Titre : Entre deux mondes
Auteur : Mokoshna
Fandom : Harry Potter
Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K. ROWLING
Rating : PG-13
Avertissements : Slash, Albus-Severus/Scorpius (entre autres)
Notes : Série de chapitres courts basés sur les thèmes de la communauté Livejournal 30_slash_hp. Les chapitres respectent l'ordre chronologique même s'ils ne sont pas forcément agencés de manière « logique ». L'histoire marche par ellipses, c'est fait exprès, soit pour respecter les thèmes, soit simplement pour donner un côté décousu à l'ensemble.
17- Honte/gêne/piège
Le Chemin de Traverse était toujours bondé de monde la semaine précédant la rentrée. Une fois n'est pas coutume, Harry emmena sa petite famille en transports en commun car il devait partir en fin de matinée pour un rendez-vous important avec Seamus Finnigan. Les enfants le regrettèrent mais ils comprenaient très bien. En tant que directeur du Bureau des Aurors, Harry se devait d'être toujours disponible en cas d'urgence. L'affaire était de taille : ils devaient agir en tant que gardes du corps d'une importante délégation étrangère en visite à Londres. Ginny embrassa son époux peu après le déjeuner ; il s'en alla en transplanant.
– Vous avez tous votre liste ? demanda-t-elle une fois qu'il fut parti. Il ne faudrait pas oublier quelque chose ! Je ne veux pas de hibou en pleine nuit pour me dire qu'un objet manque dans votre inventaire !
– Maman, on n'est plus des bébés ! protesta James. Enfin, Lily si peut-être...
– C'est pas vrai ! protesta Lily. La liste est dans ma poche !
James se mit à rire et tira gentiment les couettes de sa sœur. Elle lui fit une horrible grimace.
– Ça suffit, vous deux ! Bon, tâchons de faire ça bien. En premier, les livres !
Ils se faufilèrent jusqu'à la librairie avec grand-peine. Les rues étaient noires de monde ; plusieurs fois, Lily faillit se perdre, tant elle était minuscule. À sa grande honte, Ginny finit par lui prendre la main.
– Maman ! Et si un copain me voyait !
– Eh bien il aura le plaisir de voir à quel point ta mère est jolie, rit Ginny. Tu préfères te perdre ?
Lily grommela bien un peu mais ne protesta plus. Cela leur prit deux heures, mais ils purent enfin sortir de Fleury et Bott avec tous les livres mentionnés sur leurs listes. Il y eut encore un passage à la papeterie, au magasin de chaudrons et à Slug et Jiggers, l'apothicaire. Le sac de James était si rempli qu'il menaçait de craquer en déversant tout son contenu sur le sol.
– Pfuu, dire que j'ai même pas encore pris les accessoires de quidditch ! Maman, on pourrait pas déposer ça chez oncle Georges ?
– Et tu en profiterais sans doute pour faire tes emplettes, je me trompe ?
– Hé !
– Je suppose que cela ne nous fera pas de mal, fit Ginny. Lily, ce n'est pas trop lourd ?
Lily secoua la tête, bien qu'elle disparût presque sous la masse de son sac. Cette vision scella la décision de Ginny : direction donc vers Weasley, Farces pour sorciers facétieux.
Comme on pouvait s'y attendre, il y avait un monde pas possible à la boutique. Ron les vit immédiatement et délaissa le rangement de ses étalages pour venir à leur rencontre.
– Hé, vous êtes là ? Vous avez fait vos courses de rentrée ?
– C'est infernal, dit Ginny. Les enfants vont s'écrouler sous le poids de leurs affaires. Tu pourrais les garder un moment ?
– Pourquoi ne pas les avoir ensorcelés ?
– C'était surtout une excuse pour James. Il voulait passer voir vos nouveautés.
– Maman !
Ron éclata de rire.
– Ne vous gênez pas ! S'il y a quelque chose que vous voulez, dites-le moi !
Ginny et Lily décidèrent de s'arrêter un moment au bureau de Georges pour discuter avec lui tandis que James, fasciné par le contenu de la boutique, s'amusait à sillonner les étalages. Il croisa plusieurs de ses camarades, dont son petit ami Ben.
– À croire qu'il t'attendait, fit remarquer Al en riant.
James ne répondit pas, mais la rougeur qui naquit sur ses joues prouvait bien à quel point il était gêné. Al avait tapé juste : ils s'étaient donné rendez-vous. Il préféra les laisser seuls.
– Je vais voir à côté.
– Où ça ?
– La boutique de brocante juste à droite du magasin.
– Va pas te perdre, hein ! Maman m'étranglerait !
– C'est juste à côté, y'a pas de risques.
James finit par donner son accord, non pas que cela fût difficile : il n'avait d'yeux que pour Ben. Al les quitta au plus vite et sortit dans la rue. Il voulait voir si la pyramide de senteurs qu'il avait aperçue la dernière fois dans la boutique de brocante était encore là. C'était bientôt l'anniversaire de Lily ; la petite fille adorait ce genre de cadeaux.
À l'autre bout de la rue se trouvait une toute nouvelle boutique de vêtements. Les robes qu'on pouvait trouver dans la vitrine avaient un côté tapageur qui déplaisait à Al, mais une foule de sorciers entre quinze et vingt ans se bousculaient devant : elle devait être sacrément à la mode. C'était le genre d'endroit que devait très certainement fréquenter Roxanne. Manque de chance, son anniversaire était pour la fin du mois prochain. Même s'il ne trouverait sans doute rien pour elle dans son budget, cela ne coûtait rien d'aller regarder pour se faire une idée de ce qui pourrait lui plaire.
Al traversa la route avec l'idée de ne pas passer plus de dix minutes dans cet endroit. Il fut bousculé de tous les côtés, on le poussa contre le mur, une fille lui colla une robe en taffetas rose sous le nez, sans le faire exprès. Il se dépêcha de sortir sans rien avoir vu qui pût plaire à Roxanne.
– Eh, tu ne serais pas un Potter, toi ?
Al leva les yeux. L'homme de haute stature qui venait de lui adresser la parole était enroulé dans une cape gigantesque, quasiment un drap. On ne voyait rien de son visage sous son énorme chapeau, si ce n'est le contour d'un menton ferme. Al recula avec méfiance.
– Je le savais, dit l'homme. Ça fait des jours que je vous attend.
Il fut trop rapide pour Al et de toute manière, il avait l'effet de surprise de son côté. Sa main se referma sur l'épaule du garçon ; avant qu'Al ait eu le temps de crier, il plaqua l'autre sur sa bouche et le força à rester immobile. Un pan de sa robe se souleva avec le mouvement. De là où il était, Al avait une vue imprenable sur son avant-bras gauche.
Sur le bras dénudé, on pouvait voir un tatouage très particulier : un crâne de la bouche de laquelle sortait un serpent répugnant...
– Ne crie pas, ou je tue la première personne qui passe. T'as compris ?
Al hocha lentement la tête. Personne n'avait fait attention à eux : dans toute cette fébrilité, un adulte et un enfant qui se serraient l'un contre l'autre, cela devait être un père et son fils que la foule avait poussé... Al se maudit d'avoir traversé la route. Maintenant, il était trop tard.
Ils transplanèrent dans un bruit sec.
