- Bella, c'est pour toi ! Nous sommes juste à côté si nécessaire et nous surveillons que tout ce passe bien. Ne t'en fait pas.

Je me levais lentement, peu pressée de découvrir l'identité du convive vu l'inquiétude que je pouvais lire sur le visage de Carlisle. Edward sembla être d'accord avec moi puisqu'il m'attrapa par la main et me retins pour que je cesse de marcher.

Après un rapide coup d'œil à son père qui l'autorisa à m'accompagner, non sans augmenter l'angoisse peinte sur sa figure, nous nous dirigeâmes vers la porte d'entrée.

Et qui se tenait en face de moi ?

Demetri !!

Je sentais les forces de mes jambes faiblirent et des frissons parcoururent l'ensemble de mon corps. J'étais paralysée par la peur et l'angoisse si bien qu'il m'était impossible de dire quoi que se soit. Ma bouche avait très certainement du s'ouvrir sous l'effet de la surprise et mes yeux fixaient ces deux points qu'étaient ses iris.

Une alarme se mit en marche au fond de moi me hurlant de m'enfuir pour échapper à ce qui aller suivre, ne me sentant pas la force d'affronter son regard. Un mauvais pressentiment s'emparait de moi.

Je craignais que cette confrontation ne tourne vraiment mal pour moi. Allait-il réclamer mon retour au bercail. Je ne le souhaitais pas.

Et puis mon chéri était là pour me protéger ainsi que toute une famille de vampire prête au combat. Donc, au final, que craignais-je vraiment ? Mis à part les souvenirs d'un cauchemar bien réel s'entend…

Je repris de l'assurance et relevais le visage pour lui montrer que je n'avais plus peur de lui. Edward me tenait toujours la main.

- Bonsoir, dit-il avec un sourire goguenard, ravie de te revoir chère Isabella… Il faut dire que tu m'as quitté assez précipitamment la dernière fois, n'est ce pas ?

Je pris une grande inspiration et réfléchie avant de lui répondre. Il me provoquait.

- Il faut dire que je n'ai pas vraiment apprécié ce qu'il s'est passé. Demetri, j'imagine que tu n'es pas venu jusque là pour des banalités. Que veux-tu ?

- Juste que tu reviennes avec moi ma chérie….

Cette phrase eu l'effet d'une bombe sur moi et Edward le sentit. Je l'entendis grogner comme il le faisait souvent ces derniers temps d'ailleurs. La tension qui émanait de lui était énorme, je pouvais sentir sa main se serrer contre la mienne plus fortement que jamais.

- Bella n'est PAS ta chérie, espèce de sangsue répugnante. Et Bella reste avec sa famille, c'est-à-dire certainement pas toi ! dit-il en serrant les mâchoires pour ne pas hurler sa rage.

- Il doit y avoir méprise, … hum … sangsue comme tu dis si bien hi hi … - ricana-t-il – Bella est depuis vingt ans une Volturi et par conséquent elle ne fait pas partie de ta famille. Elle est en d'autres mots sous ma responsabilité, par conséquent je suis tout à fait en droit de réclamer son retour. J'ai d'hors et déjà contacté Aro qui m'a chargé de la retrouver et la ramener à Volterra pour qu'elle soit jugée pour désertion de poste.

- Quoi ?! dîmes-nous en même temps.

- C'est absolument n'importe quoi. Aucune loi n'interdit à un vampire de quitter son clan pour un autre… signalai-je.

- Sauf que, ma chère, c'est Aro qui fait les lois. Donc s'il veut que tu rentres, tu rentres…

Son sourire méprisant ne semblait pas vouloir quitter son visage et ne me donnait que plus envie de lui enfoncer mon poing dans sa figure.

- D'ailleurs, ajouté-t-il, Aro convit ton petit –ami et ta copine la voyante à nous accompagner.

Un gros silence suivit cette proposition. De un, il n'était pas question qu'Edward se jette dans la gueule du loup. De Deux, j'ignorais totalement où se trouvait Alice ma copine la voyante. A croire qu'il avait perdu la tête en s'imaginant qu'ils allaient acceptés.

Les trois autres hommes de la famille apparurent alors derrière nous pensant probablement à raison qu'il «était temps d'intervenir. Carlisle, en bon chef, prit la parole :

- Si je puis me permettre, notre famille est très soudée. Si une personne doit se rendre avec toi en Italie alors nous viendrons tous aussi. Et tu n'as pas le choix. Soit tout le monde vient, soit tu repars seul. Alors ?

- Je pense qu'Aro va être ravit de retrouver son vieil ami et son épouse, cher Carlisle, répondit-il un rictus se formant sur son visage carnassier.

- Bien, approuva notre père. Qu'il en soit ainsi. Nous nous retrouvons tous dans deux heures à l'aéroport de Chicago.

Ces mots ayant été prononcés, Demetri prit la porte et nous nous retrouvâmes tous une fois de plus dans le salon pour une réunion familiale. Rosalie et Esmée furent les premières à réagir puisqu'elles avaient put suivre la conversation depuis le salon.

- Pourquoi Carlisle ? N'est ce pas très dangereux d'aller là-bas alors qu'Aro recherche désespérément de nouveaux vampires dotés de pouvoirs ? Et pour Bella ? Il va la punir de s'être enfuit et de l'avoir abandonné …

- Je veillerai à ce que ça n'arrive pas… - répondit le patriarche - Mais vois-tu, ce que fait Aro m'inquiète au plus au point et j'ai bien peur que cela n'affecte pas que nous mais aussi toute la population vampirique. Il faut tirer tout cela au clair au plus vite… Or nous sommes une des familles les plus puissantes donc les mieux placéés pour mettre un terme à tout ça !

- Très bien ! Conclut Emmett. Un peu d'action ne nous fera pas de mal après tous ces mois à se morfondre sur la disparition des trois nigauds… en plus, on en a déjà retrouvé deux, c'est trop cool !! Bon faudrait s'échauffer au moins … On y va…. ?!

Je laissais l'excitation d'Emmett de côté et me concentrais sur la réaction de Jasper à l'évocation subtile de la disparition d4alice. Ses traits s'étaient fait tendu et une expression de profond chagrin étirée son visage parfait. Il semblait accepté une fatalité qui ne pouvait que tendre à le rendre malheureux et j'étais bien décidé à le cuisiner sur le chemin vers l'Italie pour découvrir ce qui s'était passé, quitte à lui faire ressasser d'horribles souvenirs.

Je me retrouvai une fois de plus installée à l'avant de la Mercedes de Carlisle. Jasper s'était assis à l'arrière et contemplait le paysage qui défilait à toute vitesse par la fenêtre.

Ils semblaient tout les deux avoir comprit mes intentions puisque bien évidemment, que je sois devenue vampire n'avait pas changé le fait que j'étais un livre ouvert. Une longue et pénible conversation s'annonçait donc.

- Bella, commença Jasper, je sais que tu veux savoir ce qu'est devenu Alice et j'ai bien l'intention de te le dire. … Mais il m'est très douloureux dans parler... Donc s'il te plait ne me demande pas de tout de raconter dans les détails… je ne pourrais pas… C'est encore trop frais pour moi….

A la fin de sa phrase, les intentions de sa voix étaient ponctuées de trémolos, signe d'une grande souffrance qui ne rendait la douleur de Jasper que plus atroce à admettre venant de quelqu'un capable de maîtriser les émotions.

Je me rendais seulement maintenant compte de la souffrance qui émanait des membres de la famille Cullen. Je n'avais pas réussit à interpréter cet à peine perceptible malaise qui se faisait sentir lorsqu'ils s'adressaient à moi. A présent, j'avais une vague idée de l'affliction qui guettait près de leur cœur mort.

- Vas – y Jasper, raconte moi tout ce que tu peux. Je t'en supplie !

Après un rapide énième rappel de la situation dans laquelle se trouvait le clan à notre rupture et leur départ de Forks, mon beau-frère se lança dans le récit de ce qui m'intéressait vraiment :

« Comme tu le sais, lorsque Edward s'est mit en tête de mettre fin à sa vie, Alice a décidée de tenter le tout pour le tout en allant le rejoindre à Volterra.

Vu le temps qui lui restait Alice a un peu forcé l'allure et des humains l'ont entraperçut en train de courir à grande vitesse. Quand elle est arrivée, il était sur le point d'apparaître à la lumière du jour.

Malheureusement, les Volturris les ont attrapé et ont estimé qu'ils avaient tout de même enfreint la loi. Edward avait des circonstances atténuantes… mais pas Alice… Edward s'est alors attelé à la défendre mais tout a très vite dégénéré.

En gros, une baston a débuté dans l'enceinte du château et plein de vampires s'y sont précipités pour s'amuser un peu… Ca s'est vite transformé en véritable cohue.

Il a capté des pensées d'Alice alors qu'il se battait contre deux vampires : elle lui demandé de me faire promettre de faire en sorte que toi et Edward vous retrouviez un jour… si les choses tournées mal pour elle.

Dans la confusion, pas même Edward ne saurait dire comment les choses ont évolué. Ils ont été séparés et il a essayé autant que possible de se défendre… Mais il a vite perdu Alice de vue... et…et…

Quand le calme est enfin revenu, Alice avait disparu. Il l'a cherché évidemment… mais tous ce que Aro, Caïus, Marcus et lui ont retrouvé c'est…. Une … main…

il fit une pose la tête reposant dans ses mains. Je pouvais aisément deviner la douleur qu'il ressentait à cet instant. –

Deux jours plus tard, un émissaire de la famille royal est venu leur annoncer qu'un bûcher avait été dressé à l'extérieur de la ville et que des restes de vampires – dont Alice – avaient été retrouvé. Aro n'a pas cherché à découvrir qui avait fait ça… Mais moi …. Je veux… »

Ce que je ressentais lorsqu'il eut terminait son récit était indescriptible. Trop de souffrance, trop de douleur, …

Le silence qui suivit la déclaration jusqu'à l'arrivée à l'aéroport fut terriblement pesant…

Je n'osais plus parler de peur de déclencher une crise de secousses inébranlable faute de pouvoir pleurer. Je me faisais un point d'honneur à éviter cela pour respecter l'état de deuil dans le quel se trouvait actuellement Jasper.

Je ne pensais pas avoir un jour être ôtant peinée pour quelqu'un... En même temps si j'avais découvert qu'Edward avait définitivement quitter ce monde, je me serais arrangée pour disparaître à mon tour.

J'ignorais comment il faisait pour tenir. Certes, il avait fait une promesse à Alice qu'il n'aurait rompu pour rien au monde... Mais il avait perdu sa moitié, son âme sœur… Sa fidélité envers sa famille et sa volonté à rendre tous ses proches heureux devait être robuste pour accepter de rester.

Perdurer dans ce monde dans le seul but de rapprocher deux personnes de leur famille pour leur permettre de vivre dans le bonheur devait être absolument atroce.

Même si l'on prenait en compte le fait qu'il ressentait les émotions et donc que notre peine d'être loin de l'autre, Edward et moi, devait être cruel, je n'aurai pas moi-même pu supporter cela.

Nous pénétrâmes enfin dans le parking de l'aéroport et abandonnâmes les voitures sur place. Nous retrouvâmes Demetri rapidement dans la foule du hall et le rejoignîmes promptement.

Lorsque nous pénétrions tous dans l'avion, les gens nous fixaient certainement à cause de la profonde tristesse qui pouvait se lire sur nos sept visages.

Le trajet fut rapide et silencieux et lorsque nous arrivâmes à destination, un comité d'accueil constitué uniquement de vampires, nous attendait de pied ferme près à nous suivre dans tous nos déplacements.