Salut !! Me revoilà avec la suite, en espérant que cette attente de quelques jours ne vous a pas fait fuir !! Quoi dire de l'histoire ?? Elle avance doucement mais sûrement, même si j'ai l'impression que les personnages commencengt à s'éloigner des caractères originaux de la série... Enfin... Quoiqu'il en soit, bonne lecture !!


Le lendemain matin arriva bien trop vite au goût de McGee. Lorsque ce dernier pénétra dans l'open-space, Gibbs était déjà assis à son bureau, en train visiblement de relire quelques dossiers. Passant devant lui sans un regard, Tim murmura juste un « bonjour » très approximatif, auquel son supérieur répondit par un hochement de tête et le traditionnel « McGee » quotidien. Désireux de fuir l'absence de considération de Gibbs face aux événements de la veille, Tim prétexta aller saluer Abby et s'enfuit de l'espace de travail, sans voir le sourire naître sur les lèvres de l'ancien marine.

Quelques heures plus tard, les quatre agents désespéraient voir une enquête arriver tant ils s'ennuyaient, principalement les trois plus jeunes, bien que leurs raisons soient totalement différentes : Ziva risquait à tout instant de craquer face aux remarques agaçantes de son italien de collègue, Tony voyait naître dans le regard de l'israélienne une envie de meurtre qu'il préférait éviter de provoquer, quant à Tim, il ne tenait tout simplement plus face à Gibbs, bien que cela ne soit guère perceptible. Lorsque Gibbs s'absenta pour rendre visite à Ducky, McGee en profita pour s'éclipser. Il avait besoin d'un moment de solitude pour laisser retomber la tension.

- Tu vas où ? lui demanda Tony lorsqu'il se leva et se dirigea vers l'ascenseur.

- Chercher du café.

- Tu nous en ramène aussi, le bleu, hein !!

A peine les portes de l'ascenseur s'ouvrirent qu'il réalisa que ce n'était pas une bonne idée. Gibbs le fixait, impassible, adossé au fond de la cabine. Ne pouvant plus reculer, Tim pénétra à son tour dans l'appareil qui se remit en marche, avant de s'arrêter brusquement lorsque le plus âgé appuya sur un bouton. Gibbs se tourna vers lui, l'air sérieux.

- Quelle est la prochaine étape, Tim ?

- Pardon ?

- Que va-t-il se passer maintenant ? Quelle est la suite logique des événements ?

Tim comprenait parfaitement où Gibbs voulait en venir, mais une chose le tracassait malgré tout.

- Je peux te poser une question avant d'éventuellement te répondre ?

- Bien sûr, répondit Jethro, un sourcil levé d'étonnement.

- Comment agirais-tu si je n'étais pas un homme ?

Gibbs réfléchit un instant et comprit parfaitement où il voulait en venir. Tout cela le perturbait décidément beaucoup trop. Si Tim avait été une femme, il n'aurait même pas eu cette conversation. Il y a belle lurette qu'il l'aurait embrassé et plus si affinité. Au moins depuis la veille.

- Tu réfléchis trop Jethro… Ce qui me laisse penser que tu n'es pas prêt pour la prochaine étape, déclara Tim, un peu déçu.

Se déplaçant légèrement, il s'apprêtait à actionner l'interrupteur de mise en route, quand une main agrippa son épaule et le colla contre la paroi de métal.

- Et toi, tu tires des conclusions trop hâtives !!

Sur ces mots, Gibbs déplaça sa main de l'épaule à la nuque de Tim et posa ses lèvres sur les siennes. Cela ne ressemblait en rien à ce qu'il avait déjà pu expérimenter et un instant, il en oublia ce qu'il devait faire. Prenant ça pour une invitation, McGee reprit les rennes et doucement approfondit le baiser. La langue qui titillait ses lèvres le fit revenir à la réalité et finalement il accéda à la demande silencieuse de son agent. Ils se séparèrent une minute plus tard, les lèvres légèrement rougies, et Gibbs relança l'ascenseur, sans un mot pour Tim. Lorsque les portes s'ouvrirent, il sortit de la cabine, non sans toutefois se retourner vers son agent en lui adressant un rapide sourire en coin.

- N'oublie pas le café.

**

La fin d'après-midi arriva sans qu'aucun meurtre ne soit venu occuper leur journée. Ils avaient classé des papiers, aider Abby à faire un grand ménage de printemps dans son labo, été mangé en extérieur avec Abby, Ducky et Palmer, et enfin avait passé plusieurs heures en salle de tir. Cependant, McGee voyait bien que quelque chose tracassait son supérieur sans qu'il n'en donne l'impression. Ce n'est qu'au moment de partir, alors que les portes de l'ascenseur venaient de se refermer sur Ziva et Tony que Tim comprit ce qui n'allait pas. Gibbs s'était planté devant son bureau, sa veste sur l'épaule, prêt à partir, et n'avait murmuré qu'une simple phrase, qui écœura Tim. « Règle n°12, désolé ». Il n'en revenait pas. Après tout, ce n'était pas lui qui était venu le chercher, il l'espérait certes, mais il avait attendu que Jethro fasse le premier pas dans ce sens. Il était hors de question qu'il fasse comme si rien ne s'était passé, pas sans un minimum d'explication. Il se trouvait donc devant la porte de la maison de l'ancien marine et il s'apprêtait à toquer quand il lui revint en mémoire que Gibbs ne fermait jamais sa porte d'entrée. Sans s'aventurer plus dans la maison, il ouvrit la porte menant à la cave et vit Jethro en train de travailler sur son bateau, une bouteille de bourbon entamée sur l'établi.

- « Ne jamais rien tenir pour acquis », est-ce une règle qui existe ? demanda t-il de la manière la plus neutre qu'il pu.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'ai besoin de comprendre comment en une journée tu as pu avoir un tel revirement de comportement ?

- Je te l'ai dit : règle n°12.

- Je me fous de ta règle !!

Gibbs le regarda, légèrement choqué. Jamais, il n'aurait pensé voir Tim se rebeller de cette manière. C'était lui le sage et gentil agent, respectueux des lois et de ses ainés. Le voir ainsi tout envoyer paître le rendait encore plus attirant aux yeux de Gibbs.

- Tu t'en fous ?

- Tu sais très bien ce que je veux dire… Ecoute…C'est toi qui es venu me chercher. Toi qui m'as parlé de ton attirance pour moi. Toi qui as fait le premier pas et m'a embrassé. Je n'ai rien tenté par respect pour ta foutue règle !! Alors, ne viens pas me sortir cette excuse maintenant !!

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre ? Que je ne me sens pas prêt ?... On sait tous les deux que c'est faux. Il n'y a que cette règle qui me retienne.

- Bien.

Et sur ce mot, il sortit de la maison, bien décidé à reprendre sa vie où il l'avait laissé quelques semaines plus tôt, avant l'incident de la télécommande, avant cette discussion qui n'était finalement pas si inaboutie, avant le baiser échangé le matin même.

**

Il avait été relativement surpris de trouver son patron devant chez lui, lorsqu'il gara sa voiture sur le parking en bas de chez lui.

- Qu'est-ce que vous faites là, patron ? demanda t-il, le ton de voix volontairement sarcastique.

- Je savais que tu étais prudent en voiture mais je ne pensais pas arriver deux heures avant toi.

- J'ai fait un détour…Envie de prendre l'air…Ca peut se comprendre, je crois.

- Je ne t'ai rien reproché.

- Si ça ne te dérange pas, j'aimerai monter me coucher, déclara t-il en passant devant lui sans un regard de plus.

- Attends.

Il n'y avait aucune supplication dans la voix, juste la certitude fragile qu'il devait attendre.

- Attendre quoi ? Que tu sois à la retraite pour que TA règle prenne fin ? Que je me décide à quitter un boulot que j'adore, parce qu'il serait bientôt impossible pour moi de continuer à bosser avec toi ? Attendre quoi, bordel ???

- Attends et laisse-moi parler.

Ils se regardèrent un moment, l'un attendant comme il le lui avait été demandé, l'autre hésitant sur les termes à employer.

- Viens, déclara enfin Tim, beaucoup plus calme, en prenant le chemin de son appartement.

La porte se referma sur leur silence mutuel. Tim se débarrassa de sa veste et fit face à son supérieur. Ce dernier s'était approché de la fenêtre et semblait désormais perdu dans ses pensées.

- Je t'écoute, dit-il sèchement.

Jethro se tourna vers lui et s'avança soudainement, scellant brusquement ses lèvres à celles du plus jeune. Instinctivement, Tim le repoussa.

- Non, affirma t-il. Tu ne sais pas ce que tu veux Gibbs.

- Je pensais pourtant que c'était plutôt clair, murmura t-il avec un sourire en coin.

- Pour être clair, ça l'est !! Autant que ce matin, quand tu m'as embrassé, que cet après-midi où tu m'as envoyé ta fichue règle en pleine face, autant que ce soir, quand tu m'as fait comprendre que tu ne changerais pas d'avis !!

- Je n'ai jamais été très doué avec les mots, s'excusa t-il, en le regardant droit dans les yeux. Quand tu es parti de chez moi, tout à l'heure, j'ai réalisé quelque chose.

- Quoi ? Demanda t-il, puisque Gibbs ne faisait pas mine de vouloir poursuivre.

- C'est Shannon qui créait des règles pour tout. A force de vivre avec elle, je me suis mis à en créer aussi. Et quand…quand elle est morte, j'ai continué à le faire. Pour elle. En sa mémoire. Je me suis raccroché à ça comme d'autres…

- Je comprends, affirma t-il, plus calme désormais.

- Et puis, il y a eu toute cette histoire avec Jenny. J'ai créé la règle 12 suite à ça. Je voulais protéger mes agents, pas les faire souffrir. Surtout pas te faire souffrir.

- Laisse tomber, Gibbs, déclara t-il en s'asseyant dans le fauteuil le plus proche, le visage dans ses mains.

- Non, dit-il doucement en se mettant à hauteur de son agent. J'ai réalisé que si je ne me détachais pas de ces règles, je ne me détacherais jamais de Shannon, et je continuerais à foirer toutes mes relations avec les autres… C'est toi qui a raison, je dois choisir… Au diable cette foutue règle, Tim.

Ce dernier leva enfin son regard vers l'homme dont il pouvait désormais avouer être tombé amoureux depuis tellement d'années. Le regard bleu de Jethro était empreint d'une telle sincérité qu'il ne pouvait plus douter.

- On essaye ? demanda finalement Gibbs.

- On essaye, lui répondit-il avant de l'embrasser passionnément.