Chapitre 27 : Grosse surprise.

- Ahaaaaaaaaaaaaaaaaa ! Trucidez-moi, pitié ! Faites-moi arakiri avec l'aiguille de la péridurale ! Cria Joyuki, les mains agrippées dans ses cheveux par la douleur.
- Du calme, du calme, c'est bientôt fini. Hasarda Renji, complètement impuissant parmi les membres de la quatrième division qui se préparaient pour l'accouchement.
- OH TOI TA GUEULE ! TOUT CA C'EST DE TA FAUTE ! TU NE ME TOUCHERAS PLUS JAMAIIIIIIIS !
- Vous en faites pas, elles disent tout ça. Lâcha laconiquement un aide-soignant qui en avait vu d'autres.
- T'EN VEUX UNE AUSSI LE STAGIAIRE ?!!!!! Vas-y approche que je t'arrache les boyaux ! Allez viens te battre si t'es un homme ! Aha, tu fuis hein ?! Sale lâche ! Taffiole ! Menaça la future mère en plein travail en essayant de se redresser sur la table d'opération.
- Joyuki, calmez-vous s'il vous plaît. Dit une douce voix.
- Unohana Taichooo. Fit Jo, au bord des larmes de joie. Vous êtes venue m'anesthésier hein ? Pas vrai que vous allez me donner une dose de cheval pour plus que je souffre comme une dingue ?! Dites oui, pitié !
- Non. Votre col de l'utérus est bien dégagé, cela va pouvoir être un accouchement par voie naturelle.
- HEIN ?! MAIS VOUS SAVEZ CE QU'IL VOUS DIT MON UTERUS ?!!
- Du calme, du calme. Allez Jo, pense qu'on va avoir des bébés ! Fit Renji, un sourire béat sur les lèvres.
Joyuki lui mit une patate en plein dans l'œil pour seule réponse.
- JE vais avoir des bébés ! C'est pas toi qui est allongé sur une table les jambes écartées devant une dizaine de personnes que je sache alors viens pas la ramener avec ton « on » ! C'est MOI qui souffre okay ?! Alors viens pas m'emmerder avec ta modeste contribution d'il y a neuf mois !
- Appeler une infirmière pour l'arcade d'Abarai je vous prie. Dit Unohana à une de ses subordonnées.
- Bah en voilà une idée qu'elle est bonne ! Envoyez-le sauter une infirmière comme ça dans neuf mois elle sera dans la même galère que moi : une grosse flaque de sang dans la cuisine et les jambes en l'air sur une table dure comme de la pierre ! Je lui souhaite bien du courage moi !
- Nous pouvons commencer. Annonça Unohana, ignorant complètement les vociférations de sa patiente.

Le capitaine fit une nouvelle échographie à Joyuki tandis que trois de ses subordonnées s'affairaient pour donner naissance aux jumeaux.
- C'est pas un peu tard pour l'échographie ? Hasarda la future maman.
- Pour une fois que j'ai l'occasion de vous en faire une, je vais enfin comprendre pourquoi votre ventre est de taille si conséquente. Si vos enfants souffrent d'une maladie quelconque, il faut que je sache quelles mesures prendre pour quand ils seront nés.
Joyuki renversa la tête en arrière et grinça des dents.
- Poussez madame, on voit presque la tête !
- Je pousse si je veux !
- C'est bien cette salle pour l'arcade de monsieur Abarai ? Demanda une nouvelle infirmière en passant la tête dans l'entrebâillement de la porte.
- Pas touche pétasse, il est à moi ! Cria Joyuki.
- C'est bien ici, nous vous laissons vous en occuper. Répondit Unohana.
Le capitaine reporta son attention sur l'écran noir parcouru de zones noires et blanches hétérogènes avant d'écarquiller les yeux :
- Ca alors ! S'exclama-t-elle.
- Quoi ? Quoi ? Il se passe quoi ? Demanda Joyuki en se tortillant pour essayer de voir l'écran.
- Préparez de suite une couveuse, c'est une urgence ! Ordonna Unohana.
- Mais ils sont pas prématurés ! Fit Joyuki.
- Pas ceux que nous avons vus, mais le dernier, si !
- Hein ?! Mais j'en attends que deux !
Unohana tourna l'écran vers Joyuki :
- Trois. Rectifia-t-elle.
- Mais… Mais… Commença Renji en se levant et s'approchant.
- … JE SAVAIS QU'ILS INVITAIENT DES POTES ! JE LE SAVAIS ! Hurla Joyuki à s'en faire péter les poumons.
- Comment c'est possible ?! Reprit le lieutenant.
- Ce n'est pas la poche de réiatsu qui prenait tant de place, c'était un autre fœtus qui n'a commencé à se développer qu'après les jumeaux que vous aviez vus lors de la première échographie.
- Mais… pourquoi on l'a pas vu avant ?
- La poche de réiatsu le comprimait contre la paroi du placenta et a empêché sa croissance durant un moment. Le problème est qu'il va naître avec vos deux jumeaux à terme sans avoir fini son propre développement.
- Oh merde… Souffla Renji, plus inquiet que jamais.
- Aaaaaaah. Grogna Joyuki dans un râle d'agonie.
- Le premier arrive ! S'écria une des sages-femmes.
- Pas trop tôt ! Fit la mère.
- Le voilà ! Le voilà !
- Son frère a intérêt à se magner aussi, sinon… Unohana Taicho, pour l'invité surprise, est-ce que ça… AH !
- Et voilà ! Votre premier petit garçon est arrivé, madame Abarai !
- Me faites pas chier alors qu'il en reste deux derrière ! Hey ! Où vous emmenez mon gosse ?! Je vous ai pas permis de le prendre ! Rendez-le-moi ! Cria Joyuki en voyant l'infirmière s'éloignant avec un petit bout de chou emmitouflé dans une serviette.
- Le deuxième arrive ! Poussez madame, continuez, c'est bien !
- J'en peux plus, suicidez-moi !
La mère des triplés sentit qu'on lui épongeait le front et rouvrit un œil. Son mari lui sourit, visiblement sans rancune pour son arcade.
- Et de deux ! Courage madame, c'est presque fini.

Quatre Shinigamis poussèrent la porte de la chambre, amenant avec eux une grande couveuse en plastique transparent. Ils placèrent l'engin près de la mère et ressortirent aussi sec.
- Oh… il est vraiment petit… Dit une sage-femme, nettement moins enjouée que tout à l'heure.
- Mais ça va aller hein ? Il va survivre, n'est-ce pas ? Lança Renji.
Un silence pesant fit office de réponse. Le lieutenant et Joyuki échangèrent un regard anxieux alors que l'on plaçait le troisième enfant dans la couveuse et l'emmenait en courant vers les soins intensifs.
Joyuki tressaillit. Autant la naissance des deux premiers enfants avait été douloureuse, autant celle du troisième avait été indolore. Elle n'avait même rien senti du tout, aucune sensation, comme si elle n'avait pas mis au monde un nouvel enfant.
Merde, il était si petit que ça ?
- Oh mince… Lâcha Jo.
- Voilà, c'est fini madame.
Il y eut un blanc, le temps que les infirmières quittent les lieux et que les parents se remettent de leurs émotions.
- Je suis papa ! Lança alors Renji.
- J'suis dans l'coma ! Répondit Joyuki en s'évanouissant.

***

La Kuchiki fut transportée dans une chambre annexe, plus grande et plus proche de la salle des couveuses. Elle reprit conscience une heure après, Unohana expliquant à Renji que ce n'était qu'un évanouissement dû à la fatigue.
- Ils t'ont dit de ne pas te lever. Batailla le mari en essayant de maintenir sa femme sur le lit d'hôpital.
- C'est mort ! J'ai un de mes enfants qui est un grand prématuré et deux qu'on sait même pas ce qu'ils en ont fait ! Je refuse de rester là alors que… OH MON DIEU ! Si ça se trouve ils les ont refilés à Mayuri comme cobayes pour ses expériences !
- Unohana Taicho ne ferait jamais une chose pareille.
- Qu'est-ce que t'en sais ?! Si ça se trouve, ils sont de mèche…
- Bonne nouvelle ! Lança d'un air enjoué une infirmière en entrant. Vous pouvez voir vos petits ! Asseyez-vous, on vous les amène.

Joyuki se redressa dans son lit, Renji se posant sur le siège à côté d'elle. Une des sages-femmes entra, portant un petit paquet dans une serviette rose.
- Et voilà votre cadet ! Il est a-do-rable, tout le service de la maternité s'est battu pour lui donner son premier bain !
L'infirmière se posta près du lit de Joyuki et tendit le nouveau-né à sa mère. Celle-ci écarta les pans de la serviette pour mieux voir son visage. La maman fondit instantanément :
- Oooooh ! Il est mignon comme un cœur ! Il tient déjà de sa mère ! Affirma-t-elle fièrement.
- Ah, parce que les cheveux rouges il les tient de toi peut-être ? Lança Renji, penché sur son bébé.
- Ils sont pas rouges ! Ils sont… plus pâles que les tiens !
- A mi-chemin entre le rouge et le blanc. Sourit Abarai.
- Ouais, un point partout donc. Mais il a mon teint ! Conclut Joyuki.
- Ton teint ? Attends il a le teint de personne !
- Mais si ! Toi t'as la peau bronzée et lui est aussi blanc que moi ! Je mène deux à un ! Mwahahaha !
- Mais si ça se trouve il a mes yeux !
- C'est ton seul moyen pour égaliser, mon vieux. Rit Joyuki.
Le bambin se mit à remuer et gémir, ouvrant ses grands yeux. Leur couleur laissa cois ses parents.
- Wah… Renji, t'as déjà vu un vert aussi magnifique toi ?
- Non… Et pour le coup, il a les yeux de personne.
- On a pas d'yeux verts dans la famille, ça doit venir de ton côté.
Renji accusa le coup. « De son côté » ? Lui qui n'avait jamais connu ses parents, il n'en savait rien.
Abarai fut pris d'un léger malaise. Il n'avait jamais connu sa famille, et jusque là, ça ne l'avait jamais affecté, mais maintenant qu'il était devenu père, ça le tracassait. Que dira-t-il quand ses enfants demanderont comment s'appelle leur grand-mère ? Que dira-t-il quand ils demanderont à quoi ressemblait leur grand-père ? Que dira-t-il quand ils poseront des questions sur ses oncles ou ses tantes, s'il en avait jamais eu un jour ? Il n'était même pas fichu de dire à qui appartenaient ses deux émeraudes dont son fils avait hérité par son biais…
- Renji, ça ne va pas ? Demanda Joyuki en voyant que le lieutenant avait les yeux dans le vague.
Ledit lieutenant sursauta.
- Si, ça va.
Joyuki haussa un sourcil interrogatif et décida de ne pas l'assommer de questions. Pas aujourd'hui. Elle reporta donc son attention sur son cadet qui explorait la pièce des yeux tout en remuant ses bras et ses jambes.

Une deuxième infirmière finit par rentrer, l'air légèrement essoufflée :
- Je suis vraiment désolée, monsieur Abarai, madame Abarai. Je ne peux vous apporter votre aîné que maintenant, il nous a causé quelques soucis.
- Quelques soucis ? Mais il va bien ?! S'écria Joyuki.
- Parfaitement bien. Mais il remuait tellement qu'on a dû s'y mettre à quatre pour réussir à le laver et à le changer !
Joyuki et Renji échangèrent un regard portant un même message « lui, il va nous en faire baver ».
- Tenez ! Lança l'infirmière en tendant le petit paquet emmitouflé dans une épaisse serviette à Renji.
- Euh… moi ? Fit le lieutenant en reculant instinctivement.
- Et bien oui, vous. Madame Abarai en a déjà un avec elle. Et puis, avec vos gros bras, vous n'aurez aucun mal à l'empêcher de tomber en remuant.
- Mais euh non justement ! Je vais le faire tomber moi ! J'y connais rien !
- Allons, allons, tendez vos bras, vous allez voir.
- Mais non mais…
- Collez-lui dans les bras, il sera bien obligé de le prendre comme ça. Lança Joyuki.
- Mais t'es tarée ! Je sais pas y faire moi avec les gosses ! Je vais lui casser quelque chose, je faisais pas partie de la onzième pour rien ! - Collez-lui dans les bras. Répéta Joyuki en regardant l'infirmière d'un air de dire « ne lui donne pas et je te scalpe. »
Dans un haussement d'épaule, la sage-femme posa le bébé contre le torse de Renji et fit mine de le lâcher. Abarai précipita ses bras en dessous du petit pour le récupérer. La sage-femme s'éloigna avec un regard complice pour la maman.
- Bah tu vois que tu ne lui fais pas mal. Sourit Joyuki en regardant Renji, pris au dépourvu et pratiquement paralysé.
- Il arrête pas de remuer. Se plaignit le mari en ne cessant de changer ses bras de position pour s'adapter à la gestuelle de son bébé.

Joyuki se pencha au-dessus de son aîné pour en voir les traits.
- A lui, c'est sûr, il a tes cheveux ! Déclara-t-elle en avisant l'imposante tignasse rouge vif.
- Mais tes yeux. Précisa Renji en essayant de dégager le bout de shihakusho sur lequel son fils tirait.

***

- Et bah, il en a de l'énergie celui-là. Observa Joyuki, les yeux écarquillés par la vue de son aîné en train de tirer vigoureusement sur une mèche de cheveux de son père.
- Tu veux pas qu'on échange ? Grogna Renji.
- Non, il est bien le cadet là. Dit Joyuki en désignant le bambin qui tétait bien sagement.
- Et tu veux pas allaiter l'aîné là ? Juste le temps que AIE ! Lâche les cheveux de papa !
- Il a déjà mangé, l'aîné…
- Lâche les cheveux de papa j'ai dit !
- C'est bien ton fils lui… Il a hérité de ton côté « onzième division ».
- Oui bon ça va hein !
Le cadet arrêta là son repas, lâchant un petit rot de contentement.
- A la tienne, mon grand. Fit la maman.
- Il me tire les cheveuuuuuuuuuuuux.

Le round père-fils prit fin quand on toqua à la porte :
- Entrez ! Invita Joyuki.
Rukia passa la tête par l'entrebâillement :
- Hey, Rukia ! Viens, entre ! Dit Renji en esquivant les petites mains qui cherchaient à agripper ses cheveux une nouvelle fois.
- Hanatarou vous a vu passer dans les couloirs ce matin alors il nous a appelés pour nous dire que Joyuki accouchait.
- « Nous » ?
Un rouquin dégagea alors la petite brune d'un magistral coup de pied aux fesses :
- HEEEEEEEEY RENJIIIIIIIIII ! Alors ils sont où tes morveux qu'on se marre un peu à te voir jouer les paternels ?
- Gueule pas comme ça, crétin !
- Woaaaaaaa ils ont des tiffs rouges ! Trop fort ! T'as transmis tes tatouages avec ? Sûr qu'avec ça tu peux pas les renier !
- Mais tu vas la mettre en veilleuse oui ?!