Bien le bonjour à tous !

Comment allez-vous depuis la dernière fois ?

J'ai passé des journées merveilleuses à Rome, j'en reviens bien plus sereine que j'y suis arrivée. Bon, j'ai assez mal commencé puisque j'ai fais un petit malaise dans l'avion. Rien de bien méchant, juste une crise d'hypoglycémie.

Je suis à présent sans emploi, jusqu'au prochain lol. J'attends des réponses et certaines candidatures sont assez bien engagées, je croise les doigts donc.

Réponses aux commentaires :

Vera Spurnes : Ah ça, on peut dire que Sherlock est très bien entouré, par des gens compréhensifs et aimants. Il en a de la chance. Tout se passera bien pour eux, je pense. Enfin, j'espère parce qu'ils ont tendance à se mettre dans les embrouilles et à en sortir difficilement.

ChocolatePeanut : Il ne faut pas avoir de la peine comme ça pour ce pauvre Patya. Dis-toi qu'il est parti pour un monde meilleur duquel il peut veiller sur Ivan. Je pense que Sherlock est incapable d'une réaction mesurée. Il est trop entier pour cela. Pour ce qui est de Mycroft, je ne sais toujours pas ce que je vais en faire. Il décidera certainement seul de son avenir dans cette fic.

Fishina : Et oui, pauvre Ivan. Il est vraiment tombé chez les fous lol.

Cyrise-sevens : C'est une drôle de manière de communiquer qu'à Sherlock, j'en conviens. Mais que veux-tu, quand on est un peu handicapé des sentiments, ça n'aide pas.

Glasgow : J'aime à penser que s'occuper des autres est parfois voire même souvent bien plus destructeur que de s'occuper de soi. Le fait est que John s'est occupé de Sherlock depuis leur rencontre et que Sherlock ne s'occupe pas des masses de son compagnon. Du moins, pas assez à ses yeux.

Barjy02 : Ma bonne Barjy, j'ai vraiment l'impression de vous frustrer à chaque chapitre. Pour ce qui est de la jalousie, il a une maman que s'occupera très bien de le remettre à sa place dans les pages à venir... ou pas. Plomberie Italienne et voyage à Rome, je ne sais pas si c'est concomitant mais en tout cas, ça marche.

Ellanather : Merci de ton enthousiasme. Je suis flattée que tu aimes ce chapitre.

Rhéa : Je suis revenue ! Et je suis gonflée à bloc ! J'ai fait le plein de soleil et de bonne humeur. J'ai marché, marché et encore marché. Tout va bien ! Bonne relecture du chapitre précédent donc et bon lecture de celui-ci.

Choupette50 : Pauvre Sherlock n'empêche, il vient de se faire rembarrer par un type qui n'a pas son génie. Ca doit faire mal à l'orgueil !

Judy : J'espère que tu es arrivée à la fin de cette fic, parce que, sinon, tu ne verras pas ma réponse à ton commentaire.

Résumé des chapitres précédents : John Watson, médecin militaire lors de la Seconde Guerre Mondiale, libère, avec sa division, le camp de concentration de Mauthausen dans le Nord de l'Autriche. Il y rencontre un prisonnier du nom de Sherlock Holmes. Cette histoire raconte les évènements qui suivent, depuis leur rencontre jusqu'à leur retour à Londres. John veille à la santé de Sherlock et Sherlock veille sur la vie sentimentale de John. Cette tâche sera facilitée par la colocation qu'ils vont entamer au 221b Baker Street. Lors d'une remise de médaille, John est blessé par balle en protégeant la Reine Elizabeth de l'attaque de l'un de ses patients. Inquiet et jaloux de l'intérêt que la famille royale porte à son colocataire, Sherlock parvient, avec l'aide de sa mère, à le faire transférer à Holmes Manor afin que le médecin y passe une convalescence au calme et près de lui et des siens. Mais le calme n'est pas nécessairement ce qu'il va avoir. Il découvrira que le métier de détective est plus dangereux que le métier de soldat.

Note de l'auteur : Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.

Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite story ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.

A tout à l'heure en bas …

Bises

Magdaline.

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Chapitre 33

Depuis cette mise au point d'Ivan, Sherlock ruminait. Enfin, il analysait. Rien, dans les attitudes ou les mots de John et de sa mère ne trahissait autre chose qu'une profonde amitié et un grand respect envers les souffrances de cet homme qui, au même titre que lui, revenait de l'enfer.

Et la personne qui les avait sauvés était présentement en train de plier bagage avec perte et fracas. John, incapable de supporter l'attitude de son compagnon envers Ivan, avait décidé de rentrer au 221B Baker Street et interdit à Sherlock de le suivre.

Et tous les membres de la maisonnée s'étaient ligués contre lui. William, qui l'aidait depuis son enfance, se faisait un malin plaisir de contrarier ses plans. Il défaisait ses bagages à chaque fois que Sherlock les finissait.

Sherlock aurait pu lui ordonner de ne pas toucher à ses valises mais il n'avait pas le courage de se mettre à dos la dernière personne qui lui souriait. Il prenait donc son mal en patience, mobilisant toutes les ressources de son cerveau pour établir un plan de bataille. Il l'avait intitulé « La reconquête du soldat ».

Il laisserait John partir et réintégrer au 221B Baker Street. Après tout, c'était là sa place, dans leur appartement, auprès de lui. Enfin auprès de lui, il ne serait pas là les premiers jours. Il ne comptait pas revenir à Baker Street avant lundi prochain. Il voulait laisser à John le temps de décompresser. Il voulait également laisser passer la dernière phase du procès du colonel Whitehall qui s'acheminait doucement vers une prise en charge médicale et non vers un emprisonnement.

Ce souci en moins, John serait certainement plus apte à s'occuper de lui. Du moins, l'espérait-il.

Il s'appliquerai dès lors à être le plus agréable des compagnons.

John aurait tellement ri à l'entendre penser. Croire que Sherlock puisse être le plus agréable des compagnons relevait de la chimère pure et simple. Sherlock, de part son caractère, ne pouvait pas se glisser dans le moule du compagnon parfait et John l'aimait pour cela.

Pourtant, Sherlock s'y appliquerai, il se l'était promis.

Pour le moment, il regardait, le cœur serré, le taxi emmener John loin de lui. Il s'était résigné à le voir s'éloigner pour plus de quelques minutes mais la sensation de manque qui lui serrait le cœur était beaucoup plus difficile à supporter qu'il ne l'avait envisageait.

A la porte du manoir, Maud et Ivan observaient la voiture s'éloigner. Ivan avait fait ses adieux à son ami, il n'était pas à sa place dans cette maison et comptait rentrer en Russie. Il laissait son manuscrit entre les mains du médecin avec la confiance inébranlable qui le caractérisait. John le ferait publier, par un moyen ou un autre. Il serait entendu et les anglais, comme les russes, ne se regarderont plus avec défiance comme c'était le cas ces dernières années.

Ivan avait l'espoir que ses quelques pages ouvrent les yeux des britanniques sur les souffrances du peuple russe.

Il quittait l'Angleterre le lendemain. Maud, en remerciement de son écoute attentive, lui avait offert le voyage jusqu'à Saint Petersburg. Les heures qui lui restaient à vivre en Angleterre, Ivan souhaitait les passer dans le jardin de Holmes Manor, les plus beaux qu'il connaisse.

Alors que Maud rentrait, Ivan se dirigea vers l'étendue herbeuse qui lui tendait les bras. La nature n'était jamais aussi variée dans son pays. Les températures, plutôt basses de cet été 1918, avait interdit toute floraison spectaculaire au Nord. Les jardins anglais étaient donc un ravissement pour les yeux.

Il déambula longtemps entre les bosquets, appréciant la senteur parfumée de cette matinée. John lui avait beaucoup parlé de ce jardin et il se rendit compte avec ravissement que ces allégations étaient exactes.

Il profita alors de ce moment qui lui apporta une plénitude qu'il n'avait connu qu'en présence de Patya. Finalement, elle reviendrait peut-être. Un jour, il retrouvera la paix.

Après plus de deux heures à déambuler parmi les fleurs, il ressentit une saine fatigue l'envahir. Tous ces soucis s'envolèrent quand il s'assit sous un grand peuplier. Appuyé contre son tronc, Ivan attarda son regard sur la maison.

C'était une très belle maison qui devait avoir été un écrin merveilleux pour grandir. Il imagina un Sherlock enfant courir entre les bosquets, se cachant de son frère ainé. De la fenêtre de sa chambre, Maud devait les observer.

Soudain, le fantôme du père de famille fit son entrée dans cette vision idyllique d'une enfance qui lui était inconnue. Il fut rapidement mis à terre par ses garçons qui l'avait rejoint. Dans une grande bousculade, ils roulaient à terre, se chatouillaient et ne voulaient en aucun cas être le premier à céder.

L'image d'une famille heureuse. Voilà ce que l'esprit d'Ivan lui montrait. Il aurait pu s'imaginer l'annonce de la mort de Monsieur Holmes, mais tout dans cette maison respirait le bonheur, et seul le bonheur avait droit de citer.

Ses pensées furent interrompues par un mouvement à l'une des fenêtres.

Sherlock le regardait, une main maintenant le rideau. De là où il était, Ivan ne voyait pas grand-chose que la grande silhouette dégingandée du détective qui l'observait. Le professeur était plein de questions qu'il brûlait de poser au brun. Cependant, la froideur qu'affichait ce dernier ne l'encourageait pas à se montrer curieux. Ses paroles, la veille au soir, l'avait profondément blessé. Il ne souhaitait pas se voir de nouveau mis au pilori par un homme trop intelligent pour son propre bien.

Il avait vu la peur dans les yeux de Sherlock quand John avait quitté la pièce. Le léger tremblement de ses mains n'avait trompé personne. Sherlock mourrait de peur de voir John le quitter. Et pourtant, il faisait tout pour que le médecin mette de la distance entre eux.

Le rideau de la chambre de Sherlock retomba et Ivan repartit dans ses pensées.

Cette fois, Patya se trouvait à côté de lui, rayonnant dans le soleil du matin. Le jeune homme arborait un immense sourire, prémice à un éclat de rire tonitruant qui le caractérisait si bien. Dans son rêve, Ivan sourit en retour. Il aimait voir Patya rire. Le jeune homme paraissait tellement plus jeune quand son visage se détendait.

« -Ivan ? »

L'homme ouvrit les yeux à l'appel de son prénom. Sherlock, la démarche décidée, s'avançait vers lui. Ivan haussa un sourcil sceptique. Si le brun voulait parler, il y allait avoir un problème de taille. Aux dernières nouvelles, son anglais était assez pauvre et le russe de Sherlock très lacunaire voire inexistant.

« -Auriez-vous un moment à m'accorder ? » Demanda cependant le détective dans un russe parfait.

« -Vous parlez le russe Monsieur Holmes ?

-Je suis un homme plein de surprises. » Répondit le jeune homme en souriant.

Ivan se redressa puis tapota l'herbe à ses côtés.

« -C'est une belle matinée, venez donc en profiter. Nous parlerons aussi bien assit. »

Le détective obéit de bon cœur. La discussion risquait d'être longue et compliquée.

« -Que me voulez-vous donc ? » Demanda le professeur, incapable de réprimer sa curiosité.

Le regard de Sherlock se perdit dans la contemplation du jardin.

« -Vous aviez raison hier soir, je suis jaloux. »

Cet aveu lui coûtait mais c'était le premier pas vers la réconciliation avec John. Sherlock ne s'attendait pas à devenir ami avec Ivan mais de bonnes relations avec l'entourage de la personne que l'on aime, lui avait dit sa mère quelques jours auparavant, sont une base saine à toute relation amoureuse.

Ivan vit la grimace qui trahissait sa difficulté à dire ces mots.

« -Pourquoi donc l'admettez-vous si cela vous coûte autant ? »

Sherlock soupira. Cet aveu lui avait coûté oui, expliquer pourquoi il l'avait tout de même fait était au dessus de ses forces.

Incapable de l'expliquer, il secoua la tête en signe d'abandon.

« - Aimez-vous John ? » Demanda alors l'ainé, certain qu'à cette question Sherlock répondrait.

« -Bien sûr que je l'aime, cette question est stupide. » Répliqua-t-il.

« -Pourquoi l'aimez-vous ? »

Là encore, Sherlock aurait été incapable de l'expliquer. Pourquoi aimait-il John ? En voilà une drôle de question. Il l'aimait, voilà tout.

Etonnement, il ne répliqua pas. Ivan avait certainement une bonne raison de la poser.

« -Replongez-vous dans votre histoire, Sherlock. Quels sont les moments les plus intenses ? Quels sont les moments qui vous ont le plus marqué ? Quels sont les gestes qui ont fait battre votre cœur le plus vite ? »

Replongeant dans ses souvenirs, Sherlock chercha à faire taire son cerveau. Le premier souvenir qui lui revint fut celui de l'hôtel à Paris.

« -Nous étions à Paris, dans un hôtel que Mycroft nous avait indiqué, il y a une chambre à l'année puisqu'il réside souvent à Paris pour les affaires du gouvernement. John… John s'est occupé de moi comme jamais on s'est occupé de moi. »

Sherlock se dandina. Les sentiments et les émotions qu'il avait ressenti à ce moment-là revenaient à grande vitesse.

« -Quelle était l'émotion la plus forte ? »

Ivan creusait dans l'inconscient de son interlocuteur à la recherche de la vérité.

Sherlock se racla la gorge, embarrassé.

« -John me lavait les cheveux, j'en étais incapable, mes épaules me faisaient trop souffrir. J'ai… Ce que j'ai ressentis ce jour-là, je ne l'avais jamais ressenti avant. »

Les sensations de mains de John dans ses cheveux revinrent à la mémoire du détective. Il ferma les yeux, sentant presque les doigts de son compagnon lui masser le crâne. Son corps réagit exactement de la même manière que ce soir-là. Son souffle s'accéléra, le sang battit plus vite dans ses veines et son corps lui rappela qu'il n'avait jamais pris soin de s'occuper de lui en ces termes.

« -Qu'aviez-vous envie de faire à ce moment ? »

Sherlock rouvrit les yeux, sortant de ses souvenirs.

« -Je… Je voulais… »

Les mots ne voulaient pas sortir. Admettre ses envies signifiait les rendre concrètes.

Voyant son hésitation, Ivan parla pour lui.

« -Vous vouliez le serrer contre vous, sentir son corps contre le vôtre, respirer son odeur en enfouissant votre nez dans son cou, de l'embrasser et certainement beaucoup plus. »

Sherlock hoqueta, surprit de voir ses pensées sortir de la bouche d'un autre.

« -Ce n'est… ce n'est pas… ça. »

Ivan éclata de rire.

« - Et qu'est-ce donc ? » demanda le russe, un sourire aux lèvres.

De nouveau, Sherlock se tut et Ivan l'interrogea encore.

« -Vous n'aviez jamais ressenti cela auparavant n'est-ce-pas ? »

Sherlock secoua la tête.

« -Ce que vous avez ressentit est du désir, Monsieur le détective, et aujourd'hui, vous ressentez le manque de sa présence. Les mots que vous avez eu hier soir m'ont blessé. Profondément. Je n'ai pas compris immédiatement pourquoi vous vous êtes sentit obligé de révéler ainsi ma vie et mes sentiments. Il a fallut que vous fassiez cette dégression sur votre précédente affaire afin que je comprenne. Malgré ce que vous affichez en public, vous n'avez absolument pas confiance en vous et en votre capacité à garder John auprès de vous. Pourtant, vous ressentez du désir et de l'amour pour lui-même lorsqu'il n'est pas là. Votre réaction tout à l'heure me prouve que, même si vous n'avez pas passé l'étape de la relation physique, les sentiments qu'il vous inspire sont forts. Forts au point que vous vous sentez capable de passer au-delà de la limite que vous vous êtes fixée. Avez-vous peur que le manque de relation physique finisse par détruire votre relation ? Savez-vous Sherlock, ce qu'implique une relation physique entre hommes ?»

Le détective, choqué d'être aussi facilement décrypté, secoua la tête.

« -C'est de cela que John m'entretenait toutes ces heures où nous étions ensemble. Malgré ses diplômes de médecine et l'intuition qui lui fait dire qu'il saura à peu près comment procéder, John a peur de vous forcer et par-là même de vous blesser. Il m'a posé tout un tas de questions plus ou moins indiscrètes sur ma relation avec Patya. Sa peur de vous effaroucher est trop grande pour qu'il fasse le premier pas. Vous devez vous ouvrir à lui Sherlock. Votre relation n'ira pas de l'avant tant que vous n'aurez pas été tout à fait honnête avec lui. »

Sherlock hocha la tête avant de demander d'une voix rauque.

« -Qu'avez-vous d'autre à dire à mon sujet ?

-Que si l'attention de John n'était pas sur vous, vous vous sentiez abandonné. Peut-être un relent de votre enfance qui revient soudain. La mort de votre père certainement. »

Ivan se leva et s'épousseta.

« -Je ne vous prendrez ni John, ni votre mère. Ils m'ont été d'une grande aide mais je ne ressens pour eux qu'une profonde admiration doublée d'un respect peu commun. Faites attention à vous et à John. Je lui ai donné quelques conseils et j'ai tenté de le rassurer concernant l'aspect physique de votre relation. Mais je ne peux pas faire plus. Bien, si vous voulez bien m'excuser, je vais préparer ma valise. J'entame le voyage jusque chez moi dans quelques heures, je dois aussi me reposer avant d'embarquer. »

Et le professeur s'en alla, disparaissant dans l'ombre du manoir.

Sherlock, quant à lui, resta un long moment sous le peuplier, réfléchissant aux paroles d'Ivan.

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Depuis qu'il était rentré à Baker Street, John avait reprit une vie pratiquement normale. Sherlock étant resté chez sa mère, il avait pu faire de l'appartement un endroit agréable à vivre. Rangé de fond en comble et nettoyé comme il se doit, l'endroit était de nouveau habitable. En dehors de cela, il partageait toujours son temps entre l'hôpital, le tribunal et la recherche d'un éditeur pour le livre de son ami.

Cela faisait trois jours qu'Ivan était repartit, passant par l'appartement avant de prendre son train. John sentait la solitude commencer à lui peser. Il était entouré toute la journée par ses collègues et ses patients. Certaines soirées étaient consacré à rencontrer des éditeurs mais ses nuits étaient bien solitaires.

Le procès du colonel de Whitehall se fermait le lendemain. En accord avec le tribunal et après des jours de tests et d'analyses, le colonel avait été jugé irresponsable. Les informations données par Sherlock sur l'éventuelle culpabilité de l'ordonnance du colonel avait fait avancer l'enquête militaire sur la mort d'une partie de la division.

Demain, le colonel serait déclaré non-responsable de ses actes et enfermé dans un hôpital spécialisé dans les troubles du comportement et de la mémoire. John n'aurait pas accès à ce patient puisqu'il était la victime mais il se réjouissait de l'épilogue qui se préparait.

En rentrant chez lui ce soir-là, il reçu une lettre d'un éditeur qu'il avait contacté quelques jours plus tôt au sujet du manuscrit. L'homme, ne lisant pas le russe mais intéressé par le travail de mémoire du professeur, souhaitait faire traduire ses pages afin de prendre une décision sur son éventuelle parution.

John s'empressa de donner une réponse positive à cette demande et ressortit rapidement afin de poster la lettre.

Quand il rentra, il alla prendre une douche et enfila un pyjama bien plus confortable que son costume de ville. Désœuvré, il se prépara un sandwich et une tasse de thé en guise de diner. Demain, en sortant de l'hôpital, il irait faire des courses. Après tout, qu'avait-il à faire d'autre ?

Rien, maintenant que le manuscrit d'Ivan était entre de bonnes mains et que le colonel était soigné, il n'avait plus rien à faire qu'à aller travailler le matin. Ses soirées, jusqu'alors bien occupées, allait devenir mornes. Et Sherlock qui ne rentrait pas…

Depuis plus de deux mois, ils ne se quittaient plus vraiment. L'absence prolongée de son compagnon commençait à se faire sentir. Quand il entrait dans une pièce, il s'attendait toujours à le voir dans un coin, ses yeux analysant le moindre détail de sa physionomie. Il s'était habitué à la présence rassurante du détective à ses côtés. La voix grave du brun était pourtant ce qui lui manquait le plus. Il souhaitait la présence du détective à ses côtés. Il aurait pu appeler Holmes Manor et lui demander de rentrer mais son orgueil de soldat lui interdisait cette démarche.

S'asseyant sur le canapé, il attrapa un livre qui trainait par là. C'était un traité médical sur le squelette. Il abordait une théorie très intéressante qui, a-priori, aurait pu intéresser le médecin.

Mais le silence dans l'appartement se faisait de plus en plus lourd. En temps normal, le violon de Sherlock venait toujours égailler les longues soirées monotones. Dans son étui, le violon prenait la poussière, abandonné là par son propriétaire depuis son départ. Et John ne savait pas en jouer. Et quand bien même il aurait su, toucher à l'instrument de son compagnon était un sacrilège qu'il ne voulait pas commettre.

Même s'il n'appréciait pas vraiment la musique classique, écouter Sherlock jouer du violon était un ravissement pour les oreilles. Enfin, quand Mycroft n'était pas dans les parages. Le son si doux du violon devenait alors une complainte suraigüe à la limite du supportable.

Mais aujourd'hui, le silence se faisait assourdissant et John aurait tout donné pour entendre ne serait-ce qu'une note suraigüe.

Ne le supportant plus, John se leva et se décida à aller se coucher. Il avait du sommeil en retard et un lit bien confortable qui lui tendait les bras.

Il aurait dû le savoir, on ne s'endort jamais aussi vite qu'on le souhaite. La volonté seule n'est pas suffisante pour obtenir un endormissement rapide. Et malgré toute la volonté de John, le sommeil ne vint pas.

Il advint alors ce qui devait advenir. John se mit à réfléchir.

Son principal sujet de préoccupation fut son compagnon : Sherlock. Sherlock qui, depuis son éclat à Holmes Manor, s'était fait discret, très discret. Si John avait appelé cette solitude de tous ces vœux quelques jours plus tôt, il n'attendait désormais que le retour de Sherlock.

La réaction du brun, qu'il qualifiait d'excessive, s'expliquait maintenant qu'il y pensait. Il l'avait délaissé pour s'occuper d'Ivan. Si cela avait pu s'accepter pour toute autre personne et pour une plus courte période, il était le compagnon de Sherlock, autoproclamé sociopathe de haut niveau et peu habitué à montrer ses émotions.

Si Sherlock s'était sentit délaissé, il ne l'avait jamais exprimé. John, concentré sur son rôle d'ami et de médecin, n'avait rien vu.

En y réfléchissant plus profondément, John se rendit compte que le détective s'était détourné des enquêtes qui le maintenaient loin d'un ennui mortel pour son cerveau de génie.

Il grimaça sur son oreiller quand il se réalisa qu'il était une partie du problème de Sherlock. Il devrait lui faire des excuses et engager avec lui une conservation constructive sur la communication entre les deux personnes constituant un couple.

Sur ces bonnes résolutions, il se relaxa, n'ayant pas eut conscience d'avoir été tendu tout au long de cette semaine. Alors qu'il se sentait l'énergie de courir un marathon, le sommeil le cueillit avant même qu'il ne mette en pratique son envie.

A SUIVRE…

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Et voilà ! Au prochain chapitre, le retour de Sherlock au 221B Baker Street. Et ce sera également l'avant-dernier chapitre.

Le dernier sera un épilogue.

Cette fic a commencé, il y a exactement 9 mois, c'est mon bébé et je me trouve enfin prête à le laisser voler de ses propres ailes.

Je continuerai à écrire bien sûr, je ne sais pas vraiment dans quoi je m'embarquerai, nous verrons bien.

Ceci étant, le prochain chapitre sera un NC-17, ça c'est sûr.

Je m'excuse pour les fautes d'orthographe restantes.

A bientôt

Magdaline.