Je sais qu'il y a beaucoup d'écart entre deux chapitres. Mais bon, personnellement, je ne me sens pas coupable, alors ça va.

Le chapitre 4 est presque rédigé. Merci des commentaires !


- Kanda ! On y va !

« C'pas trop tôt », pensa le brun en suivant Lenalee, les bras chargés de paquets.

- Où est Krory ? demanda la jeune fille.

Kanda ne lui répondit pas et se contenta de désigner d'un coup de tête une masse informe soulevant une cinquantaine de sacs derrière lui.

- Ah. Krory, dépêche-toi ! cria la jeune fille.

« Se foutrait-elle de notre gueule ? »


- Kanda ? Je peux te parler cinq minutes ? fit une petite voix, se glissant par l'entrebâillement de la porte.

- Non, répondit le brun, feuilletant un livre allongé sur son lit.

Il entendit la porte se refermer, et leva les yeux de son livre pour tourner son regard vers la forme nouvellement entrée. Lenalee était contre la porte, les joues rosies et l'air gêné.

- Heureusement que j'ai dit « non ».

- Je te dérange ? demanda la jeune fille.

- Devine. Bon, dépêche-toi.

L'adolescente lui sourit avant de dire :

- Aujourd'hui, à Verden… Je suis tombée amoureuse.

« Tiens, rien que ça ? » pensa le brun en levant un sourcil.

- Ecoute, il est ma-gni-fique, ajouta son amie.

- Ah.

- Malheureusement…

Il le sentait mal, le coup là.

- Il est bien trop cher ! chouina Lenalee.

- Hein ? fit Kanda.

- Je te jure ! Ce corset était su-bli-mi-ssime. Je suis sûre qu'il m'irait trop bien !

- En gros : « Kandaaa, tu me l'achèèètes ? », dit dudit Kanda en imitant une voix haut perchée.

Lenalee hocha la tête avec un grand sourire.

- Même pas en rêve, répondit le Kendôka en se replongeant dans sa lecture.

- Kanda, t'es méchant ! cria Lenalee.

- On me le dit souvent.

La jeune fille grommela devant le refus de son meilleur ami, et sorti de la chambre en caricaturant Kanda.

- Tss… C'est bien un truc de fille ou de gay de tomber amoureux de fringues.

Il referma à nouveau son livre et le jeta derrière lui, visant sa table de chevet. En entendant un gros bruit, il grogna de mécontentement. Encore à côté…

Il soupira et se leva de son lit, avant d'ouvrir sa baie vitrée et de se glisser sur son balcon. Il adorait cette terrasse de pavés lisses et blancs, la balustrade en marbre veiné et la vue imprenable sur les jardins du cloître et des rues de la ville, et surtout le fait qu'il puisse voir la Lune tous les soirs. L'astre, vu de son balcon, était d'une beauté enivrante qui n'existait qu'ici ; même de sa chambre, chez lui, où il rentrait chaque fin de semaine, la Lune paressait terne et pâle. L'astre était majestueux comme nulle part ailleurs, il en était persuadé.

L'isolement de l'endroit lui donnait encore plus de charme ; ici il pouvait être sûr de n'être dérangé par personne.

Il porta son regard vers les rues de la ville d'Eden, au-delà des jardins du cloître. Les rues, symétriques, propres et perpendiculairement agencées le firent sourire ; il aimait cette disposition, propre et claire, loin des rues toutes de travers et bourrées de trous de ces ordures de démons ; du moins, il pensait qu'elles étaient ainsi, après tout il n'avait jamais posé le pied dans leur territoire –et il n'avait vraiment aucune envie de le faire. Après tout, les démons n'étaient que des bêtes sauvages et sanguinaires ne méritant pas de vivre, se contentant d'enrôler des esprits dans leurs rangs avec leurs menaces et de tuer des anges, quand ils en croisaient. Tous différents, physiquement, informes et disproportionnés, mais au fond, ils ont tous la même rage et envie de tuer, les rares ayant une once de talent côtoyant les déchets et incapables.

Ce n'était pas quelque chose que l'ont retrouvait ici, dans les rues propres du Vatican. Seuls les plus doués avaient une chance de rentrer au couvent, afin d'être dispensé du meilleur entraînement, des meilleurs professeurs. Et lui, il était le meilleur parmi ces meilleurs. L'élite de l'élite. Le fleuron du fleuron. Il était Yû Kanda, jeune héritier du clan Kanda, et il se promettait de rester le meilleur afin d'exterminer jusqu'au dernier tous ces déchets.

Car il y avait bien une chose au monde que Kanda haïssait : c'était les démons.


- Kanda ? Kanda ?

- Quoooi ?, cracha ce dernier, en se frottant les yeux.

- Tu es demandé dans dix minutes, répondit l'autre qui se trouvait être Krory.

Yû soupira et se tourna vers Krory, avec sa tête de mal réveillé.

- Juste comme ça… comment t'es rentré ?

Son ami le regarda bizarrement avant de répondre :

- Bah… Par la porte.

- Et… Elle n'était pas fermée ?

- Nan, grande ouverte, fit le plus âgé en hochant la tête.

- Grande ouverte… Comment ? demanda le kendôka, appréhendant la réponse.

Krory ne répondit pas et se contenta de montrer du doigt la porte de la chambre de Kanda, défoncée au pied de biche. Et dans le couloir, il y avait une dizaine de filles qui se battaient pour le voir.

- C'était comme ça quand je suis arrivé, dit simplement Krory.

- Putaiiin… Ca fait trois fois qu'elles forcent ma porte ce mois-ci.

- Faudrait que tu penses à t'amochir, ça les fera peut-être partir, proposa Krory, avant de partir rapidement sous le regard meurtrier du brun.

Le brun en question se leva, prit son katana sur sa table de chevet, et tourna son regard vers les filles dans le couloir. La plupart d'entres elles glapirent, puis, les groupies partirent toutes, laissant Kanda remettre la porte en place en chantonnant gaiement.

- Un jour je leur arracherai les yeux, je leur brûlerai la peau, je leur dissoudrai les ch'veux…

Ah, y'a pas à dire, il adorait cette chanson. Spécialement inventée par lui. Qu'est-ce qu'il était créatif ! De quoi rendre jaloux la plus grande superstar du moment. Ou pas.


Lenalee ajusta son tablier blanc froncé sur sa jupe noire, avant de nouer son bandeau dans ses cheveux. Ceci étant fait, elle referma la porte de son immense armoire remplie de shorts, jupes, jeans, corsets, robes, tops, cravates, gants et bandeaux en tous genres. Mais la mode était aux maids, alors elle était une maid ! Si cet hiver, tout le monde mettait des maillots de bain, elle en mettrait aussi. C'est la base de la fashion victim, non ? Suivre la mode, quoi qu'il en coûte.

La jeune fille resserra son corset et refit le nœud de son tablier, digne d'un obi de kimono. Elle se dirigea ensuite vers l'armoire d'à côté et l'ouvrit, laissant tomber une marée de chaussures toutes aussi différentes les unes que les autres. La brune en sortit fièrement une paire de babies compensées, puis prit un sac et le jeta sur son lit. Elle le fera quand elle saurait combien de temps durerait sa mission.

Elle sortit enfin de sa chambre, souriant à Kanda qui l'attendait patiemment depuis toute à l'heure.

- C'est bon !

- C'est pas trop tôt.

Il se dirigea d'un pas lent dans le couloir, suivit de la jeune fille.

- Bak va encore faire une crise d'amoureux transi en te voyant.

- Arrête de dire des bêtises…

Ils s'arrêtèrent devant une porte massive, avec un petit écriteau où il était écrit : « Sous-directeur/Bak Chan ». Kanda ouvrit la porte et alla se mettre devant le bureau où était assit un jeune homme blond d'une vingtaine d'années, toujours suivi par Lenalee.

- Ma Lena…

Bak s'arrêta net en voyant Kanda visiblement pressé et que, de toute façon, Lenalee ne percutait pas –comme d'habitude si je puis dire.

- Bien, fit le blond en tentant de reprendre contenance.

- Mission ? demanda le brun.

Bak ne lui répondit que par un grand sourire. Et galère, et merde, oh merde.


- J'étais pourtant persuadé que ce genre de mission se devait de rester neutre.

- Ils ont dû engager des déchets. Ou alors, c'est illégal.

- Déchet, déchet, tout de suite les grands mots…

- Gna gna gna gnagna…

- Après tout, la plupart de ces « déchets » étaient eux aussi des esprits, comme toi et moi…

- Je n'étais pas un esprit.

- Ouais, bon, tu m'as compris. Bon c'est pas tout, mais on arrive !

Ils se stoppèrent devant un bâtiment à l'allure étrange, en pierre jaune –sûrement du calcaire- placé sous une des racines de l'immense arbre trônant au centre de Verden. Immense, on peut le dire. Il devait faire près d'un kilomètre de haut, voire plus. Ou moins, mais que c'est le fait d'être juste dessous qui en donnait l'illusion.

La bâtisse devait quant à elle atteindre les dix mètres de haut, les racines se mêlant aux pierres de la façade, et il y avait de grandes marches de calcaire pour parvenir à une porte monumentale et… étrange. En effet, elle était composée de la même pierre que le reste du bâtiment, et veinée des mêmes racines, mais il y avait de très réalistes gravures de têtes d'anges, d'esprits et de démons. Arrivés devant la porte, un des deux posa sa main sur une des têtes, celle d'un esprit ressemblant à un cochon. Pour l'entendre hurler et couiner.

- Gouiiiiik ! Gouiiiik !

- Aaaaah !

La tête bougeait se débattait, les yeux de pierres s'étaient ouverts pour laisser place à de véritables yeux, le cochon gueulait encore de plus en plus, réveillant par la même occasion les autres têtes qui se mirent à hurler elles aussi.

- Putain, on fait quoi là ?

- J'en sais rien ! Essaie voir des les calmer ! Chante une chanson, attaque tout ce qui bouge, suicide-les, j'en sais rien bordel !

La porte s'ouvrit à la volée devant les deux pauvres arrivants se débattant en se bouchant (difficilement) les oreilles, laissant place à un vieil esprit à la barbe traînant au sol.

- Vous avez sonné à la porte ?

« C'est ça… la sonnette ? »

Deux ombres apparurent derrière le petit esprit, et une d'elle dit :

- Un problème, monsieur ?

- Je ne crois pas. Mais je vous présente ceux qui réaliseront cette mission à vos côtés…

Les deux nouveaux arrivants, encore le cul par terre, regardèrent plus attentivement ceux qui se trouvaient à l'intérieur.

Et galère, et merde, oh merde.


Si quelqu'un décide quand même de râler pour le retard, c'est très simple. Adressez vous à minouchemi, parce que moi, je fais le putain d'effort de la bouger pour taper, et elle elle se contente de jouer les martyrs alors ça me booste pas.

Pleure pas, senpai, tu sais à quel point j'aime t'accuser. Je suis toujours à la recherche d'un béta~