce moment là, en raison d'un nouveau contrat qu'il tentait de signer avec une société étrangère. Il a tout appris de Minelli, je suppose." Elle soupira et ajouta sur un ton plus doux: " Il déteste Kristina à cause de ce qu'elle a fait, et il me déteste pour ce que je n'ai pas fait, j'aurais pus l'arrêter, j'avais le pressentiment que cela finirait mal. Mais je ne l'ai pas fait. Je n'ai rien fait et c'est une chose que je regretterai toujours."

-" Teresa?"

La jeune femme leva la tête lentement et remarqua que son fiancé était debout à la porte de leur chambre à coucher. Juste après le départ de Miller, elle avait couru vers la sécurité de la chambre de Jane -leur chambre- et avait fixé la voiture jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière les arbres de l'allée, sachant que son frère serait dans de meilleures mains que s'il était resté chez eux. Jane ferma la porte derrière lui et s'approcha.

-" Comment s'est passée la réunion ?" Demanda-t-elle dans une tentative pour engager la conversation, le silence entre eux était quelque chose qu'elle ne voulait pas pour le moment. " As-tu signé le contrat ?"

Il ne répondit pas tout de suite, la regardant avec une expression qu'elle ne pouvait pas exactement définir.

-" Je n'y suis pas allé. Mashburn et Harper me tiendront au courant."

Comme si ses paroles avaient été un déclencheur pour ses sentiments blessés, il avança, les yeux brillants de colère. Comme un réflexe, elle recula contre le mur, attendant une réaction.

-" As-tu la moindre idée de la peur j'ai eu ?" Grogna-t-il avec colère. " J'ai demandé à Sophie de me rejoindre à mi-chemin parce que je n'étais pas sûr si je pourrais gérer de rencontrer ton père sans devenir fou. Quand nous sommes arrivés, ils enterraient quelqu'un." Il s'approcha, son visage à quelques millimètres du sien, la main serrant fermement son poignet. " Et tu n'as aucune idée du soulagement que j'ai ressentis de voir que ce n'était pas toi qu'ils enterraient."

Elle se mordit la lèvre inférieure. Il poursuivi, en ignorant la grimace sur son visage.

-" Et quand j'ai entendu ce qui s'est passé pendant ton séjour ... as-tu une idée de ce que ces personnes auraient pu faire si Julian ou Cho n'avaient pas été là ? Si tu avais vraiment été seule ? Qu'aurais-tu fais si tu n'avais pas pensé à prétendre d'être enceinte ?"

-" Je... je suis enceinte."

Les mots quittèrent sa bouche avant même qu'elle ne puisse les arrêter. Les yeux de Jane s'élargirent de surprise et il relâcha légèrement son emprise. Devant son expression stupéfaite, elle ne put s'empêcher de laisser échapper un rire nerveux : croyait-il vraiment que c'était une imposture ? Voulait-il simplement qu'elle soit enceinte?

-" L'es-tu vraiment ? " Demanda-t-il, presque timidement, comme s'il ne voulait pas la croire. " Ce n'était pas juste une excuse ?"

Elle hocha la tête, ne sachant pas si elle pouvait sourire. S'il était trop tôt pour sourire comme si tout allait bien.

-" Elise dit que je le suis. Et ... eh bien, tu connais Elise et ses prédictions…"

Comme en réponse à son affirmation, une soudaine vague de nausées la frappa de nouveau et elle dû repousser son bras et prendre la chose qui ressemblait le plus à un seau. Il commençait à se calmer, elle ne voulait pas qu'il soit de nouveau grincheux parce qu'elle avait vomi sur sa chemise blanche. Quand elle recula cependant, elle réalisa que le « seau » était en fait un vase très raffiné dont elle savait le prix, car Van Pelt lui avait dit qu'il l'avait acheté sur une impulsion, et Cho avait été livide. Ses joues la brûlèrent immédiatement quand elle entendit un bruit étrange venant de lui, comme s'il s'étouffait avec quelque chose. Et quand elle osa lever les yeux, elle fut prise au dépourvu quand elle le vit ravalant ce qui devait être un grand éclat de rire.

-" Allonge-toi" ordonna-t-il, essayant de ne pas éclater de rire. Trop soulagé de voir son changement d'humeur, elle s'exécuta immédiatement et sentit son corps se détendre dans la seconde lorsqu'il toucha le matelas.

-" Désolée pour le vase" murmura-t-elle en fermant les yeux.

-" Meh, ne t'inquiète pas pour ça, je me suis toujours demandé pourquoi je l'avais acheté de toute façon" répondit-il nonchalamment, assis sur le bord du lit. " Je suppose qu'il a été utile finalement."

Elle tendit la main pour prendre la sienne et le tira vers elle. Jane comprit le message et il se coucha à côté d'elle à une distance respectable. Une simple étincelle et elle sut ce qu'il voulait faire à cet instant, mais pour une quelconque raison il n'osa pas. Alors, elle lui prit la main et la reposa sur son ventre. Un sourire authentique naquit sur ses lèvres avant qu'il lui embrasse la tempe. Teresa savait qu'elle était à moitié pardonnée et pour l'instant, c'était assez pour elle.

-" Je suis toujours en colère contre toi" dit-il, comme s'il lisait dans ses pensées. Le ton n'était pas aussi réprobateur que quelques minutes plus tôt, car il était un peu distrait par les dernières nouvelles. Mais ce sentiment s'estompa assez rapidement. D'une certaine façon, elle savait qu'il n'était pas vraiment en colère.

-" Je sais. Je suis désolée" murmura-t-elle sincèrement, ouvrant les yeux. Ses doigts touchèrent son visage timidement, effleurant l'arête de son nez et sa bouche avec tant de légèreté, comme si elle craignait qu'il ne la quitte si elle allait trop vite. Il s'appuya contre sa paume et embrassa son poignet.

-" Je te tuerai si jamais tu me quittes de nouveau."

Même si son murmure envoya des frissons le long de son dos, il ne l'effraya pas ni ne la mit en colère. Elle avait connu plus de menaces qu'elle se souciait de se rappeler de beaucoup de gens, son père, ses propriétaires, des gens qui ne la connaissaient même pas... à chaque fois elle avait cette crainte lancinante qu'ils exécuteraient cette menace en raison de la lueur inquiétante dans leurs yeux. Tout comme les autres, elle savait que celle de Jane était vraie.

Peut-être pas exactement de la même manière. En fait, il y avait une différence.

Après tout ce temps, elle ne le connaissait, pas complètement, mais assez bien. Comme elle le regardait dans les yeux, elle ne pouvait presque lire les différentes émotions qu'il ressentait en ce moment. Peur, de la perdre comme il avait perdu sa précédente épouse, excitation, d'être à nouveau père, les restes de la colère dû à son départ, le soulagement de la tenir... Tandis qu'ils parlaient pour l'intimider et la garder sous contrôle, il le faisait pour la garder près de lui, et c'était suffisant pour éloigner la peur.

-" Bon" murmura-t- elle en retour, l'étreignant et reposant sa tête sur son torse. " Parce que je n'ai pas l'intention d'aller où que ce soit."


TBC…


A/N2: et voilà pour ce soir. J'attends vos commentaires.

Bonne nuit tous le monde.

Sweety 21/12/13