Merci beaucoup à ma Bêta et à son assassin d'imparfait. Il y a eu beaucoup de travail sur ce chapitre...
Ce chapitre est le dernier. Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont suivi et qui m'ont laissé un review: Nellia tout d'abord qui laisse toujours une review et qui a le courage de me corriger malgré mon aversion pour le passé simple.

Merci à tous de m'avoir suivi, j'espère que la fin vous contentera autant que les autres chapitres : Nellia, Katae, Tsuishin, Raffie13035, Arum, Godfern, Lovedei, Kana Onoa, Milou-sarcastic-yaoiste.


Je sentais la vie partir au rythme du flot sanguin qui s'échappait de ma plaie. Mais ce n'est pas ce qui me préoccupait pour le moment. La douleur psychique que je ressentais face à la trahison de Xion annihilait tout. Je fermai les yeux et c'est comme si un souffle d'une puissance incommensurable emportait ma conscience et tout ce qui allait avec. Je ne ressentais plus la souffrance, la morsure des menottes, le tissu des draps, la chaleur de mon sang, l'appréhension de la mort toute proche, ni l'espoir d'un quelconque secours. Je flottais sans lucidité de mon corps. C'était très étrange. Puis, j'eus l'impression d'exploser en un million de particules. Je n'étais plus une entité mais, morcelé, disloqué. Détruit. Et c'est ainsi que je me perdis dans les affres de l'inconscience perpétuelle. Seul. Désespérément seul.

« - Qu'as-tu ressenti en voyant le regard azur de ton frère se voiler pour devenir de plus en plus vitreux ? Son souffle devenir saccadé ? L'incompréhension barrer son visage ? Le dur poison de la trahison s'insinuant dans ses veines, dans son sang. Ce sang que tu as lâchement laissé couler du corps de ton frère ! Ce FRERE dont tu n'auras jamais la prestance, le charisme, le courage et la LOYAUTE ! »

Toute la haine que je ressentais se reflétait dans mon regard. J'avais les poings serrés à m'en faire craquer les jointures. Je regardai par la fenêtre de la chambre de Roxas. Je ne savais pas quoi faire de lui. Ma fureur était telle que je voulais simplement le frapper encore et encore jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais valait-il vraiment le coup de subir le courroux des Argetlam ? La question de son sort m'obsédait tellement que je parlais à voix basse, me répétant inlassablement quoi faire, comme une véritable litanie. Puis, mon instinct prit le dessus : je sortis mes chakrams. Mes jointures étaient blanches tellement je serrais fortement mes armes. Malheureusement pour moi, Demyx, mon fidèle bras droit, ouvrit la porte de la pièce à la volée, en sueur et débita d'une voix rapide :

« - Axel viens vite ! On est attaqués ! Les projectiles viennent de la forêt mais on a pas encore déterminé l'auteur de l'attaque.

- Combien sont-ils ? Demandai-je d'une voix devenue subitement calme.

- Ils restent à couverts et tirent de plusieurs directions à la fois. Dans ces conditions...

- Très bien. Allons-y. »

Je courus à la suite de Demyx. Qui pouvait bien nous attaquer en ce temps de paix relative sur Kingdom Hearts ? Je sortis de nos quartiers pour y découvrir les membres des Heartsqueen s'attaquer aux barrières qui entouraient Crépuscule. Il me semblait que c'était seulement une attaque d'intimidation : les flèches d'Ariel se plantait dans les barricades sans faire de victimes alors que les flammes de Cendrillon léchaient seulement le pied des barbelés qui constituaient notre première ligne de défense. Fireflam n'avait pas encore riposté, n'ayant pas mon feu vert. Je m'avançais et criais :

« -Kaïri ! Montre-toi ! Nous avions un accord toi et moi. Cette démonstration de violence n'a pas lieu d'être. Tu ne m'impressionnes pas avec ces jouets.

- Tu m'avais dit qu'il me reviendrait s'il ne t'apportait rien. Que peut-il bien te donner pour que tu le gardes avec toi depuis des jours ? Argetlam commence à bouger, ils se doutent de quelque chose. Ils vont venir le chercher. Je veux qu'il soit à mes côtés lorsqu'ils viendront. Pour venger Olette. Saïx payera sa trahison le prix qu'il faudra.

- Ta démonstration de force ne me donne aucunement l'envie d'accéder à tes demandes. N'as-tu plus confiance en personne en la race humaine pour être toujours accompagnée de tes fidèles sujets ?

- Les fidèles sujets ne sont pas là pour protéger Kaïri, j'ai toute confiance en elle et elle sait se défendre seule. Mais ils s'occupent de ma propre sécurité, dit Naminé en s'approchant d'une voix douce mais ferme. Les Heartsqueen ne sont pas là pour te déclarer la guerre Axel. Mais nous avons besoin de Roxas près de nous lorsque Xemnas viendra le chercher. Nous avons quelques comptes à régler avec Argetlam et Roxas sera un très bon moyen d'échange pour ce que nous avons à faire. »

La voix douce de Naminé eut raison de moi. Je pris néanmoins quelques instants pour réfléchir. Après tout, son destin serait sans doute pire sous la main cruelle et froide de Xemnas lorsque Kaïri l'abandonnerait à ses griffes plutôt que dans mes quartiers. Lorsque je vis Kaïri ouvrir la bouche pour parler, je levais une main autoritaire puis me tournais vers Demyx :

« - Va le chercher. Laisse le enchaîné. »

Pendant que Demyx allait chercher l'heureux captif, je sentais la tension monter entre les deux clans. Les Fireflam attendaient mon signal pour régler leur compte aux Heartsqueen. L'attente risquait d'être longue car je ne touchais jamais ni aux enfants ni aux femmes. Même si celles-ci lançaient des flèches à mes pieds. Je pris alors l'initiative de faire baisser la tension avant l'escalade d'une violence que je sentais sous-jacente :

« - Et si tu ordonnais à tes gentilles petites amies d'arrêter d'étaler leur... savoir-faire, dis-je sur un ton ironique, au pied de mon territoire. »

Kaïri n'eut pas l'air d'aimer la blague mais néanmoins, elle obtempéra en faisant signe aux Heartsqueen de se calmer. Obéissantes, elles s'alignèrent un mètre derrière leur chef, croisant les bras dans un air de défi. Se fixant en chien de faïence, les minutes passèrent, silencieuses et interminables. De plus en plus impatiente, Kaïri montrait de nombreux signes de nervosité. La colère prenant le dessus, elle hurla :

« - OU EST-IL ?

- Zexion.

- Chef.

- Restes-ici. Fais moi prévenir s'il y a le moindre changement dans la situation actuelle. Je vais chercher Demyx. »

Je me dirigeai vers mes propres quartiers. Je traversai la salle de réception – qui n'avait pas servie depuis des lustres – d'un pas rapide. Je débouchai dans une série de couloirs. Si je prenais à droite, il y aurait la partie réservée aux entraînements et aux matériels. C'est là que je passais le plus clair de mon temps. Je me dirigeai donc à gauche : vers mes quartiers personnels. Je n'avais pas placé Roxas à l'infirmerie car je l'avais d'abord pris pour Sora. Croyant retrouvé mon ami perdu dans ce frère retrouvé, je l'avais laissé dans cette aile. Je voulais profiter de lui et le connaître, transférant ainsi tout l'amour que j'avais pour Sora sur son petit frère. Quelle ne fut pas ma déception lorsque je découvris qui se cachait derrière ce visage si angélique. Lorsque j'entrai dans l'aile qui m'était réservée, l'absence totale de bruit et l'atmosphère, lourde, oppressante, me firent courir. Le dernier virage et ce que je vis me fis entrer dans une rage folle : Demyx était étendu sur le seuil de la porte, baignant dans son sang. La surprise marquait encore son visage. Roxas avait-il réussi à s'échapper ? Où avait-il pu trouver une arme et tuer Demyx en si peu de temps et dans de telles conditions ? Je pus remarquer un trou déchirant ses vêtements imprégnés de sang dans son dos. On l'avait donc abattu par arme à feu. Roxas n'avait pas pu trouver une arme et tuer Demyx sans avoir de subi des dégâts à son tour. J'entendis alors un râle plaintif. Le membre d'Argetlam était donc à l'agonie. Très bien. Je sortis mes chakrams et me précipitais vers la pièce, enjambant le cadavre encore chaud de mon bras droit. Roxas était bien à l'agonie. Je n'en doutais pas vu la quantité de sang présente dans les draps et sur son corps. Mais il n'avait pas l'air d'être libre de ses mouvements : les menottes entravaient pour lui toute échappatoire mais également toute possibilité de défense. En revanche celle qui était totalement libre de ses mouvements et qui en profita pour m'envoyer un crochet du droit dans la mâchoire était une totale inconnue. Mon agresseur leva son bras pour tirer mais mes chakrams furent plus rapides : le canon du pistolet se bloqua sur le tranchant des lames tandis que la pointe de l'arme lacéra le bras de la jeune fille. Elle recula vivement. Nous nous regardâmes dans les yeux quelques instants pendant lesquels je me permis de la détailler. Elle était frêle sans réelle musculature ni forme mais sa vivacité devait surprendre de nombreux adversaires. Des cheveux d'un noir d'encre encadraient un visage fin souligné par deux grands yeux bleus.

« - Qui es-tu, demandai-je ? agressif.

- Enchanté Axel, chef des Fireflam. Je suis Xion, membre des Argetlam.

- Si tu es revenu pour Roxas, ce n'est pas la peine d'y penser, il est à moi et seul Xemnas pourra le récupérer contre échange.

- Je ne suis pas là que pour lui... Tu es le prochain sur ma liste. »

Sur ces mots, je me jetai sur elle d'un mouvement brusque mais elle glissa non loin de ma lame. L'éclat argenté d'un poignard se refléta à la lumière du soleil et j'esquivai d'un geste souple. Je lançai mon bras et une pointe acérée atteignit Xion à sa hanche gauche. Son short se déchira et je pus nettement voir la marque des Heartsqueen tatouée sur son corps. J'essayais de trouver une explication à tout ceci. Pourquoi Xion en voulait à Roxas, se faisait passer pour un membre des Argetlam alors que Kaïri réclamait le détenu de son plein droit ? Tout ceci n'avait pas de sens. Une seule chose était claire : Xion avait tué Demyx. Un coup d'œil rapide au cadavre encore légèrement chaud qui bloquait la seule sortie et ma fureur reprit le dessus. Les coups plurent sur Xion. Néanmoins, elle se défendait bien grâce à son agilité, elle échappait souvent à mes coups, brusques et puissants mais lents. La rixe se prolongeait depuis trop longtemps à mes yeux je décidais donc d'envoyer valser un chakram. Je devînt alors plus rapide et ma liberté de mouvement fut plus grande. Une minute plus tard et s'en fut fini de Xion : un mouvement violent et sauvage l'atteignit et lui entailla la chair. Une plaie béante se forma sur son corps, de sa gorge à son nombril. Son corps n'était pas tombé à terre que je me précipitais sur Demyx. Mais ses yeux grands ouverts et son absence de pouls confirmèrent ce que je soupçonnais déjà : il était bel et bien mort. Je fermai ses yeux et poussai un profond soupir. Les Heartsqueen allaient me le payer. Puis, je me dirigeai vers Roxas.

« - Que peux-tu bien avoir de plus pour que tu déclenches une guerre sur Kingdom Hearts ? Murmurai-je lorsque je me penchai vers lui. »

Je déchirai les draps afin d'avoir une longueur assez grande me permettant de comprimer la blessure de Roxas. Je fis un nœud autour de son flanc afin de maintenir une pression suffisante pour contenir l'hémorragie et rangeai mes armes. J'attrapai le corps dans mes bras et l'entourai dans le reste des draps pour lui soutenir la tête qui pendait en arrière. Je me tournai non sans un regard pour le corps inanimé de Demyx et me hâtai de rejoindre les frontières du clan.

Lorsque je rejoignit les Heartsqueen, je leur balançai le corps à leur pied.

« - Votre monnaie d'échange. Prenez la et repartez avant que je ne change d'avis, lançais-je d'un ton hargneux à Kaïri. »

Je fis un signe discret aux membres des Fireflam : trois doigts levés signifiant qu'il fallait se tenir prêt. On ne savait pas ce que les Heartsqueen avaient en tête. Belle s'avança pour prendre le corps tandis qu'Ariel la couvrait de ses flèches. Lorsque Belle retira le drap du cadavre, elle cria et recula vivement jusqu'à la hauteur de Kaïri. Celle-ci essaya de connaître les raisons de l'émoi de la jeune femme, sans succès. Elle alla donc voir le corps elle-même. Lorsqu'elle déchira le drap, tous purent voir le corps. Inconnu pour mes hommes et reconnaissable chez les Heartsqueen : Xion.

« - Elle aura sans doute plus de valeur aux yeux de Xemnas lorsqu'il verra la marque sur sa cuisse plutôt qu'un garçonnet mourant sans aucun intérêt.

- Tu l'as tué... m'accusa Kaïri sans une once de pitié dans la voix. Tu nous avais promis Roxas s'il ne te servait pas et en échange tu tues l'une des nôtres ?! Crois-tu que nous allons laissé passer ça ?

- Il me semble que nous sommes quittes dans le bilan des morts. Ta fillette a tué mon bras droit parti récupérer Roxas dans le bâtiment et je n'ai fait que justice à Demyx. Pas de quoi déclencher une guerre. De plus, Xion a gravement amoché votre « monnaie d'échange » qui est actuellement au bord de la mort. Si vous nous déclarez la guerre maintenant ou vous éternisez à réfléchir aux actions, Roxas va mourir. Et nous ne voulons pas qu'un membre des Argetlam, venu ici donner une offrande de Xemnas sur mes terres, ne meurt n'est-ce-pas ? Ma tirade sembla calmer Kaïri et je me tournai vers Naminé pour continuer : Notre alliance est fragile et sans doute pas éternelle. Mais nous avons le même but vous et moi et ne pouvons nous permettre des guérillas pour un membre du clan adverse. Faîtes-moi confiance, je m'occupe de Roxas, retournez enterrer vos morts sur vos terres et continuons à marcher ensemble. N'est-ce-pas la meilleure solution et la plus raisonnable ?

- En effet, tu as raison. Notre alliance doit tenir contre Argetlam coûte que coûte. Nous nous recontacterons bientôt. Naminé se tourna ensuite vers son clan. Nous partons, rentrons chez nous. Axel, nous ne te sommes pas reconnaissantes car l'une des nôtre est morte. Mais puisque tu as perdu l'un des tiens également, nous partons en paix. »

Les Heartsqueen ne baissèrent pas les armes et s'éloignèrent à reculons. Lentement. Trop lentement à mon goût. Je sentais la vie de Roxas s'éloigner un peu plus à chaque pas que faisaient les Heartsqueen. Dès qu'elles eurent franchi l'orée de la forêt Crépuscule, je courus vers Roxas. Je ne savais pas pourquoi mais plus je m'approchais de la pièce, plus mon cœur s'emballait. Lorsque j'arrivai à la porte, je restai bloqué. Roxas ne bougeait plus. Je ne voyais même pas son ventre se soulever pour marquer sa respiration. L'attente, trop longue, avait-elle eu raison de lui ? Je serrai le poing et frappé dans le mur à tel point que mes jointures craquèrent dans un drôle de bruit. Mes hommes, qui m'avaient rejoint, découvrirent alors le corps inanimé de Demyx. D'autres jointures craquèrent, des visages se fermèrent et des poings se serrèrent. Malheureusement, la vengeance qu'ils voulaient infliger était déjà faîte. Ils ne pouvaient rien faire de plus. L'impuissance les submergeait. Demyx était mort sur leur propre terrain alors que le gang entier était présent. Zexion me poussa pour accéder à la chambre. Il jeta un bref regard à Demyx et se dirigea droit vers Roxas. Il plaqua deux doigts à la base de son cou et son autre main sur son ventre. Ses sourcils se froncèrent sous le coup de la concentration. Il prit le corps de Roxas dans ses bras et se dirigea d'un pas pressé vers l'infirmerie. Mon cœur se remit à battre très vite.

« - Est-ce qu'il est vivant ? Il va s'en sortir ? Est-ce qu'il respire ? »

Zexion ne me répondit pas et accéléra un peu plus. Il s'enferma à double tour dans l'infirmerie et j'eus beau tambouriner à la porte, il n'ouvrit pas pour autant. S'entama alors un long moment d'attente. Très long moment d'attente. Je déambulai dans le couloir, en essayant vainement de voir ce qu'il se passait dans la pièce. Mais Zexion avait tiré les rideaux, empêchant tout regard indiscret. Dont le mien. Je le maudis de toutes mes forces. Pourquoi ne me laissait-il pas voir ce qu'il faisait ? J'avais confiance en lui mais je ne pouvais m'empêcher d'avoir peur. Peur pour sa vie. Mais pourquoi ? Pourquoi avais-je peur pour un homme que je ne connaissais à peine ? A vrai dire, ce n'est pas à ce moment que je réfléchissais à cela. J'étais bien trop bouleversé pour penser à autre chose que sa vie. Lorsque Zexion sortit enfin de la pièce après plusieurs longues heures, son visage était impénétrable. Je ne savais toujours pas si Roxas était en vie ou non. Zexion referma la porte derrière lui, m'empêchant d'accéder à la pièce.

« - Arrêtes de me faire attendre et dis moi s'il va bien ! Lançais-je, plutôt abruptement. Comment va-t-il ?

- Il est très mal en point mais...

- Est-ce qu'il va s'en sortir ?

- Oui ne t'inquiètes pas. Son état est assez stationnaire mais il lui faut une surveillance accrue pour le moment. Je voulais juste te demander de me préparer du café. Bien corsé. Il va falloir que je reste éveillé une bonne partie de la nuit.

- Vas te reposer. Ça fait des heures que tu es ici. Je reste.

- Je préférais que ce soit moi qui reste, s'il se passe quelque chose, mes connaissances en médecine …

- Je reste. C'est un ordre. Dit-je d'une voix claire mais ferme.

- Oui Chef.

- Merci pour tout Zexion, je t'appelle au moindre soucis d'accord ? »

Zexion opina de la tête puis partit dans ses quartiers. Je respirai un grand coup et ouvrit la porte. Roxas était allongé sur le dos, les yeux fermés mais l'air serein. Je m'approchai de lui à pas de loup. J'avais peur que Zexion m'ait menti et qu'il soit mort. Je regardai son ventre : il bougeait. Il respirait. Je pris une grande bouffée d'air, je n'avais même pas remarqué que je retenais ma respiration.

Je regardai Roxas. Ou plutôt, je l'admirai. Il avait vraiment une beauté angélique. Son corps était recouvert par les draps mais on pouvait imaginer les formes qu'il avait acquises au fil du temps. Toutefois, son doux visage était taché par quelques gouttes de sang mal nettoyées. J'attrapai un gant et le plongeai dans l'eau froide. J'essuyai délicatement le visage de Roxas. Celui-ci, sans doute sous l'action du froid, remua quelque peu les lèvres et je vis ses yeux rouler sous ses paupières. L'avais-je réveillé ?

Je sentis quelque chose de froid sur mon visage, j'essayai de parler mais aucun son ne franchit la barrière de mes lèvres. J'essayai d'ouvrir les yeux mais mes paupières étaient bien trop lourdes. Je m'obligeai à respirer calmement et à réfléchir. Étais-je mort ? Était-ce cela le purgatoire en attendant le jugement final : perdre ses sens ? Impossible, car je sentais le contact frais des draps sur mon corps et j'avais sentis de la fraîcheur il y a quelques instants. Je réessayai d'ouvrir les yeux, en vain. Alors je me laissais bercer par mes sensations. Durant quelques instants, je ne sentis plus rien. La peur fit battre mon cœur plus vite. Puis, de nouveau, la fraîcheur sur mon visage. C'était fort agréable. Je sentis une respiration, légèrement plus rapide que la normale. La fraîcheur sur mon visage s'arrêta et je sentis le velouté d'une peau caresser les contours de mon visage. J'avais la chair de poule. C'était tellement agréable mais quelque peu excitant de ne pas connaître l'auteur de ces caresses. Je n'avais plus l'habitude de telle tendresse depuis … depuis la mort de Sora. La main s'arrêta sur ma joue droite, le pouce faisant des mouvements circulaires qui me berçaient. Mes narines furent chatouillées par un souffle chaud et discret. Puis, des lèvres rencontrèrent les miennes. Elles étaient douces, chaudes et pulpeuses. Toute la tendresse qui avait été mis dans ce geste me permirent d'ouvrir les yeux. Je fus d'abord assailli par le rouge. Toute cette couleur me rappela une mer de sang. Celui dont je m'écoulai il y a quelques instants. Je me redressai vivement, percutant violemment la tête au dessus de la mienne. Je repoussai les draps et regardai mon flanc : une large cicatrice le barrait. Puis, tous les souvenirs de ces derniers jours me revinrent en mémoire : la traque des Heartsqueen, la blessure dans le dos, les attaches, la haine soudaine et brutale d'Axel, la mort de Demyx, la trahison de Xion. Ce fut trop pour moi. Une bouffée de panique me submergea, intense. Ma respiration, saccadée, m'empêcha de me calmer. Que devrais-je subir encore en rentrant auprès de Xemnas ? Parviendrais-je un jour à supporter le manque de la mort de Sora ? Je me tournai pour sortir du lit mais deux bras puissants m'empêchèrent de partir. Je me sentis attiré et me retrouvais blotti contre le torse d'Axel. Car je n'en doutais plus maintenant, c'était bien Axel qui était à mes côtés. Durant ces longues semaines où je m'étais retrouvé attaché sur ce lit, j'avais pris goût à sa compagnie. J'inspirai à fond en humant son parfum. Je me sentais bien avec lui. Il tourna ma tête dans sa direction et posa doucement ses lèvres sur les miennes. Ses yeux plongèrent dans les miens et j'eus l'impression qu'un brasier naissait en moi.

« - Restes avec moi.

- Xemnas ne me laissera pas partir. Tu sais bien que j'appartiens à Argetlam. »

Axel glissa ses doigts autour de mon cou, révélant l'absence de ma chaîne en argent.

« - Plus maintenant. Qu'est-ce qui te retient ? Xemnas ? J'en fait mon affaire. On s'est allié avec les Heartsqueen pour pouvoir lui résister. Il ne lui manque plus grand chose pour tomber. Rejoins-nous. Rejoins-moi.

- Je... »

J'étais indécis. Axel me laissait entrevoir un avenir bien meilleur que celui dont j'hériterais aux côtés de Xemnas mais comment partir ? Ne rien dire et arborer le signe des Fireflam ? Envoyer une lettre ? Affronter Xemnas ? Je n'avais connu que cela depuis bien des années : les missions impitoyables dont je revenais exténué, les brimades, les trahisons, les meurtres,... Cela avait l'air si facile de s'en détacher selon Axel. J'espérais de tout mon cœur qu'il avait raison. Lorsque je plongeai de nouveau mes yeux dans les siens, ma décision était prise : je ferais désormais parti des Fireflam.

« - Très bien. Mais je me chargerai de le dire moi-même à Xemnas.

- Tu verras, ici tu es libre et auprès de personnes généreuses. Crépuscule est très différent d'Oblivion. Tu seras bien ici.

- J'espère que tu as raison... »

Ses lèvres rencontrèrent les miennes pour me rassurer. Prenant la pose d'une demoiselle en détresse : les jambes repliées sous moi, une main retournée sur le front, un air d'affolement au visage et l'autre main empoignant le tee-shirt d'Axel, je lui dit d'un tour ironique :

« - Mon sauveur !

- Je n'irais pas jusque là. Mais mon amour me convient. »

Je faillis m'étrangler.

« - Je n'irais pas jusque là...

- Tu me déçois ! Alors disons.. amants. »

Ses lèvres s'emparèrent avidement des miennes et il envoya valser le drap, me découvrant dans toute ma nudité. Ses mains parcoururent mon corps comme pour mémoriser chacune de mes courbes. Je me laissai aller. C'était tellement agréable d'être aimé, désiré. C'était tout ce que j'avais secrètement désiré depuis la mort de Sora.

L'avenir auprès d'Axel me promettait bien des merveilles. Il me tardait de les découvrir.


Voici la fin de cette histoire. Mais un épilogue ne tardera pas d'ici peu ! Si vous avez besoin de précisions, n'hésitez pas à me laisser une review. Et même si vous n'avez rien à dire, n'hésitez pas non plus à me laisser une review.