Titre : Entre deux mondes

Auteur : Mokoshna

Fandom : Harry Potter

Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K. ROWLING

Rating : PG-13

Avertissements : Slash, Albus-Severus/Scorpius (entre autres)

Notes : Série de chapitres courts basés sur les thèmes de la communauté Livejournal 30_slash_hp. Les chapitres respectent l'ordre chronologique même s'ils ne sont pas forcément agencés de manière « logique ». L'histoire marche par ellipses, c'est fait exprès, soit pour respecter les thèmes, soit simplement pour donner un côté décousu à l'ensemble.


14- Fantôme/rouge/chaleur

Au plus chaud de l'été au Havre, la maison familiale, les Potters invitaient toute la tribu Weasley à passer une partie des vacances chez eux. Le domaine avait de beaux volumes, suffisamment pour accueillir les dizaines de personnes qui composaient la famille. Ginny était toujours ravie de recevoir ses parents et ses frères : cela lui rappelait son enfance au Terrier. Ils laissaient les enfants s'occuper entre eux tandis qu'ils discutaient du bon vieux temps et s'échangeaient des nouvelles de leur vie et du monde de la magie en général, attablés sous l'énorme camphrier qu'Harry avait fait planter à la naissance de James et qu'ils avaient fait pousser avec l'aide de Neville.

Les enfants s'amusaient dans le champ situé derrière la maison ou se promenaient sur les petites routes, dans le bois tout proche, ou allaient à la rivière pour se baigner ou pêcher. Rosie restait avec Lucy dans la bibliothèque pour lire ; mais quand il faisait trop chaud, elles sortaient en terrasse et savouraient le sirop de groseille de grand-mère Molly tout en faisant leurs devoirs. Quelquefois, Roxanne proposait aux filles de la tribu d'aller jusqu'à Londres pour faire des emplettes (elle adorait tout ce qui avait trait à la mode), mais c'était tant de travail de faire bouger tout le monde qu'on remettait toujours la sortie au lendemain.

– C'est dommage que Bill n'ait pas pu venir cette année, dit Molly senior en soupirant.

– Ils doivent voir la famille de Fleur. Ils sont venus l'année dernière, cette année ils sont en France. C'est normal.

– J'aurais tant aimé voir Victoire pour la féliciter de ses fiançailles avec Teddy ! J'espère qu'ils feront la cérémonie en Angleterre, ce serait dommage d'aller aussi loin !

– La France est un très beau pays, dit Hermione.

– C'est ce que tu n'arrêtes pas de dire depuis ton séjour en troisième année, fit Ron avec une grimace.

– Déjà ? Il faut que tu m'offres des vacances là-bas, dans ce cas.

– Je le ferais si tu en avais ! s'écria Ron sut un ton exaspéré. Mais avec toi, c'est travail, boulot et encore plus de travail !

– Il faut bien que quelqu'un le fasse, surtout après... ce qui s'est passé. Nous sommes terriblement en manque d'effectifs.

La raison pour laquelle Hermione avait évité de citer l'attaque du ministère tenait sans doute au fait de la présence d'Al et de Fred à la table. Les deux garçons avaient décidé de profiter de l'ombre bienfaisante du camphrier pour rédiger leur courrier.

– Tu te plais dans ta classe ? demanda gentiment Molly à Fred.

Fred hocha la tête, sans dire un mot. Il avait toujours été du genre taciturne, au grand dam de son père Georges. Il allait rentrer en septième année à Poufsouffle ; la dernière ligne droite avant de passer son A.S.P.I.C. et de rentrer dans la vie active. Georges voulait qu'il reprenne son affaire de farces et attrapes mais Fred avait apparemment d'autres ambitions puisqu'il n'allait jamais à la boutique. De tous les cousins d'Al, c'était celui de qui il se sentait le plus proche malgré le peu de temps qu'ils passaient ensemble et le peu de choses qu'ils avaient à se dire. Comme Fred, Al avait atterri dans une Maison qui ne correspondait pas à ceux des autres enfants ; et comme lui, il avait d'autres ambitions dans la vie que de suivre la voie de ses parents.

– T'écris à qui ? demanda-t-il en chuchotant, une fois que les adultes se furent désintéressés d'eux.

– Poufsouffle, répondit simplement Fred.

– Des nouvelles ?

– Oui.

– Bonnes ?

– Non. Un décès. Charles Paterson. Son père.

– Oh. Désolé de l'apprendre.

– Attentat. Secret.

– D'accord.

Fred avait l'habitude de s'exprimer avec le minimum de mots possibles, ce qui rendait toute conversation très difficile. Al avait saisi le truc depuis des années et s'amusait à converser avec lui selon ses conventions, ce qui énervait pas mal la sœur jumelle de Fred, Roxanne. Elle n'avait jamais été très proche de son frère ; même quand ils étaient enfants, ils jouaient rarement ensemble. Maintenant qu'elle était à Gryffondor et sur le point de signer un contrat avec une firme de prêt-à-porter sorcier, elle le trouvait plus bizarre que jamais, avec ses airs de croque-mort et ses centres d'intérêt farfelus (Fred aimait tout ce qui avait trait aux cultures étrangères. Il avait notamment monté un club de magie orientale.)

– Rouge, dit Fred en tendant à Al un briquet écarlate. Pour la chaleur.

– Ah bon ?

– Qu'est-ce que c'est ? demanda Hermione, intéressée. Un de tes projets de club ?

Fred hocha la tête.

– Chaleur enfermée.

– Oh, c'est très ingénieux, dit Al. Ils font ça comment ?

– Hein ? dit Ron. Quelle chaleur ? De quoi vous parlez ?

– C'est un briquet magique, expliqua Al. Si on l'actionne, au lieu de faire sortir une flamme comme les briquets de moldus, il capture la chaleur et la garde à l'intérieur. C'est très pratique quand il fait chaud comme ça.

Al l'utilisa sur-le-champ. Il y eut comme un souffle autour d'eux ; ils virent quelque chose de rouge rentrer par le trou situé en haut du briquet. La température étouffante chuta de plusieurs degrés.

– C'est génial, s'écria Al. T'as eu ça où ?

– Fantôme. Amenhotep.

– Oh, c'est un cadeau ? C'était très sympa de sa part.

– Comment diable tu peux déduire ça de deux mots ? fit Ron, abasourdi. Il n'a même pas mentionné que c'était un cadeau !

– Parce que c'est le genre d'Amenhotep. Il adore offrir ce genre de choses à Fred.

– C'est qui, ce type ?

– Un fantôme égyptien qui s'est pris d'affection pour Fred.

– Quoi ?

– Il lui envoie des cadeaux. C'est gentil.

– Tu le connais, cet Amenhotep ? demanda Hermione.

– Non. Fred m'en a juste parlé.

– Je vois.

Ron avait le visage tordu par la consternation.

– Vous les gosses, vous êtes pires que nous à votre âge. Être amis avec un fantôme !

– Nous étions amis avec un elfe de maison, lui rappela Hermione. Et avec un hyppogriffe.

– C'est pas pareil !

Son épouse leva les yeux au ciel mais ne dit rien, ce qui fit rire Al. Molly se contenta de soupirer.

– Fred, mon chéri, tu devrais peut-être te focaliser sur des amis plus... conventionnels, non ?

Fred fit la moue.

– Non.

Ce fut le dernier mot qu'il sortit en face des adultes de la journée. Il retourna à sa correspondance.

– Et toi ? demanda-t-il à Al au bout d'un moment.

Al s'assura que personne ne les espionnait avant de lui montrer la lettre qu'il dédiait à Malefoy.

– Je fais la cour.