Après avoir mangé un sandwich que Ian avait préparé pour son dîner, Haria alla s'occuper des animaux. Elle était tentée de remonter Moustique, mais toute seule ce n'était pas aussi amusant... De toute façon, Samuel lui avait fait promettre de ne pas faire d'équitation tant qu'elle était seule. La jeune fille brossa le cheval en lui parlant doucement; elle lui racontait sa journée et lui faisait part de ses émotions. L'animal la regardait et semblait l'écouter attentivement. « Je me sent si bien ici! Les garçons sont tellement gentils!» avoua-t-elle.
Mais Haria sentait qu'elle devait faire quelque chose pour Lee, pour Konan aussi.... et tous les enfants de l'orphelinat... Mais quoi? La petite réfléchissait à la question tout en ramassant les œufs des poules. Elle les nourrit puis rentra dans la maison, ayant pris soin de bien fermer les enclos.
Il était maintenant 15h30 et Samuel arrivait une heure et demi plus tard... Juste en pensant à luis, des papillons lui chatouillaient l'estomac.
«Mais que m'arrive-t-il?» de disait-elle.
Ses joues s'enflammaient soudainement et ses genoux fléchissaient. Elle s'assit un moment, se calma puis alluma la télévision, n'écoutant l'émission qu'à moitié...
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Pendant ce temps, à plusieurs kilomètres de là, un garçon à la coupe au bol s'inquiétait pour son amie.
-OU EST-ELLE?!! hurla l'homme qui se trouvait près de lui. Il tenait une grosse ceinture de cuir en l'air, prêt à l'abaisser à tout moment.
-RÉPOND MOI! répéta-t-il en le fouettant.
Mais le garçon restait muet. Frustré, l'homme releva son bras, quand la porte de la pièce s'ouvrit brutalement.
-Antonio! appela une voix grave. On a du nouveau pour l'affaire de~
-Tu ne vois donc pas que je suis occupé! coupa sèchement ce dernier.
Malgré cela, il jeta son *arme* sur le gamin et suivit l'autre homme, claquant la porte en sortant.
Lee était seul dans la pénombre, Il ne regrettait pas son silence comme son bourreau voulait qu'il fasse... Car il s'était juré de protéger toutes les personnes qui lui étaient chères et Haria en faisait partie.
«Cette fois, c'est la bonne» se dit-il. «Elle a réussit à s'enfuir... pour de bon.... Espérons juste qu'elle n'aura pas l'idée de venir nous *sauver*....» Il observa les alentours, enchainé solidement à sa chaise. Les murs étaient peints foncés et la seule fenêtre présente était condamnée par une planche de bois. Son dos lui faisait atrocement souffrir et pourtant il ne céderait pas...
«Haria... j'espère que tu vas mieux que moi!...» souffla-t-il, juste avant de perdre connaissance.
Le générique de fin finissait de jouer lorsque Samuel arriva chez lui. Il ne chercha pas longtemps avant de trouver Haria, couché en boule, bien encrée dans le fauteuil du salon. Il s'approcha d'elle, éteignant la télévision en passant et hésita un moment avant de s'agenouiller devant elle.
Tout en lui caressant ses cheveux noirs comme l'ébène, le jeune homme se demandait s'il devait la laisser dormir ou bien la réveiller. Finalement, il lui baisa le front puis alla porter son sac dans sa chambre.
«Pauvre petite! Ça a du être long attendre toute une journée, tout seule.» se dit-il. Il revint au salon, une couverture à la main, avec laquelle il recouvra la jeune fille grelottante. *Avec l'air climatisé du salon, il faisait vraiment froid...*
Samuel alla examiner les travaux qu'Haria avait fait durant la journée et fut surpris de voir le peu de fautes qu'ils contenaient. Il fallait avouer que ces trois jours d'apprentissage portaient fruit, et qu'elle avait énormément progressé. Tout de même, apprendre à lire et à écrire en aussi peu de temps, c'était tout un exploit! Bien sur, Haria ne maitrisait pas parfaitement les temps de verbe et les pluriels, mais tout de même, il fallait être indulgent!
-NON! Pas ça! Pas la ceinture! je vous en prie! je n'ai rien fait de mal! je ne l'ai pas fait exprès!!brailla soudainement la jeune fille, de l'autre côté de la maison.
Dans la cuisine, Samuel sursauta et en échappa même les feuilles qu'il tenait. Il se retourna, se demandant de qui ce passait. Toujours endormie, la jeune fille pleurait à chaudes larmes, essayant de se dégager de l'emprise de la couverture.
Sans réfléchir, Sam enleva d'un coup la douillette de sur son amie et se pencha vers elle.
-Haria? appela-t-il.
Ne sachant que faire, il prit exemple sur son grand-frère; il la souleva comme une princesse, s'assit à sa place et la déposa sur ses genoux. Encore somnolente et en pleurs, la jeune fille s'agrippa à lui en répétant qu' *il* était là pour elle, qu' *il* allait lui faire du mal.
-Je suis là... shhhh, je suis là, tu verras, tout va bien aller, ne t'inquiète pas... Il n'y a personne d'autre ici, on est seuls... personne ne te veut de mal voyons! Le jeune homme s'efforçait de garder con calme, la serrant tout contre lui en la berçant doucement.
-Shhh, tout va bien, lui susurra-t-il à l'oreille. tu es en sécurité ici...
Il sentait son souffle saccadé et chaud dans son cou, ainsi que se larmes couler sur son uniforme d'école. Maintenant réveillée mais encore confuse, Haria desserra son emprise sur le chandail de Sam et balbutia quelques excuses pour avoir mouillé son col.
De son côté, ne voulant pas laisser la jeune fille, Samuel l'embrassa sur la joue, puis ils se fixèrent un moment, les yeux dans les yeux, les deux cherchant des explications différentes. Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, aussi immobiles et rouges que possible. Ils ne bougèrent pas, pendant ce qui leur semblait une éternité...
Jusqu'à ce que Sam ouvre a bouche et...
-Aller, l'encouragea-t-il. Tu vas me raconter tout ce qui c'est passé en détails d'accord? Je serai là, près de toi, et je vais tout noter... ok?
-...mhh...
Il l'aida à se lever puis ensemble, ils allèrent s'assoir à l'îlot de la cuisine.
-Vas-y, commence. Lui demanda-t-il, la faisant assoir devant lui. Pendant quelques secondes elle ne dit rien, n'osant pas lever la tête. Samuel patientait, la regardant calmement.
-... C'était le matin de mes 10 ans... Dans le manoir Tacos...
