Bring me to the light

Chapitre V : Nuits de cauchemars…

Auteur : Shizuka Kurai

Genre : shônen ai, darkfic

Série : Gravitation

Pairing : Yuki Eiri X Shindô Shûichi

Disclaimer : Persos de Maki Murakami

Commentaires : Sumimasen minna-san !!! En ce moment je suis un peu (beaucoup) occupée, et j'ai pas beaucoup de temps pour écrire. Je m'en excuse, mais je fais de mon mieux pour avancer un peu. Pour les personnes que ça intéresse, je me suis fait un blog consacré au Yaoi, et si voulez l'adresse, allez voir sur mon profil d'auteur. Bon allez, je vous laisse à votre lecture, car je sais que vous êtes impatient(e)s (mais pourquoi je mets le « e » entre parenthèses moi ? Alors que je sais pertinemment que tous mes lecteurs sont… des lectrices… Héhéhé… hum…). Bon lisez-bien !!!

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Résumé du chapitre précédent : Shuichi est revenu chez Yuki mais il reste très fatigué. Et il n'arrête pas de penser à l'accident et à ce fameux baiser…

(Note : toutes les dates sont prises en fonction de l'année 2007)

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Chapitre V : Nuits de cauchemars

Tout était noir autour de lui. Le jeune garçon à la chevelure rose errait dans un océan de ténèbres. Il avait peur. Il ne savait pas pourquoi, mais une crainte sourde lui nouait l'estomac. Il regardait frénétiquement autour de lui, mais il n'y avait rien. Le vide absolu, dans l'obscurité la plus totale…

Soudain, une immense lumière jaillit de nulle part, obligeant l'adolescent à fermer les yeux. Quand il les rouvrit, il découvrit qu'une route était apparue sous ses pieds. Tout ce qu'il se voyait, c'était lui-même, et cette étrange route. Plutôt que de rester sans bouger, le chanteur commença à suivre la voix goudronnée. Mais à mesure qu'il avançait, sans apercevoir de fin à ce chemin, son pressentiment grandissait…

Un rire derrière lui le fit soudain l'arrêta net. Il se retourna vivement, et aperçut une… non… deux silhouettes qui l'observaient du bord de la route. Deux hommes blonds… Yuki… accompagné de… Tôma ? Shuichi était stupéfait de les voir… et surtout si près l'un de l'autre… Le président était littéralement collé à l'écrivain, étreignant son bras comme s'il ne voulait pas le laisser s'échapper. Le visage impassible du romancier contrastait avec l'expression narquoise de l'ex-pianiste.

Le sourire cruel que lui adressa le PDG glaça le chanteur jusqu'aux os. Pétrifié sur place, Shuichi frissonna de peur. L'hostilité du président était à cet instant plus qu'évidente, presque palpable. Et Yuki, lui, ne réagissait pas, comme si le sort du musicien l'indifférait totalement. Prenant son courage à deux mains, l'adolescent avala sa salive et leva la jambe pour aller rejoindre les deux blonds… mais s'aperçut qu'il en était incapable. Le goudron semblait avoir brusquement fondu, et ses pieds s'y étaient englués, l'empêchant de faire le moindre mouvement. L'artiste leva les yeux vers les deux adultes et s'écria :

_ « Yuki ? Je comprends pas ce qui se passe là ! Qu'est-ce tu fais avec Seguchi-san ? Et puis pourquoi je peux plus bouger ? Viens m'aider, onegai shimasu ! »

Shuichi n'eut pour toute réponse que le rire sarcastique du pianiste. Le romancier, quant à lui, ne réagit pas plus que quelques minutes auparavant et se contenta de prendre une cigarette dans la poche de sa veste avant de l'allumer.

_ « Eiri-san est à moi, Shindô-kun… Vous n'avez rien à faire avec lui… fit Tôma d'une voix doucereuse. Et je veillerai à ce que vous ne l'approchiez plus jamais… »

Sur ce, le président son regard vers l'horizon lointain où un bourdonnement sourd se fit entendre. Puis le bourdonnement se fit vrombissement, et un bolide s'approchant à grande vitesse apparut au bout de la route. Fonçant droit sur Shuichi ! Le chanteur, horrifié, se retourna vers les deux blonds et demanda à son amant de l'aider.

Mais l'artiste eut beau le supplier, celui-ci demeurait de glace et continuait à fumer nonchalamment sa cigarette en paraissant étranger aux événements autour de lui. La voiture s'approchait de plus en plus. Quand elle fut sur le point de le percuter, Shuichi hurla…

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_ « !!! »

_ « KUSO ! » jura l'écrivain qui, de saisissement à ce cri, avait fermer le dossier de son texte sur l'ordi.

Heureusement pour lui, le blond avait sauvegardé son travail quelques minutes auparavant. Il ne perdrait que quelques modifications mineures dont il pourrait facilement se rappeler. Par contre, le hurlement qu'il venait d'entendre l'inquiétait bien davantage. Laissant son PC en plan, il se précipita vers la chambre.

Shuichi était assis au bord du lit, une jambe pendant dans le vide, l'autre repliée contre lui et sur laquelle il appuyait sa tête. Il tremblait et sa respiration était haletante. Quand Yuki s'assit à côté de lui sur le rebord du matelas, l'artiste leva la tête.

_ « Yuki ! » s'exclama-t-il, encore un peu déboussolé par son cauchemar.

_ « Tout va bien ? » demanda le romancier d'un ton légèrement angoissé.

_ « Oui… Ça va… le rassura le musicien avec un léger sourire. J'aurais pas dû lire ce manga d'extra-terrestres hier soir… J'ai fait un de ces cauchemars ! Horrible ! Y avait des Kumagoros mutants géants avec des dents pointues et qui lançaient des rayons lasers avec les yeux et… »

_ « J'ai pas besoin des détails, baka ! le coupa le blond en l'attirant à lui pour le bercer. C'est fini maintenant… »

Yuki avait compris à la voix tremblante de l'adolescent qu'il mentait. Il n'avait certainement pas dû rêvé d'extra-terrestres bizarres envahissant la Terre, mais plutôt de son accident. En tout cas, il avait de l'imagination, à défaut de talents d'acteur. L'écrivain aurait aimé que son amant lui parle de son cauchemar, mais Shuichi ne semblait pas disposé à dire quoi que ce soit. Celui-ci essayait plutôt de retenir ses larmes pour ne pas inquiéter le blond, et Eiri l'entendait hoqueter discrètement de temps à autre. Finalement, le chanteur se força au calme, et s'écartant de son compagnon, il fit :

_ « Waouh ! Merci pour le câlin ! C'est rare que tu aie des élans de gentillesse aussi spontanés ! Et sans que je te le demande en plus. »

_ « Je suis pas un bloc de glace, quand même, répliqua un peu sèchement Eiri, vexé. Même si ça m'arrive pas souvent, je sais me montrer tendre avec… celui que j'aime… »

Il attira le visage de Shuichi d'une main et l'embrassa passionnément. Surpris au plus haut point, le chanteur resta sans réaction jusqu'à ce que son compagnon quitte la chambre en lui disant :

_ « Attends. Je vais éteindre mon ordi et je viens dormir avec toi. Comme ça, tu ne feras peut-être plus de cauchemars. »

Quand l'artiste se retrouva seul, toute sa tenson retomba d'un coup, et des larmes glissèrent silencieusement sur ses joues. Tant que Yuki avait été là, le musicien s'était efforcé de se montrer enjoué, à part durant ce petit moment où l'écrivain le serrait contre lui. Mais maintenant, le souvenir de son cauchemar lui revenait en force, et il ne pouvait plus retenir ses larmes. Il n'avait pas pu parler de son rêve à Yuki : Tôma commanditant son meurtre… Ce n'était pas une chose aisée à avouer. Et surtout, il y avait eu la froideur, l'indifférence même du romancier dans ce cauchemar… Shuichi en était encore tout retourné.

Bien sûr, le président n'était pour rien dans son accident, et il était même passé la veille à l'hôpital pour prendre de ses nouvelles, peu avant l'arrivée de Yuki. Mais le chanteur restait persuadé que ça aurait bien arrangé l'ex-pianiste qu'il meurt dans cet accident. Depuis sa rencontre avec Yuki, Seguchi cherchait sans cesse à l'éloigner de l'écrivain, prétendant qu'il ne lui apportait rien de bon. Pourtant, tout ce que l'artiste s'efforçait de faire, était de donner tout son amour et son affection à Yuki, ainsi que son soutien. L'adolescent voulait juste faire oublier son passé au romancier, ou tout au moins l'aider à mieux le supporter.

Seulement, après ce baiser qu'il avait surpris l'autre jour entre les deux blonds, il était persuadé en son for intérieur que ce n'était pas de lui dont Yuki avait besoin, et cela même si ça lui faisait mal de l'admettre. Yuki aimait Tôma, et Shuichi n'était qu'un palliatif au président pour l'écrivain. Mais finalement, en y réfléchissant bien, ça ne gênait pas le chanteur d'être le jouet d'Eiri. Tant que celui-ci ne le chassait pas de sa vie, tant que Shuichi pouvait continuer à le voir, et même si Yuki ne l'aimait pas, l'artiste était heureux de pouvoir simplement rester près de lui. Le chanteur ne pouvait pas se passer de la présence du blond.

En entendant, la porte du bureau se refermer, l'artiste essuya vivement ses larmes, et retourna s'installer sous les couvertures. Dès qu'il arriva dans la chambre, Yuki vint s'installer à gauche de Shuichi (alors que d'habitude il se mettait du côté droit du lit), pour permettre au chanteur de venir se serrer contre lui sans être gêné par son bras droit plâtré. L'adolescent ne se le fit pas répéter deux fois, et vint se blottir dans les bras de son amant où il s'endormit aussitôt.

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Environ deux heures plus tard…

Shuichi se réveilla en sursaut. Malgré la présence de Yuki, il venait à nouveau de faire un mauvais rêve. Le chanteur grimaça en ramenant à lui son bras cassé, sur lequel il s'était appuyé par mégarde, puis il observa un instant son compagnon endormi. La chaleur du blond le rassurait, mais il n'arrivait à chasser son cauchemar de son esprit. Le même que quelques heures auparavant, à quelques différences près. Cette fois-ci, Shuichi avait pu approcher le romancier, mais Tôma l'avait violemment repoussé vers la route, juste sous les roues de la voiture qui arrivait à plein gaz. L'adolescent s'était réveillé à l'instant où le véhicule allait le heurter. Repensant à son rêve, puis au baiser volé l'autre jour, le chanteur ne supporta brusquement plus de se trouver dans cette chambre, dans ce lit où bien plus qu'un simple baiser aurait pu, ou même s'était peut-être déroulé… L'artiste se leva en prenant garde de ne pas réveiller Yuki, puis emportant une couverture et un oreiller, il alla s'installer sur le canapé et alluma la télé pour s'aider à s'endormir…

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Lundi 22 janvier

Le lendemain matin, Eiri constata en se réveillant qu'il était seul dans le grand lit de sa chambre. Il se leva, attrapa sa robe de chambre, et alla voir où était Shuichi. En sortant de la chambre, il entendit comme des vrombissements de moteur semblant venir du salon. « Il va m'entendre celui-là, à regarder la télé à 6 heures du mat' au lieu de se reposer… » pesta-t-il en s'engageant dans le couloir. Le hurlement déchirant du chanteur le figea soudain sur place, avant qu'il ne rejoigne le salon au pas de course. L'artiste fixait les images défilant sur l'écran en face de lui, l'air complètement terrifié. Quand l'écrivain posa une main sur son épaule, le musicien le repoussa violemment en criant :

_ « NOOON !!! NE ME TUE PAS !!! »

_ « Héé là ! Calme-toi ! Personne ne veut te tuer ici ! » répliqua Yuki en essayant d'empêcher Shuichi de se débattre.

_ « NE ME TUE PAS, ONEGAI SHIMASU ! suppliait Shuichi. DAISUKI YO, EIRI !!! »

Comme le chanteur n'avait pas l'air de se calmer, le romancier l'attira brusquement à lui et le serra dans ses bras. Un peu déboussolé, Shuichi s'immobilisa aussitôt puis craqua d'un seul coup.

_ « Eiri… » gémit-il en éclatant en sanglots.

_ « C'est fini, tu as seulement fait un mauvais rêve… » essaya de le rassurer le romancier en resserrant son étreinte.

Yuki laissa pleurer le chanteur jusqu'à ce qu'il s'apaise, ce qui prit une bonne demi-heure. L'écrivain s'assit alors sur l'autre banquette, installa Shuichi sur ses genoux et lui tendit le mouchoir qu'il avait dans la poche. L'adolescent se moucha bruyamment et essuya son visage ravagé par les larmes.

_ « Parle-moi de ces cauchemars que tu n'arrêtes pas de faire depuis ton accident… » demanda le blond de but en blanc.

_ « Qu…Quoi ? De… de quoi tu parles ? » balbutia l'artiste en éludant la question.

_ « Le médecin m'a dit que tu faisais des cauchemars toutes les nuits à l'hôpital. Et visiblement, ça n'a pas l'air de s'arranger depuis ton retour ici. Alors je voudrais que tu me parles de tes rêves. Et puis pourquoi tout à l'heure, tu m'as supplié de ne pas te tuer ? Je ne t'ai encore jamais menacé de mort, que je sache. »

_ « …Heu… je disais ça parce que… je faisais un cauchemar et… et je t'ai pas reconnu tout de suite, alors je t'ai confondu avec le monstre de mon rêve et… »

_ « Cesse de dire des sottises, le coupa Yuki. Tu m'as parfaitement reconnu, tu m'as appelé Eiri. »

_ « Heu… je… »

_ « De quoi rêves-tu ? insista le blond. De l'accident ? »

_ « Hein ? s'étonna Shuichi, surpris que l'écrivain tombe juste. Heu… haï… »

_ « T'as pas l'air convaincu… »

_ « Si si c'est ça ! »

_ « Y se passe quoi dans ton rêve ? » le questionna Yuki, comprenant que le chanteur ne lui disait pas tout.

_ « Rien ! mentit l'artiste. Y a… y a juste la voiture qui le fonce dessus et c'est tout… »

_ « Dis-moi ce qu'il y a avant que je me fâche ! »

_ « Ri… rien… » bredouilla le gamin, le ton sec de Yuki lui faisant revenir les larmes aux yeux.

_ « Arrête de pleurer, baka… fit plus doucement le romancier en essuyant les yeux de son amant. Je voulais juste savoir ce qui t'effrayait tant dans ton rêve, pas t'engueuler… »

_ « … snif sniiif… Gomen… » renifla l'adolescent.

_ « Mais t'as pas à t'excuser, baka, le gronda gentiment Eiri en l'embrassant sur le front. J'aimerais juste que tu m'expliques un peu. »

_ « Je… je peux pas… se remit à pleurnicher le musicien. Tu vas te mettre en colère… »

_ « Je te promets que je ne me fâcherai pas, fit le blond d'une voix légèrement crispée, plus énervé par l'obstination de Shuichi à se taire que par ses larmes. Alors raconte-moi… »

_ « …naaan… » souffla l'artiste en enfouissant son visage dans le mouchoir.

_ « Onegai shimasu… » insista doucement Yuki en obligeant le chanteur à relever la tête.

Le regard de Shuichi croisa celui du blond, où se lisait inquiétude et angoisse. Après de longues minutes d'indécision, le chanteur céda.

_ « Ben… commença-t-il d'une voix incertaine. C'est bien de l'accident que je rêve, mais… »

_ « mais ? » insista Eiri devant le silence de l'adolescent.

_ « Ça se passe pas tout à fait comme en vrai… »

_ « Huh ? Comment ça ? »

_ « Ben au début, y fait tout noir et tout d'un coup y a une grande lumière, et une route apparaît, et je me retrouve en plein milieu. Et puis tu apparais et… »

Shuichi s'arrêta un instant, ravala ses larmes, et se força à continuer.

_ « Y a Seguchi-san avec toi… »

L'artiste marqua un nouveau silence, attendant la réaction de Yuki.

_ « Hé ben quoi ? l'interrogea le blond. Qu'est-ce que ça fait que Seguchi soit là ? »

_ « C'est… je… Seguchi-san… il… » balbutia Shuichi, sa voix s'étranglant dans un sanglot.

_ « Qu'est-ce qu'il fait ? »

_ « Il… snif… Il… »

Shuichi se remit à pleurer et il n'arrivait plus à aligner deux mots.

_ « Chuuuut… Calme-toi… le cajola Yuki. Que fait Seguchi dans ton rêve ? »

L'adolescent leva ses yeux embués de larmes vers le blond et gémit :

_ « Il… il essaie de me tuer ! »

Les pleurs de Shuichi redoublèrent brusquement, au grand dam de l'écrivain. Celui-ci voulut l'interroger là-dessus, mais l'artiste le devança en s'écriant :

_ « IL ESSAIE DE ME TUER ! Il… Il te serre dans ses bras en disant que tu es à lui, et après… après il fait signe à une voiture de me foncer dessus et… et… et… »

_ « Et quoi ? »

_ « ET C'EST TOI QUI M'A POUSSÉ SOUS LES ROUES DE LA VOITURE ! »

Cette fois-ci, les sanglots du chanteur se firent cris de douleur et de désespoir. Yuki frissonna en étreignant plus fort son amant. Pourquoi ce que Shuichi venait de lui dire, lui faisait penser à son viol ? Et bien qu'au fond de lui, il savait pourquoi, il n'osait pas se l'avouer. Par ce baiser échangé avec Tôma, Shuichi s'était senti trahi. Et dans son rêve, cela s'était traduit pas Yuki le poussant sous les roues de la voiture. Trahi… L'amère complainte de ce mot résonnait dans le cœur de l'écrivain comme un écho déchirant et sinistre. Trahi…

_ « Pourquoi…? POURQUOI YUKI ??? se lamentait l'artiste contre lui. J'aurais compris si tu m'avais avouer que tu aimais Seguchi-san, et que tu m'avais permis de rester juste avec moi-même sans m'aimer. Mais pourquoi t'as voulu me tuer ? »

_ « Shuichi, calme-toi… essayait de l'apaiser le blond. J'ai jamais voulu te tuer. C'était juste dans ton rêve tout ça… »

_ « Et ce baiser alors, c'était un rêve ça aussi ? s'écria soudain Shuichi en repoussant l'écrivain. Vous vous aimez, Tôma et toi, je le sais ! Et tout ce que vous voulez, c'est vous débarrasser de moi ! »

_ « Ne dis pas de conneries ! On n'a jamais voulu faire ça ! Te tu fais des films de plus en plus abracadabrants là ! » s'emporta le romancier.

_ « SI C'EST VRAI ! s'écria l'artiste en larmes. Vous voulez me tuer tous les deux ! VOUS VOULEZ ME TUER ! »

BLAF !!!

_ « … » se tut soudain l'adolescent qui venait de se recevoir une baffe.

_ « C'est bon ? T'es calmé maintenant ? » demanda le blond sur un ton exaspéré.

L'artiste avait baissé la tête en silence, des larmes ruisselant toujours sur ses joues.

_ « Shuichi… Ce n'était qu'un rêve tout ça… » fit doucement Eiri en caressant les cheveux les mèches fuchsia.

_ « …Alors… pourquoi…? Pourquoi tu me montres pas que tu m'aimes ? »

Le regard suppliant du musicien coupa toute voix au romancier. Yuki déglutit lentement, indécis. Pourtant, malgré ses hésitations, il lança :

_ « Mais… Ai shiteru… » murmura-t-il avant de poser ses lèvres sur celles de l'adolescent.

Constatant que celui-ci ne le repoussait pas, Yuki approfondit peu à peu le baiser. Puis, tout en continuant à l'embrasser, le blond fit se rallonger son amant. Quand l'écrivain se redressa, il s'aperçut que Shuichi s'était rendormi. Il le souleva doucement pour le ramener dans la chambre, et après l'avoir couché, il alla se chercher une chaise et un livre avant de revenir s'installer près du lit.

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Quelques heures plus tard…

_ « Huum… »

_ « Shuichi ? »

Le chanteur tourna la tête vers la voix en se frottant en les yeux.

_ « Huum… ? Nyuki ? »

_ « Ça va mieux ? » demanda l'écrivain d'une voix douce en refermant son livre.

_ « Hmmm… Mouais… » grogna l'artiste, pas encore tout à fait réveillé.

_ « Tu veux manger quelque chose ? »

_ « Bof, non… J'ai pas très faim… » fit le rose.

_ « Bon, tu mangeras ce soir alors… Ça va aller maintenant, ou tu veux je reste un peu ? »

_ « Non, c'est bon… Je me suis calmé là… »

_ « Bon, je vais te laisser te reposer alors. »

_ « Yuki, je… Gomen nasai… Je m'excuse pour ce matin… »

_ « C'est rien, ne t'en fais pas… Contente-toi de dormir sans te préoccuper du reste. Dors bien.»

L'écrivain allait se lever quand le chanteur l'interpella.

_ « Eiri ! »

_ « Hum ? Nanda ? » fit Yuki en se rasseyant, agréablement surpris que l'adolescent l'appelle par son prénom.

_ « Heu… dis… hésita le musicien. Ce matin, quand j'étais dans le salon, j'ai… j'ai rêvé ou tu m'as dit… ai shiteru ? »

_ « Tsss… » se contenta de sourire le blond avant d'embrasser l'artiste.

_ « Tu m'as pas répondu ! » s'écria le chanteur en s'écartant brusquement.

_ « … » resta muet l'écrivain, l'air buté.

_ « Alors ? » insista l'adolescent.

_ « Alors tu me fais chier, kuso no ko… ronchonna l'écrivain. Tu crois que ce genre de choses se dit sur commande ? »

_ « Moi je peux bien ! se récria le musicien. Je te le dis même tout le temps d'abord ! »

_ « Hé bien moi , je ne peux pas ! »

Un silence pesant s'étendit soudain dans la chambre. Les yeux emplis de larmes, Shuichi balbutia :

_ « Si… si tu peux pas me le dire, c'est… c'est parce que tu m'aimes pas, c'est ça ? »

_ « … »

_ « Répond-moi ! »

_ « Onegai, Eiri… »

_ « … »

_ « …onegai… »

Voyant que le romancier ne répondait toujours pas, et avait même détourné la tête, le chanteur se jeta brusquement à son cou en sanglotant.

_ « Montre-moi comment tu m'aimes alors, onegai shimasu… » supplia-t-il d'une voix étouffée.

_ « Pfff… soupira l'écrivain en entourant son amant de ses bras. Tu vas me faire encore combien de scènes de ce genre ? »

_ « Qu…quoi ? » s'étonna l'artiste en redressant légèrement la tête.

_ « Je te demande si tu vas me faire encore beaucoup de scènes de jalousie comme celle-là. »

_ « Mais… je… je suis pas jaloux ! » rougit immédiatement l'adolescent.

_ « Vraiment ? ironisa le blond. Alors pourquoi tu me fais toute une histoire avec Tôma, et que tu dis que lui et moi on veut se débarrasser de toi alors que c'est faux ? »

_ « Je suis pas jaloux ! »

_ « Dans ce cas, arrête de pleurer dès que je suis un peu froid. Tu sais bien comment je suis. Et tu sais aussi que c'est pas parce que je te parle un peu sèchement que je ne t'aime pas. »

_ « C'est pas vrai ! Tu mens ! » s'emporta l'artiste en frappant le torse du blond de ses poings.

_ « Arrête de pleurer… fit Yuki en bloquant les poignets de son compagnon. Je n'aime pas te voir pleurer. Et puis si tu continues à dire des âneries, je pourrai plus te le dire… »

_ « Huh ? H…hein ? » se calma peu à peu le chanteur.

_ « Je pourrai pas te dire… ai shiteru… »

Les lèvres de l'écrivain se posèrent sur celles de l'artiste, le faisant gémir. Shuichi se laissa étendre sur le lit, savourant la passion de son amant, et malgré son plâtre qui le gênait, il passa ses bras autour du cou du romancier.

_ « Ai shiteru, Eiri… » murmura l'adolescent lorsque leurs lèvres se séparèrent.

_ « …Ai shiteru, Shuichi… » souffla le blond d'une voix légèrement tremblante, en embrassant à nouveau le musicien.

_ « Eiri… Reste un peu avec moi, onegai… » implora l'artiste en s'accrochant au cou de son amant.

_ « Hai… » acquiesça l'écrivain.

Yuki vint s'allonger aux côtés du musicien, avant de l'enlacer tendrement et de s'endormir avec lui…

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À SUIVRE …

AU PROCHAIN EPISODE : Black out

Commentaires de fin : Yosh ! Ce week-end, j'ai pu recopier le 5e chapitre de BML. Cool ! Vous êtes toutes contentes non ? Ah, je tiens encore à remercier ma okâsan Zardy qui a accepté de m'écrire l'épilogue de Baka Yuki. Arigato, okâsan ! Tu as fait un super travail ! C'était tout kawai !!! Nyeuuuuuh ! Et maintenant, je fais travailler sur mon prochain chapitre ! Mais avec mon talent naturel et mon génie, ça ira tout seul et…

Karla : Pitié mais que quelqu'un l'arrête !

Shizu : Pfff ! T'es jalouse , onee-san, avoue. T'es jalouse que j'ai du succès et pas toi, et que okâsan elle me préfère à toi et qu'elle veut bien écrire un de mes chapitres.

Karla : Franchement je m'en fiche. Vous faites bien ce que vous voulez les folles…

Shizu : Je t'interdis de dire que okâsan est folle ! Elle est rigolote d'abord !

Karla : la plus folle des deux c'est bien toi de toutes manières…

Shizu : Merci ! ^_^

Karla : (mais quelle nouille !) C'était pas un compliment, andouille !

Shizu : Hein ? Nyeuh ! T'es méchante, onee-san !!! T_T

*Shizu court se réfugier chez son tonton*

Shizu *ouvre la porte avec fracas* : Tontoooooooooooooon !!!

Yuki : Oh non ! Pas elle…

Shizu *se jette au cou du blond* : Onee-san elle est méchante avec Shizu !!!

Yuki : t'as qu'à arrêter de la faire chier aussi… bougonne l'écrivain qui avait interrompu sa rédaction à l'arrivée de la gamine.

Shizu : Nyeuuuuh ! Toi aussi, tu l'es méchant avec Shizuuuu ! Je t'aime pluuuus ! OUIIIIIIIIIN !!!

*Shizu s'enfuit en courant*

Yuki, avec un soupir de soulagement : enfin débarrassé…

*dans le couloir, Shizu percute violemment un garçon à la chevelure rose. Tous les deux se retrouvent bras et jambes emmêlés par terre*

Shizu *fond en larmes* : Nyeuuh ! Onii-chan !!! Tonton et onee-san y sont que des méchants!

Shuichi, soudain les yeux en larmes lui aussi : nyeuuh ! Avec toi aussi, Yuki il a été méchant ?

Shizu : wiiiiii !! OUUUUIN !!!

Shuichi : Gyaaaah ! Shizuuuuu !

*les deux mômes se jettent dans les bras l'un de l'autre et fondent en larmes*

Yuki : URUSAI LES GAMINS !!!

Deux volumes de l'Encyclopédie : FYUUUUUUUUUUH !!! BLAM ! BLAM !

Les deux enfants : cui cui cui… *voient des étoiles*

Karla : Heu, dites, Yuki… Vous croyez pas que vous y êtes allé un peu fort là ?

Yuki : j'avais rien de mieux sous la main pour les calmer… *rire sadique*

Karla, un peu effrayé : Bon… hum… hé bien maintenant, je vais commencer à recopier le prochain chapitre de BML en attendant le réveil de Shizu. Allez à bientôt, chères lectrices !

Lexique :

Ai shiteru : Je t'aime

Arigato : merci

Baka / bakamono / bakayarô :imbécile, idiot, crétin, bête, con, abruti, stupide, maladroit

Bishônen : littéralement, les "beaux garçons" ("bi "= beau +"shônen "= jeunes garçons)

Chan/kun/san :Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)

Daisuki yo (suki da yo) : je t'aime (ou « je t'adore », suivant le contexte)

Demo : mais

Gomen / Gomen Nasaï/ Gomen ne : pardon, désolé, excuse(z)-moi

Haï : oui (je le mets pour les baka qui le sauraient pas)

Iie : non (le contraire de « hai » donc… hum… je pense que c'est évident)

Kuso : merde

Kuso no ko : sale gamin$

Minna-san : tous / tout le monde

Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît

Sumimasen : désolé,pardon

Urusaï : Ta gueule, ferme-la, tais-toi

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