Chapitre 13 : Mariage ou carnage ?

Kyuuhei interdit à quiconque de se coucher tant que l'on la robe de mariée n'était pas retrouvée. Mais Joyuki n'était pas sadique, elle voyait bien que le personnel était exténué. Finalement, et à contre-cœur, Joyuki sortit la robe chiffonnée de l'arbre où elle l'avait caché.

- Vous avez de la chance qu'elle ne soit ni tachée ni déchirée ! Gronda Kyuuhei en arrachant la robe des mains de la jeune femme et la confiant à Kamoku pour qu'elle la range soigneusement.

Après la retrouvaille, le personnel pu enfin aller dormir. Joyuki fit de même en rejoignant Byakuya dans sa chambre, pour la première fois depuis l'annonce du mariage, elle appréhendait :

- Et si j'arrive pas à tout faire foirer ? Je veux pas me marier avec lui putain…Tu te rend compte que demain soir, je serai peut-être obligée de dormir avec lui ! J'ai pas de plan précis, j'ai juste une petite astuce ! Qu'est-ce que je vais faire onii-chan ?!

- Calme-toi, je m'arrangerais pour te faire divorcer dans le pire des cas.

- Et tu t'attireras des ennuis.

- Ne pense pas à ça.

- Si, j'y pense. Si moi je pense pas à toi, qui le fera ? Tu penses jamais à toi-même, et ne dis pas le contraire, je te connais, t'es comme ça depuis qu'on est petits…

- Dors. Intima doucement Byakuya en fermant les yeux.

Mais Joyuki ne pouvait s'empêcher de se ronger les sangs.

Le lendemain matin, la jeune femme se réveilla au son du réveil. Premier reflex : se réfugier dans les bras de son frère :

- Je veux pas, onii-chan…je veux pas y aller…

Byakuya, pas encore réveillé, mis un certain temps à répondre :

- T'inquiète pas, je serai là. Bredouilla-t-il, encore dans les vappes.

- Ouais mais…rah !

- Tu as dormi un peu tout de même ?

- Bof…cauchemars…

Byakuya lui caressa affectueusement l'épaule et se leva :

- Allez, viens manger.

- Pas faim.

Le Kuchiki écarquilla les yeux :

- Toi ? Pas faim ?!

- Bah non, j'ai l'estomac noué.

- Allez, ne te fais pas prier, viens manger. Dit doucement l'aîné.

- C'est bien pour te faire plaisir alors…

Les deux Kuchiki s'attablèrent. Joyuki n'en menait pas large et toucha à peine à son assiette :

- Jo, tu dois manger, tu ne veux pas t'évanouir pendant la cérémonie, non ?

- Mais c'est pas con ça comme tactique ! Je m'évanouis, le mariage est compromis, je suis sauvée !

- Akushitsu devra te faire du bouche-à-bouche si tu es inconsciente…

Joyuki fit une mine dégoûtée et se força à ingurgiter son petit déjeuner.

- Alors, Joyuki-sama, ça va aller ? Pas trop stressée ? Demanda Kamoku en peignant les cheveux de la jeune femme.

- Si, je suis stressée comme jamais…

Kamoku et Yowai échangèrent un regard malheureux devant le désarroi de leur maîtresse chérie.

Joyuki était maintenant coiffée, habillée, maquillée. Bon bien sûr, avec ses cheveux courts, on ne pouvait pas faire de coiffures compliquées, de plus, elle détestait être trop maquillée et pour finir, elle avait tenu à s'habiller seule, sans personne autour. On crut d'abord que la jeune femme allait en profiter pour saboter la robe, mais non, elle la portait, intacte. La jeune femme fit un tour dans le jardin, Akushitsu était dans sa chambre, en train de se faire chouchouter également. Joyuki jeta un coup d'œil vers la porte d'entrée de la demeure, hésita, puis sortit. La Seireitei était vide, pas étonnant, ils étaient tous à la grande place où avait lieu le mariage. La Kuchiki décida d'aller y jeter un coup d'œil. La grande place était bondée, et il y avait au milieu une estrade ou elle allait être mariée, sûrement pour que tout le monde puisse voir. Joyuki ne put s'empêcher de comparer l'estrade et la place bondée à celles que l'ont voit généralement pour une exécution publique. Et à vrai dire, elle se sentirait presque mieux si elle se savait condamnée à mort plutôt que mariée à Akushitsu. Joyuki soupira et rentra chez elle. Des porteurs de baldaquins étaient là. Il y eu un peu d'agitation, puis Joyuki monta dans l'un deux.

- Calme-toi, calme-toi. Se répétait la jeune femme. T'as tout prévu, il va pas t'épouser, tu as un plan, il est solide, tout va bien se passer…

Les Kuchiki arrivèrent bientôt sur le lieu du mariage. On emmena Joyuki à part, de sorte que personne ne voit la mariée avant le moment de dire oui, ce qui flanqua un sacré coup au moral de la jeune femme qui aurait bien voulu voir Byakuya et Renji avant de passer à l'abattoir. Et la cérémonie commença.

Plus les minutes passaient, plus Joyuki stressait, si tout se passait bien, ça allait être un joyeux fiasco qui rentrerait dans les annales, sinon…La Kuchiki ne préféra pas penser à ce qui arriverait si elle ratait son coup. Bientôt, on vint la chercher pour la mener à Akushitsu, dès qu'elle fut là, devant le prêtre et exposée à tant de personnes, son angoisse s'envola, le numéro de cirque allait pouvoir débuter !

- Kizoku Akushitsu, acceptez-vous de prendre Kuchiki Joyuki pour épouse ? Demanda le prêtre.

- Oui ! Répondit le noble sans l'ombre d'une hésitation en lançant un sourire charmeur à sa future femme.

- Et vous, Kuchiki Joyuki, acceptez-vous de prendre Kizoku Akushitsu pour époux ?

Dans la foule, un homme était plus stressé que la mariée elle-même : Renji. En entendant la question fatidique, il sentit son cœur accélérer.

- Non. Répondit la jeune femme du tac-au-tac.

- P…pardon ? Demanda le prêtre, déboussolé.

Des murmurent s'élevèrent dans la foule, suivit d'un énorme « YATA ! » que Renji ne put contenir.

- Vous avez très bien entendu, je veux pas l'épouser. Dit Joyuki. Et puis j'en ai marre de cette cérémonie à la con ! Que la fête commence !

Ravis du spectacle, les Shinigamis attendaient la suite avec impatience.

Joyuki commença par enlever sa robe de mariée, et les servantes comprirent pourquoi elle avait voulu se vêtir seule, elle portait son uniforme de Shinigami en-dessous.

- M…mais qu'est-ce que…Bredouilla le prêtre.

- Dégage, toi ! Lui ordonna Joyuki en prenant sa place devant le pupitre et en balançant dans la foule le livre cérémonial qui s'y trouvait. La jeune femme parla alors dans le micro : « Attention mesdames ! Promotion spéciale ! Ce jeune écervelé devant moi est à vendre ! Comme esclave ou comme mari, c'est vous qui voyez ! Qui me fais une proposition ?! »

Akushitsu était scié, Joyuki était en train de le mettre aux enchères. Et à son grand dam, les dames se prêtaient au jeu.

- 10 yens ! Proposa une femme.

- 10 yens à ma droite ! C'est bien généreux pour ce blond dis donc ! 10 yens ! Qui dit mieux ?

- 15 yens !

- Ah, t'as besoin d'un esclave toi !

- 20 yens !

- 20 yens pour la demoiselle au premier rang ! 20 yens une fois, 20 yens deux fois, 20 yens trois fois ! Adjugé pour 20 yens à la demoiselle en bleue ! Akushitsu, va rejoindre ta nouvelle propriétaire, je veux plus te voir !

Les Shinigamis applaudirent le spectacle en riant, découvrant une toute autre facette de la noblesse du Seireitei.

- CA SUFFIT ! Explosa Kyuuhei en montant sur l'estrade.

- Aie, ça va se compliquer là…Pensa Joyuki alors qu'un lourd silence tombait.

- JOYUKI-SAMA ! VOUS ALLEZ TROP LOIN ! VOUS DEVEZ VOUS MARIER VOUS ENTENDEZ !? VOUS DEVEZ VOUS MARIER ! VOUS DEVEZ VOUS MARIER !

- Okay papy, je vais me marier, si tu te rassoies, je me marie, promis.

Kyuuhei marcha dans la combine et descendit de l'estrade :

- Bon alors messieurs ! Qui veux m'épouser ?! Y'a des volontaires ? Pour information, sachez juste que je sais faire la cuisine, que j'arrive à mettre l'ambiance et que je ne vous attendrai pas avec un rouleau à pâtisserie à la main si vous rentrez à minuit complètement bourré…

- JE PRENDS ! Lança un homme au milieu des « MOI ! MOI ! MOI ! »

Joyuki reconnut là un compagnon de sa division :

- Crétin va ! Lui répondit-elle en souriant. Bon alors je vais choisir moi-même…mmmmmmmmmmmmmmhh…tiens toi là-bas avec les tatouages et les cheveux rouges ! Amène-toi !

Renji et Byakuya firent une crise cardiaque alors le premier se faisait chahuter par ses camarades :

- Oh le veinard ! Lança un homme de la sixième division.

- Renji-san ! Vous allez vous marier ! Dit Rikichi, des étoiles plein les yeux.

- Bah euh…Bredouilla Renji, prit au dépourvu.

- Hésite pas putain ! T'en pince pour cette fille et en plus je l'ai vu sortir de chez toi cette nuit ! Alors nous fais pas une scène ! Hurla Ikkaku assez fort pour que tout le monde entende.

Tout le Seireitei regarda Renji, qui avait pour l'occasion la même couleur que ses cheveux, avec un regard complice.

Joyuki tiqua et regarda discrètement Byakuya qui venait de faire un deuxième infarctus.

- C'était donc là que tu étais…Lui dit-il dans un regard.

- Désolée, je savais pas comment te l'avouer. Répondit Joyuki de la même manière.

- Tu es sûre de ton choix ?

- Oui, onii-chan, ne t'inquiète pas pour ça.

Byakuya ferma les yeux, cloîtrant là leur discussion :

- Renji ! Renji ! Renji ! Clamait le Seireitei pour encourager le Shinigami à avancer.

Dès que le lieutenant commença à faire quelques pas, il y eu de grands cris de joie. Du côté des Kuchiki : tout le monde était sidéré. Le Shinigami monta sur l'estrade et Joyuki aida le prêtre à remonter à son poste avant de se placer près de lui :

- C'est quoi votre nom ? Demanda le prêtre à voix basse en bouchant le micro de sa main.

- Abarai Renji.

- Bien. Fit le prêtre en débouchant le micro. Abarai Renji, acceptez-vous de prendre Kuchiki Joyuki pour épouse ?

- Bah…o…ouais…Bredouilla le lieutenant, un peu paumé.

- Et vous, Kuchiki Joyuki, acceptez-vous de prendre Abarai Renji pour époux ?

- Un peu mon neveux !

Le prêtre la dévisagea :

- Ca veut dire oui ! Précisa Joyuki, provoquant le fou rire de tout le monde ou presque.

- Bien alors…signez ici. Leur demanda le prêtre en leur tendant le contrat mariage et un stylo. Après la signature, il reprit la parole :

- Je vous déclare maintenant mari et femme, vous…

- Ouais je sais, je peux embrasser le marié ! Coupa Joyuki en sautant sur son lieutenant préféré.

Il y eut un tonnerre d'applaudissements et de sifflements.

- Les alliances, ils n'ont pas d'alliances…Murmura Kyuuhei qui cherchait à tous prix un moyen d'annuler ce mariage. Il se leva brutalement de sa chaise en criant :

- ILS N'ONT PAS D'…

Byakuya tira sur la manche de Kyuuhei pour le faire rasseoir et taire de force en lui lançant un regard noir. L'ancien se tut, jurant intérieurement. Cependant, personne ne se rendit compte de rien à cause de l'effervescence qui régnait.

De son côté, Rukia regarda la scène en tremblant. C'était un cauchemar, un véritable cauchemar. Cette fille…cette fille lui volait tout ce qui avait jamais compté pour elle…son Nii-sama, Renji…Bientôt elle allait peut-être devenir la confidente d'Ichigo et la petite protégée d'Ukitake-Taicho avant de lui révéler qu'elle était la meilleure amie de Kaien-dono ! La petite brune secoua la tête. Ce qui la blessait par-dessus tout, c'était le fait que Renji ne lui avait pas confié qu'il était avec Joyuki…Eux qui avaient l'habitude de tout se dire depuis qu'ils étaient petits…Tout ça c'était sa faute à elle, à cette Joyuki ! Si elle n'avait pas débarqué dans sa vie comme ça, jamais Renji ne lui aurait fait des secrets ! Bon…en même temps, elle-même ne lui avait rien dit au sujet d'Ichigo…mais c'était uniquement parce que ce n'était pas officiel et qu'elle savait que son grand dadais d'ami était capable de gaffer et de tout dire au sujet de ses sentiments à son rouquin préféré, même sans le vouloir ! L'histoire de Renji, elle, était officielle bien que dissimulée ! Ce n'était pas juste…vraiment pas juste… Pourquoi Joyuki arrivait-elle à avoir ce qu'elle n'avait jamais eu : une petite place dans le cœur de Byakuya. Bon, d'accord, elle avait grandi avec lui, elle le connaissait mieux que personne…mais elle l'avait abandonné du jour au lendemain pendant 25 ans ! Sans donner de nouvelles ! Et pourtant il lui avait pardonné…non en fait, il n'avait même pas eu à la pardonner vu qu'il ne lui en avait jamais voulu !

Il était à présent midi. Kyuuhei regardait son buffet (qu'il avait finalement obtenu) si raffiné se faire engloutir à toute vitesse par ces palais sans délicatesse…Le noble en était presque dégoûté, qu'est-ce qui lui avait pris d'inviter des gens de seconde zone ? Le Kuchiki était bien le seul à ne pas profiter de cette merveilleuse journée qui ne se termina vraiment que tard dans la nuit.

Et puis les jours passent, formant peu à peu des semaines, puis des mois. Chacun mène une petite vie tranquille : il fait beau, l'activité des Hollows est minime, le paradis.

Mais voilà, c'est ce qu'on appelle le calme avant la tempête, car au Hueco Mondo, si tout est tranquille et qu'aucun Arrancar n'a pointé le bout de son nez depuis leur attaque à la Soul Society il y a 4 mois, c'est uniquement parce que du côté d'Aizen, les neurones tournent actuellement à plein régime…

Joyuki bougea doucement dans les bras de Renji et ouvrit un œil, comme depuis quatre mois. Quatre mois qu'elle est mariée, quatre mois qu'elle se réveille et s'endors dans ses bras, quatre mois qu'elle embrasse doucement son lieutenant préféré pour le réveiller. Et surtout, quatre mois qu'Akushitsu avait débarrasser le plancher ! C'était la cerise sur le ramen pour la jeune femme.

La Kuchiki, ou plutôt, la jeune Abarai, embrassa doucement le front de Renji qui gémit un peu en remuant et soulevant difficilement une paupière :

- 'lu…Bredouilla-t-il d'une voix rauque.

- Salut. Lui répondit Joyuki en caressant une mèche rouge.

-…l'est quelle heure ?

- Sept heures tapantes !

- Seulement ! C'est jour de congé aujourd'hui…Grogna le lieutenant en disparaissant sous les draps.

Joyuki tira sur la couverture :

- Allez, debout, c'est demain le congé. Tu t'es encore gouré de date.

- Hm…et meeeeeeeeeeeeerde…Soupira le lieutenant en émergeant plus lentement que sûrement.

Joyuki le regarda, amusée. Qu'est-ce qu'il pouvait être long à démarrer le matin, son Renji. Pas moyen qu'il aligne deux ou trois pensées cohérente avant onze heures du matin, il était presque pire qu'elle.

- Allez lève-toi ! M'oblige pas à te virer du lit.

- Pas cap…Grogna le lieutenant depuis son oreiller.

Renji révisa son jugement quand il embrassa le parquet…

- T'abuses quand même. Protesta le lieutenant en marchant vers sa division. Je préfère quand tu me réveilles avec les bizous et tout le bazar…

- Mais c'est ce que j'ai fais au début, mais bon, la méthode douce ça marche pas avec toi, d'ailleurs je me demande si je vais pas te réveiller en te foutant par terre tous les matins à présent, ça a l'air d'être une méthode qui fais ses preuves !

- Je sens que je vais dormir sur le canapé…

- Ah bah tiens, voilà Nii-chan ! YOUHOUUUUUUU NII-CHAAAAN ! Hurla la jeune femme en lui agitant la main.

Vous l'aurez compris, le moral est au plus haut pour nos Shinigamis, si seulement ils savaient le drame qui allait les frapper d'ici peu de temps, un drame nommé « Mort »…