Un grand merci à ma Bêta qui remarquera que j'ai fait beaucoup d'efforts sur cette fout*e faute que je fais depuis la création de cette histoire !
Je regardai le visage de cet inconnu se décomposer. Alors comme ça, il avait connu mon frère ? Mais de quel droit l'appelait-il « chaton » ? Cela me mettait hors de moi. Je voyais cet homme, musclé et viril, tomber à genoux et se prendre la tête entre les mains. Je ne sus pourquoi mais je sentis une colère sourde gronder en moi. Quels rapports entretenaient-ils ? Pourquoi je n'avais jamais entendu parler de cet homme aux cheveux flamboyants ? Qui était-il par rapport à mon frère ? Mais cette colère se dissipa bien vite lorsque je vis des larmes perler dans ses yeux émeraudes. Ce type me faisait presque pitié.
« - Pourquoi tu chiales ? Il est mort il y a des années, ton deuil a déjà du être fait depuis le temps. Et puis d'où tu connais Sora ? »
Cependant, il ne me répondit pas et m'ignora totalement. Je me relevai donc et pris les vêtements mis à ma disposition : un jean clair et une chemise bleue foncé. Je laissai les premiers boutons détachés pour que l'on puisse voir mon aile d'argent. Je jetai un regard en direction de l'homme et remarquai son corps pris de soubresauts. J'étais un Argetlam. J'avais fait mon deuil il y a des années déjà et je n'exprimais plus aucune émotion. Qui était-il pour pleurer ainsi ? N'était-il pas un homme ?
« - Franchement t'es qui pour chialer comme un môme ? »
Il essuya rageusement les larmes d'un revers de main, se releva et planta ses grand yeux larmoyants dans les miens avant de m'annoncer, d'une voix forte malgré son état :
« - Je m'appelle Axel. Je suis le chef des Fireflam. Bienvenue sur Crépuscule. Rassures-toi tu n'es plus dans la forêt mais bien dans le quartier du même nom. Anciennement, cette forêt nous appartenait mais nous l'avons perdu après la guerre. Ensuite le traité sur la neutralité a été signé et nous avons définitivement perdu le territoire. »
J'avais donc devant moi le chef des Fireflam auquel je devais rendre le sac... Le sac ! Je l'avais complètement oublié. Je le cherchais autour de moi et me rappelais qu'on me l'avait pris lors de ma traversée en forêt :
« - J'avais un sac dans la forêt. Où est-ce qu'il est ? Quelqu'un l'a retrouvé ? Je devais te le ramener au nom de... »
Tout d'un coup, tout me revint en mémoire. Les cheveux argentés, la forêt, la douleur, le sac... Xemnas me l'avait volé ?! Mais pourquoi aurait-il voulu me le prendre ? Encore un de ses coup fourré pour me jeter dans la gueule du loup. Et maintenant, je ne savais plus comment justifier ma présence en ces lieux. J'ouvris la bouche pour parler mais la refermai aussitôt. S'il ne m'avait pas encore attaqué, je pouvais m'estimer en relative sécurité. Je pouvais rester ici mais je ne lui ferais jamais confiance. C'est pourquoi j'exigeais :
« - Je veux une arme. Un couteau fera même l'affaire. Mais si je dois partir, il faut que je puisse me défendre.
- Tu ne pars pas, tu restes là. Tes blessures ne sont pas complètement guéries et il te faudra plusieurs jours encore pour que ta plaie se referme dans le dos. Mais tant que tu es là, pas question de porter une arme sur mon territoire.
- Je ne resterais pas ici. J'étais venu apporter un sac, on me l'a volé dans la forêt. Il faut que j'aille le récupérer avant que Xemnas n'exige une réponse. Et pour ça, je veux une arme. »
Je fis un pas vers la porte, mais une fois de plus, je fus retenu. Je levai les yeux pour les ancrer dans son regard flamboyant. J'en eus le souffle coupé et je compris la signification de Fireflam. Ce n'était pas par rapport à sa chevelure de feu, mais bien dû à l'intensité de son regard. Celui-ci transperçait tout ce qui se trouvait dans son champ de vision. Je fus incapable d'exprimer mon vœu de partir, ni celui de posséder une arme. J'étais comme pétrifié. Il avança d'un pas et je pus sentir son souffle caresser timidement ma joue, ses vêtement frôlant les miens. Son visage s'approcha dangereusement du mien. J'avais le corps tendu comme un arc, n'osant esquisser le moindre geste. Il entrouvrit les lèvres, eut l'air d'hésiter... et je sentis une aiguille transpercer ma peau au niveau du bras. Les seules choses que je vis avant de m'effondrer fut son sourire narquois et ses lèvres qui formaient la phrase : « Dors bien mon chaton ». Mes yeux lancèrent des éclairs puis ce fut le noir.
Lorsque mes paupières se soulevèrent, je me sentais quelque peu ankylosé et douloureux. Je voulus soulever mon bras mais remarquai que j'étais attaché au lit. Je me trouvai dans la même pièce qu'à mon réveil en compagnie du chef du gang. A son souvenir, je n'eus d'autre envie que de l'étriper. Il m'avait berné ! Je tirai sur mes liens comme un démené. Même mes jambes étaient entravées ! Je tournai la tête dans tous les sens, le regard fou. Il n'était nulle part. Je criai :
« - Montres-toi ! Je sais que tu m'entends ! Lâches-moi ! Je t'interdis de me retenir ici prisonnier, c'est un affront aux Argetlam et tu t'en mordras les doigts quand Xemnas sera au courant ! »
Une douleur aiguë traversa mon dos, longeant les contours de ma plaie et je ne pus éviter de lâcher un cri étranglé, étouffant mes protestations. J'entendis alors la porte s'ouvrir et des pas précipités. Un homme en blouse blanche se pencha vers moi et me demanda d'une voix calme :
« - Où est-ce que vous avez mal ? Votre douleur s'évalue à combien ? »
Je lui jetai un regard noir et serrai les dents. Hors de question que je lâche ne serait-ce qu'une parole à un membre de ce gang de fou. La sueur commença à perler à mon front à mesure que la douleur s'intensifiait. Je me cambrai le plus possible pour éviter que mes vêtements ne frottent mon dos car cela me brûlait plus de que raison. Lorsque le médecin le remarqua, il se dirigea vers la porte, aboya quelques ordres que je ne compris pas et bientôt, plusieurs personnes le rejoignirent. Quatre personnes entrèrent et elles se mirent chacune aux extrémités de mes membres, là où j'étais enchaîné. Ils s'affairèrent quelques secondes sur les liens, puis je sentis qu'on me libérait. Content que l'on est pu accéder à ma demande, je jetai mes jambes en dehors du lit mais ne put faire un geste. Le docteur lança :
« - Tenez-le bien. Il ne faut surtout pas le brusquer. »
A la place des liens, je sentis aussitôt une autre entrave sur mon corps : celle de mains humaines. J'étais affaibli, courbaturé, douloureux et seul contre quatre personnes. Qu'est-ce que je pouvais faire ? Malgré ça, je me débattis. Que me voulait-on à la fin ? Lorsque j'entendis sa voix, symbole de trahison pour moi, je bataillais encore plus.
« - Docteur, que faut-il faire ? »
Je n'entendis pas la réponse car étouffée par le grognement sourd d'un de mes tortionnaires à qui j'avais réussi à mettre un coup. Mais sitôt que j'eus le bras quelque peu libre, ses mains revinrent le plaquer avec force sur le lit. La force conjuguée de ces quatre hommes me maintenait cloué au lit et le frottement des draps sur mes vêtements et donc, sur mon dos, me firent grogner de douleur. Puis de rage quand sa voix résonna de nouveau :
« - On peut pas lui administrer un sédatif ?
- Il a déjà eu une dose massive dans le sang en très peu de temps et je crains que son corps ne sature après une nouvelle dose, ne serait-ce que minime. Il me faut garder une marge de manœuvre pour pouvoir lui administrer des antalgiques et ça ne ferait plus très bon ménage avec d'autres sédatifs, chef.
- Très bien. Tenez-le fermement, il va se débattre durant toute l'opération et je doute qu'il soit très enclin à vous aider. »
Évidemment que je n'étais pas enclin à les aider ! Et quelle était donc l'opération qu'il voulait me faire subir ? Ma rage décupla a force mais pas assez pour me libérer. Je ne comprenais toujours rien à ce qu'il se passait mais la réponse me fut apportée lorsque je sentis les doigts frais d'Axel s'affairer sur le boutons de ma chemise, frôlant ainsi ma peau mise à nue. Soudain je pris peur. La violence je connaissais et je supportais. Mais pour quelle raison autre que sexuelle voulaient-ils me déshabiller ? La chemise que je portais fut coupée pour éviter qu'on ne me lâche les bras. Lorsque le ciseau s'affaira à faire subir le même sort à mon jean, je me débattis comme un diable mais ils employèrent alors la manière forte, déchirant mon jean. Une première déchirure me mit la jambe droite à découvert, puis une seconde dévoila la gauche jusqu'à la hanche. Une dernière atteignit la couture de l'entrejambe et je me sentais ridicule d'avoir peur. Si je devais subir des assauts sexuels, qu'il en soit ainsi. La torture ne pouvait être pire et ce serait un simple mauvais moment à passer. Les ciseaux accomplirent la fin du travail et toutes les coutures furent déchiquetées. J'étais nu et à leur merci mais je continuais à me débattre. Un Argetlam n'abandonnerait pas aussi facilement. La voix d'Axel résonna, fiévreuse et impatiente :
« - Mettez le sur le ventre et attachez le. »
Un long frisson me parcourut l'échine, et bientôt, je fus mis sur le ventre et rattaché au lit. J'en avais presque oublié ma douleur. Presque. Car lorsque le médecin arracha les vêtements qui avaient collé à ma plaie, je ne pus retenir un cri de douleur et je compris enfin. Il n'était nulle question de sexe ici mais de commodité. J'avais été mis dans cette position pour éviter que cela me fasse du mal on avait retiré mes vêtements pour qu'ils ne frottent pas à ma plaie. Un rire nerveux s'étrangla dans ma gorge lorsque je sentis une main mettre une pommade sur ma plaie. Aussitôt, le feu qui y régnait se calma et je me détendis un peu. Je levai les yeux sur ce qui m'entourait et m'aperçut qu'il ne restait dans la pièce qu'Axel et le médecin. Je remuai prudemment les mains et les pieds et poussa un soupir lorsque je sentis les liens sur ma peau. Un drap fut mis sur mes jambes jusqu'à la cambrure des mes reins. Le médecin m'adressa quelques mots avant de partir :
« - C'est pour votre bien que nous vous avons mis sur le ventre. Pour la prochaine fois, il serait préférable que vous coopériez pour plus de facilité. Je ne veux que votre guérison et il est plus facile d'y arriver lorsque les deux partis sont d'accord. Vous comprenez? »
Je détournai le regard et il murmura quelques mots à l'oreille du chef. Celui-ci hocha gravement la tête et scruta mon dos d'un intense regard. Lorsque le docteur fut parti, Axel s'assit sur une chaise et s'installa près du lit, à côté de ma tête.
« - Qu'est-ce que tu me veux ? Ça t'as pas suffit de me garder ici ? Tu veux en plus jouer les bons samaritains en me soignant pour ou contre mon gré ? Ou alors ça t'amuses de voir un membre d'un gang adverse en position de faiblesse sur ton territoire ? Tu me soignes pour mieux me torturer c'est ça ? Je te préviens, je dirais rien. J'ai subi beaucoup plus de tortures que tu ne peux l'imaginer pour éviter de me faire parler et tu ne tiras rien de moi. Si tu veux vérifier mes dires, vas-y. Je suis à ta merci. »
J'avais parlé d'une voix ironique en agitant mes liens sur la dernière phrase. J'avais le goût amère de la défaite dans la bouche. J'étais à des kilomètres de chez moi, à la merci d'un chef de gang adverse et de plus, je n'avais pas pu faire la mission qui m'avait été confiée d'accomplir. J'enfouis ma tête dans l'oreiller et fermai les yeux. Depuis quand n'avais-je pas pris le temps de dormir convenablement ? Certainement depuis la mort de mon grand frère. Je sombrai doucement dans le sommeil. Cette folle nuit resurgit à ma mémoire pour ponctuer mon sommeil de cauchemars et je rouvris brutalement les yeux, la respiration haletante. Axel, toujours assis sur sa chaise, voyant cela, se leva précipitamment :
« - Où est-ce que tu as mal ? Je vais chercher le médec..
- C'est bon calmes-toi, j'ai mal nulle part. J'ai... J'ai mal dormi c'est tout. Fais pas chier et casses-toi ! »
Puis je me souvînt du contenu de mon rêve et décidai d'interroger Axel, qui s'était rassis, visiblement rassuré :
« - Pourquoi tu m'as appelé Sora ? Qui es-tu pour lui ? Où est-ce que tu l'as rencontré ? Comment ça se fait que tu savais pas qu'il était mort ?
- Je savais que je te devrais des explications, soupira-t-il. Mais avant cela, je voudrais savoir comment il est mort et quand. Et quelles sont tes relations avec chaton. Je n'ai pas à me justifier devant un Argetlam.
- Je suis son petit-frère. »
Sa réaction eut le mérite de me faire sourire : son visage s'était décomposé dans un masque d'incrédulité et il avait l'air si niais en ce moment qu'on aurait eu du mal à le faire passer pour le chef des Fireflam. Quelques secondes plus tard, son air redevint sérieux et il poursuivit :
« - Je comprends d'où vient la ressemblance. J'ignorais qu'il avait un frère... Mais dis-moi, quand de quoi et pourquoi est-il mort ?
- Je te dirais rien tant que je saurais pas tout ce qui te lie à mon frère.
- Je m'en doutais. Très bien. Il s'installa plus confortablement sur la chaise avant de continuer. Sora et moi, on se connaît depuis tout petit. A vrai dire, je ne me rappelle pas avoir vécu sans lui. Ta mère et la mienne étaient de très bonnes amies et on fut élevé quasiment ensemble. On a vraiment grandi ensemble. On a commencé par quelques vols à l'étalage puis par voler les passants et leur argent ensemble. Rien de vraiment concret. Tout était parfait jusqu'à ce que la mère de Sora... Et la tienne donc, mourut à l'âge de ses neuf ans. Sora me répétait qu'il fallait qu'il trouve beaucoup d'argent pour subvenir aux besoins de sa famille. L'innocence nous avait quitté. Alors on a parlé au seul garçon de l'école qui se vantait de toucher un max en faisant presque rien. On ne l'aimait pas mais on avait pas le choix.
- Xemnas... Soufflai-je
- Exact. Il nous expliqua que ce qu'on devait faire été très simple : porter des petits sacs de vitamines -du moins c'est ce qu'on croyait- à travers Oblivion. Je pouvais pas laisser Sora faire ce travail tout seul, alors on l'a fait comme d'habitude, à deux. C'est vrai que c'était très simple. On s'est jamais fait choper. Ça a duré trois ans. Alors Xemnas nous as donné plus de sacs, des plus lourds aussi. On a rapidement jeté un coup d'œil dedans et ce qu'on y avait vu nous avait stupéfaits. C'était des munitions, des kilos de munitions. On est allé déposer le sac à l'endroit convenu et on est parti voir Xemnas. Livrer des vitamines d'accord, mais des munitions, il en était hors de question. Il s'en est suivi une violente dispute. On est parti un an de ce magouillage. Mais voyant que le fric rentrait plus dans la maison, ton père a décidé de se barrer. Du jour au lendemain, sans laisser de mot ni rien. Il est tout simplement parti. Sora avait alors treize ans. J'avais demandé à ma mère de l'accueillir à la maison. Elle était d'accord mais lui refusait toujours. Maintenant, je comprends mieux pourquoi : à cause de toi. Je me rappelle que ses joues se creusaient de plus en plus et les vols à l'étalage ne suffisaient plus à le nourrir. Je pouvais pas vraiment l'aider, on était nous aussi très pauvres à Oblivion, ma famille et moi. Alors on a rejoint Xemnas, une fois de plus. Même si le travail nous convenait pas, il payait bien. Il nous as accueilli d'un air narquois et on a vraiment fait du boulot de merde pendant plusieurs mois. Quand Sora eut quatorze ans, Xemnas décida de nous changer de filière comme il disait. Le pouvoir qu'il établissait sur Oblivion était effarante. Il décida de créer un clan qu'il nomma les Argetlam, suite à sa couleur de cheveux. Sora, un pauvre type nommé Xigbar et moi-même, on était chargés de ramener de nouvelles recrues. Le plus souvent, c'était par la force. On était contre bien sur, mais Xemnas nous tenait par l'argent et il le savait. On achetait le moins de choses possibles pour réussir à mettre de côté et se casser d'ici. Au bout de deux ans, on avait un bon petit pactole. Malheureusement, ce taré avait un pouvoir immense sur l'ensemble d'Oblivion. Lorsqu'on eut seize ans, on décida de partir. On avait assez d'argent et plus rien ne nous retenait ici, excepté ma mère. Quelques jours avant notre départ, je l'envoyais chez une de mes connaissances, à Disney. Elle y mourut heureuse. Rassuré quand à l'avenir de ma seule famille, on prépara notre coup : voler l'argent des Argetlam et s'enfuir d'Oblivion. Le plan ne se déroula pas tout à fait comme prévu et Xigbar nous surprit. On se battit comme des lions et c'est là qu'il perdit son œil droit. On réussit malgré tout à s'enfuir, avec moins de pognon espéré mais heureux d'être de nouveau libres. Sora, chargé de trouver une planque, m'avait dit qu'il en avait trouvé deux et qu'il était préférable de se séparer. On resterait en contact mais on ne pourait pas rester ensemble pour ne pas trahir notre présence. Encore une fois, en te regardant, je comprend mieux ses paroles. Il m'écrivait régulièrement. Jusqu'à l'âge de ses dix-sept ans. Il m'avait expliqué que l'ont était sur sa piste et qu'il devait partir. Puis plus de nouvelles. J'espérais qu'il s'en était sorti malgré tout indemne et qu'il ne me parlait plus pour assurer sa sécurité.
- Pourquoi avoir fui Argetlam si c'est pour créer Fireflam, questionnai-je, hargneux ? »
Il mit quelques instants à rassembler ses pensées et j'en profitais pour plonger dans les miennes. Je comprenais mieux Sora maintenant, pourquoi je ne pouvais pas sortir sans me cacher, notre déménagement lorsque j'avais sept ans, ses absences injustifiées, ses recommandations, le fait de toujours être gentil et de ne jamais se salir les mains... Maintenant, tout devenait clair. La réponse d'Axel me tira de mes pensées :
« - Pour mettre un terme définitif aux agissements de Xemnas. »
