Je crois que celui-ci est mon chapitre préféré car il y a mon personnage favoris
Je n'en dit pas plus, bonne lecture !

P.S : merci à ceux qui continuent de me lire et à me laisser ces petits mots qui m'encouragent !


« Passer ton permis ? »

Harry acquiesça devant la rouquine qui le fixait, un sourire en coin.

« Je ne voudrais pas que ton père continue à venir me chercher le matin… Et les bus du soir sont souvent bondés. Si je passe le permis, je me trouve une petite voiture pas trop chère, juste pour faire le trajet et voilà ! Ca sera plus facile aussi pour les courses : on ne demandera plus à ta mère de nous accompagner. »

Ginny sourit et se pencha vers son petit ami pour l'embrasser.

« Très bonne initiative… »

« Et toi ? »

« Moi ? Hmm… J'attendrais encore un peu. Par contre Hermione semblait intéressée je crois. Tu devrais lui en parler : avec elle, tu es sûr d'avoir la meilleure note… Enfin après la sienne. »

Harry acquiesça et se releva en entendant klaxonner.

« Je suis sûr que les voisins seront contents de ne plus entendre ce klaxonne… »

« Je suis sûr que mon père sera déçu de ne plus discuter avec toi le matin. »

Le jeune homme ricana et embrassa Ginny avant de partir rapidement, ne voulant pas faire patienter son futur beau-père.

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Ron était dans la cuisine et avait entendu la discussion en prenant son petit déjeuner. Il avait aidé Ginny hier à finir quelques petits travaux jusque tard dans la nuit. Cela lui avait permis d'éviter Hermione qui était restée à discuter avec Harry. Sa sœur entra dans la cuisine et le salua.

« Harry va passer son permis ? »

« Oui. Et tu devrais faire pareil, tu sais. »

« Non, merci. »

« C'est un « non, merci, j'ai pas envie de croiser Hermione » ou plutôt un « non, merci, je préfère continuer de rouler en moto sans permis au risque de me faire arrêter et de subir les foudres de maman » ? »

Ron déglutit difficilement, imaginant la colère de sa mère.

« Ou… Ouais, je me débrouillerais. »

« Alors, tu vas t'inscrire ? »

« Non. »

Elle leva les yeux au ciel en soupirant. Cette tête de mule ne changerait jamais !

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Les vacances d'été étaient insupportables pour Hermione : ses professeurs étaient en vacances et la plupart des élèves de sa classe auxquels elle donnait parfois des cours étaient loin de la ville. Des livres et des cahiers entrouverts jonchaient le sol ça et là. Elle avait essayé de faire un tri, de se changer les idées, mais depuis peu, la silhouette d'un rouquin ressurgissait dans son esprit, sans prévenir, la déviant de ses activités. Pattenrond sauta sur le lit en ronronnant bruyamment et elle lui lança un regard boudeur. Depuis quelque temps, il partait du petit studio pendant des jours, pour revenir la saluer, les poils plein de feuilles et le museau noir.

« Même toi tu me délaisses. »

Il s'étira mollement et sauta au sol, agitant lentement sa queue, sans la quitter du regard. Elle sourit, amusée.

« Tu as faim, c'est ça ? Ingrat, va… »

Elle se leva et avança vers les placards, les idées embrumées. Pattenrond poussa un gros miaulement aigu, mais avant qu'elle ne réagisse, elle se prit le pied dans un de ses cahiers et sa tête heurta la porcelaine froide de l'évier.

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« Tu ressembles vraiment à Charly avec cette coupe de cheveux, Ron. Il faudrait changer ça. Et puis te raser un peu aussi, depuis que tu es revenu, tu te négliges. »

« Je me négligeais déjà en Roumanie. »

« Ce n'est pas une raison. On va aller en ville cette après-midi. Je vais te trouver des vêtements plus « frais » et on va faire quelque chose à cette tignasse ! »

« Pardon, je crois avoir mal entendu, tu as bien dit « On » ? Laisse-moi comme je suis, je me sens bien. »

« Tu va venir avec moi, que cela te plaise ou non ! »

« Arrête, on dirait maman… J'ai pas envie de bouger aujourd'hui. »

Ron n'avait pas tord, mais cette remarque énerva Ginny. Elle connaissait sa mère et elle savait qu'elle-même avait un fort tempérament, mais être comparée à Molly l'énerva. Elle serra les poings et alla au téléphone.

« Très bien, dans ce cas, j'appelle Hermione pour qu'elle vienne prendre le thé. »

Il se retourna vivement vers elle et lui lança un regard noir.

« Tu n'oserais pas… »

« Je suis ici chez moi ! Je fais ce que bon me semble !! »

Elle pianota sur le combiné et porta l'appareil à son oreille. Plusieurs sonneries retentirent avant que Ron ne lui arrache vivement le téléphone des mains en raccrochant.

« Tu veux aller faire les boutiques ? Très bien ! Tu veux que je m'achète un rasoir ? Ok ! Mais ne touche pas à mes cheveux ! »

« On croirait entendre Charly… »

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Pattenrond était monté sur le bureau et avait donné un coup de patte dans le téléphone pour le décrocher, malheureusement les sonneries s'étaient tut. Il jeta un regard paniqué autour de lui, ne sachant que faire. Il redescendit du bureau et rejoignit le corps inerte de sa maîtresse. Il lui donna un coup de tête, puis un deuxième, avant de lécher consciencieusement la plaie d'où s'écoulait un filé de sang : mais ses yeux ne se rouvrirent pas. Il se tourna vers la fenêtre et s'avança, jetant un dernier regard à Hermione, puis il sauta vers l'extérieur.

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Ron ne savait pas comment il avait fait pour se laisser convaincre… La boutique Guipure fut le premier arrêt vers l'enfer. Ginny allait de rayon en rayon, choisissant divers ensembles masculins, simples mais classes avant de revenir à chaque fois vers la cabine d'essayage où se tenait son frère.

« Essais-moi ça. »

« Tu sais que tu es chiante ? »

« Moi aussi je t'adore, Ron. Essais-moi ça et arrête de discuter ! »

Il soupira et attrapa les vêtements. C'était le même genre qu'il portait au lycée, en un peu plus adulte. Ginny n'avait pas tord dans le fond : il se négligeait depuis qu'il était parti en Roumanie, et maintenant qu'il était revenu, il prenait encore moins soin de lui. S'il voulait faire payer à Hermione, lui faire regretter de l'avoir repoussé, la faire languir pour la voir souffrir lorsqu'il lui rirait au nez, il devait jouer avec son physique. Il se gratta machinalement la fine barbe qui recouvrait le bas de son visage et il grogna.

« Gin' ? »

« Oui ? »

« Y a un coiffeur qui fait barbier aussi dans le coin ? »

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Pattenrond errait dans le quartier, à la recherche d'une tête connue. Il aurait très bien pu aller jusqu'aux parents d'Hermione, mais la grosse avenue à traverser le terrorisait et il refusait de se changer en pâté pour chat au chat ! Il s'assit un instant à un arrêt de bus, perdu, puis il releva la tête au-dessus de lui. Il y avait l'enseigne d'un grand magasin qu'il connaissait puisqu'Hermione l'amenait souvent se faire toiletter là bas. Il y avait beaucoup de monde à cet endroit et cela lui faisait peur, mais dans les bras de sa petite maîtresse, rien ne l'effrayait. S'il avait peur d'y aller, peut être qu'elle n'ouvrira plus les yeux et ne le prendra plus dans ses bras… Il aperçu un groupe de jeunes arriver et il se cacha derrière une poubelle, aux aguets. Un bus arriva, avec la même enseigne que le magasin : c'était dans ce bus qu'Hermione l'amenait pour aller se faire toiletter ! Mais comment monter sans se faire repérer ? Son regard félin se posa alors sur un sac de sport en parti ouvert. Il s'y faufila aisément et s'y lova, attendant patiemment. Dans sa tête, un mécanisme d'horloge se déclencha : il savait combien de fois le bus s'arrêterait avant le grand magasin, il savait combien de temps cela allait mettre. Il n'avait pas à avoir peur. Il sentit le sac s'agiter et s'élever. Il ronronna de soulagement : son plan fonctionnait à merveille.

« Il est vachement lourd ton sac ! T'as mis quoi dedans ? »

« Bah tout le matériel à revendre au Chemin de Traverse… »

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« Voilà, ici c'est un très bon coiffeur. »

« Comment tu le sais ? C'est un coiffeur pour homme. »

« Je le sais parce que j'y suis déjà allée. »

Ron haussa un sourcil.

« Avec Harry ? »

« Non. »

Le rouquin leva la tête et son regard se posa sur la porte du fond.

« C'est un bon coiffeur ? »

« Oui. »

« Et c'est un barbier aussi ? »

« Oui. »

« Alors c'est quoi cette porte au fond avec marqué « toilettage animaux » ? »

« Il est polyvalent, c'est tout, allez, entre !! »

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Ca y est, c'était le moment de sortir du sac. Pattenrond se faufila avec une agilité exceptionnelle, se glissant entre les fauteuils, jusqu'à la porte qui s'était ouverte et il atterrit sur le trottoir. La galerie de magasin lui faisait face et il s'arrêta, le regard dans le vague. Qui contacter ici ? Le toiletteur était effrayant avec ses ciseaux, mais il était la seule personne qu'il connaissait ici. Il hésita et repensa à sa chère petite maîtresse, puis s'engagea au milieu des passants, décidé.

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« Bienvenue ! Je m'occupe de vous tout de suite, installez vous ! »

Ron allait répliquer mais Ginny lui lança un regard noir qui l'en dissuada. Un peu de mousse à raser ici et là, deux coups de rasoir, une serviette chaude… Ron souriait en somnolant : se faire chouchouter n'était pas dans ses habitudes, mais pour une fois cela lui fit un grand bien… Tant qu'il fini par s'endormir.

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« Ron ? »

Hermione se tenait face à lui, Pattenrond entre les bras qui lui lançait des regards noirs. Une jalousie avait toujours régné entre eux depuis leur première rencontre.

« Tu veux un peu de thé ? »

Il regarda autour de lui : il était dans un fauteuil, celui du salon des parents d'Hermione. Il se rappelait doucement… Il était rentré des cours, finissant une heure de colle avec Rogue et il s'était précipité chez la jeune fille. Qu'est-ce qu'il aimait venir la voir, l'embrasser sur le pas de la porte avant qu'elle ne le guide dans le fauteuil en lui glissant à l'oreille que ses parents n'étaient pas là avant la nuit. Il baissa la tête et ses yeux rencontrèrent ceux de Pattenrond qui ne cillait pas.

« Qu'est-ce que tu me veux, le chat ? »

« Je m'appelle Pattenrond, pas « le chat »… »

« Oui je sais. Ta maîtresse aurait dû plutôt t'appeler Ventrerond, gras comme tu es. »

« Et toi Poil de carotte t'irais bien mieux comme nom ! »

Le chat sauta sur le canapé, en face de Ron.

« Arrête de me fixer comme ça, et je te rappelle que tu es aussi roux que moi ! »

« C'est pour ça que je te déteste… Elle ne parle que de toi et elle ne pense plus qu'à toi. J'étais là avant toi dans cette maison ! »

« Je la connais depuis bien avant toi, tu sais ! »

« C'est ma petite maîtresse à moi !! »

« Pas question, c'est ma copine, elle est à moi ! »

« Moi je l'aime !! »

« Moi aussi !! »

Pattenrond sauta vivement sur la petite table, nez à nez avec Ron.

« Ah ouais ? Alors pourquoi t'es parti ? Pourquoi t'as pas voulu discuter avec elle ? Pourquoi t'avais pas confiance en elle ? Hein ?! Si tu l'aimais vraiment, tu aurais essayé de comprendre et tu aurais vu que tu n'es qu'un abruti et qu'elle a fait tout ça pour ton bien ! »

Ron écarquilla les yeux, rouge de colère.

« Je l'aime ! »

« Alors pourquoi dis-tu tout le temps le contraire ? Si tu l'aimes, pourquoi est-ce que tu l'as ignoré aussi longtemps ? Pourquoi ne reviens-tu pas vers elle ? »

« Elle ne m'aime plus. »

« Qu'est-ce que tu en sais ? Je ne serais pas là à me disputer avec toi si j'étais le seul rouquin dans son cœur, stupide humain !! »

Ron fronça les sourcils, suspicieux.

« Depuis quand les chats parlent ? »

« Depuis que des humains sans cervelle comme toi s'endorment chez le coiffeur… »

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Ron se réveilla brutalement, regardant autour de lui. Ginny était assise à côté, hilare.

« Je crois que c'est quand tu as commencé à ronfler que c'est devenu très amusant ! Et je ne parle même pas de la bave au coin de la bouche ! »

Le jeune homme s'essuya vivement et tourna la tête vers le coiffeur.

« Désolé. »

« Ce n'est pas grave, vous n'avez pas bougé au moins, ça a été beaucoup plus simple. »

Devant Ron, Ron… Enfin un Ron plus charmant. Les cheveux longs et la barbe lui donnaient un certain charme, mais les cheveux cours et la peau dégagée était l'allure qui lui allait le mieux. En fait, il ne ressemblait pas tant que ça à Charly comme ça et il se félicita d'avoir cédé au caprice de Ginny. Cette dernière se pencha à côté de lui, dans son reflet et elle sourit.

« Mon frère est un beau gosse, je savais que tout n'étais pas encore perdu. »

Il lui lança un regard vexé et elle ricana. Mais il eut un drôle de frisson lorsque dans le reflet, derrière son épaule, au fond du magasin, il aperçu un chat roux, avançant timidement, la queue balayant le sol. Le chat tourna la tête vers le reflet et ne quitta pas Ron de son regard doré. Le même regard qu'il avait, il y a encore quelques instants, dans son étrange rêve.

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« Oh ! Pattenrond ! Tu es venu me dire bonjour ? »

Le coiffeur se pencha et attrapa le chat qui ne se débattit même pas.

« Ta petite maîtresse est venu t'amener ? C'est bizarre, elle ne te lâche jamais d'habitude… »

Ginny s'était rapproché.

« Il a peut être fugué, Hermione m'a dit qu'il partait pendant plusieurs jours ces derniers temps. »

Ron retira la chemise de protection et se tourna vers le petit groupe, retrouvant le regard du chat.

« Pourquoi tu me regardes comme ça, toi ? »

Il s'attendait presque à ce qu'il lui réponde, comme dans son rêve, mais au lieu de ça, il lui sauta dans les bras. Ron le rattrapa à temps et l'animal se dressa sur ses pattes arrières, reniflant le jeune homme. Il émit un petit « miaou » et Ron fronça les sourcils.

« Il a bien changé, avant il m'aurait mis un sacré coup de griffe si j'avais été aussi prêt de lui… »

« On va le ramener à Hermione… »

« Ah non ! Ramène-le toi si tu veux, moi je rentre à pied ! »

« Ron, il y a plein de sac à porter. Pattenrond est déjà dans tes bras, c'est réglé ! »

Il ne pu rien dire. Ginny paya le coiffeur et ils quittèrent le Chemin de Traverse. Pattenrond était agrippé au T-shirt de Ron qui grimaçait.

« Rha, rentre tes griffes au moins ! »

Ginny lança un regard en coin.

« C'est bien la première fois que je le vois comme ça, il n'a pas l'air très bien. »

« Avec tout ce monde au magasin, il a dû se prendre peur. Ou bien des enfants ont dû l'embêter… »

Ils prirent le bus et ne tardèrent pas à rejoindre les appartements étudiants qui entouraient le campus. Ron hésita à entrer puis poussa un cri alors que Pattenrond inséra un peu plus ses griffes dans le tissu, sans le vouloir.

« Crétin de chat !! Arrête ça tout de suite ou je te jette par terre !! »

Mais le chat sauta de lui-même et le trio de rouquins monta aux étages, derrière-lui. Pattenrond s'arrêta devant une porte sur laquelle était inscrite « Hermione Granger ». Il miaula et Ginny tapa sur le bois. Aucune réponse. Le chat miaula encore avec insistance et Ron soupira.

« Cet abruti a juste faim… Et comme Hermione n'est pas là, il a fait tout le chemin vers nous en espérant qu'on lui ouvre la porte… C'est qu'un ventre sur patte ! »

Pattenrond lui lança un regard sombre puis s'échappa dans les escaliers.

« Ron, rattrape-le, s'il te plait. J'appelle Hermione sur son portable. »

Le rouquin soupira puis parti à la suite du félin qui avait fuit vers le jardin.

« Où tu comptes fuir ? »

L'animal sauta dans une splendide détente et s'accrocha à la gouttière avant de glisser vers la fenêtre ouverte de l'appartement d'Hermione. Le téléphone portable retentit plusieurs fois et Ron fut surpris qu'elle ne décroche pas. Pattenrond réapparut sur la fenêtre, fixant le rouquin, comme s'il l'invitait à monter. Il soupira et jeta un regard alentour pour être sûr que personne ne le prendrait pour un cambrioleur, puis il s'accrocha à la gouttière et monta. Il passa la fenêtre, à la suite de Pattenrond et regarda autour de lui : hormis les livres et cahiers qui jonchaient le sol, c'était plutôt bien ranger. Il entendit le chat miauler doucement de l'autre côté de la table et il le rejoignit. Son cœur s'arrêta alors qu'il posa les yeux sur une main. Au bout, le corps d'Hermione, inanimé…

« HERMIONE !!! HERMIONE !!!! »