Chapitre 10: Fraternellement
Kankurô était un jeune homme brun, plein de vitalité, les yeux marrons pétillants, les cheveux coiffés un peu n'importe comment, mais tellement bourré de charme. Il avait l'air d'un dur, mais en réalité, sa famille comptait le plus à ses yeux et il était si agréable avec les gens qui lui plaisaient et les enfants. Il avait réussi à monter son petit commerce de marionnettes à Salem, après une tentative infructueuse à Boston, et réussissait pour l'instant sa vie, après des débuts difficiles.
Comme quoi leur oncle, leur tuteur après la mort de leur père, ne leur était d'aucune utilité et ils avaient tous à peu près réussi pour l'instant, sans son aide, que leur oncle se plaisait à croire qu'ils en avaient besoin.
Il ne restait plus que Gaara réussisse haut la main ses examens de son école d'ingénieur pour être diplômé et commencé à être demandé par des entreprises, doué comme il était et après les multiples stages très fructueux qu'il avait fait pendant ses études. Gaara, lui, qui était si renfermé avec les autres, mais ouvert à sa famille. Il avait tellement souffert et la dureté de ses traits quand il était entouré de monde, le prouvait.
C'est comme ça que Temari voyait ses deux frères quand elle les vit en bas de son immeuble. Folle de joie à l'idée de revoir Kankurô, elle lui sauta dans les bras comme une gamine. Malgré le fait qu'elle lui soit supérieure en âge, Kankurô était plus grand que la jeune femme, qui faisait dans les 1m75.
Il l'accueillit en riant, et en lui tirant sur les couettes pendant qu'elle était dans ses bras. Gaara, près d'eux, eut un petit sourire. Malgré les airs de dur que Temari se donnait, son plus jeune frère savait que c'était une sentimentale avec les gens qu'elle aimait.
-Kankurô! Si tu savais comme je suis contente de te voir!
-Ça je le vois Couette-Couette, se moqua Kankurô.
-Ne m'appelle pas comme ça, tu sais bien que je déteste ça, prévint Temari en s'enlevant des bras de son frère, et en pensant à l'homme qui l'avait affublé de ce surnom la nuit dernière.
-Okay...Couette-Couette.
Ayant passé outre la menace, il se reçut une belle frappe sur le bras et il fit semblant de gémir de douleur, en souriant.
-Il faut que tu me racontes tout depuis qu'on s'est pas vu!
-Okay grande sœur, mais j'aimerais bien me débarrasser de ça, fit Kankurô en pointant du doigt sa valise, posée à terre.
Temari fixa la valise, et avec un sourire, réalisant une nouvelle fois qu'il allait être avec elle pendant 10 jours, elle eut un sourire lumineux, et l'incita à monter.
-Les filles t'attendent, fit Temari, en commençant à passer devant dans l'ascenseur. On habite au 3ème étage, je te donnerai un jeu de clé.
-Les filles m'attendent toujours, répliqua en souriant Kankurô.
-Oh, vantard.
-Kankurô, tu te crois si irrésistible? Demanda Gaara, avec un micro-sourire sadique, dont il était si familier.
Kankurô, pour toute réponse, lui sourit et lança un « Qu'est-ce que tu crois, p'tit frère? Que tu es le seul de la famille à faire tomber les filles comme des mouches? »
Mais il en fallut peu pour mettre la puce à l'oreille de Temari, et la mère poule refit surface.
-Comment ça Gaara? Tu fais tomber les filles comme des mouches?
-Kankurô exagère, tenta Gaara pour changer de sujet.
-J'espère bien, groumph, grommela Temari sous le regard rieur de ses deux petits frères.
L'ascenseur s'arrêta à l'étage de l'appartement de Temari, Sakura et Ino et dès que Kankurô posa un pied sur le palier, une blonde lui sauta dans les bras en hurlant de joie, et une jeune femme aux cheveux roses regardait avec affection la scène.
-KAAANKY, t'es là!
-Oui Ino, j'suis là, mais si tu ne me lâches pas tout de suite, dans deux secondes je serais mort, et plus là, s'étouffait Kankurô.
-Oh pardon Kanky-chou. Hello Gaara, comment tu vas? Demanda Ino en déposant un baiser sur sa joue.
Sakura et elle avait l'habitude du caractère du plus jeune des frères de Temari, et grâce à leurs efforts, il commençait à devenir un peu plus sociable avec elles.
-Bien.
-Je rêve ou elle m'a bien appelé Kanky-chou? S'horrifia Kankurô.
-Elle t'a bien appelé Kanky-chou, lui confirma Sakura avec un sourire. Contente de te revoir Kankurô. T'as pas trop changé.
-Toi non plus, Sakura, répliqua Kankurô avec un sourire, par contre l'état mental d'Ino a empiré.
-Merci beaucoup, fit Ino, avec une moue boudeuse.
-C'EST PAS FINI CE BOUCAN? VOUS AVEZ UN APPARTEMENT NON? ALORS QU'EST CE QUE VOUS FOUTEZ SUR LE PALIER A CAUSER?
Un vieux était sorti de son appartement , et hurlait à s'en casser la voix. Apparemment, le petit groupe l'avait dérangé dans son sommeil, il portait encore son pyjama.
-Pardon monsieur, s'excusa Sakura tandis que tout le monde se faufilait dans l'appartement avec une Ino et un Kankurô hilares.
-Bon, j'ai fait la connaissance de votre charmant voisin de palier. C'est un bon début, fit Kankurô pour détendre l'atmosphère.
-Il te manque plus qu'à faire la connaissance de Scrumchy, se moqua Ino.
-Scrumchy? C'est quoi ça?
Personne n'eut à répondre, Scrumchy fit part de sa présence par un jappement en se levant pour poser sa patte sur la jambe de Kankurô avant de lui mordre sa chaussure pour jouer. Enfin lui croyait jouer.
-Oh putain, il bouffe mes chaussures, il est dressé votre chien? Demanda Kankurô.
-Un...ami va passer commencer à le dresser lundi en fin d'après-midi, expliqua Ino, en butant fortement sur le mot « ami. »
-Ami? Demanda sournoisement Kankurô qui avait tout remarqué de la gêne de son amie.
-Bref! Les filles, on va vous laisser, je vous le ramène tout à l'heure. Gaara, Kankurô et moi, on va un peu se promener au Fenway Park, les interrompit Temari, enthousiaste à l'idée de passer un dimanche avec ses deux frères.
Sakura et Ino voyaient bien l'enthousiasme de leur amie, et s'en réjouissaient.
-Vous rentrerez pour le déjeuner? Demanda Sakura.
-Si c'est toi qui cuisine, oui! Répondit Kankurô.
Gaara soupira, accompagnée de sa sœur, pendant que Ino et Sakura s'esclaffaient. Temari fut bien obligée de tirer Kankurô par le bras pour pouvoir sortir.
-A tout à l'heure!
Marchant à pied pour atteindre le petit parc qui n'était pas si éloigné que ça, ils arrivèrent assez vite. Temari s'assit sur un banc près de Kankurô alors que Gaara préféra s'asseoir sur l'herbe fraîche. C'était un tableau assez idyllique et Kankurô commença à leur narrer sa vie à Salem.
Il leur parla de son petit commerce que les enfants et même les plus grands adoraient, de son petit appartement pas loin de son magasin, de ses voisins, des personnes qui passaient toujours dans son magasin pour le saluer et, ou, lui prendre une marionnette, des enfants qui pouvaient passer des heures dans le magasin à lui parler des histoires de leur ville qui leur faisaient peur ou au contraire, les faisaient rêver, de son associé, un certain Sasori, légèrement louche, très ponctuel, et qui ne se faisait jamais trop remarquer, de sa jolie caissière Mandy une petite blonde, qui le draguait légèrement mais il n'était pas si intéressé que ça, des petits spectacles qu'il donnait de temps en temps avec ses marionnettes pour les plus petits dans les écoles ou dans les marchés, quand l'occasion se présentait et des quelques amis qu'il s'était fait.
-Je suis contente que tu te sois si bien adapté, fit Temari quand il eut terminé son récit avec une pincée d'anecdotes croustillantes.
-Hmm, oui.
-Gaara, et comment ça se passe pour toi les cours? On a pas eu trop le temps d'en parler la dernière fois, quand j'ai rencontré ce mufle de Nara.
-Nara? Demanda Gaara, ne comprenant pas. Ton patron? Tu l'avais pas déjà rencontré un peu après avoir été embauchée?
Temari soupira, elle ne lui avait pas dit pour Shikamaru Nara.
-Non c'est son fils Shikamaru qui l'a remplacé, il est allé avec sa femme à Vienne gérer un autre de leurs restaurants. Et devine qui c'est! Le macho que j'avais bousculé dans l'escalier et qui m'a traité de « femme galère ». D'ailleurs, il continue à le faire, s'exclama Temari, en levant les yeux au ciel.
Gaara sourit, comprenant à la colère de sa sœur que ce Shikamaru Nara lui tapait sur les nerfs, mais le fait qu'elle ne le traite que de macho lui mit la puce à l'oreille, et jugea que sa sœur avait peut-être un faible pour ce « mufle ».
-Bref Gaara? Tes cours? Tu t'es fait des amis?
Kankurô avait mis les bras derrière sa tête, et admirait le petit parc qui les avait bien souvent vu jouer. Gaara lui avait fini par s'adosser à un arbre, qui miraculeusement était derrière lui, et dans son esprit, les souvenirs affluaient grâce à la question de Temari.
-
Flash-Back:
Une petite brune pétillante entra dans la salle. Le cours avait déjà commencé et le professeur la présenta comme nouvelle élève, qui venait de sauter une classe encore une fois et qui atterrissait dans leur année. Elle s'appelait Matsuri Reagan. Apparemment elle était métissée européenne et japonaise. Pour un fin observateur, on pouvait remarquer que ses yeux bruns étaient légèrement bridés, et que sa bouche était pleine comme celle des japonais. Elle semblait aussi naive et innocente: tous les garçons de la classe avaient le regard fixé sur elle et sa silhouette, qui était mise en valeur par une jupe blanche plissée qui lui arrivait aux genoux, et un haut à manches longues beige au col en V, avec un collier simple ayant pour pendentif une fleur d'hibiscus, pour les connaisseurs, en coquillage. Elle portait de simples petites ballerines blanches et parut à Gaara comme une fille assez simple.
Pas dangereuse.
Pas comme certaines filles de sa classe qui l'aguichaient parce qu'il était beau et très doué.
Il se savait beau. On le lui avait assez dit depuis qu'il était petit et le fait que les filles lui tournent autour le confortait dans cette opinion. Mais il n'était pas vantard, et n'était jamais sorti avec une fille. Juste des coups d'un soir pour se soulager, comme on disait.
Il était au dernier rang, seul, comme d'habitude, et il vit la jeune femme qui devait avoir deux ans de moins que lui, donc 20 ans, s'approcher de plus en plus du fond de la classe, sous les mines désappointées des autres jeunes hommes de la salle qui croyaient que la mignonne nouvelle allait se mettre à côté d'eux.
Avec effarement, tous y compris le professeur la virent s'installer à côté de Gaara avec un grand sourire, et un « Je m'appelle Matsuri, enfin tu le sais déjà, et toi c'est comment? »
Il y eut un silence.
-Gaara.
-Enchanté Gaara, ça te gêne pas que je m'assois là, hein?
Encore un silence.
-Non.
Tous avaient des yeux ronds comme des soucoupes, et cela fit sourire intérieurement Gaara: ils ne s'étaient jamais donné la peine de venir lui parler sauf pour le draguer pour les filles, et le provoquer ou le toiser hautainement pour les gars. Mais personne, non personne, n'était venu simplement comme Matsuri, désireuse de se faire un ami. Juste s'asseoir et parler.
Le professeur se racla la gorge pour reprendre l'attention des élèves et Matsuri se mit à poser plein de questions à Gaara qui répondait court, et elle lui parlait de ses classes sautées, de ses sentiments par rapport à ça: personne ne lui parlait vraiment, persuadés d'avoir affaire à une sorte de monstre, de personne différente, et ça l'agaçait un peu.
-T'es pas comme ça, hein? Non parce que je pense que t'es pas comme les autres...En plus, t'es à l'écart. Toi aussi on te voit comme une sorte d'anomalie? Hein?
Elle parlait et l'apaisait alors qu'elle aurait dû faire le contraire. L'énerver par son flot incessant de paroles. Mais non.
Elle n'était pas comme les autres.
Pas comme les autres.
-
-Hé ho Gaara!
Gaara se retourna, les mains dans les poches, et vit Matsuri courir après lui. La question qui lui vint aux lèvres, ce fut « Qu'est ce qu'elle me veut? »
-Dis donc, on mange ensemble ce midi?
Gaara ne sut pas dire non. Elle ressemblait un peu à un soleil, elle illuminait tout le monde par sa vitalité, d'ailleurs beaucoup de monde se demandait ce qu'elle faisait continuellement avec Gaara, toujours à lui parler, à lui sourire alors qu'il était connu pour être silencieux et distant. Et on se demandait aussi comment il pouvait ne pas être contaminé par ce soleil qu'était Matsuri. Tout le monde l'aimait. Finalement, elle n'était pas considérée comme une anomalie, elle était surtout connue pour être mignonne, intelligente et gentille comme un ange. Oui elle était un ange. Son ange.
-Dis Gaara, il y a Spencer qui m'a demandé de sortir avec lui tout à l'heure, et je ne sais pas quoi lui dire. Il est sympa et mignon mais il ne me fait aucun effet, soupira Matsuri.
Gaara sentit une colère sourde s'insinuer en lui. Elle ne pouvait pas sortir avec Spencer. Il était trop banal pour un soleil comme elle.
-Hm, laissa-t-il passer entre ses lèvres.
-Tu penses que j'dois faire quoi?
-Ce restaurant, fit Gaara en lui montrant un minuscule restaurant chinois en face de leur académie.
-Ça a l'air super. Bon j'fais quoi?
-Rentrons.
Gaara évitait de répondre à la question fatidique. Il n'avait pas envie de lui dire quoi faire avec ce Spencer. Il était dans leur classe. Grand, brun, yeux bleus, sportif, et dans la moyenne en cours. Le genre de mec qui plaît aux filles, alors il ne voyait pas pourquoi Matsuri hésitait. Mais secrètement, il en était ravi, quelque en soit la raison de son hésitation, sauf si cette raison était pire qu'un Spencer.
Avec la jeune femme, il s'assit à une table et commanda deux riz cantonnais.
-Je paye.
-Si tu veux, c'est gentil, répondit Matsuri en haussant les épaules. T'as toujours pas répondu?
-A quoi Matsuri?
Gaara faisait semblant de ne pas comprendre. Il se sentait un instinct protecteur pour la jeune femme en face de lui malgré le fait qu'ils ne se connaissaient que depuis deux-trois mois. Et il ne comprenait pas pourquoi...
-Oh Gaara, tu sais très bien, s'impatienta Matsuri en lui souriant.
-Hm.
-Gaara s'il te plaît, lui demanda-t-elle avec une moue implorante, à laquelle il ne put résister.
-Bon, tu fais ce que tu veux. Ne m'énerve pas avec ça.
-Pourquoi ça t'énerverais?
-Matsuri, la prévint-il.
-Alors?
-Tu poses trop de questions.
-M'en fous.
-Pas moi.
-T'arrête de répondre comme ça s'il te plaît? Ça m'énerve. Tu dis jamais plus de vingt mots dans tes phrases quand tu me parles, et encore vingt mots, c'est rare! Ouvre-toi un peu bon sang!
-C'est facile pour toi.
-Et pourquoi?
-Hm.
-Gaara!
-Tu vois, tu as ta vie, et moi j'ai la mienne. Tu bouffes, et ensuite on s'en va. Et ne m'adresse plus jamais la parole après ça, c'est clair?
Gaara ne savait pas à quel point ces mots allaient le faire souffrir par la suite. Il s'en voulut après d'avoir dit ça. Matsuri était vexée, ça se voyait clairement. Ses yeux étaient humides de larmes, sa bouche se serrait pour éviter de crier, ses mains tremblaient. Calme en apparence, Matsuri se leva et sans jeter un regard à Gaara, partit du restaurant.
Gaara mangea mais ne sentit pas le goût de la nourriture. Matsuri ne lui parlerait plus. Après tout, n'était-ce pas mieux? Pour elle et pour lui?
-
Elle ne lui parlait plus.
Elle ne le regardait plus.
Elle riait avec les autres.
Elle parlait avec les autres.
Elle souriait aux autres.
Et le pire de tout?
Elle sortait avec Spencer, finalement.
Elle n'avait pas eu besoin de son avis.
Son ange appartenait à un autre, maintenant.
Spencer l'avait prise. Spencer l'avait eu. Spencer avait eu assez de couilles pour la lui prendre. Spencer le regretterait.
Il la voyait là. Main dans la main avec Spencer. Il avait le nez dans ses cheveux. Il lui murmurait des choses.
Gaara en avait la nausée. Il ne pouvait plus supporter. Il avait envie de vomir. Mais avant...avant...sa colère ferait le reste. Il savait que ses colères étaient terribles pour les autres, et c'est pour ça qu'il évitait de se mettre dans une colère rage. Mais là c'en était trop. Une semaine qu'il endurait ça. Leurs vacances étaient dans un mois. Il ne pourrait pas tenir.
Il avait attendu. Il avait attendu que Spencer dépose Matsuri devant chez elle. Il avait attendu qu'il soit seul. Puis il lui avait fait face.
Spencer avait rit. Spencer l'avait toisé de la tête aux pieds, se croyant supérieur. Il ignorait tant de choses à propos de Gaara No Sabaku. Il se moquait et allait le regretter. Il lui disait que ça avait été bien facile d'avoir Matsuri après qu'elle se soit disputée avec lui. Il lui disait que ça avait été beaucoup plus facile de la convaincre de son affection. Il le remerciait: grâce à lui, il allait l'avoir dans son lit dans moins de deux jours.
Ce qu'il ignorait, c'est que Matsuri voulait rentrer avec lui ce soir. Il ignorait qu'elle l'avait suivi pour le rattraper. Il ignorait qu'elle s'était cachée quand elle avait vu Gaara venir parler à Spencer. Il ignorait qu'elle entendait ce qu'il disait. Il ignorait qu'elle pleurait.
-Enfoiré. T'es qu'un putain d'enfoiré, murmura Gaara avant de lui mettre son poing dans le visage.
Gaara allait commencer à le rouer de coups, mais une main crispée sur son épaule l'en empêcha. Il vit Matsuri en larmes lui murmurer « Non. » tout en secouant la tête de droite à gauche. Il vit Spencer supplier Matsuri.
Gaara l'emmena loin, dans ses bras, dans le minuscule parc qu'il vit en marchant. Il la laissa pleurer sur son épaule toute la nuit. Il la laissa l'embrasser. Il continua le baiser. Mais il s'arrêta, avant qu'il ne chute dans un abîme qu'il sentait proche et dont il ignorait tout.
C'était son soleil. Son ange. Et il la protégerait.
-
Spencer avait un bel œil au beurre noir. Matsuri l'avait giflé devant tout le monde. Gaara avait assisté à la scène, jubilant intérieurement.
-Dis donc, belle gifle, gamine.
-Qui t'oses traiter de gamine, Gaara? Demanda-t-elle le sourire aux lèvres.
-Une petite brune qui se tient en face de moi, la taquina Gaara en mettant ses mains dans ses poches.
Matsuri, comme pour prouver ses dires, lui tira la langue et lui fit une grimace.
-Gamine.
-T'es content que tout le monde ait peur de toi, maintenant et n'ose plus m'approcher de peur de te déplaire?
-Ouais. Gênant?
-Non, tant que je suis avec toi.
Matsuri lui souriait, et lui avait dit les plus belles phrases de sa vie. Gaara lui sourit en retour, et jamais, ô grand jamais, il n'avait fait un sourire comme ça à quelqu'un extérieur à sa famille.
-
-Matsuri est une fille de ma classe. Elle est arrivée un peu après la rentrée, elle est surdouée et avait encore sauté une classe. Tout de suite, elle est venue vers moi sans arrières-pensées, et j'ai commencé à apprécier ses bavardages incessants, ses sourires comme le soleil, et ses raisonnements illogiques. Et...on s'est embrassés, mais ça s'arrête à là. On n'en a jamais parlé, et elle est comme un soleil pour moi. C'est difficile à expliquer.
Temari et Kankurô l'écoutaient religieusement et comprenaient ce que Gaara avait fait passer en ces quelques phrases. Il était amoureux, et ne le savait même pas.
C'est Kankurô qui prit la parole: « P'tit frère, ne laisse pas cette fille, compris? Pas pour l'instant, en tout cas. »
Gaara hocha la tête en signe d'affirmation. De toute façon, comment aurait-il pu la laisser? Ça faisait un peu plus de cinq mois qu'il la connaissait et il ne la lâcherait plus. Il se le promettait. C'était l'amie qu'il n'avait jamais eu. Et il voulait la garder le plus longtemps possible. A jamais.
-Et toi Tema'? Rien de nouveau à part ce Nara?
Temari réfléchit un instant et parla de la soirée qu'elle avait passée la veille. Iruka Nara. Shikamaru Nara. Deux frères si semblables au niveau du physique et pourtant si différents dans leurs attitudes respectives.
-Dis donc, Temari, les héritiers Nara...Tu te gênes pas, se moqua Kankurô. Nous autres, Gaara et moi,ne fréquentons pas de personnes aussi connues ou riches.
-Oh c'est bon. Déjà, c'est Tenten qui nous a invité à l'anniversaire de son patron. Puis ses collègues ont aussi invités leurs amis, mais il semblerait qu'ils connaissent le patron en question, Kakashi qu'il s'appelle, je crois. Et voilà le Nara qui débarque. Ou plutôt les Nara vu qu'Iruka est le meilleur ami de Kakashi.
-Tu craques sur lequel? Demanda Gaara, avec son habituel micro-sourire sadique.
Temari vit rouge et ses yeux lançaient des éclairs.
-Non mais n'importe quoi! Comme si je pouvais craquer sur Shikamaru Nara, haha, s'esclaffa-t-elle d'un air assuré.
-Je n'ai jamais parlé de Shikamaru Nara, mais ça m'arrange de connaître son nom, commenta Gaara en prenant un brin d'herbe entre ses dents.
Le parc résonnait des rires et des gazouillements d'enfants venus avec leurs parents se promener un peu dans un parc le dimanche. Des couples passaient devant eux, main dans la main. Et chacun de cette famille put sentir sa solitude côté cœur. Gaara était à deux doigts de connaître ça, Temari n'avait pas assez confiance en elle pour vouloir connaître ça, et Kankurô attendait patiemment que la bonne lui tombe dans les bras.
Les Sabaku No en était passé par des vertes et des pas mûres, mais ils étaient intimement persuadés qu'un jour, oui un jour, ils seraient totalement heureux partout.
*
Comme il s'y attendait, Sasuke trouva en rentrant chez lui Shikamaru, la tête dans le cul, penché dangereusement au-dessus d'une tasse de café, sur le comptoir de leur cuisine, tandis que Sai surfait sur le net, ou plus exactement sur le site du Boston Club dans la section « Arts et Culture » près de lui, lui aussi assis sur une chaise de bar.
-Yo.
-Alors Sasuke, ce petit accident? Agréable? Demanda Sai, toujours concentré sur le site, à chercher ce qu'il voulait.
-Hn.
Sai le surprendrait toujours. Demander si un accident était agréable, c'était tout lui. Il l'observa de la tête aux pieds, et remarqua le plâtre.
-Je pourrais peindre dessus?
Oui, c'était tout lui aussi: vouloir peindre sur un plâtre. Qui d'autre pouvoir avoir cette idée tordue? Sasuke haussa les épaules, désireux surtout de prendre une douche, ce qu'il fit de suite après s'être encore battu avec ses vêtements pour pouvoir les enlever. Avoir un plâtre n'était pas très agréable. Avoir un accident encore moins. Et pour cette fille, encore encore moins. Elle était naive, lourde, gentille, mignonne. Tout ce que Sasuke n'appréciait pas spécialement. Tout ce qui lui importait, c'était retrouver son frère, qu'il soit mort ou vivant. Et pour cela, pas de filles de son genre dans les pattes, s'il vous plaît.
Sentant l'eau fraîche couleur sur son corps nu, il se détendit légèrement et ferma les yeux. Deux yeux verts émeraude encadrés de mèches roses vinrent le hanter mais il secoua la tête, et se retrouva face à deux yeux noirs vides de toute expression, de toute vie. L'assassin de ses parents. Deux yeux noirs qui le hanteraient jusqu'à la fin de sa vie. Il ne savait pas à qui ces yeux appartenaient mais il s'était juré de le retrouver, et reconnaîtrai ces yeux entre mille.
Sortant de la douche, et enfilant juste un jean, Sasuke retourna à la cuisine. Shikamaru était toujours dans la même position, mais sa tasse de café était vide. Deux secondes plus tard, il se leva et murmura un « Galère » avant de partir précipitamment. Il était en retard. Pour un directeur de restaurant comme le sien, dimanche était un jour de boulot. Pauvre Shikamaru Nara. Il n'aurait même pas Temari No Sabaku à asticoter. Comme une flèche qui le toucha en pleine poitrine, Shikamaru Nara se rappela sa promesse à lui-même: ne penser à Temari No Sabaku aux magnifiques jambes que pour le boulot. Non, rectification, ne penser à Temari No Sabaku tout court uniquement pour le boulot. Et en amitié? Non, il ne pouvait pas se le permettre et Temari ne voudrait jamais. Pas après ce qui était arrivé.
-Il va vite Shikamaru aujourd'hui, commenta Sasuke, en se servant une tasse de café, ses cheveux encore dégoulinants d'eau.
-Retard, expliqua Sai, toujours plongé sur son portable.
-T'regardes quoi l'artiste? Demanda Sasuke, en se penchant par-dessus l'épaule de son ami.
Sai avait ouvert une page web du Boston Club concernant son exposition de la veille, et les commentaires des journalistes présents accompagnés de témoignages diverses de personnes présentes à la soirée.
-Bravo Sai. On te considère comme un génie de la peinture.
-Mm.
Mais le regard de Sai était attiré par tout autre chose. Sur la fin de la page web, il y avait un minuscule article illustré de la photo d'une jeune femme rousse, jouant de la flûte traversière.
L'article disait: « L'exposition des peintures de Sai Ichikawa a été agréablement agrémenté d'un minuscule orchestre très connu depuis peu de temps, et très demandé pour ce genre de soirée. On a surtout remarqué dans cet orchestre une flûtiste de grand talent, voir photo ci-dessus, mais la jeune femme n'a pas voulu nous accorder quelques mots. Son nom est Tayuya Umino et, d'après son orchestre, elle joue depuis sa plus tendre enfance et a été remarqué dans la rue alors qu'elle jouait pour gagner un peu d'argent à ses 15 ans. Cet orchestre « Les trois du Son. » sera en représentation le 20, 22, et 25 Septembre au Théâtre du Vieux-Port. »
-C'est qui? Tu as passé la nuit avec elle ou quoi?
-Oh non Sasuke, j'aurais largement préféré, répliqua Sai, en souriant.
-Alors?
-Mon cher Sasuke, j'ai beaucoup réfléchi ces derniers temps.
Sasuke s'assit sur la chaise de bar que Shikamaru venait de quitter, et observa son vieil ami: il n'avait vu aucun changement apparent chez Sai.
-Hn.
-Les femmes nous apportent du plaisir. Bien. Mais il y en a une. Une qui est faite pour chacun d'entre nous.
-Hn.
-On a 28 ans Sasuke. L'âge où peut tout arriver. Et je crois que, eh bien, que pour moi, le moment est arrivé.
-Ah ouais? Demanda narquoisement Sasuke.
-Ne te moque pas Sasuke, continua Sai, imperturbable. N'as-tu jamais ressenti une attirance inexplicable pour une jeune femme? Pas une attirance sexuelle non non, comme si ton cœur manquait quelques battements à chaque fois que tu vois cette femme. Tu sais les histoires romantiques que Marc Levy écrit? Le Bachert, ça ne te dit rien? Non? Tant pis. Hé bien, tu vois, ce bougre a finalement raison, d'après moi. Une âme sœur est faite pour chacun en ce monde et elle, Tayuya, m'a complètement charmé. C'est elle. Elle ne m'a pas parlé, elle ne m'a même pas regardé, mais je l'ai senti. Je l'ai vue. Vue près de moi, dans mes bras. Tu vas te dire que je suis devenu fou, je ne pense pas que si tu la voies, tu ressentes la même chose que moi. Ses yeux étaient tels des flammes, elle était tellement gracieuse et tu devrais l'entendre jouer...Magnifique. Elle était belle. Tu ne peux pas comprendre Sasuke, elle était belle à s'en damner.
Sasuke avait écouté son ami, ressentant comme une tension au niveau du ventre mais qui disparut prestement. Un sourire affecté naquit sur son visage, face à Sai, qui lui souriait franchement, ses yeux noirs pétillaient de vie, ce qui ne lui arrivait pas souvent, et Sasuke ne sut quoi dire.
-Tu ne la connais pas. Imagine que ce soit une vraie chieuse, avec un caractère impossible, qui si elle connaît ton attirance pour elle en veuille à ton argent. Imagine qu'elle ne ressente pas les mêmes choses. Imagine qu'elle ait déjà un copain ou un mari, j'en sais rien, moi, mais merde Sai, tu ne connais rien d'elle!
Voilà ce qu'il en pensait, mais le sourire de Sai ne disparut pas. Il savait que Sasuke aurait réagi comme ça, lui-même avant l'apparition de Tayuya aurait réagi de la même façon si c'était Sasuke qui lui avait sorti toutes ses âneries. C'était digne de Naruto Uzumaki, pas de Sai Ichikawa.
-C'est complètement irréaliste, je le sais bien, mais je vais aller dans deux jours à la première représentation et je vais aller lui parler.
-Sai, soupira Sasuke.
-Non, Sasuke. Si je n'essaie pas, je ne saurais jamais ce qui ce serait passé. Tant pis si ça doit mal se terminer, je veux essayer et ne rien regretter.
-Hn.
Sasuke observa la photo. Tayuya Umino était plutôt mignonne, avec un joli corps, mais pas « belle à s'en damner » comme le jugeait Sai. Il avait vu plus belle. Comme une certaine jeune femme aux cheveux roses et aux yeux émeraudes.
-Sasuke?
-Hn.
-Et hier soir, rien? Naruto m'a raconté que tu avais passé toute la soirée de Kakashi avec une très belle femme aux cheveux d'une couleur étrange.
-Hn.
-Je vais prendre ça pour un « oui » mon cher Sasuke.
Pour toute réponse, Sasuke haussa les épaules et but une gorgée de son café.
-J'ai pris la voiture à sa place.
-Ah, donc cette jeune femme en valait la peine.
-Oh Sai, tu sais bien que sauver des vies, c'est notre boulot.
-Tu ne travaillais pas ce soir-là. Et puis, votre double boulot ne vous pèse pas trop? Pourquoi vous ne choisissez pas l'un ou l'autre?
-Parce que on l'aime ce boulot-là.
-Et comment Neji, Naruto et toi allez faire quand vous aurez une relation sérieuse? Vous allez le leur dire?
-Ça ne risque pas de m'arriver de sitôt, Neji non plus d'après moi et Naruto dira tout à sa « bien-aimée » je le connais, mais il lui fera promettre le secret.
-Mm, j'ai appris que Neji n'avait pas dormi chez lui cette nuit, et Naruto en a profité pour aller voir sa cousine ce matin.
-Ouais, il me l'a dit. Première fois que ça arrive à notre Neji. Naruto va avoir une belle surprise, commenta Sasuke amusé.
-Pourquoi donc?
-Neji était complètement bourré hier et notre nouvelle collègue Tenten, coéquipière de Neji, l'a ramené chez elle, si je ne me trompe pas, pour lui éviter une humiliation publique, je suppose.
Sai comprit pourquoi Sasuke souriait et sourit à son tour.
-Pauvre Naruto, Hinata est la colocataire de cette Tenten, c'est ça?
-Exactement.
-J'aimerais beaucoup être présent à la petite scène qui va suivre dans l'appartement de ces deux jeunes femmes, fit Sai, un grand sourire aux lèvres.
-Moi aussi. Moi aussi.
*
Naruto sonna à la porte de Hinata Hyûga et Tenten Hitora, sans savoir ce qui l'attendait. Il s'était perdu plusieurs fois, mais avait fini par trouver l'appartement des deux jeunes femmes.
Ce fut Hinata qui vint lui ouvrir, ignorant tout de l'identité de son visiteur.
-Naru-ruto?
-Hello Hinata! S'exclama le blond en lui posant un baiser sur la joue.
La pauvre Hinata en devint rouge de timidité et invita Naruto d'une voix peu assurée à rentrer. Ne sachant pas que son cousin était très protecteur face à elle, malgré tout, Hinata ne savait pas que son geste allait entraîner une réprimande du brun au blond.
-Comment tu vas? J'espère que je ne dérange pas, s'enquit Naruto, en se passant nerveusement une main dans les cheveux.
-Non non pas du-du tout.
Ils étaient encore dans le vestibule, quand la voix de Tenten retentit.
-C'est mon pain! Pas touche! Hina c'est qui?
Naruto ne se douta de rien, quand il rentra dans le salon de Hinata.
-C'est moi.........Glups.
Naruto venait d'apercevoir Neji et avait les yeux comme des soucoupes avant de rire nerveusement.
-Ah bonjour Neji! Bonjour Tenten!
-Salut Naruto! Répondit Tenten.
-Naruto, commença Neji d'un ton menaçant. Qu'est-ce que tu fous là?
-Hé bien, je suis venu rendre une petite visite à Hinata.
-Ah oui?
Si Naruto avait pu se cacher, il l'aurait fait mais ce n'était pas dans sa nature de fuir les ennuis, non, il était du genre à aller au-devant des ennuis ou à les chercher.
-Ouep. D'ailleurs qu'est-ce que tu fous là, toi? T'as conclu avec Tenten? Demanda Naruto, innocemment.
Les yeux de Neji lancèrent des éclairs et Tenten s'étouffa dans son thé.
-CONCLU AVEC TENTEN? NON MAIS NARUTO CA VA PAS NON? Hurla Tenten.
-C'est bon, c'est bon, tenta de calmer Naruto.
-SI MOSIEUR HYUGA EST ICI, C'EST QU'IL ETAIT COMPLETEMENT...
Neji lui mit une main sur la bouche avant qu'elle ne puisse continuer.
-J'étais complètement fatigué, et Tenten m'a proposé gentiment de venir dormir chez elle, vu que je n'avais pas pris mes clés, et que je ne trouvais pas Kiba pour pouvoir rentrer.
-Ah, commenta Naruto bêtement.
-Bon-bon, Naruto tu veux du thé? Demanda Hinata, la théière fumante à la main.
-Oh oui je veux bien Hinata, répondit Naruto, en lui faisant un magnifique sourire.
Neji regardait d'un mauvais œil la relation qui unissait sa cousine et son ami, mais avec Tenten à côté qui les regardait attendrie, il ne pouvait rien dire.
-Au fait Neji, Tenten, Sasuke a eu un accident en poussant une jeune femme de la trajectoire de la voiture hier soir.
-Oh non? S'inquiéta Tenten. C'est grave?
-Il a juste un bras dans le plâtre, rien d'autre.
-Je crois que c'était la jeune femme qui est restée avec lui hier soir. Une jeune femme aux étranges cheveux roses.
Tenten et Hinata tiltèrent.
-Cheveux roses tu dis Naruto? Demanda Tenten.
-Avec une robe rouge? Demanda également Hinata.
-Oui, oui, vous la connaissez?
-C'est Sakura, une de nos amies, expliqua Tenten, en fronçant les sourcils.
-Le monde est vraiment petit, s'amusa Neji, en mordant dans un morceau de pain.
-C'EST MON PAIN, NEJI! S'énerva Tenten.
-Mm, mâcha Neji. Très bon.
Naruto s'assit sur une chaise pendant que Tenten réprimandait Neji et commençait à le bouder. Hinata lui servit du thé, et Naruto eut le plaisir d'admirer sa nuque gracile. Tout chez Hinata le fascinait. Sa silhouette gracieuse et fragile, sa voix douce, ses yeux ivoire si purs, et ses cheveux qui semblaient si doux. Et sa personnalité...Si douce, si gentille, si serviable, si généreuse, si délicate.
-Hinata, ça te dirait de venir te promener avec moi? On m'a toujours dit que le Chemin de la Liberté était très animé et très agréable le dimanche.
Neji vrillait du regard Naruto. Tenten souriait et croisait les doigts sous la table pour que Hinata dise oui. Hinata avait les joues rouges et avec un sourire éclatant, se disant que pour une fois, elle pourrait faire un peu preuve de courage, elle accepta sous les yeux de son cousin et de son amie.
-Je vais prendre un sac et j'arrive.
Hinata, comme une danseuse dans son pull mauve au col carré et sa jupe blanche, alla dans sa chambre prendre un sac, pour y mettre ses clés, son portable et son porte-monnaie.
-Tu fais du mal à ma cousine, Naruto et tu le regretteras, prévint Neji.
-Oh Neji, tu me connais, je craque vraiment pour Hinata.
-Tu disais la même chose pour Ayame et pourtant tu l'as quitté au bout de deux mois.
-Hinata, c'est différent. Vraiment différent. Crois-moi Neji. Je ne suis pas comme son ex. Je m'intéresse à elle pour ce qu'elle est, et non pour votre fortune. Je gagne bien ma vie, et je n'ai pas besoin d'argent. Et tu le sais, riposta Naruto.
-Je sais que toi et Kinimaro êtes différents mais je ne veux pas qu'elle souffre encore.
-Comment êtes-vous au courant pour Kinimaro? Demanda Tenten.
Avant que les garçons ne répondent, la lumière se fit dans l'esprit de Tenten.
-Kinimaro est dans les dossiers? Souffla-t-elle, ahurie.
-Oui, et on l'a attrapé un peu après qu'Hinata et lui aient rompu, je le surveillais avec Sasuke depuis quelques temps à cause de ses affaires louches, et de plus il trompait Hinata, ma propre cousine. Je puis dire pour la défense de Naruto, qu'il savait que c'était ma cousine qui était avec cet enfoiré, mais qu'il ne l'avait jamais vu et ne savait rien d'elle avant qu'il ne la rencontre dans sa boutique.
Hinata en entendant le nom de son ex petit ami, s'était approchée de la porte de sa chambre et malgré le fait qu'ils murmuraient pour ne pas qu'elle entende, elle avait tout compris. Elle ne comprenait pas l'histoire des dossiers, vu qu'elle ignorait les métiers exacts des trois personnes qui étaient dans son salon, mais elle comprit que Kinimaro était un criminel et que son cousin la surveillait, ce qui l'emplissait d'un sentiment de sécurité et de joie de voir que son cousin faisait attention à elle, et que Naruto dise qu'il s'intéresse à elle vraiment, pour elle. Pour elle.
Sortant de sa chambre avec un sourire timide, elle posa les yeux sur Naruto, et elle vit qu'il la désirait. Gênée, elle bafouilla un timide « On y va? ». Naruto, tout content, lui prit la main et sortit de l'appartement en criant « Faites pas de bêtises hein! ». Il eut le bonheur de fermer la porte avant de se recevoir un morceau de pain de la part de Tenten qui buta contre la porte fermée.
*
Des aboiements réveillèrent Kiba. Akamaru avait faim et n'avait pas l'intention de laisser dormir plus son maître adoré. Émergeant difficilement, Kiba se leva, se cogna le pied contre son meuble de chevet, jura, réajusta son bas de pyjama qui descendait un peu trop bas sur les hanches, sentit la morsure légère du froid de septembre sur son torse nu, et caressa Akamaru avant de remplir sa gamelle dans la cuisine.
Très mal réveillé, il se demanda tout d'abord où était Neji, qui d'habitude était toujours là, réveillé tôt, en train de prendre son thé fumant sur la table de la cuisine, mais là rien. Haussant les épaules et ne se posant pas plus de questions, il se prépara un café pour être plus réveillé.
La soirée de la veille lui revint en tête. Ino. Il avait adoré parler avec elle comme ça. Le must, ça aurait été de pouvoir l'embrasser dans le cou, renifler l'odeur de ses cheveux, la tenir dans ses bras, lui presser la main, l'enlacer et sentir la saveur sucrée de ses lèvres. Mais il n'avait rien fait de tout cela. Il lui avait juste un léger baiser sur la joue pour lui dire « Au revoir. »
Kiba s'était fait une raison: il avait décidé de reconquérir lentement Ino, même si elle ne voulait plus de lui. Il la voulait pour lui, et ça le rendait malade de penser qu'elle pourrait être avec un autre homme, qu'un autre que lui l'embrasserait, et... il ne voulait même pas y penser.
Il savait qu'en la revoyant, il perdrait sa tête dans l'histoire mais il était prêt à tenter sa chance. Il avait passé une semaine avec elle il y avait six mois de cela, presque sept mois environ, après qu'elle ait passé une nuit avec Sai. Ça le dérangeait pas mais il devait avouer que le fait que Sai l'ait touché l'énervait grandement. Mais tout n'était pas mauvais dans cette histoire, sans Sai, il n'aurait peut-être jamais rencontré Ino, et puis Sai s'en foutait d'elle. Il l'avait trouvé sympathique mais ce n'était que pour une nuit.
Une semaine, et ensuite il cherchait toujours des filles qui ne lui ressemblaient pas. Une semaine, et son sourire l'avait conquis. Il avait oublié jusqu'à ce qu'elle vienne acheter son chien.
-Ah Akamaru, qu'est-ce que je dois faire? Elle paraît toujours sur la défensive, toujours à se méfier. Elle a peur de moi ou essaie-t-elle de me dire qu'il ne peut plus rien avoir entre nous? Ce n'est pas ce que je lis dans ses yeux. Je suis trop bête, putain, comme si je savais lire dans les yeux? Pff. Elle est tellement belle, un peu piquante dans ses répliques, quelques fois un peu hautaine, mais on dirait que ça cache un manque de confiance en soi. C'est moi qui dit ces conneries? Mais comme si je savais analyser le caractère des gens...Akamaru, j'suis vraiment trop con. Je sais, j'attire facilement les filles, mais elles ne restent jamais avec moi...bon d'accord, je ne reste jamais avec elles, mais elles m'oublient vite, je suppose. Je suis pas parfait, j'suis un vendeur minable dans un magasin animalier de Boston, j'me fait un peu de fric en donnant des leçons de dressage aux clients qui en veulent pour leurs chiens, et tout ça doublé d'un salaud avec les femmes. Qui voudrait de moi sérieusement Akamaru? Je ferais mieux de l'oublier, non? Je ferais mieux d'annuler cette leçon de dressage, tu crois pas? Ou il faut que je me prouve à moi-même que je pourrais oublier? Tu penses qu'il faudrait que je me le prouve? Hé ben, tu sais quoi, j'vais me l'prouver que j'peux tenir sans elle!
« Ouaf ouaf. »
Kiba caressa tendrement la fourrure de son chien et alla prendre un douche pour se rafraîchir les idées et oublier les deux yeux bleus qui le hantaient, persuadé qu'il y arriverait.
Il ne faut jamais trop être sûr de soi.
Fin du chapitre dixième! :)
Alors qu'en pensez-vous?
On voit un peu ce que vit Gaara, Kankurô plus légèrement, Hinata & Naruto ça avance, Neji & Tenten c'est la guerre, Sai & Tayuya est observé du point de vue de Sai, Sasuke est légèrement troublé et surpris de ce que lui dit son copain, Kiba devient fou en parlant à son chien d'Ino et de ses doutes.
Prochain chapitre un peu plus centré sur Kakashi & Ankô c'est quasiment sûr, Kiba & Ino aussi, Temari & Shikamaru certainement, Sasuke & Sakura aucune idée, Tenten & Neji j'pense bien, Sai & Tayuya ça m'étonnerait, Naruto & Hinata p'têt bien. Et voilà :) Aussi peut-être du Jiraiya & Tsunade. :D
En espérant recevoir quelques commentaires et en remerciant tous ceux qui m'ont commenté, je vous dis à la prochaine! :)
Merci à AkuriAstuki, Raziel303, Emma, neobagram et Chizu Himura. :)
