C'est étonnant de ma part de dire ça, mais merci à LunaQueen pour sa correction sur ce chapitre !


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- MAIS VOUS ALLEZ M'LÂCHER, OUAIS ?! SI VOUS AVEZ TELLEMENT ENVIE DE SAVOIR POURQUOI CETTE FOUTUE TÊTE D'ORTIE DÉPRIME, ALLEZ LUI DEMANDER VOUS-MÊMES, BANDE DE CONNARDS !

Le hurlement typique de Katsuki résonna sur les murs de la salle commune de l'internat, n'étonnant personne. Et surtout pas Denki, Hanta et Mina qui se tenaient courageusement face à lui.

- Bakugo, vous êtes toujours fourrés ensemble en ce moment et c'est clairement toi qu'il évite depuis ce matin, soupira Mina, poings sur les hanches et peu impressionnée par les braillements dangereux du gremlin.

- Beh ouais mec, continua Denki, il a accepté de nous parler à nous et pas à to-

- C'EST QUOI QUE VOUS COMPRENEZ PAS DANS "LÂCHEZ-MOI", PUTAIN ?!

Une explosion retentit à quelques centimètres du trio. Ils l'esquivèrent de peu et Mina et Hanta furent violemment bousculés dans la foulée par un Katsuki rageur. Ils le regardèrent partir vers les dortoirs, probablement avec une certaine expression de jugement sur le visage, mais pour ce qu'il en avait à foutre.

La journée avait été longue, bien trop longue pour sa maigre patience. Et maintenant qu'elle se terminait enfin, voilà que cette bande d'idiots gluants revenait à la charge alors qu'il avait déjà essuyé leurs remarques toute la journée. Et s'il n'y avait eu qu'eux... mais même des gens qui ne s'approchaient pourtant pas forcément de lui en temps normal étaient venu le faire chier, comme Tenya, Ochaco, ou - évidemment - ce sale nerd fouineur de Deku. Tout le monde s'était inquiété de voir Eijiro si soucieux depuis le petit-déjeuner, de l'entendre dire qu'il avait besoin de rester seul, ou encore de le voir fuir dans sa chambre dès les cours terminés, quand bien même il était toujours le premier à traîner dans les communs à la recherche de la présence des autres comme le putain d'extraverti insupportable qu'il était.

En passant devant sa propre chambre, Katsuki envoya un regard amer à la porte voisine. Il ne fallait pas avoir fait Todai pour comprendre ce qui tracassait tellement le garçon à l'alter de durcissement. La corrélation avec l'événement de la veille était même bien trop simple à faire. Et c'était probablement cet amer constat qui lui laissait un poids si lourd sur le cœur.

Il s'engouffra dans son antre en prenant soin de claquer la porte derrière lui pour évacuer sa colère bien trop débordante. Tout cela lui donnait envie de hurler jusqu'à s'en arracher les cordes vocales, de frapper les murs, de sortir pour aller exploser des trucs. Tout pour se débarrasser de ce poids immonde qu'il avait dans l'âme, bien plus éloigné de tout ce qu'il avait pu ressentir jusqu'ici. Ça ressemblait à de l'échec. Ça ressemblait à de la frustration. Mais c'était différent et bien pire sur certains aspects…

C'était de la honte. Pure et simple. Sans compter la déception de comprendre qu'il avait été rejeté.

Il s'affala sur son lit comme une masse, visage dans l'oreiller. Il fut tenté de hurler, mais il était déchiré entre l'envie que son putain de voisin l'entende, histoire de lui renvoyer toute son amertume à la face même indirectement et un tout aussi étonnant qu'inédit besoin de se faire tout petit.

Il ne savait pas vraiment ce qui lui avait pris la veille. Bien que cela faisait un moment qu'il avait réalisé que les émotions que lui provoquait Kirishima étaient trop puissantes et chaleureuses pour s'arrêter à de la simple amitié. Il avait accepté depuis un moment que cette tornade rouge était arrivée à se faire une place particulière à ses côtés, une place unique. Et d'autant plus depuis la guerre contre les vilains. Depuis que Kirishima était ressorti de là avec son air abattu et sa confiance en lui à nouveau à ras du sol, Katsuki n'avait eu qu'une envie : lui secouer les puces, lui relever la tête de force, l'obliger à sourire comme il l'avait toujours fait depuis leur première rencontre. Il s'était surpris à éprouver même un peu le besoin de le protéger… Ce qui était aussi improbable que stupide : improbable car jamais Katsuki n'avait eu envie de protéger et de prendre soin de qui que ce soit durant sa vie stupide car Kirishima était bien loin du petit enfant perdu et fragile. Il était certes un peu stupide, tête brûlée et pas doté de l'égo le plus conséquent que l'on puisse trouver, mais il n'en gardait pas moins une grande force de caractère et un positivisme à toute épreuve.

Des qualités que Katsuki appréciait grandement chez lui. Tout autant que son énergie, sa détermination, son engouement constant, son honnêteté, sa noblesse d'âme, sa bonté, son flegme face à son caractère pourtant tellement merdique et égoïste…

Il soupira et laissa échapper une longue plainte d'agacement. Oui, il n'avait pas eu à se voiler la face longtemps : Eijiro lui plaisait. Quelque chose l'attirait irrémédiablement chez lui. Et à voir les sourires bien trop rayonnants de Red Riot en sa présence et la manière constante qu'il avait de lui coller au train - lui plus que les autres en tout cas, plus que Denki, Hanta, ou même Mina qu'il connaissait déjà du collège -, il lui avait semblé que c'était peut-être réciproque. Peut-être pas réciproque au point qu'ils ne partagent cette attirance, cette frustration de se cantonner à une simple amitié, ou encore ce soudain désir d'aller plus loin… Mais au point que Katsuki ne le mette en dépression express avec son baiser et que cet imbécile ne l'évite furieusement toute la journée ?!

Il avait tout gagné en l'embrassant la veille. C'était probablement un peu trop violent pour la cervelle d'ortie qui lui servait de pote. Mais il n'avait pas su quoi faire d'autre. Se déclarer honnêtement était proscrit. Le lui faire comprendre subtilement, trop compliqué (et probablement trop long. On parlait de Kirishima tout de même : subtilité et lui n'allaient pas vraiment de pair). Il ne restait donc pas un milliard de possibilités pour lui faire comprendre qu'il avait bien envie de passer à la vitesse supérieure avec lui.

Mais malgré tout, la veille, il avait agi sous l'impulsion. Eijiro avait encore passé leur session révisions à l'ensevelir sous ses sourires trop rayonnants, ces mêmes sourires qui manquaient de plus en plus de provoquer une crise cardiaque à Katsuki à chaque foutue fois qu'il se les mangeait en pleine face. Ces sourires qui lui faisaient se demander constamment si c'était vraiment humain d'être aussi beau et adorable et lumineux en même temps. Si le faux roux l'avait travaillé ou si c'était naturel. S'il s'en rendait seulement compte ou s'il aveuglait constamment les autres sans même le réaliser.

Ce dernier point était plus que probable. Tout simplement parce que ce hérisson était trop candide et bienheureux pour son propre bien, et surtout à propos de lui-même.

Dans tous les cas, Katsuki ne se sentait pas aussi fort que d'habitude pour supporter ça sereinement et il se l'avouait sans honte. Il n'était pas si fort pour contrer ces rayons de soleil envoyés dans sa gueule si violemment à chaque fois. Et les encaisser ? Il essayait tant bien que mal. Il n'avait pas le choix de toute façon. Mais justement : à force d'encaisser et encaisser encore, au bout d'un moment, le tank finissait par se briser pour de bon et céder. En avait résulté ce baiser volé de la veille. Baiser qui avait été tellement court, tellement fugace, tel un battement d'ailes de papillon qui aurait provoqué une tornade à l'autre bout du globe. Ledit globe représentant l'esprit et le corps de Katsuki qui avaient explosé durant cette courte seconde. Il s'était senti chauffer intérieurement, d'une manière aussi étrangement agréable que décontenançant. Il s'était senti décoller et chuter en même temps. Il avait eu l'impression que les secondes s'étaient figées mais s'étaient également étirées à l'infini.

Il n'avait pas pris le temps de guetter la réaction d'Eijiro, trop perturbé lui-même par tous ces ressentis inconnus et sa propre hardiesse. Mais il s'en était mordu les doigts dès le lendemain matin. Il s'était dit que laisser passer la nuit aiderait le hérisson à cogiter tranquillement, encaisser la nouvelle, réfléchir à sa réponse… Et en effet, il avait dû y réfléchir. Tellement y réfléchir qu'il avait carrément pris peur.

Il fallait dire que dans la manœuvre, Katsuki n'avait pas pensé à l'éventualité que Eijiro n'était peut-être pas attiré par les hommes. Ou même qu'il n'était carrément attiré par personne, peut-être. Ou encore que justement, quelqu'un l'attirait présentement et ce quelqu'un n'était pas lui. Tant de raisons valables de se faire rejeter, sans compter la simple éventualité qu'il ne lui plaisait tout simplement pas et qu'il veuille juste qu'ils ne restent « amis ». Mais plus que les trois autres, celle-ci faisait particulièrement mal à Katsuki. Lui qui n'avait jamais été vraiment attiré par toutes ces choses aussi futiles que les relations amoureuses, qui n'avait jamais réfléchi plus que ça à cet aspect-là de la vie tellement il était concentré sur son objectif de devenir le meilleur des héros ; il n'avait jamais pensé au fait qu'aussi brillant et puissant pouvait-il être, dans une relation, il devait être merdique. Insupportable. Voire carrément toxique. Ce n'était pas pour rien qu'il n'avait jamais vraiment eu d'ami jusqu'ici et que le seul qui s'était accroché était une espèce de laitue sur pattes qui en avait autant le physique que le caractère tant il n'était jamais arrivé à s'imposer et à se faire d'autres amis lui-même. Oui, il parlait du nerd de Deku et oui, il reconnaissait bien volontiers que quoi qui les lie tous les deux, ce n'était franchement pas reluisant.

Sans compter le fait que s'attacher créait des faiblesses. Et si Katsuki avait bien peur d'une chose, c'était d'avoir des faiblesses qui entraveraient sa glorieuse montée.

Et pourtant, il en était là aujourd'hui. À découvrir une forme méconnue de faiblesse pour la première fois de sa vie. À réaliser comme quoi les sourires d'Eijiro le mettait K.O., même en cours, même en exercice, même quand il était pourtant tellement concentré sur son objectif.

Cet enfoiré de hérisson avait osé l'en détourner. Et maintenant, il osait le faire souffrir en le rejetant d'une manière bien peu respectable et virile, si vous demandiez l'avis de Dynamight.

La joue écrasée contre son oreiller à fixer platement le vide de sa chambre, Katsuki se promit qu'il lui ferait payer sa couardise. Un jour peut-être. Quand Eijiro s'en serait remis et arrêterait de tenter de fusionner avec les murs à la Mirio, comme il l'avait fait toute la journée. Quand il retrouverait son sourire et sa bonne humeur. Quand il reviendrait vers lui, probablement comme si de rien n'était.

Si ce jour arrivait.

Il prit une longue inspiration, prêt à hurler pour de bon de se rappeler qu'en plus d'avoir foiré sa tentative pour le pécho, il avait peut-être aussi perdu son premier véritable ami… Mais on frappa à sa porte au même moment.

Il laissa quelques secondes passer en fusillant la direction du regard. Il se demandait vraiment qui cela pouvait-il être. Personne ne venait le déranger en général - à part Kirishima évidemment, Kirishima et ses putains de passe-droit qu'il avait gagné auprès de lui il ne savait putain de comment -, mais il sentait que les autres avaient pu avoir envie de revenir à la charge. Quelque part, il les comprenait : voir un rayon de soleil comme Red Riot arrêter de sourire avait quelque chose de particulièrement déprimant. Mais s'ils pouvaient aller lui casser les couilles à LUI plutôt qu'à Katsuki... !

On frappa une seconde fois et il se leva d'un bond pour aller ouvrir, remonté à bloc à l'idée de faire exploser la tronche de Denki ou de Hanta s'il s'avérait vraiment que c'était eux. Même si c'était quelqu'un d'autre, à vrai dire. Deku aussi aurait parfaitement fait l'affaire pour qu'il puisse se défouler sur une cible vivante.

Mais lorsqu'il ouvrit enfin, il fut plus que surpris de tomber sur la tronche déconfite et cernée de l'objet de toutes ses pensées. Son expression de rage se mua instantanément en un mélange d'embarras et d'ennui en voyant Eijiro baisser immédiatement les yeux pour éviter son regard. Mais il se demanda pourquoi il s'était subitement décidé à venir. Après avoir fait comme s'il n'existait pas toute la journée... C'était une putain de blague.

- Tu veux quoi Tête d'ortie ?! cracha-t-il, souhaitant rapidement se débarrasser de ce stupide pincement au cœur qu'il ressentait à sa vue.

Eijiro se triturait nerveusement les mains, ses yeux rouges fatigués rivés au niveau de leurs pieds. Il avait l'air beaucoup trop misérable comme ça. Il n'était même pas arrivé à se coiffer correctement ce matin, ce qui donnait à sa touffe de cheveux un étrange aspect mi-relevé mi-aplati, accentuant encore l'air presque pitoyable qu'il avait arboré toute la journée.

- Je... Je peux entrer... ? bafouilla-t-il néanmoins, tout en ne manquant pas de jeter des coups d'œil anxieux au couloir vide des dortoirs.

Malgré son ressentiment, Katsuki n'était pas stupide. Visiblement, cet idiot n'avait pas décidé de renier ses valeurs à ce point et il aurait tout de même le droit à une explication. Il préférait largement ça à se faire ghoster sans pression. Avec un soupir, il se décala donc et le laissa entrer dans sa chambre. Ce qu'Eijiro s'empressa de faire, même s'il resta planté debout comme un idiot une fois que Katsuki avait refermé sa porte.

Il l'observa continuer de regarder partout, sauf dans sa direction. Il ne savait pas trop s'il devait lui laisser le temps de lancer la conversation ou prendre les devants sans attendre, éventuellement lui dire d'oublier l'incident de la veille, que ça ne changeait rien et qu'il gérerait cet écart de son côté... Mais le courage de Red Riot sembla lui revenir soudainement.

- P-pour-... Histoire d'être vraiment sûr... entama-t-il de manière un peu plus agitée, mais la voix toujours tremblante et le regard invariablement fuyant. H-hier... Tu as bien-... C'était bien vo-volonta-...

Katsuki plissa un peu les yeux, surtout en constatant comme il lui semblait compliqué de terminer une simple phrase. Mais au-delà de ça : il le prenait pour un con, n'est-ce pas ?

- 'Joue pas les débiles, tu sais très bien ce que ça veut dire.

Il le vit déglutir bruyamment. Puis, enfin, une tentative de regard dans sa direction.

- ... Tu... Toi et moi... Tu voudrais qu'on... sorte ens-ensemble... ?

Il se sentit défaillir légèrement. Il avait beau se découvrir assez hermétique à cela - probablement plus à l'aise sur ce sujet que la majorité des abrutis de son âge, du peu qu'il avait pu l'observer autour de lui -, qu'Eijiro ne l'énonce aussi clairement à voix haute fit revenir sa gêne. Mais contrairement à la lavette en face lui, il était tout bonnement hors de question qu'il ne détourne les yeux. Malgré la sensation désagréable et un peu honteuse de ses joues qui chauffaient dangereusement, comme la veille.

- O-ouais, répondit-il tout de même, déterminé. P't'être que j'aurais dû m'y prendre autrement, mais c'est pas ma putain de faute si tu cherches constamment la merde... !

Eijiro lui envoya un regard aussi éberlué que perdu.

- ... Hein ? Comment ça « je cherche la merde » ?!

Katsuki serra les dents. Il était hors de question qu'il le lui explique. Cet abruti n'avait qu'à se regarder dans un putain de miroir en mettant son foutu manque de confiance en lui et sa modestie de côté : il comprendrait tout de suite.

- 'Pas mon problème si tu vois pas de quoi je parle, pesta-t-il hargneusement. Par contre, ç'aurait été bien que tu m'envoies chier directement plutôt que de faire ton manège débile aujourd'hui... ! T'as conscience d'à quel point les autres m'ont cassé les couilles à cause de toi ?!

Le visage de son vis-à-vis s'embrasa, imitant presque la couleur de ses cheveux.

- ... J'suis désolé... Ça m'a-... Je m'y attendais vraiment pas, ça m'a perturbé toute la journée...

Il l'entendit rajouter « et toute la nuit » dans un marmonnement amer, mais il ne s'en étonna pas une seule seconde.

- J'me doute... grommela tout de même Katsuki, bien conscient que même lui aurait été perturbé à sa place.

Eijiro reprit son triturage de doigts bien énervant, le regard à nouveau cloué au sol. Mais le blond fut un peu surpris de constater que son expression reprenait un certain aplomb. Les iris rouges brillaient, ses sourcils se froncèrent légèrement, son visage sembla se réveiller.

- ... P-par contre... J'ai pas dit que je voulais forcément t'envoyer bouler...

Katsuki écarquilla légèrement les yeux, étonné. Eijiro tenta de lui renvoyer un regard, mais il tint une seconde à peine avant de le fuir encore, de s'embraser de plus belle, de suinter la gêne par tous les pores.

- C-c'est... C'est juste que... T-t'es... T'es un mec, et... Enfin, j-je dis pas que c'est pas-... Mais jusqu'ici, je pensais que... Enfin, je savais pas trop en fait, je-...

Katsuki retrouva un air un peu plus blasé. Oui, il comprenait où il voulait en venir malgré ses bredouillements absolument insupportables. Et la situation avait beau le gonfler un peu, il n'allait pas lui faire l'affront de lui renvoyer dans la face qu'il se foutait pas mal de ses soudains questionnements existentiels.

- Déjà, arrête de bégayer sinon j'te jure que je t'explose la face, le menaça-t-il d'un ton dangereux, peut-être un peu plus sur la défensive qu'à son habitude malgré lui. Et ensuite, okay : j'entends ton problème. Mais c'est pas moi qui vais te donner une putain de réponse miracle. C'est toi qui dois savoir ce genre de trucs.

Le faux roux ne sembla pas très satisfait par cette réponse. Il réfléchissait probablement à mille à l'heure, faisant se demander à Katsuki si son cerveau d'huitre n'allait pas lui faire une surchauffe et s'écouler par les oreilles sur son pauvre plancher.

- ... Mais, et toi ?! lui demanda-t-il soudainement en récupérant son aplomb, son rouge plongé dans le sien. Du coup, t'es... g-gay... ?

Pas perturbé par cette question, il se contenta simplement de hausser les épaules.

- Peut-être, j'en sais rien. J'ai jamais été attiré par personne jusqu'ici...

Il se retint au dernier moment de préciser qu'il était le premier, se contentant de le fixer intensément pour le lui faire comprendre. Et le message parut limpide, puisque Red Riot s'échauffa à nouveau et eut un léger mouvement de recul, ses pupilles reprenant la poudre d'escampette.

- O-okay... répondit-il tout de même. Okay... ça semble... si simple pour toi...

- Pourquoi ça serait compliqué ? siffla-t-il impatiemment. J'me mets à me dire que notre relation actuelle me convient peut-être plus, ça m'emmerde, alors j'essaie de changer ça pour que ça m'emmerde plus, tout simplement. Tu devrais essayer, Tête d'ortie. Tu te prends beaucoup trop la tête pour quelqu'un qui a si peu de neurones.

Malgré ses rougeurs, Eijiro reprit du poil de la bête à cette pique.

- J'suis p't'être naze en cours, mais je sais quand même réfléchir ! Et tout le monde a pas le même je-m'en-foutisme que toi ! Moi je... Je pensais... que j'allais être dans la majorité et être attiré par les filles, comme Sero, Kaminari, Mineta... Mais en fait...

Katsuki ne répondit rien, le laissant continuer, même s'il galérait visiblement encore pas mal à aligner ne serait-ce qu'une pensée cohérente.

Mais il fut surpris de revoir encore les grands yeux rouges et hésitants d'Eijiro se poser sur lui, bourrés de cette honnêteté qui l'agaçait tellement, au même titre qu'elle le touchait beaucoup trop.

- ... Hier, j'ai pas détesté ça... Je crois...

Il ne bougeait toujours pas, le laissant s'épancher. Il sentait qu'Eijiro en avait autant besoin que lui avait besoin de l'entendre.

- ... Mais l'éventualité de carrément sortir avec toi... Ça me fait un peu drôle... Même si... (Il se mit carrément à patasser sur place, dansant anxieusement d'un pied à l'autre) : ... Je crois que ça me dirait bien, en fait...

Katsuki se plongea encore dans les iris carmin. Même sans sourire, ils n'en restaient pas moins légèrement envoûtants. Surtout avec ce que cet idiot sous-entendait enfin.

Le mélange désagréable d'émotions négatives qui l'avait plombé toute la journée s'envola, tout à coup. La légèreté qui prit sa place fut étonnamment libératrice, bienvenue, agréablement paisible, même.

Oui, c'était probablement cela qui l'attirait le plus chez Eijiro : sa capacité innée, miraculeuse presque, à l'apaiser par sa simple présence.

Il n'hésita donc pas plus longtemps pour avancer résolument vers lui, détruisant la maigre distance qui les séparait.

La démolissant un peu plus en crochetant ses doigts au t-shirt de son camarade.

La faisant exploser en déposant à nouveau ses lèvres sur les siennes. Plus délicatement que la veille. Et avec la ferme attention de ne pas s'échapper trop vite, cette fois. D'en profiter. De tenter de faire comprendre à Eijiro Kirishima à quel point il était devenu si important à ses yeux.

Et comme Eijiro ne le repoussa pas, il put s'en donner à cœur joie.

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Hey !

Je ne sais pas s'il y a encore des gens qui suivent cette histoire, auquel cas je ne devrais pas me prendre la tête et juste y aller yolo, mais je voulais dire que je rame toujours un peu dans la semoule pour savoir où je vais tout en continuant d'équilibrer les trois couples... C'est toujours aussi difficile pour moi de faire fi de la logique et du canon, même si c'est ce que je voulais faire à l'origine : oublier Shiggy et ses amis les gros méchants pas super gentils pour juste faire joyeusement copuler tout le monde... Je vais essayer de continuer quand même dans cette voie et rester sur une romance un peu mielleuse et éloignée des soucis actuels du manga (pour ceux qui sont à jour dans les scans, force à vous...)

Mais j'espère que ça vous plaît toujours si vous êtes encore là !