Salut,
Comme on m'a encore accusée d'être sadique, je vous démontre que ce n'est pas le cas, et voici le nouveau chapitre !! Merci à tous de continuer à me suivre et bonne lecture !!
Il tournait et retournait depuis des heures dans sa tête les événements de ces derniers jours. Sa séparation d'avec Tim, tout d'abord. Il avait parfaitement compris ce que voulait et attendait le jeune homme de lui, mais il ne s'était pas senti le courage de le retenir. Il avait toute sa vie devant lui, il pouvait fonder une famille. Cela faisait quelques temps déjà qu'il y songeait, depuis cette sortie en mer où tout avait basculé pour lui. Ce qu'il considérait jusqu'alors comme une passade amoureuse, tant pour lui que pour son agent, s'était muée ce jour-là en un sentiment beaucoup plus profond qu'il ne pouvait désormais plus nier. Il était bel et bien amoureux de Tim et, comme il perdait toujours ceux auxquels il tenait, il lui avait semblé plus simple et moins douloureux de le laisser partir. Jamais il n'aurait cru que cette séparation serait si dure à supporter. L'instant même où il l'avait aperçu assis devant la maison avait été un véritable coup de poignard en plein cœur auquel il n'avait jamais imaginé faire face. Surtout avec un homme. Surtout avec son agent. Plus il y songeait, plus il trouvait normal et logique d'être amoureux du jeune homme. De ce jeune homme en particulier. Car même s'il appréciait beaucoup Tony par exemple, il avait parfaitement conscience qu'il ne pourrait jamais l'aimer autrement que comme un fils. Et sûrement pas avec les sentiments qu'il éprouvait pour Tim.
Ce même Tony qui n'avait visiblement pas compris ce qui se tramait autours de lui, mais qui sentait bien que quelque chose n'allait pas pour ses deux collègues. Il lui était seulement impossible d'envisager que son patron et « le bleu » ait une liaison. Pas que cela le dérangerait bien sûr, Tony étant très ouvert d'esprit, mais Gibbs était bien certain qu'il n'envisagerait jamais la toute nouvelle bisexualité de son patron.
Ducky, quant à lui, n'avait fait aucune réflexion, sachant pertinemment ce qui risquait de se passer dès qu'il avait eu la confirmation que ses doutes étaient fondés. Il avait juste posé une main compatissante sur l'épaule lorsque Gibbs lui avait fait comprendre qu'ils s'étaient séparés. Il lui avait seulement dit que tant qu'il était sûr de ne jamais regretter ce qu'il avait fait, à savoir laissé partir Tim, il n'aurait aucun reproche à lui faire.
Ziva et Abby, enfin. Son amie et sa fille d'adoption. Celle qui lui avait sauvé la vie et celle qui l'égayait. Bien sûr qu'il se doutait que la jeune israélienne serait la première à découvrir sa relation avec Tim, elle avait été formée à voir ce que les autres cherchaient à dissimuler. Il ne pensait pas cependant qu'elle lui en parlerait, surtout de manière aussi frontale. Il avait visiblement sous-estimé son attachement envers ses deux partenaires. Il se sentait touché par cette marque d'affection qui avait poussé la jeune femme à se confier à Abby, sachant pertinemment qu'elle seule était en mesure de clarifier les choses avec leur patron. Elle aurait pu le sermonner, mais elle s'était contentée de lui poser la question la plus simple du monde. L'aimait-il ? La réponse, il la connaissait parfaitement. Tout lui semblait tellement simple avec le jeune homme. Et cela le désarmait. Les relations avec ses ex-femmes avaient toujours été compliquées – les femmes l'étaient tellement de toute manière – et le calme de sa relation avec Tim le perturbait. Il sentait qu'il aurait pu se laisser aller un peu plus, qu'il aurait pu mettre de côté ses souffrances passées. Il ne savait plus vraiment où il en était, il devait faire le point, s'éloigner de ce que chacun lui disait pour éclaircir ses idées, ses désirs, ses souhaits pour l'avenir. Parce que, au final, souhaitait-il réellement finir ces jours seul ?
Il avait roulé pendant des heures pour finalement décider d'aller rendre visite à la seule personne qui ne mâcherait pas ses mots avec lui.
- Salut Jack.
- Salut fiston, déclara le vieil homme en prenant son fils dans ses bras pour une brève accolade. Je pensais que tu m'appellerais de nouveau « papa » maintenant.
- Que veux-tu ? Les habitudes ont la vie dure, commenta t-il avec un sourire.
- C'est une simple visite de courtoisie ou il s'est encore passé un drame pour notre petite ville ?
- Une simple visite… Et j'aurai besoin de ton avis.
- Tu ne m'as pas demandé mon avis depuis bien des années… Je ne suis même pas sûr qu'il ait un jour compté à tes yeux, déclara Jackson en lui tendant la machine à étiqueter.
- Les choses peuvent changer, Papa, dit-il en insistant bien sur le dernier mot.
Ils travaillèrent un moment en silence, savourant le fait de se retrouver sans toutes les tensions qui avaient planées entre eux durant bien trop d'années.
- Vas-tu te décider à me parler ? Demanda Jack, voyant que son fils se murait dans son silence.
- Je crois que je suis amoureux.
- Tu crois ?? … Ou tu es sûr ?
- … Seul un sourire en coin lui répondit et il comprit que son fils en était sûr.
- Et c'est pour cette raison que tu as besoin de mon avis ?
- Rien que le fait de te l'avouer me perturbe déjà suffisamment.
- Laquelle ?
- Comment ça, laquelle ?
- Et bien, laquelle des deux superbes créatures qui travaillent pour toi a réussi à te séduire ?... Pour ma part, je pencherais pour Ziva.
- Jack…
- Abby est très jolie, c'est vrai, mais je ne pense pas que tu puisses avoir des sentiments pour ce genre de fille. Et Ziva a ce charme exotique dont je lui avais déjà parlé d'ailleurs, déclara t-il en cherchant quelque chose derrière le comptoir.
- Papa !!
- Quoi ?
- Ce n'est ni Ziva ni Abby. Ecoute… D'un geste, il lui indiqua la petite table dans un coin de la boutique et ils s'y assirent.
- Tu sembles bien grave soudainement.
- Parce que ce que j'ai à te dire n'est pas facile…Ca m'est tombé dessus sans que je m'y attende…C'est d'un homme dont je suis amoureux.
Jack prit le temps d'encaisser cette nouvelle. Le regard qu'il posait sur son fils était plutôt neutre et le fait de n'y voir aucun dégout rassura un peu Jethro.
- Je dois bien t'avouer que je ne m'attendais pas non plus à ça… Enfin, je veux dire…tu as été marié et …
- Marié quatre fois.
- Tu… ? Quoi ?
- Et divorcé trois fois… Désolé de ne pas t'en avoir parlé… Et de ne pas t'avoir invité.
- Laisse tomber…C'est du passé maintenant. Et si tu as divorcé à chaque fois, c'est que ça ne devait pas valoir Shannon.
- Non, effectivement.
- C'est le fait d'aimer un homme qui te dérange ?
- Non…
- Alors, explique-moi, puisque tu es venu quémander mon avis.
- Tu te souviens de mes collègues qui sont venus avec moi pour l'enquête…
- Pas l'italien quand même !!
- Non, déclara Jethro avec un sourire. Timothy.
- Tu me rassures… Pas qu'il soit désagréable, il doit même être considéré par la gente féminine comme très séduisant, j'imagine…Mais il fait très…gigolo !!
Jethro se laissa aller à rire à la remarque de son père. La même que celle de la mère de Ducky a chaque fois qu'elle croisait Tony.
- C'est peut être bien vrai, déclara enfin l'ancien marine quand il reprit son sérieux. Quant à savoir s'il est séduisant ou non, je suppose qu'il doit l'être aux vues du nombre de ses conquêtes féminines.
- En attendant, revenons-en au sujet qui te préoccupe.
- Tim…
- Effectivement. … As-tu remarqué qu'il te regarde différemment parfois?
- Je sais.
- Tu comptes lui dire ce que tu ressens ?
- C'est un peu plus compliqué…Nous avons été ensemble, pendant quelques mois… Nous ne le sommes plus désormais… Il m'a quitté il y a quelques jours.
- Pourquoi ?
- Parce que je n'avais rien voulu comprendre…Parce que je suis incapable d'accepter d'être heureux après ce qui est arrivé… à Shannon et Kelly. J'ai toujours perdu ceux que j'aimais… Pourquoi ce serait différent avec lui après tout ?
- Si tu ne te laisses pas la possibilité de le découvrir, tu le perdras, de toute façon.
Jethro considéra un instant les paroles de son père. En s'éloignant du jeune homme comme il l'avait fait, en lui interdisant tout accès réel à son coeur, au point d'entrainer leur séparation, il était effectivement en train de le perdre. Tous ses amis – excepté Tony puisqu'il n'avait pas eu connaissance de leur liaison – avaient en vain cherché à lui ouvrir les yeux.
- Ecoute, mon fils… Depuis la mort de ta mère, la vie ne t'a pas épargné, j'en suis conscient… Il y a eu ta femme et ta fille… Et d'autres visiblement, dont je n'ai pas eu connaissance.
- Tu aurais adoré Jenny… Il faudra que je t'en parle un jour.
- Mais ce n'est pas une raison – et laisse-moi terminer – pour gâcher ta vie sentimentale comme tu l'as fait visiblement ces quinze dernières années. Tu as toi aussi le droit d'être heureux. Shannon et Kelly l'auraient sûrement voulu ainsi… Jethro…Vas-tu continuer longtemps à fuir ta vie ?
Sans répondre à la question de son père, il se leva, lui donna une longue accolade et reprit à toute allure le chemin de Washington. Il aimait Tim, et si ce dernier l'acceptait, il ferait parti prenante de sa vie désormais.
