Titre : Entre deux mondes
Auteur : Mokoshna
Fandom : Harry Potter
Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K. ROWLING
Rating : PG-13
Avertissements : Slash, Albus-Severus/Scorpius (entre autres)
Notes : Série de chapitres courts basés sur les thèmes de la communauté Livejournal 30_slash_hp. Les chapitres respectent l'ordre chronologique même s'ils ne sont pas forcément agencés de manière « logique ». L'histoire marche par ellipses, c'est fait exprès, soit pour respecter les thèmes, soit simplement pour donner un côté décousu à l'ensemble.
15- Vert/jalousie/serpentard
L'anniversaire d'Al tombait un lundi, le 20 juillet. Dès de 18, on transforma Le Havre pour la grande fête qui était prévue. C'est qu'on ne plaisantait pas avec les grandes dates, dans la famille : chaque anniversaire, chaque fête était une occasion de faire les choses en grand. Molly s'occupa du gros de la cuisine avec l'aide de sa fille ; quant aux hommes, ils furent chargés de préparer le terrain et les décorations. Georges s'était réservé les feux d'artifice et autres luminaires avec Ron ; Percy dressa une liste des invités et décida de la place de chacun. Ils en faisaient certainement trop, mais cela comblait les enfants de joie de savoir qu'on faisait toute une affaire du jour de leur naissance.
Le jour fatidique, ils trouvèrent un buffet gigantesque en plein air, débordant de plats de victuailles qui ne désemplissaient jamais. Molly et Ginny avaient passé des jours aux fourneaux ; le résultat fut un étalage de nourriture qui resta fraîche d'un côté, bien chaude de l'autre grâce à un sort qu'avait lancé Hermione.
Al eut son comptant de cadeaux, ce soir-là. Le plus amusant fut le recueil d'astrologie que lui offrit Roxanne ; le plus pratique, la bourse Sanfond que lui offrit sa tante Hermione. Rosie avait opté pour un set de plumes magnifiques et James, un nécessaire à balais pour son Cumulus 1000 (qu'il ne montait d'ailleurs presque jamais). Tout le monde lui souhaita un bon quatorzième anniversaire et on s'empiffra avec l'énorme gâteau au chocolat qui trônait au milieu de la première table.
– Super soirée, dit James. T'es content de tes cadeaux ?
– Oui.
Al jeta un regard en direction de la table voisine, là où Benjamin discutait avec Roxanne sur les derniers groupes de musique à la mode. La famille avait accepté le garçon sans trop de problèmes ; certains plus vite que d'autres. Ginny avait été très encourageante, comme toujours ; quant à Harry, il avait eu un peu plus de mal mais au bout de trois jours, il avait bien vu que Benjamin était inoffensif. De plus, James était visiblement heureux en sa compagnie, ce qui avait grandement contribué à son intégration.
– La vie est belle, dit James avec un sourire béat. Quand est-ce que tu nous trouves une petite copine, Al ?
– Très bientôt, dit Al d'un air tranquille.
James en lâcha presque son verre de grenadine.
– Quoi ?
– Fais gaffe, tu vas tacher ta chemise.
– On s'en fiche ! Depuis quand t'as une copine, toi ? Petit cachottier !
James posa son verre, se jeta sur Al pour lui donner une bourrade dont il avait le secret. Al le laissa faire en riant.
– Qu'est-ce qui vous arrive ? fit Ginny en se joignant à eux. James, arrête d'embêter ton frère !
James cessa immédiatement mais il continua de ricaner tout bas à chaque fois qu'il regardait Al.
– C'est qui ? Allez, dis-moi son nom ! Je la connais ?
– Je serai muet comme une tombe.
– Argh, Al, tu peux pas dire un truc pareil et pas aller jusqu'au bout de la confidence !
– Quelle confidence ? demanda Rosie.
– Al s'est trouvé une copine !
Rosie ouvrit des yeux ronds. Derrière Al, la petite Molly poussa un cri étouffé.
– C'est vrai, Al ?
Pauvre Molly ! Personne n'ignorait dans la famille qu'elle avait le béguin pour Al. Ses yeux devinrent humides ; Al en fut gêné.
– Non. C'est James qui en fait toute une histoire.
– Mais t'avais dit...
– Je n'ai pas dit que c'était fait. J'ai juste mentionné qu'il était dans mes intentions d'avoir une vie amoureuse.
– Ne cite surtout pas le mot en R, grommela Rosie en lançant un coup d'œil discret vers Molly.
– Quel mot en R ? demanda James.
– Laisse tomber.
– Allez, quoi, c'est quelqu'un qu'on connaît non ?
Al soupira. Ou du moins il fit semblant. C'était tellement amusant de les voir tous se poser des questions !
– Al, dis quelque chose !
– Quelque chose.
– Très drôle. Allez, donne-moi au moins des indices. Plus jeune, plus vieille ?
– Mon âge.
Molly ne parvint pas à retenir son gémissement.
– Jolie ?
Al y réfléchit. Il devait admettre que Malefoy avait un beau visage, mais le trouvait-il à son goût ? Probablement. Il avait entendu plusieurs filles soupirer en le voyant passer ; c'est qu'il ne devait pas être ingrat à leurs yeux.
– Oui.
– Bon élève ?
– Oui.
C'était vrai : régulièrement, Malefoy faisait partie des cinq meilleurs élèves de leur promotion dans les résultats d'examen. Il avait fini quatrième parmi tous les troisième année.
– Gentille ?
– Ça dépend.
– Ah, une fille qui a du caractère ! C'est cool, ça.
– James !
Le cri de protestation de Rosie passa inaperçu. D'autres cousins se joignirent à James pour questionner Al sur sa mystérieuse petite amie, ce qui l'amusait beaucoup. Du coin de l'œil, il vit Molly devenir de plus en plus rouge tandis qu'une Rosie inquiète la soutenait du bras. Il fut fasciné par le vert de ses yeux, qui devinrent de plus en plus brillants à mesure que les larmes coulaient sur ses joues.
– Elle en a de la chance, elle doit être...
James ne put finir sa phrase : Molly se jeta sur lui et lui donna un coup sur le pied.
– Aïe ! Ça va pas, Molly ? Ça fait mal !
– Menteur ! hurla la petite fille de toutes ses forces.
Évidemment, cet éclat attira immédiatement l'attention des adultes qui fixèrent le groupe d'enfants sans comprendre. La mère de Molly, Audrey, vint vers sa fille.
– Ça ne va pas, ma chérie ?
– C'est un menteur ! hurla Molly en montrant James du doigt. Ils mentent tous !
L'expression sur le visage de James à ce moment était on ne peut plus cocasse. Al retint son rire : ce n'était pas le moment. Ginny se planta devant son fils aîné et lui jeta un regard sévère.
– Qu'est-ce que tu lui as dit, James ?
– Moi ? Mais rien ! Elle se fâche toute seule !
Molly se jeta dans les bras de sa mère pour sangloter. Quel cinéma, pensa Al.
– Pardon, fit-il d'une voix flûtée. Je crois que c'est de ma faute.
Tous les yeux se tournèrent vers lui. Il fit mine de paraître gêné.
– James me posait des questions sur... quelqu'un. Ça a énervé Molly.
– Des questions ? fit Ron. Quelles questions ?
Rosie agrippa la manche de son père.
– Papa !
– C'est normal de savoir ! Qu'est-ce que vous avez bien pu dire pour la faire pleurer ? Vous l'avez rendue triste !
– Elle est pas triste, grommela Roxanne, grognon. Elle est jalouse.
– Hein ?
Hermione intervint à son tour. Elle était toujours plus vive que les autres, surtout en cas de crise.
– C'est pas grave. Audrey, je pense que tu devrais coucher Molly, il est tard de toute façon. On en discutera demain, quand tout le monde se sera calmé.
On acquiesça avec plus ou moins de bonne grâce. Al vit Hermione et Harry s'échanger un regard lourd de sens. Quelques minutes plus tard, il se retrouva dans la cuisine avec ses parents.
– Raconte, fiston. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Al baissa les yeux.
– Désolé. On a été insensibles.
– Ce qui veut dire ?
– Papa, je suis obligé ?
– Al, ne m'oblige pas à te donner une punition sans fondement.
Al soupira.
– James me demandait si j'avais une copine. Je lui ai dit que j'avais quelqu'un en vue, alors il m'a posé plein de questions pour savoir qui c'était. Molly a tout entendu et elle a pas aimé.
– C'est tout ?
– Oui.
C'était un mensonge. Personne à part Molly et lui ne le savait, mais la veille, elle lui avait offert son cadeau en avance alors qu'ils étaient seuls dans la cuisine. En toute candeur, elle lui avait avoué ses sentiments. Al lui avait souri et lui avait dit qu'il allait y réfléchir, mais que dans l'immédiat, ils étaient trop jeunes : ce ne serait pas possible. En y repensant, il avait été particulièrement odieux avec elle, surtout en considérant son jeune âge.
Ginny se baissa à son niveau et lui prit les épaules. Ses yeux plongèrent dans les siens.
– Tu dis la vérité, n'est-ce pas, mon chéri ?
– Ginny ! protesta Harry.
Al lui sourit de toutes ses dents. Cette scène lui rappelait beaucoup ce qui s'était passé juste après son accident en première année. Ses parents avaient voulu lui parler seul à seul ; son père l'avait questionné et sa mère s'était penchée juste de la même manière pour lui poser la même question. À l'époque, Al avait maudit sa condition de Serpentard.
À présent, il trouvait cela affreusement drôle. C'est pourquoi il donna exactement la même réponse qu'alors.
– Oui, maman.
