Salut, j'espère que vous allez bien?... Moi, c'est pas trop la forme (en cause : le boulot), mais bon, on fait avec...Pas le choix, d'ailleurs.
Sinon, un nouveau petit chapitre... En espèrant que cette histoire continue de vous plaire !!!
La chûte avait vraiment été douloureuse pour Tim finalement. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour réaliser que Jethro ne serait rien d'autres que Gibbs au quotidien. Dès le lendemain en fait. Il s'était réveillé dans le lit vide, mais ne s'en était pas inquiété. Question d'habitude. Son compagnon n'avait pas été plus démonstratif que lors des précédents matins : un baiser, une tasse de café chaud et il était parti. Et leur vie avait repris telle qu'ils l'avaient laissée deux jours plus tôt, entre enquêtes et soirées enfermés dans la cave. Quand Tim comprit que cette sortie en mer n'avait été qu'une parenthèse pour lui faire plaisir, il sut qu'il ne patienterait pas longtemps. Son compagnon lui avait laissé entre apercevoir un bonheur fugace qui ne reviendrait pas. Cela faisait près d'un mois et ils n'avaient même plus fait l'amour.
Ce soir-là, Tim entra dans le labo d'Abby pour lui souhaiter une bonne soirée. Cela faisait quelques temps déjà qu'elle voyait son ami sombrer doucement mais sûrement dans une dépression importante.
- Je vais y aller, Abs. Je suis venu te dire bonsoir.
- Tim, déclara t'elle en le serrant fort dans ses bras. Je peux te parler franchement ?
- Bien sûr. Ce n'est pas ton genre de demander la permission d'ailleurs…Qu'est-ce qui se passe ?
- Tu jures de me dire la vérité, Timmy ? Elle semblait véritablement inquiète lorsqu'elle croisa son regard.
- Promis.
- Je vois bien que ça va pas en ce moment…Elle poursuivit alors qu'il allait répliquer. Et je sais aussi que tu vois quelqu'un depuis quelques mois, même si tu n'en as parlé à personne !!... Je respecte ton choix, Tim, je t'assure !!... Mais je vois aussi que cette personne ne doit pas être faite pour toi, vu comme tu souffres en ce moment.
- Souffrir est peut être un bien grand mot, Abby, dit-il en se détachant d'elle et en évitant soigneusement son regard.
- Tu peux essayer de te persuader de ce que tu veux, McGee, mais je sais ce que je dis. Tu es triste, c'est visible. Et si lui - ou elle - ne le voit pas, c'est vraiment de l'aveuglement.
- Il a d'autres problèmes… Et ça n'a pas toujours été facile pour lui !!
- Et alors ? Ca ne justifie en rien qu'il te rende malheureux !! Déclara t'elle butée.
- Je crois plutôt que c'est moi qui aie trop voulu y croire. Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais…
- Raconte-moi, Tim, le supplia Abby en l'installant à son fauteuil de bureau.
- Je ne peux pas te donner tous les détails, mais…Disons que je savais parfaitement ce qu'il était et je me doutais bien de ce qui m'attendait… Après tout, j'ai juste voulu y croire et je me suis planté… Pendant une journée, juste une journée, j'ai pu voir ce que ça donnerait s'il se libérait de son passé, de ses problèmes, mais…
- Et sexuellement ?
- Juste une fois, durant cette fameuse journée, avoua t-il, maussade. C'était il y a un mois déjà.
- Mais il est dingue, ce type !! Tim…Quitte ce mec, il y a tellement de gars bien dans le monde… De toute façon, ce qu'il te faut, c'est un homme qui soit capable de prendre ses responsabilités…Par un gamin qui fuit et ne s'intéresse qu'à ses problèmes. Quelqu'un comme… Gibbs !! S'exclama-t-elle en voyant l'homme entrer dans la pièce.
Timothy lui sourit du mieux qu'il pu, mais le cœur n'y était pas. La dernière phrase de son amie l'avait achevée. Qu'aurait-elle pensé si elle avait su que l'homme qu'elle admirait le plus était aussi celui qui lui faisait tellement de mal ?
Il était allé directement chez l'ancien marine, bien avant que celui-ci ne rentre. La porte n'était de toute façon jamais fermée. Rapidement, il regroupa ses affaires et les entassa dans le coffre de sa voiture et attendit son supérieur assis sur les marches du perron. Ce dernier arriva une quinzaine de minutes plus tard et fut surpris de trouver son compagnon à l'extérieur.
- Tu sais bien que tu peux rentrer, pourtant, déclara t-il en passant à ses côtés, sans un geste, sans une attention, comme toujours dès qu'ils risquaient de se faire surprendre.
- Pas cette fois, Gibbs.
Le ton était froid et distant. Jamais, même au début de leur collaboration en tant qu'agents du NCIS, Tim n'avait utilisé ce ton avec lui. Jethro comprit immédiatement que tout était terminé. Il tenta de plonger son regard dans celui de son agent, mais celui-ci se forçait à ne pas le regarder directement.
- Tu vas me dire qu'on est arrivé au bout de cette histoire, n'est-ce pas ?
- Tu ne peux pas me le reprocher !!
- Je ne te reproche rien…Je veux juste comprendre.
- J'ai essayé d'y croire, Jethro, je t'assure… Mais je ne peux pas faire comme si cette sortie n'avait pas existée, comme si tu ne m'avais pas confié certains de tes souvenirs,…Comme si on n'avait pas couché ensemble !!
- Est-ce que tu peux comprendre de ton côté que cette maison est un lieu de souvenir pour moi et que d'avoir partagé mon lit avec toi est déjà quelque chose d'important, s'emporta l'ancien marine.
- Ton lit ? Toutes tes ex l'ont partagé avec toi, ce lit !! Elles ont même vécues dans cette maison, je suis sûr que tu leur as fait l'amour dans cette maison !! Elles ont peut être même réussi à savoir ce qu'il y a derrière cette porte au fond du couloir et dont tu ne m'as jamais parlé !! Je n'ai aucune place dans cette maison et dans ta vie, à part ce bout de canapé dans ta cave et mon statut d'agent dans ton équipe. Et je n'en peux plus…Même Abby a vu que ça n'allait pas, alors que je passe plus de temps avec toi qu'avec elle ces temps-ci… Il faut que j'avance, Jethro, je ne suis plus prêt à tout sacrifier pour toi sans un minimum de considération de ta part. Et comme je sais parfaitement qu'il est impossible de construire quelque chose avec toi…Je préfère partir.
- Et pour le boulot ?
- Je te quitte toi, pas le NCIS. Je prendrais sur moi pour le reste… Au revoir Gibbs.
Tandis qu'il s'éloignait vers son véhicule, il entendit clairement le bruit d'un poing que l'on abattait sur un matériau dur ainsi que son désormais ex-compagnon maudire une certaine règle qu'ils auraient tous eux mieux fait de respecter.
