/!\Warning/!\

Cette fiction a un rating M, alors je vous vois déjà avec un grand sourire, en train de vous frotter les mains et de vous dire «Sexe, sexe, sexe». Vous n'avez pas tort. Cependant, j'ai également mis ce rating en raison de la violence et du gore de certaines scènes. Ce chapitre en contient plusieurs. Visiblement toutes celles qui ont eu la "chance" de le lire en amont m'ont confirmé que c'était un peu lourd, voire beaucoup hein Kumfu! Oh, d'après Hagane, à lire à jeun... Vous êtes prévenus.


Chapitre 3 : La découverte de Sasuke

Le titre est un petit clin d'œil au premier chapitre du Testament d'Itachi, il découvre toujours plein de choses chez moi ce petit Sasuke !

Tsunade se réveilla de bonne heure comme tous les matins depuis ces dernières années. Elle avait de plus en plus de mal à dormir la nuit. Par contre, une petite sieste à intervalle régulier la tête posée sur une pile de rapports, étonnamment, là, elle n'avait aucun problème.

Elle se prépara comme à son habitude, grignotant rapidement un morceau, elle avait encore un petit quart d'heure devant elle, mais ce peu de temps qu'elle arrivait à se dégager chaque jour, elle comptait le rentabiliser le plus possible.

Elle sortit, frissonnant quelque peu dans la fraîcheur de la nuit qui finissait. Trois membres de l'ANBU étaient déjà là pour la suivre. Ce trajet qu'elle faisait chaque matin depuis cinq mois, eux aussi avaient appris à le connaître par cœur. Elle avançait vite, profitant du calme de Konoha.

Kakashi devait déjà être arrivé à la prison et prendrait bientôt le chemin du quartier Uchiha avec leur dernier descendant. Elle savait qu'elle n'avait pas fait d'erreur en choisissant d'accorder sa confiance à Sasuke. Il ne la décevrait pas, elle en était sûre. Elle ne savait même pas pourquoi. Elle n'aurait pourtant pas parié un yen sur le retour de celui-ci. Elle avait encore du mal à croire que Naruto avait eu raison. Mais après tout, il le connaissait mieux qu'elle. D'ailleurs, là où tous les autres avaient perdu espoir de le voir rentrer au village, le blond avait toujours soutenu que Sasuke reviendrait.

Néanmoins, elle se demandait encore ce qui avait motivé l'Uchiha. Pour le moment, il n'avait pas répondu à cette question, enfin d'après elle. Ce n'était pas les deux, trois explications fournies du genre : « je n'ai jamais réellement eu l'intention d'abandonner Konoha, c'est là que sont mes racines, les tombes des miens, …» qui allaient la convaincre. Bien sûr, ces réponses étaient tout à fait recevables, mais Tsunade était certaine qu'il y avait autre chose et elle finirait par le découvrir. Elle saurait le faire parler, il suffisait juste de gagner sa confiance.

Elle laissa échapper un petit rire en pensant que c'était bien le monde à l'envers. C'était plutôt à Sasuke de devoir montrer patte blanche avec elle et non l'inverse. Mais, elle avait bien remarqué qu'il était encore assez fermé et elle était curieuse de ce qu'elle découvrirait lorsqu'il commencerait à s'ouvrir.

Elle secoua la tête, il n'y avait pas que ça. Elle était trop intelligente ou honnête envers elle-même pour ne pas se rendre compte qu'elle était en train de faire un transfert sur Sasuke. Elle reportait l'amour qu'elle avait pour Naruto sur son ancien coéquipier. Elle l'avait fait à plusieurs reprises même si à chaque fois la nature de ses sentiments avaient été différente. Elle savait qu'elle avait reporté sur Dan l'affection qu'elle portait à Nawaki, puis d'eux à Naruto et maintenant de ce dernier à Sasuke. Ajouté à cela que Naruto tenait tellement à lui qu'elle avait fini par se mettre à avoir de l'affection pour l'Uchiha alors même qu'il était encore nukenin. Quand il était arrivé dans son bureau ce jour-là, elle avait été surprise de l'étonnante joie et du soulagement qu'elle avait éprouvés. Les seules fois où elle ressentait cela était quand Naruto débarquait la voir au retour d'une mission et qu'elle pouvait constater par elle-même qu'il était sain et sauf, bien en sécurité dans l'enceinte des murs de Konoha. C'était irraisonné, tout comme la sourde angoisse qui l'étreignait à chaque fois qu'elle le savait en mission. Deux sentiments ridicules et qu'elle n'aurait pas dû avoir, mais qui étaient quand même là. Et, ce soulagement était encore plus déplacé concernant Sasuke, pourtant, c'est bien ce qu'elle avait ressenti.

Elle soupira. « Assez pour les introspections matinales » pensa-t-elle.

Elle préféra revenir sur le pourquoi du retour de Sasuke. Elle avait quand même une bonne piste à ce sujet. Elle était certaine que cela avait un rapport avec le combat contre Deidara. D'une, l'Uchiha avait complètement évité ce sujet, même quand elle lui avait dit être au courant. Et de deux, Naruto en était revenu encore plus convaincu, son discours se modifiant même pour passer d'un « j'irai chercher Sasuke et je le ramènerai » à « il reviendra ». Ca l'avait déjà pas mal travaillée à l'époque, ce qu'il avait pu se passer entre ces deux-là au cours de cet affrontement mais Naruto n'en avait rien dit. Il avait été plus que succinct sur les éléments qu'il lui avait fournis et son rapport de mission méritait à lui tout seul le prix du pire torchon et du plus grand résumé. D'où avait-il pu penser faire tenir en moins de trente lignes un combat contre un des membres de l'Akatsuki, pour lequel il avait rejoint son ancien coéquipier et néanmoins nukenin ?

Un sourire effleura les lèvres de la blonde au souvenir de la conversation qu'elle avait eu avec Naruto à ce sujet, de son énième énervement contre le plus sale gamin de tout Konoha et du soupir qu'elle avait poussé quand elle n'avait rien obtenu de plus de sa part.

Comme à chaque fois, il s'effaça bien vite et le pincement dans son cœur et le poids dans son ventre refirent leur apparition. Elle avait tant prié de se réveiller un matin et que ces sensations s'effacent réellement, pas juste pendant les trente secondes que prenait son esprit à se réapproprier la réalité. Celle-là même qui lui rappelait que ce collier était peut-être vraiment maudit, que celui qu'elle avait appris à aimer comme son fils, qu'elle avait choisi longtemps auparavant pour devenir son remplaçant, le soleil de Konoha ne brillerait peut-être jamais plus. Cette atroce réalité qui jour après jour renforçait ce peut-être pour bientôt en faire une certitude.

Elle soupira et pressa un peu le pas en direction de l'hôpital. Ce n'était pas le moment de traîner sur le chemin. Elle avait peu de temps à lui accorder chaque matin, ce n'était pas pour le gâcher là. Elle ne devait pas perdre espoir, peut-être qu'ils trouveraient une solution, qu'ils comprendraient.

Elle pénétra dans l'hôpital. A cette heure-là, la paix y régnait. Elle aimait cela, cette ambiance, ce calme feutré, les quelques infirmières qui passaient de-ci de-là. Finalement, elle n'avait jamais passé autant de temps dans ce bâtiment que depuis ces cinq derniers mois. Pourtant, elle aimait y être et y travailler mais avec son poste d'Hokage, elle n'en avait certainement pas suffisamment l'occasion. Elle aurait simplement préféré s'accorder du temps ici pour une autre raison.

Elle avançait tranquillement dans le couloir qui menait à la chambre soixante-douze, lorsqu'elle entendit un bruit de verre brisé, rapidement suivi par celui d'une course. Elle accéléra le pas, ses gardes du corps avec elle. Elle passa à côté des débris d'une fenêtre.

- Qu'est-ce qu'il se passe encore ? murmura-t-elle.

Pourtant, elle en avait une certaine idée et quand elle vit trois ninjas à la porte vers laquelle elle se dirigeait à la base, elle savait déjà ce qu'elle allait y trouver.

Et cela ne manqua pas, là, sur le seuil de la pièce, Sasuke fixait droit devant lui. Tsunade soupira. Voilà exactement ce qu'elle voulait éviter depuis que l'Uchiha avait fait sa réapparition. Elle aurait dû se méfier. En fait, elle aurait même dû prévoir que les choses allaient évoluer dans ce sens.

- Uchiha, heureusement que j'avais dit pas d'entourloupe, hein ? lança-t-elle du bout du couloir.

Kakashi et un des anbu se tournèrent vers elle. Mais Sasuke ne l'écoutait pas et lorsque deux ninjas essayèrent de l'attraper et qu'il les envoya bouler d'un chidori nagashi, c'était presque inconscient.

Tout ce qu'il voyait était Naruto sur ce lit d'hôpital. Il était seul, assis, le dos appuyé sur un énorme oreiller. Il regardait droit devant lui et n'avait même pas tourné la tête vers la porte lorsque Sasuke l'avait défoncée d'un grand coup de pied. Il n'avait pas plus réagi lorsqu'un des deux shinobi avait volé à l'autre bout de la pièce entouré d'un halo électrique.

Sasuke s'avança vers lui alors que Tsunade arrêtait ses hommes d'un geste de la main. Elle fixa Kakashi lui reprochant un peu de s'être fait avoir par son ancien élève, mais sachant que ce n'était sans doute qu'une question de temps avant que l'Uchiha ne découvre la vérité.

Celui-ci s'approcha du lit sur lequel reposait son ancien coéquipier. Il était le même, peut-être un peu plus mince et sa peau avait un peu perdu du hâle qui la caractérisait, ses cheveux étaient un peu plus longs et retombaient sur son front ne masquant pas pour autant ses yeux. Et c'est bien là, qu'était le plus gros changement.

Où était l'étincelle de joie qui caractérisait le ninja le plus imprévisible de Konoha ? Où était la lueur de vie dans ces yeux ternes et légèrement cernés.

Sasuke s'assit au bord du lit et délicatement attrapa son visage pour le tourner vers lui.

- Na… Naruto ?

Mais celui-ci continuait de fixer un vague point bien au-delà du visage opalin.

Sasuke se retourna vers Tsunade pour la voir avec une mine triste sur le visage.

C'était idiot, mais elle avait espéré, vraiment, que voir Sasuke, là, à côté de lui, à Konoha pourrait avoir l'effet magique qu'ils attendaient tous. Oui, elle avait voulu croire que peut-être comme dans ces histoires stupides pour enfants, il serait celui qui leur ramènerait Naruto. Mais en même temps, elle avait tellement peur que cela ne marche pas et qu'elle perde ainsi un des espoirs idiots qui la faisait tenir certains jours, qu'elle n'avait surtout pas voulu mettre ces deux-là en contact. Parce qu'elle ne voulait pas du tout vivre ce qu'elle vivait maintenant. Cette douleur de l'espoir qui meurt, cette agonie violente de la flamme qui s'éteint.

Elle évita de regarder Kakashi car elle savait qu'à cet instant, l'œil noir reflétait la même douleur que les siens. Il serait déjà assez difficile de voir cette même blessure dans deux émeraudes lorsque Sakura saurait. Cette dernière avait tellement insisté auprès de son maître pour que Sasuke puisse voir Naruto, pas pour l'Uchiha, non, mais pour le blond.

- Qu'est-ce qu'il a ? demanda Sasuke en la sortant de sa torpeur.

Elle soupira, s'approcha et dans un geste tendre et maternel, elle caressa la tête blonde qui ne réagit pas.

- Difficile à dire.

- Comment ça ?

- Nous l'avons retrouvé comme ça et depuis il n'y a eu quasiment aucun changement.

Tsunade sourit tristement.

- Il a juste arrêté de se balancer d'avant en arrière quinze jours après son arrivée ici mais depuis, il n'y a eu aucun progrès. C'est comme s'il était mo…

- Non, la coupa Sasuke.

A nouveau, il le fixa. Naruto était bien vivant, son torse se soulevait doucement au rythme régulier et lent de sa respiration. Oui, il semblait ailleurs et légèrement amoindri. Mais, il était bien là, même s'il semblait complètement ignorant de la main dans ses cheveux et de celle sur sa mâchoire.

- Vous avez bien dû faire un diagnostic?

Tsunade soupira.

- En bref, je dirai qu'il est en état de choc.

- Depuis combien de temps ?

- Cinq mois.

Sasuke se retourna vers elle.

- Est-ce possible ? Enfin, je veux dire pendant une si longue période ?

- Oui, c'est un état de choc post-traumatique, certaines personnes n'en sortent jamais.

- Comment est-ce arrivé ?

- Nous ne savons pas grand-chose.

- Racontez-moi, la coupa-t-il.

Tsunade soupira de nouveau, elle n'avait vraiment pas envie de se remémorer tout cela, surtout pas sans un bon verre de saké à portée de main. Mais, même en si peu de temps, elle avait déjà appris de Sasuke qu'il n'aurait de cesse de savoir ce qui avait amené son ancien coéquipier dans ce lit d'hôpital.

Elle prit donc une chaise, la tension redescendit d'un cran dans la pièce. Les ninjas qui l'avaient accompagnée jusque-là s'éclipsèrent tout en restant à proximité pour être là dès que l'Hokage sortirait du bâtiment. Un de ceux qui avait accompagné, pour ne pas dire poursuivi, Sasuke se positionna à côté de la fenêtre, les deux autres sortirent dans le couloir et refermèrent doucement la porte derrière eux. Ils étaient suffisamment nombreux dans la pièce. Sasuke fixa Tsunade tout en restant à sa place, sa main abandonnant le visage de Naruto pour se poser sur le lit à la limite de leurs deux corps.

- Bien, c'était donc il y a un peu plus de cinq mois. J'avais envoyé Naruto en mission. Pour tout dire, je l'ai même mis à la tête d'une équipe composée de deux hommes qu'il ne connaissait pas. Depuis quelques temps, il avait fait preuve d'un sérieux et d'une maturité vraiment impressionnante. J'en étais même très surprise. C'est comme s'il n'était plus tout à fait lui-même, comme s'il avait vraiment grandi tout à coup, se remémora-t-elle pensive.

- Bien sûr, lorsque j'ai annoncé qu'il était capitaine, le conseil a hurlé, ne voulant pas laisser partir Naruto avec la menace de l'Akatsuki toujours bien présente, mais je sentais qu'il avait besoin de ça. Il était d'ailleurs content lorsque je le lui ai annoncé. Encore qu'on était loin des cris de joie auxquels je m'attendais. J'avoue même avoir été surprise du peu de manifestations qu'il en a fait mais après tout, il commençait à devenir un vrai ninja.

Elle sourit.

- La mission n'était pas très compliquée en elle-même, d'un rang C. J'aurais voulu le charger d'une mission plus élevée, mais c'était tout ce que j'avais sous la main et surtout tout ce que le conseil me laisserait lui donner. Les deux ninjas que j'ai envoyés avec lui étaient chuunin mais avec une grande expérience. Ils étaient contents d'être sous les ordres de Naruto. Ils devaient rejoindre un petit village à l'Est du pays pour y récupérer des herbes précieuses et les ramener ici où notre client attendrait sagement sa livraison.

- Naruto avait étudié tous les aspects de la mission, la coupa Kakashi cachant un doux sourire derrière son masque, les différents itinéraires pour s'y rendre, la nature de sa livraison, le nom des personnes qu'il devait retrouver. Je ne l'avais jamais vu aussi sérieux.

- Il m'a même demandé les fiches de ses deux hommes de façon à connaître parfaitement leurs capacités combatives. J'étais ébahie, reprit l'Hokage. Ils sont partis le matin très tôt, le journal des entrées et sorties du village fait état d'un départ à l'aube. Dans un premier temps, je ne me suis pas inquiétée, je savais qu'il leur fallait une bonne semaine pour se rendre à Tokushima et autant pour revenir. Lorsque nous avons attaqué la troisième semaine, je pensais simplement qu'ils s'étaient arrêtés un peu plus longtemps que prévu. Connaissant Naruto, il avait dû se faire adopter par les habitants du lieu qui avaient dû le retenir. En tout cas, c'est ce que je me disais. Même si la pensée qu'il s'était encore fourré dans le pétrin m'effleurait de temps en temps. Après tout, c'était de Naruto dont il s'agissait. Mais je voulais lui faire confiance. Pourtant lorsqu'à la fin de la troisième semaine, nous n'avions toujours pas de leurs nouvelles, j'ai commencé à réellement m'inquiéter. S'il s'était passé quelque chose, je supposais qu'il m'aurait fait parvenir un message sauf s'il avait été dans l'incapacité de le faire. J'ai donc tout de suite pensé à l'Akatsuki mais ils n'avaient pas été repérés dans cette zone. Pour me rassurer, j'ai envoyé un faucon en me donnant encore deux jours pour agir. J'étais inquiète mais …

Elle soupira doucement.

- Je n'oubliais pas que j'étais Hokage, je n'avais pas le droit de m'en faire comme ça pour un de mes ninjas, je ne pouvais pas céder à mes mauvais pressentiments, reprit-elle. Pourtant, quelque chose au fond de moi s'agitait depuis plusieurs jours. J'aurais mieux fait de m'écouter avant.

- Cela n'aurait rien changé Hokage-sama, la coupa Kakashi. Nous l'aurions trouvé comme ça même une semaine plus tôt.

Tsunade fixa Kakashi. Oui, il avait raison, cela n'aurait sans doute rien changé mais elle se sentait quand même coupable. Ce genre de sentiments n'avait pas toujours de fondements réels, elle le savait, mais n'y pouvait rien.

- Bref, ne voyant rien venir, j'ai décidé d'envoyer la team Kakashi en renfort.

Kakashi prit alors la parole.

- Lorsque nous sommes arrivés aux abords du village, nous avons tout de suite compris que quelque chose n'allait pas. J'ai donc invoqué les crocs traqueurs pour qu'ils aillent là-bas en éclaireurs. Ils étaient de retour en moins de dix minutes. Pakkun ne parvenait même pas à trouver les mots pour décrire ce qu'ils avaient vu. Alors inquiets, nous nous y somme rendus.

Kakashi ferma les yeux, se remémorant la scène avec précision.

- C'était un véritable cauchemar. Et crois-moi, j'ai vu beaucoup de choses dans ma vie. Mais, ça … c'était pire qu'un carnage.

Il soupira. Même aujourd'hui, cinq mois plus tard, c'était toujours aussi difficile de se souvenir de ces images et mettre des mots dessus presque impossible. Il se remémora que pour une fois, il avait vraiment eu du mal à rendre un rapport correct. Il n'avait pas été le seul. Yamato, Sakura et Sai avaient eux aussi eu du mal à trouver les termes. Mais, Sasuke méritait de comprendre. Par ailleurs, il avait malheureusement une expérience qui l'aiderait à visualiser. Pourtant, le massacre de son clan n'était rien en comparaison de ce qu'ils avaient vu là-bas : Tokushima, le village désormais maudit.

- La plupart des maisons étaient détruites, certaines finissaient de brûler. Une brume faite de cendres recouvrait le village et l'odeur était difficilement supportable : une odeur ignoble de chair brûlée. Partout où nous avancions, des corps étaient déchiquetés, désarticulés et encore, quand nous les retrouvions en entier. On aurait dit qu'une horde de bêtes enragées et venues tout droit de l'enfer avait déferlé sur le village pour faire son festin. Ce n'était pas seulement les hommes, les bêtes avaient été massacrées de la même façon. Partout dans les rues du village, des chats, des chiens, du bétail étaient éviscérés, les entrailles à l'air et à leurs côtés, parfois piétinés par les sabots des bêtes effrayées encore d'autres cadavres. Nous n'avions même pas besoin de vérifier s'ils étaient vivants ou non, tant cela ne faisait aucun doute.

Kakashi se tut un instant se remémorant leur lente progression au milieu de ce charnier. Il pouvait encore voir les yeux agrandis de Sakura, le tissu qu'elle avait mis sur son visage, pour protéger ses bronches mais malheureusement pas son odorat, se soulever de plus en plus vite, un tremblement de plus en plus violent secouer ses membres. Il se souvenait surtout de son désir de la protéger.

Sasuke se racla doucement la gorge pour attirer l'attention de son ancien senseï. Pour que ce soit aussi pénible, il imaginait difficilement ce dont l'équipe de Konoha avait été témoin.

- Le silence était peut-être le pire. Il n'y avait pas un bruit comme si le temps s'était arrêté, comme si toute vie avait été annihilée. Hormis les insectes qui eux s'en donnaient à cœur joie, les mouches volaient ça et là, elles avaient déjà pondu et les vers commençaient à se développer sur les chairs en putréfaction.

L'étrange ironie du cycle de la vie, pensa-t-il alors qu'il soupirait encore une fois.

- Nous n'étions même pas parvenus au cœur du village et la nausée nous menaçait tous. Les murs étaient couverts de sang, parfois des membres pendaient abandonnés sur un bout d'édifice en ruines, certaines victimes avaient fait sous elles en mourant ou peut-être avant, terrifiées de leur sort. L'horreur qui défilait devant nos yeux avait de quoi faire craquer plus d'un ninja. Ajouté à cela l'odeur de plus en plus forte et nauséabonde à mesure que nous avancions dans le village et que le nombre de morts augmentait, l'odeur du sang se mélangeant à celle de la pourriture et des excréments, l'un de nous devait forcément céder. Ce fut Sakura. Je suppose que c'était d'autant plus difficile pour elle, compte tenu de son statut de médecin, parfaitement inutile dans ces circonstances.

De nouveau, il visualisa les images de son élève tremblante dans ses bras, agenouillée devant son vomi, pleurant, s'excusant de ne pas être plus forte, d'être inutile une fois de plus, fermant les yeux pour essayer de ne plus voir ce qui était désormais gravé sur sa rétine.

«Ce n'est pas grave Sakura» lui avait-il chuchoté tandis qu'elle enfouissait son visage contre son épaule. Il savait que c'était vrai, qu'elle était forte, sans doute que la plupart des autres ninjas auraient craqué bien avant elle. Lui-même avait envie de s'enfuir loin de cet endroit. C'est Yamato, lui qui pourtant critiquait souvent la façon dont Kakashi protégeait son équipe, qui avait insisté pour qu'ils éloignent la jeune femme. Dans ses yeux, il avait pu lire la même inquiétude pour elle, mais également pour Naruto.

- Nous ne savions pas ce dont nous allions être les témoins par la suite et surtout si et comment nous allions trouver Naruto. Alors, nous avons décidé de ramener Sakura en dehors du village, s'il y avait des survivants, ce en quoi nous avions peu d'espoirs, l'atmosphère insalubre rendrait les soins difficiles au sein du bourg.

Ce n'était pas forcément vrai, ils en étaient tous conscients. Mais le soulagement qu'il lut dans les yeux émeraude en valait la peine. Elle était solide mais elle n'en pouvait plus et il lui fallait une porte de sortie. Aussi factice que soit celle-ci, Kakashi était ravi de la lui fournir.

- Je l'ai donc laissée un peu en dehors du village avec deux chiens pour couvrir ses arrières et je suis retourné …

« En enfer » voilà, le mot qu'il voulait dire mais il se contenta de « là-bas ».

- Yamato et Sai n'avaient pas avancé. Nous avons donc repris notre exploration, continuant dans la rue principale du village. Malgré la multitude de corps, je ne parvenais pas à m'y habituer. C'est Sai qui le premier repéra un des deux ninjas sous les ordres de Naruto. Il semblait avoir mené un combat titanesque, partout autour de lui, nous pouvions voir les traces de ses jutsu, ainsi que celles de pattes monstrueuses. Sa trachée et une bonne partie de son torse avaient été arrachées. Nous avons scellé son corps et continué.

Le raconter comme cela était presque étrange car il essayait d'en rester aux faits. Il taisait les regards ouvertement affolés qu'il avait échangés avec Yamato. Ils n'avaient pas peur de devoir affronter les bêtes à l'origine du carnage. Ce qu'ils voyaient les dégoûtait mais ne les effrayait pas. Non, l'angoisse qui était en train de les consumer de l'intérieur, qui rampait comme un insecte sur leurs peaux, était pour Naruto. Kakashi se préparait déjà à ramener à Konoha le cadavre de son élève et il savait que ce serait un coup dur pour le village, peut-être plus violent encore que la disparition du Yondaime. Il reprit son récit. Il en arriverait bientôt à la partie la plus délicate, celle qui les avait faits flancher, celle qui leur avait fait vomir leurs tripes à tous les trois. Oui même Sai, l'insensible membre de leur équipe qui avait été éduqué pour ne rien ressentir et qui s'était accroché à cela depuis leur entrée dans le village, finirait par rendre les armes.

- Rapidement, nous avons découvert le corps de notre deuxième homme. Il était comme l'autre, peut-être même en plus piteux état. Comme précédemment, nous l'avons scellé et avons continué. Le sol autour de lui était couvert de kunaïs et de shurikens. Le gros de la bataille avait dû se passer là. Et elle avait été monstrueuse. Nous avons essayé de reconstituer le combat. Ils avaient vraiment tout donné pour se défendre et pour attaquer leurs assaillants. Nous avons parcouru les rues adjacentes où l'on a trouvé des traces de sang non humain. Il était plus visqueux et plus foncé, très facilement identifiable. Une des maisons avait été complètement détruite pas une technique doton que je reconnus comme étant la spécialité du deuxième homme. Il avait dû y laisser une sacré dose de chakra. Sai a découvert, enfoncée dans un mur, une griffe monstrueuse, elle faisait quasiment la taille de ma main.

Il fit une légère pause.

- A travers les ruines des maisons, nous avons repéré des meubles brûlés où des armes étaient également plantées. Dans certaines rues, les murs des maisons étaient tous noircis. En fait, partout où nous regardions, nous pouvions voir les traces des échanges qu'ils avaient eus avec les bêtes. A un moment donné, il fut même difficile d'en suivre la progression ou d'en déterminer la chronologie, les attaques avaient dû être portées à un rythme effréné. Au milieu de ce chaos, nous avons finalement repéré des traces de Naruto, certaines brûlures des murs n'avaient rien à voir avec des techniques katon et portaient la marque du chakra de Kyûbi. Il avait également dû user de plusieurs FutonRasenShurikens, nous avons vu des murs coupés bien trop nettement pour que cela ait résulté d'une autre technique.

Encore une fois, Kakashi tut qu'à cet instant avec la certitude que Naruto s'était trouvé là, en regardant au sol la profondeur et la grandeur des empreintes, l'informant sur la taille et le poids des bêtes qu'il avait eu à affronter, il avait su au plus profond de lui que son élève était mort. Cela faisait bien longtemps qu'il ne croyait plus aux miracles, plus depuis la mort de son propre maître. Pourtant, qu'aurait-il donné à cet instant pour pouvoir se raccrocher à des pensées futiles de foi et d'espérance.

- Nous avions quasiment atteint le centre du village lorsque nous avons entendu un son étrange. Nous ne savions pas vraiment de quoi il pouvait bien s'agir. C'était une sorte de ronronnement, de bourdonnement assez indéfinissable. Nous nous sommes dirigés vers lui, pensant que nous allions peut-être tomber sur les monstres ayant causé ce massacre. Cela nous a emmenés vers une grande bâtisse. Comme les autres édifices, elle avait subi de violentes attaques mais elle avait l'air plus solide que les autres et y avait mieux résisté.

Il expira doucement pour chasser les images qui prenaient place dans sa tête, ce bâtiment dont ce qu'ils avaient découvert à l'intérieur le lui faisait désormais voir plus sombre, plus froid et effrayant qu'il n'avait dû l'être en réalité.

- Elle s'ouvrait par une double porte dont l'une était fermée, l'autre entrouverte. Nous nous sommes mis en position, Yamato et Sai me couvrant. J'ai délicatement poussé le battant en bois et je suis entré le premier. Aussitôt, une nuée de mouche m'a assailli et j'ai dû m'agenouiller pour en éviter le plus gros. Elles s'envolaient par milliers et j'avais l'impression qu'elles frappaient chaque partie de mon corps, mes cheveux, mon cou, mes mains. Leur bruit me bourdonnait aux oreilles et c'est à ce moment que j'ai compris que c'est ce que nous avions entendu plus tôt. Yamato et Sai étaient entrés craignant une attaque exercée par un ninja contrôlant les insectes. Mais, malheureusement, ce n'était pas le cas. Finalement, leur nombre a décru et j'ai pu observer la pièce. J'ai eu du mal à distinguer ce qu'il y avait devant moi. Le bâtiment avait des fenêtres mais trop peu de lumière y pénétrait. Elles semblaient recouvertes mais je ne pris pas le temps, à ce moment-là, d'analyser par quoi. Je voyais devant moi des formes indistinctes et qui semblaient bouger. Je me souviens avoir fixé Yamato. Nous étions d'accord, il était dangereux d'avancer sans savoir où nous allions.

Il fit de nouveau une pause et son regard croisa celui de Tsunade, l'un comme l'autre auraient vraiment, vraiment trouvé cette conversation moins difficile autour d'un verre de saké. Allez, se dit-il, il touchait au bout.

- Sur un signe de ma main, Yamato et Sai ont brisé deux fenêtres afin de faire rentrer la lumière.

De nouveau, un soupir. Sasuke s'agitait nerveusement sur le lit. Voir Kakashi avoir autant de mal à aller au bout de son récit l'inquiétait de plus en plus. Il sentait ses mains moites et pourtant ce n'était pas son genre d'être impressionné.

- Je n'aurais jamais pu imaginer ce que la lumière nous révéla. Devant nous, il y avait un autre tas de corps mais ils étaient beaucoup plus petits que les cadavres que nous avions vus jusque-là. Nous avons tout de suite compris que la plupart des enfants avaient été regroupés là au moment de l'attaque, certainement pour les cacher et les protéger. Mais cela s'était retourné contre eux. Lorsque les bêtes sont rentrées dans la bâtisse, ils n'ont eu aucune possibilité de fuite. C'était des proies faciles. Il était impossible pour eux d'en réchapper.

Les choses paraissaient si simples dites comme cela, froidement. Mais aucun mot ne pouvait décemment retranscrire la scène. Des dizaines de cadavres d'enfants parfois même de tous petits, égorgés, éventrés, couverts de leur sang et de celui des autres. Leurs corps grouillaient d'insectes et c'est ce qu'il avait vu bouger au départ. Des centaines d'insectes occupaient à se repaître de chair pourrissante, à la putréfier un peu plus encore.

Et l'odeur, il n'avait pas parlé de cette odeur de mort, de sang caillé, immonde mélange de tout ce qu'ils avaient sous les yeux.

C'est à ce moment qu'il sut qu'il avait atteint sa limite, à cet instant que son corps lâcha. Il sortit et eut à peine le temps de baisser son masque avant de se vider, violemment. Il avait l'impression qu'il ne vomirait jamais assez pour expulser ce dont il venait d'être témoin. Pendant un moment, il n'entendit plus rien que ses propres bruits, seulement conscient de son ventre qui se contractait pour expulser la bile qui lui brûlait la gorge, de la sueur qui collait à sa peau. Il comprenait tout à coup la nature de détails qu'il n'avait pas encore analysés jusque-là : le sang qui recouvrait les fenêtres et qui les avait obstruées, les lattes de bois du sol rouge d'en avoir absorbé quelques litres. Et le bruit … de gouttes d'eau ? De sang ? D'autre chose ? Qui tombaient, il ne savait où, et engendraient un tic-tac dérangeant mais moins que le bruit dégoûtant du grouillement des insectes.

Lorsqu'il eut fini, il retrouva ses deux coéquipiers à la porte, eux non plus n'avaient pas supporté. Il tut ce passage. Pourtant, il savait qu'il n'avait pas à avoir honte, mais ça ne regardait personne.

- Lorsque je me suis avancé un peu plus dans la pièce, mon pied est passé au travers du plancher et si Sai ne m'avait pas retenu je serais sans doute tombé. Le sol avait été fragilisé en raison des quantités de sang déversé. Yamato usa de son mokuton pour nous créer un chemin afin que nous puissions nous approcher du gros des corps. Il y en avait partout, dans toute la pièce, certains avaient essayé de fuir mais les plus jeunes s'étaient terrés à l'autre bout de la salle se collant les uns aux autres, prêts à être cueillis. Leurs visages reflétaient une terreur sans nom malgré le sang, malgré les insectes, leurs expressions de pure terreur paraissaient encore tellement vivantes et à la fois figées dans leur paroxysme. En les regardant on pouvait presque entendre leurs cris résonner dans la pièce, les terrifier de plus en plus, les transporter au-delà de la terreur elle-même. Je peux malheureusement affirmer qu'ils avaient eu le temps de comprendre ce qui allait leur arriver, finit-il.

Et c'était sans compter qu'ils avaient dû entendre leurs parents se faire massacrer, qu'ils avaient dû attendre le moment où les bêtes viendraient les prendre. Et qu'avaient-ils pu ressentir lorsque le sol leur avait retransmis les vibrations de plus en plus fortes au fur et à mesure que les monstres s'avançaient vers eux ? Comment des enfants n'étaient pas devenus fous devant cette angoisse ? Qui serait resté sain d'esprit à attendre caché de mourir dans d'atroces souffrances, en entendant les pleurs des plus petits, en essayant de les calmer pour les faire taire et ne pas attirer l'attention ? Quant était-il de ceux qui avaient voulu sortir, qui avaient eu l'intelligence de comprendre qu'ils étaient autant voire plus en danger tous réunis au même endroit ?

Toutes ces questions, Kakashi se les était posé tandis qu'il contemplait avec une étrange fascination morbide chaque visage, chaque corps. Encore aujourd'hui, il pouvait revoir tous ces enfants, pauvres et fragiles victimes de la folie destructrice de monstres sanguinaires.

- Juste devant les corps, les lattes du plancher avaient été défoncées et un trou béant y était visible, comme si quelqu'un était passé au travers. Je me suis penché pour voir ce qu'il y avait. Il y faisait trop sombre, je ne distinguais rien. Tout ce que je savais, c'est que l'odeur de sang y était encore plus forte. J'ai donc allumé une torche et l'ai dirigée dans l'ouverture.

Inconsciemment, Sasuke se colla un peu plus à Naruto, sa hanche plaquée contre la cuisse gauche du blond. Il imaginait bien qui ils avaient trouvé là-dessous mais il craignait de savoir comment.

- Le sous-sol était très petit et avait été entièrement bétonné le rendant imperméable. Le sang des cadavres s'était écoulé à travers les lattes pour s'y accumuler. Je suppose que je n'ai pas besoin de t'en dire plus.

Plus de vingt corps humains et leur quatre à cinq litres de sang, sans doute un peu moins puisqu'il s'agissait d'enfants, pensa Sasuke, de quoi faire un mini bain. Kakashi s'affaissa un peu plus contre le mur.

- C'est là que nous l'avons trouvé. Son poids avait dû faire céder le plancher et il a chuté directement dans la mare de sang. Il en était couvert des pieds à la tête. Le sang avait séché depuis, s'était en partie évaporé, il semblait même avoir cuit par endroit, certainement au contact de son chakra. Naruto était assis et remuait d'avant en arrière comme un fou.

Encore une fois, il était difficile d'expliquer avec des mots ce qu'il avait ressenti. L'irréalisme de la scène l'avait choqué. Naruto était là comme un ange déchu couvert de sang, parfaite image de l'être innocent qu'on aurait jeté en martyre. L'étrange similitude de cette pensée avec la réalité de Naruto, un être innocent qu'on avait sacrifié en scellant en lui le démon le plus puissant que la terre ait porté l'avait fait s'arrêter un instant. Il avait regardé Yamato et Sai, eux aussi étaient sans voix devant la scène. « Naruto » avait appelé Yamato, mais il n'avait obtenu aucune réponse.

Le soulagement que Kakashi avait ressenti en le voyant vivant et l'inquiétude de ne pas le voir réagir à leur arrivée, de voir son corps se balancer doucement comme un fou, un simple d'esprit, tout cela éclata en lui. La boule d'angoisse qui le dévorait depuis qu'il était parti de Konoha, qui avait grossi de plus en plus pendant leur avancée dans le village, explosa finalement, le faisant agir de façon quasiment inconsidérée. Il avait sauté à son tour dans le trou, ne prenant garde à rien. Tout ce qu'il voulait c'était le sortir de là, le sortir de ce sang séché, de cette horreur.

Encore une fois, ses sentiments ne regardaient que lui et il n'en dit rien. Yamato et Sai l'avaient suivi de peu, eux aussi perturbés de voir le blond dans cet état. D'une façon générale, beaucoup de ce qui s'était passé à Tokushima resterait entre eux. Tsunade le savait, elle n'avait pas demandé plus de détails, ceux qu'elle avait eus, lui ayant largement suffi.

- Nous l'avons rapidement évacué, il ne parlait pas, ne semblait ni nous voir, ni être conscient de notre présence. Je l'ai essuyé sommairement pour voir s'il était blessé. J'étais simplement heureux qu'il soit en vie mais son état n'était pas fait pour nous rassurer. Avant de le ramener à Sakura, Sai a apporté de l'eau pour le nettoyer. Il nous a fallu frotter car le sang était sec. Pendant tout ce temps, il n'a pas réagi. Nous l'avons changé et seulement là ramener à Sakura.

Kakashi se souviendrait sans doute toute sa vie du visage de Naruto, un peu blanc, des cernes sous ses yeux mais qui n'étaient rien en comparaison du regard fou qu'il portait. Il reporta le sien sur le Naruto d'aujourd'hui, assis dans son lit. Ses yeux étaient tout aussi vides que ce jour-là mais ils étaient moins hantés, les ombres noires sous ses yeux moins profondes.

- Sakura l'a ausculté mais n'a rien décelé. Nous avons enterré les corps et nous sommes rentrés en brûlant derrière nous le bâtiment. Depuis ce jour, il est comme ça, finit-il en désignant Naruto d'un mouvement rapide du visage.

Le silence s'abattit sur la pièce lorsque le juunin finit son récit. Tsunade ne put réprimer un frisson quand bien même, avait-elle déjà entendu et lu tout ceci.

Ce fut Sasuke qui finit par reprendre la parole avec la question qu'ils s'étaient tous posés et qui aurait peut-être expliqué qu'il ait craqué.

- Est-ce que Naruto aurait …

- Non, ce n'était pas l'œuvre de Kyûbi. Comme je te l'ai dit nous avons trouvé des traces de bêtes, ainsi que des poils raccrochés par endroit, une griffe, des traces de sang non humain. Je pense qu'il s'agissait d'invocations et qu'elles ont disparu en mourant. Mais franchement, je ne saurais dire quels animaux ont la capacité de faire un tel carnage. Et pour être franc, je suis heureux de ne pas les avoir vus.

- Il n'avait vraiment aucune blessure ?

- Son corps ne nous a rien indiqués. Ses vêtements étaient déchirés par endroit, mais avec le sang qui le recouvrait, il nous a été difficile de tirer des conclusions. Quoiqu'il lui soit arrivé, le démon avait eu le temps de le soigner avant que nous arrivions, du moins est-ce ce que nous avons pensé.

- Il en a fini avec eux ?

- Je suppose car ils n'ont pas été revus ailleurs. Cependant, étant le seul survivant lui seul pourrait nous révéler ce qu'il s'est réellement passé. Quant à la personne qui les a invoqués, nous ne savons rien d'elle. L'enquête continue.

Sasuke ne put retenir la caresse délicate qu'il déposa sur la joue de Naruto.

- Pendant combien de temps est-il resté seul là-dedans?

- Difficile à dire, plusieurs jours en tout cas.

Sasuke ferma un instant les yeux. Qui pouvait dire à quel moment Naruto avait lâché prise? Dès qu'il était tombé dans la mare de sang ? Après?

Qui aurait résisté à une telle chose? Pourtant, si on le lui avait demandé il aurait dit Naruto sans hésiter. Le jeune homme semblait être capable de surmonter n'importe quel obstacle. Déjà lorsqu'ils étaient genin et qu'Orochimaru s'en était pris à eux, c'est lui qui avait tenu tête au sannin alors que lui, le fier Uchiha voulait fuir, encore lui qui avait fait face à Gaara quand ce dernier s'était transformé en monstre.

Et pourtant, il était là, réduit à l'état de légume.

- Cela me parait tellement impossible qu'il ait craqué. Naruto n'est pas comme ça.

- C'est ce que nous pensions nous aussi, mais tu vois par toi-même le résultat.

- On lui a peut-être lancé un jutsu.

- C'est ce que j'ai espéré moi aussi, répondit Tsunade. Mais non, rien de tout cela, il n'y a aucune trace d'une attaque quelconque. Je lui ai fait passer une batterie de tests, les meilleurs spécialistes de l'empoisonnement, des genjutsu y sont passés. En définitive, il a fallu se rendre à l'évidence, il a craqué, son esprit n'a pas supporté le choc.

- Mais c'est impossible, il a vécu toute sa vie avec un démon au fond de lui, en supportant le rejet des autres et il craquerait maintenant, cria-t-il.

La Cinquième ne fut pas surprise par cet accès de colère. Tous ceux pour qui Naruto comptait et qui étaient au courant avaient réagi avec la même véhémence.

- C'était peut-être la goutte d'eau qui a fait déborder le vase Sasuke, ajouta Kakashi.

Le brun le fusilla du regard.

- Moi aussi, je n'aurais jamais pensé qu'une chose pareille puisse arriver Sasuke et je pense mieux le connaître que toi.

Il vit le brun flancher quelque peu à ces mots.

- Il semblait moins enjoué qu'avant mais il disait toujours que tout allait bien quand je l'interrogeais, murmura Tsunade croulant sous le poids de sa culpabilité.

Elle n'arrêtait pas de se dire qu'elle avait raté quelque chose, qu'elle aurait dû lui accorder une plus grande attention.

- Godaïme, commença Kakashi.

Mais à cet instant la porte s'ouvrit sur le dernier membre de l'équipe sept qui venait comme tous les matins visiter celui qui avait ravi son amitié et sans doute aussi son cœur.

Sakura pénétra dans la pièce surprise d'y voir autant de monde. Généralement, à cette heure, elle n'y croisait que Tsunade dont elle prenait la suite au chevet de Naruto. Elle non plus ne pouvait pas passer autant de temps qu'elle le voulait avec le blond. Elle avait des obligations, des missions, même si l'Hokage les avait réduites depuis cinq mois, mais son travail à l'hôpital lui prenait de plus en plus de temps. Il faut dire qu'il ne faisait plus de doute pour personne qu'elle était désormais la meilleure disciple de la Cinquième, celle qui bientôt la dépasserait. De plus, Tsunade n'ayant pas toujours le temps de se consacrer à la médecine et Shizune non plus, les opérations les plus délicates lui échouaient souvent.

Combien de fois, après des heures de travail, était-elle venue s'écrouler dans cette chambre ? Même si voir Naruto dans cet état lui brisait le cœur un peu plus chaque jour, il n'y avait qu'ici qu'elle trouvait la paix.

Elle n'avait pas été surprise de voir deux membres de l'ANBU dans le couloir, cela signifiait que son maître était encore là et qu'une menace pesait peut-être sur elle pour qu'ils se montrent aussi ouvertement. Elle ne s'attendait donc pas à voir la pièce aussi remplie.

Ses yeux se posèrent sur Sasuke qui se tenait toujours assis aux côtés de Naruto. Avant même qu'elle ne l'ait vraiment intégré, ils passèrent au blond qu'elle s'attendait à trouver tout sourire, ses yeux pétillants de joie. Malheureusement, il était tel qu'elle le trouvait tous les matins depuis cinq mois.

- Sa… Sasuke… je pensais que … j'espérais que…

La jeune femme sentit ses genoux céder sous elle et sans les réflexes et les bras de son premier senseï, elle se serait écroulée au sol. Elle leva son regard vers Tsunade. Cette dernière avait eu raison, la douleur qu'elle n'avait pas voulu voir dans l'œil de Kakashi, elle se la prenait en plein visage dans ceux de Sakura. Le juunin la déposa dans le fauteuil où elle passait tant de temps à gauche du lit de Naruto. Il lui murmura quelque chose à l'oreille, sans doute des paroles de réconfort.

Cependant, Sasuke réfléchissait.

- Personne n'est allé parler avec Kyûbi ?

A ces mots, le silence se fit dans la pièce et tous fixèrent Sasuke surpris.

- Comment ça, parler avec Kyûbi ?

- Le démon sait sûrement quelque chose, il est en permanence avec lui. Il pourrait nous en dire un peu plus, il pourrait nous informer sur l'état de Naruto.

- Sasuke, l'interrompit Kakashi, est-ce que tu …

- Tu peux le voir ? finit Tsunade.

- Oui.

- Mais même Inoichi Yamanaka n'a pas réussi à pénétrer dans son esprit, il s'est fait rejeter à chaque fois par le démon, sans même avoir une chance de l'approcher.

- Le pouvoir du sharingan, annonça Sasuke un sourire supérieur aux lèvres.

- Ne te vante pas trop Uchiha, dit-elle.

Elle se voulait sarcastique et sûre d'elle mais la joie dont témoignait sa voix à l'idée d'avoir une nouvelle piste, de pouvoir faire quelque chose pour ramener Naruto s'entendait trop. Alors, elle lui donna une pichenette sur le front. Sasuke fut troublé par ce geste qui le ramenait bien des années en arrière et il s'en trouva pour une fois décontenancé. Personne depuis Itachi ne lui avait fait ça.

Sur le coup, il ne sut comment réagir et la dévisagea. Ses yeux brillaient comme il ne l'avait jamais vue, un sourire rayonnait sur son visage. L'espoir qui animait soudain l'Hokage surprit Sasuke. Etait-elle à ce point désespérée avant cela ? S'il lui avait posé la question, la réponse aurait été oui. Elle avait tout essayé, elle avait acheté des livres, des rouleaux, elle avait retourné la bibliothèque de Konoha aidée par Sakura et Shizune. Celle de Suna avait connu le même sort, Gaara avait envoyé ses meilleurs spécialistes. Ils avaient tout tenté mais rien n'y avait fait. Elle n'était même pas certaine que l'arrêt des balancements de Naruto pouvait réellement leur être imputé. Alors oui, c'était une nouvelle quasi-inespérée pour elle et rien que pour ça, elle était contente d'avoir laissé vivre Sasuke.

- Quand as-tu découvert que tu pouvais…

- Lorsque nous nous sommes vus au repère d'Orochimaru, dit-il en fixant Sakura. Je suis allé jusqu'à la pièce où il est enfermé et j'ai pu lui parler.

- Est-ce que ce sera difficile à refaire ? demanda Tsunade.

- Je ne pense pas. Maintenant, je ne sais pas ce qu'il en sera compte tenu de son état.

- Difficile à dire en effet. Le démon a empêché toute intrusion dans le mental de Naruto mais personne n'avait tenté quoique ce soit avant, rien ne nous dit que les Yamanaka par exemple auraient eu le pouvoir d'y arriver même avant l'accident, ajouta Tsunade plus pour elle-même.

- Si j'y parviens, je ne sais pas ce qu'il voudra bien me dire. Notre première entrevue n'a pas été particulièrement chaleureuse.

- Tant pis, il faut quand même essayer et s'il ne veut rien te dire la première fois, tu recommenceras autant de fois que nécessaire.

- Vous me demandez d'aller harceler le plus puissant démon du monde ? demanda Sasuke.

Lui aussi aurait voulu avoir un ton froid et détaché, au pire ironique ou moqueur mais ses yeux s'étaient de nouveau portés sur Naruto et son ton fut plus doux qu'autre chose.

- Oui. Ca te pose un problème.

- Visiblement non, répondit Kakashi.

Sasuke secoua négativement la tête, non, ça ne lui en posait pas. Maintenant, qu'il avait enfin réussi à retrouver Naruto, il était bien décidé à faire le maximum pour le ramener même si cela sous-entendait d'aller botter le cul d'un démon renard.

Son regard décidé rassura Tsunade.

- Par contre, je ne veux pas faire ça maintenant dit-il en désignant l'anbu toujours présent à la fenêtre. Je suis obligé de laisser mon corps sans surveillance.

Ce n'était pas forcément vrai, la première fois, il était cerné par les quatre membres de Konoha mais il n'avait pas prévu d'arriver là et il ne comptait pas renouveler l'expérience en étant aussi exposé.

- Je comprends, ajouta Tsunade. De toute façon, il commence à y avoir un peu trop de monde dans l'hôpital. Il faut que nous trouvions un autre créneau : demain matin.

- Laissez-moi l'emmener avec moi et je le ferai cette après-midi.

- Comment ça l'emmener ?

- Je vais m'occuper de lui, annonça Sasuke.

- Pardon ?

- Je le prends avec moi et je vais m'occuper de lui, répéta-t-il. Il va vivre avec moi.

- Mais enfin, tu n'y penses pas, répondit sèchement Sakura.

- Si.

Et pour confirmer ses dires, il s'approcha de Naruto mais avant qu'il ne puisse poser la main sur lui Tsunade lui attrapa le poignet. Ils se fixèrent. Sasuke soupira.

- Je croyais que vous vouliez que je pénètre son esprit ?

- Tu peux très bien le faire ici.

- Vous avez dit vous-même que je devrais recommencer autant de fois que nécessaire. Si c'est le cas, cela vous obligera à me faire sortir régulièrement du quartier Uchiha. Par ailleurs, je ne sais pas combien de temps je peux tenir en me projetant en lui et combien de temps il va me falloir pour récupérer et y retourner. S'il est avec moi en permanence, nous ne perdrons pas de temps en transport inutile.

La Godaïme flancha quelque peu.

- D'après ce que je vois, il n'a pas besoin de médicaments ou autre. Je serai confiné chez moi de toute façon, je n'aurai rien d'autre à faire que de m'occuper de lui. Ca vous libérera une chambre d'hôpital.

Tsunade réfléchissait. Les paroles de Sasuke avaient du sens. Même s'ils ne cachaient pas vraiment Naruto, beaucoup de gens ignoraient où il était et pourquoi. Elle savait que Danzou et ses hommes rêvaient de voir le jinchuuriki mort, d'autant plus maintenant qu'il n'était plus capable de se défendre. Le conseil trouvait lui aussi qu'il était une menace beaucoup trop grande. Oh, leurs têtes en apprenant qu'elle avait confié Naruto à Sasuke…

Un mince sourire apparut sur ses lèvres. Oui, ce serait vraiment très bon, elle devrait augmenter la sécurité autour de la demeure des Uchiha. Mais et elle regarda Sasuke, quel meilleur garde du corps pourrait-elle trouver pour Naruto ?

Alors, oui, elle lui faisait peut-être trop confiance mais elle savait au fond d'elle qu'il ne la décevrait pas. Et pour une fois, elle allait écouter son instinct. S'il pouvait vraiment aller jusqu'au démon, s'il pouvait leur ramener Naruto… elle était prête à tout.

De plus, Sasuke avait raison lorsqu'il disait qu'il faudrait sans doute plus d'une conversation pour tirer quelque chose de Kyûbi. Elle ne voulait pas le laisser sortir de la résidence, une fois de plus à cause de Danzou. Il commençait sérieusement à lui taper sur le système ce vieux traître. Elle savait qu'il avait mis à prix la tête de l'Uchiha et s'il venait à apprendre qu'il entreprenait quelque chose pour ramener Naruto, Sasuke serait encore plus en danger.

Non, définitivement, les deux seraient beaucoup plus en sécurité au sein du manoir Uchiha. Les hommes de l'ANBU qu'elle avait choisis pour cette mission étaient plus que sûrs. Plusieurs d'entre eux avaient travaillé sous les ordres de Kakashi lorsqu'il était encore en service actif et lui-même avait validé leur nomination.

Par ailleurs, le juunin serait quotidiennement avec Sasuke, en tout cas dans un premier temps. Elle en avait décidé ainsi, même si elle se privait d'un de ses meilleurs ninjas pour les missions, le rôle de Kakashi serait de tester son ancien élève et de tirer de lui les dernières informations qu'il leur manquait.

Tsunade était suffisamment bonne psychologue pour savoir que Sasuke aurait besoin pour s'ouvrir d'être entouré de personnes en qui il avait confiance. En dehors de Naruto, peut-être de Sakura, Kakashi était le seul à qui il l'avait un jour donnée.

En ce qui concernait Naruto, il n'avait en effet pas besoin d'un suivi médical particulièrement poussé. Il nécessitait une attention régulière, mais les soins qu'il recevait n'impliquaient pas forcement l'expérience du métier. Par ailleurs, elle avait déjà prévu de passer quotidiennement au manoir pour voir Sasuke, elle pourrait en profiter pour s'assurer que tout allait bien pour Naruto. Elle était toujours son médecin personnel et rien n'était entrepris sans que son aval n'ait été donné. Même Sakura savait qu'elle ne devait prendre aucune décision le concernant sans que Tsunade n'en ait été préalablement avertie. Parlant de son élève, elle pourrait toujours passer au manoir s'il arrivait qu'un jour, elle ait un empêchement.

La question était de savoir si Sasuke se rendait réellement compte de ce que cela impliquait de s'occuper de Naruto.

C'était justement ce qu'était en train de se dire Sakura, pour elle, il ne comprenait pas l'ampleur de la tâche.

- Mais enfin Sasuke, tu ne te rends pas compte, il faut le nourrir, le laver et le …

Elle rougit.

- L'aider pour tout, résuma-t-elle.

Sasuke lui jeta un œil noir.

- Est-ce que tu le fais ?

- N.. non… pas moi … je … heu ….

Elle n'avait jamais pu se résoudre à s'occuper de lui à ce niveau. Les sentiments qu'elle éprouvait pour Naruto aussi confus et ambigus qu'ils soient, l'en empêchaient. Elle avait déjà vu des hommes nus lors de son travail, parmi eux certains membres des rookies de son époque étaient déjà passés sous son œil professionnel. Et si eux avaient rougi, gênés de se trouver nus devant une de leurs camarades, elle n'avait jamais bronché.

Elle savait mettre de côté ses sentiments lorsqu'elle était en mode medic-nin. Mais, avec Naruto, elle ne pouvait pas. Par ailleurs, elle aurait eu l'impression de violer son intimité. Le blond était incapable de quoi que ce soit. S'il se nourrissait par lui-même par pur réflexe lorsqu'on lui plaçait la nourriture dans la bouche, il fallait l'emmener régulièrement faire ses besoins, le laver, l'habiller. Elle laissait ce soin aux infirmières. Elle n'imaginait pas Sasuke faire toutes ces choses pour Naruto.

Comme s'il lisait dans ses pensées, il répondit :

- Je pourrais le faire.

- Je ne crois pas que tu te rendes bien compte de la situation Sasuke, lança-t-elle agressive.

L'Uchiha la regarda surpris de la véhémence de sa réaction.

- Éclaire-moi Sakura.

Son ton n'était plus chaleureux. Il n'aimait pas du tout la réaction de la jeune femme. Kakashi passa de l'un à l'autre surpris de la scène qui se jouait devant lui. Depuis quand ces deux-là se battaient pour Naruto.

- Il ne suffit pas d'être avec lui et de lui donner à manger quelque chose de temps en temps. Il faut l'aider à pourvoir à « l'ensemble » de ses besoins de base.

Elle insista sur le mot ensemble.

- Quoi, je devrai l'emmener aux toilettes, l'essuyer, le laver, le sortir dehors pour qu'il prenne l'air. Crois-tu que ces choses me font peur Sakura ?

Il s'était levé, le sharingan avait fait son apparition dans ses yeux.

Voilà qui répondait à la question de Tsunade, visiblement il avait bien compris de quoi il en retournait.

- C'est facile de le dire, sans doute moins de le faire Sasuke. Tu n'as jamais eu à t'occuper d'une autre personne à part toi-même et quand on regarde tes choix, on peut se poser des questions.

- Tu te crois mieux placé que moi Sakura ? demanda-t-il froidement. Tu as toujours eu tes parents derrière toi, tu as toujours vécu dans un univers confortable. As-tu eu à te prendre en charge seule depuis tes six ans ? Non, alors, ne viens pas me parler d'être capable de s'occuper de soi ou des autres.

La tension était tellement montée dans la pièce qu'un des deux anbu du couloir venait d'ouvrir la porte pour s'assurer qu'il ne se passait rien d'inquiétant.

- On se calme tous les deux, cria Tsunade. Je peux savoir ce qui vous prend ? Nous sommes dans un hôpital ici ! Naruto n'est pas un bout de viande que vous allez vous déchirer.

- Je n'ai jamais dit ça, répondit plus doucement Sakura. Je pense tout simplement que ce n'est pas une bonne idée.

Sasuke décida de l'ignorer, ce n'est pas elle qui allait prendre la décision.

- Je peux le faire, ça ne me dégoûte pas. Je suis le seul à avoir une chance de l'aider. Voulez-vous vraiment laisser passer cette opportunité ?

- Non, je ne veux pas.

Tsunade hocha la tête. Elle avait pris sa décision.

- Tsunade-shishou …

- Sakura, ne sois pas égoïste.

- Je ne ..

- C'est bon, tu l'emmènes. Mais je te préviens Uchiha…

- Je prendrai soin de lui, vraiment.

- Hum. Il faudra lui faire faire ses exercices.

Sasuke regarda le matériel à côté du lit, une sorte de petit générateur et des électrodes.

- Avec ça, je suppose.

- Entre autre oui, mais il faudra également masser ses jambes et les bouger toi-même, les stimulations électriques ne peuvent pas tout faire.

- Hn.

- Tu as intérêt à le faire comme il faut, si je vois qu'il perd en masse musculaire même un tout petit peu, je le ramène ici. Pareil pour le poids, s'il perd un gramme…

- J'ai compris, je le perds.

Le terme surpris Tsunade mais elle ne réagit pas. Elle avait des ordres à donner et le soleil à l'extérieur lui indiquait qu'elle avait aussi un village à faire tourner et qu'on n'allait pas tarder à venir la chercher. Elle finit sa liste de recommandations aussi longue que les rouleaux des techniques interdites.

Tout en l'écoutant d'une oreille attentive mais son regard posé sur Naruto, Sasuke ne put cacher son sourire satisfait.


Voilà, j'espère ne pas vous avoir traumat. mais promis, c'était nécessaire à l'histoire. Je tiens quand même à préciser que toutes les idées ne sont pas de moi (même si la plupart le sont) mais dans le bâtiment où ils découvrent Naruto, la mare de sang et le sang cuit par le chakra … j'en suis innocente ! Par contre, je vis avec le cerveau malade qui a pondu ça … je ne sais pas si c'est rassurant.

Une note également pour vous dire que je ne compte pas faire de Sakura la méchante de service qui veut se mettre entre eux. Pour moi, elle aime Naruto, en frère, en amoureux, sans doute un peu des deux. Ici, ses sentiments et la peur de perdre ce qui lui est cher aveuglent quelque peu sa raison, ce qui explique son comportement.