Titre : Entre deux mondes
Auteur : Mokoshna
Fandom : Harry Potter
Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K. ROWLING
Rating : PG-13
Avertissements : Slash, Albus-Severus/Scorpius (entre autres)
Notes : Série de chapitres courts basés sur les thèmes de la communauté Livejournal 30_slash_hp. Les chapitres respectent l'ordre chronologique même s'ils ne sont pas forcément agencés de manière « logique ». L'histoire marche par ellipses, c'est fait exprès, soit pour respecter les thèmes, soit simplement pour donner un côté décousu à l'ensemble.
8- Potion
Le cours de potion se déroula dans une atmosphère tendue. Les Serdaigles n'arrêtaient pas de les observer en douce, c'était indéniable. Seul Malefoy faisait exception à la règle ; ses yeux étaient rivés sur sa leçon et le contenu de son chaudron. Durand leur donna à chacun une série d'exercices pratiques à finir avant la fin de l'heure. Cela ne lui ressemblait pas : d'habitude, il préférait séparer les groupes existants pour que les Maisons se mélangent, mais là, il n'en fit rien. Le cours se déroula dans un silence quasi palpable ; on n'entendait que le grattement des plumes sur le parchemin ou une toux de temps à autre.
Quand la cloche sonna le changement de salle, on entendit presque un soupir général de soulagement. Pour les Serdaigles seulement : les Serpentards avaient ensuite un cours de botanique avec les Gryffondors. Cela promettait. Heureusement, Al pouvait compter sur le professeur pour faire régner l'ordre. Bien fou était l'élève qui voudrait contredire Neville Londubat. Al l'avait déjà vu affronter un dragon armé de sa seule baguette ; de plus, si ce que sa mère lui racontait de leurs années à Poudlard était vrai, il avait aussi eu sa part d'héroïsme durant la guerre.
– La barbe, dit Stanley. Ils nous prennent pour des bêtes de foire ou quoi, ces sales oiseaux de malheur ?
– À ta place, je ne serais pas aussi virulent, dit Al. Les murs ont des oreilles et les Serdaigles pourraient mal le prendre.
– Prendre quoi ? Le fait qu'ils soient grossiers et stupides ? C'est pas comme si on était ceux qui avaient attaqué le ministère !
Al haussa les épaules.
– C'est dans la nature humaine de redouter ce qui ne lui ressemble pas.
– Mais on est tout pareil ! On est des sorciers aussi !
– Des sorciers dont les parents ont été du mauvais côté durant la dernière guerre.
– Pas les miens, dit Landon. Mes parents faisaient partie de la Résistance. Et ne me dis pas que les tiens sont du mauvais côté !
Al ricana.
– C'est pourtant ce qu'on m'a reproché quand je suis arrivé chez les Serpentards.
Ses camarades se turent. Aucun Serpentard n'ignorait les épreuves qu'il avait enduré la première semaine de son arrivée à Poudlard, toutes les brimades qu'il avait reçues et qui avaient mené à un certain incident qui resterait encore dans les anales. De temps en temps, Al se plaisait à rendre ses camarades mal à l'aise en évoquant de loin cet épisode malheureux. Il ne fallait pas non plus qu'ils croient qu'ils pouvaient s'en tirer à si bon compte ; et même si les principaux acteurs avaient reçu leur juste punition, garder une certaine marge de manœuvre était toujours bon pour ses affaires. Ça n'arrangeait en rien sa réputation, mais au moins, aucun Serpentard n'osait plus s'attaquer à lui.
– Bon, fit Madisson en toussant. Vous avez noté le devoir pour la semaine prochaine ? Parce que moi, je suis paumé.
– Tu veux parler de cette espèce de potion pour les pieds qui puent ? dit Goyle. Ça te serait bien utile.
Ses amis lui lancèrent un regard dégoûté. Madisson devint écarlate.
– Pas pour moi ! Pour mon frère ! À chaque fois qu'il sort de sa séance de quidditch, c'est une véritable infection !
Le groupe éclata de rire. Les Serdaigles leur lancèrent des regards suspicieux de loin : ils n'avaient pas entendu le sujet de leur hilarité... Les yeux de Malefoy s'attardèrent sur Al, comme s'il cherchait à le jauger. Amusé, Al lui fit un clin d'œil, esquissa un début de courbette. Malefoy se détourna bien vite, l'air paniqué.
– Dis-moi, Finn, tu connais bien les Malefoy, non ?
– Pourquoi tu me demandes ça, tout d'un coup ?
– Malefoy fils n'arrête pas de me fixer depuis tout à l'heure. Tu sais pourquoi ?
Finn fit une grimace.
– À ta place, j'essaierais de pas m'en faire. Il a toujours été bizarre.
– C'est-à-dire ?
– Je le connais pas si bien que ça, mais sa mère et la mienne sont amies, c'est pour ça qu'on se voit de temps en temps aux soirées que ses parents organisent. À chaque fois, il reste dans son coin et ne parle à personne. Je le vois souvent boire cette potion qu'il se trimbale tout le temps dans sa poche. Il est malade, je crois.
– Il a quoi ?
– Qu'est-ce que j'en sais ? On n'est même pas amis !
– Oh, je vois. Merci.
– Sérieusement, s'il t'ennuie, pourquoi tu ne lui envoies pas ton frère ? ricana Stanley. On dit qu'il règle ses comptes à tous ceux qui osent manquer de respect à ceux de sa famille. Ça lui ferait pas de mal d'être un peu secoué, à ce Malefoy.
– C'est un Sang-Pur, dit Madisson. On aura des ennuis s'il lui arrive quelque chose.
– J'ai pas peur de lui. Je suis aussi un Sang-Pur !
Al se coupa de la conversation. Il n'avait plus rien à attendre de ses camarades.
