Chapitre 11: Révélations et actions.

Elle se retourna plusieurs fois dans son lit et sentit un corps chaud d'homme pressé contre elle. Prestement, elle sortit de son lit, le cœur battant. Mais qu'avait-elle fait? Elle se maudit. Ses cheveux étaient détachés et tombaient lamentablement sur ses épaules. Son visage était encore ensommeillé mais son regard était maintenant vif et alerte. Elle l'observait et se maudit une nouvelle fois, en le maudissant au passage. Jamais elle n'avait prévu cette scène. Pour elle, c'était fini. Enfin, elle s'en était persuadée. Elle avait perdu son petit frère et son premier amour. Puis lui. Pour le plaisir, elle le maudit encore une fois.

Il bougea légèrement et poussa un soupir de bien-être en s'enroulant, endormi, dans la couette. Lui aussi avait ses cheveux détachés, mi-longs, lui arrivant à la nuque. Sa bouche fine laissait échapper un souffle régulier et ça lui donnait envie de pleurer. Elle s'en voulait, oh oui qu'elle s'en voulait. Et qu'est-ce qu'elle lui en voulait aussi. Il lui avait raconté que tout ce que l'autre femme lui avait révélé était faux. Complètement faux. Il n'aimait qu'elle, qu'il lui disait, mais elle ne pouvait plus le croire. Pas après dix années d'amertume noyée dans l'alcool. Pas après avoir vu tant de suicidés dans son hôpital qu'on n'arrivait pas à sauver et qui avaient mis fin à leurs jours pour leur amour perdu. Pas après avoir perdu son enfant.

Elle ne lui avait jamais dit qu'elle était enceinte. Jamais. Elle n'en avait même pas eu le temps. Elle devait le lui annoncer le jour où cette femme était venu lui parler. Puis elle l'avait quitté sans un mot, mais il avait compris qu'elle ne voulait plus de lui. Pourquoi? D'après lui, il ne savait pas. Ensuite, elle avait eu le bonheur d'accoucher d'un garçon. Il y avait de cela neuf ans. Et on lui avait pris son petit garçon, son bébé.

S'entourant de ses bras, Tsunade commença à pleurer doucement. Debout. Seule.

Un jour qu'elle se promenait dans le parc avec lui, elle avait tourné quelques minutes la tête et d'immondes salopards en avaient profité pour lui prendre son bébé. Son tout petit. Il avait à peine cinq ans et était le portrait craché de son père avec cependant les cheveux blonds de sa mère. Il était si beau.

« Hikari. »

Tsunade avait les yeux fermés comme si elle voulait ravaler ses larmes. Elle sentit deux bras musclés l'entourer et un corps d'homme se presser contre son dos. Jiraiya. Sans prononcer une parole, il renifla l'odeur de ses cheveux en caressant ses bras comme s'il voulait lui donner du réconfort. Il ne savait pas pourquoi elle pleurait, il ne comprenait pas mais il savait, en revanche, qu'il se devait d'être là pour elle. Dix ans sans elle, c'était trop. Elle lui avait horriblement manqué. Son horrible caractère, son odeur, ses yeux couleur fauve, ses baisers. Tout chez elle lui avait manqué. Et il avait aussi noyé cela dans l'alcool et les jolies jeunes femmes. Pour l'oublier elle.

-Jiraiya...

-Chut bébé, la rassura Jiraiya.

Les larmes redoublèrent et l'étreinte de Jiraiya se fit plus rassurante et plus forte.

-Jiraiya...ce jour-là...

Jiraiya attendit ce qu'elle voulait lui dire à propos de ce jour maudit.

-J'allais t'annoncer que j'étais...

Tsunade prit une grande inspiration avant de lâcher le mot fatal: « Enceinte. J'étais enceinte de toi. »

Le monde s'écroula pour Jiraiya. Il avait un enfant et il venait de l'apprendre dix ans plus tard. Il avait un enfant avec Tsunade et ça le rendait fou de joie mais le fait qu'elle le lui ait caché lui meurtrissait le cœur. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait lâché Tsunade sous le coup de la surprise et qu'elle s'était retournée vers lui, les yeux remplis de larmes contenues.

-Il s'appelle Hikari et est né un 29 septembre. Il va avoir 9 ans cette année.

La respiration de Jiraiya se fit plus hachée. Il faisait face à Tsunade, et il attendait la suite, car à l'air de son amour perdu, elle avait encore quelque chose à lui avouer.

-On me l'a...enlevé alors qu'il venait à peine d'avoir cinq ans. Dans un parc: le. J'ai tourné la tête quelques minutes et quand je me suis retournée, il n'était plus là. Je l'ai cherché partout dans le parc, j'ai prévenu la police mais leurs recherches n'ont mené à rien. Un témoignage nous a permis de savoir que mon...notre fils avait été enlevé par un homme aux cheveux bleus et aux dents de requin. Mais la police n'a pas tenu compte du témoignage, qui était celui d'un ivrogne qui passait par là. Pourtant...cet homme était sobre quand il passait dans le parc.

Un grognement se fit entendre de la gorge de Jiraiya. Ses poings étaient serrés et les jointures devenaient blanches. Ses yeux luisaient d'une fureur sans nom. Tsunade n'osait même plus respirer. Elle ne reconnaissait plus le Jiraiya qui se tenait devant elle. Il était ivre de colère, on aurait dit un lion prêt à attaquer.

-Pourquoi tu ne m'as parlé de lui? Hein, Tsunade, explosa-t-il. POURQUOI M'AS TU CACHE SON EXISTENCE? POURQUOI? ON AURAIT PU EVITER TOUT CA SI SEULEMENT TU ETAIS VENU T'EXPLIQUER AVEC MOI! Merde...

Tsunade tremblait mais son mauvais caractère refit surface très vite. Elle trouvait Jiraiya injuste avec elle, et était prête à le lui faire savoir.

-NON MAIS CA VA PAS ESPECE D'IDIOT? TU ETAIS TOUJOURS LA A FLIRTER AVEC N'IMPORTE QUELLE PETITE MINETTE QUI PASSAIT SUR TON CHEMIN ET TU OSES M'EN VOULOIR D'AVOIR CRU L'UNE D'ENTRE ELLES? JE NE VOULAIS PAS QUE TU CONNAISSES TON ENFANT PARCE QUE TU NE LE MERITAIS PAS ET SI ON ME L'A ENLEVE, TU N'AURAIS RIEN PU FAIRE NON PLUS.

-QU'EST CE QUE T'EN SAIS TSUNADE? Répliqua Jiraiya.

-JE LE SAIS, VOILA TOUT. ET JE TE SIGNALE QUE TU M'AS LAISSE PARTIR SANS UN MOT. SI TU TENAIS VRAIMENT A MOI, TU SERAIS VENU CHERCHER UNE EXPLICATION!

-Je tenais à toi, observa Jiraiya, décidé à se calmer car il connaissait la force légendaire de Tsunade.

-M'EN FOUS. JE VEUX MON BEBE...je veux mon tout petit, explosa Tsunade en pleurant et en s'affalant sur le sol.

Jiraiya se maudit, et s'agenouilla près d'elle pour amener sa tête dans son torse et lui caresser doucement les cheveux.

-Je dois y aller. Je te fais la promesse de retrouver notre fils. Je veux une photo de lui, ça pourra nous...m'aider.

La blonde Tsunade se leva et alla chercher une photo de son fils...de leur fils dans une autre pièce et revient tenant à la main la fameuse photo. Les larmes dans les yeux magnifiques de la blonde, quand elle leva sa tête vers lui, suffirent à achever Jiraiya, qui se leva, enfila ses vêtements, embrassa longuement Tsunade avant de partir en fermant légèrement la porte.

-Je t'aime, murmura-t-il au moment de fermer la porte mais il ne sut jamais si Tsunade l'avait entendu ou pas.

Tsunade ne savait pas que Jiraiya avait les moyens d'honorer sa promesse. Elle ne savait pas du tout quelle organisation il dirigeait réellement. Elle avait toujours cru qu'il était le directeur de ce grand cabinet d'avocats mais s'était toujours trompée. Si son bébé n'était pas mort, alors elle avait toutes les chances de l'avoir pour son neuvième anniversaire avec elle.

Tsunade avait quarante-neuf ans, et son fils Hikari allait peut-être lui être rendu.

*

Kakashi se passa nerveusement une main dans ses cheveux éternellement coiffés de la même manière.

Neji et Tenten planchaient sur le plan de leur prochaine mission dans leur bureau tout en remplissant quelques dossier à la va-vite. Sasuke et Naruto étaient en train de s'occuper du dossier d'une vieille dame dont la maison avait été saccagée et ses biens les plus précieux avaient été dérobés. Le voleur avait été arrêté et il ne restait plus qu'à boucler le dossier. Naruto eut un sourire pour la vieille dame qui les regardait un peu pincée. Ankô était à son bureau, tranquillement, en train de surfer sur les sites des autorités fédérales pour voir si il y avait du nouveau à propos de l'Akatsuki. C'était illégal mais Ankô savait comment faire pour ne pas se faire repérer.

L'Akatsuki était un gang extrêmement dangereux dans le Massachusetts, il faisait de la contre-bande, volait, tuait lorsque c'était nécessaire, faisait sauter des constructions, kidnappait souvent des enfants pour « agrandir » leur gang et leur inculquer une éducation correcte, qu'ils disaient ou sinon les donnait à des parents qui souhaitaient ardemment des enfants et qui croyaient l'avoir adopté tout à fait légalement alors que c'était des enfants kidnappés. Ils avaient tué les parents de Sasuke, kidnappé son frère aîné Itachi à sa place, embusqué et tué le premier amour de Kakashi: Rin, fait passer de la drogue à travers tout l'état du Massachusetts, et leurs membres étaient pour la plupart des fous avides d'explosions, de sang et d'autres étaient superbement intelligents, et géraient la première partie de leurs membres.

Malgré le fait que Jiraiya conseillait à Sasuke de ne pas trop s'investir dans la recherche de son frère, l'Uchiwa le faisait quand même. Jiraiya avait succédé à Sarutobi après que celui-ci se soit fait une belle petite retraite dans le Texas, mais malgré son éloignement et le fait qu'il ne dirigeait plus leur organisation, le vieil Sarutobi conseillait son disciple d'autrefois: Jiraiya. Et tout se passait à merveille comme tout peut se passer à merveille dans une organisation complexe qui avait pour couverture un cabinet d'avocats, et qui engageait des personnes capables de plaider et de s'occuper d'un dossier comme un avocat normal, et qui savait manier à la perfection pour neutraliser ou pour tuer des armes, ou des techniques de combat. Des surdoués quoi ou des personnes volontaires capable de se pousser jusqu'au bout pour arriver ne serait-ce qu'à la cheville ou plus haut des surdoués. Des gens comme Tenten ou Naruto. Ils se poussaient pour arriver à la cheville de Sasuke et Neji. Et ils y arrivaient magnifiquement bien, et leur arrivaient plutôt au torse.

Kakashi soupira et pensa à son ancienne coéquipière et fiancée: Rin. Elle avait était prise en embuscade alors qu'elle suivait un des membres de l'Akatsuki. Ils n'avaient jamais su quel membre, ni à quoi il ressemblait, ni de quoi il s'occupait. Elle avait été tuée avant. Et il avait pleuré. Pour la deuxième fois. La première étant le jour où il avait vu son père, un agent de police, se faire assassiner devant ses yeux par un dealer, qui était relié de loin à cette maudite organisation de la Lune Rouge. C'était pour cela qu'il s'était engagé dans l'organisation Konoha de Sarutobi, Jiraiya devenant son maître. Il avait présenté des capacités exceptionnelles de mémorisation depuis très jeune et était très doué pour les sports de combat dans son lycée. Et Jiraiya était passé par là, le prenant sous son aile.

Puis il avait fait la connaissance de Rin dans Konoha, et il avait été automatiquement attiré par cette petite brune aux étranges tatouages violets sur les deux joues. Une forte amitié était née entre eux malgré le caractère plutôt explosif de Rin et l'arrogance des débutants de Kakashi. Ils avaient souvent des divergences d'avis, et une fois, Rin lui avait pointé son flingue sur la tempe. Kakashi l'avait désarmé avec une étonnante facilité et dans son geste, il s'était collé contre elle dans son dos. Et là, tout avait commencé entre eux. Ils étaient devenus amants, puis s'étaient fiancés pour le bonheur de Jiraiya qui aimait à voir son protégé avec un sourire jusqu'aux oreilles. Et elle avait été tuée. Il l'avait aimée, c'en était certain, il ne l'oublierait jamais, et il l'aimerait toujours à sa façon. Mais maintenant, il y avait aussi Ankô. Ankô, qui avait un don particulier pour les armes, comme Tenten, et qui savait extrêmement bien s'informer un peu partout dans Boston et plus loin. Ankô avec qui il avait fait l'amour, tous les deux complètement défoncés. Ankô avec qui il avait refait l'amour, complètement conscients tous les deux de ce qu'ils faisaient. Ankô qui ne lui avait pas adressé un regard quand elle était arrivée, se mettant directement au boulot.

Kakashi se repassa nerveusement une main dans ses cheveux, qui ne bougeaient pas d'un pouce. Une cicatrice, qui s'était estompée au fil du temps, s'étendait de part et d'autre sur son œil droit, mais il fallait être un observateur averti pour pouvoir la remarquer. Résultat d'une bagarre avec un dealer il y avait quelques années, quand son arrogance était encore à son maximum dans les débuts de son métier. Mettant les mains dans les poches de son pantalon noir, et déserrant légèrement sa cravate qui l'étouffait, Kakashi décida d'aller parler à Ankô.

Elle ne fit même pas attention à lui quand il se posta devant elle. Elle sentait la fumée de cigarette et l'orange. Subtile mélange des deux qui faisait frémir les narines de Kakashi.

-Ankô?

La dénommée Ankô daigna lever la tête de son ordinateur et regarder son supérieur dans les yeux, ce qui le déstabilisa pendant quelques secondes. Qu'est-ce que pouvait bien dire Le Paradis du Batifolage de faire dans cette situation? Kakashi soupira intérieurement. Dans son livre favori, il n'y avait sûrement pas de solution à ce genre de problème.

-Hn patron?

-Je suis désolé.

Ankô leva un sourcil, signe qu'elle ne comprenait pas tout à fait pourquoi Kakashi Hatake était désolé mais qui montrait qu'elle attendait la suite.

-Je suis ton supérieur et je n'aurais pas dû faire ce que j'ai fait. Voilà.

La jeune femme eut un sourire amer.

-Quel âge j'ai patron?

Kakashi se demanda si elle n'était pas devenue amnésique le court d'un moment et répondit en hésitant:

-30 ans Ankô.

-Voilà, à 30 ans, je pense que je suis une grande fille et que j'assume et que je suis parfaitement consciente de mes actes. Alors tes excuses, patron, tu t'les fous où je pense, répliqua durement Ankô.

Son patron ne put rien répondre et elle enfonça encore plus le clou, autant pour elle que pour lui.

-Si tu le regrettes, tu le dis, un point c'est tout. Apparemment, tu n'avais pas l'air gêné quand tu t'es fiancé avec ta coéquipière, une certaine Rin si je ne m'abuse.

Kakashi resta cloué. Il aurait dû se douter qu'Ankô savait tout à propos de tout ce qui s'était passé dans Konoha, avant qu'elle n'arrive.

-On peut se dire que c'est admirable qu'un homme possédant un grade supérieur à la femme avec qui il a couché s'excuse et soit prêt à mettre la faute de cette relation sur lui, tout ça parce que les deux étaient bourrés, mais quand on couche une nouvelle fois, sobre, le lendemain matin avec la même femme qui est soi-disant notre « secrétaire », on admet mal ce qu'on ressent -si il ressent quelque chose- et on vient tout arrêter ou dire que c'était une erreur. Là, c'est de la lâcheté pure et simple. Tu regrettes. Pas moi, tu vois. Alors maintenant hors de ma vue que j'puisse continuer mon boulot. Après tout, j'pourrais porter plainte pour harcèlement sexuel de la part de mon patron, c'est ça? Lâcha Ankô, sifflante.

-Merde Ankô, tu sais très bien ce que je voulais dire, commença Kakashi, mais Ankô le coupa d'un geste de la main.

-Non je ne vois pas du tout ce que tu veux dire.

-Merde.

-Bien, se leva Ankô en se dirigeant vers l'ascenseur pour sortir du bâtiment qui les abritait.

Mais ce ne fut pas Kakashi qui la retint, mais une silhouette imposante qui sortit de l'ascenseur avant qu'elle ne l'atteigne. Une silhouette qu'elle connaissait très bien, mais elle n'avait jamais vu ce regard à l'homme qui lui faisait face.

-REUNION IMMEDIATE DANS LE BUREAU DE KAKASHI! Hurla Jiraiya.

Naruto passa une tête par l'entrebâillement de son bureau et de celui de Sasuke, allait pousser un salut joyeux à Jiraiya, son parrain, mais en voyant le regard de celui-ci, il déglutit et imposa d'un regard à Sasuke qu'il fallait y aller.

Tenten et Neji sortirent de leur bureau pour se rendre dans celui de Kakashi, tout en jetant un coup d'œil aux autres.

Quand ils furent tous dans le bureau de Kakashi, Jiraiya posa les mains sur le bureau en tremblant.

-Je sais que Konoha ne sert pas pour les affaires privées mais j'ai vraiment besoin de vous. Je n'y arriverai pas seul, commença Jiraiya.

-Que se passe-t-il, Jiraiya ? Demanda Kakashi.

-Mon fils a été enlevé.

Il y eut un moment de silence et c'est Naruto, qui le rompit, les yeux en forme de soucoupe.

-Ton fils? D'puis quand t'as un fils, parrain Jiraiya?

-Je l'ai appris aujourd'hui, tout comme toi Naruto. Il va avoir neuf ans à la fin du mois, et a été enlevé peu après ses cinq ans. Dans un parc. Je sais que c'est une mission quasi-impossible mais je vous le demande quand même. D'après un témoignage, il aurait été enlevé par un homme aux cheveux bleus et aux dents de requins. C'est rare comme spécimen et je suppose que cet homme n'est qu'un petit dealer sans importance qu'on a payé pour le kidnapping ou cet homme est alors un psychopathe de première, acheva Jiraiya en serrant les dents.

Les réactions ne se firent pas attendre. Tenten, la dernière arrivée dans l'équipe, avait quelques larmes au coin de ses yeux de biche, et serrait convulsivement la poche de son pantalon noir où se trouvait son couteau. Neji restait immobile et attendait ce qu'on lui dirait de faire, même si au plus profond de lui-même, il était intensément dégoûté par les enlèvements d'enfants. Kakashi avait les poings serrés et se promit à lui-même de blesser le plus profondément celui qui avait commandité ce kidnapping. Ankô avait les dents serrées et fulminait. Naruto poussait des jurons sans queue ni tête tout en faisant les cent pas dans le bureau comme un lion en cage. Mais la réaction la plus surprenante fut bien celle de Sasuke. Il se mit face à Jiraiya et murmura si bas que personne n'entendit à part Jiraiya:

-Je vous aiderai à retrouver votre fils. C'est immonde d'enlever un enfant et je compte bien le faire payer aux responsables, je ne suis sûrement pas le seul à penser ça. Juste une chose, pensez-y de temps en temps: c'est donnant donnant.

Jiraiya savait parfaitement ce que Sasuke voulait dire par là, et acquiesça. Après avoir retrouvé Hikari, ils se mettraient en chasse pour retrouver Itachi Uchiwa. Enfin.

-Photo? Demanda Neji.

-J'en ai une, répondit Jiraiya en sortant la photo que Tsunade lui avait donné de sa poche.

-Je vais faire une recherche sur un homme aux cheveux bleus et aux dents de requin, annonça Ankô, si il existe vraiment. Tenten, viens m'aider.

Tenten hocha la tête et suivit Ankô, l'experte en recherches diverses, à son bureau.

-Naruto et Sasuke, allez faire un tour au parc pour voir dans quel contexte Hikari a été enlevé. Sasuke, vas-y doucement avec ton bras, recommanda Jiraiya.

-Joli prénom. Hikari, fit doucement Naruto.

-On y va, c'est quel parc? Demanda Sasuke.

-Boston Common.

-Hn.

-Go go go, cria Naruto en poussant Sasuke pour qu'ils puissent tous les deux aller se changer. Ce n'était pas très pratique de pouvoir « enquête » en costard, Naruto préférait porter un sweat orange, et un jean noir, tandis que Sasuke enfila un chandail noir et un jean tout comme Naruto.

Quand ils attendirent l'ascenseur, ils entendirent Ankô leur lancer une légère pique: « On va chercher un gosse, non de non, pas faire la pêche aux filles. Beaux comme ça, même les mamies vont vouloir vous violer. » et Tenten se marrer à la phrase d'Ankô.

*

Ses cheveux roses attachés en une haute queue de cheval se balançaient au gré de son rythme. Son souffle était comme à son habitude régulier et ses jambes la portaient d'elle-même. Comme il commençait à faire frais en fin de ce mois de septembre, Sakura avait enfilé un jogging gris, un débardeur rose pâle et le sweat à capuche gris assorti au jogging. Quelques coureurs ou promeneurs se retournaient sur elle, mais elle s'en foutait complètement, et était concentrée sur son jogging et la musique qui s'échappait de son iPod. Cette fois, c'était « Church »de T Pain. Elle changeait de style de musique au fil des jours, et pouvait apprécier de tout.

D'un calme olympien, elle fit un doigt d'honneur à un jeune adolescent d'environ dix-sept ans qui l'avait sifflé pour surtout impressionner ses copains qui à côté de lui se marraient à s'en tenir les côtes, et Sakura continua à se concentrer sur son jogging. Elle avait déjà fait le tour du Boston Common et s'apprêtait à en refaire le tour, mais un vélo la poussa lorsqu'il entra dans le parc, et elle chuta sur quelqu'un en jurant le cycliste imprudent.

-Sakura?

Sakura se tourna en entendant la personne sur qui elle était tombée prononcer son nom, et rougit brusquement. Elle était tombée sur Sasuke Uchiwa, heureusement pour lui, sur l'autre bras qui n'était pas emplâtré. Rangeant ses oreillettes, Sakura se releva et l'aida à se relever, tout en balbutiant des excuses et en maudissant le cycliste. Sasuke avait un sourire narquois en voyant la rose qui rougissait.

Soudain, un blond d'environ l'âge de Sasuke apparut devant elle, avec un immense sourire, et en lui tendant la main.

-Bonjour, je m'appelle Naruto Uzumaki. Et toi, tu dois être Sakura Haruno, non?

Sakura le détailla de la tête aux pieds, méfiante, puis se rappelant que c'était le jeune homme qui était avec son amie Hinata durant la soirée du samedi soir, elle lui rendit son sourire et lui serra la main.

-Exact.

-Hinata m'a beaucoup parlé de toi, avoua Naruto, en se passant nerveusement une main dans les cheveux et en souriant bêtement.

-Baka, commenta Sasuke en essuyant les poussières qui s'étaient accrochées à son chandail.

-Ha, fit Sakura, ne sachant quoi répondre.

-Tu connais très bien Hinata? Demanda Naruto.

-Ça y est, soupira Sasuke.

-Heu oui, répondit Sakura, désarçonnée par la question du blond.

-Donc elle te raconte tout?

-Heu oui.

-SUPER! Tu vas devenir une très bonne amie à moi, comme ça, tu me diras tout ce qu'elle pense de moi! Hein?

Sakura se tapa le front tandis que Sasuke levait les yeux au ciel.

-Jamais je ne te répéterai ce que pourrait me dire Hinata à propose de toi, répliqua Sakura.

Comme elle l'avait remarqué quelques années plus tôt, Sakura avait une farouche tendance à protéger et à défendre ses amies. Une amie loyale qu'était Sakura Haruno. Ni Naruto ni Sasuke ne virent voir le coup de poing monumental qu'infligea Sakura à Naruto, exaspérée.

-Mais Sakura...

-Il n'y a pas de Sakura qui tienne Naruto, le coupa la jeune femme, c'était un avertissement: si jamais tu fais du mal à Hinata, tu le regretteras.

Sasuke garda un visage impassible et aida Naruto à se relever, malgré son plâtre.

-Bon beh, au revoir Sakura. Content de t'avoir rencontré tout d'même, on s'fra un ramen un jour avec Hinata si tu veux, fit Naruto avec un sourire jusqu'aux oreilles.

-Hn.

-Au revoir Naruto, Sasuke, répondit la jeune femme en riant face au naturel comique de Naruto.

Elle venait de le frapper et lui, lui disait au revoir comme si de rien n'était avec un sourire immense. Il prenait vraiment tout bien, ce blond. Hinata avait finalement peut-être trouvé sa chance en cet étrange Naruto Uzumaki. En revanche, Sakura ne s'expliquait pas l'air pincé que Sasuke avait arboré pendant l'échange. Ses lèvres ne formaient plus qu'une ligne toute fine et ses yeux semblaient vouloir faire passer un message brûlant à Naruto, comme un rappel à l'ordre.

-Hn Naruto, on doit y aller.

La voix avait été dure, et sans appel. Une ombre fugitive traversa le visage de Naruto devant Sakura qui restait suspecte quant à leurs échanges. Naruto essaya de retrouver le sourire qu'il avait avant mais ce fut une pâle copie et Sakura s'en rendit compte. En leur adressant un léger signe de tête, Sakura partit du parc. Tant pis pour son dernier tour de jogging, elle ne voulait pas rester dans le même espace que Sasuke Uchiwa malgré l'aura fascinante qu'il dégageait, et de Naruto Uzumaki malgré ses sourires. Ces deux-là étaient beaucoup trop troublants. Beaucoup trop. Surtout le brun avec un plâtre.

*

Temari soufflait comme un bœuf devant la porte de son cher patron. Il l'avait convoqué par l'intermédiaire de sa secrétaire, une sorte de petite conne aux cheveux roux et aux lunettes rectangulaires, qui lui répliquait d'un air pincé et supérieur: « Monsieur Nara ne peut pas vous prendre maintenant. » « Patientez je vous prie, Mademoiselle Sabaku No. » « Il est occupé. Il va vous prendre, ne vous inquiétez pas. » Il n'y avait aucun doute pour Temari que la jeune rousse, du prénom de Shiho, désirait ardemment devenir celle que l'on appellerait Madame Nara, et Temari eut un sourire mauvais pour le flemmard. Elle avait le genre de taper l'incruste dès qu'elle pourrait dans cette richissime famille, et l'esprit féministe de Temari ne supportait pas de voir ça.

Tandis qu'elle ruminait de sombres projets à l'égard de Shikamaru Nara, la porte du bureau de son cher patron s'ouvrit pour laisser place à Iruka Nara, frère aîné du flemmard macho, sourire aux lèvres quand il aperçut Temari, à qui il vint faire la bise sous le regard horrifié de Shiho.

-Comment vas-tu Temari? Demanda jovialement Iruka. T'es toujours aussi splendide.

Shikamaru, qui était juste derrière lui, ne put qu'approuver en son for intérieur. La blonde aux quatre couettes portait ce jour-là un slim bleu jean, une tunique ample beige qui dévoilait la naissance de ses seins, le tout accompagné de bottes noires qui lui arrivaient un peu avant les cuisses et d'un collier dont le pendentif était un minuscule éventail argenté.

-Bonjour femme ga..oups...Temari, la salua Shikamaru en croisant son regard meurtrier lorsqu'il avait failli dire « femme galère ».

-Merci Iruka, je vais bien, répondit Temari aimablement avant de lancer un regard indifférent au plus jeune des Nara, qui soupira.

Ils ne s'étaient pas parlés depuis l'épisode du baiser à la soirée du samedi soir, et Shikamaru, comme ses 200 points de QI et sa logique pour parler aux femmes lui suggéraient, avait décidé de régler ce « problème » avec son employée aux jambes splendides.

-Alors Nara, qu'est ce que vous vouliez? Demanda brusquement Temari à Shikamaru.

Iruka sauta une nouvelle fois sur l'occasion pour asticoter gentiment la Sabaku No, et en tirant amicalement sur ses couettes, lui rappela qu'ils étaient deux Nara. Et Temari répliqua, le sourire aux lèvres, qu'elle n'avait qu'un seul Nara comme patron, et que c'était un flemmard du premier ordre, qui portait des boucles d'oreilles et qui avait toujours l'air endormi ou emmerdé. La description de Temari fit rire Iruka, et Shiho s'insurgeait seule de ne pas être aussi familière avec les membres de la famille Nara.

-Monsieur Nara ne devrait pas se laisser insulter comme ça par une simple employée, intervint Shiho, ses lunettes retombant sur le nez, en se mettant debout derrière son bureau.

Mal lui en prit. Temari vit rouge, Iruka se mordit les lèvres pour s'empêcher d'éclater de rire face à la jalousie de la secrétaire et Shikamaru fronça les sourcils, formant une ride entre eux. Et avant que Temari n'insulte copieusement la jeune femme, Shikamaru décida d'intervenir.

-Ne vous inquiétez pas Shiho, Mademoiselle a un caractère impulsif, et tout le monde sait qu'elle ne peut pas réfréner ses pulsions sexuelles face à moi. Elle l'a dit elle même le jour où je vous ai annoncé que j'étais le nouveau patron, fit Shikamaru en repensant à la foutue moue aguichante qu'elle avait eu ce jour-là.

« Et merde...Ne plus penser à elle qu'en employée. C'est ton employée, bordel. »

Shiho hocha la tête devant son patron, complètement soumise et l'envie de vomir de Temari refit surface. Comment être soumise à un être tel que Shikamaru Nara et vouloir attirer sur elle l'attention d'un macho comme lui? C'est vrai qu'il avait énormément de charme, et était très intelligent. Mais il était aussi flemmard, agaçant, macho, misogyne et fumeur. Bon d'accord, il embrassait comme un dieu, et devait être aussi bon pour la suite, mais le sexe ne devait pas suffire pour une relation. Pour Temari, Shikamaru ne pouvait pas être un homme qui puisse s'impliquer correctement dans une relation. Et, quant à eux, ils étaient totalement incompatibles. Mais pourquoi « eux »? Ce « eux » n'existait même pas, se morigéna Temari.

-Entre Temari, l'invita Shikamaru en étouffant un bâillement et en saluant son frère, qu'il allait revoir au déjeuner.

-Je vous suis, Nara, répliqua Temari, ne pouvant s'empêcher d'être amère, devant l'œil de Shiho qui devenait rouge au fur et à mesure que Temari faisait preuve d'un mépris total pour son cher patron. La secrétaire jugeait que cette jeune femme blonde devait avoir reçu une très mauvaise éducation.

-Dis, Temari, voudrais-tu nous faire le plaisir de partager ton déjeuner avec Shikamaru et moi? Demanda Iruka, sentant que ça allait être une vraie comédie de voir Shikamaru et Temari face à face en train de manger, et il aurait le loisir d'admirer la piquante blonde qu'était la No Sabaku.

Temari fut interdite, et ce ne fut pas la seule. Shikamaru fronçait les sourcils se demandant si il existait vraiment une divinité supérieure sur cette fichue planète et Shiho s'étouffait.

-Ahem...C'est que...

-Tu as quelque chose de prévu? Lui demanda Iruka en souriant.

Temari regarda à tour de rôle Shikamaru et Iruka, et ce fut finalement ses hormones qui décidèrent pour elle.

-Non c'est bon. Je viendrais, répondit-elle.

-Super, on se retrouve devant le restau' à midi, d'accord?

-Okay, céda Temari, en entrant dans le bureau de Shikamaru Nara, les joues rouges par l'affront que venait de lui faire ses hormones. Après tout, un déjeuner avec un beau gosse et un homme bourré de charme n'arrivait pas à tout le monde, et un bon point: Shiho en était verte de jalousie.

Shikamaru ferma la porte au nez de son frère dégoulinant de sourire et de Shiho qui lui lançait un regard désespéré. Galère, mais qu'est-ce qu'elle avait Shiho à le regarder ainsi? Depuis quelques jours, son comportement avait changé et il trouvait ça vraiment galère.

-Tu vas rendre folle ta secrétaire, Nara, si ce n'est déjà fait, commenta Temari.

Le macho ne comprenait pas comment Temari faisait pour pouvoir lire dans ses pensées si facilement.

-Galère... Bon primo: ce baiser samedi soir était pour te faire taire.

Un silence attendit cette déclaration et le corps de Temari réclamait vengeance, mais elle décida de lui dire la vérité, même si ça devait coûter à sa fierté.

-Je ne dirais pas que je n'ai pas apprécié, ce serait mentir, et je sais que je n'étais pas la seule dans ce baiser à ressentir...tout ce qu'il y avait à ressentir, quoi. Mais plus jamais Nara, tu ne m'embrasseras.

Shikamaru haussa les épaules à cette menace et resta les yeux plantés dans ceux de la piquante blonde à couettes.

-Très bien, nous sommes d'accord. Galère, j'ai envie d'une clope, bref, ton boulot de vendredi soir avec les représentants de la Kyoshi Corp était parfait et je voulais t'en féliciter personnellement. Je n'ai pas vraiment eu le temps de le faire samedi soir et puis, le moment n'était pas propice à une discussion sur le boulot. Sinon, rien à te reprocher, je voulais juste te voir pour mettre le point sur ce baiser et sur ton fabuleux boulot. T'es une femme galère mais tu travailles bien, donc on va pouvoir s'entendre, j'espère.

Temari eut un sourire. Certes, il avait réussi à manipuler habilement son discours pour ne pas la vexer et bien la complimenter, mais il ne pouvait s'empêcher de vouloir dire qu'il avait envie d'une cigarette, qu'il la traite de « femme galère » et qu'il prononce le mot « galère » au moins trois fois depuis qu'il avait commencé à lui parler dans le bureau.

-T'es un vrai macho, t'es flemmard, mais j'crois aussi qu'on va pouvoir s'entendre Nara.

Shikamaru répondit avec un sourire un peu affecté. Il avait outre-passé sa décision mais ils ne seraient qu'amis, c'était déjà ça. Après, il n'aurait plus qu'à extraire ses splendides jambes de ses pensées, et ses fabuleux yeux couleur sapin, et il la considérerait comme Kiba, Chôji, Naruto, et tous les autres.

Comme pour sceller leur accord, ils se serrèrent la main avec un sourire éblouissant pour Temari, et un air ronchon de Shikamaru, mais Temari savait qu'il en était tout de même heureux.

-Dis donc Nara, es-tu intéressé par Shiho? Demanda Temari.

-Jalouse? La taquina Shikamaru.

Temari rougit et réussit à articuler: « Mais pas du tout, c'est la façon dont elle te regarde et dont elle me fusillait du regard qui me fait peur pour toi et accessoirement pour moi. » Et tout ça dit d'un air très hautain, comme si ça ne l'atteignait pas.

-Galère, soupira Shikamaru. Ce n'est que ma secrétaire.

-Moi j'dis: tu devrais l'inviter à dîner un de ces soirs. Je suis sûre que c'est ton type de femmes: soumise, plutôt mignonne, le style intellectuelle, etc.

Il préféra éviter de répondre parce que lorsque Temari était là, la pauvre Shiho n'existait plus dans son esprit.

-Bon Nara, c'est pas que, mais je dois aller préparer la salle pour le déjeuner d'affaires d'un certain Hiashi Hyûga. On se reverra au déjeuner, fit Temari en sortant du bureau de Shikamaru en lui adressant un petit signe de tête.

Shiho avait les doigts crispés sur un dossier quand Temari sortit, et cette dernière lui adressa un fabuleux sourire avant de lui dire: « J'ai essayé de t'arranger le coup avec Nara, tu verras bien si il t'invite ou pas. Bonne journée. » et Shiho rougit terriblement avant de trembler de joie ou de colère, personne n'aurait pu le deviner.

«Pathétique.»

*

Ses doigts longs, minces et agiles arrangeaient élégamment un bouquet de sa propre composition, bougeant, tournoyant, dansant autour des fleurs rouges et jaunes. Ses mains fines et délicates étaient comme animés d'une volonté propre. Comme elle aimait les fleurs...

Elle était née dans ce milieu, avait fait ses premiers pas dans la boutique de fleurs que tenait ses parents, Le premier mot qu'elle avait dit avait été « Fleur. » et toutes ses vacances d'adolescentes s'étaient passées dans la boutique de fleurs de ses parents, et son premier petit ami était venu la voir pour lui donner son premier baiser dans cette boutique, au-dessus de roses rouges. Elle avait connu sa meilleure amie en primaire, Sakura, près d'une fontaine entourée de fleurs les plus magnifiques les unes que les autres. Cette amitié durait encore jusqu'à aujourd'hui, elles ne s'étaient jamais quittées, sauf une fois pour un garçon au collège, mais s'étaient bien vite réconciliés après que le garçon en question ait joué avec les sentiments des deux amies.

Perdue dans les tréfonds de sa mémoire, Ino Yanamaka se rappelait peu à peu les grandes étapes de sa vie. Elle avait traversé une période vers la fin de son adolescence tournée autour du superficiel et de l'artificiel, mais Ino avait vite reposé pied sur la réalité grâce à Sakura. Maintenant, ça s'était légèrement atténué malgré le fait qu'elle enchaînait les hommes. Mais bon, elle s'était promis de ne plus le faire, et une promesse était une promesse. Elle comblerait son manque de confiance en elle par autre chose que le sexe.

Et là, elle se rappela Kiba. Ce soir. Ce soir, il viendrait chez elle pour commencer le dressage de Scrumchy. Et elle devait avouer qu'elle flippait grave pour cette entrevue. Mentalement, elle composait des tenues pour accueillir l'Inuzuka. Qu'est ce qu'elle allait bien porter? Non, ce n'était pas superficiel, c'était juste une femme qui allait accueillir chez elle son ancien amant et qui voulait lui montrer une bonne image d'elle-même. Une femme voulant en mettre plein la vue à un homme qui la troublait n'était pas superficielle. Juste normale. C'était naturel, après tout.

Après qu'il soit parti, la soirée entre filles pourra débuter. Tenten, Hinata, Sakura, Temari et elle-même seront ensemble et bien entendu, Ino n'en doutait pas, elles lui poseraient des questions sur le maître-chien. Ino poussa un soupir de résignation. Après tout, elle aussi pourrait cuisiner ses amies. Tout d'abord Hinata à propos du blond hyperactif Naruto, ami du vendeur canin -elle préférait ne pas le faire pendant le boulot- puis Sakura avec ce superbe brun nommé Sasuke, après ce sera au tour de Temari de passer à la casserole d'Ino sur Shikamaru Nara, son patron avec qui elle l'avait vu se disputer, puis Tenten sur qui elle ne savait encore rien depuis quelques mois.

En pensant à cette soirée entre filles, elles devraient expulser Kankurô pour la soirée et l'obliger à revenir à une heure ou deux heures du matin, quand elles auraient fini de parler et iraient se coucher, Tenten et Hinata squattant chez elle lors de ce genre de soirées. Il trouverait bien à faire quelque chose Kanky. Il pouvait sortir en boîte et terminer chez une petite conne, il n'y avait pas de souci, tant qu'il ne puisse pas l'écouter déblatérer en long et en large sur ce qui la tourmentait.

-Ino, on va déjeuner? Lui demanda gaiement Hinata.

-Oui, j'arrive. Commence à fermer la boutique Hinata, répondit Ino.

Son associée et amie Hinata était très gaie aujourd'hui, n'avait pas bégayé une seule fois et avait toujours un sourire béat accroché à ses lèvres accompagné d'un regard rêveur. Ses yeux gris si pâles qu'ils en paraissaient presque blancs reflétaient des souvenirs heureux, et Ino se félicita mentalement d'avoir prévu de cuisiner Hinata en premier.

Un sourire inexplicable aux lèvres, Ino déposa le bouquet sur un présentoir dans un vase ovale d'un blanc pur, prit son sac derrière la caisse et sortit dans la rue, Hinata l'attendant déjà dehors pour fermer à la pause déjeuner. Le soleil brillait au-dehors et le ciel était bleu en ce mois de septembre. Rajustant sa veste en cuir brun, Ino respira à fond et observa l'agitation dans les rues de Boston.

« C'est peut-être un belle journée, finalement. »

*

Ankô réfléchissait à cet étrange portrait. Des cheveux bleus, des dents de requin. Ça lui faisait penser à l'ex d'une ancienne informatrice qui avait complètement craqué sur Sasuke quand elle l'avait vu. Karin. Fébrilement, elle rechercha le dossier de Karin sur son ordinateur, observée par Tenten.

-Karin? Elle a un rapport avec ça?

Ne pouvant répondre, étant trop concentrée dans le fil de ses pensées, Ankô hocha négativement la tête et trouva ce qu'elle cherchait enfin. Le numéro de portable de Karin ainsi que sa nouvelle adresse dans les vieux quartiers de Boston.

-Transmets-ça à Neji et Sasuke, ils sauront quoi en faire, articula Ankô à Tenten, qui nota le tout sur un bout de papier pour d'abord aller le donner à Neji puis téléphoner Sasuke pour lui donner l'information.

Ankô resta seule devant son écran à cogiter. Si Karin connaissait vraiment cet homme comme elle l'espérait, elle les conduirait à lui si Sasuke savait être persuasif avec elle, et ils pourraient remonter à la source.

-Du nouveau? Demanda Kakashi, doucement.

Elle ne fut nullement surprise par l'arrivée inattendue de Kakashi, et s'y attendait presque.

-Peut-être une piste, légère, mais une piste quand même. Un homme aux cheveux bleus, c'est vague, aux dents de requin ça l'est moins. Mais en trois ans, ce salopard a pu se faire teindre les cheveux et se refaire une dentition. Et il n'est même pas fiché, ça fait vraiment chier. Le nombre de salauds en ville ne fait qu'augmenter. Même Konoha ne les aura jamais tous.

Les mains de Kakashi se posèrent délicatement sur la nuque d'Ankô et il entreprit de la détendre légèrement.

-On va retrouver ce gosse, t'inquiètes pas Ankô.

-Hm.

Ankô était plus qu'indignée ou tout autre chose. Un gosse kidnappé comme ça, enlevé, arraché à sa mère, on n'en avait pas le droit. C'était immoral. C'était aussi grave que de tuer quelqu'un, c'était pire que voler, c'était pire que mentir, trahir, c'était pire que tout. Enlever un enfant. Mais on en voyait souvent. Le marché de l'adoption attirait beaucoup les escrocs. Certains volaient les bébés qui venaient à peine de naître dans les hôpitaux, d'autres dans les parcs, tout ça pour les vendre au plus offrant des couples. Ces couples innocents bien entendu, mais qui en quelque sorte, dans leur désir aveugle de construire une famille, participaient à ces rapts d'enfants. Si cet enfant avait été adopté, Ankô se ferait un plaisir d'aller le chercher elle-même. C'était une promesse. Ce gosse était de plus celui de Jiraiya, le seul avec Sarutobi dans Konoha qui lui avait donné une chance à elle, ancienne disciple de Orochimaru, déserteur de leur organisation, mort en se prenant lui-même comme cobaye pour l'une de ses expériences tordues.

-Ankô...

-Accouche.

Directe, franche, brutale, Ankô avait toujours été ainsi, et Kakashi ne s'en offusquait pas, au contraire, ce trait de caractère faisait partie intégrant de Ankô, et il ne pouvait imaginer une Ankô sans tout ce qui la caractérisait. Il ne pouvait s'imaginer amoureux d'Ankô qui ne serait pas brutale, directe, franche, et tous les défauts et qualités qui vont avec.

-C'est que...

-Hatake, ne me fais pas perdre mon temps et viens-en aux faits.

Kakashi nota qu'elle l'avait appelé par son nom de famille, ce qui signifiait qu'elle était drôlement retournée contre lui. Il prit une profonde inspiration.

-Je sais que c'est pas le moment, mais je vais quand même te le dire: je suis amoureux de toi. Tu fais ce que tu veux avec ça, maintenant, je ne te demande rien.

Et il la laissa abasourdie devant son ordinateur. Le coup de la surprise passée, Ankô jubilait. Ses sentiments étaient réciproques, c'était déjà ça. Restait plus qu'à le convaincre qu'ils devaient habiter ensemble, puis se marier, puis fonder une famille, plus acheter une plus grande maison parce qu'ils auraient plein d'enfants...Ankô s'arrêta brutalement dans ses pensées. Ça ne lui ressemblait pas du tout, alors là, pas du tout. Comment pouvait-elle être aussi stupide? L'amour était un sentiment qui vient et qui part sans cesse, et elle le savait pourtant. Alors comment pouvait-elle imaginer une vie à deux avec Kakashi Hatake?

Ankô passa une main dans ses cheveux d'un violet foncé, presque noirs, de frustration. C'était évident qu'elle était intéressée par Kakashi sinon elle n'aurait pas couché deux fois avec lui en quelques heures. C'était évident qu'elle avait des sentiments pour lui sinon son cœur ne battrait pas légèrement plus vite quand il lui adressait un sourire. C'était évident qu'elle était amoureuse de lui sinon il ne lui manquerait pas au point d'en avoir mal physiquement. Le problème, c'est qu'elle ne savait pas combien de temps elle serait amoureuse de l'homme à la coiffure d'épouvantail, et combien de temps lui serait amoureux d'elle?

En soupirant, Ankô continua à chercher des informations un peu partout sur l'homme aux cheveux bleus et aux dents de requins.

« Si Karin ne donne rien, il faudra que Kakashi appelle Yamato. »

*

En fin d'après-midi

Kiba se tenait devant la porte de l'appartement de Ino Yanamaka et il flippait. Il savait ce qu'il devait faire avec le chiot, mais pas avec la maitresse en question. Et c'était là tout un problème. Ce n'était pas seulement la maîtresse du chiot qu'il allait commencer à dresser, mais aussi une de ses anciennes amantes qui l'avait le plus marqué. Déjà, rien que le fait qu'une amante le marque, c'était un miracle, alors ensuite la revoir comme ça, en ayant pleine conscience que les mini-déprimes qu'il avait fait étaient dues à cette ancienne amante, alors il y avait de quoi perdre la tête. Enfin...ça, c'était déjà fait.

Il n'était pas en retard, mais légèrement en avance. Il était cinq heures moins cinq. Il avait rendez-vous à cinq heures. En résumé, il avait cinq minutes pour s'arranger les idées. Mais le Seigneur avait décidé qu'il n'en serait pas ainsi. Une blonde à quatre couettes plutôt mignonne du point de vue de Kiba, sortit de l'ascenseur et le toisa avec méfiance. Il y avait de quoi: un inconnu devant la porte de son appartement.

-T'es qui? Demanda-t-elle brusquement.

-Ahem..Kiba Inuzuka..je...

-Ah ouais, t'es le dresseur de ce satané Scrumchy, le pote à Ino, c'est ça?

-Ouaip, répondit Kiba, qui se rendit compte qu'il allait devoir entrer dans l'appartement à la suite de cette blonde qui semblait, visiblement, avoir passé une journée légèrement éprouvante.

-Temari No Sabaku, coloc' et amie de cette blonde au caractère de cochon, se présenta-t-elle avec un sourire.

-Enchanté.

-Allez, rentre, l'invita Temari en ouvrant la porte.

Kiba déglutit et entra dans l'appartement de Ino Yanamaka et de Temari No Sabaku. Il ne la vit pas en entrant, mais observa son salon et la cuisine juxtaposée. Un homme brun d'environ le même âge que lui, était affalé dans le canapé en train de zapper toutes les chaînes de télévision. Aucun programme ne le satisfaisait apparemment. Avec une pointe de jalousie mordante, Kiba se demandait qui était cet homme pour Ino.

Le salon était décoré de façon plutôt moderne, tout en restant simple et dans les tons colorés. Il y avait quelques tableaux représentant des paysages étrangers, et une ou deux photos étaient encadrées sur le comptoir de la cuisine. Il y distinguait Ino, Temari, la petite brune qui était avec Naruto: Hinata, une autre brune aux cheveux coiffés en macarons et une jolie jeune femme aux cheveux roses.

-Kiba, voilà mon frère Kankurô. Kankurô, voilà Kiba, c'est lui qui va dresser l'adorable petit chiot que tu tiens sur tes genoux.

Comme pour confirmer sa présence à Temari, Scrumchy jappa sur les genoux du beau brun.

-Yo Kiba, le salua Kankurô sans se retourner.

-Yo, répondit Kiba, en dissimulant une moue de mécontentement.

-INOOOOOOOOOO, TON MEC EST ARRIVE! Gueula Temari, tout en faisant signe à Kiba de faire comme chez lui, et elle partit dans sa chambre.

Kiba se surprit à rougir. Ton mec? Non mais. C'est pas qu'il aimerait pas, mais ça lui faisait bizarre.

-T'es le mec à Ino? Demanda Kankurô en se retournant du canapé.

-Ahem non, pas vraiment, bafouilla Kiba, en se penchant sur Scrumchy qui était venu agripper son pantalon.

Un léger bruit venant d'une des pièces juxtaposées que Kiba supposait comme une chambre le fit se retourner. Et là, il vit Ino. Elle était sublime dans son jogging un peu rapiécé, qui lui tombait sur les hanches, et son tee-shirt jaune Bob l'éponge, qui dévoilait un morceau de son ventre plat. C'était pas une tenue très appropriée pour sortir, plutôt pour rester chez soi tranquillement. Elle n'avait ni maquillage, ni bijoux, ni fantaisies quelconques, et Kiba sentait qu'il suffirait d'un mot d'elle pour le faire tomber irrémédiablement amoureux d'elle. Un concept qui ne l'avait jamais traversé tout au long de sa vie.

-Salut Ino, murmura Kiba.

-Salut Kiba, répondit Ino avec un sourire.

Kiba se morigéna mentalement: comment avait-il pu croire qu'il pourrait l'oublier? Comment avait-il pu se convaincre que Ino resterait à tout jamais une simple partie de jambes en l'air qui avait duré une semaine?

« J'suis foutu. »


Chapitre onzième terminé avec environ 8000 mots! :o J'suis scotchée, jamais écrit autant quoi. '' Mais bon, j'en suis bien contente :D

Bon j'ai quelques petites choses à vous demander:

Est-ce que l'enlèvement d'Hikari, et tout simplement l'existence d'Hikari est-elle une bonne chose?

J'veux pas dériver dans le policier dans tout ça, mais c'est le seul lien que j'ai trouvé pour pouvoir faire entrer Itachi et l'Akastuki en scène. Sérieusement, que serait une fiction sur Naruto sans Itachi et l'Akastuki? :p On va mettre quelques petites chose au point aussi: Orochimaru est mort, Itachi a été enlevé à ses quinze ans par l'Akastuki, on sait pas si il est devenu bon ou méchant, on n'en sait rien (enfin vous n'en savez rien :p), Sasuke veut toujours retrouver son frère et justement, le fait qu'il va aider Jiraiya pour son gosse montre bien qu'il veut surtout chercher enfin son frère. (enfin il le fait mais il peut pas complètement parce que Konoha le lui a interdit.)

Ankô et Kakashi, ça vous paraît naturel? Oo J'trouve ça légèrement bizarre, mais les sentiments d'Ankô sur l'amour sont plutôt réalistes pour ma part, parce que c'est ce que je ressens. L'Amour ne dure pas, pour moi. Donc, vous verrez bien dans quel sens cet avis va influencer la fin de cette fiction :D

Tsunade dans ce chapitre est malheureuse et déboussolée. Je la trouve pas du tout OOC pour ceux qui s'interrogeraient. Rappelez-vous les épisodes de Tsunade face à du sang. Et beh là, c'est un peu comme ça. :) V'là v'là.

Un léger Sasuke/Sakura, pour faire rencontrer Sakura et Naruto, et exploiter légèrement cette relation. Je veux faire en sorte qu'ils s'entendent un peu comme le manga, qu'ils s'apprécient et que Sakura le frappe. XD (ON RESTE DANS LE NARU/HINA hein :p) Vous m'en voulez de pas faire plus de Sasuke/Sakura? ^^ Ne vous inquiétez pas, ça arrive, ça arrive. On ne peut décemment pas le faire tomber amoureux l'un de l'autre comme ça hein! :o :p (Et puis, Sakura va d'abord s'intéresser à son physique bien entendu avant de le connaître mieux, un peu comme le manga. :p)

Temari & Shikamaru, ça peut aller? :) Le résumé du déjeuner avec peut-être quelques flash-backs seront racontés dans la soirée entre filles, ainsi que le dimanche d'Hinata avec Naruto sur le Chemin de la Liberté. Quant à Tenten, elle s'exprimera que très peu sur le sujet et Sakura j'en sais rien, j'verrais bien.

Et v'là, c'est tout. :D

J'espère que vous avez apprécié ce chapitre. Et si les avis sont plus négatifs que positifs pour Hikari, je ferais en sorte de remanier ce chapitre totalement et de trouver une autre piste pour Itachi et l'Akastuki. :)

A la revoyure! ! :) & en espérant recevoir quelques commentaires tout d'même *yeux de chat potté*

Valouw.

REMERCIEMENTS:

Merci à Llyza j'suis contente que ça te plaise, Baka Babacool merci du com', tu n'attendras pas beaucoup d'temps avant l'émergence de ces deux couples :p, AkuriAtsuki merci de ton com' qui me fait très plaisir :), Hanahi-chan, thanks pour ta review' ;D Neji est un protecteur c'est sûr :p & j'adore aussi le morceau de pain de Tenten ;D, Usagi-chan524 ta review' m'a fait très plaisir et je suis contente que ma fiction t'ai conquis. :D