Chapitre 7 : Jo aux fourneaux.

Plus la nuit avançait, plus Renji se disait que Joyuki avait du être la jumelle d'Inoue dans une autre vie…

Au début, quand il l'avait entendu parler dans son sommeil, Renji avait eu très peur de découvrir les petits secrets de Joyuki du genre « Oh oui Matsumoto je n'aime que toi et je t'aimerai toujours, pas comme cet abruti de Renji » Mais, au grand soulagement du lieutenant, Joyuki ne racontait pas ses non-fantasmes pendant son sommeil, elle racontait simplement ses expériences culinaires, comme par exemple : « si, si, je te jure que si tu mets du miel sur des ramens avec un peu de piments cuits avec des œufs au chocolat blanc salé, les ramens ont un tout autre goût et c'est super bon ! Ou sinon tu met du lait aromatisé à la moutarde sur des sushis, c'est délicieux aussi tu sais… » Renji déglutit, espérant que, demain matin, Joyuki n'aurait la somptueuse idée de faire le petit déjeuner…sinon tant pis, ce sera régime !

Mis à part sa folle envie de raconter ses débats culinaires à Renji pendant son sommeil, Joyuki avait un autre reflex quand elle dormait, un reflex qui mettait le lieutenant vraiment mal à l'aise car il n'était pas du tout habituée à ce qu'une fille qui squatte son lit ai pour habitude de serrer contre elle tout ce qui passait à proximité de ses bras, et cette nuit, ce qui était près de ses bras, c'était Renji… Au début, le lieutenant avait trouvé ça embarrassant, et puis, il s'y était habitué, très bien habitué même…Il faut dire que c'était vraiment agréable de pouvoir caresser la joue de la jeune fille tout en la serrant contre lui…

En attendant, non loin de là, une panique folle régnait dans une grande maison. Cette maison était celle des Kuchiki…

Byakuya était rentré depuis peu, et il était en colère, très en colère même. Pire, cela se voyait. Le noble Kuchiki Byakuya, réputé pour son calme à toutes épreuves avait un vilain masque de colère collé au visage. Encore pire, il marmonnait des choses comme « c'est un homme mort ! » ou encore « je vais en faire de la charpie ». Byakuya entra furieusement dans la chambre que l'on avait assignée à Akushitsu :

- Akushitsu Kizoku ! Hurla Byakuya en faisant sursauter tous les membres du clan Kuchiki qui se pressait sur le seuil de la porte pour voir ce qui avait mis leur chef dans un été pareil. Le noble Kuchiki avança d'un pas déterminé vers l'héritier des Kizoku et l'empoigna par le col :

- Pourquoi m'avoir envoyé un faux Papillon de l'Enfer disant que je devais passer à mon bureau puis à la première division ? Pourquoi est-ce que la maison était vide quand je suis rentré ?

- Oh ça ? Dit Akushitsu comme si ce n'était qu'une formalité. Un petit champ de force les bloquant dans leur chambre et rendant leurs cris inaudibles plus un petit lavage de cerveau et le tour est joué…

- Espèce de…

- Byakuya-sama…Tenta un membre du clan. Que se passe-t-il au juste ?

- Cette ordure s'est arrangé pour se retrouver seul avec ma sœur…

- Qu'est-ce qui vous fait penser que c'est pour cela ?

- Vous me prenez pour un idiot ?

- Du tout.

- Pourquoi Jo n'est-elle pas ici alors ?

- Peut-être envie d'aller faire un tour ?

- Vous me prenez vraiment pour un idiot ! Qu'est-ce que vous lui avez fait ! Hurla Byakuya en envoyant Akushitsu plus loin sur le sol. Les membres du clan Kuchiki crièrent :

- Byakuya-sama ! Enfin, calmez-vous ! Il dit peut-être vrai !

- Si ça n'a pas de rapport avec Jo, pourquoi vous être débarrassé de tout le clan ? Demanda Byakuya en ignorant son clan.

- Bon, d'accord, ça a peut-être un petit rapport avec elle, mais je ne vois pas en quoi ça vous regarde, c'est ma future femme après tout.

- Espèce de…

- CA SUFFIT, BYAKUYA-SAMA ! AKUSHITSU-DONO !

Les deux nobles se retournèrent pour faire face au vieillard du clan Kuchiki :

- N'avez-vous pas honte de vous chamailler tel des gamins ? Byakuya-sama, allez chercher votre sœur je vous prie, elle n'est sûrement pas loin. Akushitsu-dono, je vais vous demander de rester dans votre chambre jusqu'à nouvel ordre. L'Évènement est clos. Retournez tous dormir !

Chacun s'exécuta. Byakuya commença sa fouille, en quête de sa petite sœur.

- Jo ! Appela-t-il. Joyuki !

Personne dans les rues.

- Jo ?

Personne dans son bureau.

- Joyuki ?

Personne non plus dans sa chambre à la deuxième division.

- Mais où est-ce qu'elle peut bien être aller ? Elle est nouvelle ici, elle ne peut pas déjà avoir quelqu'un pour l'héberger…

Une tâche rouge s'insinua dans l'esprit du capitaine. Tâche que fut suivit de lignes noires tatouées sur un visage hâlé…Renji…Byakuya ne put retenir un petit rire nerveux :

- Non…c'est stupide…elle n'a pas fui Akushitsu pour aller directement dans le lit de mon lieutenant…attend une minute…pourquoi dans son lit directement ? Elle est peut-être juste chez lui et ils jouent aux cartes…c'est sûrement ça…et puis Renji ne serait pas du genre à profiter de la situation…j'espère pour lui en tous cas…

Ce fut néanmoins au pas de course que Byakuya rejoint la sixième division où Renji y avait sa chambre. Il toqua à la porte du lieutenant.

Au même moment, dans la petite chambre :

- …et aussi avec des fraises au sirop et…zzz…

Renji arrêta un moment d'écouter la femme aux cheveux blancs. On avait frapper non ? On toqua encore à la porte. Le cœur de Renji se serra, il imaginait déjà son capitaine, Senbonzakura à la main, des flammes plein les yeux en train de lui demander ses dernières volontés…Le lieutenant secoua la tête :

- Je deviens parano…Murmura-t-il.

En attendant, Byakuya s'impatientait derrière la porte. Il toqua plus fort, faisant trembler la porte.

- J'arrive ! Répondit Renji.

Le lieutenant se dégagea le plus doucement possible de l'étreinte de Joyuki, qui n'avait, elle, pas du tout envie de le lâcher et plus Renji essayait de s'écarter, plus elle serrait les bras. Heureusement, le lieutenant avait plus d'un tour dans son sac. Il prit son oreiller et le cala contre la jeune fille qui abattit son étreinte foudroyante sur le coussin, rendant sa liberté à Renji. Une Joyuki qui serre un oreiller aussi blanc que ses cheveux mais qui est deux fois plus gros qu'elle était une scène qui attendrissait pas mal le lieutenant…Cependant il devait arrêter de rêvasser ou bientôt il n'allait plus avoir de porte vu comment la personne qui était derrière s'acharnait dessus :

- Voilà ! Voilà ! Dit Renji en ouvrant.

Le lieutenant fit un arrêt cardiaque :

- K-k-k-k-k-k-k-k-k-k-k-k-k-Kuchiki Taichoooooo ! Cria-t-il au désespoir.

- Et bien oui, c'est moi, mais ça ne vaut pas la peine de crier comme ça…

- Euh….Vous voulez quoi ? Dit Renji, des sueurs froides lui coulant dans le dos.

- Joyuki est-elle ici ?

- Bah…n…

- NON PAS LE BEURRE DE CACAHUETES SUR LES RAMENS ! MENFIN ! Cria une voix reconnaissable entre toutes.

Un grand silence s'installa entre les deux hommes.

- Tu allais dire, Renji, « n… »?

- N…n…nnnnnnon mais sans blague comment vous avez deviné ? Vous êtes trop fort, vraiment !

- Je vois…

Le lieutenant paniqua complètement :

- Je vous jure que j'ai rien fais ! Y'avait un type qui la poursuivait et je les ai croisé par hasard et elle était effrayée et lui il voulait pas la lâcher alors je me suis énervé, le mec il a déguerpi j'ai voulu la ramener chez vous mais elle m'a dit que y'avait personne et elle a voulu venir dormir ici, c'était pas mon idée, juré !

- Renji…respire entre deux mots…Conseilla placidement Byakuya.

Le lieutenant se mit à haleter bruyamment.

- Bien, je vais la ramener chez nous, Akushitsu ne lui causera plus d'ennuis à présent.

- Il est parti ? Loin ? Très loin ?

- L'ancien de mon clan l'a juste cloîtré dans sa chambre, mais ça devrait suffire pour le moment…

- Ah…ouais…okay…

- Joyuki n'a donc pas perdu cette habitude de parler de cuisine dans son sommeil dès qu'elle a eu une journée éprouvante ?

- Ah donc c'est pas toutes les nuits comme ça ?

- Non. Juste quand elle a subit un grand choc émotionnel. Répondit Byakuya en entrant dans la chambre et s'approchant de sa sœur endormie. Il écarta les draps et la prit doucement dans ses bras. La jeune fille se réveilla :

-…Nii-chan ? Bredouilla-t-elle.

- Oh, tu es réveillée.

- Ouais…et…

La jeune fille se souvint soudainement de où elle était :

- Euh attend faut que je t'explique un truc c'est moi qu'ai demandé à venir ici Renji y est pour rien et en plus je lui ai squatté son lit alors faut pas le…

- Je sais Jo, ne t'inquiète pas.

- Ouais okay j'arrive encore après la bataille…Grogna la jeune Kuchiki en descendant des bras de son frère.

- Bon, il est toujours à la maison le blond ?

- Cloîtré dans sa chambre, cela devrait le calmer.

- Waaaah, on a pris des mesures draconiennes dis-moi ! Sûr qu'il oserait jamais faire face à la terrible porte de la chambre et sa poignée si menaçante…non mais tu te fous de moi ?

- Non, mais cette mesure ne viens pas de moi.

- Encore heureuse. Non mais comme si lui dire « sois sage reste dans la chambre » allait l'empêcher de nuire…Si c'est comme ça, je reste ici moi !

- Jo…

- Hn ?

- Il faut rentrer, tu ne peux pas rester indéfiniment ici.

- Pourquoi pas ? L'est confortable le matelas !

- Jo…

- Ouais bon okay, j'arrive.

Byakuya passa devant et sortit donc le premier de la chambre :

- Bon bah Renji, dit Jo en s'approchant assez près du lieutenant, merci pour l'hébergement, c'était sympa !

Et elle l'embrassa sur la joue avant de sortir sur un « à demain ! » joyeux.

Renji resta planté au milieu de sa chambre une bonne dizaine de minutes avant de complètement assimilé ce qui venait de se passer :

- Euh…ouais ! A demain ! Cria-t-il joyeusement alors qu'il n'y avait plus personne.

Le lieutenant, grand sourire, se laissa tomber sur son lit avant de replonger dans le sommeil.

En attendant, Byakuya et Joyuki étaient arrivés chez eux :

- Joyuki, arrête de faire le pitre…allez viens te coucher.

Que nenni, Joyuki s'obstinait à surveiller les alentours depuis le pas de la porte :

- T'es sûr qu'il dort ?

- Sûr et certain.

- Je suis pas convaincue, passe-moi le cyanure !

- Jo…

- Ouais bon d'accord j'arrête.

- Tu viens te coucher maintenant ?

- Mais et si jamais il dort pas et qu'il vient ?

- Jo, je dors juste à côté…

- Mais même !

- Bon, à trois je ferme la porte et tu dors dans le jardin…

- Je peux pas retourner chez Renji ?

- Un…

- C'est quoi ce vieux compte à rebours !?

- Deux…

- T'oserais pas m'enfermer dehors quand même…

- Deux et demi…T…

- Okay c'est bon je viens ! Capitula Joyuki en sautant dans le lit fraternel.

- Bonne nuit. Lui dit Byakuya en ramenant la couverture.

- Toi aussi. Répondit sa sœur en s'étirant et en plongeant illico dans le sommeil.

Un silence, puis :

- Non non, le poisson on le fait cuir avec du jus de carotte et…

Le noble Kuchiki soupira en souriant à demi.

Le lendemain matin, Byakuya se réveilla un peu tard, et à son grand étonnement, sa sœur était déjà levée. Le noble Kuchiki se leva donc à son tour et se dirigea vers les cuisines :

- Jo…me dis pas que…

- Et si ! Je cuisine le petit dej' !

-…

- Pourquoi tu fais cette tête ?

- Parce que tu cuisines…

- Hé ! Mes plats sont très bons !

- Hum…

- Quoi ? Regarde-moi quand je te parle ! Qu'est-ce que tu reproches à mes plats ?

- Ils sont un peu spéciaux, tu ne crois pas ?

- Ben…non…Puis arrête de m'embêter d'abord !

- Très bien, je pars, je vais chercher quelque chose.

- Quoi donc ?

- Un petit déjeuner normal.

-…Byakuya ?

- Oui ? Demanda le noble Kuchiki en se retournant alors qu'il s'apprêtait à quitter la pièce.

Il n'eut pour réponse qu'une énorme boule de pâte en pleine figure :

- C'est bon pour la peau ! Rigola Joyuki alors que la pâte tombait lamentablement du visage de Byakuya. Au grand étonnement de sa sœur, celui-ci se prêta au jeu et riposta avec une motte du beurre qui atterrit directement sur la chevelure blanche. Joyuki était maintenant blonde platine…

La bataille fut stoppée par une Rukia ahurie qui entrait à cet instant :

- Nii-sama ! Pourquoi vous…vous…vous avez de la pâte dans les cheveux ?

- Ca va bien avec son teint hein ? Dit Joyuki.

- Euh…

Rukia ne sut pas vraiment comment réagir et elle s'éclipsa pendant que Byakuya se saisissait dangereusement d'un rouleau à pâtisserie :

- Héhé…Sois gentil Byabya, repose ce rouleau à pâtisserie tout de suite !

Et après un petit déjeuner mouvementé, il était temps d'aller travailler :

- T'abuses Bya ! J'ai les cheveux qui puent le beurre à cause de toi ! En plus ils sont gras et je suis blonde ! Et si jamais tu fais une blague sur les blondes, je te trucide !

- Je te signale que c'est toi qui a commencé.

- C'était pas une raison pour continuer ! C'est mon rôle de foutre la merde d'abord !

- J'avais remarqué…

- Enfin bon, toi t'as encore dans la pâte dans les cheveux alors on est quitte…MAIS TOI T'AS REUSSI A TOUT CACHER AVEC TON KENSEIKAN DONC NON ON EST PAS QUITTE !

- Aurais-tu l'amabilité de te taire un peu ? Je te signale qu'on est au beau milieu de la rue…

- AH MON DIEEEEEU ! Hurla une voix.

Joyuki sursauta et se retourna :

- Qu'est-ce que t'as foutu à tes cheveux ? Demanda Renji, éberlué.

- J'en avais marre d'avoir les cheveux blancs alors j'ai mis du beurre dessus pour les teindre.

- S…Sans blague ?

- Mais non idiot, accident de cuisine.

- Mais comment t'as fais pour te retrouver avec du beurre sur la tête.

- C'est une looooongue histoire, enfin non elle est pas longue, mais j'ai trop honte en fait…

Au même moment, l'alarme du Seireitei retentit…