Bonjour à tous et à toutes… Nous y voila … Nouvelle fic dont le principe est : un chapitre, un point de vue. C'est d'ailleurs assez difficile d'écrire à la première personne j'ai pas l'habitude…. Donc j'espère que vous aimerez quand même … Bonne lecture & … Reviews ???

Chapitre 1 : Curiosité

POV Elizabeth Swann Turner

Le soleil brillait déjà haut dans le ciel, prémices d'une nouvelle journée à la moiteur étouffante lorsque j'ouvris un œil et que je commença à m'étirer, savourant la chaleur douce du corps de mon époux contre le mien.

Mon époux.

Cette idée encore un peu étrange et pourtant tellement familière me fit sourire. Je ne réalisais pas encore tout à fait que j'étais devenue Madame Turner. Cela faisait maintenant six mois que nous étions maris et femme mais cette idée m'émerveillait encore comme au premier jour. Nous avions réussi… J'avais réussi. J'étais devenue la femme de celui dont j'étais amoureuse depuis mes treize ans et il me semblait que c'était hier que mon père avait accordé ma main à Will alors que sa demande remontait à un an déjà…

L'étreinte des bras de Will autour de moi se resserra et je sentis ses lèvres douces et aimantes frôler la peau de mon épaule, annonciatrices d'un délice matinal

- Tu es réveillée ? Chuchota Will

Un instant j'envisageai de feindre le sommeil mais comme toujours mon désir l'emporta sur le reste et je me retourna vers lui, les lèvres entrouvertes dans l'attente d'un baiser.

- Bonjour Madame Turner … Sourit Will en m'embrassant légèrement, sa main remontant le long de ma fine chemise sous le drap qui nous couvrait tout les deux.

Je ne répondis pas, me contentant de fermer les yeux dans l'attente d'un nouveau baiser tandis que j'écartais mes cuisses en une invite évidente dont je ne rougissais plus. En effet, ma toute récente expérience de femme mariée m'avait permis de découvrir le désir et le plaisir que son assouvissement procurait et, contrairement à nombre de mes amies mariées elles aussi, je ne ressentais aucune honte à appeler les caresses de Will. Sans doute parce que contrairement à elles, j'étais réellement éprise de mon mari…

Ce dernier sourit à nouveau et me regarda avec tendresse tout en écartant une mèche de cheveux que le sommeil avait égaré sur mon visage.

- Tu es chaque jour plus belle mon Elizabeth.. Murmura-t-il à mon grand plaisir tandis que sa caresse entre mes cuisses se faisait plus précise, ses doigts fouillant avec retenue l'intimité que je lui offrais si volontiers

- Will… Soupirais je en me cambrant sans chercher à dissimuler le désir et le besoin que j'avais de le sentir en moi.

Quelques instants plus tard, Will y répondit, s'abattant sur moi avec une lenteur exaspérante tandis que je crispais mes doigts sur ses épaules, impuissante à exprimer autrement mon désir d'une étreinte plus puissante, plus violente que celle remplie de tendresse et de respect dont il avait l'habitude.

La bouche de Will chatouilla mon cou pendant qu'il m'embrassait de nouveau, mettant toute la douceur du monde dans ses mouvements en moi. Les yeux mi clos, je savourai l'instant, observant entre mes cils son beau visage tendu par le plaisir. La chaleur de ses mains enveloppa mes hanches et je laissais échapper un soupir rauque tandis qu'il accélérait brutalement avant de jouir dans un ultime coup de rein poussant un soupir qui me sembla à la fois de plaisir et de frustration.

Le cœur battant d'une excitation pas totalement assouvie, je glissai mes doigts dans les cheveux de Will et je commençai à les caresser lentement tandis qu'il reposait doucement sa tête contre ma poitrine, jouant avec une mèche de mes cheveux.

- Elizabeth ? Demanda-t-il tout bas après avoir repris son souffle

- Oui ? Répondis je par automatisme, alors que je connaissais déjà la question qu'il s'apprêtait à me poser, la même qu'à chaque fois …

- Crois tu que cette fois nous avons réussi ? Souffla-t-il comme je m'y attendais.

Je ne répondis pas, détournant le visage pour lui dissimuler ma souffrance devant cette question sans cesse posée, comme si chacun de nos actes d'amour n'existait que pour cette « réussite » dont il parlait à chaque occasion. Six mois. Cela ne faisait que six mois que nous goûtions le bonheur d'être pleinement ensembles… et ce dernier me suffisait. Mais apparemment pas à Will, puisque depuis quatre mois la découverte amoureuse qui était la notre avait laissé la place à une attente fébrile que j'avais de plus en plus de mal à supporter, culpabilisant tout à la fois de ne pas réussir à lui donner ce qu'il désirait et de le vouloir moins que lui.

- Elizabeth ? Chuchota-t-il à nouveau tendrement, la pression de sa main sur la mienne me ramenant au présent

Chassant mes angoisses, je me forçais à le regarder et à sourire, lui donnant la seule réponse dont j'étais capable et qui, je le savais, n'était pas celle qu'il attendait

- Je ne sais pas Will

- Je suis sûr que oui. Répondit il optimiste pour nous deux tout en embrassant avec délicatesse toutes les parties de mon corps qui tombaient sous ses lèvres, me faisant frissonner à nouveau de plaisir.

Finalement ( et à ma grande déception) il se dégagea de mes bras et se leva en grimaçant pour mettre ses affaires et se préparer à aller chez Mr Brown. Je me précipitais à mon tour pour me lever mais Will m'arrêta

- Reste encore un peu au lit si tu veux. Estrella m'aura sans doute préparé quelque chose, il est inutile que tu te lèves aux aurores toi aussi.

- Non, je t'accompagne. Il est inutile que je reste à paresser alors que je suis réveillée. Déclarais je fermement en passant ma robe de chambre matelassée et en le précédant dans le couloir.

*

Quelques minutes plus tard, nous pénétrâmes dans la salle à manger accueillante de la petite maison que mon père nous avait offert en cadeau de mariage et Estrella, qui était à mon service depuis mon enfance, nous salua avec révérence. Will lui renvoya un sourire mal à l'aise, gêné comme toujours devant la domestique que mon père avait insisté pour payer, arguant que « sa petite fille devait mener la vie qu'elle méritait et que la maison et les gages de sa domesticité réduite faisaient partie de sa dot » . Will avait donc du s'incliner à contre cœur mais j'étais consciente qu'il attendait fébrilement que Mr Brown lui laisse sa forge, ce qui lui permettrait de subvenir entièrement seul à nos besoins…

- Que comptes tu faire aujourd'hui ? Demanda Will, me sortant de mes réflexions

- Je l'ignore, sans doute vais-je rendre visite à mon père ou lire au coin du feu. Répondis je d'un ton évasif.

Will sourit avec candeur et s'approcha de moi, laissant sa main glisser sur la mienne

- Peut être pourrais tu commencer à broder une petite couverture… Tu sais au cas où … Souffla-t-il.

Je me raidis à cette suggestion et je luttai contre le besoin urgent de retirer ma main tandis que je répondais sans enthousiasme

- Oui … Peut être.

Will sourit joyeusement et se pencha vers moi pour un dernier baiser

- J'ai hâte d'être à ce soir. Tu me manques déjà… Je t'aime Elizabeth.

- Je t'aime aussi. Répondis je par automatisme tandis qu'il sortait

Une fois seule, je restai silencieuse, jouant négligemment avec ma cuillère un long moment tout en m'interrogeant une fois de plus sur le désir si pressant de mon époux de fonder une famille et sur les raisons de ce dernier. Était ce parce qu'il n'avait jamais connu son père qu'il était si pressé de l'être à son tour ? Perplexe à cette idée, je me remémorai une fois de plus les moments difficiles qui avaient suivi notre retour après nos aventures avec les pirates sur l'île de la Muerta et la détresse de Will qui avait condamné son père à une mort certaine pour me sauver… Bien entendu Will ne m'en avait jamais fait le reproche, pas plus qu'il ne m'en avait parlé mais j'avais parfois la sensation que le fantôme de ce père inconnu se dressait entre nous, tel une blessure béante qui nous séparait peu à peu…

- Madame ? Me demanda timidement Estrella, m'arrachant à mes tristes réflexions

- Oui ? Répondis je distraitement

La domestique rougit légèrement et sembla rassembler son courage pour me parler ce qui m'alarma et m'inquiéta tout à la fois

- Et bien parle donc ! Lui intimais je

- C'est que je sais si je ne peux me permettre Madame, vous allez sûrement me trouver indiscrète mais .. Monsieur a raison vous savez … Un bébé dans cette maison serait merveilleux et puis … vous vous sentiriez moins seule.

Sa déclaration me coupa le souffle et je sentis la colère que je dissimulais à Will monter en moi, me faisant rougir.

- Tu es insultante et offensante Estrella. Répondis je finalement d'un ton glacial, outrée par son impertinence.

Estrella baissa la tête sous ma rebuffade et j'entrevis des larmes brillantes dans ses yeux tandis qu'elle s'inclinait, ré instaurant la distance entre nous

- Pardon Madame. Je n'étais pas à ma place. Répondit elle d'un ton contrit.

- Laisse ça … Ce n'est rien. Soupirais je à mon tour, un peu mal à l'aise devant la virulence que j'avais mise dans ma remontrance.

- Pardon Madame… Répondit à nouveau Estrella

- Ce n'est rien je te dis. Je suis juste un peu nerveuse.. Expliquai-je maladroitement en rabattant mon siège. Je vais … m'habiller Ajoutais je à la hâte, désireuse à la fois d'éviter une nouvelle conversation et d'être seule

*

Une fois à l'intérieur de notre chambre, je refermais la porte derrière moi et je me retournais vers le miroir de la pièce. J'observais longtemps mon reflet, cherchant la jeune fille insouciante que j'avais été derrière mon visage dont le front était barré par un pli soucieux et contrarié. J'avais l'impression d'avoir changé ou plus exactement que mon mariage avec Will avait fait de moi quelqu'un que je n'aimais pas. L'espace d'un instant, je me laissais aller à imaginer une vie différente, plus semblable à celle dont j'avais rêvé enfant, une vie faite d'aventures, de danger et d'excitation… Une existence où Will et moi nous serions mariés mais toute autre… Une vie où avoir un enfant et rester sagement à la maison pour y attendre le retour mon mari ne serait pas mon seul horizon. Comme si la vie d'une femme mariée pouvait être autrement … Je souris tristement de ma bêtise et je me dirigeai vers mon armoire, chassant mes rêves de gamine immature.

Après quelques hésitations, mon choix s'arrêta sur une robe d'un vert profond, cadeau de mon père, et je revêtis cette dernière savourant la caresse soyeuse de l'étoffe fine sur ma peau avant d'arranger mes cheveux avec soin, les faisant boucler en anglaises ainsi que Will l'aimait. Une fois ces préparatifs habituels terminés, je soupiras et retournais m'installer dans le petit salon, me préparant à une nouvelle journée longue et ennuyeuse… Finalement Estrella avait peut être raison… Avoir un enfant m'occuperait ..Cette idée me fit grimacer et j'ouvris résolument un livre d'aventures, décidée à m'évader de ce quotidien qui me pesait de plus en plus.

*

La matinée était déjà bien avancée lorsque je reposais mon livre et me levais pour passer un doigt négligent sur le manteau impeccable de la cheminée, songeant avec un peu d'envie aux aventures rocambolesques que l'héroïne de mon roman vivait. Un bruit de verre brisé me sortit brutalement de ma rêverie et je précipitais vers le tisonnier, l'empoignant fermement avant de me retourner en direction du bruit prête à en découdre avec l'intrus qui venait manifestement de pénétrer dans ma maison

- Oh la … Tout doux ma belle… Grommela une voix pâteuse que je crus reconnaître avec surprise

- Jack ??? Demandais je prudemment en m'approchant légèrement de la silhouette affalée dans les débris de la fenêtre du salon.

Je resserrais mon étreinte sur le tisonnier et fit un pas de plus en direction de l'intrus

- Jack Sparrow ? Répétais je, incrédule en reconnaissant cette fois parfaitement le pirate qui m'avait sauvée quelques mois plus tôt, crotté des pieds à la tête et complètement ivre ( ce qui en soit n'avait rien de surprenant) allongé dans mon salon.

- C'est Capitaine. Marmonna-t-il d'un ton las à l'élocution difficile.

Je souris légèrement à la précision et il leva vers moi un regard vitreux

- Bugger… J'ai du me tromper .. Ce compas… Soupira-t-il.

Interloquée mais curieuse de savoir ce qu'il faisait ici je me rapprochais

- Jack ? C'est moi … Miss Swann enfin je veux dire Elizabeth. Me repris je tandis qu'Estrella, affolée, faisait irruption dans la pièce

- Madame ! Sortez ! Je vais appeler la garde ! S'exclama-t-elle,

Je jetais un rapide coup d'œil à Jack qui me regardait d'un air à la fois choqué et surpris et je décidais qu'il n'était pas dangereux

- Non ! Laisse Estrella ! Chuchotais je. Et quoiqu'il arrive pas un mot. Il ne me fera pas de mal. Affirmais je impulsivement autant pour la convaincre que pour me rassurer moi-même.

- Elle a raison. Je lui ferais pas mal. Réagit soudain Jack en se relevant avec souplesse pour venir se placer derrière moi, son souffle chaud et chargé de rhum se diffusant sur ma nuque.

Le regard hésitant d'Estrella passa du pirate à moi et je me raidis en sentant la main de Jack se poser machinalement sur ma hanche en une caresse quasi intime.

- Vous avez entendu la dame… Plaisanta Jack. Alors du balai ..

- C'est bon Estrella. Confirmais je, agacée, tout en tentant d'échapper à l'étreinte du pirate.

- Bien … Si vous le dites Madame…

- Je le dis

- Elle le dit. Confirma Jack.

Estrella secoua la tête d'un air désapprobateur mais s'inclina, laissant toutefois la porte du salon à demi ouverte derrière elle.

Dès qu'elle fut partie, je m'arrachai à « l'étreinte» de Jack et je dardai sur lui un regard que j'espérais être à la hauteur de la colère que j'éprouvais

- Retirez vos sales pattes de moi immédiatement ! M'écriais je en me dégageant.

Mon mouvement de recul alluma une lueur étrange dans les yeux de mon improbable visiteur et je déglutis brutalement, me demandant si ma décision avait été la bonne. Après tout … Je ne savais pas grand-chose de Jack Sparrow… Je jetais rapidement un coup d'œil vers la porte, calculant le temps qu'il me faudrait pour la franchir tandis que Jack souriait

- Voyons Miss Swann… Nous sommes de vieux amis, vous et moi, moi et vous … Pourquoi me traitez vous ainsi ? Demanda-t-il en affectant un air de gamin pris en faute qui m'aurait fait sourire en d'autres circonstances mais qui cette fois n'eut pas d'autre effet que de redoubler ma colère.

J'affermis ma prise sur le tisonnier, me refusant à le lâcher

- Premièrement je ne vous ai pas invité à pénétrer chez moi, encore moins de cette manière. Ensuite … nous ne sommes pas « amis » Capitaine Sparrow, tout juste de vagues connaissances, être amis implique une certaine intimité que nous sommes loin de partager ! M'exclamais je

- Il ne tiens qu'à vous que nous le devenions… Susurra Jack d'un ton séducteur en s'approchant de moi, ne paraissant pas le moins du monde intimidé par mon arme improvisée.

- Oh vous !! Fulminais je en me retenant pour ne pas le gifler. Que faites vous ici d'abord ?

- Et vous Miss Swann ? Vous vous glissez souvent dans la maison de Turner quand il est parti ? Rétorqua Jack.

- Comment , comment osez vous !!! M'étouffais je presque tellement j'étais en colère. Vous .. Vous entrez dans ma maison et vous …

- Votre maison Miss Swann???

- Je suis MADAME TURNER !!! M'exclamais je en levant la main pour lui assener une gifle méritée, qui le dégriserait ( du moins je l'espérais)

Jack devait être moins saoul qu'il n'y paraissait car il intercepta rapidement ma main et la força à s'abaisser sans douceur avant de la porter à ses lèvres. Je sentis la caresse de sa barbichette sur ma peau tandis qu'il déposait un baiser sur ma main, sa langue caressant ma peau.

- Vous êtes répugnant ! M'exclamais je avec dégoût en lui reprenant ma main et en cherchant du regard de quoi m'essuyer.

Jack ne parut pas faire attention à ma remarque et reprit, semblant brusquement dégrisé

- Ainsi … Vous l'avez épousé finalement … Curieux… Commenta-t-il

- Si c'est de William dont vous parlez la réponse est oui. Grinçais je en essuyant fort peu élégamment ma main contre le dossier d'un fauteuil

- Oh .. Répondit il simplement sans que je réussisse à deviner le sens de ce « oh »

Finalement, agacée de le voir tourner et retourner tout nos bibelots précieux entre ses mains sales, je me décidais à reprendre la conversation.

- Vous ne m'avez toujours pas répondu Jack. Pourquoi êtes vous là ?

- Quoi ? J'ai pas le droit de rendre visite à de vieux amis ? Au passage, le sens de l'hospitalité de la noblesse anglaise n'est plus ce qu'il était … Je pensais qu'il était d'usage d'offrir un verre à ses invités… On dirait que le fait de vous être abaissée à épouser un forgeron vous a fait oublier les bonnes manières chère ex Miss précieuse Swann.

Je pinçais fermement mes lèvres pour me forcer au calme avant de répondre

- Généralement, les invités, lorsqu'ils sont polis, ne brisent pas une fenêtre pour entrer chez leurs hôtes, ils sonnent et attendent qu'on vienne leur ouvrir.

Jack sourit et se dirigea d'un pas chancelant vers la porte

- Que faites vous ? M'affolais je, hésitant entre l'envie de le voir partir et le désir qu'il reste afin de profiter encore un peu du parfum d'aventure qu'il avait amené avec lui.

Jack ne se donna pas la peine de répondre et se planta derrière la porte, frappant un coup léger

- Ma chère et ravissante Madame Turner, je requiers de votre exquise amabilité la permission de pénétrer dans votre charmante demeure … pour commencer. Ajouta-t-il en s'inclinant moqueusement.

Tout autant amusée qu'agacée, je lui fis signe d'entrer et rejetais vivement ma main en arrière devant son intention évidente de me la baiser une fois de plus.

- Jack … Répondez moi. Pourquoi êtes vous ici ? Vous ne faites jamais rien gratuitement alors dites moi enfin de quoi il retourne ! Vous avez perdu votre navire ou alors … Commençais je sans parvenir à imaginer une quelconque raison à sa présence.

Jack se dirigea avec nonchalance vers le carafon de brandy que nous gardons pour les grandes occasions et se servit un grand verre d'un geste familier avant de le boire d'un trait, saluant son exploit d'un claquement de langue satisfait.

- Pas mauvais…

- Jack !

Le pirate sourit et se servit un nouveau verre qu'il leva dans ma direction

- Toujours aussi pressée hein Lizzie…Ironisa-t-il

- Madame Turner ! M'empressais je de le reprendre

- Madame Turner … Pourquoi tenez vous tant à savoir ce que j'ai à vous dire avant l'arrivée de votre précieux Will ?

Un instant décontenancée, je réfléchis … je ne tenais pas à lui avouer que sa visite était sans nul doute l'événement le plus excitant que j'avais vécu depuis mon mariage et la nuit qui avait suivi..

- Je vous l'ai dit Jack. Je n'ai aucune confiance en vous. Et je n'ai pas envie que vous utilisiez la générosité de Will pour l'entraîner à nouveau dans l'un de vos plans vaseux ! Finis je par répondre, heureuse d'avoir trouver une réponse crédible

Jack me fit un de ces sourires dont il avait le secret, à la fois lumineux et inquiétant , et je sentis un désagréable petit frisson d'excitation remonter le long de mon échine.

- Vous mentez Elizabeth… Et vous mentez mal. Ce n'est pas pour protéger Will que vous voulez savoir …

- Pourquoi d'autre ? M 'agaçais je

- La curiosité… Souffla Jack avec une délectation manifeste. L'envie de partir à l'aventure … D'être libre … Et le besoin de savoir si vous avez une chance d'échapper au quotidien ennuyeux dans lequel vous vous êtes vous-même enfermée

Je sentis mes joues s'empourprer et je me forçais à garder la tête haute, refusant de lui accorder la satisfaction d'avoir vu juste sur mes motivations

- Peu importe mes motivations Jack . Vous avez pénétré dans ma maison par la force. Il me suffirait de crier pour le Commodore Norrington s'empresse de m'envoyer toute sa garde et vous n'aurez rien de ce que vous êtes venu chercher … quelque soit cette chose.

Jack sourit à nouveau et écarta ses mains en signe de reddition

- Inutile de vous énerver trésor .. Je vais tout vous dire. Avez-vous déjà entendu parler de Davy Jones ?

- Davy Jones … Répétais je tout en cherchant dans ma mémoire. C'est un pirate ?

- Non…

- Alors quel rapport avec nous ?

- Pas avec vous Lizzie… Mais avec le jeune William… Attendu que Davy Jones détient présentement Bill le Bottier parmi son équipage

- Bill le Bottier. Répétais je à nouveau, cette fois pour être sure d'avoir bien entendu

- Oui ! Confirma Jack avec agacement. Le Bottier, le vieux Bill; William Turner Senior.. Le père de Will !!

- Je sais qui c'est merci. M'exclamais je d'un ton glacial. Je suis juste surprise attendu que je le croyais mort

- Vous comprenez donc pourquoi je suis ici et en quoi cette information intéresserait William. Me glissa Jack d'un ton suggestif

- Je crains que non Jack … Susurrais je à mon tour. Du moins pas totalement… Que gagnez vous dans l'histoire ?

- Une broutille.. Rien qui vaille la peine … L'important c'est William non ? Alors pourquoi vouloir connaître mes motivations ? Répondit Jack d'un ton léger

- La curiosité sans doute … Répondis je du tac au tac, amenant un sourire sur les lèvres de Jack

- J'ai toujours aimé les retrouvailles familiales, pas vous ?

Je considérais longtemps le pirate, le jaugeant du regard tout en songeant à l'histoire qu'il m'avait raconté. Il y avait bien entendu quelque chose qu'il taisait, je n'étais pas assez naïve pour ne pas en avoir conscience. Cependant … la perspective de voir Will retrouver son père (et peut être ainsi de le rendre moins pressé d'en devenir un lui-même) sans oublier le voyage qui nous conduirait jusqu'à Bill… Tout cela était trop tentant pour que je puisse y résister.. Faisant mine de ne pas voir le regard à la fois calculateur et surpris que Jack me lança, je me dirigeai vers la patère de l'entrée et nouai mon chapeau avec dextérité

- Où allons nous ? Me demanda Jack en se matérialisant comme par magie à mes côtés

- Vous, vous n'allez nulle part. Au cas où vous auriez oublié vous êtes toujours recherché pour je ne sais combien de crimes alors vous restez ici et vous tâchez d'être discret. Moi je vais chercher Will. Cette nouvelle ne peut pas attendre ce soir. Répondis je avec froideur.

Les yeux de Jack s'allumèrent brièvement et il se dirigea vers le carafon de sherry et se resservit avec désinvolture

- Je ne bouge pas d'ici trésor. Me promit il en s'installant dans un fauteuil. Fait un peu froid non ? Vous devriez faire réparer cette fenêtre … Me glissa-t-il

Renonçant à argumenter, j'haussais les épaules et je sortis à la hâte, pressée de connaître la réaction de mari à la nouvelle surprenante que je lui apportais…