Chapitre 10 : What did you say ? (qu'est-ce que tu dis ?)

Hello chers lecteurs ! Ca fait un bail, hein ? Ahlala, je suis contente de vous revoir. Tout d'abord, sachez juste que, pour me faire pardonner de ma longue absence, ce chapitre fait l'équivalent de deux pour ce qui est de la longueur. Et juste un truc : dans ce chapitre, certaines répliques seront en anglais, mais pas de panique, la traduction est juste à côté, bonne lecture !

Joyuki et Renji restèrent environ 4 jours à l'hôpital, le temps de se remettre. Ensuite, Unohana laissa sortir nos deux tourtereaux qui joignirent chacun leur demeure respective.

En attendant, au manoir Kuchiki, Akushitsu devait se faire aimer de Joyuki, et Akushitsu mettait toute son énergie à l'ouvrage. Il avait essayé la force l'autre jour, ça n'avait pas marché, alors il était passé au plan B : la patience et le romantisme. Il lui avait fait le coup classique du bouquet de fleurs déposé sur le seuil de sa porte au petit matin, le tout accompagné d'un petit mot doux. Manque de chance, Joyuki était si longue à émerger le matin que, quand elle sortit de sa chambre, elle marcha en plein sur le bouquet de fleurs, s'enfonçant 4 épines de roses dans la plante du pied au passage. On du faire venir Unohana pour qu'elle retire les épines et aussi qu'elle aspire le poison qui s'échappait des roses. Joyuki était maintenant en béquilles le temps que son pied guérisse et ne voulait plus voir Akushitsu de sa vie.

- Putain je vais me le faire ce mec ! Je vais me le faire ! Tonna Joyuki qui avançait en béquilles dans le Seireitei aux côtés de son frère.

- Ne t'énerve pas, tu vas encore…

Et avant que Byakuya ai pu finir sa phrase, Joyuki abattis furieusement sa béquille sur le sol, béquille qui dérapa et qui envoya la Kuchiki face contre terre.

-…tomber. Acheva mollement Byakuya en étouffant un soupir. Rien de cassé ?

- A part mon honneur et quatre phalanges, je crois que non.

- Bien, fais attention dans les rues, les gens sont parfois pressés et ne font pas attention.

Comme pour confirmer les dires du noble, une tornade rouge déboula devant les Kuchiki, envoyant valser Joyuki au passage :

- Putain y'en a marre ! C'est une conspiration ou quoi ?! S'énerva la jeune Kuchiki en essayant de se relever.

- Renji, aurais-tu l'amabilité de regarder où tu mets les pieds ? Demanda paisiblement Byakuya.

- Bah pardon Taicho mais j'avais peur d'être en retard et…

Le rouquin fut interrompu par une béquille qui passa en volant à deux centimètres de sa tête tatouée.

- Nan mais j'hallucine ! C'est moi qu'il envoie bouler mais c'est à mon frère qu'il fait des excuses ! Y'a vraiment de l'abus là ! Gronda la Kuchiki.

- Pardon, pardon…Lâcha Renji d'un air lassé en aidant la jeune femme à se relever. Rien de cassé ?

- Nan. Répondit Joyuki d'un ton agressif.

- Et bé, t'es de mauvaise humeur aujourd'hui dis donc…Constata le lieutenant.

- Et je manque pas de raisons pour l'être ! Un abruti a mis des fleurs devant ma porte, résultat : quatre épines dans le pied, deux béquilles et cinq jours de repos forcés. En plus il a plu, donc le sol glisse, donc je me rétame la gueule tous les deux mètres et pour finir, tu m'envoi valser comme un sauvage et c'est à ton capitaine que tu fais des excuses !

Renji sourit devant la tirade de la jeune femme, elle était marrante quand elle s'énervait…

- Allez, fais pas la gueule, t'es en vacances pour cinq jours, si je pouvais avoir la même chose…Soupira le lieutenant.

Byakuya roula discrètement des yeux en pensant quelque chose comme « il dort toute la journée au bureau et il veut encore des vacances en prime… je nage en plein rêve »

- Vacances…tu parles. Je vais passer 5 jours chez moi avec un pied dans le plâtre et un abruti qui va pas me lâcher d'une semelle…

Renji la regarda d'un air interrogateur.

- Bah oui, Akushitsu est toujours là…

Il y eu un gros soupir collectif.

- Ah au fait, y'a un grand dîner chez moi ce soir, ça te dirait de venir ?

Byakuya se retourna vivement en fixant sa sœur d'un œil noir.

- Euh…Bredouilla Renji.

- Ma famille a dit « tu peux inviter quelques amis si tu veux » alors j'invite…

- Joyuki, par « amis » ils sous-entendaient…Commença Byakuya.

- Oui je sais ce qu'ils sous-entendaient ! Ils sous-entendaient « tu peux inviter des amis à condition qu'ils soient 100 noble, bien élevés, haut gradés et avec une bonne réputation » Coupa Joyuki. Mais bon, ils avaient qu'à le dire clairement, tant pis pour eux.

Byakuya foudroya sa sœur du regard. Les relations entre Renji et lui ont toujours été très tendues. Après tout, ils s'étaient déjà affrontés sérieusement, chacun allant même jusqu'à se servir de son Bankai. Pourtant, malgré ce que l'on pourrait croire, Byakuya ne déteste pas Renji. D'ailleurs, le capitaine n'a pas toujours compris pourquoi son lieutenant le déteste tant. La haine de Renji dépasse celle des autres gens qui trouvent Byakuya hautain et méprisant. Renji le hait, Renji veut le tuer, le surpasser, et le capitaine a mis du temps à comprendre l'objet de cette motivation : Rukia.

Byakuya est conscient qu'il lui a volé sa seule amie, sa seule famille, qu'il a enfermé sa petite protégée dans une cage dorée hors de son atteinte. Mais il ne le voulait pas, il voulait juste tenir sa promesse faite à sa défunte femme, il voulait juste lui faire un dernier cadeau…

Et aujourd'hui, les rôles s'inversaient : c'était Renji qui volait à Byakuya sa seule famille, sa seule confidente : Joyuki. Quelle ironie pour des célibataires de se haïr à cause de deux femmes…

- Youhou, Renji ! Tu veux venir ou pas ? Dit Joyuki qui voyait que le lieutenant ne répondait pas.

- Bah…--Renji se retourna vers son capitaine-- Ca ne vous dérange pas, Taicho ?

Byakuya garda un moment le silence et finit par dire :

- Tu es libre de faire ce que tu veux de ton temps hors du travail.

Renji écarquilla les yeux, il s'attendait plus à une réponse du genre « tu n'as pas des dossiers en retard à finir plutôt que de festoyer ? »

- Bon bah alors c'est okay ! Viens à 20h00 ! Et fringué classe, hein ! Lança Joyuki, toute joyeuse.

- Euh…ouais…

- Okay ! Alors à ce soir tous les deux !

Joyuki s'éloigna en boitant et sifflotant.

Notre jeune Kuchiki, après s'être ramassé une bonne demi-dizaine de fois sur le chemin du retour, finit par arriver à sa demeure, toujours guillerette :

- Joyuki-sama ! Appela une servante.

La sus-nommée se retourna :

- Yep ?

- Euh…S…sur ordre de Kyuuhei-sama (le vieillard du clan Kuchiki), nous devons vous habiller pour ce soir moi et les autres servantes…

- Hein ? Déjà ? Mais on a le temps il est à peine 09h00...

- C'est Kyuuhei-sama qui le veut, Joyuki-sama.

Gros soupir de la Kuchiki :

- Je suppose que j'ai pas le choix, ah et puis, laisse tomber les « Joyuki-sama », Joyuki ou Jo suffira.

- M…Mais…

- Tutut, pas de « oh non Joyuki-sama je n'oserai jamais faire preuve d'un tel manque de respect envers vouuuus », c'est un ordre !

La servante la regarda, interloquée, et s'inclina :

- Bien Joyuki-sam…euh…puis-je vous appeler Joyuki-san ?

- Ca roule !

Joyuki fut menée dans une grande salle pas très loin de sa chambre ou une autre servante s'y trouvait déjà :

- Joyuki-sama, Kyuuhei-sama nous a ordonné de choisir vos plus belles tenues pour ce soir. Alors voilà…Dit la servante déjà présente en désignant quelques tenues parfaitement alignées sur le lit de la jeune femme.

- Mais pourquoi il s'acharne le vieux ?! C'est juste un dîner !

Les servantes échangèrent des regards étonnés en entendant comment Joyuki désignait Kyuuhei-sama. Elles étaient toutes les deux entrer en même temps au service des Kuchiki il y a deux ans et ne connaissaient donc absolument pas Joyuki et son franc-parler à toutes épreuves.

- Bon. Commença Joyuki. Personnellement, j'ai horreur des robes et des trucs bien raffinés et tout, je porterai mon yukata blanc et voilà.

Les servantes échangèrent un regard gêné, puis, l'une d'elle parla :

- Nous sommes désolés, Joyuki-sama, mais Kyuuhei-sama nous a dit de consignés toutes vos tenues habituelles dans un coffre et c'est lui qui en a la clé.

- QUOI ?! Hurla Joyuki.

- Je suis désolée ! Dit précipitamment la servante qui avait parlé en entendant sa maîtresse crier.

- T'as pas à être désolée, c'est la faute du vieux…Putain ! Je le hais !

Joyuki se planta devant son lit et dévisagea les robes affreusement riches :

- Bon, les filles, montrez-moi votre robe préférez ! Lança Joyuki.

- V…vous voulez qu'on décide pour vous ?

- Ouais, on peut dire ça.

- M…mais…

- Allez, relax ! Ah au fait, m'appelez pas Joyuki-sama, Joyuki-san, Joyuki ou même Jo, ça ira très bien ! Et puis laissez tomber le Kyuuhei-sama, dites seulement « le vioque » ou « le galeux » ou « le papy » ou « le prochain a entrer dans le cimetière s'il continu ses coups foireux », enfin quelque chose de purement affectif quoi…

Les servantes se regardèrent, interloquées. Joyuki les dévisagea :

- Vous êtes sœurs non ?

L'aînée lui répondit :

- Oui, comment le savez-vous ?

- J'sais pas…y'a un air de famille…c'est quoi vos prénoms ?

- Je suis Yowai et Kamoku est ma sœur cadette.

- Yowai et Kamoku ? C'est mimi comme prénoms !

- M…merci Joyuki-sama.

- Pas Joyuki-sama, Joyuki-san maximum. Reprit Joyuki. Et puis on dirait que vous avez peur de parler, je vais pas vous bouffer vous savez.

- Mais…c'est juste que…

- Que je suis un peu différente du reste de ma famille ?

- Ou…oui un peu, sans vouloir vous offenser…

- Carrément pas, me dire que je leur ressemble pas, c'est un compliment ! Rit la Kuchiki. Bon, c'est lesquelles vos robes préférées ?

Yowai et Kamoku s'avancèrent timidement et pointèrent deux robes différentes d'un doigt mal assuré en louchant littéralement sur les robes désignées. Joyuki remarqua bien évidemment à quel point les jeunes servantes lorgnaient les robes soyeuses.

- Bon, fit Joyuki, bah prenez-les.

Les servantes la regardèrent sans comprendre :

- Prenez les robes. Expliqua Joyuki. Et pas de « mais voyons Joyuki-sama, et blablablabla », vous les aimez, moi pas, autant que ça serve plutôt que ça prenne la poussière dans mon placard, alors prenez les robes un point c'est tout. Je vous demande juste de les porter en dehors de la demeure, si ma famille s'aperçoit de ce que j'ai fais, je vais encore me faire engueuler.

Yowai et Kamoku ne bougèrent pas d'un poil :

- Vous attendez que je vous supplie ou quoi ?

- Mais on ne peut pas ! Ces robes ont coûtés très cher et…

- Mais je m'en fous ! Je leur ai jamais demandé de m'en acheter des robes moi ! J'aime pas ça les robes ! Alors prenez-les !

Les servantes s'exécutèrent :

- Comment vous remercier ?

- Bah mettez-les et ça ira. Bon…am stram gram piké piké collégram, am stram GRAM ! La rouge, je vais mettre la rouge. Déclara Joyuki qui avait laissé le hasard décidé pour elle. Bon bah voilà, y'a plus qu'à attendre le soir, sauf si le vieux vous as ordonné autre chose ?

- Et bien…il veut que vous preniez un bain…

- Quoi ?! Mais j'en ai pas pris depuis 6 mois ! J'allais battre mon record.

Les servantes écarquillèrent les yeux :

- Je déconne…Précisa Joyuki. Bon bah un bain avec les béquilles, ça va pas être simple mais bon…

- L'eau est déjà prête. Dit Kamoku.

- Okay, merci. Bon je vous laisse, vous avez qu'à prendre votre journée en attendant.

Joyuki se rendit donc dans la salle de bain, faisant des pieds et des mains pour se déshabiller sans tomber, elle avait à peine réussi à faire glisser son kimono de Shinigami sur une épaule qu'une âme charitable et désintéressée (ou presque) fit irruption :

- Un coup de main ?

Joyuki grinça des dents :

- Putain Akushitsu, ce serait possible que tu me lâches les sandales au moins le temps que je me détende dans un bon bain ? Déjà que je vais devoir te supporter toute la soirée sans aucune occasion de te claquer le beignet…

- Quel rustre langage pour une si jolie bouche.

- Et tu veux tester le « quel violent coup de poing dans la face pour une si petite femme ? »

Akushitsu sourit :

- Très bien, je vous laisse.

- C'est ça casse toi. Lâcha la Kuchiki.

L'après-midi défila pour faire place à une douce soirée. Byakuya avait donné congé à Renji dès le milieu d'après-midi pour que le jeune Abarai puisse se préparer, tout comme lui. Le capitaine avait, pour l'occasion, un kenseikan de couleur blanche ainsi qu'une tenue richement brodée et un long manteau de couleur blanche et or immaculé. Renji arriva à l'heure, au grand étonnement de son supérieur, vêtu de son simple et éternel yukata blanc à motif. Il en était désolé, mais il n'avait rien de mieux, et comme il le redoutait, il faisait tâche au milieu de tous ces nobles, surtout qu'il n'était pas vraiment la bienvenue. A l'étonnement du lieutenant, ce fut son capitaine qui lui vint en aide et qui l'aborda, le sortant un peu de son malaise :

- Bonsoir, Abarai Fukutaicho.

- Euh…b'soir Taicho…belle soirée hein ?

Byakuya regarda au dehors où la nuit tombait :

- Oui, magnifique. Joyuki ne devrait pas tar…

- ANIKIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !! Hurla alors Joyuki en sautant sur son frère, ne faisant pas une entrée discrète…Pourquoi qu'ils sont tous sur leur 31 hein pourquoi ? Ca sent le coup fourrééééééééééééé !

- Joyuki, veux-tu bien te calmer ?

- Maiiiis. Oh, salut Renji !

- 'lu.

- Ca va pas ?

- Bah…je…j'ai pas l'habitude de ce genre de milieu en fait…Avoua le lieutenant.

- Ah je vois. Bah t'inquiète pas, je suis là, et puis Rukia va arriver aussi !

Comme pour confirmer, Rukia fit son entrée et se dirigea de suite vers son ami d'enfance. Les deux compagnons se mirent à discuter joyeusement jusqu'au moment de passer à table. Joyuki fit bien attention de se placer loin, très loin d'Akushitsu et se plaça entre Byakuya et Renji, face à Rukia. Manque de chance, Akushitsu prit place juste à côté de Rukia et se mit à parler à Joyuki au milieu du dîner :

- Chère Joyuki, je vous trouve tout à fait ravissante dans cette tenue.

- Et moi je te trouve tout à fait con avec ton p'tit sourire en coin. Pensa la jeune femme.

- Le rouge va à merveille avec votre teint, en tous cas, selon moi. Poursuivit Akushitsu.

- But fuck ! Fuck you ! I don't care of your opinion ! Fuck ! Fuck ! FUCK ! Lâcha la jeune Kuchiki, n'y tenant plus. ( Mais ta gueule ! Ta gueule ! Je m'en fous de ton avis ! Ta gueule ! Ta gueule ! TA GUEULE ! )

Akushitsu et les autres la regardèrent d'un air effaré :

- Quel est ce langage ? Demanda le blond qui n'avait rien pigé.

Joyuki cacha un grand sourire sadique qui naissait sur ses lèvres et prit un air sérieux :

- C'est de l'anglais, j'ai appris cette langue sur Terre, elle y est très répandue.

- Vraiment ? C'est fascinant !

- Je sais, je sais…Crâna faussement Joyuki.

- Et que venez-vous de me dire ?

- Euh… « arrêtez de me complimenter ou je vais rougir et ça me gène affreusement »

- Je vois. Sourit Akushitsu, croyant avoir enfin une touche avec la belle Kuchiki.

- Oh you're idiot, oh yeah you're idiot. You're ugly, bloody stupid and you're stinking. I hate you, fucking nobleman. Dit Joyuki en regardant Akushitsu droit dans les yeux, un sourire en coin sur les lèvres. (Oh t'es con, oh oui t'es con. T'es moche, t'es con et tu pues. Je te hais, putain de noble )

- Et là, qu'avez-vous dis ? Demanda Akushitsu, admiratif.

- Je vous ai dis de vite manger votre soupe sinon elle allait refroidir.

- Tant de mots pour si peu de choses à dire…Constata Akushitsu.

- C'est une langue très riche. Avoua faussement Joyuki.

Renji regarda en coin la noble, qu'est-ce qu'il lui prenait d'être si aimable avec ce…ce…ce blondinet qui se la pétait comme pas possible en face de lui là !

En effet, en voyant Joyuki lui sourire (ou presque), Akushitsu avait adopté une attitude victorieuse et dardait Renji d'un air triomphant, comme un gamin qui en narguait un autre parce que sa maman lui avait acheté le jouet le plus beau du magasin sur lequel tous les gosses flashaient.

Joyuki, sentant sur elle le regard interrogateur de Renji, s'arrangea pour lui faire un discret clin d'œil. Le lieutenant comprit alors que les traductions que donnaient la Kuchiki de ses phrases en anglais ne devaient pas être fidèle aux paroles d'origine, pas du tout même.

- Joyuki, vous me permettez de vous tutoyer ? Demanda poliment Akushitsu.

- No, burn in hell. (Non, crame en enfer)

- Qu'avez-vous dis ?

- « Oui, si ça vous chante. » Sourit la Kuchiki.

Akushitsu sourit, tout content, et replongea dans sa soupe. La soupe justement…Comme ce grand repas avait été décidé à la dernière minute, les nobles Kuchiki s'étaient retrouvés pris de court…et aussi à cours de pâtes que l'on met traditionnellement dans la soupe, ils avaient donc du se rabattre sur des pâtes que Rukia avait ramenés de la Terre : des pâtes en forme de petites lettres que l'ont fait normalement manger aux enfants en bas-âge. Joyuki remarqua ce détail et donna un discret coup de genou à Renji sous la table. Celui-ci la regarda d'un air interrogateur et la jeune Kuchiki se mit à écrire sur le bord de son assiette avec les lettres de la soupe. Voilà ce qu'elle marqua sur la porcelaine : « ça fait un quart d'heure que je lui dis d'aller ce faire foutre et lui il est tout content, j'adore ! »

Renji lui répondit par un sourire et regarda Akushitsu avec pitié, détail que le noble nota et qui le fit tiquer.

Finalement, Kyuuhei cogna le bord de son verre en cristal de son couteau et se leva, verre à la main, pour faire le silence dans la pièce. Silence rompu par un « mais qu'est-ce qu'il nous veut encore, le vioque ? » par très discret et facilement identifiable. Kyuuhei fusilla Joyuki du regard, la jeune Kuchiki se cacha pas très intelligemment derrière sa serviette pour faire mine « c'est pas moi, j'ai rien vu, j'ai rien fais, j'étais pas née ».

- Comme vous le savez, commença Kyuuhei, nous hébergeons actuellement Akushitsu Kizoku-dono, un hôte de très grande qualité et…

- Grande qualité pour ce qui est de la connerie oui ! Lâcha Joyuki, excédée.

Byakuya tira sur la manche de la robe de sa sœur pour qu'elle se rasseye :

- Pas de scandale, s'il te plait. Lui chuchota-t-il.

- Gnagnagna. Bouda Joyuki.

- Hum, et comme je le disais avant d'être interrompus, nous hébergeons ce cher Akushitsu --(à ce moment, Byakuya fourra sa serviette dans la bouche de Joyuki pour qu'elle se taise, en voyant ça, Renji commença à entrer dans un de ces fous-rires particulièrement forts et incontrôlables)-- et, comme vous le savez, il nous fait l'immense honneur d'être épris de Joyuki.

La sus-nommées cracha la serviette fraternelle pour hurler :

- J'appelle pas ça un honneur de se faire à moitié violer par un enfoiré comme lui !

Akushitsu se décontenançait à vue d'œil. Qu'est-ce qui lui prenait tout d'un coup à sa belle ? Elle avait pourtant l'air de l'apprécier depuis le début du repas, non ? Avait-il donc raté quelque chose ?

- Allons Joyuki ! S'énerva Kyuuhei alors que les membres du clan Kuchiki tournait en même temps la tête vers lui tel des chats qui suivent une balle de tennis des yeux pendant un match acharné. Tu devrais être plus que flattée d'être convoitée par un homme tel que Akushitsu-dono ! Tu devrais lui être reconnaissante et faire un geste pour lui !

- Vous voulez que je fasse un geste ?! (les membres du clan se retournèrent vers elle comme un seul homme) Hein ?! Vous voulez que je fasse un geste pour lui ?

- Et comment ! Confirma Kyuuhei.

- Bah je vais en faire un, de geste pour lui !

Joyuki fit alors un monstrueux bras d'honneur sous les exclamations choquées des nobles. Renji se mit à hurler de rire alors que Byakuya secouait tristement la tête en signe de désapprobation. Joyuki se leva en renversant sa chaise et s'apprêtait à partir, furieuse, quand Kyuuhei la retint fermement par le bras.

- Il a de la force, pour un vieillot…Constata Joyuki assez douloureusement en sentant que le sang n'affluait plus dans son bras droit.

- Je n'ai pas fini, Kuchiki Joyuki ! Siffla-t-il entre ses dents en poussant violemment la jeune femme en arrière. Si j'ai demandé le silence et que j'ai fait ce dîner, c'est parce que j'ai une grande nouvelle, et elle te concerne directement, petite insolente !

- Mais retourne à l'hospice papy et nous fais plus chier ! Explosa Joyuki.

Renji cessa de rire quand il vit que sa devenait vraiment sérieux.

- Akushitsu-dono et Joyuki vont se marier le 5 du mois prochain. Lâcha alors Kyuuhei.

Un silence abasourdi tomba sur la famille Kuchiki et sur Renji. Le lieutenant regarda furtivement Akushitsu. Le noble semblait tout aussi surpris par la nouvelle que lui.

- J'ai du mal entendre là ! S'exclama Joyuki.

- Tu as très bien entendu. Dit tranquillement Kyuuhei.

- C'était pour ça alors, ce grand dîner de « famille ». Réfléchit Byakuya.

- C'était pour ça alors ce putain de dîner avec tous les pètes-culs de toute la Soul Society ! Cogita Joyuki à voix haute.

- Tiens, à quelques grossièretés, elle a eu le même raisonnement que moi. Pensa le Kuchiki.

- Tu fais bien de parler de « toute la Soul Society », Joyuki, car justement, toute la Soul Society sera invitée à ton mariage. Déclara Kyuuhei sous les applaudissements des convives, mis à part Byakuya, Rukia, Renji et Rukia qui restaient les bras ballants, statufiés par la tournure des évènements.

- Il vont pas être déçus, je vais me faire un plaisir de tout foutre en l'air ! Pensa la jeune femme, loin de se laisser impressionner.

- Chers Kuchiki, vous êtes donc invités à revenir ici le 5 du mois prochain pour le mariage de Joyuki et Akushitsu-dono. Sourit Kyuuhei.

- Et en bonus, après la cérémonie, vous aurez droit d'assister à l'enterrement du jeune marié ! Lança Joyuki en fixant Akushitsu d'un regard qui voulait dire « toi, t'emballes pas, tu vas peut-êtrem'épouser, mais tu en profiteras pas longtemps, crois-moi ! »

- Joyuki, et si tu allais te calmer dans ta chambre ? Suggéra Kyuuhei.

- Avec plaisir tiens ! Rétorqua la petite femme avant de partir en fracassant à moitié la porte.

Joyuki partit dans sa chambre, furieuse :

- Alors là, c'est la cerise sur le ramen ! Fulmina-t-elle en boxant son oreiller. Ils me le paieront ce coup là, le vieux l'emportera pas au paradis ! Et le blond non plus ! Je vais les butter !

La jeune fille explosa le coussin qu'elle avait entre les mains et tapa du pied.

En attendant, dans le salon Kuchiki, l'humeur était au beau fixe et l'on se pressait pour féliciter le futur marié…et futur cadavre si l'on en croit les dires de Joyuki. Seul Byakuya manquait à l'appel, ce qui n'échappa pas à Renji qui commença à penser quelque chose du genre : « bah voilà, il est parti voir Joyuki et il va passer le reste de la soirée avec elle, putain, pourquoi il est si proche d'elle merde ? C'est QUE son frère quand même ! Il a pas à être collé à elle 24H/24 ! Putain ! Vais aller me calmer dans le jardin tiens ! »

Le lieutenant sortit donc dans l'herbe fraîche du soir, et ô surprise, son capitaine était là aussi, adossé contre un arbre, lui tournant le dos.

Renji observa longuement le visage de son capitaine, que seule la lumière de la lune éclairait. Il semblait si…humain en cet instant, sans personne pour le déranger, sans personne pour lui rappeler son rang et son statut social qui font peser sur lui un tel poids de responsabilité qui le fait parfois vaciller sans que quiconque le remarque…Pour la première fois, Renji ne voit plus son capitaine comme un bloc de glace, Byakuya a même l'air…triste…abattu…Intrigué de voir une telle émotion sur le visage d'un homme qu'il croyait sans cœur, Renji s'approche, doucement, de peur de chasser cette once d'humanité du visage noble de Byakuya. Mais le Kuchiki n'est ni sourd ni dupe, il sent bien que quelqu'un approche :

- Que veux-tu, Renji ? Demanda le noble avant que le lieutenant ne soit à sa hauteur.

- Je vous dérange, Taicho ?

Byakuya tourna son regard vers lui, puis le reporta sur l'horizon avant de répondre :

- Non. Je réitère : que me veux-tu ?

- Oh bah…rien en particulier…c'est juste que de loin, vous n'aviez pas l'air dans votre assiette.

Byakuya hausse les sourcils d'étonnement. Il ne pensait pas que Renji était capable de voir ses émotions, c'est qu'il s'améliorait, le lieutenant.

- A quoi as-tu vu ça ?

- Bah…je sais pas trop en fait, une impression comme ça…vous allez bien ?

Byakuya ne répondit que quelques secondes après :

- Je pense. Répondit-il.

Le lieutenant était un peu perdu par la réponse :

- Vous savez pas si vous allez bien ou non ?!

Byakuya se contenta de fermer les yeux :

- A vrai dire…est-ce que cela t'importe vraiment ? Nous ne sommes pas en service, Renji, tu n'es pas obligé de t'inquiéter de moi.

Le lieutenant était de plus en plus troublé :

- Mais c'est pas ça ! Enfin…je sais pas mais ça commence à faire un moment que je suis votre lieutenant, alors si je m'inquiète un peu quand ça va mal, sans aller jusqu'à dire que nous sommes amis, c'est parce qu'on a quand même…enfin…une sorte de lien…non ? .

Byakuya le regarda d'un air vide :

- Tu me hais, Renji. Lui rappela-t-il.

Le lieutenant hoqueta de surprise devant la spontanéité du capitaine, il en était à présent certain, Byakuya n'était pas dans son état normal.

- Mais enfin pas du tout, capitaine ! Dit Renji sans réfléchir.

Byakuya le regarda d'un air de dire « tu es sûr de ce que tu dis ? » et Renji reprit :

- Enfin…euh…et puis d'abord vous aussi vous me détestez !

Le noble se tût quelques instants avant de parler :

- Ai-je montrer un quelconque signe envers toi qui prouve que je te haïssait ? Je ne pense pas. Et si je l'ai fais, je n'en étais pas conscient.

Sur ce, il se leva et en passant près de son lieutenant, il ajouta :

- Je ne te hais pas, Renji.

Renji écarquilla les yeux alors que Byakuya s'en allait. Comment ça « je ne te hais pas, Renji » ! Qui c'est qui l'avait attaqué quand il voulait sauver Rukia ? Hein ?! Et qui c'est qui se montrait plus froid qu'un frigo au pôle nord ?! Bon d'accord, il n'a qu'une envie, c'est de surpasser son capitaine, mais quand même ! Renji sent la colère monter en lui, il est gonflé, son capitaine !

- Attendez une minute ! Cria Renji à l'intention de Byakuya. C'est vous qui êtes froid et hautain avec tout le monde ! C'est vous qui avez essayé de me tuer quand Rukia allait être exécuté !

Byakuya se retourna :

- Froid et hautain…Répéta-t-il. Cela doit être les deux mots par lesquels je suis désigné dans toute la Soul Society…J'admet que cela correspond assez à mon caractère…mais pour ce qui est de la tentative de te tuer, je le nie, je voulais te stopper, et même si j'ai dégainé en premier, mon seul but était de te détourner de ta route sans avoir à te combattre. Ne t'ai-je pas plusieurs fois demandé de ranger ton sabre et de partir ? Ne m'as-tu pas ignoré et attaqué avec ton Bankai en répétant « je vais vous surpasser, et si je dois vous passer sur le corps pour sauver Rukia, je le ferais » ?

Renji bouillonnait :

- Mais…mais…Vous m'avez quand même laisser pour mort.

- Je n'ai pas eu le choix. Tu m'attaquais.

Renji du reconnaître que son capitaine avait raison sur toute la ligne, mais quand même…c'était lui qui avait commencé en lui volant sa meilleure amie !

- Je ne t'en veux pas, Renji. Dit simplement Byakuya. Je sais pourquoi tu fais tous ces efforts pour me surpasser, c'est un noble but, et je le respecte.

Renji sentit son cœur s'emballer. Ce crétin sans émotions ne pouvait pas avoir compris sa motivation ! C'était tout simplement impossible !

- Je sais que tu as la sensation que je t'ai volé Rukia, je n'ai pas eu le choix, et je peux comprendre ce que tu ressens.

- Non…non vous pouvez pas comprendre ! On vous as jamais volé votre meilleure amie !

- Tu as raison. Admit le capitaine en partant. On ne m'a jamais volé ma meilleure amie…mais on m'a enlevé ma femme…

Renji écarquilla les yeux une énième fois. Kuchiki Taicho avait été…marié ? Lui ? Il était donc veuf…C'était peut-être ça alors, l'absence d'émotion chez son capitaine, son cœur était partit en même temps que sa femme…surtout après avoir perdu sa petite sœur pendant 25 ans…

Byakuya se réfugia dans la chambre de sa sœur :

- Ah tu tombes bien toi ! Nan pas t'as vu ce qu'ils ont osé faire ces…Byakuya…ça ne va pas ?

Le Kuchiki passa devant sa sœur et se laissa tomber sur son lit, les yeux dans la vague. Joyuki s'approcha de lui et le fixa dans les yeux :

- Hisana, hein ? Dit-elle simplement, sachant lire dans les iris de son aîné.

- Ca faisait si longtemps que je ne l'avais pas évoqué. Répondit Byakuya. Le plus étrange…c'est quand même que j'en parle à Renji.

Joyuki s'étonna :

- Ah ouais…quand même…

La jeune femme se serra contre son frère, laissant les larmes de Byakuya rouler dans son cou en faisant mine de ne pas s'être aperçue qu'il pleurait.

- Elle te manque, hein ?

- Pourquoi…pourquoi elle ? Pourquoi le destin s'est-il acharné sur elle ? Pourquoi il n'a pas prit la vie d'un voleur, d'un brigand, plutôt que la sienne ? Elle n'avait rien fait pour le mériter, rien du tout.

Joyuki serra Byakuya dans ses bras, comme quand ils étaient enfants :

- Allez, pleure, mon frangin, ça fait du bien de temps en temps.

Byakuya laissa toutes ces années de larmes refoulées se déversées sur la poitrine de sa petite sœur. Qui aurait cru que Kuchiki Byakuya, capitaine de la sixième division, un des hommes les plus redoutables de la Soul Society pourrait pleurer à chaudes larmes comme n'importe quel homme ?

Il fallu bien 20 minutes de caresses, paroles réconfortantes et câlineries en tout genre à Byakuya pour réussir à sécher ses larmes amères :

- Ca va mieux ? Demanda sa sœur.

Byakuya acquiesça.

- Ca fait toujours du bien de craquer un bon coup. Sourit Joyuki en embrassant le front de son aîné et en lui ébouriffant affectueusement les cheveux.

- Dit, commença Byakuya, tu ne m'as toujours pas dit où tu étais durant toutes ces années.

- Sur Terre. Répondit-elle alors que son visage s'assombrissait.

- Et comment as-tu fais pour te loger et te nourrir.

- J'étais logé gratis chez Urahara et Yoruichi-san. Au début, Urahara voulait que je fasse le ménage en contrepartie, mais Yoruichi l'en a dissuadé.

- Pourquoi tu n'es pas revenue plus tôt ? Au moins juste pour prendre contact rien qu'avec moi ?

- J'ai été…retenue.

- Retenue ?

- Ouais, j'étais occupée quoi…

- Occupée à quoi ?

- Je peux pas te le dire ! Coupa sèchement Joyuki.

Byakuya fronça les sourcils, qu'est-ce que sa sœur lui cachait ?