Bring me to the light

Chapitre VIII : Loin des yeux, loin du cœur…

Auteur : Shizuka Kurai

Genre : shônen ai, darkfic

Série : Gravitation

Pairing : Yuki Eiri / Shindô Shûichi

Persos :Seguchi Toma, Shindô Maïko, les parents Shindô

Disclaimer : Persos de Maki Murakami

Commentaires : Bon, y a un chtit changement de programme. Le titre a changé, comme vous pouvez le constater, mais la raison en vient du chapitre précédent. Ben en fait, pendant que j'écrivais mon chapitre 7, Yuki n'en a, comme à son habitude, fait qu'à sa tête, et il a planté Shu-chan comme un malpropre à l'hosto, alors que moi au départ, j'avais pas prévu ça du tout…

Le dico : FIIIIIIIIIIIUUUUU ! BLAAM !

Shizu : Itai !!! Non mais ça va pas tonton ???Grrrr !!!

Yuki : Nyark nyark nyark… C'est pas moi, le dico est parti tout seul.

Shizu : Oo Mais bien sûr ! Comme si j'allais te croire !

Yuki : Quoi ? T'en veux un autre ? J'ai même une encyclopédie sous la main… complète…

Shizu : JE LE SAVAIS !!! C'ÉTAIT BIEN TOI !!! ATTENDS UN PEU ! TU VAS VOIR !

(Shizu balance une pluie de crayons de couleurs sur son tonton)

Shizu : Ooooooh ! C'est jouliiiiii ! Ça fait un jouli narc-en-ciel !!!^-^

Yuki : …….sans commentaires…

(Shizu reprend des crayons et recommence. Au même moment Ryuichi arrive avec Shuichi)

Ryu : Oh ça a l'air marrant ton jeu Shizu ! On peut zouer avec Kuma-chan ?

Shizu : Oh oui ! Viens zouer ! Ze zoue à faire l'arc-en-ciel ! Tu vois, on lance les crayons en l'air et ça fait comme un arc-en-ciel !

Ryu : Wouaaaaah ! (fait pareil) C'est zouliiii ! Hahahaha !!! (commence à dessiner un arc-en-ciel sur le mur, et Shizu se met à faire pareil)

Yuki : Héééé là ! Vous allez arrêtez vos conneries les mômes ? Je vous interdis de dégueulasser mon mur comme ça !

Shuichi : Naaah… Yuki… Si on les laissait faire, et que nous, on allait jouer dans la chambre ? Je les aiderai à nettoyer après, mais là j'ai trop envie de ton sublime corps… (œillade gourmande)

Yuki : Mais… Je…

Shu : onegaiiiii…. (zyeux tout pétillants d'envie et bave aux lèvres)

Yuki, ne pouvant résister plus longtemps aux perles d'azur de son amant : Bon, très bien, mais vous avez intérêt à ce que tout soit nickel demain matin… (entraîne aussitôt Shu dans la chambre en le déshabillant)

Karla : Bon, je vois que je vais devoir finir le commentaire parce qu'il part complètement en couilles… Heu… Faut aussi que je fasse gaffe à ce que je dis… Hum ! Bon, un peu de sérieux, que diable ! Donc Shizu vous disait que Yuki n'en a fait qu'à sa tête et que rien ne s'est déroulé comme prévu, donc tout le chapitre suivant a changé, et par conséquence, le titre aussi. Voici donc pour vous aujourd'hui ce chapitre 8 (et c'est encore ma pomme qui recopie… J'en ai marre…). Bonne lecture et à bientôt !

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Résumé du chapitre précédent : Alors que Shuichi est dans le coma, Toma essaie de le tuer, s'attirant ainsi les foudres de son beau-frère, mais favorisant peut-être le réveil du chanteur. Malheureusement, quand Shuichi ouvre les yeux, on découvre qu'il est devenu aveugle. Croyant le protéger, Yuki décide de le quitter…

(Note : toutes les dates sont prises en fonction de l'année 2007)

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Chapitre VIII : Loin des yeux, loin du cœur…

Environ un mois plus tard (jeudi 8 Mars)…

Toc toc toc !

_« Shuichi ? C'est Maïko. Je peux entrer ? »

Le silence qui suivit attrista la lycéenne. Cela faisait maintenant deux semaines que Shuichi avait quitté l'hôpital et un peu plus que Yuki n'était plus venu le voir. Et depuis le jour où l'écrivain avait quitté le chanteur, ce dernier semblait avoir perdu toute volonté de vivre. Il ne parlait presque plus et mangeait à peine, et les seules personnes qu'il acceptait auprès de lui étaient sa sœur Maïko et son meilleur ami, Hiroshi. Comme elle n'entendait toujours rien, la jeune fille se décida à entrer. En pénétrant dans la pièce, elle trouva son frère dans sa position habituelle depuis son retour, allongé dans le lit, face au mur, et recroquevillé sous les couvertures en serrant son lapin dans les bras.

_ « Shuichi ? Je t'ai apporté ton dîner. »

Maïko n'obtint pas plus de réponse que quelques minutes auparavant, et elle referma la porte avant de poser le plateau qu'elle avait dans les mains sur le bureau. Shuichi n'avait pas bougé d'un pouce. La jeune fille s'approcha du lit et posa sa main sur l'épaule de son frère, ce qui le fit paniquer et se ramasser encore plus sur lui-même avec un gémissement craintif.

_ « C'est rien, Shu-chan, fit-elle d'un ton rassurant. C'est moi, Maïko. »

Tremblant de frayeur au début, Shuichi finit par se calmer et laissa sa cadette caresser ses cheveux qui avaient maintenant bien repoussés, en reprenant leur couleur châtain naturelle.

- « Allez, assieds-toi maintenant, ordonna la jeune fille d'une voix douce. Je t'apporte ton plateau. »

Maïko aida son frère à s'asseoir en lui mettant un autre oreiller dans le dos pour qu'il soit bien calé. Quand elle voulut prendre la peluche du chanteur pour la poser ailleurs, Shuichi s'agrippa désespérément à elle et elle la lui laissa. Elle alla ensuite chercher le plateau qu'elle posa au-dessus des jambes du musicien, puis elle s'installa sur la chaise à côté du lit.

_ « Je t'ai préparé du poulet aigre-douce avec du riz. Le poulet est à droite de l'assiette et le riz à gauche. Et voici ta cuillère, » ajouta-t-elle en mettant l'objet dans la main de son frère.

_ « … »

_ « L'assiette est juste devant toi, Shu-chan, » l'encouragea-t-elle.

_ « … »

_ « Qu'est-ce qu'il y a ? Ça ne te plaît pas ? »

_ « … Si… mais… » hésita le chanteur d'une voix à peine audible.

_ « Mais tu as peur d'en renverser partout, c'est ça ? »

Shuichi hocha la tête en rougissant.

_ « Tu veux que je t'aide à manger ? »

Nouveau hochement de tête du chanteur devenu pivoine. Au tout départ, quand Shuichi sortait à peine de son opération, Shuichi était blessé aux deux mains et c'était pourquoi Maïko l'aidait à se nourrir. Mais maintenant, Shuichi n'avait plus ni plâtre à la main droite ni coupure à la gauche. Il aurait pu se débrouiller seul mais à présent il était aveugle et la seule idée de renverser la moindre miette de nourriture le remplissait d'angoisse, alors la lycéenne continuait à l'aider, d'autant plus que si elle ne le faisait pas, Shuichi ne mangeait rien.

Tandis qu'elle prenait la cuillère et faisait manger son frère, Maïko repensa aux dernières semaines. La détresse de son aîné depuis qu'il était devenu aveugle lui étreignait douloureusement le cœur. De plus, elle qui croyait que tout irait mieux en faisant venir Yuki en douce à l'hôpital, elle n'avait pas prévue que l'écrivain plaquerait son frère, plongeant celui-ci dans un désespoir qui faisait peine à voir. Persuadée d'avoir joué un rôle dans cette rupture, Maïko s'en voulait énormément, et essayait désormais d'apporter à son nii-chan tout le soutien dont elle était capable. Avec patience, elle s'occupait du musicien, le nourrissant et le réconfortant.

Grâce aux conseils d'un formateur spécialisé pour personnes aveugles à l'hôpital, Shuichi et Maïko avaient appris certaines astuces pour aider l'artiste dans sa vie de tous les jours. Ainsi Maïko avait appris à disposer les aliments selon une manière précise dans l'assiette, et Shuichi, lui, avait appris à se débrouiller à peu près seul pour se laver et aller aux toilettes sans en mettre partout (il n'arrivait pas encore à viser toujours très droit, mais Maïko nettoyait toujours derrière lui). Shuichi avait voulu apprendre ça au plus vite, parce qu'il ne voulait pas qu'on le voit dans sa plus stricte intimité ni uriner assis comme une fille. Pour tout le reste…

Il n'y avait justement pas de reste. Shuichi avait peur de tout, du moindre bruit suspect, des objets qui l'entouraient, de casser quelque chose ou tout simplement de sortir de sa chambre. Il refusait de descendre l'escalier pour aller manger avec sa famille parce qu'il avait peur de tomber (et de toute façon, il ne voulait pas être avec ses parents). Heureusement que la salle de bain était à l'étage et qu'il y avait aussi des toilettes. Le chanteur passait ses journées entières allongé dans son lit, le regard vide, en silence, ne voulant même pas essayer d'allumer seul sa chaîne hi-fi quand sa sœur était au lycée. Maïko faisait tout ou presque à sa place, tout ce que Shuichi ne pouvait pas, mais aussi ne voulait pas faire parce qu'il était terrifié.

La lycéenne faisait tout pour essayer de rassurer son frère, mais celui-ci semblait muré dans sa douleur et son angoisse. Souvent la nuit, Maïko l'entendait pleurer et gémir, et il n'arrêtait pas de faire des cauchemars. La jeune fille se levait d'ailleurs souvent la nuit pour aller le calmer et le consoler. Shuichi n'acceptait qu'elle auprès de lui, refusant obstinément la présence de leurs parents, auxquels il n'avait plus adressé la parole depuis un mois. Et depuis un mois également, l'artiste n'avait plus prononcé le nom de Yuki. Sans doute parce que ça lui faisait trop mal de se rappeler leur rupture. Mais au fond d'elle-même, la jeune fille savait que son frère ne cessait de penser à celui qui avait ravi son cœur. Perdue dans ses pensées, l'adolescente ne remarqua pas que le chanteur avait fini ce qu'il avait dans la bouche et l'appelait d'une voix timide.

_ « Maïko ? »

_ « … »

_ « Hé… Maïko ? »

_ « Hein ? Ha… Haï ! répondit Maïko qui avait enfin entendu l'artiste. Quoi ? »

_ « … Non, rien… balbutia le chanteur, gêné. Je t'entendais plus alors je croyais que t'étais partie… »

La lycéenne avait perçu le trouble dans la voix de son frère.

_ « Gomen ne, Shu-chan, s'excusa-t-elle aussitôt. Ça va ? »

_ « Ha.. Haï… »

_ « Vraiment ? »

_ « Tu sais, Maï-chan… ça… ça me rassure quand tu es là… avoua Shuichi d'un ton hésitant. Quand tu parles et tout… Autour de moi y a que les ténèbres et le silence et ça m'angoisse… Des fois, il y a des bruits mais… je sais pas ce que c'est et ça me fait peur… Tu vas peut-être trouver ça puéril, mais tous ces bruits… quand je les entends, je me dis qu'y a un monstre ou je sais pas quoi d'effrayant qui va m'attaquer… Parfois le noir est tellement oppressant que j'ai l'impression de plus pouvoir respirer. J'ai la trouille, Maïko… j'ai peur de toute cette obscurité et surtout, j'ai peur de me retrouver tout seul… »

_ « Shuichi… »

_ « Hé hé hé… C'est drôle hein ? » lâcha le chanteur avec un rire nerveux, les larmes aux yeux.

_ « Non, bien sûr que non, Shu-chan… » souffla Maïko, troublée, en écartant le plateau avant de serrer son frère dans ses bras.

_ « Maïko… gémit Shuichi en éclatant en sanglot. Ne m'abandonne pas toi aussi… ne m'abandonne pas… »

L'aveu de son frère ne faisait que confirmer à la lycéenne ce qu'elle savait déjà. Il avait peur de ce qu'il lui arrivait, et il n'y avait qu'une seule personne qui pourrait lui apportait le réconfort dont il avait besoin. Et cette personne, c'était Yuki. Maïko aurait tout fait pour aider son frère, mais elle savait qu'elle ne pouvait rien faire pour ses yeux. Cependant, elle pouvait au moins faire une chose : persuader Yuki de venir voir son frère. Parce que ce dernier avait besoin de son amant, plus encore que de ses yeux. Shuichi pourrait surmonter son handicap grâce à l'écrivain de son cœur.

La jeune fille attendit que l'artiste se calme un peu pour lui demander s'il avait encore faim. Sur la réponse négative de son frère, la lycéenne lui proposa de se reposer, ce que Shuichi accepta sans broncher. Maïko débarrassa le plateau, puis borda le jeune homme et déposa un baiser sur son front avant de se diriger vers la porte, le plateau dans les mains.

_ « Maïko ! » appela Shuichi juste au moment où sa sœur ouvrait la porte.

_ « Hum ? »

_ « Heu… Viens t'asseoir deux secondes, onegai… Je voudrais… te dire un truc… » hésita l'artiste un peu confus.

_ « Haï, » acquiesça aussitôt la jeune fille.

La lycéenne posa son plateau sur le bureau et vint s'asseoir sur le bord du lit. Shuichi la chercha des mains, puis passa ses bras autour de son cou.

_ « Arigato, Maï-chan… Merci pour tout ce que tu as fait pour moi depuis que je suis sorti du coma… Je sais que je t'en fais voir de toutes les couleurs… marrant ça d'ailleurs, pour un aveugle… mais tu es resté patiente et gentille avec moi, et je t'en remercie. T'es vraiment la meilleure sœur du monde entier. »

_ « Onii-chan… » lâcha Maïko d'une voix émue.

_ « Bientôt j'irai mieux, Maïko… Je reprendrai le dessus et j'irai vite mieux, même si je suis aveugle… Mais pour l'instant, j'y arrive pas… parce que… parce que j'arrive pas à l'oublier, " lui "… »

Shuichi serra un peu plus fort sa sœur et étouffa le sanglot qui lui montait à la gorge. Maïko quant à elle, garda le silence, surprise que l'artiste évoque son amant pour la première fois depuis un mois. Elle se contenta de serrer son frère un peu plus fort en lui caressant les cheveux.

_ « Je t'adore, nee-chan… » murmura Shuichi en s'écartant de Maïko.

_ « Haï, je t'adore aussi, nii-chan… » lui sourit sa sœur en posant son front contre celui de son frère.

La lycéenne l'embrassa une dernière fois sur le front, reprit son plateau et quitta la chambre. Resté seul, le chanteur s'était réinstallé dans sa position habituelle, face au mur et recroquevillé sur lui avec son lapin dans les bras. Il gardait les yeux grands ouverts, espérant désespérément apercevoir la moindre lueur, mais autour de lui, tout demeurait plongés dans d'obscures ténèbres. À force de fixer droit devant lui, il crut apercevoir quelque chose, mais quand il tendit le bras vers la lueur qu'il croyait avoir vu, sa main ne rencontra que le mur et la vision disparut aussitôt. Shuichi se redressa vivement, et posa ses deux mains sur le mur, à la recherche de la lumière qu'il désirait revoir. Mais rien n'y fit. Les ténèbres demeurèrent, obscures, infinies, inquiétantes… De dépit, le musicien abattit ses poings sur le mur avec rage, meurtrissant ses mains récemment débarrassées de leur plâtre et de leur bandage. Avec un gémissement plaintif, il vint appuyer sa tête contre le mur, et se mit à pleurer doucement en murmurant :

_ « J'ai besoin de toi… Si tu savais comme j'ai besoin de toi, Yuki… »

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

L'écrivain échappa brusquement sa tasse de café qui alla se briser sur le sol. Une chose étrange venait de lui arriver. À l'instant, il lui avait semblé entendre la voix de Shuichi. Perplexe, il observa avec insistance l'objet gisant par terre. C'était la tasse de Shuichi. Le seul objet qu'il avait gardé de son compagnon. Sans savoir pourquoi, Yuki éprouvait comme un étrange pressentiment. Déjà que Shuichi lui manquait énormément, maintenant il commençait à regretter de l'avoir quitté. Il croyait l'avoir fait pour le protéger, mais paradoxalement, il ne pouvait plus veiller sur lui maintenant qu'il ne l'avait plus sous les yeux. Et cela l'inquiétait d'autant plus en pensant à ce que pourrait faire Tôma.

Eiri connaissait son beau-frère, et il savait que quand il s'agissait de lui, Tôma était capable de tout pour le protéger. Il l'avait d'ailleurs déjà prouver en tentant de s'en prendre à Shuichi à l'hôpital, sans réussir à le tuer. Mais Yuki avait fait exactement le contraire de ce qu'il aurait du faire à ce moment-là. Au lieu de prendre l'artiste sous son aile pour le garder de toute menace, il l'avait lâchement abandonné, pensant ainsi le préserver de la fureur de Seguchi. Cependant, plus le temps passait, plus le romancier sentait qu'il avait fait le mauvais choix. Il était persuadé que cette fois-ci, Tôma n'abandonnerait pas si facilement, et continuerait à s'en prendre à Shuichi tant qu'il ne se serait pas débarrassé définitivement de lui. Comme pour se rassurer, le blond, se promit d'appeler Maïko dès le lendemain pour lui demander des nouvelles de Shuichi. Cette décision prise, l'écrivain éteignit son ordi, ramena les morceaux de la tasse à la cuisine, et après avoir nettoyé un peu son bureau, il alla se coucher…

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Le lendemain après-midi, chez les Shindô.

_ « Bon, tout est prêt. Je t'ai tout posé comme d'habitude, le gel douche et le gant dans le panier de la douche, et les serviettes et ton peignoir sur la chaise juste à côté. Ça va aller, Shuichi ? »

_ « Haï, y a pas de problème, Maï-chan, » répondit son frère.

_ « Tu n'auras qu'à laisser tes vêtements sales sur la chaise, » lui dit ensuite sa sœur d'un ton maternel.

_ « Haï, comme d'hab', Maï, » fit le chanteur en riant, amusé de l'attention de sa cadette.

_ « Shu… Shuichi… » lâcha la jeune fille sur un ton de surprise.

_ « Huh ? Qu'est-ce qu'y a ? »

_ « Tu as ri… Haha… Tu as enfin ri… Ça me rassure de voir enfin un beau sourire sur ton joli visage, » lui confessa la lycéenne.

_ « Ah ? Heuuu… » balbutia le musicien en rougissant, gêné.

À ce moment-là, les deux adolescents entendirent la sonnette d'entrée. Sans savoir pourquoi, Shuichi, qui commençait à se déshabiller, eut un bref frisson. Il finit d'enlever son haut de pyjama et tourna la tête plusieurs fois, comme s'il espérait trouver la source de la menace qu'il avait cru ressentir. La voix de sa sœur le sortit de ses pensées.

_ « Vas-y, prend ta douche, Shu ! Je vais aller voir qui c'est ! »

Sur ce, elle laissa son frère et quitta la salle de bain avant de descendre au salon, tandis que son frère finissait de se dévêtir pour prendre sa douche. En arrivant en bas, Maïko crut reconnaître la voix du visiteur. Elle n'arrivait pas à mettre un nom dessus, mais elle lui semblait familière. Ce n'est qu'en pénétrant dans le salon qu'elle en identifia le propriétaire.

_ « Seguchi-san ? » s'étonna-t-elle un peu moins discrètement qu'elle ne l'aurait voulu.

_ « Maïko ? Que fais-tu ici ? demanda son père d'un ton sec. Tu pourrais être polie et saluer notre visiteur. »

_ « Mais, otôsan ! protesta la jeune fille sans daigner obéir à son père. Cet homme est dangereux ! »

_ « Comment ? Comment oses-tu, Maïko ? gronda Mr Shindô. Est-ce une manière de recevoir des invités ? Je pensais t'avoir bien élevée, ma fille. Maintenant, tais-toi et monte dans ta chambre. Seguchi-san et moi devons discuter du départ de ton frère. »

_ « Qu… quoi ? Comment ça, son départ ? » demanda vivement Maïko.

_ « Seguchi-san nous propose, en tant que patron de Shuichi et beau-frère de l'homme responsable des malheurs de ton frère, de financer le voyage et le placement de Shuichi dans un institut spécialisé pour aveugles en Amérique. Il recevra là-bas les meilleurs soins, et apprendra à vivre en étant aveugle et sans être complètement dépendant des autres. »

_ « Mais Yuki-san n'a rien fait à Shuichi ! Alors pourquoi envoyer Shu là-bas ? s'indigna la lycéenne. On peut très bien s'occuper de lui ici. Et puis l'hôpital nous a donné les adresses d'instituts semblables ici, au Japon. Shuichi sera complètement perdu s'il va là-bas ! Et ça va l'anéantir de tout quitter alors qu'il ne voit déjà plus rien. Tout ce que vous voulez, fit-elle soudain à Tôma, c'est séparer définitivement Shuichi de Yuki-san !»

Le regard que lui lança Seguchi à ce moment-là glaça le sang de la jeune fille. Ses yeux étincelants de cruauté semblaient dire : "Oui c'est exactement ça…".

_ « Allons, allons, calmez-vous, mademoiselle, fit Tôma d'un ton mielleux. Je ne fais ça que dans l'intérêt de votre frère et de sa carrière. Nombreux sont les artistes atteints de cécité et qui sont pourtant au sommet de la gloire. Je désire simplement porter votre frère jusqu'à ce sommet. De plus, il serait dommage pour ma société de perdre un artiste possédant un tel talent. C'est pourquoi je me propose de financer les frais de placement de votre frère. Je n'ai aucune mauvaise intention. »

_ « Vous mentez ! Vous voulez seulement vous débarrasser de mon frère parce qu'il est devenu un obstacle à votre amour pour Yuki-san ! Je ne vous laisserai pas faire encore du mal à Shuichi ! Je le protègerai de vous et de vos sales manigances ! »

_ « Maïko ! Ça suffit ! fulmina son père en se levant du canapé sur lequel il était assis. Qu'est-ce qui te prend de dire de pareilles insanités à Seguchi-san ? Il est sans aucun doute beaucoup plus respectable et censé que ton frère ! »

_ « Il a essayé de tuer Shuichi, otôsan ! s'écria la lycéenne, à moitié hystérique. Quand Shuichi était dans le coma, il a essayé de l'étrangler ! »

_ « Tu vas te taire à la fin, fille indigne ? »

_ « Je vois que votre fille a une imagination débordante, Shindô-san, reprit Tôma sur le même ton hypocrite que précédemment. Au contraire, j'ai sauvé votre fils en empêchant mon beau-frère de l'étrangler. »

_ « Quoi ? Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? s'emporta Maïko. C'est vous qui…»

_ « Ça suffit, sale gamine ! » tonna le père Shindô en giflant brutalement sa fille.

Sous la violence du coup, l'adolescente fut précipité rudement au sol. Du sang coulait légèrement de sa bouche. Sa mère, qui assistait impuissante à la scène, se précipita vers elle.

_ « Je ne veux plus t'entendre, sale petite impertinente, c'est compris ? Ce n'est pas à toi de décider ce qui est bien ou non pour ton frère ! Monte tout de suite dans ta chambre ! »

_ « Mais… » protesta-t-elle faiblement.

_ « File avant que je m'énerve pour de bon ! »

La lycéenne obéit à contrecœur. S'essuyant la bouche avec le mouchoir que lui tendait sa mère, elle se dirigeait vers la porte du salon, quand une voix l'arrêta.

_ « Je pense qu'elle devrait rester et écouter notre discussion, Shindô-san, fit Tôma. Après tout, ça la concerne elle-aussi, elle qui va être séparé de son frère adoré… »

_ « … Très bien… finit par accepter le père en tiquant sur les derniers mots du président, avant de tourner un regard suspicieux vers sa fille. Tu peux donc rester, Maïko. Mais que je ne t'entende plus, c'est compris ? »

_ « Haï, otôsan… » accepta la jeune fille sans protester, frémissant devant le sourire sadique du pianiste qui la fixait intensément.

Visiblement, Tôma prenait un malin plaisir à la torturer en l'obligeant à assister, impuissante, aux préparatifs du départ de son frère. Et il s'amusait également avec Shuichi en voulant l'éloigner le plus possible du Japon. Shuichi était un jouet entre les mains du président, un jouet dont il s'amusait à arracher chaque morceau avec une lenteur perverse…

_ « Cet homme est un monstre…pensa Maïko qui regardait en coin le blond. Un démon au visage d'ange. Et il a réussi à embobiner mes parents en leur faisant croire que c'était Yuki-san qui s'en ai pris à Shuichi… »

Maïko écoutait en silence les projets de son père et du pianiste, horrifiée de ce qu'elle entendait. Mais surtout c'était l'amabilité hypocrite du président qui la dégoûtait. Ses parents ne voyaient rien, mais elle, elle frissonnait dès que Tôma posait les yeux sur elle, un regard de bête fauve tapie dans l'ombre. Mais elle ne pouvait rien faire. Les accords entre les Shindô et Seguchi enfin terminés, le président prit congé et s'apprêtait à partir quand le père lui proposa d'aller dire bonjour à Shuichi. Le musicien refusa d'abord poliment, soi-disant soucieux de ne pas fatiguer un jeune convalescent, mais devant l'insistance de son hôte, il finit par accepter. Maïko voulut s'interposer, mais son père l'enferma dans la cuisine. La jeune fille eut beau crier et frapper la porte, personne, pas même sa mère, ne lui ouvrit. Avisant la fenêtre de la cuisine, elle escalada le plan de travail et sortit par là, avant de contourner la maison pour se précipiter vers la porte d'entrée.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Pendant ce temps, à l'étage…

Shuichi avait fini de prendre sa douche, et avait regagné sa chambre à tâtons. Là, il avait enfilé un caleçon, et s'était assis sur le lit pour finir de se sécher les cheveux. Il avait gardé son peignoir, sans nouer la ceinture, et l'ouverture largement béante du vêtement laissait entrevoir son corps frêle et délicat. À ce moment-là, on frappa à sa porte. Méfiant et vaguement inquiet, il répondit :

_ « H…haï ? »

La porte s'ouvrit et se referma aussitôt sans que la personne eut prononcé un seul mot. De plus en plus mal à l'aise et sentant l'aura hostile de son visiteur, Shuichi l'apostropha :

_ « Qui êtes-vous ? »

Shuichi entendit un "clic" indiquant que la porte venait d'être verrouillé de l'intérieur. Le chanteur déglutit lentement, en proie à une angoisse grandissante.

_ « Qu'es-ce que vous voulez ? » s'exclama-t-il en se redressant comme un ressort.

_ « Je suis juste passé vous saluer, Shindô-san… » daigna enfin répondre le président d'un ton doucereux.

L'adolescent voulut crier mais sa voix resta coincé au fond de sa gorge. Ses jambes le trahirent soudain et il se rassit aussitôt.

_ « Se… Seguchi-san… ? » eut-il juste la force de prononcer en se mettant à trembler comme une feuille.

_ « Laissez-moi vous expliquer les raisons de ma venue, Shindô-san, » fit le blond en venant s'asseoir près de lui.

Le chanteur voulut s'enfuir mais Tôma fut plus rapide et le renversa sur le lit en plaquant son genou sur son entrejambe.

_ « Eiri est à moi… lui murmura le pianiste à l'oreille. Estimez-vous heureux que j'ai la bonté d'âme de vous laisser vivre… Si vous voulez vraiment faire le bonheur d'Eiri, vous devriez accepter sans discuter la proposition que j'ai faite à vos parents et partir très loin d'ici… »

_ « Ja… jamais.. » gémit l'adolescent, complètement terrorisé.

_ « Je vais financer votre voyage et votre séjour dans un institut pour aveugles très réputé aux USA… »

_ « …Non… » lâcha Shuichi d'une voix brisée par l'angoisse.

_ « Votre présence au Japon ne peut que faire souffrir inutilement Eiri, reprit le président. C'est pourquoi je vous conseille plus que vivement de partir… » ajouta-t-il d'un ton hargneux en appuyant plus fort sur l'entrejambe de sa victime.

_ « …aaaah… » gémit Shuichi, trop paralysé par la peur pour essayer de crier ou de se débattre.

_ « Je comprends qu'Eiri se soit entiché de toi…fit ensuite Toma en écartant un pan du peignoir pour caresser le torse de l'adolescent. Tu as la peau douce, une vraie peau de bébé. Et Eiri a toujours aimé les choses douces. Mais ne t'y trompe pas, gamin, susurra-t-il ensuite en approchant ses lèvres de celles de Shuichi. Tu n'étais rien de plus qu'un animal de compagnie pour lui… »

Tôma l'embrassa alors et laissa sa main glisser vers le caleçon du chanteur.

_ « Si j'ai laissé Eiri te fréquenter quelques temps, c'était juste parce que je te considérais comme une petite pute. Une pute que je payais en acceptant de faire d'elle une star, malgré la médiocrité de son talent. Je ne t'ai laissé avec lui que pour que tu satisfasses sa libido. Mais je n'avais pas prévu que vous vous attachiez l'un à l'autre, et que mon Eiri tombe amoureux de toi. Et ça, je ne peux pas l'accepter… Alors tu vas gentiment obéir… Sinon je peux me montrer beaucoup plus persuasif… » persifla-t-il en saisissant brutalement la virilité de Shuichi.

_ « AAAH ! Arrêtez ! » supplia l'adolescent en essayant de le repousser.

_ « La simple mort serait trop douce pour toi… continua Tôma en commençant à faire descendre le caleçon de Shuichi. Je te ferai connaître bien pire avant de t'éradiquer complètement… »

_ « Non ! »

_ « Chut chuuut… Ne crie pas, tu vas attirer ton père… Il a déjà l'air assez remonté contre toi à cause de ton homosexualité, tu ne voudrais pas non plus qu'il te voit faire ça ici ? »

Horrifié, le chanteur ne pensa même pas que la porte était verrouillée, et il se figea, soudain muet. Il aurait pu appeler à l'aide, mais s'il le faisait, que penserait son père ? Lui qui ne croyait plus un seul mot de son fils. Heureusement pour Shuichi, son infirmité lui permettait au moins de ne pas voir le visage haineux et triomphant du président. Le jeune homme ferma les yeux, et laissa ses larmes s'écouler lentement sur ses joues, s'offrant à son tortionnaire auquel il ne pourrait de toutes manières échapper. Mais au moment où Tôma allait le violer, Shuichi fut sauvé par des coups martelés à la porte de la chambre.

_ « Shuichi ? criait Maïko de l'autre côté de la porte. Shuichi ! Réponds-moi !!! »

_ « Tsss, une gêneuse… pesta le PDG en se relevant soudain, libérant sa proie. Dommage, Shindô-san. On n'aura pas eu le temps d'aller plus loin. Bon, je vais y allez, vos parents pourraient s'interroger sur la raison pour laquelle nous sommes enfermés ici, non ? À moins que vous ne préfériez que je le leur dise directement ? » suggéra sournoisement le serpent… heu… le président.

_ « … »

Shuichi était incapable de bouger et encore moins de parler. Il restait étendu sur le lit, dans la position dans laquelle Tôma l'avait renversé, tremblant comme une souris apeurée. Le président ouvrit la porte et reçut presque la lycéenne dans les bras. Repoussant avec dégoût le pianiste, la jeune fille se précipita vers son frère.

_ « Qu'est-ce que vous avez fait à mon frère, espèce de salaud ? » s'écria-t-elle, indignée, en se retournant vers Tôma.

_ « Mais je n'ai rien fait… répondit ce dernier qui prit un air faussement innocent en avisant les parents qui montaient l'escalier, alertés par les cris de Maïko. Votre frère ne semble malheureusement pas décidé à être raisonnable, et a commencé à se mettre en colère quand je lui ai parlé de l'institut. Visiblement, il semble encore s'accrocher à Eiri-san, bien que celui-ci lui ai fait tant de mal, ajouta-t-il en s'adressant aux parents qui arrivaient. Je suis vraiment navré, s'excusa-t-il hypocritement en s'inclinant très bas. Je crois que nous avons là le résultat de la mauvaise influence de mon cadet, et cela m'afflige grandement. »

_ « Allons, allons, Seguchi-san, le rassura le père. Ne vous excusez pas des fautes commises par d'autres. Ces crimes seront jugés un jour, et si ce n'est ici-bas, ce sera dans l'Autre Monde. Nous vous sommes déjà extrêmement reconnaissants de nous aider à soustraire notre fils à l'influence malsaine d'un homme sans scrupules. Domo arigato gozaimasu ! » remercia-t-il en s'inclinant à son tour.

_ « Je vous en prie, répondit le président. C'est le moins que je puisse faire. »

_ « Vous êtes un grand homme, Seguchi-san. Shuichi a vraiment de la chance de vous avoir pour patron. »

_ « Vous me gênez, je ne suis qu'un modeste musicien qui a pu mettre son expérience au profit des nouvelles étoiles montantes de la pop japonaise. »

_ « Vous êtes trop modeste, Seguchi-san… »

Blablabli blablabla…Cet échange de mondanités paraissait presque obscène à Maïko, tandis qu'elle rajustait le caleçon de son frère avec une haine grandissante pour le président. Par précaution, celui-ci avait légèrement refermé la porte pour laisser à la lycéenne le temps de dissimuler les traces de ses attouchements. La porte restait juste assez entrouverte pour que, de temps à autre, il puisse jeter un œil à l'intérieur. Tôma fit durer la conversation jusqu'à ce que Maïko ait fini, puis il s'excusa encore une fois du dérangement et prit congé. Le père le raccompagna jusqu'à la porte, pendant que la mère s'inquiétait de l'état de son fils.

_ « Comment va-t-il, Maï-chan ? » demanda-t-elle nerveusement.

_ « Il… il va bien, okaasan… répondit la lycéenne en se mordant les lèvres. Comme l'a dit Seguchi-san, il reste très attaché à Yuki-san, et la nouvelle de son départ l'a un peu perturbé… »

Elle s'en voulait de devoir mentir à sa mère, mais elle le devait, pour protéger son frère. Car jamais ses parents ne l'auraient cru, ensorcelés par l'air bon enfant du président. Mme Shindô observa un instant son fils, mais ne supportant pas de le voir dans cet état, et sachant qu'il refusait de lui parler, elle quitta la chambre en disant :

_ « Je… je vais aller faire un peu de thé… »

Restée seule avec son frère, Maïko s'efforça de le faire sortir de sa prostration. Elle y parvint après quelques minutes par des paroles douces et des caresses rassurantes. S'étant redressé et ayant reconnu la voix de sa sœur, l'artiste se jeta dans ses bras, la faisant chuter avec lui au sol. Son frangin étalé de tout son poids sur elle, la lycéenne était dans une position assez inconfortable, mais elle le laissa pourtant pleurer tout son soûl.

_ « Maïko… snif sniif… Maïko… gémissait Shuichi entre deux sanglots. Je veux pas aller là-bas… Je veux aller voir Yuki… Je veux mon Yuki… »

_ « Là, calme-toi, nii-chan… le cajolait sa sœur. Je ne laisserai pas ce sale type t'envoyer là-bas. Je te protègerai de lui… Dis-moi… il t'a fait quelque chose tout à l'heure ? »

_ « N… non… répondit-il d'une voix tremblante. Il a essayé mais… il a pas eu le temps de… »

Maïko soupira de soulagement en serrant un peu plus fort son frère. Elle était arrivée juste à temps. Contre elle, elle sentait son aîné qui tremblait, autant de frayeur que de froid sans doute, l'artiste n'ayant plus que son caleçon sur lui, et les cheveux trempés. Tout ça allait trop loin maintenant. Tôma avait fait assez de mal comme ça à Shuichi, il fallait que cela cesse. Il fallait à tout prix qu'elle contacte Yuki, et quitte à aller le chercher à coups de pieds dans les fesses, elle l'obligerait à intervenir. D'autant plus que la lycéenne avait bien compris que l'écrivain cachait son jeu, et qu'il avait quitté Shuichi uniquement pour le protéger de son beau-frère. Seulement le président ne semblait pas prêt de lâcher l'affaire, donc il fallait que Yuki s'interpose avant qu'un autre malheur, plus tragique encore, n'arrive…

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Pendant ce temps, au rez-de-chaussée, Shindô-san et Seguchi-san finissaient de se saluer, et le président quittait définitivement la maison. Avec un sourire encore satisfait de l'accord passé avec le directeur de N.G, le père remonta à l'étage avec l'intention de raisonner sa lopette de fils (note de Shizu : non, j'ai pas dit « salopette » mais « lopette », c'est comme « pédale », mais c'est un autre mot^-^) . Shuichi devait renoncer totalement à son prétendu « amant » qui ne lui avait apporté, selon Tôma, que des ennuis. Grâce aux sages conseils et à la bonhomie de son célèbre visiteur, il s'était un peu calmé et montait tranquillement les marches en cherchant les mots justes pour parler à ses enfants.

_ « Shuichi ! Maïko ! fit-il en entrant dans la chambre. Il faut que nous parlions tous les tr… »

Il stoppa net sur le seuil de la porte. Le spectacle qui s'offrait à ses yeux le surprenait au plus haut point : Shuichi allongé à moitié nu sur sa sœur, le corps encore luisant d'humidité.

_ « Mais qu'est-ce que… ? s'exclama-t-il, l'air choqué. Qu'est-ce que ça veut dire ? »

_ « O… otôsan ? » s'étonna Maïko, ne comprenant pas la réaction de son père.

Avant qu'elle puisse réagir, son père attrapa Shuichi par les cheveux, l'arracha aux bras de sa sœur et le balança violemment contre la commode. Le cadre posé dessus tomba et l'un de ses angles cogna le crâne du chanteur avant d'aller se fracasser au sol.

_ « T'as déjà pas assez d'être un putain d'homo, maintenant t'as des vues sur ta pauvre sœur, espèce de souillure ? » hurla Shindô-san à l'adolescent à moitié assommé en levant la main pour le frapper.

_ « Non, otôsan !!! s'écria Maïko en se jetant sur le bras de son père. Arrête ! C'est pas ce que tu crois ! »

_ « Toi, tu n'as rien à faire ici ! »

Sans se soucier des protestations de sa fille, il l'entraîna hors de la chambre, et referma la porte d'un coup sec. Maïko voulut rouvrir, mais son père avait tourné la clé dans la serrure. Derrière la porte, elle entendait les hurlements de rage de son père, le bruit des coups qui pleuvaient et des meubles qui se renversaient. Mais elle n'entendait aucun cri de son frère. Les appels déchirants de la lycéenne ne servaient manifestement à rien, Shindô-san bouillant d'une colère noire. Au comble du désespoir, elle se précipita dans sa chambre et composa un numéro sur son téléphone portable.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Pendant ce temps, dans la chambre de Shuichi.

Shuichi s'était relevé en s'aidant de la commode, écorchant ses pieds sur les morceaux du cadre, tandis que son père faisait sortir Maïko de sa chambre. Une terreur sans nom s'empara de lui quand il entendit le déclic de la serrure. Il ne voyait pas son père, mais il pouvait ressentir sa fureur presque palpable. Soudain, le chanteur fut de nouveau projeter au sol par une gifle brutale, et il chuta en entraînant la table de nuit.

_ « Seguchi-san avait raison en disant que cet écrivain de merde t'avait perverti l'esprit. Je plains ton pauvre patron d'avoir un beau-frère pareil ! Et moi d'avoir un fils assez abject pour oser s'en prendre à sa propre sœur. »

La main sur sa joue endolorie et recroquevillé en chien de fusil, Shuichi sentit soudain une vive douleur lui vriller les côtes. Son géniteur le roua de coups de pieds sauvages jusqu'à en avoir le souffle coupé. Essoufflé, Shindô-san attrapa une nouvelle fois son fils par les cheveux et lui hurla :

_ « Tu partiras dans cet institut, que tu le veuilles non, c'est compris ? Je ne te laisserai pas souiller ma fille ! »

_ « Mais… je lui ai rien fait… otôsan… » gémit l'artiste d'une voix si accablée qu'elle aurait fendu un diamant.

_ « Tu n'es pas mon fils, sale gouine ! vociféra le père, manifestement plus insensible encore qu'une pierre précieuse. Je te renie jusqu'à ta mort !... Ou jusqu'à ce que tu sois revenu à la raison. En tout cas, c'est dans ton intérêt d'accepter l'offre de Seguchi-san, parce que je ne veux plus de toi dans ma maison. T'accueilleras qui veut, moi je ne veux plus rien avoir à faire avec un pervers tel que toi. »

Le père se remit à frapper son fils avec rage, ne pouvant accepter que son fils soit devenu gay, et persuadé par Seguchi qu'il possédait en lui toutes les perversités du monde. Shuichi essayait tant bien que mal de se protéger des coups, mais c'était peine perdue. Il n'osait même pas crier, car cela amenait d'autres coups encore plus violents qui lui arrachaient des gémissements plaintifs qu'il essayait d'étouffer le mieux possible. À chaque coup qui pleuvait, il se préparait à recevoir le prochain. Mais plus que la douleur physique, c'était l'angoisse de l'attente de ce coup qui détruisait lentement le peu de volonté de vivre qui lui restait. Il était devenu aveugle, Yuki l'avait quitté, Tôma l'avait menacé et voulait l'éloigner de son amant. Sans oublier la tentative de viol du président. Et maintenant ça. Son père qui le reniait et le battait parce qu'il était gay, aveugle et prétendument incestueux. L'adolescent ne voulait plus qu'une seule chose maintenant : que tout s'arrête. Chaque nouveau coup qu'il recevait l'anéantissait un peu plus, et le faisait sombrer un peu plus dans l'inconscience et le désespoir…

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Au même instant, chez Yuki…

Après toute une nuit de mûres réflexions, l'écrivain avait décidé de se rendre directement à la demeure des Shindô plutôt que de téléphoner. Il avait trop envie de voir Shuichi, et surtout il avait un étrange pressentiment depuis la veille. Il se demandait pourquoi ça le préoccupait autant. Jusque là, il ne s'était jamais soucié à ce point de personne d'autre que lui-même. Il faut dire aussi que Tôma n'était pas tout à fait étranger à ça. À chaque fois que Eiri commençait à s'attacher à quelqu'un, le président s'arrangeait toujours pour faire fuir la personne en question. Mais cette fois-ci, le romancier avait compris que Shuichi comptait vraiment pour lui. Et il ne pouvait pas laisser Tôma l'éloigner de lui.

Yuki savait que ça serait dangereux, surtout pour Shuichi, le président ayant d'ailleurs déjà tenté de le tuer. L'écrivain avait alors quitté le chanteur, croyant le protéger, mais depuis la veille, quelque chose lui disait que le pianiste tramait quelque chose dans l'ombre. Car cette fois-ci, Yuki était vraiment amoureux et Tôma jaloux à mort… Le romancier savait qu'il devait protéger Shuichi avant qu'il ne soit trop tard. À l'instant où il allait partir, le téléphone sonna. Se contrefichant royalement de l'importun qui le dérangeait au moment le plus crucial de son existence, le blond enfila ses chaussures dans l'indifférence la plus totale avant de prendre ses clés et d'ouvrir la porte pour sortir, quand le haut-parleur du répondeur se mit en marche. Le cri déchirant qui s'en échappa figea le jeune homme sur place.

_ « Yuki-san ? Yuki-san, si vous êtes là, répondez je vous en supplie !!! hurlait une voix hystérique qu'il reconnut comme celle de Maïko. C'est Shuichi, il… Kami-sama… Aidez-le, je vous en supplie !!! Yu… »

_ « Moshi-moshi ? fit soudain le blond qui s'était précipité vers le combiné sans même prendre le temps d'ôter ses chaussures. Maïko-san, que se passe-t-il ? »

_ « C'est… c'est horrible ! Venez vite, onegai ! Mon père est en train de battre Shuichi ! » sanglota la lycéenne, incapable de se calmer.

_ « Qu… Quoi ? J'arrive tout de suite ! lui fit le blond. Je te rappelle sur ton portable dès que je suis dans ma voiture et tu me raconteras ce qu'il s'est passé le temps que je vienne ! »

_ « Haï… Faites vite, onegai shimasu… » le supplia-t-elle d'une voix étranglée.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Yuki sautait dans sa Mercedes et filait à toute allure vers la demeure des Shindô. Dans l'oreillette de son kit main libre, Yuki écoutait avec une rage grandissante les explications saccadées de Maïko : la visite de Tôma et sa proposition, la tentative de viol, et la bêtise de son père qui avait cru que Shuichi voulait souiller sa propre sœur. Quand enfin l'écrivain arriva au domicile Shindô, il frappa biiiiiiiiiiien fort avant d'entrer, bien fort dans la gueule du père Shindô venu lui ouvrir après avoir quitté la chambre de son fils. L'homme tituba en arrière, se prit dans la marche d'entrée, et s'affala lourdement au sol. Attiré par le bruit, son épouse accourut de la cuisine et s'agenouilla près de son mari.

_ « Qu'est-ce que vous voulez ? » cria-t-elle à Yuki, l'air effrayé

_ « Je viens récupérer Shuichi, » répondit simplement le blond.

_ « Vous… vous ne croyez pas que vous lui avait fait assez de mal comme ça ? » fit le père en se redressant sur un coude, du sang coulant de son nez.

_ « Yuki-san ! s'écria soudain Maïko qui était descendu en entendant la voix du romancier. Montez vite ! Mon père a enfermé Shuichi dans sa chambre, et il répond pas quand je l'appelle ! »

Quand Yuki leva les yeux vers la jeune fille pour la suivre, il remarqua sa joue encore rougie de la gifle de son père. Aussitôt, il se retourna vers ce dernier avec un sourire malsain.

_ « Je vais appeler la police ! » s'écria Shindô-san, glacé d'effroi, en faisant mine de se relever.

_ « À votre place, je ne ferais pas ça… siffla le blond d'un ton rogue, plaquant le père au sol en posant son pied sur son torse. Mes avocats se feront un plaisir de vous saigner jusqu'à votre dernier yen. Ce n'est pas moi qui ai fait du mal à Shuichi, mais bel et bien vous et Seguchi. »

_ « C'est faux ! C'est vous qui avez perverti mon fils et avait failli le tuer ! Et Seguchi-san a tout fait pour le protéger de vous, sale pédé ! cria Shindô en essayant de se dégager. Aoutch ! »

_ « Détrompez-vous… rétorqua le blond en appuyant plus fort sur le torse du père, appréciant peu l'insulte. C'est Seguchi-san qui a essayé de tuer votre fils quand il était dans le coma. Quand à vous, vous avez osé lever la main sur Shuichi, à ce que j'ai entendu dire. »

_ « Maïko, tu… commença le père en levant ses yeux plein de colère vers sa fille. Aaargh ! »

_ « Je vous conseille de ne même pas y penser et d'éviter de me mettre en rogne… aboya Yuki en le frappant dans l'estomac. Touchez encore une fois à un seul cheveu de vos enfants, et vous le regretterez toute votre vie… Enfin, du moins, durant le temps que vous resterez en vie… » ajouta-t-il d'un ton sadique après s'être baissé pour soulever Shindô-san par son col de chemise.

_ « … huuughn…. » gémit l'homme.

_ « Maintenant donnez-moi la clé de la chambre, » demanda gentiment l'écrivain en secouant son souffre-douleur.

_ « … N… non… hors de question… » refusa tout net le père.

_ « LA CLÉ ! » insista le romancier en hurlant, après avoir plaqué Shindô au mur le plus proche.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Dans la chambre, Shuichi était resté seul après le départ de son père. Son corps n'était plus que douleur et meurtrissure, et il était incapable de se relever. Mais de toutes façons, il était beaucoup trop effrayé dans l'obscurité qui l'entourait pour pouvoir bouger. Il demeurait recroquevillé dans la position qu'il avait prise quand son père le frappait, craignant encore des coups qui ne viendraient jamais puisqu'il était seul. En entendant des éclats de voix à l'étage inférieur, il se ramassa un peu plus sur lui-même, bousculant avec ses pieds quelques débris du cadre. Le bruit de verre sembla le faire réagir. Il rouvrit les yeux, qui ne trouvèrent que les ténèbres environnantes. Se redressant en gémissant, il tâtonna un instant près de ses pieds avant de poser la main sur un éclat de verre de taille assez importante. Il le prit et s'assit en s'appuyant contre la commode. En passant son doigt sur une des arêtes du bout de verre, il grimaça de douleur en s'écorchant au verre effilé.

_ « Yuki… » murmura-t-il en appuyant sa tête contre le meuble derrière lui.

Tout son univers s'écroulait. Ou plutôt il l'avait fait quand Yuki avait décidé de le quitter. Avec lui, Shuichi aurait pu tout supporter, même sa cécité. Mais depuis ce jour-là, il était seul dans les ténèbres. Il avait peur. Chaque fois qu'il dormait, il faisait d'horribles cauchemars, et il ne pouvait même pas trouver le réconfort d'une lumière salutaire en ouvrant les yeux. Il n'avait plus aucun repère, il ne différenciait le jour de la nuit que grâce à Maïko qui rythmait sa journée en lui apportant ses repas, et en l'aidant pour se laver et s'habiller. La menace pesante de Tôma et maintenant, son père qui le battait. C'en était trop. Shuichi ne supporterait pas de partir là-bas, seul, en Amérique. Il perdrait toute sa vie, toute sa famille, tous ses amis, et aussi son amant, même si celui-ci l'avait quitté. Sa vie était complètement détruite, alors autant en finir tout de suite. Il affirma sa prise sur le morceau de verre, l'appliqua contre son poignet gauche et l'enfonça d'un coup dans la chair. Il ne cria même pas quand il trancha toute la largeur de son poignet, et recommença deux fois. Il voulut faire de même avec son autre poignet, mais il eut un vertige et s'effondra d'un seul coup sur le sol …

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Un bruit lourd à l'étage, comme quelque chose qui tombe, fit taire tout le monde au rez-de-chaussée.

_ « Qu'est-ce que c'était ? » s'inquiéta Mme Shindô.

_ « Ça venait de la chambre de Shuichi ! » s'écria Maïko en remontant précipitamment l'escalier.

_ « Donnez-moi la clé ! » s'exclama à son tour Yuki en fouillant les poches du père.

L'objet obtenu, l'écrivain se précipita à la suite de la lycéenne. Quand il arriva en haut de l'escalier, Maïko frappait la porte avec ses poings en appelant son frère, mais elle n'obtenait toujours aucune réponse. Le blond la rejoignit et essaya d'appeler aussi tout en déverrouillant la porte. Quand il ouvrit, il s'arrêta net sur le seuil de la chambre.

_ « Shuichi ! » s'écria-t-il soudain en se précipitant vers son amant toujours en caleçon.

Le chanteur gisait au sol, inconscient, du sang s'écoulant lentement de ses plaies au poignet. Avec dextérité, Yuki attrapa le drap du lit, en recouvrit l'adolescent qui grelottait et en déchira un pan pour panser le poignet blessé. Le romancier n'avait pu s'empêcher de remarquer le désordre ambiant, mais c'était surtout les traces de coups sur le corps de son compagnon qui le plongeaient dans une colère froide. Cependant, il sut mettre ses envies de meurtre de côté pour lancer à Maïko :

_ « Il n'a pas fait ça il y a bien longtemps ! Appelle une ambulance, vite ! on peut encore le sauver ! »

_ « Haï ! » obtempéra aussitôt la jeune fille en redescendant.

Pendant ce temps, l'écrivain tentait de réveiller Shuichi.

_ « Oi, Shuichi ! Réponds-moi, Shuichi ! »

_ « … huuugh…. Non… otôsan… gémit l'artiste dans son inconscience en se protégeant instinctivement le visage. M'envoie… pas… là-bas… onegai… protège-moi de Seguchi… Je t'aime,otôsan… Et j'aime Yuki… »

_ « Ne touchez pas mon fils ! » cria Shindô-san qui était monté lui aussi.

_ « C'est plutôt vous qui n'avait pas intérêt à le toucher ! l'invectiva le blond en serrant son compagnon dans ses bras en un geste protecteur. Regardez donc ce que vous lui avait fait… »

_ « C'est à cause de vous qu'il a fait ça ! Vous… »

_ « Non, tout est de votre faute ! Vous le livrez en pâture au seul homme au monde qui a juré sa perte, vous le laissez manquer se faire violer et en prime, vous le tabassez pour tous les malheurs qu'il a subi ? L'homosexualité n'est pas un maladie horrible ! C'est le fruit d'un amour véritable entre lui et moi ! Et si vous n'aviez pas été aveuglé par votre dégoût et votre avidité, vous auriez découvert le véritable visage de Seguchi ! Shuichi a plus que jamais besoin du soutien de ses proches, mais vous, vous avez fait tout le contraire ! »

_ « C'est faux ! Je n'agis que pour son bien ! se récria le père. Si je l'ai battu, c'était pour le raisonner ! Il a essayé de violer sa propre sœur !»

_ « Vous vous mentez à vous-même… Vous savez très bien qu'il ne ferait jamais ça à sa sœur. Si vous l'avez frappé, c'est parce qu'il vous dégoûte… parce qu'il est homosexuel… Et vous avez pris le premier prétexte qui vous est venu à l'esprit… Vous êtes vraiment pathétique… »

_ « Qu…quoi ? Je vous interdis.. »

_ « URUSAI ! Et cassez-vous avant que je vous bute… » cracha le blond d'un ton cinglant.

_ « Mais… »

_ « Shuichi ne remettra jamais les pieds dans cette maison, je vous le garantis… Pas après ce que vous lui avait fait subir. Je ne vous laisserai plus porter la main sur lui… »

_ « Pfff ! lâcha le père. Faites ce que vous voulez après tout. Vous me débarrasserez de cette souillure. »

Ce fut la sirène de l'ambulance et l'arrivée de secours qui empêchèrent Yuki de démolir le géniteur de son amant. Au moment où les ambulanciers installaient Shuichi dans le véhicule, Yuki , qui passait près du père pour rejoindre sa voiture, lui glissa à l'oreille :

_ « Malgré ce que vous lui avez fait, c'était vous que Shuichi appelait désespérément dans son inconscience… »

Shindô-san se retourna vers le blond avant de regarder son fils, allongé sur le brancard qu'on embarquait dans l'ambulance.

_ « Kami-sama… gémit-il en tombant à genoux. Qu'ai-je fait ? »

_ « Vous avez perdu votre fils… répondit froidement l'écrivain. Maintenant, il est à moi, et personne d'autre que moi ne prendra soin de lui… Maïko, fit-il ensuite à la lycéenne, tu veux m'accompagner ? Je vais suivre l'ambulance. »

_ « … Haï, Yuki-san… » acquiesça la jeune fille après avoir regardé son père avec anxiété, mais se laissant finalement convaincre par le regard franc et décidé du romancier.

Yuki laissa alors les Shindô, et regagna sa voiture en compagnie de Maïko pour suivre le véhicule de secours…

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

À SUIVRE …

AU PROCHAIN EPISODE : Le temps des promesses

Commentaires de fin : Ben pour une fois, le commentaire de fin va être fait par ma bêta-lectrice Patou-chan ! A toi ma pupuce !!!

Patpat : Je scouatte la place pour te dire que finalement, ça a du bon quand tu es bloquée! Ca donne toujours quelque chose de bien. Mdr. En tout cas, Yuki, je suis contente que tu aies balancé ta bonne petite réplique de fin dans la face du père Shindô. Bien fait pour sa gueule. Maintenant t'as intérêt à prendre bien soin de Shu-chan...

Yuki : Me fais pas chier, sale gamine. Evidemment que je vais prendre soin du Shuichi... N'est-ce pas Shu-chan... (sourire lubrique)

Shuichi : Pitié, Pat-chan ! Sauve moi de ce pervers qui pense qu'à me sauter dessus ! Je suis aveugle, nom d'un chien !

Patpat : Et alors, ça n'empêche rien...

Yuki : Tu vois bien, Shu-chan... Elle est d'accord avec moi... Allez viens là, je vais te réconforter...

Patpat : Kyah!!!! C'est trop kawaii!!! (mode super fan de yaoi activé)

Toma : Hé dites les filles ? pourquoi je suis si méchant dans ce chapitre moi ?

Shizu : parce que tu l'es ! Na !

Toma : mais c'est faux ! J'ai jamais rien fait de mal, moi ! Je fais ça pour aider Shindô-san. Plus vite il pourra se débrouiller seul avec son infirmité, plus vite il pourra recommencer à chanter

Yuki : dans ce cas-là, va voir ailleurs si on y est, Seguchi. Je veux pouvoir profiter à fond de mon amant…

Shuichi : aaaah… Non, Yuki… Yamete… Oooooh…. Yukiiiiii…. Ouiiiiiii…. C'est bon ! Continue !

Karla : Hum… Heuuu… si on les laissait là ?

Toma : Non ! je peux pas laisser mon Eiri avec ce sale gamin !

Shizu : K ! Sakano-san ! venez nous aider ! Toma veut pas partir

Toma, emmené de force : Non ! Je veux rester ! Je veux mon Eiriiiiiii !

Patpat : Vas-y, casse-toi ! Yuki et Shuchan... Continuez... Tu viens Shizu, on va s'amuser aussi ^^ (sourire lubrique)

Shizu : OH OUIIIII MA PUPUCE ! (lui saute au cou pour l'embrasser)

Karla : Heuuuu… Bon, je vais partir aussi… (toute gênée) on espère tous que ce chapitre vous aura plus. Mata ne !

Lexique :

Arigatô / arigatô gozaimasu / Dômo arigatô gozaimasu : merci - merci beaucoup

Chan/kun/san : Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)

Gomen / Gomen ne : pardon, désolé

Haï : oui (je le mets pour les baka qui le sauraient pas)

Kami-sama : Oh mon dieu!

Moshi-moshi : allô ?

Okaasan :Maman

Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît

Onii-chan / onii-san : petit frère ou grand frère, ci comme vous préférez

Onee-chan / onee-san : petite sœur ou grande sœur, ci comme vous préférez

Otôsan : Papa

Seme : le « dominant » dans un couple homosexuel, du verbe « semeru » = attaquer

Uke : le « dominé » dans le couple homosexuel, du verbe « ukeru » = recevoir, généralement plus petit et plus efféminé que le seme

Urusaï : Ta gueule, ferme-la, tais-toi

Yaoi : genre apparu en 1992, c'est un genre dérivé du shoujo manga (manga pour filles). Il dépeint les relations sentimentales et sexuelles entre 2 hommes.

- serait l'acronyme de « Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi » = « no climax, no point, no meaning » en anglais, ou en bon français = sans dénouement, sans utilité, sans sens » (en gros un PWP = Plot what plot)

- viendrait aussi de l'expression « YAmete Oshiri ga Itai » = littéralement « arrête j'ai mal au cul ». Les Japonais préfèrent d'ailleurs à cette expression un peu crue le terme « boy's love ». Personnellement, j'aime beaucoup la 2e définition, pas vous ?^^ héhéhé…. Nyark nyark nyark…

Yamero / yamete : arrête / arrêtez

Yuki : littéralement en japonais, signifie "neige"

13