Titre : Entre deux mondes

Auteur : Mokoshna

Fandom : Harry Potter

Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K. ROWLING

Rating : PG-13

Avertissements : Slash, Albus-Severus/Scorpius (entre autres)

Notes : Série de chapitres courts basés sur les thèmes de la communauté Livejournal 30_slash_hp. Les chapitres respectent l'ordre chronologique même s'ils ne sont pas forcément agencés de manière « logique ». L'histoire marche par ellipses, c'est fait exprès, soit pour respecter les thèmes, soit simplement pour donner un côté décousu à l'ensemble.


7- Un sourire de toi

Les Mangemorts : qui dans le monde magique ne les connaissait pas ? Les générations précédentes avaient suffisamment souffert de leurs sombres exactions ; à commencer par les familles Weasley et Potter. Harry Potter avait perdu ses parents et son parrain à cause de Voldemort et de ses sbires ; les Weasley, l'un de leurs fils, ainsi que bon nombre de cousins et de cousines éloignés. Il n'existait pas une famille de sorciers en Grande-Bretagne qui n'avait pas été touchée.

– Tu as entendu ? L'attaque au ministère...

– Trois morts... quinze blessés graves... le département de protection des créatures magiques complètement rasé...

– Mangemort... le retour de Tu-Sais-Qui...

Voilà toutes les rumeurs qui circulaient à Poudlard. Al en avait assez de les entendre, assez qu'on chuchote dans son dos à chaque fois qu'il passait dans les couloirs. Les Serpentards, dont la participation active du côté des Mangemorts était connue de tous, subissaient de plein fouet le regard des autres Maisons, car comment savoir s'ils n'étaient pas dans le coup ? De tous, Al était sans doute celui qui faisait le plus jaser de par son ascendance : il était un Serpentard, mais aussi l'un des enfants d'Harry Potter, Celui Qui Avait Terrassé Voldemort.

Comme c'était étrange ! Partout, on le regardait avec suspicion et parfois avec crainte ; même sa petite sœur, Lily, ne pouvait s'empêcher de reculer quand il lui parlait. Ce n'était pas de sa faute : à onze ans, on était encore facilement impressionnable. Le fait qu'elle soit une Gryffondor n'arrangeait rien. Des trois enfants Potter, seul Al n'avait pas fini dans cette illustre Maison.

– Ça lui passera, dit James. Et alors ? Tu es le fils d'Harry Potter, le Héros de la guerre ! Et moi aussi je suis Gryffondor et Rosie est Serdaigle, pourtant on traîne bien avec toi et on va bien !

– Parce que vous êtes de la famille. Ça ne compte pas.

James l'attrapa par le cou et lui fit une bourrade dont il avait le secret.

– Qu'est-ce que tu racontes comme idioties ? Ce sont les vapeurs de potions qui t'ont rendu crétin ? Hé, t'es pas un méchant ! T'es mon petit frère !

Cela fit sourire Al. Même si James n'était pas le plus brillant élève de l'école, on pouvait compter sur lui pour vous remonter le moral et rester fidèle à ceux qui lui étaient chers quoi qu'il arrive.

– Allez, arrête de faire la gueule et fais-moi un beau sourire, frérot. On en a bien besoin, par les temps qui courent.

C'était bien vrai. Rosie était partie avec son frère Hugo à St Mangouste, car leur mère avait été blessée dans l'attaque. Ce n'était pas aussi grave que certains de ses collègues qui y avaient laissé la vie ou un membre, mais elle était suffisamment mal en point pour qu'on lui interdise de finir sa convalescence chez elle. Du reste, elle n'avait pas le temps de se reposer, entre l'enquête à mener et les rapports qu'elle devait écrire ; sans parler des familles des victimes dont il fallait s'occuper...

– J'espère qu'on les attrapera vite, ces salopards, chuchota James.

– T'as dit un gros mot.

– M'en fous. Y'a plus grave.

Al allait répondre, mais à ce moment la porte de la salle qui se trouvait devant eux s'ouvrit, laissant apparaître Malefoy. Le garçon avait les traits tirés et était considérablement plus pâle qu'avant. En les voyant, il sursauta et fit mine de ne pas les avoir remarqués.

– Bonjour, Malefoy, dit clairement Al.

Malefoy lui jeta un regard suspicieux.

– Bonjour.

– Toutes mes condoléances à propos de ton grand-père.

Un lourd silence s'ensuivit.

– Toi aussi.

– Personne n'est mort dans ma famille.

– Ah bon ?

James s'interposa, lança un regard noir au Serdaigle.

– T'as pas un truc à faire, Malefoy ?

– James ! Ne sois pas impoli.

– Hein ? Mais...

– Ce n'est pas grave, grommela Malefoy. Je ne comptais pas rester, de toute manière. J'ai des choses plus importantes à faire.

– C'est ça, dit James en lui cédant le passage. Va faire tes trucs.

Al soupira. Ce n'était pas demain la veille que ces deux-là s'entendraient. Déjà qu'il était censé être ennemi avec Malefoy lui aussi... La vie vous réservait parfois de drôles de surprises. Depuis qu'il avait jeté un œil au contenu de la Pensine de Malefoy, il n'avait plus du tout envie de se battre avec lui, bien au contraire. Melfoy devait penser la même chose, non ? Ou alors réagissait-il comme un parfait gamin, en cherchant querelle à la personne sur qui il avait des vues ?

– Au revoir, Malefoy.

– Oui, au revoir.

Que n'aurait-il pas donné pour voir un sourire sincère, un seul, sur le visage de Malefoy ! Cela devait changer complètement son expression. James agita une main impatiente devant ses yeux.

– Eh, qu'est-ce qui te prend ? Depuis quand tu es aussi poli avec Malefoy ?

Al haussa les épaules.

– Il gagne à être connu.

– Pourquoi ?

– Comme ça. J'ai un peu changé d'avis sur lui.

– Hein ? Depuis quand ?

– Depuis que j'ai lu dans son cœur.

– Quoi ?

Sur ces dernières paroles, Al s'éloigna en souriant de toutes ses dents.