Chapitre 6 : Traquée.
Dix minutes ? Un quart d'heure ? Renji n'en savait rien. Combien de temps était-il resté planté là avec un grand air béat après le clin d'œil de Joyuki ? Un demi-heure peut-être ?! En tous cas, quand quelqu'un le bouscula et lui fit reprendre conscience, il ne se souvint pas immédiatement d'où il était et de ce qu'il voulait y faire. Tout ce qu'il y avait dans son esprit à ce moment, c'était le visage souriant et complice d'une petite femme aux cheveux courts et blancs.
Et au même moment, sur le chemin de retour à la demeure Kuchiki, alors que la nuit tombait :
- J'veux pas y retourner ! J'aime pas Akushitsu ! J'aime pas le vioque qui pue ! J'aime pas les blooooonds toute façon ! C'est moche les blonds ! Ouiiiin !
Joyuki secoua la tête et se fila deux baffes :
- Okay Jo. On se calme. Respiiiiiiiiire…Expiiiiiire….Bien, adopte la position du lotus bien heureux…Non mais qu'est-ce que je raconte moi ? Le monde réel me colle à la peau c'est pas vrai ! Comment ils appelaient ce truc déjà ? Yoga non ? …Je parle toute seule ! Je suis mûre pour l'asile ! Au moins ça m'évitera de devoir retourner à la maison voir le blond…
Joyuki se mit à cogiter furieusement. Après tout, elle n'avait pas que sa maison comme logement. Elle avait aussi sa chambre à la deuxième division…le problème c'était qu'elle avait une chambre…et puis c'est tout. Vu qu'elle venait d'arriver, elle n'avait pas encore pensé à acheter des meubles ou ce genre de chose, et elle se voyait mal passer la nuit sur le parquet…Une seule solution : le squattage. Squatter c'était bien beau, mais chez qui ? Elle ne connaissait personne ici ! Personne à part…Non, même pas la peine d'y penser ! D'un autre côté…elle ne réussirait pas à fermer l'œil en sachant qu'Akushitsu était dans la même maison, même si son frère gardait sa porte toute la nuit…Joyuki se stoppa :
- Bon. J'ai trouvé le programme idéal ! Je rentre, je fous des somnifères dans le verre du blond, il pionce, je peux dormir sur mes deux oreilles, si jamais il fait un rejet, il crève et je suis peinarde pour l'éternité. Si jamais il se réveille, je squatte chez Renji. C'est par-fait !
Joyuki jubila en reprenant son chemin. Elle arriva bientôt à destination :
- Oula…c'est drôlement calme…Onii-chan ?!
Aucune réponse ne lui vint.
- Ah c'est vrai il m'a dit qu'il allait à son bureau pour remettre un peu d'ordre. Bon bah…Rukia ?!
Aucune réponse.
- Euh…Le vieux ?!
Toujours rien.
- Okay ça devient flippant là…Quelqu'un ?!
Seul le néant fut sa réponse.
- Maiiiis ils m'ont tous abandonné ou quoi ?
- Pas tous, belle Joyuki.
La jeune sœur du capitaine Kuchiki eut des frissons dans le dos et sursauta en se retournant :
- Mais qu'est-ce que tu fous là toi ? Demanda-t-elle amèrement à Akushitsu.
- Et bien, je t'attendais.
- Et bien je vais foutre le camps. A plus !
- Je ne pense pas non.
- Quoi ? T'as l'intention de créer un champ de force pour m'empêcher de partir ?
- C'est une idée…Dit le noble en s'approchant.
- Pas touche ou je hurle !
- Personne ne t'entendra, ils ont tous laissé la maison pour que nous soyons seuls.
- Un des tes idées je suppose ?
- Exact.
- Et ben tu peux toujours courir, je me casse !
Joyuki le poussa et marcha d'un pas déterminé vers la sortie. Cela ne se voyait pas, mais intérieurement, elle tremblait comme une feuille.
- Okay Jo, pied droit, pied gauche, pied droit, pied gauche. C'est bien, continue à marcher, tête droite, corps droit, t'es plus qu'à deux mètres de la sortie, tiens bon ! T'es presque libre ! Pensa Joyuki.
- Bakudo numéro 1, SAI !
Joyuki se retourna à temps pour voir Akushitsu lui lancer le premier sort de paralysie. Elle ne put esquiver et tomba sur le sol, pieds et poings liés.
- Ah ! Merde ! Alors là t'es mort !
Akushitsu s'approcha lentement, la saisit par le col et approcha leur deux visages :
- Et comment tu comptes me tuer en étant paralyser ?
Joyuki lui mit un coup de boule :
- Voilà, t'as un avant-goût de ce qui t'attend comme ça.
- Espèce de…
- De ?
- Rien…que ça te plaise ou non, nous deux, nous finirons mariés.
- T'es en plein fantasme là…Et d'abord…
Joyuki ferma les yeux et quelques secondes plus tard, son reiatsu explosa. Le bakudo d'Akushitsu explosa violemment sous l'étonnante pression spirituelle.
- Im…Impossible…Souffla le noble.
Joyuki usa du shunpo et Akushitsu se retrouva bientôt au sol :
- Alors maintenant blondinet tu vas m'écouter ! Soit tu dégages de ma maison, soit tu vas finir comme ton bakudo : en mille morceaux ! Pigé ?!
Elle acheva sa phrase en donnant un furieux coup de pied dans la cage thoracique du blond.
Mais le noble Kizoku n'était pas du genre à renoncer si facilement à la fortune que représentait la jeune Joyuki. Et il y avait un détail que la belle Kuchiki avait oublié : Akushitsu savait, lui aussi, faire face à ses ennemis.
- Pourquoi tu souris ? Demanda Joyuki, méfiante.
Akushitsu ne répondit rien mais s'empara du pied de Joyuki toujours écrasé sur son torse et tira ensuite sur sa jambe. La jeune Kuchiki se retrouva à terre, Akushitsu au-dessus d'elle, souriant d'un air pas des plus rassurants.
- Espèce de…
- Chut. Coupa Akushitsu en posant un doigt blanc sur ses lèvres. Dans ma famille, les femmes n'ont pas le droit à la parole que si les maris les y autorisent.
Pour toute réponse, Joyuki mordit le doigt qui osait entraver sa parole, Akushitsu étouffa un cri :
- Et dans MA famille, les femmes ne sont pas des toutous qui obéissent à leurs maris ! Dégage de là tout de suite ou tu vas le regretter !
- Le regretter ? Il me semble pourtant avoir l'avantage…
- Uniquement parce que je me suis pas encore énervée.
- Si tu ne t'énerves pas, c'est que cette position t'ai…agréable.
Joyuki lui mit un deuxième coup de boule quand il approcha son visage :
- J'avoue, te voir pisser le sang est très agréable.
- Comment oses-tu me frapper sale traînée !
- Oho, Monsieur passe aux politesses !
- Tais-toi !
- Et toi ôte-toi de là !
- Je vais te…Se crispa Akushitsu.
- Me tuer ? Me violer ? Me foutre paix ? Cochez la bonne proposition, attention, une mauvaise réponse vous conduira à la mort. Fit Joyuki, plus ironique que jamais.
- Tu vas regretter tes paroles !
- BIIIIP. Mauvaise réponse !
Elle attribua un magnifique coup de genou à Akushitsu, ayant bien pris soin de viser les parties sensibles. Le noble se plia en deux et Joyuki fut enfin libérée de son emprise. La jeune Kuchiki se releva et s'enfuit à toute vitesse sans se retourner, c'était décidé, ce soir, elle squattait !
Joyuki courut aussi vite qu'elle put à travers le Seireitei, s'attendant presque à croiser Akushitsu à tous moments. Elle déboula dans les bureaux de la sixième division où elle resta sur le seuil :
- Onii-chan ?!
Mais le bureau était vide. Joyuki se sentait plus seule que jamais. Elle transpirait, son cœur battait la chamade. Elle avait néanmoins la satisfaction de ne pas avoir montrer sa peur à son ennemi. La jeune Kuchiki se figea : elle entendait des pas qui venaient en sa direction, elle en était sûre :
- O…Onii-chan ? Risqua-t-elle d'une toute petite voix.
- Ton frère n'est plus là, désolé. Fit une voix trop familière à la jeune Kuchiki.
Joyuki se sentit défaillir. Comment l'avait-il retrouvé ? Comment avait-il pu être aussi rapide ? C'était bien joli d'avoir fait la brave devant Akushitsu, mais là maintenant tout de suite, elle avait besoin d'aide, vite !
Sans réfléchir, Joyuki entra complètement dans le bureau, referma la porte derrière elle et bloqua la poignée avec une chaise. Elle passa ensuite par la fenêtre pour s'évader. Il faisait à présent nuit noire, et cela ne faisait qu'accentuer la panique de la jeune femme :
- C'est pas vrai…c'est un cauchemar…Murmura-t-elle en ayant presque les larmes aux yeux. S'il y a bien quelque chose que je ne supporte pas, c'est d'être traquée…Ajouta-t-elle dans un souffle.
Et alors qu'elle courrait pour échapper à son furieux prétendant, elle se heurta contre quelqu'un et tomba à la renverse. Par reflex, elle mis ses bras en croix devant elle comme si on allait la frapper :
- Akushitsu ! Laisse-moi tran…oh…Commença-t-elle à hurler.
- Joyuki ? Qu'est-ce que tu fous là en pleine nuit ? Demanda Renji en l'aidant à se relever.
- Ah…moi ? Euh…r…rien. Bafouilla-t-elle d'une voix tremblante.
- Qu'est-ce qui se passe ? T'as l'air d'être dans tous tes états…T'es sûre que ça va ?
- Ou…oui…Renifla-t-elle en essuyant des larmes naissantes.
- T'es absolument sûre que t'as pas de problèmes ? T'avais l'air paniquée quand tu m'est rentrée dedans.
- Ce…c'est rien…
- Bon, okay. A demain alors.
Le jeune Abarai commença à continuer son chemin, laissant Joyuki seule. Mais celle-ci vit une forme se découper dans le noir et le son de pas qui approchaient commença à se faire entendre :
- Euh…R…Renji ?!
- Oui ? Demanda le lieutenant en se retournant.
- Euh…Est-ce que je peux…
Elle n'eut le temps de finir sa phrase qu'un bras lui avait attrapé le bras, cherchant à l'attirer vers une forme sombre.
- Ah ! Arrête ça Akushitsu ! Lâche-moi ! Lâche-moi je te dis !
Le lieutenant Abarai resta un moment médusé devant la scène, puis, ayant repris ses esprits, il dégaina :
- Hoéro, ZABIMARU !
Le bras, sentant le danger, lâcha prise juste à temps pour ne pas être tranché. Akushitsu s'enfuit, cette petite peste de Joyuki ne méritait tout de même pas qu'il risque sa vie pour elle…
- Hé ! Reviens ici ! Hurla Renji en allant à sa poursuite.
Malheureusement pour le noble, Renji était quelqu'un de rapide, surtout quand il était particulièrement énervé comme c'était le cas en ce moment. Le noble fut mis à terre sans ménagements :
- Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu lui voulais ? Demanda Renji, coléreux.
- Ca te regarde, rat du Rukongai ? Rétorqua Akushitsu.
Renji préféra ignorer le sobriquet et continua l'interrogatoire :
- Un peu que ça me regarde ! Alors tu réponds ou il faut que je te coupe le bras pour de bon ?
- Si tu le fais, tu auras quelques ennuis…
- Et pourquoi ?
- Parce que tu auras à répondre de tes actes devant les juges de la famille Kizoku. Un des 4 familles nobles du Seireitei…
Renji écarquilla les yeux, la conversation avec Joyuki lui revenait en mémoire :
« - T'as le sens de la déduction drôlement aiguisé pour quelqu'un de bourré…et puis je suis pas là parce que j'ai encore 3 grammes dans le sang, je suis en fuite là.
- En fuite ?
- Yep. Y'a un noble chez moi.
- Euh…Kuchiki Taicho ?
- Non, c'est pas Onii-chan que je fuis, c'est un héritier d'une des 4 grandes familles nobles du Seireitei. L'ancien de mon clan veut me marier avec… »
L'homme que fuyait Joyuki, c'était donc lui…un futur mari dont la Kuchiki ne voulait pour rien au monde…Renji imagina assez aisément ce que cet homme avait du essayer d'entreprendre avec la jeune Shinigami, et cela ne lui plaisait pas…pas du tout même…
- Vu ton visage, mon nom doit te dire quelque chose. Fit Akushitsu, satisfait de l'effet de surprise.
- Je vais tuer…Dit Renji, l'air sombre.
- Plait-il ?!
- Tu as très bien entendu, JE VAIS TE TUER !
Le reiatsu du lieutenant explosa, et alors que Renji allait abattra Zabimaru sur le noble :
- NON RENJI ! ARRETE ! Hurla Joyuki en stoppant son mouvement.
- J…Joyuki…pourquoi ? Demanda Renji.
- Même mort ce type nous apportera des emmerdes. Laisse-le ou tu auras de graves ennuis…frapper un noble c'est…un délit très grave dans la Soul Society…Il a compris la leçon…Laisse-le…
Renji le regarda un moment et rangea son arme :
- Je te préviens le noble, si jamais tu lui pourris encore la vie, ennuis ou pas, je te crève !
Akushitsu ignora royalement le jeune Abarai et s'en alla élégamment.
- Ca va aller Joyu…JO !
Renji réceptionna à temps Joyuki dans ses bras.
- Ca va pas ?
- Si, si. C'est juste que toute la pression accumulée ses dernières heures vient de s'en aller alors…je craque…Murmura-t-elle sans se rendre compte qu'elle était contre le torse du Lieutenant.
- Je te ramène chez toi, Jo.
- NON ! Il n'y a personne chez moi ! Personne à part lui…C'est ce que je voulais te demander tout à l'heure, est-ce que je pourrais…squatter chez toi cette nuit ?
Renji rougit violemment :
- Euh bah c'est à dire que…
- Okay, c'est pas grave, toute façon ça se fait pas de demander à la dernière minute. S'excusa la Kuchiki en se redressant.
- Ah mais non ! Si tu veux venir y'a pas de problèmes c'est juste que c'est pas aussi…bien…que chez toi.
- Je m'en fiche de ça ! T'inquiète !
- Bon bah alors ça roule !
Renji et Joyuki rentrèrent donc dans le petit appartement du lieutenant :
- C'est petit mais c'est sympa ! Dit Joyuki en admirant le local.
- Merci. La chambre est là. Je vais me chercher un matelas pour mettre pas terre et…
- Hein ? Non pas question que je te pique ton lit ! JE prend le matelas !
- Pas question !
- Si ! Déjà que je squatte, je vais pas non plus te faire dormir par terre !
- Pas question que tu dormes par terre !
- Bon bah, une seule solution, on dort tous les deux dans le lit ou tous les deux par terre, y'auras pas de jaloux comme ça !
Renji se sentit devenir cramoisi :
- Euh…
- Quoi ? Ca te gène ?
- P…pas du tout ! Ca roule !
- Okay ! Dit-elle dans un clin d'œil.
Renji ne se souvint pas avoir autant rougi de sa vie, surtout quand il alla s'allonger à côté de la jeune Joyuki, priant pour que le capitaine Kuchiki ne soit JAMAIS au courant de ce qu'il se passe actuellement dans cette chambre. Les deux Shinigamis se souhaitèrent bonne nuit et s'installèrent sur le lit, Renji remonta la couverture sur eux. Jusque là, pas de problème. Renji essayait de se calmer en se répétant que ce n'était pas un drame d'avoir une fille qui dort à côté de soi. Ce qui devenait gênant par contre, c'était quand la belle Joyuki, endormie, se blottissait contre lui en cherchant son bras à tâtons, et que quand elle l'avait trouvé, elle le pressait contre sa taille…
