Titre : Entre deux mondes
Auteur : Mokoshna
Fandom : Harry Potter
Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K. ROWLING
Rating : PG-13
Avertissements : Slash, Albus-Severus/Scorpius (entre autres)
Notes : Série de chapitres courts basés sur les thèmes de la communauté Livejournal 30_slash_hp. Les chapitres respectent l'ordre chronologique même s'ils ne sont pas forcément agencés de manière « logique ». L'histoire marche par ellipses, c'est fait exprès, soit pour respecter les thèmes, soit simplement pour donner un côté décousu à l'ensemble.
6- Mourir
Malefoy s'absenta toute une semaine, sans que personne n'eût de nouvelles. Al en connaissait la cause, comme tout le monde magique d'ailleurs : son grand-père, Lucius Malefoy, venait de mourir.
– C'est drôle de se dire qu'il est mort, fit James d'un air pensif. Tu te souviens, papa nous racontait tout un tas d'histoires sur lui. Et c'est à cause de lui que maman a été possédée par Voldemort quand elle était en première année ici.
– Je m'en souviens, dit Al. Grand-père Arthur doit être très abattu.
– Pourquoi tu dis ça ? Ils se détestaient, non ?
Al posa sur l'herbe le livre qu'il venait de finir. Rosie n'était pas encore arrivée : elle s'était portée volontaire pour nettoyer la classe de potions après les cours. Les abords du lac grouillaient d'élèves oisifs venus profiter des premiers rayons de soleil printanier de l'année.
– Quand on a vécu aussi longtemps avec un tel rival, c'est normal que sa perte vous paraisse étrange. Tu connais grand-père, il a toujours été très passionné.
– Tu dois avoir raison. Je pense que si jamais Crabbe s'en allait, ça me ferait tout drôle.
Damian Crabbe était le rival de James au quidditch : à chaque match, ils ne pouvaient pas s'empêcher de s'affronter dans un duel acharné, de batteur à batteur. Plus d'une fois, James avait fini à l'infirmerie à cause de leurs prises de bec. Son copain s'amusait à dire qu'il y avait anguille sous roche et qu'il devait commencer à se montrer jaloux.
– Est-ce que je dois prévenir ton mec qu'il devrait se chercher quelqu'un d'autre, alors ?
– Oh ça va, y'a rien de ce genre entre Crabbe et moi !
– C'est ce que tu disais avant de sortir avec...
– Arrête, je te dis ! Ce serait dégoûtant ! Il sort avec Merylin !
Al se mit à rire. C'était toujours amusant de taquiner James sur ses escapades amoureuses. Merylin Brooke, une jeune Poufsouffle de toute beauté, était son ancienne petite amie avant qu'il ne vire de bord et se mette avec son copain actuel. Par dépit, la jeune fille s'était rabattue sur le rival de James. Cet acte incongru avait eu l'effet escompté : James était incontestablement furieux à chaque fois qu'il les voyait ensemble, sans pouvoir en expliquer la raison.
– Tu te fous encore de ma gueule, soupira James.
– C'est pour rattraper toutes les fois où tu m'as roulé quand j'étais plus jeune.
– Ouais, si tu veux. En tout cas, je suis pas attiré par Crabbe.
– Et Merylin ?
– C'est fini entre nous ! Tu le sais très bien !
– T'es vraiment tordu, fit Al, pas mécontent d'avoir un sujet de dérision propre à agacer son frère. T'as des vues et sur ton ancienne copine et sur son copain actuel, qui se trouve être ton rival... Que diraient les parents s'ils l'apprenaient ?
– Eh ! Je croyais qu'on s'était mis d'accord pour pas leur parler de ça avant la fin de l'année !
– Oui, quand tu présenterais ton beau à la famille... mais je sais pas, je pourrais laisser échapper un détail ou deux dans une lettre...
– Oh non tu le feras pas !
Avec un grondement formidable, James se jeta sur Al pour caler sa tête sous son bras et lui administrer une belle bourrade sur le haut du front. Les cheveux d'Al, qui n'étaient déjà pas très soignés du fait de la génétique (merci papa !), reçurent l'affront de plein fouet : ils devinrent si entremêlés qu'Al se dit qu'il lui serait impossible de les remettre en place sans l'aide de la magie. Heureusement, Rosie avait un sort parfait pour cela, elle qui avait toutes les peines du monde à leur donner du volume le matin.
– Aha ! s'écria James de sa plus grosse voix. C'est qui le boss, hein, c'est qui le grand patron ? Supplie-moi, face de cake !
– Jamais !
Les deux garçons roulèrent dans l'herbe, hilares. Personne ne faisait attention à eux : des manifestations de ce genre, il y en avait quinze par jour chez les garçons de l'école et quand en plus on s'appelait Potter ou Weasley, c'était une norme depuis longtemps acceptée.
Ils se calmèrent enfin au bout de dix minutes. De toute manière, ils ne pouvaient se permettre de continuer : leurs robes étaient trempées à cause de l'humidité. James releva son frère tout en lui donnant un dernier coup derrière la nuque.
– J'ai gagné !
– Tu parles. Match nul.
– C'est moi le plus grand et le plus fort, alors quand j'ai dit que j'ai gagné, j'ai gagné.
L'arrivée de Rosie priva Al d'une réponse. La jeune fille avait les larmes aux yeux ; elle s'assit dans l'herbe et refusa de les regarder.
Les deux frères cessèrent aussitôt toute dispute.
– Rosie ? demanda Al, inquiet. Ça va pas ?
– Quelqu'un t'a fait du mal ? fit James en serrant les poings. Je vais lui casser la gueule !
– Non !
Rosie s'essuya les yeux en toute hâte.
– C'est pas ça. C'est à cause de ce que je viens d'apprendre.
– Hein ?
Rosie prit une grande inspiration.
– J'étais en train de nettoyer les tables, quand Mlle Pint est venue pour voir M. Durand. Ils se sont mis à l'écart. Je crois qu'ils pensaient que je ne les entendrais pas, sans quoi ils n'auraient sans doute pas discuté de ça devant moi. C'est... il y a eu une attaque au ministère, dans le département de maman.
James poussa un juron. Al prit la main de Rosie.
– Il est arrivé quelque chose à tante Hermione ?
– Je sais pas ! J'ai essayé d'appeler à la maison, mais personne ne répond...
– Tu en as parlé à quelqu'un d'autre ?
– Non, seulement à vous. Oh Al, et si maman était...
– Pas de raison de paniquer si tôt, la coupa Al avant qu'elle ne dise quelque chose qu'elle regretterait. Tu sais où est Hugo ?
Rosie renifla.
– Probablement avec Lily et Molly. Tu crois que je devrais lui dire...
– Pas avant qu'on en sache plus. Si ça se trouve, elle va très bien.
Rosie baissa les yeux. Il lui fallut un long moment avant de pouvoir ajouter :
– Mlle Pint a dit qu'il s'agissait d'une attaque de Mangemorts.
Le sang d'Al se glaça dans ses veines.
