Bring me to the light
Chapitre XVI : Un nouveau venu
Auteur : Shizuka Kurai
Genre : Dark fic, angst
Série : Gravitation
Pairing : Yuki X Shûichi
Persos : Uesugi Tatsuha, Rage Morgan, Nakano Hiroshi, Fujisaki Suguru, K-san, Sakano Hiromu, et un autre petit gars que vous allez découvrir incessamment sous peu. Ah oui, y aussi la secrétaire idiote et blonde Kannô Midoriko, ainsi que le docteur Sakamoto
Disclaimer : Persos de Maki Murakami (sauf 3 qui sont de moi, la secretaire, le docteur plus le petit nouveau)
Commentaires : Vous ne le saviez pas ? Dans une vie antérieure, Machiavel était mon petit frère. C'est moi qui lui ai tout appris. MWAHAHAHAHAHA !!! Bref, je pourrais m'auto-encenser pendant 3 heures pour vous faire part de mon fabuleux génie sadico-machiavélique, mais je suis très occupée alors je ne vais pas le faire, vous en avez de la chance ! Ma formation à Limoges se passe pas trop mal (même si les chiottes des locaux d'hébergement puent, que la peinture est horrible, les fenêtres, on n'en parle pas, et les plombs arrêtent pas de sauter…Bref que du bonheur ! Bientôt c'est moi qui vais péter un plomb…). Allez, lisez bien ce chapitre, moi je retourne à mes écrits et à mes livres !
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Résumé du chapitre précédent : Tatsuha a découvert son amour pour Shuichi et décide de s'allier à Seguchi. Pour faire quoi ? On se le demande… Quand à Shuichi, il découvre que sa mère et sa sœur ont été battues par son père, et que ses parents vont certainement divorcer, Hikari emmenant sa fille avec elle à Kobe… (résumé ultra nullissime)
(Note : toutes les dates sont prises en fonction de l'année 2007)
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Chapitre XVI : Un nouveau venu
Samedi 14 avril, midi passé
Shuichi s'était arrêté de pleurer quand ils arrivèrent à la maison, mais son visage encore marqué de larmes affichait toujours un air triste et désemparé. Yuki le reconduisit jusqu'à l'appartement, lui fit ôter ses chaussures et son manteau, puis il le conduisit dans le salon où il l'installa sur le canapé avant d'aller allumer la télé. Le blond alla ensuite se chercher une bière et un jus de fruits pour Shuichi, et il revint s'installer sur le sofa avec son amant.
_ « Tiens, fit-il en lui donnant la boisson accompagnée d'un sachet de pookies. Ça guérit tout ces petites choses roses, c'est ce que tu m'as dit un jour, non ? »
_ « Hum, haï… Arigato, Eiri, » le remercia l'artiste après avoir identifié au toucher ce que lui donnait son compagnon.
L'écrivain prit sa place habituelle dans l'angle du canapé, et Shuichi vint se blottir contre lui, abandonnant ses gâteux et sa boisson dans un coin.
_ « Tu ne manges pas tes pookies ? » l'interrogea Yuki après quelques minutes, tout en sirotant sa bière à petites gorgées.
_ « … Tout à l'heure, j'ai pas très faim tout de suite… »
_ « Ça se mange sans faim ça, surtout avec toi, rétorqua le blond. Tu es malade ? »
_ « Non, ça va, je vais bien. »
_ « T'inquiète, elles sont à l'abri maintenant. Ton père ne leur fera plus de mal. »
Eiri voulait bien sûr parler de Maïko et Hikari Shindô, la sœur et la mère de Shuichi. Le romancier avait bien compris que cette histoire avec son père allait le perturber quelques jours.
_ « S'il le faut, je les protégerai moi-même, Shuichi, » l'assura ensuite le blond.
_ « Hum… Arigato. »
_ « Shuichi, ne… » commença l'écrivain.
_ « Je sais, Eiri, je ne dois pas pleurer, le coupa le musicien. Regarde, je ne pleure pas, non ? » ajouta-t-il en levant la tête vers son amant.
_ « Non, c'est vrai, mais… »
_ « C'est juste que j'ai du mal à accuser le coup, Eiri… Je ne pensais pas que mon père pourrait s'en prendre à ma mère et à ma sœur. C'est moi le mouton noir de la famille Shindô… »
_ « Ne commence pas à te dénigrer de la sorte, Shu… » s'emporta Yuki avant d'être encore interrompu.
_ « Leurs blessures étaient graves ? Dis-moi, Eiri ! Est-ce qu'elles avaient très mal ? »
Eiri hésita un instant, se doutant que sa réponse pourrait inquiéter encore plus son fragile compagnon. Mais il avait bien vu aussi quelles conséquences son silence pouvait provoquer chez son amant. L'écrivain se décida donc à dire la vérité au chanteur, sans pour autant entrer dans les détails.
_ « Elles ont toutes les deux un bel œil au beurre noir et quelques bleus, mais elles n'avaient pas de blessures plus graves. »
_ « C'est vrai ? Yôkata… » souffla l'artiste, rassuré.
« Heureusement qu'il n'a pu les voir,se dit le blond en aparté. Le connaissant, il en aurait fait tout un drame. Mais… S'il les avait vu sans être aveugle, il aurait sans doute réagi tout autrement... »
L'écrivain grimaça, agacé par toutes ces pensées parasites qui lui encombraient le cerveau : il s'inquiétait trop pour Shuichi et ça lui fichait de sacrées migraines dont il se serait bien passé. Cependant, il ne pouvait se résoudre à abandonner le musicien à son sort, car tout comme l'artiste avait besoin du soutien du romancier, ce dernier avait lui aussi besoin de la présence de son amant.
« Raaah ! pesta Eiri toujours à part. Faut aussi que j'arrête de ruminer comme ça ! On a compris que j'ai besoin de Shuichi autant qu'il a besoin de moi, pas la peine de revenir indéfiniment là-dessus ! »
_ « Bon, il est plus que temps que je prépare à manger, lança soudain le blond à voix haute. Et je ne veux pas t'entendre geindre que t'as pas faim, compris ? Tu vas manger un peu parce que t'as franchement besoin de te remplumer un peu. T'es tout maigrichon. »
_ « …Ha… Haï, Eiri ! » balbutia le chanteur, tellement surpris qu'il ne songea même pas à refuser.
Le blond se leva et Shuichi fit de même en lui demandant s'il pouvait venir l'aider en cuisine. Le romancier lui répondit qu'il pouvait se débrouiller tout seul, et il laissa son compagnon pour rejoindre la cuisine. Mais au moment où il allait pénétrer dans la pièce, et qu'il s'apprêtait à dire au musicien qu'il pouvait mettre la table s'il s'en sentait le courage, Eiri entendit le bruit sourd de quelque chose qui tombe. En se retournant, il vit Shuichi effondré au pied du canapé, sans vie.
_ « SHUICHI ! » s'écria-t-il en se précipitant vers son compagnon.
Doucement, l'écrivain releva l'artiste dont le teint avait viré à un blanc crayeux. Mis à part ce détail, la respiration de Shuichi était régulière et il semblait dormir profondément. Pourtant son sommeil paraissait beaucoup trop profond. Les efforts du romancier pour le réveiller restèrent désespérément vains, procurant à Yuki un nouvel accès d'angoisse. Était-ce son refus que Shuichi l'aide qui avait provoqué ce malaise chez l'adolescent ? Ça paraissait totalement absurde, mais Eiri ne pouvait s'empêcher de l'envisager. Le musicien était devenu tellement sensible ces derniers temps, et les événements des deux derniers jours avaient été très éprouvants pour lui. Sans perdre plus de temps en inutiles hypothèses, Yuki souleva son compagnon et l'allongea sur le canapé, le recouvrit de la couverture qui traînait dans un coin puis appela le docteur Sakamoto…
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Au même moment, à N.G. Productions…
_ « Oooh, Konnichi wa, Yuki-san ! s'écria soudain la secrétaire blonde du président Seguchi. J'allais partir déjeuner, vous avez de la chance. OH ! Mais… vous avez changé de couleur de cheveux ? »
_ « Huh ? Hahaha, non, non, répondit le jeune homme brun qui se tenait à présent devant la demoiselle. Je ne suis pas Yuki Eiri. Je sais que je lui ressemble beaucoup, mais je ne suis que son adorable petit frère, Uesugi Tatsuha. Cela dit, à défaut d'avoir le vrai Yuki Eiri avec vous, je suis là moi. Ça vous dit un petit dîner aux chandelles ce soir ? proposa-t-il en adoptant son sourire le plus charmeur. Je connais un très bon restaurant italien à deux pas d'ici qui fait "delle pasta alla carbonara" du tonnerre. Imaginez la scène, vous et moi, seuls dans la salle panoramique, nous dévorant des yeux l'un l'autre… Je suis persuadé que vous portez très bien le rouge, et que ces deux splendides perles bleues que sont vos yeux illumineraient la nuit de mille étoiles…»
Tatsuha s'était rapproché de la jeune femme jusqu'à la coincer contre le bureau derrière elle. Le visage de la jeune Midoriko avait viré à un beau rouge pivoine des plus charmants, que le moine identifia tout de suite comme un symbole de victoire. Cependant, la remarque que lui fit la demoiselle le refroidit d'un coup.
_ « Oh, Uesugi-san, vous parlez comme un poème, s'extasia la gentille bécasse blonde Mais… mes yeux sont verts. »
_ « ...Urgh ! »
« Kuso ! J'y crois pas ! J'ai superposé l'image de Shuichi à cette mijaurée et j'ai cru que ses yeux étaient bleus ! Je m'étais pourtant promis d'arrêter de penser à lui. Je dois le protéger et ne pas céder à mes pulsions animales qui me conduiraient à le combler de mille caresses jusqu'à ce qu'il hurle mon nom de plaisir et… »
_ « Uesugi-san ? »
_ « Hein ? fit le brun, sortant enfin de ces élucubrations perverses. Ah, heuuu… Pardonnez-moi, je… »
_ « Vous êtes daltonien, c'est ça ? » lança soudain la blonde.
_ « Gné ? » fit Tatsuha sans comprendre.
_ « Vous avez cru que mes yeux étaient bleus au lieu de verts. Quand on est daltonien, on voit une autre couleur à la place du rouge et du vert, expliqua-t-elle d'un air le plus sérieux du monde. Pauvre chose ! Comme ce soit être gênant ! » compatit-elle en flattant les cheveux du jeune homme comme elle l'aurait fait avec un caniche.
_ « Heu… Oui… Parfois… » balbutia le moine sans oser la détromper, médusé de l'extrême stupidité de la pauvrette.
Tatsuha ne pensait vraiment pas rencontrer un jour une personne plus idiote encore que Shuichi dont la capacité à balancer des âneries plus énormes que lui était pourtant déjà fort développée. Seguchi aimait-il donc s'entourer de personnes stupides ? Peut-être cela lui permettait-il de se sentir supérieur et utile à la société. Ou alors, était-il un "bakacon "(1), un obsédé des débiles profonds ? Non… Impossible. Quoique, entre Sakuma Riyuichi, Shuichi ou encore cette jeune secrétaire au cerveau limité, on pouvait se poser la question… Cependant, la première explication était plus crédible, car Seguchi aimait Yuki qui était très intelligent et cultivé, mais il souffrait d'un terrible complexe de supériorité qui le rendait parfois sans pitié envers les jeunes artistes qu'il recevait en audition.
D'ailleurs, Tôma n'avait pas été tendre avec Shuichi au début de sa carrière, et il n'avait pas hésité à lui dire en face qu'il avait des progrès à faire s'il voulait continuer à travailler à N.G. Mais heureusement à l'heure actuelle, Shuichi avait changé de boîte de production, et sa patronne était une véritable fan du petit chanteur des Bad Luck (pas toujours pour son plus grand bonheur…). Le seul problème qu'il restait était l'obsession grandissante de Seguchi pour son beau-frère Eiri, et la chose avait pris de telles proportions que le président négligeait complètement son épouse et s'acharnait sur ce pauvre Shuichi. C'était pourquoi il fallait l'arrêter avant que ça ne dégénère vraiment et que Shuichi soit blessé ou même pire.
Après avoir convenu d'une heure de rendez-vous avec la jeune secrétaire au QI aussi élevé qu'un stégosaure, le moine se fit annoncer au président, en ayant bien pris soin de lui faire part de la raison de sa venue, à savoir comment obtenir les faveurs Eiri(raison qui était, par ailleurs, un piège destiné à appâter Seguchi et à lui faire commettre une erreur qui l'aurait définitivement éloigné de Yuki et Shuichi). Malheureusement, le brun ignorait encore à cet instant que Tôma avait tenté de violer son frère, et qu'il allait pénétrer dans l'antre du Diable…
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Le même jour, en fin d'après-midi.
Quand Shuichi ouvrit les yeux, son regard vide se perdit dans les ténèbres environnantes. Il était dans son lit, ( enfin, celui qu'il partageait avec Yuki), mais son esprit flottait à des kilomètres de là, errant dans les limbes obscures qui l'entouraient. Il serait sans doute resté égaré dans les tourments de cette noirceur si une voix grave et inquiète n'avait appelé son nom et ramené sa conscience parmi les vivants.
_ « … chi ? »
_ « Hum ? »
_ « Shuichi ? Est-ce que ça va ? »
_ « Ei… ri ? »
_ « Je suis là, watashi no tenshi… »
_ « Eiri… »
Shuichi tendit une main par-dessus les couvertures que l'écrivain saisit aussitôt avec délicatesse.
_ « Tu te sens mieux ? »
_ « Huh ? Pourquoi tu me demandes ça ? » l'interrogea l'adolescent d'une voix traînante.
_ « Tu t'es brusquement effondré au moment où j'allais faire à manger. Tu m'as fichu une ces trouilles, sale gamin… »
_ « Ah… gomen… » lâcha le musicien d'un air absent.
Yuki remarqua que l'esprit de Shuichi était encore parti en vagabondage.
_ « Shu-chan, » l'appela-t-il à nouveau.
_ « Huh ? Nani ? »
_ « Qu'est-ce que tu as, Shu ? Tu es bizarre… »
_ « Ah ? Peut-être… Tu crois ? »
_ « Je ne crois pas, j'en suis certain, affirma le blond. Sakamoto-san m'avait prévenu que tu risquais d'être un peu à l'ouest mais là, c'est encore pire que ce que j'imaginais. C'est même carrément flippant. »
Shuichi se sentait effectivement un peu bizarre. Il entendait son amant lui parlait mais il ne comprenait goutte à ses paroles. Il aurait voulu y parvenir mais son cerveau refusait de lui obéir, comme si un voile épais recouvrait toutes ses facultés mentales. Alors, pour se faire pardonner, mais aussi dans l'espoir de se sentir mieux, l'adolescent demanda soudain :
_ « Prends-moi dans tes bras… »
Eiri, qui avait continuer à parler dans le vide pendant ce temps, se tût soudain, réalisant enfin que Shuichi ne l'avait pas écouté. Réprimant la tristesse qui l'envahit alors, le blond serra tendrement son aimé contre lui en repensant aux paroles du docteur…
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Flash-back : quelques heures auparavant…
_ « Je ne comprends pas ce qu'il lui est arrivé, expliquait le romancier au médecin. Il s'est effondré d'un seul coup et ensuite, impossible de le réveiller. »
_ « Hum… Je ne vois rien de très inquiétant pour l'instant, mais si son état devait perdurer, il faudra sans doute l'hospitaliser. »
_ « L'hospitaliser ? Vous croyez vraiment que c'est nécessaire de l'envoyer encore une fois dans cet endroit froid et angoissant ? Il est déjà assez traumatisé comme ça ! »
_ « Je le sais bien, Yuki-san, répondit patiemment le docteur. Cependant, l'état de votre ami pourrait s'avérer dangereux s'il persistait. »
_ « Comment ça ? »
_ « Il ne dort pas, contrairement à ce que vous semblez penser. Il comate. »
_ « Vous vous foutez de moi là ? J'avais déjà remarqué qu'il était dans le cirage ! Ce que je vous demande, c'est… »
_ « C'est ce que j'essaie de vous expliquer, le coupa Sakamoto. Shindô-san est dans un état proche du coma. Il n'est pas vraiment dans le coma, mais il n'est pas non plus dans une période normale de sommeil. Le stress accumulé a du provoquer une chute de tension et un effondrement nerveux. Le stress est à l'origine de nombreux maux de nos jours, et parfois, cela se révèle très handicapant chez certaines personnes. Shindô-san a tout fait pour tenir le coup, mais au bout d'un moment, son corps lui a réclamé le repos dont il avait besoin, et il n'a pas demandé la permission de son possesseur. Shindô-san ne se réveillera que quand son corps le lui permettra, et pas avant. Et c'est pourquoi je dis que si cet état de fait doit durer trop longtemps, il faudra l'hospitaliser, car alors, il ne sera plus en mesure de se nourrir, et son corps ne fera que s'enfoncer encore plus, entraînant immanquablement la mort... »
_ « … »
_ « Nous n'en sommes encore pas là, fort heureusement, ajouta le docteur pour rassurer son interlocuteur. Pour l'instant, nous allons laisser Shindô-san se reposer, et si d'ici à demain soir, il ne s'est toujours pas réveillé, nous aviserons. Je vais aussi lui prescrire un traitement à base de plantes qui devrait l'aider à mieux gérer son stress. »
_ « Vous ne lui donnez pas d'anti-dépresseurs ? »
_ « Je préfère éviter dans son état. Shindô-san est très faible, un traitement trop fort pourrait avoir l'effet inverse, et faire empirer son intégrité physique et mentale. Commençons déjà par le plus simple, mais pas le moins efficace. »
_ « … Très bien, acquiesça le romancier tandis que le médecin rédigeait son ordonnance. Merci de vous être déplacé un samedi. »
_ « Oh, vous savez, j'y vois aussi mon intérêt, fit modestement Sakamoto-san. Je m'intéresse beaucoup à son cas. Si une star telle que lui peut surmonter l'obstacle de sa cécité et continuer sa carrière, cela pourrait être un exemple pour beaucoup de personnes qui deviennent aveugles après un accident grave ou une maladie soudaine. »
_ « Mouais… Et vous pouvez aussi vous faire plein de fric sur le dos des pauvres gens que vous soignez… »
_ « La moitié des sommes que je reçois pour soigner les personnalités de ce pays sont reversés à des œuvres caritatives. On me dit souvent que je suis trop impliqué avec mes patients, et que je suis trop gentil pour être docteur. »
_ « Je vais finir par le croire… Ou alors par être convaincu que vous sortez tout droit de Dr Queen… » grinça l'écrivain, sarcastique.
_ « Hahaha ! On me le dit souvent aussi. »
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Shuichi se réveilla en sursaut. Qui était donc cette personne qui l'emprisonnait de ces bras puissants ? Il ne pouvait la voir. Il ne pouvait que percevoir son étreinte, sentir l'odeur de ses vêtements fraîchement lavés, constater que cette personne était un homme plus grand et mieux bâti que lui. Avec un cri de frayeur, l'artiste repoussa l'inconnu qui le retenait, prêt à s'enfuir…
L'écrivain ouvrit les yeux quand il sentit soudain son amant s'écarter vivement de lui. L'adolescent s'était reculé jusqu'au bord du lit, l'air terrorisé, comme s'il craignait que quelque chose ne l'attaque. Il respirait avec difficulté, retenant parfois son souffle pour guetter le moindre bruit suspect. De quoi avait-il donc peur ? Avait-il fait un nouveau cauchemar avec Seguchi ? Eiri se redressa à son tour et tendit la main pour effleurer la joue de son compagnon.
_ « C'est moi, Shu… »
_ « Ne me touchez pas !!! » hurla l'artiste soudain pris de panique en se reculant encore.
Mais là, manque de chance, le lit se terminait, et le musicien posa la main dans le vide, perdant brusquement l'équilibre avant de basculer. Le romancier le rattrapa juste à temps, avant qu'il ne chute pour de bon sur le sol. L'adolescent, qui n'avait pas reconnu son amant, se mit à s'agiter, en gémissant de frayeur. Il semblait même avoir tellement peur qu'aucun mot ne parvenait à franchir le seuil de ses lèvres.
_ « Shu, calme-toi ! C'est moi, c'est Eiri ! »
_ « … Non… » gémit le musicien.
_ « Shuichi, c'est moi, » répéta l'écrivain plus doucement en caressant la joue du chanteur.
L'adolescent, qui avait cessé de bouger tellement il avait peur, ouvrit les yeux et chercha son amant des yeux. Bien entendu, l'artiste ne put le voir, mais il sentait malgré tout sa présence.
_ « Eiri… »
_ « Tout va bien, Shu… »
Shuichi poussa un soupir fatigué et se blottissant contre Eiri, il lâcha timidement :
_ « Gomen ne… »
_ « Pfff… souffla le blond, agacé. Je t'ai dit quoi déjà ? »
_ « … De… d'arrêter de m'excuser ? » hasarda l'adolescent, confus.
_ « Dans le mille ! Alors, retire tout de suite ce mot de ton vocabulaire, c'est compris ? Tu as eu peur en te réveillant dans mes bras, mais je ne vais pas te fâcher pour ça. La seule chose à laquelle tu dois penser pour le moment, c'est te reposer. »
_ « Je… Quelle heure il est ? »
_ « Pas loin de 21 heures, je crois. »
_ « Si tard ? s'exclama le musicien en se redressant. Tu as mangé au moins ? Tu n'es pas resté tout le temps avec moi, j'espère ? »
_ « Non, je n'ai pas mangé, et oui, je suis resté tout l'après-midi auprès de toi. Je te laisse deviner ce que ça veut dire… » répondit le blond d'un ton étrange.
« Il s'est inquiété pour moi… pensa Shuichi, troublé. Il n'arrive pas à le dire, mais il s'est inquiété pour moi, et il n'a pas voulu me laisser seul parce qu'il tient à moi… »
L'artiste connaissait maintenant par cœur cette voix monocorde et légèrement vacillante qu'employait son amant pour tenter de masquer son angoisse. C'était à la fois attendrissant et terriblement craquant !
_ « Arigatô, Eiri ! » s'écria soudain le chanteur en sautant au cou du romancier.
_ « Ha… haï… » balbutia le blond, pris de court.
_ « Na, Eiri… »
_ « Hum ? »
_ « Il n'y a vraiment que toi qui puisse chasser les nuages qui planent sur mon cœur… »
Un silence s'ensuivit, pendant lequel Shuichi remarqua quelque chose d'étonnant. Au niveau de sa poitrine, il sentait des battements de cœur précipités. Mais ce n'était pas les siens qu'il ressentait, mais bel et bien ceux de l'écrivain ! Réprimant le petit rire qui lui venait aux lèvres, l'adolescent demanda :
_ « Ça va, Eiri ? »
_ « Hein ? Mais bien sûr que ça va, baka ! fit le blond le cœur palpitant et les joues embrasées en repoussant doucement Shuichi. Tu croyais peut-être que j'allais m'attendrir pour deux mots de poésie ? »
_ « Huh ? Je parlais pas spécialement de ça, Eiri, mais je suis content de savoir que mes "deux mots de poésie" ont au moins retenu ton attention, » fit l'artiste avec un sourire malicieux.
_ « J'ai jamais dit que ça m'avait plu ! » se récria le romancier, encore plus rouge.
_ « Mais j'ai jamais dit non plus que ça t'avait plu, j'ai dit que ça "avait au moins retenu ton attention", fit remarquer l'adolescent, légèrement narquois. Pourquoi ta voix tremble comme ça ? Tu as aimé en fait ? »
_ « … »
_ « Tu n'as pas besoin de répondre, Eiri, fit l'artiste en revenant se blottir contre son compagnon. Je sais déjà ce que ton cœur pense, même si tes lèvres ne peuvent pas le dire… »
_ « … Shu… »
_ « Aï shiteru, Eiri… »
Il y eu un court silence pendant lequel le romancier resta pétrifié un instant avant de resserrer son étreinte sur son amant et de lui murmurer.
_ « Moi aussi, watashi no tenshi… Aï shiteru… »
Shuichi sentait que le blond était au bord des larmes. Il était heureux et ému des mots de son compagnon, mais il avait de plus en plus la conviction que son amour pour lui le faisait souffrir. Le musicien devait à tout prix devenir plus fort, pour ne plus pleurer devant l'écrivain, et surtout pour ne plus lui créer de soucis. Mais face au monde d'obscurité qui se dressait devant lui, la tâche s'avérait ardue, et Shuichi n'avait qu'un espoir, réussir à surmonter toutes les difficultés. Un frémissement léger le secoua et l'artiste étouffa son gémissement d'angoisse contre la poitrine de son compagnon. Yuki le perçut et, écartant soudain l'adolescent, il se leva soudain, abandonnant son amant dans le lit.
_ « Ei… Eiri ? » balbutia Shuichi, intrigué en entendant de drôles de bruit à quelques mètres de lui.
L'écrivain fouillait fébrilement dans le placard, à la recherche d'un objet qu'il ne tarda pas à trouver.
_ « AH ! s'écria victorieusement le blond. Le voilà ! »
_ « Qu'est-ce que tu cherches, Eiri ? »
_ « Tiens, fit le romancier revenu près de l'artiste. Tends les mains, Shu-chan.»
De plus en plus perplexe, Shuichi obéit timidement. Un objet poilu et assez léger vint se poser délicatement entre ses mains grandes ouvertes.
_ « Gnuh ? Qu'est-ce que c'est ? » demanda le chanteur.
_ « À ton avis ? »
_ « On dirait… une peluche… commença l'adolescent en tâtant la chose. C'est un… lapin ? »
_ « Oui, c'est ça. Un joli lapin rose un peu comme celui de Sakuma. C'était un de tes cadeaux d'anniversaire, mais je te le donne tout de suite celui-là. Comme ça, tu l'auras avec toi pour aller au studio lundi. »
_ « … Eiri… »
_ « Enfin, t'es pas obligé de l'emmener si c'est trop gênant pour toi, » ajouta aussitôt l'écrivain en rougissant.
_ « Si, bien sûr que je vais l'emmener, Eiri ! s'écria aussitôt le musicien. Je l'adore déjà ! Arigato ! »
Et pour confirmer ses dires, Shuichi serra très fort la peluche contre lui.
_ « Hé ! Je suis là, moi ! protesta le blond. La peluche, c'est seulement pour quand tu vas au studio ou quand je ne suis pas avec toi dans le lit. »
_ « Oooh ! Comme c'est kawaï ! Mon Eiri chéri qui est jaloux ! »
_ « Je ne suis pas jaloux ! »
_ « Hihihi ! »
_ « Je t'interdis de te marrer, baka ! »
_ « Alors serre-moi contre toi si tu veux que j'arrête, Eiri… »
_ « Haï… »
Sur cet acquiescement, le romancier écarta la peluche qu'il posa à la tête du lit, puis il attira son amant dans ses bras…
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Le week-end se termina plus calmement qu'il avait commencer. Grâce aux petites pilules d'homéopathie prescrites par le docteur Sakamoto, Shuichi dormit d'une traite toute la nuit, et se réveilla assez tard le dimanche matin. Le musicien se reposa toute la journée durant, somnolant parfois, rêvassant les yeux dans le vide en écoutant de la musique à d'autres moments, et ne se levant que pour aller manger, tandis que son compagnon écrivait. Le lundi matin arriva finalement, et aussi l'heure de partir au studio.
_ « Shuichi… » fit le blond tandis que le chanteur s'habillait dans la chambre.
_ « Hum ? »
_ « Tu sais, tu n'es pas obligé d'aller au studio aujourd'hui. Le docteur te disait de te reposer. Après ce qu'il s'est passé, personne ne t'en voudra si tu manques une journée de travail. Et puis, c'est ton anniversaire, j'ai envie de te gâter, de te chouchouter, de… »
_ « Hahaha, arigato, Eiri, fit Shuichi en repoussant doucement le blond qui était venu l'enlacer. Mais aujourd'hui, je ne peux vraiment pas manquer. C'est un jour très important : une nouvelle personne doit intégrer le staff et va nous être présenté. »
_ « Tu la verras demain cette personne. Reste… Juste pour aujourd'hui, » insista l'écrivain, se faisant câlin.
_ « Non, Eiri, arrête ! protesta le musicien en essayant d'échapper à l'étreinte du romancier. C'est déjà pas facile pour moi alors si tu continues, je finirai par prendre de mauvaises habitudes, et je voudrai rester tout le temps ici avec toi. Je dois y aller, il le faut. Et tu le sais aussi bien que moi, Eiri. »
_ « … »
_ « Qu'est-ce qui t'arrive, Eiri ? » demanda l'artiste en se retournant pour venir caresser la joue du blond.
_ « Je dois avouer que je l'ignore moi-même, Shuichi… répondit l'écrivain à mi-voix. Tout ce que je sais, c'est que te voir dans un état tel que tu étais hier, ça me fait mal. Je… Je me sens impuissant et terriblement mal. Shuichi. J'ai mal à un point tel que je n'ai pas envie de te laisser sortir d'ici… »
_ « Oh, Yuki… Mon amour… Il ne faut pas… Je vais bien, tu sais, je… »
L'artiste se tût, et il laissa son compagnon venir lover son front au creux de son cou. Il réalisait que sa propre détresse était en train de déteindre sur le romancier, et si celui-ci flanchait, qui le soutiendrait à l'avenir ? Le chanteur était en vie après tout. Il aurait très bien pu mourir le jour de cet accident qui lui avait coûté ses yeux, mais il avait survécu et la conséquence la plus grave avait seulement été de perdre la vue, pas la vie. Curieusement, en ce jour où il fêtait ses 20 printemps et son entrée dans la majorité, Shuichi se sentait investi d'une puissance nouvelle, d'un courage qui jusque là lui avait fait défaut, et allait l'aider à avancer.
Eiri n'en n'avait pas l'air au premier abord, mais il était en fait beaucoup plus fragile et sensible qu'il le laissait paraître. Sa froideur apparente n'était qu'une façon de se protéger en repoussant les autres avant de souffrir. Le musicien avait remarqué cela très tôt dans leur relation, mais avec ses propres problèmes, il l'avait oublié. Pourtant n'étaient-ils pas un couple ? Les aléas de l'existence devaient alors se surmonter ensemble, pas chacun de son côté en attendant le réconfort de l'autre. Car quand l'un souffrait, l'autre le ressentait également. Donc inversement, si l'un avait un moral d'enfer, l'autre se sentirait aussitôt mieux. Enfin c'était la conclusion à laquelle Shuichi était arrivé après quelques instants de réflexion. Le musicien décida alors de remonter les bretelles à son amant dépressif et de lui montrer que tout allait bien se passer. Il chercha le visage du blond, et quand il l'eut trouvé, il posa ses deux mains sur ses joues.
_ « Eiri ! fit l'adolescent en donnant deux petites tapes simultanées à son compagnon. Je te certifie que tout se passera bien, alors tu dois me croire, et me laisser partir. »
_ « Aieuh ! Pourquoi tu me gifles, baka ? »
_ « Parce que je ne veux pas te voir déprimer à cause de moi. Tu sais bien que je suis un cas désespéré de pleurnichard incurable. Je chouine souvent, mais je me remets vite. Après tout, ne suis-je pas le Shuichi idiot et stupide que tu adores ? »
Et Shuichi d'agrémenter sa réplique d'un sourire joyeux et benêt. L'écrivain reste muet un instant avant de pouffer.
_ « Ouais, ça c'est sûr, t'es vraiment un cas désespéré. Mais bon, tu le reconnais au moins, c'est déjà ça, » fit le blond, moqueur.
_ « Ça va mieux ? » demanda Shuichi avec un sourire tendre.
_ « Je vais toujours très bien, mais j'espère que ta bêtise n'est pas contagieuse. Tu commences déjà à me déblatérer des âneries le matin de bonne heure. »
_ « Hé bien moi, j'espère que c'est contagieux au contraire, comme ça tu seras moins bougon, espèce de vieux grincheux. »
_ « Quoi ? Attends un peu toi ! » s'exclama le blond sur un ton faussement menaçant en commençant à chatouiller le gamin un peu partout.
_ « Haaaa ! Hahahaha ! Non, Eiri ! Pitié ! Pas la chatouille ! Pas la chatouiiiiiiiille !!! Hihihihi ! »
_ « HAHUM ! » les interrompit soudain une voix gênée depuis le couloir.
Les deux amants se tournèrent en direction du bruit, se demandant qui pouvait bien les déranger au meilleur moment. Shuichi n'apprit qui était la personne en question que quand Yuki prononça son nom à haute voix.
_ « Rage-san ? »
_ « Naniiii ? Rage-san ? s'écria aussitôt le musicien, stupéfait. Mais… mais… mais… Que faites-vous ici ? Et depuis quand… »
_ « Je viens juste d'arriver. J'étais venu m'assurer que tu arriverais à l'heure au studio ce matin, étant donné que nous avons un emploi à organiser avec toi, mais visiblement, je constate que tu n'as l'air très pressé de venir nous rejoindre. »
_ « Ah, mais, Rage-san, je ne suis pas en retard. Je m'apprêtais à partir, c'est vrai. »
_ « Si vous avez des reproches à faire à quelqu'un, c'est à moi qu'il faut s'adresser, intervint Yuki. Je l'ai retardé contre sa volonté. »
_ Huuumouais… fit la jeune femme d'un air dubitatif. Mais même si c'était vrai, Shindô-kun avait l'air plutôt content que vous le reteniez "contre son gré". Enfin, bref, peu importe. Allons-y, Shindô, on a du pain sur la planche ! » ajouta l'Américaine en entraînant l'artiste par le bras.
_ « Héééé ! Attendeeeez ! J'ai pas fini de m'habilleeeeeeeer ! »
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Une demi-heure plus tard, Shuichi, finalement habillé, était arrivé aux studios de XMR Japan, et retrouvait tous les membres de l'équipe. Hiro le salua joyeusement, tandis que Suguru gardait un silence pesant, que K-san s'empressa de briser en le menaçant du canon de son Magnum pour l'obliger à dire bonjour. Sakano-san, égal à lui-même, commençait déjà à devenir hystérique avant même que la journée ne débute. Bref, rien d'inhabituel pour Shuichi, sauf que le chanteur ne put appréhender la scène que grâce à ses oreilles. Heureusement, l'équipe des Bad Luck était du genre assez bruyante.
Cette scène peu commune amusa particulièrement l'invité de marque qui attendait dans le studio au moment où le groupe entrait dans la pièce. Ce jeune homme brun aux yeux d'un magnifique vert émeraude et au corps de statue grecque (du moins c'était ce qu'on pouvait deviner sous son pull à col roulé ultra-moulant ), fixa aussitôt son regard sur le leader du groupe, à savoir Shuichi, sans prononcer un seul mot, attendant manifestement quelque chose. Il n'attendit pas longtemps que déjà le chanteur, se sentant observé, s'arrêtai net au milieu de la pièce alors que Hiro le conduisait vers une chaise au fond de la salle.
_ « Je constate que tu arrives déjà à sentir la présence des gens, Shindô-kun, » fit le brun de sa douce voix de ténor.
_ « Qu… Qui êtes-vous ? » l'interrogea aussitôt l'adolescent, en serrant un peu fort le bras de Hiroshi qui le guidait.
_ « Moi ? Oh, je ne suis personne, répondit modestement l'inconnu. Mon nom est Seki Tomokazu, pour vous servir, Shindô-kun. »
_ « Qu… HEIIIIIIIIIIIIIIN ???!!! »
Médusé, le chanteur n'arrivait pas à croire ce qu'il entendait. L'illustre Seki Tomokazu, brillant auteur-compositeur et interprète fabuleux de divers grands rôles au cinéma, sans compter les divers doublages de personnages auxquels il avait prêté sa voix, ce Seki Tomokazu se tenait apparemment là dans la même pièce que lui.
_ « Mais qu'est-ce que vous faites là ? » s'écria Shuichi avant de réaliser combien sa question était stupide et déplacée.
_ « Votre patronne a tenu à conserver le suspens jusqu'à la fin, à ce que je vois, remarqua le comédien. Hé bien, je suis le nouveau membre du staff de Bad Luck, assistant personnel de Shindô-kun, et accessoirement votre nouveau parolier. »
_ « Nou… Nouveau parolier ? balbutia Shuichi, interloqué. Comment ça, nouveau parolier ?! »
_ « D'après les observations de votre directrice, et sans vouloir t'offenser, Shindô-kun, il semblerait que tu éprouves quelques difficultés avec l'écriture de tes chansons. De plus, étant donné ton petit problème de vue actuel, et tant que tu n'auras pas appris à lire et écrire le braille, cette tâche va se révéler encore plus difficile pour toi. C'est pourquoi j'ai été engagé afin de… »
_ « J'ai pas besoin de parolier ! Je peux très bien écrire mes chansons tout seul ! s'écria le chanteur, piqué au vif. Le seul qui ai le droit d'écrire mes textes, c'est mon Yuki, et personne d'autre ! »
Le musicien fit volte-face et, du bout de sa canne, il chercha la porte pour quitter la pièce. Mais forcément, étant aveugle, l'adolescent ne trouva d'abord que le mur, avant de chercher à tâtons la sortie. Hiro le rattrapa aussitôt et tenta de le raisonner. Après quelques minutes de pourparlers, le guitariste réussit à ramener son ami à la raison, et alla le faire asseoir sur une chaise au fond de la pièce. La peluche offerte par Yuki trônant sur ses genoux (et rebaptisée Riri (2) pour l'occasion), Shuichi affichait une mine boudeuse.
_ « Écoute, Shindô-kun… » commença Tomokazu venu s'asseoir près du jeune homme.
_ « Je vous ai jamais permis de me tutoyer, d'abord ! Même si vous êtes ma troisième star préférée après Yuki et Sakuma-san, c'est pas une raison pour être aussi familier ! Humpf ! » s'emporta l'adolescent en croisant fermement les bras sur la poitrine, le nez en l'air.
En face de lui, le brun hésitait entre le rire et la stupéfaction. Sa troisième star préférée ? Le classement aurait pu être pire.
_ « Il est à prendre avec des pincettes, dites-moi, » chuchota-t-il à ses voisins.
_ « Ah, ne m'en parlez pas… » commença à se lamenter Sakano-san.
_ « Ce n'est pas dirigé contre vous, Seki-san, lui expliqua Hiroshi à mi-voix. C'est juste que Shuichi est très fier de ses textes, et il prend généralement très mal toute remarque dessus, même si ce n'est pas forcément une critique. »
_ « J'avais cru remarqué, » fit le brun avec un sourire amusé.
Tomokazu n'était pas étonné de la réaction du chanteur. Il s'attendait d'ailleurs à une réaction plus virulente de la part de quelqu'un devenu aveugle il y a peu, mais visiblement, le jeune musicien avait dû être bien soutenu par son entourage. Pour avoir déjà côtoyé des personnes devenues non-voyantes récemment, le parolier savait que certains réagissaient avec amertume et passaient leur colère sur tout le monde, tandis que d'autres se muraient dans la terreur provoqué par leur cécité nouvelle. Shuichi avait plutôt l'air d'appartenir à la deuxième catégorie, même s'il avait laissé explosé son énervement peu auparavant. Il suffisait de voir comment il s'en remettait à son ami Hiroshi. Pourtant, le comédien avait bon espoir : Shuichi était un battant, sinon il n'aurait jamais repris sa carrière aussi vite après son accident.
_ « Shindô-san, reprit Tomo après un silence, en adoptant la forme de politesse. Je suis seulement ici pour vous aider. »
_ « … mum… à quoi maintenant ? » grommela Shuichi dans sa barbe.
_ « Hein ? »
_ « Je vais servir à quoi, moi, maintenant ? »
_ « Shindô-san… »
_ « Fujisaki fait déjà les compositions musicales à ma place, et vous, vous allez écrire mes textes. Je vais servir à quoi alors moi alors ? Juste à chanter ? Mais même ça, je le fais pas bien du tout. Comme je peux plus lire les partitions, ou les textes, j'ai plus de mal à apprendre les chansons. Dans ce cas-là, Bad Luck ferait mieux de se trouver un autre chanteur, qui sera capable d'écrire de bons textes, et qui chantera bien. »
_ « Shuichi ! Raconte pas n'importe quoi, baka ! » s'exclama le guitariste en se levant de sa chaise.
_ « Mais c'est la vérité, Hiro, je suis un incapable de bon à rien ! La preuve, même Rage-san, qui est censée être une de mes plus grandes fans, a embauché un parolier pour me remplacer… »
Tout le monde se regardait en silence. Rage, l'air contrit, avait détourné la tête pour masquer sa gêne. Engager Seki-san ne partait pas d'une mauvaise intention, mais elle n'avait pas pensé que Shuichi puisse mal le prendre. Quant à Fujisaki, malgré sa conviction que le chanteur disait vrai, il ne pouvait s'empêcher de ressentir un certain malaise. Sakano était sur le point d'avoir une syncope et K-san astiquait minutieusement son magnum en attendant de dégommer le premier gaffeur venu. Le seul à ne pas s'inquiéter de la situation était Seki Tomokazu. Il savait déjà quels mots prononcer pour rétablir la sérénité au sein de cette équipe déstabilisée par de nombreuses épreuves.
_ « Shindô-san, commença le brun en posant doucement sa main sur le genou de Shuichi. Je ne suis pas ici pour prendre ta place dans le groupe. Je suis là uniquement pour te venir en aide, et t'épauler dans la réalisation de tes chansons. Tu l'as dit toi-même, comme tu es aveugle, tu ne peux pas lire les partitions et tu as du mal à apprendre, alors, en parallèle de tes cours de braille, je t'enseignerai une méthode que j'ai créé pour les personnes comme toi. »
_ « Comme moi ? »
_ « Oui, comme toi. Ma petite sœur a eu la malchance de naître aveugle, et elle a toujours adoré chanter. Mais malgré sa très bonne oreille et son talent, les producteurs craignaient d'investir sur une aveugle. C'est pour elle que j'ai inventé une façon très simple de lire des partitions de musique, basée sur le braille (3). Si tu es prêt à t'investir à fond dans ton travail, Shindô-kun, alors en quelques semaines, tu seras capable de te débrouiller tout seul. »
Perdu dans sa perplexité, Shuichi n'avait pas remarqué que le brun le tutoyait de nouveau. Il y avait quelques mois encore, le chanteur appartenait encore à la majorité des gens peuplant cette planète, à savoir, les valides. Mais maintenant, il faisait partie de cette autre catégorie de personnes à qui certaines choses ne sont pas possibles à cause d'une infirmité quelconque. Ne plus composer, ne plus écrire… La prochaine fois, que lui demanderait-on d'arrêter de faire dans le groupe ? De ne plus chanter ? Même avec la fameuse méthode de Seki-san, cela prendrait certainement des mois avant que Shuichi puisse être vraiment autonome. Si son handicap était si gênant que ça, alors, autant arrêter tout de suite. Il pourrait vivre tranquillement avec Yuki, dans leur appartement. À moins que l'écrivain ne se lasse de lui et son inutilité. Dans ce cas-là, que lui resterait-il à faire ? Où pourrait-il aller ?
_ « Je ne sers plus à rien ? » souffla l'artiste dans un sanglot.
Anéanti, le jeune homme n'avait pas remarqué les larmes qui déjà, coulaient lentement sur ses joues.
_ « …dô ? » fit une voix lointaine.
Le monde aurait pu s'écrouler autour de lui que l'artiste ne s'en serait même pas aperçu…
_ « Shindô ? »
Le musicien n'entendait plus rien à présent. Il perdait pied…
_ « Hé, Shindô ! »
Qui appelait-on ? Shindô… Ce nom lui semblait vaguement familier. Bah, peu importait après tout, puisqu'il ne servait plus à rien. Plus rien n'avait d'importance…
_ « SHUICHI ! »
Le cri fit sursauter le chanteur. Reprenant conscience de la réalité autour de lui, l'artiste se retrouva assis, et même agrippé à sa chaise, comme s'il avait failli tomber. Il sentait également posés sur lui les regards de plusieurs personnes ainsi que, sur ses épaules, deux mains qu'il identifia bientôt comme étant celle du parolier. C'était d'ailleurs ce dernier qui avait crié son prénom avec véhémence, le sortant de sa torpeur.
_ « Ça va, Shindô-kun ? » fit le brun d'une voix inquiète.
_ « Heu… Oui, je… je crois que ça va… » balbutia Shuichi encore un peu perdu.
_ « Arrête de nous faire des frayeurs comme ça, Shu-chan, » lui lança Hiroshi en ébouriffant les cheveux de son ami.
_ « Haï… Gomen nasaï… s'excusa le chanteur en essuyant les larmes sur son visage. J'ai juste eu une absence. »
« C'est pas le moment de flancher, Shuichi ! se gourmanda intérieurement le musicien. Je me suis promis ce matin de devenir plus fort pour mon Yuki, alors il ne faut pas que je me laisse démoraliser maintenant. Si Rage-san pense qu'on a besoin d'un parolier, il faut lui faire confiance. C'est pour m'aider. C'est uniquement pour m'aider… »
Mais bien qu'il se dise ça, Shuichi avait quand même peur que sa place au sein du groupe ne soit compromise. Un nouveau parolier… Et pas n'importe qui en plus. Un des meilleurs qui soit au Japon. De plus, Tomokazu était également un chanteur de talent. Il avait vraiment le charisme et l'envergure d'une grande star. À côté de lui, Shuichi faisait figure de gamin de maternelle. Il ne savait plus quoi penser de tout ça. Le mieux était peut-être d'arrêter de se torturer les méninges après tout. Il fallait avancer comme il le pouvait pour l'instant, saisir toutes les opportunités qui se présentaient à lui comme ce nouveau parolier, et rebondir encore plus haut qu'avant, si c'était vraiment dans ses moyens de réussir.
_ « Bon, quand est-ce qu'on commence ? » lança finalement le chanteur, sa nouvelle résolution affermie.
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La matinée se déroula tout à fait comme elle avait été prévue par la patronne, mais pas tout à fait comme Shuichi l'aurait cru. Il savait que le débriefing général aurait lieu, et qu'on organiserait un emploi du temps couplant les enregistrements et ces futurs cours de braille, mais il ne pensait pas que le planning serait établi de la sorte : toutes les matinées seraient uniquement consacrées à l'apprentissage du braille, tandis que ces deux camarades Hiro et Fujisaki travailleraient les compositions et arrangements en compagnie de Seki-san. L'après-midi, une à deux heures seraient encore réservées pour le braille, mais cette fois-ci pour découvrir la fameuse méthode-miracle du parolier. Le reste de la journée verrait la mise en commun des trois artistes pour se synchroniser avec la nouvelle méthode de travail de leur chanteur. La journée commençait à 8 heures le matin et se terminait à 19 heures tapantes, et la pause déjeuner ne devait pas dépasser une heure. Une foultitude de petits détails venaient agrémenter ces conditions générales, mais vous les citer ne serviraient guère ici à l'avancée de cette histoire.
Malgré les longues explications de la matinée, la pause déjeuner arriva très vite, et quand Hiro conduisit Shuichi dans un coin calme de la cantine avant d'aller chercher leurs plateaux-repas, le chanteur se laissa tomber sur une chaise, et posa le front sur la table devant lui en soupirant. En le rejoignant les bras chargés, le guitariste ne vit qu'une touffe de cheveux rose fuchsia affalée sur le bois ciré. La situation aurait presque amusé le brun, s'il ne s'était pas rendu pas compte de l'ampleur des efforts demandés à ladite touffe de cheveux couleur bonbon.
_ « Allez, Shuichi, courage, fit Hiroshi d'un ton rassurant. Tu y arriveras. »
_ « Ouais, je sais… grommela vaguement le tas de poils. Je prends juste deux minutes pour désespérer totalement avant de manger. »
Pendant deux minutes effectivement, la boule de poil ne dit plus rien, ne bougea plus, puis finalement, elle se redressa d'un coup et s'exclama :
_ « Bon, y a quoi à bouffer ? J'ai la méga dalle ! »
Hiro resta un instant surpris avant d'éclater de rire. Il retrouvait le Shuichi qu'il avait toujours connu, et il devait avouer qu'il lui avait bien manqué…
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Après le déjeuner, le groupe fit un essai en studio à la demande de Tomokazu qui voulait évaluer le niveau actuel des Bad Luck, et les difficultés qu'ils rencontraient. Shuichi montra qu'il avait de la volonté à revendre, et il chanta les textes qu'il avait écrit seul, ainsi que celui de Yuki. Il n'était certes pas très synchrone avec la musique et se trompait sur certaines mesures, mais on comprenait clairement sa volonté de montrer au nouveau venu qu'il ne lui cèderai jamais sa place. Même Fujisaki fut impressionné de la hargne de son leader,et se dit qu'il aimerait que ce dernier montre toujours la même ardeur au travail. La séance se termina environ une heure avant la fin de la journée, et le comédien fit un point sur les défauts qu'il allait corriger. Personne ne fut épargné, pas même le talentueux neveu de Seguchi.
Tomo reprocha à Hiro de jouer parfois un peu trop fort, et d'ajouter trop de longues notes stridentes. Fujisaki fut accuser de trop compter sur les effets électroniques de son synthétiseur et de simplifier les mélodies en se contentant d'enregistrer une série de notes de bases qu'il faisait ensuite passer en boucle à l'infini. Shuichi ne fut pas plus épargné. Le brun lui signifia de but en blanc qu'il avait bien compris le message quant à l'avertissement que lui avait fait passer le chanteur pendent l'enregistrement, mais que avec une originalité aussi moyenne, voire médiocre dans ses textes, et ses difficultés à se caler sur la mélodie principale pour le chant, la présence d'un parolier était vitale pour la survie du groupe. Mais le problème principal des trois artistes était manifestement leur incapacité à se synchroniser. Le pianiste ne faisait que lancer un enregistrement de sons artificiels en gardant le tempo d'origine que le chanteur n'arrivait pas à suivre, et le guitariste essayait, lui, de suivre son ami aux cheveux roses pour l'aider à retrouver ses repères. En bref, malgré toute leur bonne volonté, cet après-midi avait été un fiasco retentissant.
Shuichi ne disait plus rien. Même Seguchi n'avait jamais été aussi sévère envers son travail. Cette journée aurait dû être la sienne. Son grand jour. Après tout, on ne devient pas majeur tout les jours, et maintenant, sa vie avec Yuki ne serait plus gênée par un stupide histoire d'âge. Il était adulte ! Il aurait voulu fêter ça avant de passer aux choses sérieuses, mais personne depuis ce matin, à part Yuki, ne lui avait souhaité un joyeux anniversaire. Pas même Hiroshi. C'était pourtant son meilleur ami. Le chanteur était déçu et découragé. L'esprit ailleurs, il n'écouta que d'une oreille distraite les recommandations de Tomokazu. De toute façon, il répéterait bien le tout au moment de travailler sur les chansons, donc il n'y avait pas de quoi s'en faire s'il ne suivait pas maintenant.
L'air maussade du garçon ne passa inaperçu aux yeux de son ami de toujours, Hiroshi. Celui-ci fit un signe discret à Fujisaki qui, malgré les apparences, considérait quand même le chanteur comme un camarade. Tout s'organisa alors en quelques minutes. Shuichi ne le remarqua pas instantanément, mais il trouvait la pièce étrangement calme depuis quelques minutes. Il y avait bien eu un peu d'agitation pendant que Seki-san faisait son discours, tout le monde avait eu l'air de se lever avant de rasseoir ou de faire il ne savait quoi. Pourtant à présent régnait un silence profond dans la pièce. Que se passait-il ? Y avait-il seulement encore quelqu'un avec lui ? Vaguement inquiet, le chanteur se leva et fit :
_ « Y a quelqu'un ? »
N'obtenant pas de réponse, il recommença.
_ « Hého ! Y a quelqu'un ? »
Ce calme plat l'intriguait. Où étaient-ils donc tous passés ? Dépliant sa canne blanche, le musicien s'avança vers le centre de la pièce. Il savait qu'il y avait une table au milieu, et que s'il continuait tout droit de l'autre côté, il trouverait une porte. Il lui semblait bien avoir entendu quelqu'un sortir. Quand il atteignit enfin son objectif, l'artiste cru avoir la crise cardiaque de sa vie car au même moment, un grand concert de voix fit en chœur :
_ « OTANJOBI OMEDETO, SHUICHI ! »
On entendait des « plop ! plop ! » dans tous les sens et une sorte de neige ou de poussière bizarre tomba en masse sur le chanteur. Il reconnut bientôt des confettis qui le couvrait des pieds à la tête, s'insinuant dans ses vêtements avec la furtivité d'un ninja. Shuichi semblait un peu perdu. Il ne semblait pas totalement réaliser ce qu'il se passait, et restait là, l'air hébété, ses mains pleines de confettis tournées vers le plafond.
_ « Hé bien alors, Shu-chan ? lança Hiroshi d'une tape amicale dans le dos tandis qu'il posait un paquet dans les mains de son ami. Tu ne dis rien ? »
_ « Heu… je… c'est… »
_ « Tu croyais peut-être qu'on t'avait oublié, Shu ? lui demanda soudain sa patronne en enroulant autour de son cou une étoffe semblant être une sorte d'écharpe. Surtout, prends soin de ce foulard. Il est en cachemire et il m'a toujours porté bonheur. »
_ « Je ne savais pas trop quoi vous prendre, Shindô, fit la voix de Sakano, succédant à la présidente et déposant son cadeau par-dessus celui de Hiroshi. Mais j'ai retrouvé ce CD collector des Nittle Grasper que vous cherchiez si désespérément. »
_ « Rien ne te sera more utile que ceci, Shindô, » renchérit K-san par derrière en lui passant la bandoulière… d'un fusil-mitrailleur ! ou en tout cas ce qui y ressemblait étrangement…
_ « J'étais pas vraiment d'accord pour perdre encore un peu plus de temps en futilités de ce genre, mais même moi, je crois que le jour de mes 20 ans, je ferai une méga fête du tonnerre, fit la voix de Fujisaki qui s'était rapproché. Tiens, un mp3 avec micro intégré pour que tu puisses t'enregistrer quand tu seras chez toi. Enfin chez ton Yuki. »
Il y eut un court silence pendant lequel tout le monde s'écarta pour laisser la place à une dernière personne. Le parolier s'avança, et déposa dans les bras du chanteur un tas de papier assez imposant, de l'épaisseur d'au moins deux annuaires réunis.
_ « Je sais que je ne suis pas vraiment le bienvenu ici, Shindô-kun, commença Tomokazu de sa belle voix envoûtante. Mais tant que ta patronne ou toi-même ne me virez pas explicitement, je resterai là et je te fournirai tous tes anciens textes et les futurs sur le support que tu tiens là dans les bras, autrement dit en braille. »
_ « H… hein ? Vous voulez dire… que ce tas de papier, ce sont mes chansons ? En braille ? »
_ « Oui, parfaitement. Et complétées de quelques nouveaux textes de mon cru. Quand tu arriveras à déchiffrer quelques lignes, tu me diras ce que tu en penses. »
_ « … »
_ « Shindô ? »
Le musicien avait baissé la tête. Tous se rendirent bien vite compte qu'il pleurait. Embarrassé, Tomokazu chercha à s'excuser de sa maladresse.
_ « Na… nan, Seki-san, c'est pas… snif… votre faute… bafouilla le garçon aux cheveux roses entre deux larmes. Si je… si je pleure, c'est parce que…snif… c'est parce que… je suis heureux… »
_ « Shindô… »
_ « Arigatô, minna-san ! s'écria soudain Shuichi en relevant la tête. Merci d'avoir pensé à mon anniversaire malgré tout ! »
_ « Bon, allez, c'est pas tout ça, mais le gâteau va fondre si tu souffles pas les bougies, Shindô, » intervint la jeune Rage dont la voix tremblait légèrement d'émotion.
_ « Haaaaaï ! » s'exclama le chanteur, qui se prépara aussitôt à prendre une année de plus.
Le soufflage de bougies fut assez épique car l'artiste soufflait à côté bien qu'on le guida dans la bonne direction, mais la petite fête d'anniversaire surprise se déroula dans la bonne humeur la plus totale. Finalement, cette journée n'avait pas été si catastrophique que ça, et pour Shuichi, savoir tous ses amis autour de lui pour l'aider, le soutenir, et constater que la vie n'était pas si moche, tout ça était important pour lui et lui redonner l'espoir qu'il lui fallait pour continuer à avancer vers l'avenir…
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À SUIVRE …AU PROCHAIN EPISODE : heu… y a un prochain épisode vous croyez ?
(1) « bakacon » :Ben il existe bien les « shotacon » (contraction de « shota complex ») ou les lolicon (contraction de « lolita complex »), alors moi j'ai inventé le « bakacon » = contraction de « baka » et « complex » (oui, non, si on met juste le « ba » de baka, ça ferait un peu trop « bakon », « bacon »… Shuichi n'est pas une tranche de lard quand même…)
(2)« Riri » le lapin en peluche : Pourquoi ce lapin s'appelle-t-il « Riri », me demanderez-vous ? Hé bien pour la bonne et simple raison que Shuichi a décidé de lui donner un nom tiré de celui de l'homme qu'il aime, à savoir Eiri. Et vous n'êtes pas sans savoir que Shu-chan voulait appeler son amant « Eiriri » à un moment de mon histoire, mais que notre charmant écrivain a refusé tout net. Shu a donc appelé son lapin ainsi, toutefois en supprimant le « Ei » de « Eiriri » pour que Yuki ne se doute de rien, et donc cela donne à la fin « Riri »
(3)le système de lecture de partition en braille de Seki Tomokazu : Peut-être que ce genre de choses existe déjà en vrai, je l'ignore. Toujours est-il que dans mon histoire, Tomo a inventé un système bien à lui, na ! et c'est comme ça !
Commentaires de fin : Coucou tout le monde ! Alors, ce nouveau chapitre vous a plu ? Vous voulez que ça continue encore longtemps ? Ou vous aimeriez que la fin approche ? Je vous rassure, elle arrive, elle arrive cette fin tant attendue. Encore 2 ou 3 chapitres je pense, voire 4. Ouais, 4, ce serait pas mal. Une fic en 20 chapitres, ça le fait non ? Bref, cessons là ces élucubrations grotesques. Vous avez identifiez je suppose le nouveau personnage ? Oui, il s'agit donc de Seki Tomokazu, issu d'une autre de mes fics (il est apparu pour la première fois dans ma fic « Peines de cœur », avant de revenir dans « Le numéro d'hypnose »). Mais la question que je me pose est plutôt de savoir si vous savez QUI est ce personnage ? Pour celles qui n'ont pas lu mes deux autres fics, connaissez-vous ce nom pourtant célèbre que j'ai simplement repris pour créer un personnage que j'ai intégré à Gravitation ? Oui, non ? Vous savez pas ? Que ceux et celles qui ne connaissent pas ce nom lèvent la main, je vous expliquerai de qui il s'agit. Sinon pour les autres, dites-moi donc si vous vous rappelez qui est Seki Tomokazu dans la réalité. Voilààààà ! J'espère qu'il n'y a pas trop de fautes, et que vous avez apprécié ce chapitre. A bientôt pour de nouvelles aventures de Daredevil Shuichi ! MWAHAHAHAHA !!!! … Hum… (va se cacher après son pétage de câble…)
Lexique :
Ai shiteru : Je t'aime
Arigatô / arigatô gozaimasu : merci
Baka : imbécile, idiot, crétin, bête, con, abruti, stupide, maladroit
Chan/kun/san : Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)
Gambatte / Gambatte kudasaï : courage ! tu vas y arriver !
Gomen / Gomen Nasaï : pardon, désolé, excusez-moi
Haï : oui (je le mets pour les baka qui le sauraient pas)
Itaï : Aïeuh ! Ça fait mal !
Kawaï : mignon, adorable, tout CHOUPIIIII !!!!(Oups ! Désoulé, je m'emporte)
Konnichi wa : Bonjour (à partir de 11H du matin jusqu'à 18H)
Konban wa : Bonsoir (à partir de 18H )
Minna-san : tout le monde / les gens
Ohayô /ohayô gozaimasu: Bonjour (jusqu'à 11H du matin)
Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît / s'il vous plaît
Otanjôbi omedetô : Joyeux Anniversaire!
Seme : le « dominant » dans un couple homosexuel, du verbe « semeru » = attaquer
Sumimasen : désolé, pardon, excusez-moi (quand on veut attirer l'attention)
Uke : le « dominé » dans le couple homosexuel, du verbe « ukeru » = recevoir, généralement plus petit et plus efféminé que le seme
Watashi no Tenshi : mon ange
Yaoi : genre apparu dans les années 70 au Japon, c'est un genre dérivé du shoujo manga (manga pour filles). Il dépeint les relations sentimentales et sexuelles entre 2 hommes.
- serait l'acronyme de « Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi » = « no climax, no point, no meaning » en anglais, ou en bon français = sans dénouement, sans utilité, sans sens » (en gros un PWP = Plot what plot)
- viendrait aussi de l'expression « YAmete Oshiri ga Itai » = littéralement « arrête j'ai mal au cul ». Les Japonais préfèrent d'ailleurs à cette expression un peu crue le terme « boy's love ». Personnellement, j'aime beaucoup la 2e définition, pas vous ? héhéhé…. Nyark nyark nyark…
- Le yaoi décrit une relation comportant des scènes sexuelles parfois trèèès explicites. Le « shonen-aï » en est une forme dérivé, mais ne comporte pas de scènes de sexe, juste un petit bisou par-ci par-là, mais surtout beaucoup d'amour.
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