Diclaimer: les personnages ne sont pas ma propriété
Note: après le chapitre 10, vient, en théorie, le chapitre 11... En vous souhaitant une bonne lecture, théorie à confirmer!
Ils passèrent le lendemain au commissariat afin de faire leurs témoignages et de porter plainte contre l'agresseur. Ils s'en sortirent assez rapidement, le shérif Swan faisant son possible pour accélérer le processus et leur épargner une longue et pénible attente dans ces lieux.
Une fois revenue à la maison, personne ne reparla de l'incident mais tout le monde resta attentif à la moindre parole que prononçait Alice, Bella et Edward.
L'agression semblait avoir renforcé le lien de Charlie et sa fille et il ne la quitta pas avant un long moment, assit à ses côtés sur le canapé. Lorsqu'il se leva finalement pour aller prendre l'air en compagnie de Japser qui ne quittait que rarement Alice des yeux, celle-ci en profita pour venir se blottir contre Bella, surprise et légèrement embarrassée.
« Je ne regrette pas ce que je t'ai dit hier à propos de ma menace, commença Alice, mais je te remercie Bella, moi et Jasper te remercions, corrigea t-elle en jetant un coup d'oeil par la baie vitrée. Tu m'as fait très peur, mais je te suis tellement reconnaissante....Bella rougit de plus belle et murmura:
-Ne me remercie pas Alice, je réalise à quel point ma réaction aurait pu avoir de sérieuses conséquences...Par ma faute, ton frère a déjà été blessé....
-La coupure n'est pas profonde, répondit Alice qui se retint d'ajouter: et ce n'est rien comparé à la peur que tu lui as causé, mais elle ne voulait surtout pas que son amie culpabilise plus qu'elle ne devait déjà le faire. Elle reprit: et tu l'as fait pour moi! A cette réplique, Bella leva les yeux vers elle et crut percevoir un sentiment plus fort que de l'amitié briller dans le regard d'Alice, qui la fit frissonner...
Carlisle arriva dans la pièce et demanda à sa fille de s'écarter afin qu'il puisse refaire le pansement de Bella, et c'est avec délicatesse qu'il s'y employa, assisté de Rosalie. Curieusement, ce fut cette dernière qui fit tout son possible pour remettre de la légèreté et de la bonne humeur au sein du groupe, et lorsqu'elle vit Emmet passer d'un air sombre, elle le taquina afin de réveiller son instinct de joueur.
Un moment plus tard, Esmée reparut, l'air étrangement sereine. Bella entendit son époux lui demander comment se portait Edward et elle répondit qu'il allait bien. Non seulement la jeune fille culpabilisait de l'avoir mêlé, lui, à tout ça, mais en plus, d'avoir causé frayeur et chagrin à Esmée, probablement la femme la plus douce au monde! Elle s'en voulait terriblemment, et lorsque cette dernière prenait - souvent- soin d'elle, elle restait silencieuse, affligée par son égoïsme. Le regard si bienveillant et si aimant que la mère de ses amis portait sur elle n'avait pourtant ni disparu ni changé: ce que Bella ne savait pas était qu'Esmée l'aimait beaucoup, pratiquement comme une de ses filles, et qu'elle ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir voulu aider et protéger Alice. C'était seulement le résultat de l'affection que Bella lui portait! Quant à Edward, il était fort et prudent, il savait ce qu'il faisait lorsqu'il s'était lancé dans la poursuite à son tour, et sa blessure n'était pas ce qui l'inquiètait le plus...
La jeune fille ne lui avait pratiquement pas reparlé depuis la veille, et sa culpabilité gonfla encore considérablement - c'était apparemment possible. Le coeur lourd, elle se demanda si Edward lui en voulait beaucoup de l'avoir embarqué la-dedans: depuis qu'ils étaient rentrés, il s'était isolé et Bella ne savait pas où il pouvait se cacher...
Lorsque la journée suivante elle réussit à s'échapper un moment de la surveillance de son père, Bella se réfugia dans les bois, ayant besoin d'un peu de solitude et de recul. Elle s'enfonça plus que d'habitude dans le parc, tourmentée par le sentiment de culpabilité et l'attention qu'elle pensait non méritée de Charlie et des Cullen. D'ordinaire, une balade dans les bois effaçait toujours – ou du moins momentanément – son trouble, mais elle n'arrivait pas à réfléchir calmement et à s'astreindre à arrêter d'y penser au moins une minute, trop frustrée.
Elle regrettait et à la fois ne regrettait pas son geste: Bella avait toujours été fille unique, et Alice étant devenue sans aucun doute presque une soeur pour elle, elle avait découvert, inconsciemment, combien l'amour fraternel pouvait être fort! Mais Edward avait pourtant été impliqué et blessé. Même si elle ne l'appréciait pas vraiment et qu'il était loin, très loin d'être un ami, elle n'irait jamais jusqu'au point de lui souhaiter du mal. Elle ne serait jamais assez forte et mauvaise pour ca.
Elle continua d'avancer, confuse, avant de s'immobiliser brutalement. Une mélodie s'élevait dans l'air et sans s'en rendre compte, Bella se dirigea vers sa provenance: la musique faisait écho en elle, reflétant curieusement la tourmente qu'elle ressentait, le morceau donnant le sentiment d'une mélancolie rythmée qui laissait pourtant entrevoir la joie, cependant sans pouvoir y accéder.
Elle tressaillit en voyant qu'à la lisière du parc se trouvait une des nombreuses dépendances de la maison, et lorsqu'elle s'approcha silencieusement de la baie vitrée ouverte, elle découvrit...Edward.
Ce dernier avait tiré le voile qui avait auparavant recouvert un magnifique piano à queue noir et Bella fut pétrifiée devant cette vision.
Il était si absorbé par ses mains virevoltant sur les touches qu'il ne l'avait pas entendu venir, et elle put l'observer à sa guise, le fixant sans même le réaliser. C'éait un fait. Edward Cullen était éblouissant et extrêmement doué, sa musique la faisant frissonner sans qu'elle puisse se retenir.
Pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, Bella le voyait s'abandonner entièrement, et elle attribua la souffrance et la difficulté qu'elle lisait sur son visage à l'émotion et à la concentration.
Elle resta de longues minutes ainsi et le laissa finir sans se manifester. Mais relevant la tête, Edward perçut l'ombre de la jeune fille avant de l'apercevoir elle-même, sa silhouette sombre se découpant dans l'encadrement de la fenêtre, contrastant avec la lumière dorée teintée de vert de la forêt.
Il hésita un instant avant de se lever, et se rapprocha à peine d'elle lorsqu'elle entra dans la pièce.
« Je comprends maintenant pourquoi Alice aurait été peinée si tu avais arrêté de jouer....commença t-elle, à voix basse. Il hocha la tête sans rien répondre et d'une voix à peine audible, elle continua: Je te dois beaucoup....Tu m'as aidé, probablement évité un sort moins avouable – Edward retint sa respiration – et par ma faute, tu as dû te battre avant d'être blessé...J'ai été stupide de....de vouloir récupérer ce sac. Seulement, lorsqu'il s'en est pris à Alice, j'ai perdu mon sang-froid....Je sais que c'est facile de le demander, mais pardonne moi, je m'en veux terriblement d'avoir causé autant de soucis à tout le monde....Excuse moi Edward. Elle finit par s'arrêter lorsqu'elle sentit que les mots ne pourraient plus expliquer ses actes et ses sentiments.
Il ne réagit pas tout de suite et Bella était à la torture de devoir se tenir devant lui à attendre qu'il ne parle.
Il sortit soudain de son immobilité et s'approcha d'elle avant de poser ses deux mains sur le mur, derrière elle, l'emprisonnant fermement entre ses bras. Bella fut soudain paniquée en se sentant piégée - une fois de plus- , et lorsqu'elle vit le visage d'Edward se rapprocher du sien, les battements de son coeur s'affolèrent, comprenant ce qu'il allait se passer. Elle eut la force de protester:
« Non! Non, pas ça! »
Mais il se rapprocha encore, indifférent à ses grands yeux bruns suppliants, comme determiné ou hypnotisé. Il se pencha vers elle et lorsqu'elle tourna la tête pour l'éviter, il ramena son menton vers lui d'une main ferme qu'elle agrippa et essaya d'écarter. Mais bien sûr, il était bien plus fort qu'elle et ne tressaillit ni ne céda pas. Bella ferma les yeux, incapable d'affronter la colère d'Edward, ne respirant plus.
Ce dernier ne fit pourtant qu'effleurer ses lèvres des siennes quelques secondes avant de reculer son visage pour contempler celui de Bella.
Elle avait retrouvé cet éclat si dur qu'avait aperçu Edward à plusieurs reprises ces derniers jours, mais pourtant, cette fois-ci, il lui résista. Il murmura simplement:
« Tu es excusée à présent.
- Pourquoi as-tu fait ça? Répliqua t-elle d'une voix rauque et sèche: Je mérite ta colère, mais pas cette torture Edward!! Elle avait inconsciemement utilisé le mot "torture" car cette proximité, ce geste d'Edward la piéageant avaient ravivé les souvenirs de l'homme la tenant à sa merci, se déléctant de sa prise...
- Je voulais te montrer la terreur que tu m'as infligé Bella. » Elle tressaillit à ces mots, saisissant la violence de ce qu'il avait apparemment dû endurer lui aussi, réalisant qu'elle avait sûrement sous-estimé les conséquences de l'incident sur le jeune homme . Malheureusement, trop d'incompréhension régnait entre eux deux et la jeune fille resta interdite.
Elle n'interpréta pas complètement ce qui venait d'être dit comme Edward l'aurait souhaité: elle pensait qu'il parlait du fait de l'avoir obligé à se battre, d'avoir été blessé et peut-être même d'avoir été inquiété par son geste et la situation dans laquelle elle s'était mise. Sans le savoir, elle vit juste, mais uniquement sur le dernier point, et pas pour les raisons qu'elle pensait....Elle ignorait seulement à quel point Edward avait craint pour elle et à quel point la force de cette peur l'avait poussé à effrayer Bella à son tour...
Elle le contourna par le côté où ne l'emprisonnait pas Edward et les jambes en coton, elle glissa jusqu'à la porte vitrée avant de se mettre à courir afin de s'éloigner le plus possible de lui.
Il s'adossa au mur, ne cherchant pas à la retenir...
En relisant ce chapitre, je viens de trouver "Actes et sentiments"...Je trouve que ça sonne un peu comme les titres de Jane Austen ("Raison et sentiments") ! Je ne sais pas si c'est inconscient, mais si c'est la cas, j'ai dû trop regarder les films xD
Sinon, je voulais apporter une précision: pour la chanson qu'Edward joue au piano lorsque Bella arrive, j'étais en fait en train d'écouter "The heart asks pleasure first" de Michael Nyman. J'aime vraiment beaucoup ce morceau et la description qu'en fait Bella, c'est seulement mon ressenti...Je ne sais pas si vous le connaissez, si oui, vous avez peut-être ressenti autre chose... En tout cas, c'était difficile et confus d'expliquer l'émotion, mais je trouvais que ca collait avec le contexte...
Twilight-drop
