Le mot enlèvement tiqua à leurs oreilles et ils grimacèrent. Enfin, ils prirent congés.

Ils étaient partit. Certes, j'étais en colère contre eux mais les revoir m'avait tout de même fait un choc. Surtout qu'ils étaient presque tous présents. L'absence d'Edward ne m'avait pas vraiment étonnée mais celle d'Alice en revanche m'avait laissé perplexe.

Notre dernière rencontre s'était assez mal passée et j'aurai aimé, si l'occasion se présentait, pouvoir m'expliquer avec ma meilleure amie à propos de ce qu'elle avait pu voir ou pas quand je m'apprêtais à sauter le pas avec Jacob.

Frustrée par cette altercation imprévue et des plus choquantes, je m'effondrée au sol.

Des soubresauts parcourraient mon corps. Je me positionnais en position fœtale pour essayer de les faire passer mais s'était sans succès. Je me prenais la tête dans les mains, désespérée, perdue et confuse.

J'entendis vaguement une porte s'ouvrir puis se refermer tant j'étais perdue dans mon chagrin. Je sentis des bras se refermer contre mon buste puis me soulever. Demetri me porta jusqu'à notre chambre. Je voulus ouvrir la bouche pour lui souffler un « merci » reconnaissant.

J'ignore ce qui dans ce mot le poussa à croire que j'allais mieux mais lui l'interpréta de la sorte. Il me déplaça sur le lit qui depuis notre arrivée avait perdue sa fonction première remplacée par l'activité préférée de Demetri.

J'ouvris lentement les yeux comme si en allant plus vite je risquais de faire couler des larmes sur mes joues – ce qui dans le fond ne serait pas pour me déplaire.

J'aperçu entre mes cils encore à moitié fermés le torse de Demetri qui se mouvait en suivant le rythme de ce qui aurait du être sa respiration. Mais il ne respirait pas. Son visage était si proche de ma nuque que j'aurai sentie son souffle si ça avait été le cas.

Je relevai alors lentement le visage. Pour la seconde fois, je crus apercevoir de la compassion dans son regard. Pour la seconde fois, je vis quelqu'un de bien et de gentil à travers ces gestes. Je venais de réaliser que lui et moi pourrions être de bons amis s'il ne s'acharnait pas à vouloir faire de moi un objet sexuel.

Je songeais à cet instant qu'une conversation à ce sujet s'imposer et ce moment d'intimité chaste semblait tout indiquer pour cela :

- Dém', je crois qu'il faut qu'on discute.

- Si tu as besoin de te libérer de ton passé, je peux t'aider mais je connais un manière bien plus efficace que les paroles pour te soulager, répondit-il en laissant glisser sa main sur mon jean tel une caresse qu'il voulait sensuelle.

- Non, non ! Arrête ! Je n'ai pas besoin de ça maintenant. C'est à propos de notre couple que je veux qu'on parle. Je voudrai essayer de clarifier certaines choses que justement tu ne sembles pas…

- Quoi ?! Si je comprends bien où tu veux en venir, tu me quittes, c'est ça ?!

- Mais enfin, non. Je veux juste te dire que je préfèrerais que notre relation reste purement amicale. C'est si difficile pour toi de concevoir que l'on puisse fréquenter une fille sans la baiser ?

- Ce n'est pas difficile, c'est inconcevable. Tu vois Bella, j'ai toujours envie de toi, c'est un besoin inébranlable. T m'excites en permanence…

- Chut ! Stop ! Je … je crois que j'ai besoin de prendre …. l'air.

Je commençais à me lever pour sortir pour m'aérer. Demetri me faisait peur qu'en il me parlait comme ça. Et j'avais raison d'avoir peur. Il m'attrapa violemment le poignet et m'attira de nouveau à lui.

Quand je disais que j'arrivai à voir du bien en lui, je me trompais aussi. Rien qu'à son regard je pouvais voir qu'il était désormais, après une simple discussion, insatiable et incontrôlable.

Un obsédé sexuel dans toute sa splendeur.

Il me fallut plusieurs secondes pour réaliser toute l'horreur dans laquelle je venais de me plonger.

Il me fixait tel un prédateur près à bondir sur sa proie.

- Tu préfèrerais sans doute de faire sauter par le Cullen, celui qui t'a lâché comme de la merde ? Hein ?

- Non, non ! Arrête ! S'il te plait ! Laisse-moi !

Il me plaqua le dos sur le lit. Il se déplaça ensuite au dessus de moi afin de mieux assurer sa prise sur mes poignets endoloris. Je tentais alors vainement de m'échapper de cette étreinte étouffante, gesticulant en tout sens.

Mon souffle se heurtait et des tremblements parcouraient mon échine. Il dut croire encore une fois que j'appréciai le traitement qu'il m'administrait. Je me débattais tandis qu'il m'embrassait furieusement. Cependant rien n'y faisait.

Il étala des baisers langoureux dans mon cou puis vers le haut de ma poitrine.

Sentir un homme dont vous ne voulez pas a quelque chose d'humiliant. A ce t instant, je me disais que j'étais la seule responsable de la situation dans laquelle je me trouvais actuellement. Si Dieu laissait Demetri profiter, s'activer sur mon corps de la sorte, c'est que je l'avais mérité.

Peut-être qu'aimer un vampire était un crime plutôt qu'une bizarrerie du destin. J'étais punie d'avoir oser tomber amoureux d'une tel créature, mon Edward. Ou alors étais-ce ma poisse d'humaine qui revenait à grand pas ?

Me sachant condamner, je décidais d'abandonner toute forme de résistance aussi bien verbale que physique et de conservait mes forces pour tenter d'échapper à ces griffes plus tard.

Et en parlant de griffes, je sentis à cet instants ces ongles se plantaient dans ma chair au niveau de mon ventre.

Il avait de toute évidence décidé de ne pas s'attarder sur mes seins pour aller à l'essentiel. Le supplice serait donc de courte durée. Dans un sens tant mieux, mais dans un autre la douleur n'en serait que plus atroce.

Il déboutonna d'un coup sec mon jean et descendit d'une traite la fermeture éclair. Il avait collé son nez à mon shorty qui dépasser désormais du pantalon et humait mon odeur de manière bruyant et dégradante.

De son odorat vampirique, il devait apprécier ce qu'il sentit.

- Hummm… Je voudrais pouvoir sentir cette odeur à chaque instant de mon existence et te goûter quand bon me semble, murmura-t-il.

Son menton fit pression contre mon clitoris. Je tentai tant bien que mal de retenir un reniflement. Je le sentis se relever certainement pour retirer ses propres vêtements.

Ce fut quelques secondes où mon corps se reconnecta à la réalité. Mon esprit s'enflamma et, prenant mes jambes à mon cou, je sautai du lit aussi vite que mes forces me le permettaient. Le souffle de plus en plus court, je décidai de stopper ma respiration pour me concentrer sur ma seule course vers la délivrance.

Je quittais déjà la pièce alors que Demetri comprenait tout juste que je m'échappais.

Me jetant par-dessus le canapé de la suite, je tentais de courir le plus vite possible. Mais il fut plus rapide et réussit à une vitesse effroyable à me couper le chemin. Je me stoppais net.

Ma tentative était vaine. J'avais eu l'espoir d'y réchapper tout s'écrouler. Encore, encore… et encore. Il m'attrapa aux hanches et me bascula sur le sofa. Je m'acharnais alors à fixer désespérément le plafond de sorte à ne pas le voir s'activer au dessus de moi.

Il finit de me retirer mon jean et arracha le reste sans se préoccuper des vêtements du haut. Il arracha a son tour son boxer seul barrière qu'il restait encore et dans un mouvement sauvage, presque brutal, il me pénétra. La peur, le manque d'excitation, sa brutalité, tout cela rendait la douleur encore plus atroce qu'elle ne l'était habituellement.

Cela semblait lui permettre probablement d'étancher le désir intense qui commençait à le consumer.

Mes lèvres se retroussèrent sur mes dents, le venin me montait à la bouche…La forte envie de planter mes dents dans son cou vide de tout sang monta en moi. Seulement, il n'en serait en rien affecté et n'en serait que plus brutal… Je tentais donc de trouver une autre idée.

Il posa ses mains sur mes hanches, brutalement - ce n'était pas le moment idéal pour me casser un os quand même ! De bas en haut, de haut en bas, en moi, hors de moi, en moi… Putain ! Quelle horreur ! Ses cris se faisaient de plus en plus rapprochés et de plus en plus forts, hummm, quel son atroce… J'étais malade rien que de penser qu'il prenait son pied à mon issue. Il ouvrit les yeux et plongea son regard pervers dans le mien. Un immense sourire étirait ses lèvres. Une fois de plus, j'eu l'idée de lui cracher à la figure mais n'en fit rien.

Je ne pouvais m'empêchait de hurler à chacun de ses balancements de hanches vers le plus profond de mon corps. Je voulais que ça cesse mais lui ne semblait pas vouloir lâcher l'affaire.

Il continuait à donner ses coups, plus forts, plus vites, plus destructeurs.

Je le savais, il ne s'arrêterait qu'une fois l'orgasme atteint et comme le temps s'écoulait de plus en plus, je consentais à l'aider à atteindre son apogée.

Je fis un premier mouvement de hanches accompagnant le sien et posa mes mains hésitantes et tremblantes dans son dos le caressant quelque peu. Il me sembla relativement réactif à mes effleurements alors je poursuivis non sans dégoût.

Enfin, sa délivrance arriva entraînant inévitablement la mienne. Il hurla mon prénom comme une bête enragée puis une fois les sensations passées, il s'écarta pour se plaçait contre le dos du canapé.

Refusant d'être trop près de lui, je me décalais vers la droite et m'étalais indubitablement de tout mon long sur le sol. J'avais oublié que le canapé n'était pas très large ! …

Désabusée, je fermais les yeux et me concentrais sur les bons moments de mon passé lointain. Peut-être serai-je plus heureuse en retournant vers ce passé quand restant dans ce présent ?

*******

Charlie était encore au poste de police. Il m'avait appeler peu après que je sois rentré du lycée pour m'en informer.

- Hey ! Bell's ! Désolé d'te déranger mais…

- Papa, tu me fais juste faire une pause entre deux lessives, avis-je ris.

- Hum… tu n'as pas envie de sortir plutôt que de t'occuper de la maison ? Je pourrais faire les lessives en rentrant.

- Tu sais, je tiens beaucoup à mes vêtements, l'avais-je taquiner, déjà que je n'en ai pas beaucoup….

- Du shopping avec tes amies, ça te ferait du bien, non ?

- Non et non, je suis bien comme je suis papa : seule et mal fringuée. .. Sauf qu'en je suis avec Alice bien sur (hé hé !)

- Dommage. Bon, je t'appelais juste pour te prévenir que je rentrerais tard. Je dois fini un rapport. J'achèterai des pizzas avant de rentrer donc t'embarrasses pas de la cuisine.

- OK bon bah à ce soir alors, bisous.

Je terminais mes lessives rapidement et vaquer ensuite au reste de mes occupations.

Une fois tout cela terminer, je prenais une douche et me préparais pour aller dormir.

J'entendis Charlie me héler depuis l'entrée. Je l'y rejoignais donc puis nous mangeâmes la pizza. Enfin, l'heure de grâce avait sonné ; je me dépêchais d'aller me brosser les dents puis de regagner ma chambre.

J'ouvris la porte m'attendant à voir Edward allongé sur le lit les bras derrière la tête comme à son habitude. Mais il n'en était rien. Je m'avançais d'en la pièce soucieuse de son absence.

Je sentis alors deux bras entourer ma taille et des lèvres parcourir mon cou. Je reculais un peu de sorte à coller tout mon corps contre le sien profitant de cette proximité et des baisers qu'il me prodiguait.

Mon cœur s'accéléra automatiquement. Je sentis alors ses lèvres se fondre en un large sourire à cause de ma réaction tellement humaine.

- Calmes toi mon amour ! Je ne voudrais pas que tu fasses une crise cardiaque, je serai obligé de te transformer après…

- Ce ne serait pas pour me déplaire. Mors moi quand tu veux !

- Rêve ma belle ! A ce propos, j'ai quelque chose qui pourrait t'aider à t'endormir. Allonge toi dans ton lit.

Je m'installais promptement sous les couvertures prenant le moins de place possible pour qu'il puisse m'y rejoindre. Pendant ce temps. Edward s'était posté devant mon vieux poste radio et y introduisait un CD.

Quelques secondes suffirent pour qu'il me rejoigne par-dessus le drap et pour que les premières notes d'une mélodie qui m'était inconnue me parviennent.

J'interrogeai alors mon amoureux du regard pour qu'il m'éclaire sur sa provenance.

Je devais avoir douze ou treize ans. Le matin, pour aller à l'école, je passais devant un magasin où se vendait toute sorte d'instruments de musique. Un jour, j'ai entendu quelqu'un jouait du piano et je me suis approché pour écouter. Cette musique m'envoûtait, me déstabilisait tant elle était merveilleuse. Je suis resté plus d'une heure calé contre le mur de la boutique à écouter ce pianiste. Quand je suis rentré chez moi, je n 'ai pas pu m'empêcher de retourner à ma cachette pour essayer d'entendre à nouveau la musique. Mais rien. Le soir, mon père m'a passé un sacré savon pour être arrivé en retard à l'école. C'est ce jour là que j'ai commencé à apprécier la musique. Cette mélodie met revenue en tête peu de temps après qu'on se soit rencontré. Je les un peu arrangé bien sur. Ce n'est pas aussi réussit que Bella's Lullaby, mais ça me fait également penser à toi.

Je fixais mon regard sur son visage pendant qu'il me racontait tout cela. Il avait l'air perdu dans ses souvenirs. Ce morceau était magnifique, comme tout ceux qui venaient d'Edward en fait.

- Comment se fait-il que tu te souviennes de ça ? ça fait si longtemps…

- Eh bien parfois des évènements marquants me reviennent par flash… Bon essaye de dormir maintenant.

La musique en fond sonore et les caresses d'Edward sur mes avant-bras et mes cheveux eurent raison de la volonté que j'avais de profiter de cette soirée magnifique.

********

Ce petit moment d'évasion me permit de reprendre courage et de rassembler mes idées.

Il me restait encore une chance, un espoir de m'échapper de cet enfer. Une petite lueur au bout du tunnel venait d'apparaître. Une issue de secours aux flammes ardentes qui me consumaient toute entière.

Les Cullen étaient le dernier moyen qu'il me restait pour retrouver la paix intérieure et un temps soit peu d'équilibre psychologique. Peut- être m'accepteraient-ils auprès d'eux même si je ne pouvais pas être avec Edward ?

J'entendais au lointain des bruits des bruits de vêtements qu'ont froissés puis un zip. Devinant de quoi il s'agissait, j'ouvris lentement les yeux, prête à réintégrer le monde réel. J'aperçu alors une silhouette humaine, debout, proche de la table basse.

Demetri finissait de réajuster son jean en fixant attentivement mon corps nu encore allongé sur le sol.

Dans un geste de protection, je me relevai promptement et attrapai la couverture posée sur le dos du canapé pour m'en couvrir, non désireuse de voir se réitérer la malheureuse expérience des minutes précédentes.

- J'vais prendre une douche, lâcha Demetri, tu veux venir ?

Il ajouta à cette question un sourire pervers qui me fit froid dans le dos.

- Non, ça va aller, je vais attendre … répondis-je aussi distante que possible.

Il se pencha vers moi et déposa un léger baiser sur mes lèvres, l'air fier de lui. Il avait finalement réussit à briser le peu d'assurance qu'il me restait.

Putain de merde mais quelle conne je suis ! Faire confiance à ces enfoirés de Volturis… Oh mais quelle gourde je fais ! Pitié, mon Dieu, si vous existez, sauvez-moi !

Un éclair de lucidité me frappa alors ! Une illumination ! D'où ça vient, je ne sais pas. Mais ce dont je suis sur, c'est qu'il faut que je parte.

Demetri venait d'entrer dans la salle de bain. Je rassemblais mes habits, les enfilais et aussi silencieusement que possible, je sortais de la suite. Sans rien. Ni argent, ni vêtements : là où j'irai, je n'en aurai pas besoin.

Je déboulais les escaliers et quittais l'hôtel sans adresser un mot à personne.