Chapitre 16 : Une vie pour une vie.
- Aizen-sama, dois-je aussi m'occuper des capitaines ?
L'ex-capitaine sourit sadiquement :
- Tu dois même commencer par eux. Comme première cible, j'aimerais que tu t'occupes du capitaine de la sixième division, il a été affaibli par un drame personnel. Ensuite, tu t'occuperas du lieutenant de cette division, Abarai Renji, lui aussi affaibli, ils seront très bien comme échauffement pour toi.
- D'accord, Aizen-sama.
Le chef des Arrancars baissa les yeux sur la petite femme et souleva son menton de sa main :
- J'aime cette docilité qu'il y a chez toi…Susurra-t-il.
- Merci du compliment, Aizen-sama. Répondit la jeune Arrancar d'une voix plate.
Il faut dire que la petite femme était très étrange. Elle avait des yeux bleus mais complètement vides, dénués d'expression. Son visage était fin et fermé, aussi inexpressif que ses yeux. Elle portait sur sa tête un casque en os, preuve qu'elle était bien une Arrancar.
- Allez, Huzylo, au travail.
- Oui, Aizen-sama. Dit la jeune femme en s'exécutant et en partant en shunpo vers sa cible.
Byakuya était dans son jardin, installé contre un grand arbre. Tout le Seireitei était en ébullition à cause du reiatsu qu'on avait ressenti, mais les Kuchiki et Renji étaient dispensés de combat. Le noble fronça néanmoins les sourcils quand il entendit un bruissement dans l'herbe, comme si quelqu'un venait d'atterrir à juste quelques pas de lui :
- Êtes-vous Kuchiki Byakuya, capitaine de la sixième division ?
Le noble crut qu'il s'agissait là d'une messagère envoyée par quelques Shinigamis en détresse et dit :
- C'est bien moi, que me voulez-vous ?
Le Kuchiki commença à réagir quand il entendit le bruit d'une épée que l'on dégainait :
- Si vous êtes Kuchiki Byakuya, alors vous êtes ma cible. Préparez-vous à combattre je vous prie.
Le noble ne se le fit pas dire deux fois, se releva et dégaina Senbonzakura. Il essaya de voir à qui il avait affaire mais le visage de la femme était caché par les ombrages des feuilles :
- Arrancar ? Demanda-t-il simplement.
- Oui, mon nom est Huzylo Sosuke.
- Sosuke ?! S'écria Byakuya.
- Oui, Aizen-sama m'a adopté après ma création.
- Création ? Pensa Byakuya. C'est donc une sorte de machine…
- Mettez-vous en garde je vous prie. Dit l'Arrancar avec une voix sans aucune animosité.
Byakuya eut à peine le temps de réagir que l'Arrancar se jeta sur lui, épée sortie, et la lui planta au milieu du torse :
- C…comment…Souffla Byakuya en tombant à genoux.
- Première cible éliminée. Dit Huzylo en retirant son épée du torse du capitaine. Avant de mourir, Kuchiki Byakuya, auriez-vous l'obligeance de me dire où je pourrais trouver le lieutenant Abarai Renji ?
- Q…Quoi ? Souffla Byakuya sous lequel une marre de sang se formait.
- Je vais répéter ma question. Sauriez-vous où se trouve Abarai Renji, il est ma deuxième cible et je dois l'éliminer pour faire honneur à Aizen-sama.
Byakuya ne répondit rien et se mit à fixer le visage de la jeune fille, toujours caché par l'ombre des feuillages. Huzylo se contentait d'attendre une réponse en regardant l'horizon de ses yeux vides.
- Votre manque de réponse prouve que vous ne savez pas où se trouve le lieutenant Abarai Renji ou bien que vous ne voulez pas me le dire. Dit mécaniquement Huzylo. Veuillez me dire laquelle de ces hypothèses est la bonne.
Byakuya eut presque envie de sourire. Renji était à quelques mètres de là et elle ne le sentait pas, ne le savait pas.
- Vous ne voulez pas répondre, Kuchiki Byakuya, je ne vous en veut pas, vous êtes sûrement trop faible pour répondre. Je vous laisse donc en repos pour vous éteindre dans le calme.
Huzylo s'inclina devant le mourrant et se dirigea vers la demeure Kuchiki.
Manque de chance pour le lieutenant, il sortit de sa chambre au mauvais moment. Abarai avait besoin de prendre un peu l'air, sortir de son état de dépression était quelque chose d'épuisant. Le lieutenant s'étira dans le jardin et admira le paysage avec un petit sourire. C'était pas mal comme décor, les arbres et leurs branches qui s'entre-croisaient, le bruissement de l'herbe fraîche, la lune qui jouait dans les feuilles, le petit ruisseau qui coulait tout près…La seule ombre au tableau était cette tache sombre qui se propageait sur l'herbe. Renji la regarda d'un air interrogateur quand il comprit ce que c'était : du sang.
- Merde ! Lâcha Renji en courrant vers la tâche qui souillait l'herbe douce. Le jeune lieutenant ne tarda pas à trouver son capitaine, agonisant. Renji n'en crut pas ses yeux, on venait d'assassiner Kuchiki Byakuya sans que personne ne le remarque !
- Taicho ! S'écria Renji en se baissant pour aider Byakuya à se relever.
- Renji…attention…il y a…un…Arrancar…elle…elle a dit que tu étais sa prochaine cible…
- C'est elle qui vous a fait ça…Conclut Renji en avisant la profonde blessure au beau milieu du torse de son capitaine. Accrochez-vous, capitaine, je vais vous emmener dans votre chambre et ensuite j'appellerai la quatrième division ! Dit Renji en mettant le bras de Byakuya par-dessus son cou pour le soutenir dans sa marche.
- Putain, il est résistant. Une blessure comme ça au milieu du torse tuerait pas mal d'hommes sur le coup…Songea le Fukutaicho.
Renji déposa Byakuya sur son lit et se précipita dans la chambre de Rukia :
- Rukia ! Lève-toi ! Kuchiki Taicho est blessé ! Tu t'y connais en Kido, tu devrais bien trouvé un truc pour le soigner !
La jeune Kuchiki, bien que complètement endormie, ne tarda pas à se réveiller et se précipita dans la chambre de Byakuya :
- Nii-sama ! S'écria-t-elle en voyant le capitaine dans son lit.
La Kuchiki se jeta au pied du lit de son frère adoptif et commença à réciter un sort de Kido pour maintenir Byakuya en vie. Dès que son faible Kido fut mis en place, elle se rua sur son téléphone et composa le numéro de la quatrième division.
Renji, voyant son capitaine entre de bonnes mains, repartit chercher son zanpakutôh dans sa chambre. Tout de même…il venait de sauver la vie de Byakuya…il aurait pu faire mine de ne pas l'avoir vu, voire même de l'achever, mais il l'avait sauver alors qu'il ne l'appréciait pas vraiment…
- Joyuki…je l'ai fais pour toi…Songea Renji en ressortant dans le jardin.
- Êtes-vous Abarai Renji ? Demanda alors une voix.
Le lieutenant dégaina instantanément :
- C'est toi l'Arrancar, je suppose ! Dit-il avec haine.
Renji commença à sentir son sang bouillonner, non pas parce que cette Arrancar avait failli tuer son capitaine, mais parce que c'était une Arrancar, comme celui qui avait pris la vie de celle qu'il aimait.
- Mon nom est Huzylo Sosuke.
- Sosuke ?! Comme…comme Aizen Sosuke ?!
- Oui, il m'a adopté après ma création, mais il est inutile de parler plus, veuillez vous mettre en garde.
Renji pointa Zabimaru dans la direction de son ennemi :
- Quitte à me combattre, tu pourrais au moins me montrer ta tronche !
- Qu'à cela ne tienne. Répondit l'Arrancar en avançant dans la lumière, laissant enfin voir son visage.
Renji écarquilla les yeux et sentit ses bras trembler :
- C…c'est pas possible…Bredouilla-t-il.
L'Arrancar inclina la tête sur le côté :
- Auriez-vous un problème avec mon identité ? Me connaissiez-vous dans ma vie avant Aizen-sama ?
-…la…la vie avant…Aizen…mais…mais…Joyuki…
- Joyuki est-il le nom de mon ancien corps ?
- Que…de quoi ?
- Il y a environ deux mois, Aizen-sama est venu ici pour récupérer les particules spirituelles qui formaient une jeune Shinigami qui venait de mourir. Ces particules, Aizen-sama les a donné au grand scientifique, Arrancar numéro huit, Szayel Apporo Grantz. Szayel-sama a réussit à reconstruire l'ancien corps de la Shinigami et y a injecter une âme d'Arrancar fabriquée de ses mains. De cette union d'un corps reconstitué et d'une âme créée en laboratoire et perfectionnée par le génie de Szayel-sama, je suis née.
- Mais…mais…où est Jo alors ?
- Votre amie est morte. Ce n'est que son corps que vous voyez là.
- Mais, et son esprit ?
- Je ne sais pas grand chose à ce sujet, mais je crois bien que mon esprit étant tellement supérieur en intensité par rapport à celui de votre amie que je l'ai écrasé et qu'il n'en reste plus rien.
Le reiatsu de Renji explosa à ce moment là :
- NON ! Hurla-t-il. C'est moi qui vais t'écraser !
Et sans plus de convenance, Renji se jeta sur Huzylo qui para le coup négligemment.
- Aizen-sama m'avait dit que l'ancienne propriétaire de ce corps, cette Joyuki, avait un mari à la Soul Society, je suppose que c'est vous.
- Tout juste.
- C'est étrange, vous ne réagissez pas comme Aizen-sama l'avait prévu. Il s'était dit que vous ne pourriez jamais attaqué l'apparence de Joyuki.
- Aizen est un connard et un idiot ! Si Joyuki pouvait me dire quelque chose en ce moment même, ce serait « tue-moi » ! Elle préférerait mourir plutôt que de voir son corps commandé par un Arrancar…et…et…et je vais faire ce qu'elle veut ! Je vais te tuer !
Renji et Huzylo commencèrent à se combattre avec acharnement, et le lieutenant dû bien admettre que l'Arrancar était forte, très forte. De plus, il avait presque les larmes aux yeux, voir sa Joyuki, là, devant lui et pourtant savoir que ce n'était plus elle…
Huzylo feinta et enfonça son épée dans l'épaule de Renji qui recula sous le choc. Le lieutenant fit mine de tomber à genou et, juste avant de toucher le sol, il usa du shunpo et se glissa derrière l'Arrancar.
Surprise, Huzylo se retourna et se retrouva face à Renji qui la serra contre lui en faisant exploser une nouvelle fois son reiatsu pour que la pression spirituelle empêche Huzylo de trop bouger :
- Jo…cette âme d'Arrancar a pas pû vaincre ta volonté. T'es forte, t'es une vraie tête de mule, n'abandonne pas s'il te plait, j'ai besoin de toi, et Byakuya aussi…Murmura-t-il à l'oreille de la jeune fille.
- Je suis désolée mais c'est inutile, mon esprit a vaincu celui de votre femme depuis longtemps.
- Non…Jo a toujours été longue à se réveiller, mais elle va venir…je le sais…
- Je vous dis que ce genre de paroles est inu…
L'Arrancar se décolla soudainement de Renji et hurla en tombant à genoux :
- Lâche-moi ! Lâche-moi ! Hurla-t-elle.
Le lieutenant la regarda avec de grands yeux ronds.
- Renji ! RENJI ! Continua-t-elle.
- Jo…c'est toi ? Demanda timidement le lieutenant en s'agenouillant près de l'Arrancar. Cette dernière jeta ses bras autour du cou de Renji et se blottit contre lui :
- Renji…Renji, Huzylo a menti, je suis toujours là, elle ne pas vaincue, je suis encore là mais s'il te plait, ne me laisse pas, aide-moi, je n'y arriverais pas toute seule…
Renji n'y croyait pas. Il avait donc raison, Joyuki était réellement là ?
- Accroche-toi. Lui souffla-t-il.
- Renji, laisse-moi cinq minutes. Si dans cinq minutes je n'ai pas vaincue Huzylo, tue-moi s'il te plait…
- Comment tu peux me demander ça ?! S'indigna le lieutenant en serrant le corps tremblotant de sa femme contre lui. Je t'ai déjà tué…il y a deux mois…je ne veux pas recommencer…
- C'est drôle…j'étais sur que tu culpabiliserais alors que…alors que t'y es pour rien. Celui qui m'a enfoncé une épée dans le corps, c'est l'Arrancar, pas toi…Souffla Joyuki.
- Mais je n'ai pas été là pour te protéger et te sauver ! Alors que c'est mon rôle, je suis ton mari ! J'aurai dû pouvoir intervenir !
- Renji, ce n'est pas ta faute…
Le lieutenant déposa un petit baiser dans le cou sucré de sa femme.
- N'oublie pas Renji, cinq minutes, pas plus, et si je n'ai pas réussi…
Joyuki écarquilla les yeux et poussa violemment Renji :
- Elle revient ! Écartes-toi ! Laisse-moi faire ! Va-t-en ! Juste cinq minutes !
- Jo !
Un furieux combat à l'intérieur du corps de Joyuki débuta :
- N'espère pas reprendre le dessus sur moi, Shinigami. Je suis un produit d'Aizen-sama et Szayel-sama, tu ne pourras pas me vaincre. Dit doucement Huzylo.
- Ca, c'est ce que tu crois, pétasse ! Tonna Joyuki. Je suis motivée moi ! J'ai un frère ici ! Et un putain de beau mec sexy qui m'attend ! Alors si tu crois que je vais renoncer comme ça !
- Je comprends…tu as tes attaches ici, mais je dois servir Aizen-sama et pour se faire, j'ai besoin de ton corps. Jusque là, je t'ai laissé cohabiter avec moi car tu ne me gênais pas, mais si tu commences à te rebeller, je me verrais dans l'obligation de t'éliminer.
- Ta gueule ! C'est MON corps, c'est moi qui vais t'en virer !
De son point de vue extérieur, Renji ne comprenait pas la scène qui se déroulait sous ses yeux. Il voyait le corps de Joyuki se tordre par terre et des blessures s'ouvraient sans que rien ne l'ai touché. De temps à autres, il entendait la voix d'Huzylo crier, puis celle de Joyuki. Le lieutenant surveillait mentalement le temps qui filait. Il n'avait pas de montre mais il savait que les cinq minutes exigées par Joyuki étaient largement écoulées. Mais comment tuer sa propre femme alors qu'il venait à peine de la retrouver par miracle ? De plus, Renji ne savait pas du tout qui avait l'avantage entre Huzylo et Joyuki. Il ne pouvait pas risquer de blesser ce petit corps si Joyuki avait le dessus ! Finalement, le reiatsu de l'Arrancar explosa. La voix de Joyuki cria.
- Merde ! Pensa Renji. Pourquoi elle crie comme ça ? Est-ce que…Huzylo est en train de la tuer !?
Le lieutenant ressortit Zabimaru de son fourreau, tremblant.
- Je peux pas…je peux pas…Gémit-il.
Il ferma les yeux pour trouver une source de courage quelconque mais entendit un bruit sourd. L'Arrancar était tombée à terre. Renji ne réagit pas, qui était morte ?
Le lieutenant, les yeux toujours clos, revit en pensée le petit corps à terre. Il n'avait qu'une envie, c'était de se jeter à terre lui aussi et de le serrer dans ses bras, mais il ne le pouvait pas, il était pétrifié sur place à la perspective qu'il venait peut-être de perdre sa femme une seconde fois. Un bruit de casse lui fit rouvrir les yeux, le masque en os de l'Arrancar posé sur sa tête comme un casque venait de se briser…
- Jo ! S'écria-t-il en se précipitant vers la jeune femme.
- P…présente…Répondit la jeune Shinigami d'une toute petite voix.
- Joyuki ! Oh putain j'y crois pas ! T'es revenue ! Je suis si content ! Ça a été si horrible pendant ces deux mois ! Fit le lieutenant en serrant sa femme contre lui.
- Me serre pas si fort…Sourit Joyuki.
Trop heureux, Renji plongea la tête dans le cou de Joyuki et l'embrassa langoureusement. C'est alors que la quatrième division débarqua dans le manoir.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Joyuki que Renji portait dans ses bras.
- J'ai appelé la quatrième division car…ben…Kuchiki Taicho a été blessé.
- Onii-chan est blessé ! S'écria Joyuki, paniquée. Mais comment ça se fait ?! Qu'est-ce qui s'est passé ? Qui lui a fait ça ?!
Renji lui fit un petit sourire gêné :
- Renji…ne me dis pas que…que c'est moi…
- C'est pas toi ! Plaida le lieutenant. C'était Huzylo ! Et ne t'inquiète pas, il n'est pas mort, juste blessé, il va s'en tirer.
Choquée, Joyuki s'évanouit. Renji se dépêcha de l'apporter dans la même pièce que Byakuya pour que la quatrième division s'occupe aussi d'elle en plus de son frère.
