Bring me to the light
Chapitre X : Une nouvelle vie commence
Auteur : Shizuka Kurai
Genre : darkfic, mais pour vous consoler, YAOI CHAPTER AVEC UN BEAU LEMON!!!(ça faisait longtemps), comédie
Série : Gravitation
Pairing : Yuki Eiri X Shindô Shûichi, et un Shuichi X Yuki ? peut-être…
Persos :Uesugi Tatsuha, Mizuki_san, K, Rage
Disclaimer : Persos de Maki Murakami
Remerciements : Je remercie déjà Yuki et Shuichi, pour leur aimable participation et leur obligeance d'avoir accepté d'interpréter mon scénario, ainsi que K et Rage_san, Patou pour sa relecture, et bien entendu, l'illustre Moi pour avoir écrit ce chapitre génial !!! MWAHAHAHAHAHA !!!
Yuki :et la tête, ça va ? pas trop enflée ?
Shizu : je t'ai pas demandé ton avis, tonton…
Commentaires : Bon, voilà un autre chapitre génial de la génialissime Shizuka-hime. Il a un peu tardé (vous pouvez d'ailleurs toutes remercier Patpat qui disait que mon lemon était pas assez bien et qu'il fallait que je recommence. J'ai dû le refaire 3 fois…), mais je pense qu'il sera à la hauteur de vos espérances.
Yuki : maintenant ce sont ses chevilles qui ont doublées de volumes
Shizu : Urusai ! Je suis géniale ! C'est pas ma faute !
Yuki : si, surtout quand on est débile comme toi.
Shizu : Raaaah ! T'es trop méchant !!!
Yuki : c'est à la hauteur de tout ce que tu nous fais subir dans tes histoires débiles. Surtout à Shuichi. Alors t'as intérêt à arrêter de l'embêter si tu veux pas que je mette en colère.
Shizu : Pfff ! Si tu crois que tu me fais peur ! Tu vas voir ! Je vais me venger dans le prochaïn chapitre, c'est toi qui va en prendre plein la tête… Nyark nyark nyark…
Yuki : essaie toujours…
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Résumé du chapitre précédent : Après la tentative de suicide de Shuichi, Yuki fait les démarches nécessaires pour devenir le tuteur du musicien jusqu'à sa majorité, et pouvoir surtout le garder auprès de lui, pour le protéger de son père et de Toma. Et puis, il veut faire sortir Shuichi de l'apathie dans laquelle il se languit depuis qu'il est aveugle, et dans laquelle sa sœur le maintenait farouchement en croyant le protéger…
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(en italique et entre parenthèses, ce sont les commentaires de l'auteur et des protagonistes de l'histoire)
(Note : toutes les dates sont prises en fonction de l'année 2007)
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Jeudi 5 Avril
Une autre semaine s'écoula ainsi, Shuichi couinant comme un gosse dès qu'un truc l'effrayait, et Yuki gardant de moins en moins son calme devant les caprices de son amant. Malgré l'aide d'un formateur spécialisé qui venait une heure chaque jour pour aider Shuichi, ce dernier était toujours terrifié à l'idée de traverser le salon sans raser les murs pour avoir un appui. De plus, Yuki était obligé de rester avec son amant durant l'heure de formation parce que le chanteur avait peur de rester seul avec un inconnu. Depuis qu'il avait ramené Shuichi, le romancier avait à peine eu un moment à lui, et il commençait à se demander s'il n'aurait pas mieux fait de l'installer dans un institut jusqu'à ce qu'il soit habitué à son handicap. Ça faisait deux semaines qu'il n'avait quasiment rien pu écrire parce qu'il devait sans cesse surveiller son maladroit colocataire. Eiri n'était pas plus sorti pour faire quelques courses, parce que Shuichi fondait en larmes dès qu'il faisait mine de partir, et le blond avait dû déléguer ces tâches à la seule personne de confiance qu'il connaissait et qu'il acceptait encore de voir : Mizuki-san, sa responsable d'édition. Yuki avait perdu tout contact avec son beau-frère depuis l'opération de Shuichi, et avait même interdit à sa sœur Mika de venir le voir, car après tout, elle était l'épouse de l'homme qui était à l'origine de toute cette histoire. Mais tout ceci commençait vraiment à peser sur la patience du romancier, et ses nerfs étaient mis à rude épreuve par le comportement de son amant. Le blond avait tenté d'aider et soutenir le chanteur, mais celui-ci semblait parfois profiter de son handicap pour se mettre à pleurnicher et se faire cajoler. Et plus le temps passait, plus Shuichi cherchaït les câlins de son compagnon, câlins que Eiri commençait à lui refuser de plus en plus souvent. Deux semaines à peine s'étaient écoulées depuis son retour, et le musicien était encore plus invivable qu'avant. Si bien qu'un jour, les jérémiades de l'adolescent eurent raison de la patience de l'écrivain.
_ « Aaaah ! Kuso ! C'est juste un morceau de pain, baka ! s'écria le blond, exaspéré. Laisse-le, je le ramasserai tout à l'heure ! »
_ « Mais, si je marche dessus et que je glisse, je… » tenta de se défendre l'artiste, les larmes aux yeux.
_ « URUSAI ! s'emporta Eiri en frappant la table d'énervement. Pour l'instant tu manges, alors tu vas pas marcher dessus ! Tu vas pas nous faire le cirque à chaque fois que tu fais tomber un truc, bon sang ! »
_ « Mais… »
_ « RAAAH ! J'EN AI MARRE ! TU M'AGAÇES ! cria le blond. Tu arrives à te débrouiller très bien quand tu le veux, mais dès que je suis là, on dirait que tu fais exprès d'accumuler les conneries ! Je te laisse finir de manger tout seul, je vais aller m'acheter des cigarettes. »
_ « Non, Yuki ! s'écria le chanteur pris de panique à l'idée de rester seul. J'ai peur… »
_ « Et tu risques d'avoir encore plus peur si je sors pas pour me calmer les nerfs ! Ça fait deux semaines que tu m'empêches de sortir parce que t'as la trouille, et que tu ne veux pas rester seul avec quelqu'un d'autre que moi. Malheureusement pour toi, kuso no ko, je ne resterai pas toujours coller à tes basques pour vérifier que tu ne te fasses pas mal. Je te l'ai dit avant de venir ici : "si tu reviens avec moi, tu devras apprendre à te débrouiller seul". Ta priorité, c'est d'apprendre ça, alors cette fois-ci, plutôt que de te surveiller de loin, je vais te laisser seul un moment. Là tu seras bien obligé de te démerder sans moi ! Sur ce, moi je me casse ! »
Shuichi n'avait rien pu ajouter que Yuki était déjà parti en claquant la porte, et l'artiste se retrouva seul, dans le silence du grand appartement.
_ « Yuki… » gémit l'adolescent, bouleversé par les paroles de son amant.
Se sentant trahi à nouveau, le musicien se mit à pleurnicher à chaudes larmes. Il sanglota ainsi pendant au moins cinq bonnes minutes, puis finit par se calmer quand il comprit que Yuki l'avait vraiment laissé pour un moment. Il s'essuya le visage avec sa serviette et reprit son repas, mais il avait perdu tout appétit. Au moment où il allait se lever pour essayer de débarrasser la table, espérant que son amant soit fier de lui s'il y arrivait sans tout casser, il sentit des mains se poser sur ses yeux.
_ « Yu… Yuki ? s'étonna-t-il d'une voix légèrement apeurée. Que… Qu'est-ce que tu fais ? »
_ « Tout va bien, Shuichi… susurra la voix suave de l'écrivain. J'ai envie de te faire plaisir, alors suis-moi sans protester, d'accord ? »
_ « Ha… Haï… acquiesça l'artiste, étonné de ce revirement et peu rassuré par la nuance étonnement sensuelle des paroles de son compagnon. Mais on doit débarrasser la table avant… »
_ « Laisse, on s'en occupera plus tard… murmura le romancier à son oreille. Pour l'instant, je te veux, toi… »
_ « Non ! Arrête, Yuki ! » voulut s'insurger Shuichi quand il sentit une langue chaude et humide s'insinuer dans son oreille.
_ « Huum… je vois… Tu préfères aller directement dans la chambre, ne ? » fit la voix, empêchant le musicien de se débattre.
_ « Non…! Yuki… Arrête… » essaya de s'opposer faiblement l'artiste, lentement paralysé par une angoisse grandissante.
_ « Laisse-toi faire, Shuichi… » chuchota l'autre jeune homme en l'entraînant lentement dans le couloir, après lui avoir passé son écharpe autour des yeux.
Là, ça commençait sérieusement à intriguer le musicien. Quel besoin avait Yuki de lui bander les yeux alors qu'il était aveugle ? Mais ce fut quand il se sentit soulevé puis déposé délicatement sur le lit qu'il se mit à avoir vraiment peur. En sentant le matelas bouger, l'adolescent sut que son compagnon s'était assis au bord du lit. L'artiste voulut s'écarter, mais les tremblements qui agitaient son corps lui refusèrent tout mouvement. Shuichi se retrouva alors plaqué contre l'oreiller et des lèvres vinrent se poser sur les siennes. Gardant les dents résolument serrées, il empêchaït à la langue adverse tout passage vers la sienne.
_ « Ouvre la bouche, Shuichi… fit la voix de l'écrivain. Ça n'en sera que meilleur… »
_ « JAMA…Huuum ! »
Mauvaise idée. Shuichi avait voulu exprimer son refus par des mots, mais il le regretta vite quand la langue habile du romancier se glissa entre ses lèvres. Le chanteur essaya de se débattre, mais l'autre pesait de tout son poids sur lui et maintenait fermement ses poignets plaqués contre le matelas. Très vite, l'artiste comprit que quelque chose était vraiment bizarre. Surtout quand une main experte se faufila sous son pull pour caresser son torse. Cette façon de caresser, d'embrasser… Ça ne ressemblait pas du tout à Yuki. S'était-il passé quelque chose pour que le blond agisse ainsi ? Ou bien alors, ce n'était pas Yuki ? Cette idée qui germa dans le cerveau du chanteur devint soudain conviction quand son agresseur lui murmura un "chéri" mielleux à l'oreille en lui demandant de se détendre. L'adolescent se pétrifia alors de terreur et se remit à trembler. Il pouvait sentir le membre gonflé du pseudo Yuki contre son entrejambe, même à travers l'étoffe de leurs deux pantalons respectifs. Qui était-ce ? Il ne le savait pas… Et bien que l'autre ait une voix similaire à celle de Yuki, un seul nom, un seul visage vint à l'esprit du chanteur : Seguchi Tôma.
_ « Shuichi ? » s'inquiéta le faux Yuki quand les premiers sanglots du musicien l'apostrophèrent.
Il n'eut pas le temps d'en dire plus qu'une voix glaciale et meurtrière lui lança :
_ « On peut savoir ce que tu fous là, Tatsuha ? Lâche Shuichi immédiatement avant que je m'énerve. »
_ « Haaa… Hahaha… rit le brun d'un air gêné en se tournant vers la porte de la chambre. Onii-san… »
_ « Lâche-le tout de suite ! » rugit le blond.
_ « Yu… Yuki ? » bafouilla le musicien, complètement déboussolé d'entendre deux voix de Yuki.
Comprenant à la voix tremblante de Shuichi que la plaisanterie avait été trop loin, Tatsuha dénoua aussitôt l'écharpe autour de ses yeux, et il fut stupéfait quand le chanteur le regarda droit dans les yeux et lui demanda :
_ « Si vous êtes pas Yuki, alors vous êtes qui ? »
Le brun ne répondit pas et tourna la tête vers son frère avec une expression intriguée.
_ « Vous êtes qui ? hurla soudain l'artiste en commençant à se débattre. Yuki ! Aide-moi !!! »
Tatsuha essaya de retenir son sempai (Note de Shizu : je vous rappelle que Shu est plus vieux que Tatsu. Même s'il en a pas l'air !), mais celui-ci s'agitait de plus en plus en poussant des cris hystériques. Yuki se précipita alors vers son frère qu'il envoya valser au sol en le tirant par le col de son pull, et s'approcha de Shuichi pour tenter de l'apaiser. Mais dès que l'artiste se sentit libre, il se redressa et s'enfuit de l'autre côté du lit où il chuta lourdement par terre, avant de se faufiler sous le lit pour échapper à ses tortionnaires. Il n'arrivait pas à calmer ses tremblements ni sa respiration saccadée qu'il tentait de faire la plus discrète possible, comme s'il craignait qu'on le trouve.
_ « Qu'est-ce qui t'a pris, bon sang, bakayaro ? explosa soudain l'écrivain en se tournant vers son frère. Je t'aurais jamais cru assez dégueulasse pour profiter de la situation ! Seguchi passe encore, mais toi ! »
_ « Mais qu'est-ce qui se passe à la fin, aniki ? demanda Tatsuha, l'air sincèrement inquiet et incompréhensif. Je ne comprend rien ! Pourquoi Shuichi n'a pas semblé me reconnaître ? »
_ « Tsss… Comme si tu le savais pas, baka ! Parce qu'il est aveugle, bien sûr ! »
_ « Qu… Quoi ? » balbutia le brun en virant soudain au blanc grisâtre.
_ « Hééé ! T'évanouis pas chez moi, baka ! » s'exclama le romancier en retenant son frère qui vacillait.
_ « N… Non… balbutia le moine. Ça va, aniki… La nouvelle m'a surpris, c'est tout… »
_ « Là c'est toi qui me surprend… » s'étonna le blond.
_ « Aurais-tu oublié que j'étais parti à un séminaire pendant les quatre derniers mois au temple Fukushima dans la région de Tohoku(1)? lui répondit son cadet. Le séminaire s'est terminé un peu plus tôt que prévu, alors j'ai voulu profiter de ces quelques jours de répit pour faire un détour et passer vous voir avant de retourner à Kyoto. »
_ « Mika ne t'a pas prévenu ? »
_ « Comment aurait-elle pu le faire ? Ce temple était complètement coupé du monde. Surtout cet hiver avec toute la neige qui est tombée. Y avait pas de téléphone, les portables ne passaient pas et le facteur doit passer à peine une fois tous les six mois. »
_ « Bon, écoute, je t'expliquerai tout en détails un peu plus tard, mais pour l'instant, on va faire sortir Shuichi de là-dessous, » trancha le blond.
_ « Haï, aniki. »
Pendant ce temps, sous le lit, Shuichi continuait de trembler en entendant les voix et les mouvements des deux hommes autour de lui. Alors qu'il s'étonnait du silence qui venait de se faire, une voix le fit soudain sursauter, et il se cogna la tête contre le sommier.
_ « Shuichi ? fit le blond en s'accroupissant pour regarder sous le lit. Allez, sors de là-dessous maintenant. »
_ « N… NON !!! » balbutia l'artiste affolé en se tenant la tête. T'es pas mon Yuki ! Va-t'en !!! »
_ « Shuichi, sois raisonnable. C'est bien moi le vrai Yuki. »
_ « N…Non ! Je sais que vous mentez tous les deux ! Vous avez été envoyé par Seguchi pour me violer, c'est ça hein ? Ou peut-être même me tuer !»
_ « Raconte pas n'importe quoi, kuso no ko, » fit froidement l'écrivain avec un soupir agacé.
Ce ton glacial… Ce surnom amical… (Note de Shizu :Oui bon là, on est du point de vue de Shuichi. Débile comme il est, quand il peut faire sortir ce sobriquet peu poli à son amant au lieu d'un silence pesant, il est forcément tout content)Il n'y avait que Yuki Eiri, le seul, le vrai, l'unique Yuki Eiri pour l'appeler de cette manière…
_ « Yuki… ? » lâcha-t-il d'un ton hésitant.
_ « Oui, Shuichi, c'est moi, confirma le blond. Viens, maintenant. »
_ « Allez, Shu-chan, t'as rien à craindre, » crut bon de renchérir Tatsuha.
_ « AAAAH ! hurla Shuichi, pris de panique. Le pervers est encore là ! »
_ « Tatsuha… fit glacialement le romancier. Tu veux me rendre un service ? »
_ « Haï, aniki ? »
_ « URUSAI, BAKA ! » cria le blond en cognant sur le crâne du brun qui s'était agenouillé près de lui.
Le moine acquiesça avec un gémissement contrarié, en massant son cuir chevelu douloureux.
_ « Shuichi ? appela à nouveau le blond, se désintéressant totalement de son frère. L'imbécile qui t'a peloté n'était personne d'autre que cette andouille de Tatsuha… »
_ « Hé ho ! » protesta le sus-insulté.
_ « … » le toisa meurtrièrement l'écrivain.
_ « Huum… Ok, je me tais… »
_ « Ça vaut mieux pour toi, "ototo-chan" … siffla Yuki avant de se reconcentrer sur son amant. C'était Tatsuha, Shuichi, et comme il revient d'un long séminaire, il ne savait pas pour ta cécité, et il ne pensait pas du tout, comme à son habitude d'ailleurs, qu'il allait te faire peur. Alors sors de là-dessous, tu n'as rien à craindre. »
_ « … j'ai peur… » gémit le musicien après un silence.
_ « Je suis là, Shuichi… » fit simplement le romancier.
Le chanteur ouvrit les yeux en espérant apercevoir son compagnon, mais ses pupilles d'azur ne lui offraient que le noir absolu.
_ « Qu'est-ce… qu'est-ce qui me prouve que t'es bien Yuki ? demanda l'adolescent d'un ton craintif. Je te vois même pas… »
_ « Donne-moi la main, » ordonna le blond.
_ « Hein ? »
_ « Donne-moi la main, » répéta le romancier.
_ « Mais je la vois pas ! » pleurnicha le gamin.
_ « Elle est juste devant toi, t'as qu'à tendre la tienne. »
_ « N… Non ! »
_ « Raaah ! T'es pénible ! » s'écria Eiri en s'allongeant de façon à pouvoir atteindre la main de Shuichi.
_ « AAAAAAAAH ! » hurla le musicien en sentant une main se saisir de la sienne.
_ « Calme-toi, baka ! Là, tu reconnais pas ma main ? Tatsuha te touchait-il de la même façon ? »
_ « … Je… je sais pas… »
_ « Tatsuha te touchait-il de la même façon, Shuichi ? » insista Yuki d'une voix ferme.
_ « Je sais pas ! » s'écria l'artiste, effrayé.
_ « Aniki ! T'as pas besoin d'être aussi dur avec lui, quand même ! » s'indigna le moine.
_ « Réponds-moi, Shuichi ! » demanda à nouveau le romancier sans se soucier de son frère.
Le silence se fit de longues minutes, Shuichi s'efforçant de réprimer les martèlements de son cœur pour se concentrer sur la main qui étreignait la sienne. Cette poigne à la fois ferme et douce… Il la reconnaîtrait entre mille, et même sans en voir le propriétaire. Le toucher de celui qui avait tenté de le violer tout à l'heure était sensuel et entreprenant, mais il n'avait pas cette douce brutalité qui caractérisait l'écrivain. Ce n'était absolument pas pareil et le musicien était finalement plus rassuré par la brusquerie de Yuki que par la douceur de l'autre homme.
_ « Alors ? » entendit-il soudain le blond lui demander.
_ « N…Non… c'était pas pareil… répondit Shuichi. Y a que toi pour me tenir la main comme ça, Yuki… » lâcha-t-il dans un sourire en étreignant un peu plus fort la main de son amant.
_ « Bon, alors sors de là-dessous. »
_ « Haï, Yuki. »
Aidé par son compagnon, Shuichi sortit enfin de son refuge pour se blottir aussitôt dans ses bras en tremblant. Furieux contre son frère, mais aussi contre lui_même de ne pas avoir fait changer la serrure de la porte d'entrée, l'écrivain agressa aussitôt le brun.
_ « Kuso ! Ce que tu peux être abruti parfois, baka ! » cria-t-il au bonze, effrayant au passage le musicien qui se méprit sur ses paroles.
_ « Ah, gomen ne, Yuki ! s'excusa aussitôt le chanteur avant même que Tatsuha ne réponde. Mais sur le coup, j'ai vraiment cru que c'était toi ! Vous avez presque la même voix tous les deux alors j'ai confondu ! Gomen nasai ! Hontoni gomen nasai ! »
Le blond soupira de sa maladresse et de la stupidité de son amant, et fit à celui_ci :
_ « C'est pas à toi que je m'adressais, baka, mais à Tatsuha. Mais quand tu t'y mets, t'es vraiment aussi crétin que mon andouille de frangin. »
_ « Gomen ne ! » répéta Shuichi qui tremblait toujours.
_ « C'est pas à toi de t'excuser, c'est à l'autre baka de moine débile, » soupira le blond.
_ « Bon, t'as fini de me traiter de tous les noms ? » bougonna le moine en question.
_ « Non, je fais que commencer, ahô… » le fusilla le romancier du regard.
_ « Oh ça va ! C'est bon, je vais m'excuser ! »
_ « … »
_ « Heu… Shu-chan, je… je suis vraiment désolé pour tout à l'heure. Je… je savais pas et… »
_ « Hé ? » s'étonnèrent Shuichi et Yuki en relevant la tête.
_ « Ben quoi ? » fit Tatsuha.
_ « Pourquoi tu parles avec cette voix bizarre, baka de bonze ? » fit le blond.
_ « Hum ! toussota le brun pour "s'éclaircir " la voix. Ben j'essayais de parler de façon plus virile que toi pour que Shuichi puisse nous différencier… »
_ « De façon plus virile ? Laisse-moi rire ! s'esclaffa son frère. T'es surtout ridicule en essayant de prendre une voix plus grave ! »
_ « J'ai toujours été plus viril que toi avec tes cheveux blonds, en tout cas, aniki ! »
_ « Répète un peu pour voir ? cracha le blond, la colère battant à ses tempes. Moi au moins j'ai pas besoin de faire des pieds et des mains pour séduire des filles. Elles tombent comme des mouches à mes pieds »
_ « Tu parles ! Des mouches à merde, oui ! C'est simplement parce que t'es riche et célèbre, et que tes cheveux te donnent l'air européen. Autrement, ça serait pas si facile, même pour toi ! »
_ « Pfff ! Mais moi, je me suis pas rabattu sur les mecs parce que je pouvais pas conclure avec une fille ! »
_ « Quoi ? Qui t'as dit que j'avais jamais conclu d'abord ? Et puis Shuichi alors, c'est quoi ? Tu te fais vieux et tu tiens plus ton coup au lit, alors tu te rabats sur un petit jeune sans expérience ? »
_ « Je vais te… »
La querelle des deux frères fut brusquement interrompue par un rire.
_ « Pfff… Hahahahaha ! pouffa Shuichi, hilare. Vous êtes trop marrants vous deux quand vous vous disputez ! »
_ « … Heureux de voir que ça te fait plaisir… » fit glacialement le blond.
_ « … Heu… En général, on trouve pas ça "marrant" quand deux personnes se disputent, Shu-chan… » ajouta le brun, décontenancé.
_ « Hahahahahahahaha !!! T'es encore plus marrant quand tu prends une grosse voix comme ça, Tatsu-kun ! Hahahahaha ! »
_ « … » se turent le moine et l'écrivain, toute colère retombée.
Un peu penaud, les deux frères se regardèrent. En quelques secondes à peine, Shuichi avait réussi à détendre l'atmosphère, et ce avec un simple éclat de rire. À la grande surprise de Tatsuha, le romancier esquissa un sourire amusé avant de se mettre à rire, bientôt rejoint par le moine gagné à son tour par le fou rire général. Après cinq bonnes minutes de franche rigolade, les trois compères commencèrent à se calmer pour pouvoir reprendre leur souffle.
_ « Tatsuha-kun… » fit alors Shuichi entre deux respirations.
_ « Haï ? »
_ « Tu sais, t'as pas besoin de changer ta voix pour parler quand je suis là. »
_ « Pourquoi ? »
_ « Parce que Yuki et toi vous parlez pas de la même manière alors on peut faire la différence,expliqua le musicien. Et puis vous avez pas la même voix non plus. Elles se ressemblent beaucoup mais c'est pas les mêmes. Je m'en suis aperçu tout à l'heure quand vous vous disputiez. »
Cette fois-ci, les deux frères s'observèrent avec étonnement. Jusque là, personne n'avait jamais réussi à différencier leur voix à part Mika et Tôma, mais Shuichi venait d'y arriver en à peine quelques minutes. Pourtant avant, il n'avait jamais pu le faire, mais aujourd'hui il était aveugle, et les seuls moyens qu'il avait pour reconnaître les choses autour de lui, étaient son toucher, son odorat et son ouïe. Et manifestement, il commençait à bien savoir s'en servir. Bien que cela l'agaçait, Yuki devait admettre que la maladresse de Tatsuha avait finalement eu un effet positif : Shuichi avait ri pour la première depuis des semaines, et avait réussi à identifier les deux frères autrement que par ses yeux, alors qu'il en aurait été incapable avant.
_ « Yuki ? » entendit enfin l'écrivain.
_ « Huh ? quoi ? »
_ « Non, rien, le rassura le chanteur. C'est juste que tu parlais plus, alors je me demandais si t'allais bien. »
_ « Haï, Shuichi, tout va bien, répondit aussitôt le blond. Ça me fait plaisir de t'entendre rire à nouveau. Bon allez, debout. On va pas reste indéfiniment assis sur ce plancher glacial, » fit-il ensuite pour éviter toute question embarrassante, en aidant Shuichi à se relever.
Cependant, plus troublé sans doute qu'il ne le pensait lui-même, le chanteur se sentit brusquement mal en se redressant et, pendant une demi-seconde, il lui sembla flotter dans un étrange brouillard. Quand il reprit ses esprits, il était allongé sur le lit, la main de quelqu'un qu'il ne voyait pas posée sur son front.
_ « Shuichi ? » fit une voix anxieuse.
C'était celle de Yuki. La voix de Tatsuha arrivant du couloir lui confirma que c'était bien l'écrivain qui lui tenait maintenant la main.
_ « Tiens, aniki, fit le brun. Ton verre d'eau. »
_ « Arigato, » le remercia le blond.
Prenant le verre, Yuki souleva doucement la tête de son amant, et porta le verre à ses lèvres pour lui faire boire le liquide rafraîchissant. Quand l'artiste eut reprit quelques couleurs, le romancier rendit le verre à son frère, et recoucha délicatement son compagnon.
_ « Ça va mieux, Shuichi ? » demanda-t-il alors.
_ « Haï… répondit l'adolescent, un peu perdu. Mais... Qu'est-ce qui s'est passé ? »
_ « T'as fait un malaise, Shu-chan, expliqua Tatsuha. Tu nous as fichu la trouille à t'évanouir comme ça. Surtout à Yuki… Hihihi…»
_ « Ah urusai, baka ! » aboya l'intéressé en rougissant.
_ « Ah… gomen… » s'excusa le chanteur, embarrassé d'avoir semé la confusion.
_ « Aaah mais t'excuses pas, baka ! lui rétorqua le blond en se retournant vers lui. Tout ça c'est de la faute de cet andouille de Tatsuha ! »
_ « Je suis pas une andouille ! » protesta le moine.
_ « Si tu l'es. Et en plus, tu fais partie de la pire espèce d'andouille : les andouilles débiles. »
_ « Mais je suis pas débile non plus ! »
_ « AAAAAH ! » les interrompit soudain le musicien.
_ « Quoi ? » s'inquiétèrent aussitôt mes deux frères, oubliant leur querelle.
_ « J'ai pas débarrassé la table… » lâcha l'artiste d'un air penaud.
Yuki et Tatsuha le regardèrent fixement, partagés entre la honte et le désespoir devant tant de stupidité.
_ « S'il y avait un concours de débilité, je crois que tu le gagnerais haut la main, Shuichi… » lâcha le blond sur un ton morose.
_ « … gomen… » bredouilla le musicien.
_ « … , se tut le blond. Je parle pas japonais ou quoi, Tatsuha ? » lança-t-il au brun.
_ « Si, si, aniki, confirma son frère. Et Shuichi s'excuse du fait d'avoir sorti une ânerie. »
_ « Merci, j'avais compris, aho, cracha glacialement le blond. Mais ça m'agace qu'il s'excuse constamment alors qu'il a rien fait. »
_ « Moi je crois que c'est parce que Shuichi a besoin d'autre chose après mes taquineries… »
_ « Ah ? Et de quoi il a besoin ? » l'interrogea naïvement l'écrivain.
Le moine se pencha vers le blond et lui murmura quelques mots à l'oreille, ce qui eut pour effet de le faire rougir, autant par l'effleurement des lèvres du brun sur la zone la plus érogène de son corps que par ses paroles.
« Shuichi a besoin de réconfort, aniki… En gros, il a besoin d'un "câlin", avait murmuré le cadet Uesugi. Sa bouche disait "non", mais son corps, lui, disait "oui"… »
_ « Bon je vais vous laisser tous les deux, faut que je me trouve un hôtel pour la nuit, » ajouta le moine en prenant congé. À plus ! »
_ « C'est ça, casse-toi, baka ! » ronchonna le blond en serrant la main de son compagnon pour bien faire comprendre à son frère que Shuichi lui appartenait.
_ « Attends, Tatsu-kun ! » s'écria soudain Shuichi.
_ « Huh ? »
_ « Heu… hésita le chanteur. Tu… tu repasseras nous voir avant de retourner à Kyoto ? Mais pas par surprise cette fois…»
_ « Haï, je viendrai, et je m'annoncerai avant d'arriver, cette fois-ci. »
Un large sourire illumina le visage de Shuichi qui balbutia un "arigatô" reconnaissant. Surpris, Tatsuha resta un instant figé sur le pas de la porte,en regardant le musicien. Il s'attendait à ce que l'artiste soit fâché contre lui, mais finalement il reconnaissait bien là le charme légendaire du chanteur : cette incroyable et touchante naïveté qui lui faisait oublier tous les malheurs qu'on pouvait lui infliger pourvu qu'on ne s'en prenne pas à son Yuki. Constatant que son frangin s'attardait dans son trouble, Yuki l'interpella :
_ « Tatsuha, je vais pas te laisser partir comme ça, fit-il en se relevant. Je vais appeler Mizuki, mon éditrice. Elle te trouvera un hôtel. »
_ « Ha ? Ha, heu… Haï ! se reprit le brun. Arigato, aniki. »
_ « Attends-moi un instant, Shuichi, fit l'écrivain à son amant. Je reviens dans quelques minutes. Tu n'as qu'à t'allonger sous les couvertures. »
_ « Haï. »
Yuki quitta donc la chambre à la suite de son cadet, et appela Mizuki qui accéda aussitôt à sa demande, se proposant même de venir chercher Tatsuha pour le conduire à l'hôtel (…non… pas les "autels" on se marie, voyons ! Je sais bien que Tatsuha est moine mais on va pas le marier à peine rentrer de voyage ! Comment ? Les hôtels où on quoi ? O_o Rooooooooooooooooooh !!! Z'avez pas honte ? bande d'obsédées !J'ai pas parlé de love-hôtels !!! ). Pendant qu'ils attendaient la jeune femme, Yuki en profita pour expliquer toute la situation au brun devant une tasse de café. Tatsuha écouta son frère en silence, horrifié du comportement de Tôma, bouleversé des malheurs de Shuichi. Il était même tellement dégoûté qu'il ne put terminer sa tasse. Quelques minutes plus tard, profitant de l'arrivée de Mizuki qui assaillait l'écrivain de questions à propos de son prochain roman, le moine retourna dans la chambre pour saluer le musicien, mais il ne trouva qu'un lit vide.
_ « Eiriiii ? Viens vite, aniki ! » appela-t-il aussitôt.
_ « Qu'est-ce qu'il y a ? » s'inquiéta le blond en accourant.
_ « Ben, Shuichi a disparu. »
_ « Hein? » fit le blond, affolé, en regardant vers le lit.
_ « Il ne doit pas être bien loin, dit la responsable d'édition pour les rassurer. Allons voir dans les autres pièces. »
_ « Attendez… » l'arrêta le romancier d'un ton ferme.
_ « Yuki-san ? » s'étonna la jeune femme.
Sans ajouter un mot, Eiri se dirigea vers le lit et s'agenouilla juste à côté pour regarder dessous. Et effectivement, il y découvrit ce qu'il cherchait.
_ « Il est là… »
_ « Attends, je vais t'aider, aniki ! » s'écria Tatsuha, une pointe de culpabilité le piquant.
_ « Non ! » refusa son frère en se relevant.
_ « Qu… Quoi ? »
_ « Vous devriez partir maintenant, continua l'écrivain. Je m'occupe de lui. »
_ « Mais … » protesta le moine.
_ « Je pense qu'il a raison, Tatsuha-kun, fit Mizuki en retenant le brun. Nous devrions les laisser. »
Tatsuha se tourna vers son frère. Celui-ci l'observait d'un étrange regard, mêlé de détermination et de supplication. Même si c'était un souvenir flou pour l'enfant qu'il était alors, le brun se rappela avoir vu ce regard chez son frère il y a neuf ans, quelques semaines après son viol. Tatsuha n'avait à peine 10 ans à l'époque, mais la détresse de son aîné l'avait profondément marqué, et il n'aurait jamais cru revoir cette expression sur son visage.
_ « B… bon, très bien… céda le moine à contrecoeur en serrant les poings d'impuissance. Mais s'il y a un problème, appelle-moi, aniki…
_ « … Pas besoin de ton aide… » grommela le blond en essayant de retrouver sa froideur habituelle.
_ « Onegai shimasu, Eiri… le supplia le brun d'une voix tremblante. Je m'inquiète pour Shuichi moi aussi… »
_ « … Haï, je le ferai, baka… répondit sobrement son frère. Si ça t'amuse de te mêler des affaires des autres…»
Un silence angoissant s'installa sur la pièce. Ce fut Mizuki qui le rompit en saluant Yuki avant d'entraîner Tatsuha vers la sortie. Se retrouvant enfin seul, le blond poussa un soupir fatigué, puis s'accroupit à nouveau près du lit. Shuichi avait sans doute dû cauchemarder à nouveau, et s'était réfugié sous le lit avec son Kumagoro dans les bras. Et il s'était endormi là, recroquevillé sur lui-même comme un animal apeuré. Se glissant sous le lit, Eiri réveilla doucement son amant avant de le faire sortir de sa cachette pour le recoucher sur le matelas. À moitié réveillé, l'artiste se rendait à peine compte de ce qu'il lui arrivait. Sinon, il eut été certain qu'il se serait débattu. Pourtant, au moment où le blond s'apprêtait à le quitter, il sentit qu'on le retenait par sa chemise.
_ « …Yuki… » fut tout ce que le chanteur murmura d'une voix plaintive, les yeux mi-clos.
_ « Je suis là, Shuichi… » lui répondit doucement l'écrivain.
Sans qu'il s'y attende, son compagnon se redressa soudain pour se jeter dans ses bras.
_ « Hé là, Shuichi ? Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta-t-il aussitôt en étreignant son amant. Tu as encore fait un cauchemar ? »
_ « …huum… » lâcha seulement le musicien en acquiesçant de la tête.
_ « Tu sais bien que je ne suis jamais loin, Shuichi. Alors tu n'as pas à avoir peur. »
_ « Menteur… »
_ « Hein ? »
_ « Tu es parti tout à l'heure… tu m'as laissé tout seul, et… et… Seguchi-san… »
_ « Mais bon sang, c'était pas Seguchi, c'était cette andouille de Tatsuha ! Combien de fois devrais-je te le répéter ? »
_ « Je… je sais que c'était Tatsuha, mais… j'ai vraiment cru que… qu'" il " était revenu… J'ai eu tellement peur, Yuki… »
_ « Je te le redis encore une fois, c'était pas Tôma… » soupira le romancier.
_ « Tu vois que je peux pas rester tout seul, Yuki… commença à se lamenter le chanteur. Parce que je suis en danger… parce qu'il peut m'arriver ce genre de choses et que je peux pas me défendre, et… »
_ « Urusai, baka… » souffla soudain Eiri à voix basse, en repoussant Shuichi sur le lit.
_ « Héééé ! Yuki ! Qu'est-ce que tu fais ? Huuum… »
Shuichi n'eut pas le temps d'en dire plus. Son compagnon venait de sceller ses lèvres avec les siennes. Le musicien ferma les yeux et frémit, un instant apeuré, mais très vite il prit plaisir au baiser de son amant. Ce dernier caressait doucement la chevelure du chanteur, ses joues, son corps à travers le T-shirt qu'il portait. Aux petits gémissements que l'adolescent laissait fréquemment échapper, Yuki comprit que le musicien appréciait le moment. Quand il manqua d'air, il releva la tête pour reprendre son souffle et laisser par la même occasion son compagnon faire de même.
_ « Qu'est-ce que tu disais, Shuichi ? » lança le blond, feignant l'oubli.
_ « Ha ? heuuu… hein ? balbutia l'artiste, un peu à l'ouest. Heuuu… Je sais plus… »
Le silence fit un instant, avant que Shuichi ne lance :
_ « Embrasse-moi encore… » fit-il en enlaçant le cou de son amant dès qu'il l'eut trouvé.
Yuki s'exécuta aussitôt et ses lèvres revinrent emprisonner délicatement celles de son compagnon. Mais soudain, sans raison apparente, le blond brisa soudain leur étreinte, au grand dam de l'artiste qui demanda aussitôt :
_ « Qu'est-ce qu'il y a, Yuki ? Ça ne va pas ? »
_ « Si, tout va bien, Shuichi… répondit l'écrivain. Mais… »
_ « Mais ? »
_ « Je… »
Le blond avait bien ressenti le désir de Shuichi, comme l'avait dit Tatsuha. Mais il savait que son compagnon n'était pas encore tout à fait prêt psychologiquement. La tentative de viol de Seguchi l'avait profondément marqué, et de plus, sa cécité rendait l'univers autour de lui plus effrayant. Yuki avait vu à de nombreuses reprises ces derniers jours à quel point Shuichi était sensible et craintif à la moindre caresse. Il se mettait à frémir dès que la main de Yuki l'effleurait, et la repoussait même dès que le blond voulait tenter une caresse un peu plus tendre. L'écrivain essayait petit à petit de le mettre en confiance, mais la méfiance quasi systématique et inconsciente du musicien ne lui facilitait pas la tâche.
De plus, et c'était seulement maintenant qu'il le réalisait, le fait que Shuichi ne puisse pas le voir le perturbait un peu. Car non seulement il craignait d'effrayer son amant, mais en plus, il ne verrait plus jamais les pupilles d'azur du musicien se plonger dans les siennes avec amour. Avant l'accident, quand il faisait l'amour avec Shuichi, le blond adorait que l'adolescent le regarde avec cette passion débordante d'une affection sincère. Mais désormais, le chanteur ne le regarderait plus de cette manière. Ses yeux resteraient à jamais vides et sans vie, malgré toute la profondeur de ses sentiments.
Et par-dessus cela, Yuki s'en voulait, parce que c'était en partie sa faute si son compagnon avait perdu la vue. Il aimait Shuichi, il en était sûr à présent, mais il n'arrivait pas à se pardonner d'être responsable de tous les malheurs qu'il lui avait apportés depuis quelques mois, entre l'accident, sa cécité, l'agression de Tôma, et il devrait à présent vivre avec ses regrets et ses remords… Cependant, à cet instant, malgré ces remords qui le poignaient et sa volonté de ne pas forcer le musicien, l'écrivain avait du mal à contenir ses ardeurs. Il n'avait pas pu « se défouler » depuis plusieurs mois, et son corps frustré reprenait le dessus sur sa raison.
_ « Yuki, dis-moi, onegai !? » s'inquiéta l'artiste qui, même s'il ne pouvait pas voir son amant, avait senti son trouble.
Seulement, le "trouble" en question n'était pas tout à fait le même pour le blond que celui auquel le musicien pensait.
_ « Gomen ne, Shuichi… s'excusa soudain le romancier en faisant mine de se relever. Je ne vaux pas mieux que Tôma et mon frère finalement… »
_ « Qu…Quoi ? s'étonna le musicien en s'agrippant à sa chemise. Pourquoi tu dis ça, Yuki ? »
_ « Je… j'ai juste voulu te faire taire et essayer de te calmer un peu en t'embrassant, mais quand tu m'as demandé de t'embrasser, j'ai craqué et j'ai eu envie de… »
_ « de…? »
_ « …d'aller plus loin… »
_ « Yuki… »
_ « Gomen ne, Shuichi… »
_ « Non, Yuki ! s'écria Shuichi en se redressant d'un coup. T'excuse p… »
_ « BONK ! » fit la tête du musicien quand elle percuta le menton du blond.
_ « Itaï ! » couina l'artiste.
_ « Kuso ! Kono baka no ko !!! » pesta le romancier en portant la main à son menton.
_ « Gomen Yukiiiiiiii… » gémit le chanteur, de nouveau allongé dans les oreillers en se tenant la tête de douleur.
_ « Kuso ! Je t'ai déjà dit de pas te relever si brusquement ! Tu m'as déjà fait le coup plusieurs fois depuis qu'on est ensemble ! T'es vraiment idiot ! »
_ « …haï… je sais, Yuki… Gomen… » fit l'adolescent à mi_voix en tournant le dos à son amant, pour enfouir son visage dans le coussin.
_ « … Shuichi…l'appela l'écrivain. Retourne_toi… »
_ « … Gomen, Yuki… »
_ « Je te dis de te retourner, répéta le blond. Je veux voir si tu as une bosse. »
Le ton sec du romancier fit aussitôt obéir l'artiste qui se retourna lentement. Yuki l'examina un instant et décréta qu'il n'y avait rien d'assez grave nécessitant d'appeler une ambulance, les pompiers, le SAMU, la SPA, les CRS, la NASA, le MI 6, le FBI, la CIA, le NCIS, Green Peace, Superman, Goldorak…
(Le dico : FIUUUUUUUUU ! BLAM !!!)
(Shizu : AIEUUH !)
(Yuki : T'as pas bientôt fini de délirer, sale gamine ? Ton histoire débile est déjà assez éprouvante comme ça, alors tu serais gentille d'arrêter tes conneries ! )
(Shizu : Oups… hé hé hé… Gomen ne, tonton. Je reprends tout de suite.)
Pour clore son auscultation, le docteur Yuki…
(Shizu : Docteur Yuki !!! MWAHAHAHAHAHAHAHA !!! )
(Le dico : re_FIUUUUUU ! re_BLAM !)
(Shizu : re_AIEUH !!!)
(Shu : Shizu a vraiment trop regardé " Urgences " …)
(Yuki : vraiment n'importe quoi…)
(Shu : je trouve que ça sonne bien, moi, docteur Yuki^_^)
(Yuki (regard de tueur) : Grrr…)
(Shu (regard sadique en brandissant sa chaïse) : Quoi ? T'as un problème ?)
(Yuki : Euh… Non, non…)
Pour clore son auscultation, Yuki embrassa passionnément le musicien, enroulant sa langue autour de celle du musicien comme un serpent autour de sa proie. Les doigts crispés sur la chemise de l'écrivain, et un filet de salive s'écoulant de ses lèvres, Shuichi se délectait de cet instant si doux. Quand enfin le blond consentit à s'écarter pour le laisser respirer, la bosse n'était plus qu'un lointain souvenir.
_ « Shuichi, fit le blond, profitant de l'état d'hébétude de son amant. Pourquoi tu ne m'appelles plus Eiri ? »
_ « Qu… Quoi ? » balbutia le chanteur en revenant peu à peu à lui.
_ « Tu ne m'as plus appelé Eiri depuis que toute cette histoire a commencé. Pourquoi ? »
_ « Ha heuuu… parce que… parce que… »
_ « Pourquoi, Shuichi ? »
_ « Parce que c'est comme ça que t'appelle Seguchi… »
_ « Arrête… souffla le blond après un lourd silence. Arrête de parler de lui. »
_ « Mais j'y peux rien ! J'arrête pas de penser à lui ! s'écria le chanteur. Il revient me hanter chaque nuit dans mes rêves ! Il hante mon esprit dès que j'entends un bruit, et encore plus quand c'est le silence ! J'ai toujours peur qu'il arrive et qu'il me fasse du mal et me sépare de toi et… »
_ « Mais arrête, bon sang ! explosa Yuki en saisissant l'adolescent par les épaules. Arrête de te torturer avec ce sale type ! Je le laisserais plus s'approcher de toi ! Je te jure que si je le revoie, je lui fais la peau ! Je ne le laisserai plus jamais diriger ma vie et m'enlever ce qui m'est cher, tu entends ? JAMAIS !!! »
_ « Arrête !!! » supplia l'artiste, secoué comme un prunier par son compagnon.
Reprenant ses esprits, Yuki le lâcha aussitôt. Shuichi, les mains sur la bouche, essayait de se retenir de pleurer, mais ses yeux étaient déjà humides de larmes. Plutôt de que se perdre en vaines excuses pour lesquelles il n'était de toute façon vraiment pas doué….
(Le dico : BLONK !)
(Shizu : Aieuh ! ça fait mal le dico, tonton !)
(Yuki : ÉCRIS !!!)
(Shizu : Pfff ! Qu'est_ce que t'es susceptible quand même…)
(Yuki : Tiens, mon encyclopédie a besoin de prendre l'air…)
(Shizu : ................bon j'ai du travail moi…………….)
Plutôt de que se perdre en vaines excuses pour lesquelles il n'était de toute façon vraiment pas doué, l'écrivain écarta les mains de Shuichi et l'embrassa à nouveau, forçant le passage entre ses lèvres avec sa langue. Le musicien se calma enfin, peu à peu grisé par la profondeur du baiser, et se laissa rallonger avec douceur sur le lit.
_ « Nous ne devons plus parler de "lui", Shuichi… Plus jamais… lui murmura Yuki à l'oreille quand il se fut séparé de lui. "Il" nous a fait trop de mal à tous les deux… On ne doit plus jamais prononcer ce nom maudit. On doit l'oublier… »
_ « Mais… comment on va faire si on parle d'un truc qui se rapporte à lui ? On peut pas, Yuki, c'est impossible. »
_ « Si c'est possible ! C'est même obligé ! On doit l'oublier ! s'écria le blond. Ou alors… »
_ « Huh ? Quoi, Yuki ? »
_ « Non… Rien… »
_ « Siiiii ! Allez !!! Dis-moi ! » minauda le chanteur en tirant la chemise de son amant.
_ « On aurait pu… »
_ « Oui ? »
_ « Lui donner… un surnom… ridicule… »
À cet instant, l'écrivain était soulagé que son compagnon ne le voit pas virer au rouge tomate, tandis que celui-ci pouffait de rire à l'idée de cette proposition.
_ « Et comment on va l'appeler alors ? » demanda fébrilement le musicien, apparemment enchanté de cette idée.
_ « Hé bien, en fait, j'avais bien une idée, mais… » répondit le blond, soulagé que l'adolescent lui ouvre une porte de sortie à sa confusion.
_ « C'est quoi ? »
_ « …Wi… nnn… » marmonna l'écrivain, un peu honteux.
_ « Hein ? »
_ « Winnie… » répéta Yuki un peu plus fort.
_ « Huh ? »
_ « Winnie ! Tu sais bien ! Winnie ! Comme Winnie l'ourson ! Quand j'étais plus jeune, mon beau-frère m'avait offert un Winnie en peluche, et du coup, je l'avais surnommé "Winnie-onii-chan". »
_ « Pfff… pouffa l'artiste avant d'éclater de rire. HAHAHAHAHAHA !!! C'est trop marrant ça ! Hahahaha ! Et trop kawai aussi ! Tu me prêteras ton Winnie en peluche? »
_ « NE COMPTE PAS LÀ-DESSUS ! » s'écria aussitôt le romancier à la grande surprise du chanteur.
_ « Hein ? Pourquoi ? »
_ « Je… je l'ai plus… Je m'en suis débarrassé quand je suis entré au collège… » tenta d'éluder le blond.
Au ton de la voix de Yuki, Shuichi devina surtout que celui-ci ne disait pas toute la vérité(2). Mais se doutant que l'écrivain refuserait tout net d'en parler, le musicien lança seulement juste un :
_ « Ooooh c'est dommage ! Moi qui adore les peluches ! »
_ « Si c'est des peluches que tu veux, je t'en offrirai plein, Shu-chan… » susurra le blond en embrassant l'adolescent.
Touché que son compagnon l'appelle ainsi, l'artiste répondit simplement à son baiser en murmurant :
_ « Mais il n'y a qu'une seule peluche que je veux près de moi pour me réconforter… c'est toi mon yuki… »
Shuichi entraîna son amant avec lui sur le lit en le tirant par sa chemise, qu'il commença maladroitement à déboutonner…
(Shizu : mais c'est pas facile, vu qu'il y voit rien. Nyark nyark nyark…)
(Le dico : BLAM !)
(Yuki : Arrête de martyriser mon petit ami !)
(Shizu : Ben quoi ? Tu le fais bien toi)
(Yuki : Justement ! Shu m'appartient, alors y a que moi qui ai le droit de le martyriser)
(Shuichi : Quoi ? Yuki, teme !)
Tout aussi fébrile et impatient que le musicien, Yuki ne s'encombra pas de formalités et finit d'enlever sa chemise en l'arrachant d'un geste avant de retourner s'occuper de son amant. Il lui lécha le lobe de l'oreille avant de la mordiller, puis descendit dans son cou pour y laisser un suçon bien marqué.
_ « …huum… Yuki… Déshabille-moi, onegai… » le supplia soudain le chanteur.
_ « Haï… »
Voulant faire durer le plaisir, et surtout éviter de faire paniquer son compagnon, le blond lui ôta lentement son T_shirt en passant de brefs mais avides coups de langue sur le ventre et le torse brûlant du musicien. Shuichi poussait de petits gémissements terriblement excitants qui avaient pour effet de redoubler l'ardeur du romancier. Poitrine contre poitrine, les deux amants s'enlacèrent comme jamais ils ne l'avaient fait auparavant. Shuichi s'agrippait à son amant avec une passion qui lui était peu commune, presque sauvage, et bien que cela étonnait l'écrivain, il en était plutôt ravi. Ne pouvant plus résister à ces longues semaines d'abstinence, Eiri se jeta soudain sur le pantalon du musicien pour le lui enlever. Cependant son empressement le desservit.
_ « Non !!! » s'écria Shuichi quand il sentit son jean et son caleçon descendre sur ses hanches.
_ « Hein ? s'étonna Yuki en s'arrêtant aussitôt, son amant retenant son pantalon. Comment ça, " non " ? »
L'adolescent semblait effrayé et n'arrivait plus à formuler une phrase.
_ « Je… ça… ça va trop vite… » balbutia-t-il après avoir dégluti bruyamment.
_ « Tsss… pesta le blond. Avec toi, ça va toujours trop vite. Alors détends-toi et profite. Tu verras que tu vas vite adorer… »
Et sans se soucier plus longtemps des protestations du gamin, Yuki lui retira d'un coup le reste de ses vêtements et se mit à masser son entrejambe avec la main. Quand le membre viril se fut gonflé de désir, l'écrivain en prit possession avec la bouche et le suça avidement. Le musicien lui criait d'arrêter, mais cette fois, ce n'était pas de frayeur, mais plutôt parce c'était trop bon et qu'il allait bientôt jouir. Ce qui advint d'ailleurs très rapidement. La gorge du romancier fut soudain inondé d'un liquide chaud et salé qu'il avala aussitôt en se léchant les babines.
_ « Alors ? lança le blond tandis que son compagnon émergeait lentement. On continue ou pas ? »
_ « Haaa… haaa… haa… haletait l'artiste, le souffle court. Ooh… ouiiii… Oui, Yuki... J'ai… j'ai envie de toi… » gémit-ilen tendant les bras devant lui y inviter son amant.
Le jeune homme aux cheveux couleur de blé esquissa un sourire triomphant, et ouvrit son pantalon avant de soulever les jambes du chanteur pour se mettre en position.
_ « Stop ! » l'arrêta une nouvelle fois le musicien quand le blond s'apprêtait à le pénétrer.
_ « Raaah ! Quoi encore ? » s'énerva le romancier, agacé d'être sans cesse interrompu au meilleur moment..
_ « Je… heuuu… tu es trop… trop… »
_ « Trop quoi, Shuichi ? »
_ « Trop… violent… »
_ « Violent ? Tu trouves que je suis violent ? C'est un comble ça ! s'écria le blond, un brin agacé. J'essaie de faire tout mon possible pour être moins pressant et plus doux que d'habitude, et tu trouves encore le moyen de te plaindre ! »
_ « Tu me fais peur, Yuki… »
_ « …Pfff… T'es pénible, Shu… » soupira l'écrivain.
_ « Je sais… gomen… Mais… C'est pas facile pour moi, comme je vois plus rien… Et puis, on l'avait jamais fait dans le noir complet tous les deux, alors ça m'effraie un peu… et puis, ça me rappelle un peu quand j'étais chez mes parents et que… »
_ « Ouais, je vois, quand ce connard de Winnie a voulu te violer. »
_ « Pfff… pouffa Shuichi. Hahahahaha ! J'adore quand on l'appelle Winnie ! Hahahaha ! Y me fait plus du tout peur comme ça ! Hahahaha ! »
_ « … Bon, y a au moins ça de positif… Tant mieux si ça te fait marrer… »
_ « Eiri… »
_ « Hum ? »
_ « Enlève ton pantalon, onegai, lui demanda alors Shuichi. Je… je voudrais sentir ta peau contre la mienne… Redécouvrir tout ton corps avec mes mains, puisque je peux plus le faire avec mes yeux…»
_ « Shuichi… Tu… tu veux prendre l'initiative? »
_ « Ben… heuuu… je… non… heu… » balbutia le chanteur, pris au dépourvu.
_ « C'est bon, Shu, je comprends. Tu as encore un peu peur et tu veux être sûr que c'est bien moi, c'est ça ? Tu veux pouvoir reconnaître mon corps au toucher ?»
_ « Ha… haï… »
_ « Hé bien alors, vas-y, acquiesça le blond en embrassant le musicien. Découvre mon corps avec tes mains. Fais tout ce que tu veux, je me laisserais faire. Pour me faire pardonner ma brusquerie de tout à l'heure. Mais alors tes charmantes mimines auront intérêt à bien travailler pour me faire oublier toute la frustration que tu m'infliges depuis tout à l'heure. J'en peux plus d'attendre moi… » gémit-il à la façon de Shuichi en finissant de se dévêtir.
_ « Oui, mon Yuki, elles vont bien travailler.. susurra lascivement l'adolescent en caressant le torse de son amant. Elles en meurent d'envie… »
Malgré toute l'assurance avec laquelle l'artiste avait dit ces mots, il n'en demeurait pas moins profondément intimidé. Jamais encore il n'avait osé toucher l'écrivain de son propre chef. Paradoxalement, quand il voyait parfaitement clair, c'était Yuki qui guidait ses gestes et l'empêchait d'agir de lui-même. Et à présent qu'il était aveugle, Yuki le laissait faire et trouver lui-même ses points sensibles. Voyant que le musicien hésitait, Eiri lui caressa doucement les joues pour le rassurer et l'encourager. L'adolescent, touché de la sollicitude de son amant, et effleura la peau du blond. Sentant le romancier frémir légèrement, il s'enhardit plus franchement, et s'attela aussitôt à la tâche.
Ses mains se posèrent délicatement sur le torse imberbe de l'écrivain, et il esquissa un sourire quand il trouva enfin les tétons de son amant. Shuichi remarqua que ceux-ci semblaient peu sensibles, sans doute parce que ce n'était pas un endroit sur lequel Yuki était fréquemment titillé par ses précédent(e)s partenaires. Même depuis qu'ils étaient ensembles, Shuichi l'avait peu touché à cet endroit, mais il était vrai aussi que c'était le blond qui dirigeait l'acte, en général, et Shuichi était peu actif. Cependant, comme il ne pouvait plus contempler le corps de son compagnon avec ses yeux, l'artiste n'avait d'autre solution que le ressentir avec ses mains. Et cela serait sans aucun doute beaucoup plus agréable pour le romancier. De plus, et ce serait sans doute l'une des rares fois où il le ferait, le blond s'offrait tout à lui, alors autant en profiter. L'artiste décida l'explorer un peu plus le corps de son compagnon avant de passer aux choses sérieuses.
Il fit remonter ses mains vers le cou, puis le visage du blond, qu'il détailla lentement avec les doigts, imprimant chaque trait dans la mémoire de ses mains. Il fit courir ses doigts tout autour, puis toucha le front, suivit le contour des joues et la ligne du nez. Il embrassa tendrement chaque paupière, et déposa ses pouces sur les lèvres du blond. Ce dernier lécha subrepticement les deux doigts avant de les engouffrer dans sa bouche pour les sucer. Shuichi sourit et l'écrivain vint embrasser ses lèvres rosées. Le chanteur passa ses bras autour du cou du blond, effleurant ses épaules et son cou de gestes sensuels, avant de masser délicatement les muscles puissants de son dos, en laissant ses mains glisser de plus en plus bas jusqu'à atteindre les hanches. À la base des reins, Shuichi palpa la chair onctueuse du postérieur de son compagnon, et se dirigea vers les cuisses puis l'entrejambe. Quand il effleura le membre du blond, il entendit son amant pousser un râle d'envie, et lui prendre la main pour la poser sur son entrejambe. L'artiste sourit en signe d'acquiescement, avant de glisser furtivement son autre main entre les fesses du blond, vers un charmant petit trou plein de délicatesse…
_ « Hep là ! Pas touche ! » s'opposa le blond quand Shuichi essaya de glisser un doigt dans son anus.
_ « Mais euuuuuh ! Tu m'avais dit que tu me laisserais faire tout ce que je veux !!!Onegaiiiii ! » le supplia le gamin d'un air hypocritement innocent.
_ « Non, c'est non ! répéta l'écrivain. C'est le seul truc que t'as pas le droit de faire.Je veux pas, un point c'est tout ! »
_ « Ok, tant pis… » soupira Shuichi, dépité.
L'artiste reprit donc là où il s'était arrêté, et masturba quelques instants l'entrejambe de son amant. Quand le membre devint bien dur, Shuichi fit remonter ses mains sur le torse du blond pour continuer son exploration. Il avait bien l'intention de découvrir toutes les zones érogènes de son amant et il allait le faire. Il se mit à frotter doucement les tétons de son compagnon, mais constatant que ses caresses avaient peu d'effet, il se redressa légèrement et commença à les lécher, d'abord l'un, puis l'autre quand le premier se fit raidi, et revenant de l'un à l'autre sans cesser de les caresser et de les pincer du bout des doigts.
Manifestement peu habitué à ça, l'écrivain n'en demeurait pas moins lentement émoustillé et ravi. Il s'accroupit au-dessus des jambes de l'adolescent, de façon à ce que celui-ci s'assoit juste à hauteur de sa poitrine. Yuki gémit quand son compagnon se mit à sucer et mordiller ses tétons, et il passa ses doigts dans les cheveux clairs pour l'inciter à continuer. Cependant, l'adolescent semblait avoir d'autres projets. Le blond fut soudain repoussé en arrière, et un poids plume vint s'allonger délicatement sur lui. Il ferma les yeux et des mains étonnement entrepreneuses commencèrent à le caresser, s'attardant à chaque endroit qu'elles sentaient frémir sous leur doigté : les aisselles, les tétons, le creux des hanches, le haut des cuisses, plus près, toujours plus près de l'entrejambe…
Le romancier donna un léger cou de bassin vers le haut pour faire comprendre à son amant qu'il n'attendait plus que sa main vienne vers " cet endroit " qui gonflait vivement entre ses jambes, mais l'adolescent lui refusa son désir avec un petit rire gourmand. Yuki voulut protester mais ce fut un cri de surprise qui lui échappa quand quelque chose de chaud et humide vint chatouiller son oreille. Il ouvrit brusquement les yeux et essaya de repousser son amant, mais la stimulation de la zone la plus érogène de son corps le laissait tremblant et aussi impuissant qu'un bébé, et tout ce qu'il put dire fut un plaintif :
_ « … arrête… Shu…ichi… non… »
_ « Hihihi… » fut la seule réponse que lui donna le chanteur, plus que satisfait de son petit effet, en continuant à lui léchouiller et mordiller l'oreille avec avidité.
Yuki agrippa le drap d'une main et se mordit un doigt sur l'autre pour se donner contenance, mais Shuichi se montrait vraiment trop insistant, et le blond se sentait défaillir de plaisir. Il serra les jambes et essaya de retenir ses gémissements, en vain. Cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas fait l'amour tous les deux, que la sensibilité de Yuki était exacerbée et qu'il ne pouvait pas refréner son excitation grandissante. Quand l'écrivain gémit plus fort que les autres fois, Shuichi glissa sa main entre ses jambes pour caresser sa verge brûlante.
_ « Non !!! » cria le blond quand la main du musicien s'empara de son membre pour le masturber fermement.
Une nouvelle léchouille au creux de l'oreille l'empêcha de se débattre, et soudain le romancier se libéra entre les doigts de son amant avec un cri de jouissance. Shuichi profita du moment d'absence de l'écrivain pour humidifier deux doigts et les faufiler doucement entre ses fesses parfaitement galbées, avant de pénétrer lentement l'étroit orifice enfin découvert. Eiri ne réagit pas tout de suite. Il commença par murmurer un "mais qu'est-ce que tu fous, Shu… ?" à peine audible, puis il gémit un "…oui… c'est bon…" tout aussi inconscient de ce que son amant lui faisait. Quand enfin il réalisa que quelque chose bougeait en lui, Yuki ouvrit les yeux pour râler, mais juste à ce moment-là, Shuichi revint s'amuser avec son oreille, et sa protestation s'évanouit sur ses lèvres.
_ « …arrête.. » supplia l'écrivain, complètement désarmé face à l'attaque préférée du musicien : la léchouille de noureille.(3)
En entendant les gémissements alanguis de son amant, Shuichi se félicita intérieurement. Peu à peu, il accentuait ses caresses anales et délaissait l'oreille du blond, et manifestement, les râleries du blond à propos de son oreille étaient plus là pour la forme que pour vraiment protester. Le musicien devinait aisément que son compagnon adorait ce qu'il lui faisait en bas, mais que ça le gênait de l'avouer, alors il prétendait que c'étaient les bizouilles (3bis) à l'oreille qui le faisait frémir au-delà du supportable. L'artiste enfonçait ses doigts de plus en plus profondément, en les faisant bouger à l'intérieur de la caverne chaude et humide à la recherche du point sensible. Un bref cri du blond lui indiqua soudain qu'il venait de trouver l'endroit exact, et il sentit son amant s'agripper soudain à lui en soulevant le bassin. Shu en profita pour mettre ses genoux sous les hanches de l'écrivain et ainsi, se placer de la meilleure façon possible pour introduire "autre chose" en lui… Mais au moment où il s'apprêtait à pénétrer son compagnon, celui-ci se redressa d'un coup et le repoussa en arrière avant de venir s'installer à califourchon sur lui.
_ « Il me semblait t'avoir dit non, Shu… » fit le romancier, essoufflé.
_ « Mais euuuh ! protesta le musicien, en essayant de dégager ses poignets que le blond retenait avec sa douce fermeté habituelle. Tu avais l'air d'apprécier pourtant ! »
_ « Pas du tout ! nia le blond en rougissant. J'aime pas ça du tout, alors on arrête tout de suite. C'est moi le dominant dans notre couple, alors c'est moi qui… »
_ « Héhéhé… le coupa Shuichi. Tu as adoré ça en fait, mon grand coquin… Mais t'es trop fier pour l'avouer et me dire que pour une fois, je me suis bien débrouillé… »
_ « Je… je… euuuh… RAAAH ! ZUT ! Tu m'énerves ! Oui, c'était bien, mais je… je suis pas encore prêt pour "ça", tu comprends… alors... je… enfin… pas aujourd'hui… pas maintenant… J'ai envie de ça si c'est avec toi, mais… il me faut encore un peu de temps…»
_ « Haï, mon Yuki, je comprends, lui répondit son amant avec un sourire. Alors, mes mains ont bien travaillées ? »
_ « Oui, je dois avouer que c'était plutôt bien. »
_ « "Plutôt" ? Tes gémissements disaient plutôt que c'était génial, oui. Je t'avais jamais entendu gémir de cette manière. »
_ « … »
Yuki ne savait plus où se mettre. Il était vrai qu'il avait beaucoup apprécié que Shuichi prenne ainsi le dessus, mais le passage à l'acte lui-même, il n'avait finalement pas pu s'y résoudre. Il en avait eu envie, mais une sorte de crainte, un souvenir douloureux de son passé l'en avait empêché. Cependant, il savait qu'il aimait Shuichi, et que à lui, et seulement à lui, il accepterait de se donner. Il se pencha vers son amant et l'embrassa tendrement avant d'oser lui avouer en enfouissant sa tête au creux de son épaule :
_ « Ai shiteru, Shuichi… Je sais qu'un jour, je… je pourrais m'offrir à toi comme tu le fais avec moi, mais… pour l'instant, c'est encore… un peu tôt… Je sais le plaisir que ça me procure de t'apporter du plaisir, alors… alors je veux bien qu'un jour, tu… enfin qu'on… échange… si tu en as vraiment envie… »
_ « …Oh oui mon Yuki… Arigato… Moi aussi j'ai envie de t'apporter autant de plaisir que tu m'en donnes. Et je suis tellement idiot que je ne l'ai compris qu'en devenant aveugle. C'est agréable de donner autant que de recevoir… »
_ « Alors si c'est si agréable de recevoir aussi, je vais te donner ta part, pour te remercier de m'avoir apporté la mienne… »
_ « Oh oui, mon Yuki… j'ai hâte… » lui sourit le chanteur.
Le chanteur enroula ses jambes autour de la taille du blond qui s'était penché vers lui pour l'embrasser. Le musicien profitait au maximum de la proximité de son compagnon et c'était avec tout son corps qu'il le caressait. Shuichi soulevait son torse pour sentir la poitrine d'Eiri contre la sienne, il faisait glisser ses jambes sur ses reins et ses cuisses, il faisait onduler sensuellement son bassin pour que leurs deux intimités s'entremêlent, il effleurait son dos et ses épaules de ses mains en murmurant avec fougue le nom de Yuki entre deux baisers. Au moment où l'écrivain s'insinuait dans son cou pour le faire frémir de baisers-papillons (4), le chanteur glissa ses doigts dans les cheveux d'or et susurra un "Eiri" alangui à l'oreille du blond. Le romancier releva aussitôt la tête et regarda son amant.
_ « Quoi ? » l'interrogea ce dernier avec un petit sourire coquin.
_ « Tu… »
La phrase de l'écrivain mourut sur ses lèvres, tant le plaisir qu'il éprouvait à avoir entendu son prénom entre les lèvres de Shuichi égalait sa gêne et son angoisse de l'avoir rêvé.
_ « Hihi, tes joues sont bouillantes, Eiri ! rit doucement l'adolescent en posant ses mains sur le visage du blond. Je suis sûr que tu es tout rouge. »
_ « N'importe quoi ! » nia tout net l'écrivain, refusant d'admettre l'évidence même.
_ « Ton visage… il est tellement beau, Eiri… »
_ « Tsss… Comment tu peux dire ça alors que tu me vois même pas ? »
Yuki regretta aussitôt d'avoir dit ces mots en voyant la moue boudeuse que lui tira l'artiste, mais en même temps, cette expression enfantine l'amusait et il pouffa malgré lui.
_ « Na, c'est pas drôle, Yuki… rougit le gamin. C'est vrai ce que je dis, en plus. Ton visage a des traits tellement fins et ta peau est tellement douce que même les anges te l'envieraient. »
Un grand silence se fit après ce court instant de poésie. Yuki était écarlate, Shuichi surpris de ce calme soudain.
_ « Yuki ? »
_ « …Eiri… je… je préfère Eiri… » bafouilla le blond à la limite de perdre tous ses moyens.
_ « Tu aimes bien que je t'appelle Eiri, n'est-ce pas mon amour ? » lui demanda le chanteur en lui adressant un sourire.
_ « … Haï… J' aime ça… Je t'aime, Shu… »
Cette fois, ce fut au tour de l'artiste de pivoiner(5) vivement, avant que l'écrivain ne l'embrasse à nouveau.
_ « J'en peux plus, Shu… souffla Yuki entre deux baisers. Faut que je… »
_ « … Huuum… haï, Eiri… Viens… » accepta aussitôt le musicien avec un gémissement.
Le blond prépara sommairement le terrain en assouplissant l'anus de son amant avec deux doigts mouillés, mais le corps du musicien s'ouvrait déjà comme une fleur, et n'avait manifestement pas besoin de préparation. Laissant libre cours à son désir trop longtemps refoulé, l'écrivain pénétra d'un seul coup son compagnon, lui arrachant un cri de surprise, bien vite remplacé par des cris de plaisir. Tout le lit tremblait et grinçait sous les coups de reins du romancier, accompagnant par ses couinements et dans une harmonie parfaite la danse sensuelle qu'il accueillait en son sein.
Pour varier les plaisirs, Yuki se retira soudain, retourna comme une crêpe son compagnon déjà hagard de plaisir, et le prit à nouveau par derrière en le maintenant par les bras. Le musicien ne cessait de murmurer son prénom, Eiri, et cela excitait encore plus son ardeur. Sous lui, l'artiste se tordait d'extase et se resserrait de plus en plus. Se resserrer même tellement que ça devenait difficile pour l'écrivain de continuer. Se retirant presque entièrement , le blond s'enfonça brusquement au plus profond en serrant son amant contre lui. Il se libéra alors avec un grognement rauque, entraînant avec lui son compagnon dans un océan de bonheur.
Yuki se laissa à moitié tomber sur l'adolescent, le temps de reprendre ses esprits. Les deux amants étaient haletants et trempés de sueur. Encore frémissants de leurs récents ébats, ils étaient incapables du moindre mouvement. Quand il se fut un peu remis, le blond attira son petit ami de l'autre côté du lit, là où les draps n'étaient pas inondés de salive et de fluides corporels, et il ramena la couette sur eux deux. Eiri caressait tendrement les mèches châtains de son amant qui s'assoupissait peu à peu, et il était heureux de voir sur son visage cette expression sereine qu'il n'avait plus vu depuis des mois.
_ « J'aime beaucoup la couleur naturelle de tes cheveux, Shuichi, fit le blond sans cesser de les caresser. Ça te va beaucoup mieux que ce rose criard et tape-à-l'œil que tu arborais. »
_ « Ah… ? » marmonna vaguement l'adolescent, à moitié endormi.
_ « Ouais, je te préfère comme ça… »
_ « Bah moi, je peux même plus me voir, alors je m'en fous un peu… »
_ « Dis pas de bêtises, baka, le gronda Yuki. Moi je peux te voir et j'ai envie que tu restes toujours aussi mignon. »
_ « Ah ? C'est gentil ça, mon Yuki… »
_ « C'est vrai quoi. L'illustre et superbe Yuki Eiri ne peut pas se balader avec un laideron au bras quand même. »
_ « Hein ? fit Shuichi que cette remarque mesquine réveilla. Alors c'est juste pour flatter ta petite fierté que tu veux que je sois beau ? Sympa, merci ! » ajouta-t-il sur un ton bougon en tournant le dos à l'écrivain.
_ « Shu-chan… » l'appela son amant.
_ « Huum… quoi ? » grommela le chanteur.
_ « J'adore te taquiner, tu sais. Tu démarres toujours au quart de tour, » ricana l'écrivain en serrant l'artiste contre lui.
_ « C'est pas drôle ! » protesta le musicien en essayant de se dégager.
_ « J'adore aussi quand tu fais la moue, Shu… » lui susurra le blond au creux de l'oreille tout en posant la main sur son entrejambe.
_ « Héééé ! Non ! Enlève ta main ! Hugnn… Yuki… »
_ « Appelle_moi Eiri… »
_ « … ouiiiiiii… Eiriiiii… aaaah… »
Quand Shuichi tourna la tête vers son amant, celui-ci l'embrasse avec fougue tout en le masturbant. L'artiste s'allongea sur le dos et passa ses bras autour du cou de Yuki pour profiter au maximum du baiser. Quand le baiser se fit plus profond, le musicien laissa échapper un petit rire.
_ « Quoi ? » s'étonna le blond en se redressant.
_ « Non, rien, Eiri… répondit Shuichi. Je repensais juste à notre premier baiser. Il était tellement intense que je m'en rappelle encore. Hahaha ! »
_ « Peuh ! lâcha le romancier. C'était seulement notre premier baiser. Il ne pouvait pas être aussi bon que celui_là, » ajouta Yuki en embrassant à nouveau son amant avec toute la fougue dont il savait faire preuve.
_ « … huuum… »
_ « Alors ? » demanda l'écrivain quand il eut terminé.
_ « Mmm… Mouais… pas mal… » fit Shuichi, feignant de faire le difficile.
_ « Pas mal ? Avec moi, ça ne peut qu'être génial. C'est toi qui es à moitié endormi là. »
_ « Ben embrasse-moi encore, suggéra l'artiste sur un ton faussement innocent. Juste pour vérifier. »
_ « Bien sûr que je vais le faire ! »
Et Yuki recommença à embrasser son compagnon. Celui-ci semblait tellement apprécier la chose que l'écrivain voulut reprendre leurs activités de tout à l'heure, et passa une jambe entre celles du musicien.
_ « Huum… Non… Arrête, Yuki… s'exclama Shuichi en repoussant son amant. Appuie pas sur mon entrejambe avec ta jambe. »
_ « Hein ? Pourquoi ? T'avais pourtant l'air d'apprécier ce que je te faisais. »
_ « Oui, mais j'aime pas que tu t'appuie sur mon entrejambe comme ça, c'est tout ! Ça… ça fait mal… » fit simplement Shuichi sans lui dire que cela lui rappelait une autre scène avec Tôma.
_ « Bon, ça va, je le ferai plus ! » s'énerva le romancier.
_ « A… Arigato… balbutia le musicien, confus. Wouaaaah… bailla-t-il soudain. Oups ! Sumimasen ! »
_ « Tsss… Pourquoi tu me dis pas tout de suite que tu es fatigué, baka ? »
_ « Demo je… »
_ « Y a pas de mais qui tienne ! le coupa l'écrivain. Tu as déjà eu assez d'émotions fortes comme ça pour aujourd'hui, alors maintenant au dodo ! » ajouta-t-il en obligeant Shuichi à se coucher après lui avoir fait enfiler un de ses hauts de pyjama.
Shuichi obéit un peu à contrecœur, mais son mécontentement fut de courte durée tellement il s'endormit vite. Le romancier le borda et allait se coucher à son tour, quand l'artiste murmura dans son sommeil :
_ « …Ai shiteru, Eiri… »
_ « … Moi aussi, Shu… murmura le blond en déposant un baiser sur son front. Moi aussi… »
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Le lendemain matin, vendredi 6 Avril…
Le jour se levait lentement sur la ville de Tokyo. Dans la chambre d'un grand appartement, deux jeunes hommes somnolaient encore, les draps sur eux se souvenant encore de leur nuit d'amour. Le blond dormait paisiblement mais son cadet semblait avoir le sommeil plus agité. Il paraissait même avoir des difficultés à respirer, et il se débattait comme s'il voulait échapper à quelque chose. Son compagnon à côté de lui ne semblait pas le moins du monde dérangé par toute cette agitation. Ce n'est que quand l'adolescent lui donna un coup de pied accidentel qu'il se réveilla en grommelant.
_ « Huum… Shu… Calme ta joie le matin de bonne heure… J'ai envie de dormir moi… »
_ « Yu… ki… »
Le gémissement plaintif du musicien alarma aussitôt l'écrivain, qui se redressa aussitôt.
_ « Oï, Shuichi ! Ça va ? »
L'artiste ne lui répondit pas, prisonnier de son cauchemar. Voyant qu'il peinait à respirer, Eiri le secoua pour le réveiller.
_ « Oï, réveille-toi, baka ! »
_ « … aaah… Yuki… »
_ « Shuichi ! »
L'adolescent ouvrit brusquement les yeux, mais le blond comprit que quelque chose n'allait pas.
_ « Héé ! Shuichi ! Pas de blagues là ! Respire, kuso no ko ! »
En effet, le musicien semblait ne plus pouvoir respirer du tout. Shuichi ouvrait et fermait la bouche, comme un poisson hors de l'eau cherchant de l'air.
_ « Shuichi ! »
_ « Yu… » essaya de prononcer le chanteur avant de perdre connaissance.
_ « Shuichi ! NON ! s'écria Yuki. Kuso ! »
Réagissant aussitôt, le blond ôta l'oreiller derrière l'artiste et l'allongea bien à plat sur le matelas, puis il lui pencha la tête en arrière et commença à lui faire du bouche-à-bouche.
_ « Allez, Shu, respire, bon sang ! lançait-il de temps à autre en appuyant sur la poitrine de l'adolescent en dosant sa force pour ne pas lui casser une côte. Respire ! »
Il lui fallut quelques instants avant que son massage cardiaque ne fasse effet. Alors que l'écrivain lui soufflait de l'air dans la gorge, Shuichi se mit à tousser et recommença à respirer.
_ « C'est bien, Shu… fit doucement le romancier, soulagé, en lui caressant le dos pour l'aider à mieux reprendre son souffle. Respire à fond. »
_ « Yu… ki… »
_ « Tout va bien, Shuichi ? »
Le musicien ne répondit pas, et se blottit dans les bras de son amant avant de fondre en larmes. Yuki savait que son amant avait encore fait un cauchemar, sans doute provoqué par les événements de la veille. Et plutôt que de réconforter son compagnon par des paroles qu'il savait d'expérience bien inutiles, il le serra contre lui en lui caressant tendrement les cheveux. S'agrippant au blond de toutes ses forces, Shuichi se rendormit très vite.
_ « On peut pas continuer comme ça, Shuichi… murmura le blond, autant pour lui-même que pour son amant. Tu as besoin de sortir, de rencontrer d'autres personnes… Même si tu as fait beaucoup de progrès, ce n'est pas en restant cloîtré ici que tu réussiras à vaincre tes peurs. Tu dois aller de l'avant… »
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Un peu plus tard…
Ce fut vers onze heures du matin que le musicien ouvrit les yeux. Tout à fait normalement cette fois-ci. Il chercha un instant son Kumagoro qu'il serra fort contre lui quand il l'eut trouvé, puis il s'allongea sur le dos et s'étira de tout son long en baillant. Le moment le plus agréable de ce réveil survint quand deux lèvres d'une douceur infinie, vinrent accueillir les siennes, et qu'une langue chaude et humide vint s'enrouler autour de la sienne.
_ « Ohayo, » fit l'écrivain.
_ « Ohayo, mon Yuki, » répondit le chanteur avec un sourire, en venant se blottir contre son amant pour avoir un câlin.
_ « Ça va mieux ? »
_ « …ah… tu veux dire… par rapport à tout à l'heure ? »
_ « Haï, baka… »
_ Oui, ça va mieux… J'ai… juste fait un mauvais rêve… »
_ « Bon sang, c'était pas "juste un mauvais rêve", Shuichi ! s'exclama le blond. Tu as carrément arrêté de respirer ! »
_ « C'était un mauvais rêve, Yuki ! N'y pensons plus… » ajouta l'artiste en enfouissant son visage contre l'épaule du blond.
Ils se turent quelques instant puis soudain, ils lancèrent exactement en même temps :
_ « Eiri… » / _ « Shuichi… »
_ « Ah heuuuu… Gomen Eiri… Vas-y… »
_ « Non, toi d'abord, Shu. »
_ « Ah heu… ben… tu sais, je crois que… je devrais sortir un peu de cet appartement, retrouver mes amis et tout… En restant ici, je me crois protégé alors que c'est faux, et du coup je me renferme dans ma coquille, un peu comme quand j'étais avec ma sœur, alors… »
_ « … hahaha… » l'interrompit soudain le blond.
_ « Huh ? Quoi, Eiri ? Pourquoi tu ris ? »
_ « C'était exactement ce que je voulais te dire, Shuichi. Que tu devrais sortir un peu, voir tes amis. »
_ « Ah… ah bon ? »
_ « Haï. Finalement, je fais comme ta sœur, et ça, c'est pas bien pour toi. Je pensais t'envoyer dans une école spécialisée pour... »
_ « Tu veux m'envoyer ailleurs ??? Mais pourquoiiiii ???»
_ « Mais je veux pas t'envoyer à Pétaouschnock (6), baka ! Je veux juste que tu ailles prendre des cours de lecture dans une école pour aveugles. Tu irais seulement quelques heures par jour, et tu reviendrais le soir. »
_ « Des cours de lecture ? Mais… je sais lire, Eiri. Mais maintenant ça me sert plus à rien… »
_ « Oui je sais que tu sais lire, baka… Mais pas le braille. »
_ « Le " braï" ? s'étonna le musicien. C'est quoi ? Un style de musique dérivé du " raï"(7) ? »
_ « … Heuuu… Pas vraiment non… C'est un système de lecture spécial pour les aveugles. »
_ « Ah… heuuu… Oui… OK… (se sent bête)... Oui, ça pourrait être bien ça… Et puis… »
_ « Huh ? Quoi, Shu ? »
_ « Ben, je me disais que je pourrais reprendre ma carrière. Après tout, je suis aveugle, mais ça m'empêche pas de chanter. Et puis, j'ai envie de revoir Hiro, Sakano-san, K… et même Fujisaki-kun… »
_ « Tu sais que ce petit merdeux est le cousin de ce salaud de Se… heu… de Winnie ? » se reprit de justesse le blond.
_ « Pfff… Hahahaha ! C'est vrai ! C'est comme ça qu'on a décidé de l'appeler, ton beau-frère ! C'est trop marrant ! MWAHAHAHAHA ! »
_ « Hum hum… toussota Yuki, un peu gêné. Oui, bon, ça va là… Pour Fujisaki, on verra ça. Mais… Comment tu vas faire pour reformer ton groupe ? Même si tu arrives à récupérer ton manager et les deux autres membres, il va te falloir une nouvelle boîte de production, non ? »
_ « Ben, je vais essayer de contacter Sakano et K-san. Tu m'as bien dit qu'ils avaient quitté N.G. ? »
_ « Oui, mais tu crois vraiment que… Bon sang, mais c'est quoi ce boucan dehors ? »
En effet, à l'extérieur, un bruit assourdissant se faisait soudain entendre.
_ « On dirait… un hélicoptère ! » cria Shuichi pour couvrir le bruit.
_ « Quoi ? cria à son tour le blond. Un hélicoptère ? Mais qu'est-ce qu'il fout, cet abruti de pilote ? »
Soudain ils entendirent comme un coup de feu. L'une des vitres de la chambre vola en éclats, tandis qu'un grappin vint se planter dans le mur en face, et un homme se laissa glisser sur le câble qui y était accroché. Shuichi, complètement affolé, s'agrippait à son amant, croyant la fin du monde arrivée.
_ « No problem, guys ! fit soudain une voix à l'accent américain très prononcé. J'ai déjà tout "arrange d" for ta carrière, Shuichi. Les Bad Luck n'attendent plus que toi ! »
_ « K… san ? » balbutia l'adolescent, tout surpris.
_ « Yeah, of course ! En tant que manager, je ne pouvais pas laisser "my poor little " poulain à l'abandon. »
_ « Mais… »
Une seconde vitre connut le même sort que sa consoeur, et cette fois-ci, ce fut une jeune femme qui apparut de la même manière. Quand elle eut posé les pieds au sol, les câbles se décrochèrent d'un coup, emportant chacun avec eux un large pan de mur, et l'hélicoptère reprit son envol.
_ « Mais c'est qui, cette grognasse? s'écria Yuki plus que furax. Qui vous a permis d'entrer chez moi en bousillant mes fenêtres et mon mur d'abord ? »
_ « D'abord, très cher, je ne suis pas une "grognasse". Et ensuite, je suis Rage, de XMR. »
_ « Ah, je me rappelle ! fit soudain le blond. T'es la gamine que j'ai voulu balancer du haut d'un immeuble en Amérique (8), » ajouta-t-il avec une pointe de sadisme dans la voix qui fit frémir la jeune femme.
_ « Hum… Oui, bon, passons là-dessus… éluda-t-elle, mal à l'aise. Comme vous le savez, je travaille pour l'une des plus grosses boîtes de production aux USA, et pour l'inauguration de notre filiale japonaise, de laquelle j'ai été nommée directrice, nous avons décidé de nous entourer des meilleurs artistes du pays… quitte à les menacer de mort ou à massacrer leurs patrons… Nyark nyark nyark… heuuu… Hum… Reprenons… SHINDO SHUICHI ! AUJOURD'HUI, TON AVENIR EST ENTRE NOS MAINS ! K NOUS A FAIT PART DE TES DÉBOIRES AVEC N.G., ET SACHE QUE XMR… et surtout moi… SERA TOUJOURS DE TON CÔTÉ ! Toi, moi et K, nous allons former l'équipe la plus grandiose du monde entier !!! »
_ « Rien que ça ? » fit narquoisement l'écrivain avant d'être coupé par K.
_ « Rage-hojo-sama, je n'aurais pas dit mieux ! approuva l'américain. Wonderful ! »
_ « Tout le mérite t'en revient, K. »
_ « Sans ton aide, je n'aurais rien pu faire, voyons, Rage. »
_ « Héhéhé… » commença à rire la jeune fille.
_ « Hohoho… » commença à rire le jeune homme.
_ « Héhéhéhé… »
_ « Hohohoho… »
_ « HÉHÉHÉHÉHÉ ! »
_ « HOHOHOHOHO ! »
_ « MWAHAHAHAHAHA !!! IT'S THE WONDERFUL AMERICAN POWAAAA ! » s'exclamèrent-ils soudain ensemble en prenant une pose grotesque à la Power Rangers, sous les yeux ébahis du blond, et les oreilles abasourdies du chanteur.
_ « Bon les deux clowns, les cassa froidement l'écrivain. Débarrassez-moi le plancher et plus vite que ça. On n'est pas au cirque ici. Et toi, "l'enragée" , on peut dire que tu portes bien ton nom. »
Le regard de ladite "enragée" flamboya d'une colère intense et elle se jeta sur le blond en le plaquant sur le lit.
_ « Fais attention à ce que tu dis, Blondine, ou ça pourrait chauffer pour ton matricule. »
_ « TOUCHE PAS À MON YUKI ! » s'écria Shuichi, suffisamment proche pour repousser Rage et la faire tomber rudement par terre.
La jeune femme, un instant médusé, se redressa aussitôt, bouillonnante de rage.
_ « Tu vas regretter d'avoir fait ça, Shindo ! s'écria-t-elle en sortant un fusil mitrailleur de son corsage (Yuki : Kuso ! Mais elle le planquait où, un truc pareil ?). On ne traite pas la grande, l'immense , la talentueuse Rage de cette manière ! »
Elle se mit alors à tout canarder autour d'elle, tables de chevet, lampes, placard, augmentant de plusieurs dizaines de millier de yen le montant des dégâts déjà causés à l'appartement de l'écrivain. Profitant du moment où le chargeur de la mitraillette fut vide, Yuki se leva d'un coup, et avant que la jeune folle recharge…
(BLAM BLAM BLAM !!!)
( Shizu : AAAAAH ! Je me fais tirer dessus ! Rage ! Du calme ! C'était une faute de frappe ! Le « o » est juste à côté du « iiiii » !)
Profitant du moment où le chargeur de la mitraillette fut vide, Yuki se leva d'un coup, et avant que la jeune fille recharge, il lui arracha son arme des mains et la balança par la fenêtre. (Note de Shizu : l'arme évidemment. Pas Rage).
_ « Tu vas te calmer, oui, espèce de tarée ???lui cria le romancier. Regarde un peu l'état dans lequel tu mets mon appart', et surtout Shuichi !!! » ajouta-t-il en désignant son compagnon.
_ « Il avait pas à me pousser de la s… » voulut se défendre la productrice dont la voix s'éteignit en regardant le musicien.
Shuichi s'était complètement recroquevillé sur lui-même en serrant son Kumagoro comme si sa vie en dépendait, et il tremblait de terreur en sanglotant. Décontenancée, Rage, s'approcha de l'artiste et voulut poser sa main sur son épaule, mais celui-ci se ramassa un peu plus sur lui-même avec des gémissements apeurés.
_ « Ah… Sorry, Shindo… Je… je me suis un peu laissée emporter par mon enthousiasme et ma joie de te revoir. Mais bon, ajouta-t-elle sans se laisser démonter plus longtemps en donnant une grande tape sur le dos du chanteur. C'est que nous avons beaucoup de travail, vois-tu, pour rattraper les mois où tu es resté à glander dans ton lit. »
_ « Glander ? s'indigna le musicien en relevant la tête. Mais je glandais pas ! J'ai eu plein de problèmes ! J'ai failli mourir plusieurs fois, et en plus j'ai perdu la vue, alors comment veux-tu que je "vois" quelque chose ? Je… »
_ « Shindo ! le coupa la fo… jeune femme. "Un chanteur qui en veut est un chanteur qui peut ! ". Telle est la devise de XMR (9). La seule chose qui peut forcer un chanteur à arrêter sa carrière, c'est de perdre sa voix. Ou de mourir de ma main parce qu'il m'obéit pas… Nyark nyark nyark… Être aveugle, c'est pas la fin du monde. Et je peux t'affirmer, mon p'tit gars, que le Shindo Shuichi que je connais ne se laisserait pas abattre pour si peu. Alors bouge tes fesses, morveux, Bad luck est de retour !!! »
_ « Ou… Ouais ! s'écria à son tour Shuichi, contaminé par la ferveur de Rage. Bad Luck va faire son grand retour triomphal ! continua-t-il en se mettant debout sur le lit, son Kumagoro tendu vers le ciel comme un étendard flamboyant. N.G. n'a qu'à bien se tenir. Le Grand Shindo Shuichi ne se laissera pas réduire à néant par un connard de président qui ne l'a jamais estimé à sa juste valeur ! MWHAHAHAHA !!! »
De son côté, Yuki assistait à ce spectacle lamentable, impuissant mais pourtant heureux. Les deux choses auxquelles Shuichi tenait le plus dans la vie, son Yuki et la musique, et il venait de les retrouver en un rien de temps. La voix de Rage le fit soudain sortir de ses pensées.
_ « Voilà qui est parlé, Shindo ! » approuva-t-elle en donnant une tape sur la cuisse de Shuichi qui perdit l'équilibre, et atterrit en plein dans les bras de Yuki accouru pour le rattraper.
Les deux amants s'effondrèrent lamentablement par terre, évitant fort heureusement les débris de verre des fenêtres brisées. Un peu sonné, Shuichi resta un instant dans les vapes avant de se redresser légèrement.
_ « Bon, tu dégages, kuso no ko ? » bougonna le blond en poussant sans ménagement Shuichi sur le côté.
_ « Itai ! » se plaignit le pauvre musicien quand ses fesses rencontrèrent douloureusement le parquet.
_ « Quant à vous deux, ajouta Yuki en s'adressant aux deux intrus. Vous allez nettoyer votre bordel et puis vous vous barrez. »
_ « Oh là là ! s'esclaffa la productrice. Le grand Yukiki (3 bis) nous fait toute une histoire pour quelques bouts de verre cassés. »
_ « Hé? Comment tu m'as appelé ? » réagit aussitôt le blond.
_ « Quoi ? "Yukiki" ? C'est ça qui te vexe, ma poule ? » lui lança-t-elle, narquoise.
_ « Pfff… » pouffa Shuichi.
_ « Toi, ferme-là, sale gamin ! Et toi, "l'enragée", t'as pas intérêt à m'appeler comme ça encore une fois ou je te jure, cette fois-ci, je te balancerai vraiment dans le vide. Et crois-moi, j'attendrai pas que Shuichi vienne te sauver… »
La directrice hésita entre frémir de rage et trembler de terreur. Elle savait l'écrivain parfaitement capable de mettre ses menaces à exécution, puisqu'elle en avait déjà dangereusement fait les frais aux USA. Choisissant un repli stratégique à un conflit direct, la jeune femme snoba l'écrivain en lui lançant :
_ « Tsss… Vous êtes vraiment pas "fun", Mister Yuki. K, on se casse. On a plein de trucs à préparer d'ici lundi pour préparer le grand "Come back"de Mister Shindo. »
_ « Qu… quoi ? Lundi ? s'écria Shuichi, stupéfait. Mais ça fait à peine dans 3 jours ! »
_ « C'est comme ça, Shindo, le tança Rage. Nous, on a bossé dur pour ton retour, pour éviter que N.G. te mette des bâtons dans les roues. Alors, ou tu te pointes lundi 8 heures pétantes à XMR, ou tu peux dire adieu à ta carrière. K viendra te chercher alors sois prêt, pigé ? »
_ « Ha… haï… » frémit le musicien.
_ « Nice ! Very good ! Bye bye guys ! » salua-t-elle avant de défoncer la dernière vitre intact de la chambre pour ressortir par le même chemin en compagnie de K, une limousine les attendant au pied de l'immeuble.
Les deux amants restèrent silencieux un bon moment, complètement hébétés par ce qu'il venait de se passer.
_ « Bon, lança finalement Shuichi pour percer le silence. Je crois qu'il nous reste plus qu'à tout ranger, non ? Un peu de verre cassé, ça doit pas être si terrible, ne ? »
Yuki resta silencieux en regardant autour de lui le chaos invraisemblable orchestré par les deux américains, et baissa la tête avec désespoir.
_ « Eiri ? Tout va bien ? »
_ « Urusai, baka… »
_ « Tu veux que je t'aide ? »
_ « … T'es déjà pas utile en temps normal, mais là, tu vas vraiment me servir à rien, espèce de taupe. Va plutôt déjeuner à la cuisine pendant que je m'occupe de ça… »
_ « Eiri… »
_ « Quoi, kuso no ko ? »
_ « Rien du tout, fit le chanteur tout ravi, sans que Yuki y comprenne quoi que ce soit. Je vais déjeuner alors.»
Il se leva et chercha à se diriger vers la porte, se prit les pieds dans le drap qui traînait à moitié par terre et s'affala de tout son long par terre, puis il fonça droit dans le mur avant de se prendre la porte en pleine poire quand il voulut l'ouvrir après l'avoir trouvée.
_ « … » se désespéra le blond.
_ « Itai ! » gémit le musicien.
_ « T'arriveras à trouver la cuisine tout seul ? » lui demanda son amant.
_ « Haï, mon Yukiki ! Pas de problème ! répondit joyeusement le musicien avant de se manger un des murs du couloir. Aieuuuh… »
_ « Je t'interdis de m'appeler comme ça, kuso no ko ! » éructa l'écrivain en lui balançant un coussin à la tête.
_ « Siiii, c'est kawai ! » rit joyeusement l'artiste.
_ « T'as pas intérêt ! »
_ « Hahahahaha !!! D'accord mon Yukiki ! » acquiesça hypocritement le chanteur en faisant tout le contraire, sachant très bien qu'il allait continuer quand même.
_ « URUSAI ! » rugit le blond en faisant voler un autre coussin.
Yuki observa son compagnon s'éloignant dans le couloir. Quelque chose s'était déclenché aujourd'hui. Quelque chose qui avait tout changé. La décision de Shuichi de reprendre sa carrière semblait l'avoir transfiguré. Il paraissait avoir retrouvé son punch et sa bêtise d'antan (Yuki : pauvre de moi…). Seulement, une chose n'était pas comme avant, une seule : Shuichi était aveugle…
Et voilà !!! Fin !!!
du chapitre seulement ! MWHAHAHAHAHAHA !!!
À SUIVRE …AU PROCHAIN EPISODE : ça c'est une bonne question... AH SI ! J'AI TROUVÉ ! Bon on se la refait :
AU PROCHAIN EPISODE : Le calme avant la tempête…
1 : Le temple Fukushima dans la région de Tohoku:ce temple existe vraiment. Il se trouve près de la ville de Fukushima, dans la région de Tohoku au nord de Tokyo. Je sais pas s'il est vraiment perdu en pleine cambrousse, mais ça m'arrangeait qu'il le soit, alors j'ai décidé qu'il était perdu en pleine cambrousse, na !
2 : le Winnie en peluche : il est très probable que dans un avenir proche, je réalise une fic à propos de ceWinnie en peluche
3 : « la léchouille de noureilles » et les « bizouilles » : ça ce sont des expressions spéciales Shizu, issues de son super dico de néologisme (voir le délire à ce propos à la note 5)
4 : les « baisers_papillon » et « yukiki » :expressions empruntées à Patou (qui elle-même les a repris dans d'autres fics qu'elle a lu, enfin en tout cas, pour le baiser-papillon. Yukiki, c'est de elle). J'espère donc que Pat et les auteurs originels me pardonneront d'avoir empruntés leurs mots
5 : pivoiner : sisi , ça existe (en vrai de pour de faux dans le dico),le verbe « pivoiner », tout droit sorti dudictionnaire des néologismes nouveaux et géniaux de la Grande Shizuka_hime. En gros, ça veut dire « rougir »
6 : Pétaouschnock : Naaan, Shuichi… Cherche pas… Tu trouveras pas Pétaouschnock sur la carte du monde… C'est pas une ville qui existe en vrai… Et puis, tu risques pas d'y voir grand-chose de toute façon, vu que t'es aveugle…
7 : le « braï » : bon, là, je sais pas si le jeu de mots marche en japonais, mais il marchait en français, et c'était marrant ^_^
8 : « t'es la gamine que j'ai voulu balancer d'un immeuble en Amérique » : cf manga volume 9
9 : « Un chanteur qui en veut est un chanteur qui peut » :devise de XMR entièrement inventée par MOI, la Grande Shizu…
Rage : non, c'est moi qui l'ai inventé
Shizu : nan c'est moi
Rage : (sort un fusil mitrailleur et repose la question) : QUI l'a inventé ?
Shizu : heuuuuuu… Ricola ?
RATATATTATATATATATATATATAC !!!
Shizu : AAAAAAAAAAAAH !!! ELLE ME TIRE DESSUS ! C'est toi Rage ! C'est toi !!!
Rage : ah quand même^_^
Commentaires de fin : Bon voilà mon chapitre 10. J'espère qu'il vous plaira. Je m'excuse encore pour l'attente, mais j'ai eu quelques problèmes sentimentaux et familiaux qui m'ont mis le moral un peu à zéro, et avait bloqué mon inspiration. De plus, ma bêta-lectrice n'arrête pas de me dire que mon lemon est pas assez bien, alors j'arrête pas de le recommencer, mais ça lui plaît toujours pas. Si vous aussi, vous trouvez qu'il manque encore des trucs, dites-le moi. Mais sachez qu'il va y avoir encore plein d'autres lemons dans les chapitres à venir… Bon, donc, je vais achever de me remonter le moral (ce qui n'est pas toujours facile, surtout quand on critique mes écrits), et je vais tâcher de vite écrire mon prochain chapitre. Enjoy, minna-san ! Et à bientôt !!!
Lexique :
Ahô : imbécile, crétin, abruti (en gros, c'est un synonyme de « baka » pour faire simple)
Ai shiteru : Je t'aime
Aniki : frère aîné, grand frère
Arigatô / arigatô gozaimasu : merci
Baka / Bakayaro : imbécile, idiot, crétin, bête, con, abruti, stupide, maladroit
Baka no ko : ben sachant que « ko » veut dire « gamin », par extension, lié à « baka », ça donne « abruti de gamin » (ça se rapproche de « kuso no ko » mais en moins agressif et malpoli)
Chan/kun/san : Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)
Gomen / Gomen ne / Hontoni gomen nasaï : pardon, désolé, excusez_moi / vraiment désolé
Haï : oui Itaï : Aïeuh ! Ça fait mal !
Kawaï : mignon, adorable, tout CHOUPIIIII !!!!(Oups ! Désoulé, je m'emporte)
Kuso : merde
Kuso no ko : sale gamin
Ohayô /ohayô gozaimasu: Bonjour (jusqu'à 11H du matin)
Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît (le « shimasu » implique un ton un peu plus poli et insistant, voir même suppliant « : je t'en prie / je t'en supplie »)
Onii_san : grand frère
Ototo_chan : petit frère
Seme : le « dominant » dans un couple homosexuel, du verbe « semeru » = attaquer
Sumimasen : désolé, excusez_moi
Teme : connard / enfoiré
Uke : le « dominé » dans le couple homosexuel, du verbe « ukeru » = recevoir, généralement plus petit et plus efféminé que le seme
Urusaï : Ta gueule, ferme_la, tais_toi
Yaoi : genre apparu en 1992, c'est un genre dérivé du shoujo manga (manga pour filles). Il dépeint les relations sentimentales et sexuelles entre 2 hommes.
_ serait l'acronyme de « Yamanashi,Ochi nashi, Imi nashi » = « no climax, no point, no meaning » en anglais, ou en bon français = sans dénouement, sans utilité, sans sens » (en gros un PWP = Plot what plot)
_ viendrait aussi de l'expression « YAmete Oshiriga Itai » = littéralement « arrête j'ai mal au cul ». Les Japonais préfèrent d'ailleurs à cette expression un peu crue le terme « boy's love ». Personnellement, j'aime beaucoup la 2e définition, pas vous ?^^ héhéhé…. Nyark nyark nyark
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