La ville médiévale et aux allures festives qui s'étendait devant nous, ne semblait formaliser que moi. De vielles murailles la délimitaient et des maisons d'époques toutes plus variées les unes que les autres constituaient le centre ville. Une grande fontaine trônait au milieu de la place centrale sur laquelle les habitants et touristes se retrouvaient formant de petits groupes de personnes grouillant dans une ville principalement destinée à nourrir une bande de vampires assoiffés.
Nous avons fait le trajet de l'aéroport à ici en voiture pour plus de discrétion. Mais le fait d'être séparé d'une partie de la famille pendant ce laps de temps n'était pas pour me mettre en confiance. De plus, personne n'osait parler comme si le silence pourrait révéler de lourd secret.
Carlisle lançait régulièrement des coups d'oeil à notre escorte personnelle. Il semblait perplexe et indécis. De ce que je pouvais deviner, il ne semblait pas connaître les vampires qui nous accompagnaient alors qu'il avait longtemps auparavant fait un voyage à Volterra où il avait eut l'occasion de rencontrer la garde des Volturris.
Je notai intérieurement qu'ils m'étaient également inconnus. Pourtant, j'avais récemment passé plusieurs années ici il y a peu. Le recensement d'Aro prenait donc des allures dérangeantes si les vampires se ralliaient à sa cause aussi vite et en si grand nombre.
Le conducteur gara la voiture et nous nous retrouvâmes dans une ruelle sombre. Juste à nos pieds se trouvait une bouche dégoût permettant l'accès aux entrailles du siège des vampires.
Nous pénétrâmes tous dans les sous-sols par ce trou circulaire.
Les chemins qui menaient aux grands maîtres furent rapidement parcourut. En effet, une odeur de sang emplissait ces catacombes. Un véritable carnage s'offrait à notre odorat et certains ne semblaient pas avoir la force de résister à l'appel du sang.
Je soupirais fortement lorsque nous entrâmes dans le hall du château. Ces lieux m'obligeaient à me remémorer des souvenirs plus que désagréable. J'aperçue au loin Jane cachait dans l'ombre. Elle semblait heureuse de voir revenir Demetri si rapidement.
Celui-ci prit enfin la parole pour nous indiquer que nous étions attendu dans la grande salle de conférence. Il n'omit bien sur pas de souligner que nous n'avions pas besoin d'un guide puisque je connaissais très bien les lieux.
Nous passâmes par la grande porte en bois sculptée et traversâmes une salle circulaire au fond de laquelle dominaient mes anciens maîtres, confortablement installés dans leur trône.
Mes compagnons eurent l'obligeance de les saluer poliment en quelques révérences retenues. En revanche, je ne me donnai pas cette peine. Ils pouvaient aisément deviner que ma présence aux côtés des Cullens marquée la fin de mon affiliation aux Volturris.
Après l'échange de quelques banalités hypocrites, Jane et Alec vinrent se placer derrière leurs chefs. Ils nous fixaient avec mépris comme si nous étions des animaux près à partir à l'abattoir.
Nous avions toujours été un peu rivaux même si d'autres vampires comme Heidi me soutenaient. Je savais qu'ils me détestaient presque autant que je les détestais.
Aro se tourna vers moi.
- Douce Bella… C'est un plaisir de te revoir. Je craignais que tu ne refuses de revenir parmi nous !
- Je refuse ! Il n'est pas question…
- Bella fait partie de notre famille Aro , me coupa Carlisle, et elle reste avec nous que ça te plaise ou non !
- Hum…. Réfléchit-il.
- Peut-être est ce plus raisonnable, intervint Marcus.
Je ne l'avais, pour ainsi dire, quasiment jamais entendu parler. Et cela me surprit beaucoup qu'il prenne partit pour ma cause.
Aro interrogea Caius du regard pour obtenir son accord puis déclara :
- C'est d'accord. Je vous la laisse. Mais j'ai une question tout de même : pourquoi l'avoir accompagnée ?
- Je cherche en vérité des réponses à tes agissements de ces derniers temps. J'aimerai notamment comprendre le pourquoi de ce recensement.
- Les humains ne sont plus capables de s'occuper d'eux par eux-mêmes. Ils ont besoin de personnes plus forte et plus intelligentes et je suis tout disposé à leur venir en aide. J'essaye de regrouper des vampires à force égale à la mienne pour me seconder dans ma tâche et permettre à ces pauvres êtres fragiles d'acquérir à leur tour plus de force en devenant des nôtres. J'aspire seulement à une profonde harmonie entre nos mondes.
Je remarquais les sourcils froncés de Marcus. Après tout, je ne connaissais rien de son ressenti à notre égard. Peut-être mesurait-il la gravité de la situation ? Il semblait d'autant plus austère à l'idée du partage du monde avec les humains.
Carlisle exprima son mécontentement :
- Comment peux tu aspirer à la réalisation de telles inepties? C'est totalement …
Toute la famille semblait sur les nerfs. Les esprits s'échauffaient ainsi que les corps ne laissant rien présager de bon pour la suite.
- Bientôt seuls règneront sur le monde les vampires aux dons exceptionnels ! Vous n'aurez plus votre place et j'exterminerais tous les imbéciles qui se croiront assez fort pour contrer mes projets ! Ahhhahhhhhahhhhh !
- As-tu donc perdu l'esprit ? Tu es fou ! Personne ne te laissera faire ça ! En tout cas, certainement pas moi ! Contra Carlisle.
- Tiens donc ! Tu crois ça ! Et bien je vais te prouver que as tord de te croire si puissant ! Arrêtez les tous !
Ces brutes de vampires nous attrapèrent violement par les bras et nous entraînèrent vers le côté opposé de la pièce. Je me débattais tant bien que mal mais ils étaient deux à me tenir fermement.
Du coin de l'œil, j'aperçue le patriarche de la famille se laissait faire et les suivre sans opposer de résistance. Voyant son épouse et ses enfants suivre son exemple, je cessais de donner des coups et suivais nos gardes sans tenter de me défendre.
Il est vrai que dans un château remplit d'ennemis, nous ne ferions pas long feu même si nous parvenions à leurs échapper.
Nous pénétrâmes dans ce qui me parut être des sous-sols très profonds à en juger par l'humidité et la noirceur qui emplissaient le couloir. Les gardes se stoppèrent et nous encerclèrent.
Jane réapparut dans mon champ de vision. Ses yeux pétillaient de vengeance et son sourire satisfait me laissait entrevoir l'étendue de la réjouissance qu'elle ressentait à me voir dans une telle situation.
Les cellules dans lesquelles vous allez être enfermés ont été fabriquées de sorte à résister à la force et aux dons de notre espèce. Donc inutile de tenter quoi que se soit pour vous échapper. Vos voisins de cellules ont tout comme vous émit une certaine résistance envers le projet de mon maître… Et bientôt, nous vous brûlerons tous….
Quelques gardes longèrent le couloir lugubre et entrouvrirent les portes blindées dégageant une large embrasure. Maintenant l'accès, ils nous firent signe tour à tour de pénétrer dans les boxes qui allait nous servir de lieux de vie les jours à venir.
Je me résoudais avec peine à lâcher la main de mon âme sœur. Il me regarda longuement avant d'être enfermé dans la pénombre de sa cellule. Je souffrais d'être encore une fois arrachée à l'homme que j'aime plus que tout. Tête baissée, je fixais amèrement le sol cherchant désespérément un plan de dernière minute pour nous sortir du pétrin dans lequel nous étions par ma faute.
Rien ne venant, je relevais le visage et affronter le regard dur d'Emmett obliger d'abandonner à son tour son épouse. Ils étaient arrachés à leur femme de manière si cruelle… Et à cause de moi…
Je gagnais lentement et sombrement la cabine sinistre avant de voir s'éteindre la lueur de vie qui persistait dans les yeux d'Esmée, seule à n'avoir pas encore était enfermée. Je me sentais lasse et affligée par le remord… Toute possibilité de lutte inutile et vaine avait désormais disparue…
Je considérais la toute petite pièce dans laquelle je me trouvais. Un carré dont les murs sales et vieillis par le temps me donnaient l'impression d'étouffer. Le sol était jonché par quelques os de souris, vestiges de la seule subsistance dont pouvait jouir mes prédécesseurs.
Et moi ? Et nous ? Qu'allions-nous boire… ? Rien probablement. Une excellente façon de nous affaiblir et de nous rendre inoffensif était de nous priver de sang, humain ou animal, jusqu'à nous rendre fois…
Je m'affalais à l'angle de deux murs de pierre, mais seuls compagnons pour certainement un long moment…
Je refermais mes jambes contre mon torse pour me protéger d'un danger inexistant dans cet endroit clos et posais ma tête entre mes jambes… La seule façon e ne pas songer à la misère de ma condition était encore de me replonger dans mes merveilleux souvenirs…
Le temps n'avait plus court ici…
Je comptais une heure à me ressasser en long, en large et en travers ma première fois avec Edward…
Je supposais une journée à analyser le pourquoi de son départ de Forks sans trouver de réponse convaincante à mes yeux…
Le silence… un horrible silence…
Trois jours ? Quatre ? Cinq ?
Un monstrueux cri perça le silence alors que je me rappelais de mon arrivée à Forks et de ma rencontre avec Edward… Ce timbre… Jasper à n'en pas douter… Il avait toujours était celui lui résister le moins au sang humain… L'absence de ce précieux liquide lui devait être intenable…
Une semaine ? Deux ?
La faim me torturait…. Les douleurs à l'estomac se faisaient permanentes. Je sentais mes veines palpitaient contre ma peau attendant désespérément de pouvoir faire circuler le sang. Je souffrais. Je désirais mourir pour faire cesser cette souffrance.
Il m'était désormais impossible de penser convenablement. J'étais déchirée de l'intérieur par ce mal… Je n'appelais plus qu'à la délivrance ultime. Appeler ! Oui, désormais c'était moi qui hurler ma douleur ! Car c'était tout ce que je pouvais faire… Tout ce que mon pauvre corps affaiblit pouvait envoyer comme message à mon cerveau… Mon seul organe pouvant encore répondre à mes besoins primaires…
Un mois ? Non… Un peu moins… quoi que ?
Mes hurlements se mêlaient à présent en un véritable concert à ceux des autres prisonniers. Parfois, j'arrivais à distinguer le timbre d'Edward ou de Carlisle ou même Esmée à l'occasion…
Il arrivait que, sans comprendre pourquoi, une onde d'espoir me traversait. L'un d'entre nous aurait une idée pour nous sortir de là… mais dès qu'un nouveau cri retentissait, cet espoir disparaissait…
J'avais renoncé à compter les jours : de toute façon, cela ne servait à rien…
J'avais renoncé à l'espoir…
Mais je ne renonçais à me tordre de souffrance, me tenant le ventre tend la souffrance était atroce….
De nouveau…. Un profond silence inquiétant….
Puis des bruits de pas qui résonnaient dans le couloir et faisaient vibrer la porte de la cellule… Non… Pas des vibrations… Le son d'un loquet qu'on soulève… Mon loquet… La porte qui s'entrouvre… Une main qui apparaît… Une main blanche… comme la mienne… Un vampire ? …. Qui ?...
Là, en moins d'une fraction de seconde, un scénario se met en place dans ma tête…
« Une toute petite main : fragile et gracile. Une main que je ne connais que trop bien… La porte s'ouvre alors en grand. Et là, apparaît dans la vive lumière le doux visage de ma si regrettée Alice. Mais si elle est là, qu'elle se tient devant moi, debout ça veut dire qu'elle n'est pas morte. Sauf si je le suis aussi bien évidemment. Alors peut-être que la personne qui allait entrer dans ma cellule m'a tuée mais que tout c'est passé si vite que je n'ai pas eu le temps de réaliser et que je suis morte ? »
Je clignais des yeux deux fois. OK, je deviens folle… Ou alors, je commence à prendre mes rêves pour la réalité, comme vous voulez….Pas d'Alice en face de moi. Juste… Bon Dieu mais qu'est ce qu'il fait là celui-là ??!
