Titre : Entre deux mondes
Auteur : Mokoshna
Fandom : Harry Potter
Disclaimer : Harry Potter est la propriété de J.K. ROWLING
Rating : PG-13
Avertissements : Slash, Albus-Severus/Scorpius (entre autres)
Notes : Série de chapitres courts basés sur les thèmes de la communauté Livejournal 30_slash_hp. Les chapitres respectent l'ordre chronologique même s'ils ne sont pas forcément agencés de manière « logique ». L'histoire marche par ellipses, c'est fait exprès, soit pour respecter les thèmes, soit simplement pour donner un côté décousu à l'ensemble.
21- Ballerine
Cunégonde Malefoy était une femme adorable qui passait son temps à aider son prochain. Beaucoup disaient qu'elle n'avait rien de son cousin Drago que c'était elle qui aurait dû hériter du domaine à sa place, surtout depuis qu'il n'était plus là.
Al n'eut aucune nouvelle de Scorpius durant les premiers mois d'école. Peu à peu, la routine s'installa. Il allait en cours, complotait avec ses camarades Serpentards le jeudi soir, se battait dans la limite du raisonnable avec les Gryffondors et tâchait de rapporter le plus de points possibles à sa Maison tout en gardant de bonnes notes. Quand il le pouvait, il allait rejoindre James et Rosie, mais ce n'était plus vraiment comme avant. Rosie s'était un peu ouverte à ceux de sa Maison depuis le départ de Malefoy et James passait le plus clair de son temps avec Ben et ses amis Gryffondors.
Il s'ennuyait à mourir, à vrai dire. Les événements précédents la rentrée lui paraissaient si lointains, si irréels ! Il observait toujours Cunégonde Malefoy-Shaw et Benjamin Lepine, mais ni l'une ni l'autre ne fit quoi que ce soit qui puisse éveiller son intérêt. Peut-être avait-il imaginé cette discussion qu'il avait surprise l'année dernière. Ceux qui en avaient parlé n'étaient plus là, de toute manière : ils avaient passé leur A.S.P.I.C. et étaient rentrés dans la vie active.
Puis, par un froid matin de février, un grand-duc tout blanc arriva à la table des Serpentards pour déposer une lettre devant lui. Les camarades d'Al cessèrent aussitôt toute discussion.
– C'est de qui ? demanda Finn. Qu'est-qu'il est beau, ce hibou !
– C'est un grand-duc, dit Al comme si de rien n'était.
Il défit lentement le cachet en cire, le cœur battant la chamade. Malefoy avait pris ses précautions : il n'avait pas apposé de sceau, mais n'importe qui connaissant les Malefoy aurait pu reconnaître cet oiseau. Un coup d'oeil en direction de la table des Serdaigles confirma cette opinion : les anciens camarades de Malefoy le fixaient d'un air ahuri.
– C'est de qui, alors ? fit Stanley.
Al lut et relut la lettre, de plus en plus confus. Deux tickets y étaient joints : l'un pour une traversée de la Manche en bateau, l'autre était une invitation à un bal organisé par les Malefoy, en France. La lettre n'était qu'un message très formel le conviant à assister au Bal du Printemps qui se déroulerait à Paris le premier jour du printemps, c'est-à-dire le 21 mars.
– On a nos vacances de Pâques quand, déjà ? demanda-t-il à voix haute.
– Du 15 au 29 mars, dit Goyle.
– Merci.
– Non, sérieux Potter, c'est quoi cette lettre ?
– Ça ne vous regarde pas.
Un petit mot griffonné à la hâte avait été glissé entre les tickets. Contrairement au style pompeux de l'invitation, cela disait simplement :
Les rêves ont repris. S.
Al resta pensif durant le cours de Métamorphose. Jenny Hartley, sa coéquipière attitrée de Poufsouffle, le remarqua à peine : elle était trop occupée à essayer de faire disparaître une verrue qu'elle avait fait pousser sans le vouloir sur son nez. Tout le monde se moqua d'elle elle finit en pleurs mais malgré cela, elle n'osa pas demander de l'aide au professeur Locke, lequel était trop myope pour remarquer quoi que ce soit. Une de ses amies eut pitié d'elle et tenta d'utiliser sa magie : la verrue doubla de volume. Les larmes d'Hartley ne tarissaient plus.
À la fin, énervé par tout ce tapage, Al prit sa baguette et tapa un coup sec sur le nez d'Hartley. La verrue fondit comme neige au soleil.
– Oh !
Hartley n'osa pas lui sauter au cou, mais ça se voyait qu'elle était heureuse. Al se désintéressa d'elle. Cela ne la découragea pas : quand la cloche sonna la fin des cours, elle l'aborda ouvertement, ce qu'elle ne faisait jamais d'habitude. Les seuls mots qu'ils s'échangeaient concernaient le cours.
– Merci, dit-elle. S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour toi...
Al haussa les épaules. Pourquoi pas.
– Tu sais danser ?
– Hein ?
– Laisse tomber.
– Attends !
Elle regarda autour d'elle pour voir si on ne les écoutait pas. C'était une fille timide, le genre qu'on remarquait à peine sauf quand il fallait s'en moquer. Al la trouvait quelconque et un peu idiote.
– Le dis à personne, mais je fais de la danse classique, en tant que ballerine.
– Ça ne m'aide pas plus. Je n'ai pas besoin d'apprendre le ballet, seulement des danses de bal. Ce n'est pas la même chose.
– Quel genre de danses ?
– Je ne sais pas moi, des danses françaises. Le genre de choses que les aristos font.
– Ma mère tient une école de danse. Tu veux que je lui demandes de te donner des cours ?
– C'est cher ?
– Je lui demanderai ça comme un service. Si je dis que tu es mon petit ami...
– Oublie ça.
Pas question qu'il joue les copains attentionnés juste pour un cours ou deux de danse !
– Non ! Tu ne seras pas vraiment mon petit ami, mais j'ai besoin que tu le sois...
– T'es siphonnée. Quel petit ami ?
Jenny rougit jusqu'aux oreilles.
– Il faut que tout le monde croie que je sors avec un garçon. Toi tu te fiches toujours de tout, alors je me disais que peut-être...
– Pourquoi diable as-tu besoin d'un copain ?
– Pour ne pas dire que j'ai une petite amie !
Un silence de plomb s'installa.
– Oh, fit Al.
– Je sais que ça ne te dérange pas, ton frère passe son temps à s'afficher avec son copain. Et tu n'aimes personne.
– Pourquoi tu as besoin que je me fasse passer pour ton petit ami ?
– À cause de maman. Elle veut absolument que je sorte au moins avec un garçon avant de me décider.
– C'est complètement stupide.
– Je sais ! Mais elle n'en démord pas !
– Pourquoi moi ?
– J'ai essayé de voir quel garçon pourrait accepter, mais il n'y en a aucun ! Et tu es le seul qui soit un peu gentil avec moi. Ce sera plus crédible comme ça.
– C'est le plan le plus stupide que j'ai jamais entendu, dit Al en riant. Ok, j'y suis.
Hartley parut ne pas en croire ses oreilles.
– Oh, c'est vrai ?
– Oui. Mais pas de manifestation d'amour ou de grandes envolées lyriques. Il faut que ta mère me donne ses cours avant fin mars. On a des vacances le 15 j'aurais cinq jours devant moi. C'est possible ?
– Je crois. C'est un très bon professeur. Mais dis-moi, pourquoi tu tiens tant à savoir danser à cette période ?
– J'ai un garçon à impressionner.
– Un... garçon ?
– Oui, un garçon.
– Oh.
– Si tu en touches un mot à qui que ce soit, j'informe ta mère que tu es lesbienne.
Hartley devint toute rouge.
– Oh, ne t'inquiète pas pour ça.
– J'espère sincèrement que ta copine n'est pas ma cousine Rose, grommela-t-il. Mon oncle en ferait une syncope.
– Quoi ? Non ! C'est Alma Thomas, elle est en cinquième année.
– À la bonne heure.
