Chapitre 3 : L'onde de choc.
Rukia et Joyuki étaient rentrées ensemble au manoir Kuchiki, après avoir fait un détour par la deuxième division. Autant dire que les membres du clan n'était pas très heureux de ce retour qu'il croyait impossible. Cependant, ils avaient besoin de Joyuki. En effet, après le départ de Joyuki, Byakuya, puis Rukia, étaient alors les seuls à pouvoir donner une descendance au clan Kuchiki. Mais, il était hors de question de confier cette tâche à Rukia. Une souillure du Rukongai perpétuer une des quatre plus grandes lignées de noble, on n'avait jamais vu ça ! La lourde tâche de donner une progéniture au clan reposait donc entièrement sur Byakuya. Mais les membres du clan avaient blêmi quand il avait épousé cette Hisana, car c'était là leur seul espoir d'une descendance de sang pur et sans souillure qui s'envolait. Il ne fallait absolument pas que cette Hisana tombe enceinte, l'enfant qui naîtrait ne serait pas entièrement noble, un bâtard dans la famille Kuchiki, c'était tout bonnement hors de question. Heureusement pour les membres du clan, Hisana était morte avant de pouvoir donner un enfant à Byakuya. Ils avaient repris espoir, espérant que cette fois Byakuya choisirai une femme noble et pas une pauvresse. Mais là aussi, ils furent déçu, car Byakuya leur avait bien préciser qu'il ne désirait pas se remarier. Maintenant que Joyuki était revenue, ils y avaient a nouveau une chance pour eux d'avoir un enfant de sang pur.
Byakuya n'eut donc pas à insister pour que sa sœur réintègre le clan Kuchiki, et ce fut partagé entre l'étonnement et le soulagement que Byakuya partit se coucher. Mais au milieu de la nuit…
- Onii-chan.
Byakuya ouvrit les yeux pour voir le visage de sa sœur à quelques centimètres du sien à peine.
- Jo ?
- Je peux dormir avec toi ? Comme quand on était gosses.
Byakuya lui sourit :
- Bien sûr…
Joyuki prit alors tout son temps pour se blottir contre son frère. Ca lui faisait bizarre, la dernière fois qu'elle avait dormi avec lui, c'était un torse doux et tendre qui lui avait servi d'oreiller. Cette fois, le torse en question faisait bien deux fois la taille du sien et était durci par des muscles d'acier. Joyuki sentait qu'elle aurait pu se perdre dans sa chair jusqu'à manquer d'air.
Byakuya, lui, se sentait comme à nouveau à sa place. Il enlaça doucement sa sœur par la taille, cependant, il n'arrivait pas à trouver le sommeil. Sa poitrine, son bassin et ses hanches…tout lui rappelait le d'Hisana…Même corpulence, même courbes alléchantes…Mais les cheveux blancs qui reflétaient les rayons de lune trahissaient la ressemblance. Byakuya était parfaitement conscient qu'il s'agissait de sa sœur, et pourtant, il la regardait différemment du regard fraternel qu'il devrait porter sur elle…Il secoua la tête, pas question de refaire la même erreur que quand ils étaient adolescents…pas question de retomber amoureux et d'entretenir une relation presque incestueuse avec sa sœur. Le noble Kuchiki passa tout de même une main le long du dos de Joyuki. Celle-ci frissonna sous ses doigts et remua avant de retomber dans le sommeil. Byakuya sourit en caressant ses cheveux…
« - Joyuki ? Pourquoi tu dors avec moi alors qu'il n'y a pas d'orage ?
- Parce que j'aime bien être avec toi. Ca me rassure.
- Moi aussi j'aime bien. Est-ce que tu pourrais dormir avec moi toutes les nuits ?
- Tu veux bien ? C'est vrai ?!
- Oui, puisque qu'on s'aimera toujours, autant toujours dormir ensemble.
- D'accord ! Alors dès que les autres dormiront, je viendrais toujours dans ton lit et nous serons inséparables jour et nuit !
- Oui ! Ensemble pour toujours ! Toujours ! »
Et c'est ainsi qu'ils avaient fait durant toutes les années où Joyuki était restée à la maison. Chaque nuit, ils attendaient que les membres du clan soient endormis, et la jeune fille venait se faufiler dans le lit de son frère aîné.
Byakuya sourit en repensant aux scènes au Joyuki entrait dans la chambre plongée dans l'obscurité et qu'elle oubliait qu'il y avait un meuble juste devant ou alors un tapis, et que donc elle tombait de tout son long sur le sol en lâchant un affreux juron pour une si jolie bouche. En général, il devait plonger la tête dans son oreiller pour que ses rires ne résonnent pas dans tout le manoir. Et puis, Joyuki se ruait sur lui pour l'étrangler, ou pire, le chatouiller…Le chatouiller…Depuis le temps qu'il voulait se venger de ces chatouilles…Il en avait enfin l'occasion.
Il s'extirpa donc doucement de sous sa sœur qui dormait profondément et écarta les draps. Joyuki grogna en se recroquevillant et Byakuya eu un sourire carnassier. Il se mit à genoux sur le matelas et commença à s'attaquer aux hanches de la jeune fille qui poussa un cri de surprise sous les chatouilles :
- Hey ! Traître ! Je dormais ! C'est pas du jeu.
- Shhhh ! Tu vas réveiller tout le monde. Chuchota Byakuya qui ne s'arrêtait pas pour autant. Et puis depuis le temps que je voulais me venger.
- Je savais bien qu'il restait une part d'enfant en toi…AHAHAHAHA ! Arrêêêêêêêteuh !
Joyuki essayait d'étouffer ses rires dans l'oreiller mais se débattait tout de même en essayant d'envoyer un autre coussin sur la tête de son frère. Une petite bataille d'oreillers débuta bientôt entre le frère et la sœur, comme quand ils étaient petits. Ils ne prêtèrent bientôt plus attention à leurs éclats de rire, s'acharnant à se bagarrer gentiment. Ils finirent par chuter du grand lit, l'un sur l'autre, roulant par-terre, chacun essayant d'avoir le dessus sur l'autre.
Rukia se réveilla anxieuse. Pourquoi avait-elle entendu un cri ? Et c'était quoi ce bruit sourd à l'instant ? Mon dieu ! Quelqu'un s'était introduit dans la chambre de Nii-sama ! Il était en danger ! Rukia bondit de son futon et se précipita dans la chambre de son frère adoptif :
- Nii-sama !
En entendant la jeune Shinigamis, Byakuya et Joyuki cessèrent tous mouvements, se retrouvant dans une position pour le moins gênante, c'est-à-dire Byakuya au dessus de sa sœur.
- M…Mais qu'est-ce que…Bredouilla la jeune Shinigamis, ne comprenant vraiment pas le genre de relation qui unissait Joyuki et Byakuya.
Joyuki poussa doucement son frère et s'assit sur le sol :
- Désolée de t'avoir réveillé, Rukia. S'excusa Joyuki.
- Mais…vous faisiez quoi là…Répondit la concernée, complètement déroutée par la soudaine transformation de son Nii-sama idolâtré. Jamais elle n'aurait imaginer le trouver un jour dans une position si compromettante, surtout avec quelqu'un de sa famille !
- Bataille d'oreillers. Répondit simplement Joyuki.
Rukia ouvrit de grands yeux étonnés. Elle n'y comprenait rien. Qui était cette fille pour Nii-sama exactement ? Ce n'était pas qu'une sœur, c'était certain…
- Ca ne vas pas ? S'inquiéta Joyuki devant le manque de réaction de sa sœur adoptive.
- S…si…bonne nuit ! Dit précipitamment Rukia en retournant dans sa chambre. Une fois qu'elle fut sous ses draps, des larmes se mirent à rouler sur ses joues pâles. Pourquoi Nii-sama était-il si proche avec Joyuki alors qu'elle, il l'ignorait. Pire, la petite Shinigami avait l'impression que sa sœur adoptive prenait la place d'Hisana dans le cœur de Byakuya…
- Tu crois qu'on l'a choqué ? Demanda Joyuki en marchant à quatre pattes sur le lit pour rejoindre son frère.
- Je crois que oui. Elle n'est pas habituée à le voir…dans ce genre d'activité…
- Je vois…Surtout que c'était assez chaud comme position…Enfin bon, j'espère qu'elle ne se fait pas d'idées…
- Nous verrons bien par la suite…Bonne nuit…
- 'Nuit Onii-chan !
Et Joyuki s'étendit de tout son long à côté de son frère. Byakuya la regarda un moment dormir. Ils s'aimaient un peu plus qu'ils ne devraient…c'était certain, ça n'avait pas changé. Ils en avaient eu la preuve ce soir. Leur gentille bagarre de coussins avait d'avantage ressembler à un jeu d'amoureux où l'on cherche à provoquer chez l'autre des désirs particuliers. Ce genre de jeu entre amants, où l'on joue sur le toucher, sur la domination, où l'on plonge dans le regard de l'autre pour voir si l'on a réussi à susciter un certain désir…C'était tout à fait ça, la bataille d'oreillers n'avait été qu'un prétexte en fin de compte.
Byakuya soupira. Ne pourrait-il donc jamais aimé sa sœur comme tous les frères aiment leur Nee-chan ? Joyuki et lui sont-ils condamnés à s'attirer l'un et l'autre éternellement ? Finalement, rien n'avait changé depuis l'adolescence. Le baiser qu'ils s'étaient échangé rapidement quelques années plus tôt n'avait été qu'un sursaut, que le résultat de leur amour non-avoué et non-accepté. Car oui, ni Byakuya ni Joyuki ne voulaient admettre être réellement amoureux l'un de l'autre. D'ailleurs, ce n'était pas vraiment de l'amour. Ils voulaient juste se posséder mutuellement, savoir que chacun était l'univers de l'autre, et pour s'en assurer, ils avaient besoin de se toucher, de sentir constamment un contact physique avec l'autre. Et ils avaient aussi besoin de se faire des promesses…
« - Je t'aime Bya, je t'aime tellement…Depuis quelques temps, on ne se voient plus beaucoup, j'ai l'impression qu'on est plus de la même famille, et le fait de ressentir ça…bah…je…
- N'en dis pas plus, ça me fait la même chose. Je comprend ce que tu veux dire.
Joyuki avait levé ses grands yeux bleus sur le visage de son frère :
- Tu es sûr que tu comprends ?
Byakuya avait alors cessé de s'appuyer contre le tronc d'arbre et s'était approché de sa sœur. Tous deux avaient fermés les yeux, et Byakuya avait posé ses lèvres sur celle de Joyuki, avant de s'écarter vivement, les yeux horrifiés.
- Onii-chan !
Joyuki se réfugia dans les bras de son frère.
- Tu as senti aussi ?
- C'est comme si je m'embrassais moi…tu es mon frère, on ne peut pas ressentir ça l'un pour l'autre, c'est pas bien…
- Pourquoi on est devenus comme ça ? On ne ressentait pas ça avant !
- C'est à cause des adultes…ils nous ont éloignés…On est comme des aimants, Byakuya. Si on nous met côte à côte dès le départ, nous restons ensemble sans nous séparés. Mais si on nous éloigne beaucoup, puis qu'on nous rapproche juste un peu, le champ magnétique se rétablit et on se colle violemment l'un à l'autre, si violemment qu'il y a un choc. Et le choc, c'était ce baiser…
- Mais après le choc, on restera collés comme avant…
- Oui, mais la durée du choc sera proportionnelle à la distance qui a été mise entre nous…Plus courte elle sera, plus vite on reprendra notre ancienne relation. »
Mais 25 ans était une distance temporelle horriblement longue…Le choc n'était pas encore fini, ils n'étaient pas encore mûrs pour redevenir frère et sœur. Ils avaient besoin d'être ensemble jusqu'à l'extrême pour ensuite s'éloigner…
- Jo, quand est-ce que ça redeviendra comme avant ?
Joyuki ouvrit les yeux :
- Je ne sais pas Onii-chan…mais tu sais…on a été tellement séparés que le choc s'est peut-être perdu dans une autre dimension…nous sommes des adultes, je pense que maintenant, on peut reprendre notre ancienne relation…on est grands et responsables, non ?
- Alors pourquoi es-tu venu dormir avec moi ? Pourquoi on s'est roulé par-terre comme des amants dans leur première idylle ? Nous sommes adultes comme tu dis, et je crois que si Rukia n'était pas venue…la situation aurait dégénéré…
Joyuki écarquilla les yeux :
- Tu…tu crois qu'on aurait…couché ensemble ?
- En tant qu'adolescents, nous n'avons fait qu'échanger un baiser, ce qui est déjà assez grave pour un frère et une sœur. Et maintenant que nous sommes des adultes…nous avons des réactions et des désirs d'adulte…
Joyuki le regarda, la mine grave.
- T'as raison…et c'est ça le pire, c'est que tu as raison…
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- J'en sais rien…je suis aussi perdue que toi…Le seul proverbe qui me vient à l'esprit, c'est « le seul moyen de résister à une tentation, c'est d'y céder » mais je ne crois pas que ce soit une très bonne idée.
Byakuya sourit :
- Vraiment pas une bonne idée.
Byakuya réfléchit un moment et dit :
- Tu connais le principe du vaccin ?
- Injecter un peu de la maladie pour que le corps l'identifie et soit prêt à la détruire…pourquoi ?
- Si attendre que le choc ne marche pas sur nous…On peut se faire un vaccin l'un de l'autre, non ?
Joyuki sourit :
- T'as loupé ta vocation dans la quatrième division.
La remarque fit rire le noble Kuchiki :
- Il n'empêche que t'as eu une bonne idée, Onii-chan.
Joyuki se mit alors juste au dessus de son frère :
- Alors mettons en pratique ton idée. Voici mon vaccin pour toi.
Elle se pencha en avant et déposa un tendre baiser sur les lèvres de Byakuya. Le contact ne fut pas long, mais pas sans intensité pour autant. S'écartant finalement de son frère, elle conclut son vaccin par un léger coup de langue sur la lèvre supérieur de Byakuya.
- Et voilà mon vaccin pour toi. Dit Byakuya en attrapant d'une main le cou de sa sœur et reprenant le contact buccal. Cette fois, le baiser fut plus osé. La langue de Byakuya franchit la frêle barrière des douces lèvres de Joyuki, cherchant intuitivement sa compagne. La langue de Joyuki titilla timidement celle de son frère avant que celle-ci n'entreprenne de douces caresses. Joyuki poussa un petit gémissement, faisait signe à son frère d'arrêter, elle-même étant incapable de faire cesser ce baiser faute de volonté. Mais Byakuya fit la sourde oreille et continua de caresser de sa langue celle de sa sœur ainsi que ses lèvres. Finalement, Joyuki trouva la volonté nécessaire pour repousser son frère. Tous deux étaient essoufflés, mais peu importe :
- Le principe du vaccin, c'est de n'injecter qu'un peu de la maladie, pas de tuer le patient en lui mettant un dose trop forte…Dit-elle en haletant.
- Désolé. Dit Byakuya en ramenant une mèche blanche derrière ses cheveux.
- N'empêche, ça a l'air de marcher, je me sens…mieux…pas toi ?
- Si…je ne m'attendais pas à ce que les effets soient si rapides…
- On va pas se plaindre. On va enfin pouvoir reprendre une relation normale !
- Oui.
- Je vais me coucher.
- Tu ne restes pas avec moi ?
- Je pense que c'est mieux qu'on fasse chambre à part, ne serait-ce que pour Rukia. Et au moins, on évitera un éventuel rejet du vaccin.
- Tu as raison. Alors à demain.
- A demain Onii-chan.
Et Joyuki retourna dans sa chambre. Elle se sentait différente. Ce baiser lui avait fait du bien. Avant, elle se sentait toujours tenté par les lèvres de son frère, maintenant que le désir avait été comblé, il ne la tourmentait plus. Elle ne se demanderait plus quel goût ont les lèvres roses, ni quelle texture, ni comment Byakuya embrasse, car elle avait les réponses. C'était vrai finalement, le meilleur moyen de résister à une tentation, c'est d'y céder, d'y céder jusqu'à en perdre conscience, car après, on ne serait plus jamais harceler par cette tentation.
Le lendemain matin, dans la salle à manger des Kuchiki :
- Ohayo Onii-chan ! Ohayo Rukia !
- Ohayo Joyuki-sama. Répondit solennellement Rukia.
- Joyuki-sama ? Ne sois pas si stricte avec moi. Appelle-moi…je sais pas, Nee-chan ou quelque chose comme ça.
- Mais…
- Quoi ?
- N…non rien…c'est juste que…j'ai eu une sœur mais je n'ai jamais put lui donner ce genre de surnom alors…vous le donnez à…à vous ça me…
- Ca va j'ai compris. Coupa Joyuki en souriant. Très bien, appelle-moi comme tu veux. Tutoies-moi au moins.
- Est-ce que…Joyuki-san…ça…ça te vas ?
- Ouais ! Très bien ! Dit Joyuki en commençant à manger.
