Bonjour à tous !
J'espère que vous allez bien et que le changement d'heure ne vous a pas trop décalé. Ce n'est pas le sens qui me dérange le plus. Celui du printemps est vraiment le plus dure pour moi.
Pour le reste, mon CDD s'est terminé Jeudi, j'ai un peu les boules mais j'espère que ma directrice pourra obtenir le poste supplémentaire qu'elle demande. Dans ce cas, je suis presque sûre de l'avoir pour au moins trois mois, voire même dis mois.
Ceci étant, je pars pour Rome lundi matin, le chapitre suivant sera dans une quinzaine de jour puisque dans le même temps, je passe un concours qu'il faut que je révise.
Autre bonne nouvelle, j'ai du chauffage et par le plus grand des miracles et grâce à mon opiniâtreté, ma robinetterie va être changée mais attention, pas par n'importe quoi ! De la robinetterie italienne de luxe s'il vous plait ! Bah oui, en France, il n'existe plus de robinetterie aux normes de mon appartement.
En gros, ils vont payer cher et je vais avoir ce que je veux mais en mieux.
Réponses aux commentaires :
Choupette50 : Je suis un dictateur et je l'assume. Il est possible que John et Sherlock ait pu consommer leur relation mais je pense que la peur de l'inconnu et de la société pour John et des sentiments trop fort pour Sherlock pourrait les amener à ce type de situation. Même si l'envie ne devrait pas leur manquer aux vues des évènements des derniers mois. Le dictateur que je suis va maintenant jouer avec vos nerfs et ceux de Sherlock en lui faisant expérimenter une nouvelle fois la jalousie.
Patte-de-Neko : Vive Ivan qui va se retrouver bien malgré lui au milieu d'une relation qu'il avait espéré pour son ami mais dont il ne pensait pas faire partie.
Nikitta68 : Wouah, tu me vouvoies ? Alors ça, c'est vraiment bizarre. J'ai l'impression d'avoir 10 ans de plus. Ceci étant, l'anniversaire de mon ami c'est très bien passé et mon ménage aussi. Je prends donc quelques heures pour vous écrire le chapitre suivant.
Amy W. Key : Un hippopotame sait-il danser ? En voilà une bonne question à poser aux plus éminents spécialistes de ce bel animal. Le style est volontairement détaché, je ne voulais pas tomber dans le misérabilisme et le trop plein d'émotion et de pitié qu'il est facile de mettre dans ce genre de circonstance. Le contexte historique est indispensable pour moi, pauvre historienne qui étudie les conséquences de cette guerre et les erreurs que l'espèce humaine s'obstine à répéter.
Barjy02 : Si j'arrive à mettre un peu de réalisme dans les scènes d'intimité entre John et Sherlock, j'en suis très heureuse. J'ai découvert que peu de déportés ont eu la possibilité et les capacités émotionnelles de se replonger dans l'horreur de la guerre. Il n'y a donc pas tant de témoignages que cela.
Electre1964 : Une relation « impressionniste », j'aime cette définition.
Rhéa : Sherlock est tellement plongé dans ses émotions qu'il ne maitrise pas qu'il est normal qu'il fasse ce type de déclaration à la mort. C'est tout ou rien avec lui, c'est normal, c'est un sociopathe ! Comment ça tu rates des bouts de Doctor Who pour lire ma fic ? Non mais t'as pas honte ? J'en suis flattée mais tout de même lol.
Glasgow : Merci de ta fidélité à toute épreuve et des reviews que tu laisses avec la régularité d'un métronome.
Cyrise-sevens : Ivan aura encore un rôle à jouer dans les chapitres à venir. J'aime particulièrement ce personnage. En plus, si tu relis bien les passages sur ce personnage, tu verras qu'il possède des connaissances dont John et Sherlock auront grandement besoin.
ChocolatePeanut : Ils paraissent peut-être déjà comme un vieux couple mais l'époque veut aussi que peu de couple s'engage sexuellement avant un petit moment. Et puis les années 40 et la sexualité homosexuelle, ça ne fait pas vraiment bon ménage. Ivan est un personnage qui me passionne vraiment. Merci de ta fidélité et de ton avis objectif.
Liseron : C'est le problème de John, avec son grand cœur, il peut se retrouver dans une situation délicate vis-à-vis de Sherlock.
Fishina : Je continue, je continue !
Si vous relisez un peu les chapitres où apparait Ivan, vous saurez ce qu'il peut apporter à John et Sherlock.
Résumé des chapitres précédents : John Watson, médecin militaire lors de la Seconde Guerre Mondiale, libère, avec sa division, le camp de concentration de Mauthausen dans le Nord de l'Autriche. Il y rencontre un prisonnier du nom de Sherlock Holmes. Cette histoire raconte les évènements qui suivent, depuis leur rencontre jusqu'à leur retour à Londres. John veille à la santé de Sherlock et Sherlock veille sur la vie sentimentale de John. Cette tâche sera facilitée par la colocation qu'ils vont entamer au 221b Baker Street. Lors d'une remise de médaille, John est blessé par balle en protégeant la Reine Elizabeth de l'attaque de l'un de ses patients. Inquiet et jaloux de l'intérêt que la famille royale porte à son colocataire, Sherlock parvient, avec l'aide de sa mère, à le faire transférer à Holmes Manor afin que le médecin y passe une convalescence au calme et près de lui et des siens. Mais le calme n'est pas nécessairement ce qu'il va avoir. Il découvrira que le métier de détective est plus dangereux que le métier de soldat.
Note de l'auteur : Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.
Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite story ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.
A tout à l'heure en bas …
Bises
Magdaline.
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Chapitre 32
Si Ivan avait su que son séjour finirait de cette manière, il n'aurait pas entamé ce long voyage depuis son pays natal. S'il avait su que son séjour finirait de cette manière, Ivan aurait certainement fait les choses d'une autre manière. Pourtant, il avait fait tout cela, il avait aidé son ami dans ses problèmes personnels et le voilà dans cette situation plus qu'embarrassante. Jamais il ne se serait cru capable de faire cela. Sa mère lui avait pourtant appris cette leçon dès qu'il avait commencé à s'intéresser aux autres d'une manière plus amoureuse qu'amicale.
On ne doit jamais s'immiscer dans un couple et quand bien même on ne s'en rende pas compte, il fallait à tout prix se préserver de la jalousie de l'un et de l'incompréhension de l'autre.
Jusqu'à présent, Ivan s'était toujours tenu éloigné des couples, trouvant dans sa solitude puis dans sa relation avec Patya, tout l'épanouissement dont il avait besoin. Depuis la mort de son amant, il s'était concentré sur sa propre reconstruction physique et psychique, trouvant dans l'écriture et le recueil de témoignages, un exutoire à sa propre peine.
Mais aujourd'hui, dans cette bibliothèque où une tempête faisait rage, Ivan n'était pas à sa place. En paiement des soins apporté par John dans les semaines qui avaient suivi la libération de Mauthausen, Ivan s'était promis de répondre à tous ses questionnements concernant les relations entre hommes telle que celle dans laquelle John et Sherlock était engagée. Il aurait dû se méfier mais quelques jours plus tôt, il ne pensait pas que son intervention pouvait amener à cette situation.
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Quelques jours plus tôt.
L'arrivée d'Ivan avait bouleversé le petit monde bien ordonné de Sherlock. Le nouvel arrivant prenait une importance de plus en plus grande dans la vie de la maisonnée, occupant John et Maud de manière quasi-permanente.
Depuis, sherlock se sentait abandonné par les personnes qui lui étaient les plus proches. Maud s'était prise de passion pour ce russe, dont la vie avait été détruite par la folie d'un seul homme. Il n'était pas rare de les voir converser tous deux autour d'une tasse de thé, Maud, en mère aimante, écoutant patiemment les peines de cet homme qui avait tout perdu lors de ce terrible conflit.
Maud était une romantique dans l'âme, inutile de le nier. Elle l'était d'autant plus qu'elle avait perdu son époux très tôt et s'était depuis lors consacré à son rôle de dame de compagnie et de mère. Si elle appréciait de recueillir les confidences de son amie et de ses filles, elle aurait préférer recueillir celles de ses propres enfants. Enfants qui ne parlaient pas d'eux et encore moins de leur profession, laissant Maud dans le flou le plus total et l'inquiétude la plus grande.
Elle trouvait avec Ivan, un parfait palliatif à ce manque de confidence de ces fils. De cet étranger, elle connaissait tout ou presque. Après quelques hésitations, l'homme s'était confié sur sa relation avec Patya, déposant au pied de cette étrangère, le sentiment de manque et de solitude qui le tourmentait depuis la mort de son amant.
Maud s'était efforcée de le réconforter, l'interrogeant sur les croyances de son peuple et mettant en évidence l'entrée de son amour au paradis des justes. Elle comprenait le désespoir du jeune homme bien mieux que ce dernier ne l'aurai cru. Et même si leur religion était différente, la finalité était toujours la même.
Maud lui raconta qu'elle avait perdu son époux très jeune et que le détachement dont avait fait preuve ses fils l'avait beaucoup affecté quoiqu'elle en montra. Le fait de ne pas savoir ce qu'ils ressentaient ou ce qu'ils pensaient lui avait été insupportable à l'époque. Elle avait appris à vivre avec, se contentant des rares instants que Sherlock lui accordait lorsque les émotions devenaient trop fortes. Mycroft, lui, ne montrait jamais rien en sa présence. Même lorsqu'ils étaient seuls.
Ivan avait écouté avec autant d'attention que Maud l'avait fait avec lui, laissant la vieille dame, à son tour, déposer son fardeau à ses pieds.
Ce que ces deux derniers n'avaient pas prévu, c'était la présence de Sherlock derrière la porte, écoutant, la rage au ventre, sa mère se confier à un inconnu. Il aurait cent fois préféré que cette dernière se confie à John, voire même à lui, même s'il n'était pas l'homme le plus patient du monde. Mais non, sa mère avait trouvé une oreille attentive en la personne de cet inconnu qui prenait la place que Sherlock estimait devoir lui revenir. A cet instant, Sherlock se sentait bafoué dans son rôle de fils.
Il s'en serait bien ouvert à John qui, comme tout bon médecin et amoureux, se serait fait un plaisir d'accueillir ses confidences au creux de son épaule réconfortante. Seulement voilà, John aussi était occupé ailleurs. Trop heureux de retrouver son ami et admiratif de son travail tout au long de son voyage jusqu'en Angleterre, John s'était proposé de présenter son travail à tous les éditeurs de Londres et de Grande Bretagne s'il le fallait. Il était prêt à tout pour que ce livre paraisse, montrant à tous que les souffrances étaient universelles. Malheureusement pour Sherlock, entre son travail à la clinique qu'il avait été autorisé à reprendre, les examens cliniques du colonel Whitehall auxquels il voulait participer et la recherche d'un éditeur pour son ami, John n'avait plus beaucoup de temps à lui accorder.
Le peu qu'il pouvait obtenir du médecin, Sherlock le consacrait à lui prouver combien il l'aimait.
John, très heureux de toutes ces petites attentions, et très préoccupé par ses responsabilités, ne voyait pas l'homme qu'il aimait sombrer dans un marasme qui aurait pu passer pour normal pour lui s'il ne s'accompagnait pas d'un rejet total de tout enquête.
En effet, le détective s'était volontairement coupé de toute forme d'investigation, trouvant dans la solitude retrouvé un calmant qu'il ne connaissait plus. Il aurait pu se replonger dans les drogues, trouver l'oubli dans une solution à sept pour cent et revenir à ses démons pas si vieux au final.
Mais non, revenir à ses démons voudrait dire qu'il perdait le contrôle sur sa vie et rien ne l'inquiétait plus que cela. Perdre le contrôle.
Allongé sur le canapé du salon, il réfléchissait, les mains jointes sous le menton. Il avait surprit une conversation entre John et Ivan qui l'avait bouleversé. Le russe ne parlant que très peu l'anglais et John ne parlant pas le russe, la conversation ne pouvait pas être approfondie. Pourtant, le sujet de cette discussion avait déstabilisé le détective.
John, dans toute son innocence d'hétérosexuel, en été venu à demander des conseils à son ami concernant leur relation. Comme s'ils étaient incapables de trouver des solutions par eux-mêmes.
En peu de mot et avec difficultés, John avait expliqué que les sentiments qui les unissaient étaient très forts. Il avait exposé leur situation, ses sentiments et ses interrogations, demandant implicitement à son ami de l'aider dans la bonne marche de leur relation.
Furieux, le détective s'était retiré, incapable de supporter ce que cela impliquait.
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S'il était resté un peu plus longtemps à espionner derrière cette porte, il aurait entendu le rire tendre du russe qui, loin de se moquer de l'inexpérience des deux hommes, rassura John quand à ses interrogations. Elles étaient tout à fait normales pour un homme en aimant un autre alors que toutes les sociétés condamnaient ce type d'amour.
En substance, Ivan se livra sur ses propres interrogations et sur sa propre expérience. Il lui expliqua que sa relation avec Patya n'avait pas été aussi apaisé que ce qu'il croyait. La pression de leur famille à les marier, alors qu'ils vivaient l'un pour l'autre en totale clandestinité, avait été insupportable, les disputes à ce sujet avaient été nombreuses, entrainant des séparations aussi courtes que nécessaires. Tous deux avait été élevé dans l'idée que le mariage était une finalité, que le travail était le seul ciment qui maintenait leur vie et qu'un mariage d'intérêt était toujours plus solide qu'un mariage d'amour.
Ivan s'était résigné en quelque sorte, il avait épousé une jeune femme issue de la bourgeoisie russe, aussi lesbienne qu'il était gay et ils avaient fait leur vie chacun de leur côté. Mais cela, c'était avant qu'il ne rencontre Patya, son opposé aussi bien physiquement que mentalement. Ivan retrouvait beaucoup de sa relation avec Patya dans la relation qu'entretenaient John et Sherlock. Leur opposition physique aussi bien que morale, les principes de John et le manque de ceux-ci en Sherlock, la peur de l'un était le reflet de celle de l'autre même s'ils cherchaient à le cacher.
Ivan expliqua avec patience son histoire, revivant par là même les bons souvenirs aussi bien que les mauvais pour rassurer son sauveur.
Ces confidences lui firent autant de bien qu'à John. Pour la première fois depuis leur arrestation, il repensa à son amour dans toute sa jeunesse et sa beauté, détruisant petit à petit les images fantômes de Patya, faible et amaigri, supportant sans broncher les brimades des autres déportés. A parler ainsi de sa relation, il se rendit compte que les moments de joie surpassaient les moments de peine, rendant à leur histoire ses couleurs.
Pour la première fois depuis des semaines, voire même des mois, Ivan vit les moments heureux, chassant de son esprit les souvenirs en noir et blanc.
Il finit son récit par des mots qu'il ne pensait pas dire un jour : il ne regrettait pas, il ne regrettait rien. Même si cela avait amené à la mort de l'homme qu'il aimait, ne pas vivre ses instants avec lui aurait été son plus grand regret.
L'absence était insupportable, mais jamais il ne regretterait d'avoir un jour franchit le pas. Patya était et resterait la seule personne qui l'avait rendu heureux.
Cette constatation enchanta le médecin autant qu'elle le terrorisa. Sherlock lui avait promis l'amour à la mort, il ne savait pas s'il était capable d'autant de dévotion dans sa vie personnelle. Bien sûr, il était capable de cela dans le cadre de son travail. Bien entendu, s'il s'était jeté devant cette balle pour protéger la Reine Elizabeth, ce n'était pas pour rien, son sens du sacrifice était la première chose que Sherlock lui avait reprochée. Cependant, serait-il capable de vivre sans Sherlock maintenant qu'ils étaient tous les deux ?
John s'était clairement positionné comme celui qui mourrait en premier, reniant ainsi le droit au cadet de mourir avant lui ou d'être le responsable de leur disgrâce. Ceci étant, il était impossible pour lui d'imaginer un instant qu'il se retrouve sans Sherlock. Le brun faisait pourtant un travail bien plus dangereux que lui, mettant tous les jours sa vie en danger alors que lui était bien tranquillement à l'hôpital. La preuve la plus flagrante était que Sherlock, dans son enquête sur Moriarty, s'était retrouvé à Mauthausen alors que John, lui, était bien à l'abri dans un blindé avançant en terrain conquis.
Mais si Sherlock venait à mourir par la faute des sentiments qui les animaient tous les deux, aurait-il, lui, John Watson, la force de continuer à vivre et à témoigner comme le faisait Ivan à ce moment. Rien n'était moins sûr.
S'il n'avait pas sombré dans la folie après l'attaque du colonel, c'était grâce au soutien du détective. Qui le soutiendrait s'il était de nouveau seul, privé de la présence réconfortante du cadet Holmes ?
Cette question figea l'esprit de John qui, d'un coup, il réfléchit rapidement et considéra leurs hésitations comme une perte de temps considérable. Ivan avait attendu Patya durant de long mois, n'avait vécu son bonheur que quelques semaines. John lui, n'avait pas tous ces obstacles devant lui. Sherlock l'aimait et lui avait dis, leur entourage, composé de la famille Holmes ne voyait aucun inconvénient à les voir ensemble et heureux. La Reine elle-même approuvait leur relation même si elle ne le ferait pas en public. John n'avait plus de contact avec sa famille, réduisant les chances d'opposition à néant. Il n'y avait que ses hésitations qui bloquaient les décisions à prendre.
Ivan regarda la compréhension envahir les prunelles de son interlocuteur et dans un anglais approximatif affirma :
« -Rien ne s'oppose à votre bonheur. »
Et le Russe se leva, prenant congé de son ami en souriant.
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Mais Sherlock n'avait pas entendu cette discussion et ruminait dans un coin. Incapable de se concentrer dans cet environnement décidément trop féminin, il plia rapidement baguage et s'en rentra au 221B Baker Street, bien décidé à mettre un terme à cette incertitude qui le rongeait.
John n'avait pas comprit la réaction du détective. Le soir, ne voyant pas son compagnon rentrer, il s'était précipité au 221B où il avait été reçu avec une froideur sans pareille.
Le médecin, blessé au plus profond de son cœur par le manque de communication dont faisait preuve son compagnon, s'était retranché à Holmes Manor, noyant son chagrin et sa peine dans le traitement du colonel.
L'analyse psychiatrique de John et de ses collègues avait conclu à une forme encore inconnue de démence due à la guerre. Les absences du colonel se faisaient de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues, menaçant la sécurité du personnel soignant dans ces moments de délire.
John savait que la seule manière de calmer définitivement ces délires était de trouver l'évènement traumatisant déclencheur. Pour se faire, il avait besoin des talents de détective de Sherlock. Mais ce dernier le battait froid depuis des jours, refusant de le voir sans autre raison que son implication trop marquée auprès de ses amis.
Ce soir-là, alors que Sherlock avait accepté de venir diner chez sa mère pour la première fois depuis des jours, John se fit la promesse de faire parler le détective.
Seulement voilà, cette soirée ne se passa pas du tout comme il l'avait prévu et il se retrouvait en ce moment même, face à un détective en furie qui, à force de tout garder pour lui, était sur le point d'exploser. Mais attention, Sherlock Holmes étant qui il était, il n'explosait pas comme le commun des mortels. D'une attitude froide comme la banquise et d'une suffisance des plus insupportables, il décida de s'attaquer au cœur du problème : IVAN.
C'est alors qu'ils prenaient un digestif dans la bibliothèque que Sherlock attaqua, suite à une aimable remarque du russe sur l'alcool qui leur fut servit.
« -Si l'alcool ne vous convient pas, je vous suggère de retourner en Russie. Les alcooliques dans votre genre ont besoin de ce qu'il y a de plus fort non ? »
Un sourire mauvais apparu sur les lèvres du détective dès sa phrase terminée. Oui, il avait remarqué qu'Ivan se réfugiait parfois dans l'alcool pour oublier son chagrin. Cette habitude, que le russe considérait comme dégradante, il l'avait caché le plus possible, mais Sherlock, en bon détective, s'était empressé de la déduire et de la rendre public.
L'homme n'eut pas le temps de s'indigner dans son anglais approximatif que Maud réagit.
« -Sherlock ! Ce ne sont pas des paroles à adresser à notre invité, excuses-toi tout de suite ! »
Le rire sarcastique du brun montra qu'il n'en avait absolument pas l'intention. Il figea d'ailleurs toutes les personnes présentes dans la pièce.
« -Allons Maman, vous savez aussi bien que moi que ce « charmant » monsieur à un grave problème avec l'alcool. Il noie le chagrin de ne pas avoir pu sauver la personne qu'il aimait dans une beuverie sans fin. Dites-moi Ivan, qu'est-ce que cela vous fait de ne pas avoir pu sauver Patya ? C'est douloureux non ? Vous vous sentez responsable ? Vous avez raison de vous sentir responsable, vous avez entrainé avec vous un jeune homme charmant qui aurait pu vivre si vous ne l'aviez perverti. Vous êtes responsable de sa mort Ivan, parce que vous n'avez pas su dominer vos pulsions en public. Il est mort à cause de vous ! Il n'est pas question que vous fassiez de même avec John.
-SHERLOCK ! »
Le cri de John sortit les autres de leur état de stupéfaction. Le brun tourna le regard vers son compagnon, incapable de s'arrêter.
« -Ivan est un idiot comme tous les autres ! Incapable de voir l'évidence dans n'importe qu'elle situation. Même toi, pourtant militaire, tu n'as pas été capable de comprendre que le traumatisme initial du colonel Whitehall se trouvait dans sa propre compagnie. Si je me souviens bien, le colonel aimait suffisamment ses hommes pour mourir pour eux. L'assassin qui sévissait dans sa compagnie l'a compris avant les autres pour la bonne et simple raison qu'il était au côté du colonel depuis le début. Son ordonnance ! Son ordonnance à tuer son second et une grande partie de la troupe. Pourquoi ? Par jalousie, parce que le colonel accordait plus de crédit à ses hommes qu'à son ordonnance qu'il prenait comme bouc-émissaire. Il me semblait pourtant que la psychologie était ton domaine John ! Comment as-tu peu louper cela ? Le premier à mourir aurait du être l'ordonnance. Pour toucher le colonel, il fallait s'en prendre à ses plus proches collaborateurs. Qui était le plus proche ? Et pourquoi n'est-il pas mort alors que les autres ont été assassinés dans leur sommeil ? Parce que l'ordonnance, le sergent Cullingham n'était que menu frottin pour tous les hommes du régiment. Même pas digne d'être entendu. Il avait pourtant la confiance de tous ! Cela as dû être tellement facile pour lui, de les surprendre dans leur sommeil. La jalousie John, voilà ce qui motivait cet homme. Il aurait pu monter en première ligne afin de prouver sa valeur, mais le colonel l'en aurait empêché, alors il s'est décidé pour l'élimination pure et simple de ses concurrents. »
John, incapable de réfléchir devant cette cascade d'information, se contenta d'écouter son compagnon débiter des horreurs.
« -Comme ce violeur d'enfants ! Jalousie ! Il contrôlait tout et tout le monde. Tant qu'il contrôlait, il avait l'avantage, la toute puissance. La toute puissance de décider qui doit vivre ou mourir et ce qui lui appartient. Les enfants lui appartenait parce qu'il avait autorisé leur venue au monde. Il envoyait son médecin personnel au chevet des futures mamans. Comme c'était aimable à lui. Ce dernier s'arrangeait pour que les enfants survivent si le patron le voulait. S'il n'avait pas autorisé l'enfant à vivre, le médecin le supprimait, faisant passer le décès pour une mort naturelle. Il ne peut pas avoir d'enfants, sa femme est stérile. Il est engagé dans un mariage d'intérêt, qu'il ne peut pas rompre. Si lui n'est pas autorisé à avoir une descendance, les autres non plus, à part s'il l'autorise. LA JALOUSIE JOHN ! »
Soudaine, la lumière se fit dans le cerveau de John. La jalousie…
John eut un ricanement mauvais et blessé.
« -La jalousie, il semblerait que tu saches ce que cela signifie Sherlock. »
Le médecin quitta la pièce d'un pas pressé, rejoignant sa chambre le plus vite possible avant de craquer.
La sortie en fanfare de John coupa Sherlock dans son élan. Le détective, incrédule, fixait encore la porte par laquelle était sortit John.
Une phrase murmurée en russe le sortit de son immobilisme.
Ivan demanda à Maud de traduire, il avait des choses à dire à cet énergumène de détective.
Les mots qui suivirent frappèrent Sherlock de plein fouet, d'autant plus qu'ils étaient portés par la voix de sa mère.
« -Oui, j'aime Patya et oui, je suis responsable de sa mort. Je n'ai pas été capable de me réfréner en public et je le regrette amèrement aujourd'hui. Ceci étant Monsieur Holmes, je ne regretterais jamais ce qu'il s'est passé entre nous. Ces quelques semaines ont été les plus belles de ma vie et je n'en changerai pour rien au monde. Les doutes que John a exprimés ne sont pas liés aux sentiments qu'il vous prête. Ils sont liés à sa propre éducation qui ne l'a pas préparé à ressentir autant pour une personne du même sexe que lui. Je suis passé par là, je sais ce que c'est de ne pas être sûr de soi. John a raison vous savez. La jalousie est bien ce qui vous habite depuis votre retour de Mauthausen. Vous êtes jaloux de tout ce qui éloigne John de vous : son travail, ses combats et ses idéaux. Mais ce ne sont que des écrans de fumée. Rien, jamais ne vous éloignera de lui. Vous l'aimez pour ce qu'il est et toutes ces choses que vous pensez combattre pour le rapprocher de vous font en réalité partie de lui. Ce que vous combattait Monsieur Holmes, c'est l'homme que vous aimez. J'aime encore mon compagnon et ne cesserai jamais de l'aimer. Je ne veux rien de John que son amitié. Vous avez son amour, faites attention de ne pas le perdre en combattant des chimères. Le seul idiot ici, Monsieur Holmes, c'est vous. »
Et Ivan se leva, fit face à Sherlock, plongeant son regard hanté dans le sien. Puis il fit volte face, remercia Maud de sa diligence et sortit de la pièce, préférant rejoindre son ami médecin pour le réconforter.
Maud, atterrée par l'attitude de son fils, ajouta une dernière chose.
« -La jalousie n'est pas un manque de confiance envers la personne aimée Sherlock, il s'agit seulement d'un manque de confiance en soi. Je suis navrée si elle t'atteint, je pensais pourtant avoir fait de toi un homme sûr de lui. »
Elle posa une main sur la joue de son fils, lui embrassa le front et sortit à son tour. Son fils avait besoin de réfléchir.
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Et voilà !
Qu'en dites-vous ?
Ce chapitre répond à un certain nombre de questions.
Des commentaires ?
A bientôt (en fait d'ici une quinzaine de jour je pense).
Bises
Magdaline
PS : Pardon pour les fautes d'orthographe qui persistent.
