Lloyd se réveilla lentement. Sa nuit lui avait fait un grand bien. Il avait presque complètement récupéré. Il se leva silencieusement, les yeux à demi fermés. Il était habitué à se préparer avant les autres. Ses camarades était de vraies marmottes.

Dans la salle de bains, une fois habillé, il sortit sa potion, retroussa sa manche, et s'injecta dix millilitres. Il attendit en se cramponnant à l'évier, mais rien ne vint. Il estima que son corps s'était adapté aux effets du bézoard doré. Il retourna au dortoir. Il s'arrêta au milieu de la pièce, il lui semblait que tout autour de lui tournait, il replaça ses jambes pour ne pas perdre l'équilibre et tomber.

Il resta ainsi une minute avant que tout ne rentre dans l'ordre. La prochaine fois, peut-être sera-t-il épargné des vertiges. Il comprit que quelque chose n'allait pas. Le silence était anormal. Il regarda enfin les lits d'où auraient dû rugir des ronflements esquintés et constata que les couvertures étaient pliées, et que les marmottes n'hibernaient plus.

Il se figea et l'heure de son réveil vint à lui. Il jura, et partit en courant sans ses affaires. Il avait raté les cours du matin et le déjeuner. Mais pourquoi personne ne l'avait réveillé ? La dernière fois qu'un de ses camarades avait essayé, il s'était retrouvé pendu par les pieds par des lianes ressemblant fortement au Filet du Diable, lui rappela une voix. Oui, d'accord, mais c'était parce qu'il s'était levé du pied gauche ce matin-là. Il s'élança dans les couloirs jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il n'avait pas reçu son emploi du temps. Courir vite ne sert à rien si l'on ne sait pas où l'on va. Il pesta. Et sa conscience qui se la jouait philosophe ! Il essaya de rassembler ses idées, mais ne parvint à rien. La potion embuait toujours son cerveau. Il suivit donc son instinct, et alla aux cuisines. C'était un instinct primitif, certes, mais parfois la faim prenait le dessus sur la raison.

Dépité, il chatouilla la poire et les elfes se firent un plaisir de lui offrir un panier de victuailles et de remplirent son sac. Il se fâcha quand ils commencèrent à toucher à ses poches pour y mettre des croissants. Leurs oreilles se rabaissèrent et certains se pincèrent les mollets. Il vida un peu son sac et demanda des boissons, de préférence des Bièraubeurres. Il repartit avec un fardeau de nourriture vers la salle commune. Il irait s'excuser auprès des professeurs le ventre plein, il en était certain.

Ravegourde.

Le mur devint un rideau de vapeur qu'il traversa, non sans un regard pour le poster de Hugo. Il se laissa choir dans un fauteuil près de la cheminée toujours allumée. C'était le seul lieu vraiment chaud dans ces cachots humides. Les élèves s'en étaient plaint en réclamant d'autres cheminées, mais un mage-architecte avait déclaré que la structure de Poudlard ne pouvait être modifiée que par l'un des fondateurs. Alors ils faisaient comme les générations précédentes, les sorts de réchauffement étaient enseignés aux élèves avant même qu'ils ne mettent un pied en cours. La malice de Salazar Serpentard, ses étudiants devaient avoir une longueur d'avance dès le début en pratiquant de la magie.

Il remarqua alors que Scorpius était assis dans le fauteuil opposé en regardant les flammes.

– Tu n'es pas en cours toi ? interrogea Lloyd.

Il releva la tête maussadement. Et haussa les épaules.

– Pourquoi j'y serais ?

– Et bien il est quinze heures et quart, et ... Il marqua une pause et se tapa le front avec la paume. On est samedi.

Le Serpentard rit légèrement du malaise de son ami, et se laissa à nouveau hypnotiser par le feu.

– C'est toi qui es sorti comme un fou tout à l'heure ? Panne d'oreiller ? Mais c'est vrai que t'avais l'air mal en point hier soir. C'est extraordinaire venant de toi.

– Oui... Comme il est extraordinaire de ne pas te trouver entouré de tes amis. Tu veux manger ? J'ai ramené des provisions pour toute la semaine à cause de ces elfes.

– Oui, merci.

Il prit une bouteille de Bièraubeurre et une tapas qu'il dégusta distraitement.

– J'avais besoin de réfléchir, reprit-il. Je m'inquiète beaucoup pour mon père. Cet Arsène Lupin me fait peur. Diamond était un collègue à lui.

Lloyd lui fit une mimique signifiant ''c'est la vie''. Il avait souvent le rôle de confident avec les personnes. Il était d'un naturel calme et discret. Et il avait cette tendance naturelle et poussée aux secrets. Il était comparé à un coffre-fort où chacun mettait une pépite à protéger. Du coup, les gens s'ouvraient à lui facilement, quand il avait son sourire encourageant, sinon, on le fuyait comme la draconite.

– Ma famille possède des trésors inestimables. Je crains que mon père défie en duel Arsène Lupin s'il essayait de rentrer dans la maison. Quand je vois ce qu'il a fait à la ville de Manchester...

Lloyd vit le journal déposé sur une table et l'amena à lui d'un Accio. Il parcourut rapidement les pages. La chimère avait été capturée. La manticore avait disparu et les Aurors sondaient les égouts de fond en comble. L'article expliquait que les Moldus avaient officialisé une fuite de gaz, et le tournage d'un film pour la course poursuite. On ne relevait que six morts, quatre Aurors et un père moldu et son fils, mais énormément de blessés, défigurés par les flammes, ou avec un membre arraché suite à un éboulement ou l'appétit d'une manticore. Un portrait magique présentait un homme d'une quarantaine d'années, l'air contrarié, contractant les muscles de la mâchoire. On précisait d'appeler les Aurors si l'on croisait ce suspect. Ted Lupin avertissait dans une interview qu'il y avait de fortes chances que ce visage ne soit qu'un déguisement. Deux rubriques suivaient, une relatant les méfaits d'Arsène Lupin, l'autre les bienfaits de Ted Lupin, en prévenant qu'il n'y avait aucun lien de parenté entre eux. Cela faisait très stéréotypé, le mauvais et le bon sorcier comparé, l'un décrit péjorativement, l'autre couvert de compliments. Les journalistes pourraient au moins être impartiaux, ils ne savaient pas tout le travail qu'il y avait derrière ces cambriolages ! Ainsi donc, l'Auror prometteur s'appelait Lupin. Il avait démantelé à lui seul le trafic d'humains qui se faisait en Serbie en battant le vampire Sergueï et ses troupes. Pas étonnant qu'il soit si difficile de lui faire lâcher prise.

Il referma la gazette et la jeta dans un fauteuil inoccupé.

– Ce Ted Lupin est vraiment très fort, dit-il.

Il jeta un œil à Scorpius. Il était un Malefoy, et en conséquence était bien placé dans la société et connaissait tout le monde, au moins de nom. Scorpius ne s'aperçut pas de l'insistance de Lloyd et commenta :

– Oui. Je l'ai déjà rencontré l'été dernier, il était avec nous. Il passait lui aussi ses vacances avec les Potter. Il s'était marié à une certaine Victoire Weasley je crois. Très sympa. Il nous a appris quelques sorts avancés, un peu plus à James, ils sont très proches tout les deux malgré leurs chamailleries sur leurs histoires amoureuses. C'est Albus qui me l'a présenté.

Sa voix se perdit au loin. Il masqua sa tristesse en buvant une gorgée, mais Lloyd le discerna.

– Comment ça va avec Albus ? fit-il par espièglerie.

Il tressaillit.

– Et que veux-tu que je lui dise ? Salut, on s'embrasse ? caricatura Scorpius en imitant une fille qui collait le Gryffondor d'un peu trop près à son goût.

– Sans vouloir te faire de peine, il vaudrait mieux que tu révises ton scénario, intima Lloyd. Il va penser qu'on t'a forcé à ingurgiter une potion délirante.

Il but une longue gorgée alors que son camarade lui jeta un regard épris d'indignation. Il poursuivit :

– C'est vrai que ça risque de créer des tensions dans le groupe. J'en connais une qui serait jalouse.

– Qui ?

Il ne fit aucun effort pour cacher son amusement. Était-il observateur, ou les sentiments les plus évidents étaient-ils méconnus auprès de leurs protagonistes ? C'est à ce moment que les Maraudeurs au grand complet firent leur entrée dans la salle des verts et argents. Ils avaient l'air ravi de trouver leur Serpentard préféré.

– Scorpius ! Mais qu'est-ce que tu fais ici ? s'écria Hugo. Tu as raté le duel d'attrapeur entre Lily et Albus !

– D'ailleurs, tu me dois un Gallion, cher frère. Qui a dit que les filles ne savaient pas jouer, hum ? nargua la Serdaigle en s'accrochant au cou de celui-ci.

Lily les poussa et se plaça devant le feu en grelotant. Ses taches de rousseur ressortaient joliment sur sa peau frigorifiée. Scorpius la regarda en quête d'une réponse à sa fraicheur.

- Oh, ça, exposa Rose, c'est la colère qui a pris mon frère adoré quand il a compris qu'il venait de perdre son pari.

– Vous êtes irresponsable, souffla Lloyd.

Il agita sa baguette pour la sécher, mais cela n'eut aucun effet. Les Weasley rirent de plus belle.

– La magie ne marche pas, expliqua la jeune rousse. Sinon je serais déjà sèche depuis longtemps.

Scorpius et lui partagèrent un regard. Le premier fit rapidement jaillir de l'eau glacée sur Rose et Hugo, le deuxième enchanta leurs vêtements pour qu'ils ne s'essorent qu'à la moldue.

– Venez donc vous réchauffer, vous allez attraper la crève, railla Scorpius d'une voix traînante.

Albus se moqua des têtes déconfites de ses cousins et prit place dans le fauteuil près de Lloyd. Rose sauta sur Scorpius et le mouilla lui aussi. Hugo s'approcha dangereusement de Lloyd mais il vit que ce dernier tenait toujours sa baguette et le regardait sournoisement. Il préféra ne pas se risquer à l'irriter. Lloyd était quelqu'un qui aimait jouer avec la nourriture, que ce soit du poulet ou du lion, alors un blaireau... Il grommela et s'assit sur le tapis, dos à la cheminée.

Lloyd leur proposa un encas qu'ils acceptèrent aussitôt. Il grimaça. Il les aimait bien mais ils étaient vraiment trop bruyants pour lui. Il ne s'entendait même plus penser. Ils parlèrent gaiement jusqu'à qu'une question revienne à l'esprit du Serpentard.

– Au fait Hugo, pourquoi as-tu affiché ce poster sur notre mur ? Un serpent à la rigueur j'aurais compris mais là...

Il y eut un silence.

– C'est parce que le dragon de Komodo est le symbole de Scorpius, éluda le Poufsouffle. Pas vrai Cuiracéré ?

Le surnom le fit hausser les sourcils. Scorpius leva les yeux au ciel, et Rose réprimanda son frère.

– On avait dit ne pas en parler ! Tu es incorrigible !

– Il n'y a pas de mal, le défendit Albus, on peut lui dire. Je lui fais confiance.

– James a dit... commença Lily, mais Scorpius la coupa.

– Si on l'écoutait, beaucoup de Serpentards n'auraient pas leurs chances. Il m'a aussi reproché de faire de la magie noire, et pourtant, vous êtes bien mes amis, rétorqua-t-il.

Rose se mordit les lèvres. Elle n'avait pas de préjugé sur les Serpentards, mais James ne serait pas si hostile avec Lloyd sans raisons valables. Les garçons avaient tous l'air de l'apprécier. Il n'y avait que Lily qui restait méfiante, mais elle était encore assez jeune pour être influencée par son grand frère.

Lloyd ne dit rien, ce n'était pas son rôle. Il attendit qu'ils prennent une décision en ouvrant une autre bouteille de Bièraubeurre.

– Bon, faites ce que vous voulez, céda Rose.

Hugo lui sauta dans les bras.

– Merci Caudaleste !

– Ne m'appelle pas comme ça.

Lloyd commençait à s'impatienter, et ils le voyaient. Ils jouèrent là dessus.

– Alors, en fait... commença Hugo.

– Ce qu'on essaye de te dire... enchaîna Albus.

– C'est qu'après un travail acharné... continua Scorpius.

Lloyd se leva et allait sortir. Il n'avait pas envie de perdre son temps en plus de sa patience. Cela pouvait finir en carnage...

– Nous sommes des Animagus ! cria Albus pour le retenir.

Il était très impressionné pour une fois et reprit sa place. Ils avaient énormément de potentiel pour leurs âges.

– Tous ? s'enquit-il.

– Non, il n'y a que Lily qui ne le soit pas. Elle a commencé plus tard son apprentissage.

Ils étaient très fiers d'eux. Entre le Patronus et l'Animagus, il y avait de quoi.

– Et vous vous transformez en quoi ?

Aux sourires qu'ils lui firent, il sut qu'ils allaient le faire mariner. Il leur ferait payer de titiller ses nerfs.

– On va te donner un indice, intervint Albus. On va te donner nos surnoms de Maraudeur.

Un surnom de Maraudeur ? Mais ils donnaient des noms à leurs doubles bestiaux en plus ! C'était stupide, est-ce que lui se nommait poil-aux-pattes pour son animal ? pensa Lloyd dépassé par ses interlocuteurs.

– Alors Scorpius c'est Cuiracéré, comme tu l'as compris, Rose, c'est Caudaleste, Hugo c'est Marsurpatte, James c'est Mantor...

– Minute, Potter aussi ? Je veux dire, James est aussi un Animagus ?

– Yep, et moi c'est Crinsmélés ! conclut le petit frère de son rival.

Lloyd contemplait les flammes en digérant les nouvelles.

– Et j'en fais quoi de vos noms ? Je les donne au ministère ?

Rose se pinça les lèvres, elle allait s'emporter quand Scorpius prit la parole. Elle se calma un peu en entendant sa voix. C'est alors qu'elle croisa le regard de Lloyd. Il l'avait vu. Rien ne lui échappait, il lui fit un rictus goguenard. Elle ne put décolérer mais ne le manifesta pas.

– Nous ne sommes pas déclarés, ça se voit tant que ça ? Mais nos parents nous ont fait promettre de nous déclarer quand on aura terminé nos études, sauf mon père qui n'est pas au courant.

– Mais j'y pense ! s'exclama Hugo. Ce soir c'est la pleine lune ! On a qu'à aller faire un tour dehors pour fêter la rentrée !

– Tu es au courant que les Animagii ne sont pas contraints par le cycle de la lune ? railla le Serpentard.

Albus et Lily contèrent alors la fabuleuse histoire du groupe d'amis de leur grand-père, en narrant la lycanthropie de Remus Lupin. Il en apprenait de plus en plus sur cet Auror décidément.

Il regarda sa montre et se leva. Il devait savoir où étaient les Trévithitch, il ne les avait pas rencontrés de la journée.

– Très bien. On se voit donc ce soir pour la nocturne.

– Tu vas venir ? Mais... un grand doute envahit Rose. Tu es un Animagus ?

Brave fille, elle savait se servir de sa tête, accorda Lloyd. Il ne répondit pas. Il n'allait pas leur dire une telle information, le doute était plus appréciable.

Il leur fit un sourire énigmatique, jeta un sort de conservation sur la nourriture, la fit léviter jusque dans sa chambre, et passa à travers le mur. Maintenant, il fallait qu'il trouve ses deux camarades. Ils devaient s'ennuyer de lui, les pauvres. Il regarda par la fenêtre. Le temps était clément, ils devaient sûrement être dehors. Il les vit sous un arbre prés de la Forêt interdite et les rejoignit. Ce n'est qu'à deux mètres qu'il remarqua qu'ils tenaient la Gazette du Sorcier, et qu'Astrée l'immolait du regard. Il regretta de ne pas être resté sagement à l'abri, le monde extérieur n'était définitivement plus sûr.

– Hey ! Ça va Lloyd ? le salua Tristan.

Il lui répondit d'un signe de main et s'assit en face d'eux.

– Nous parlions du nouveau coup d'Arsène Lupin. Tu devais forcément être au courant, insinua-t-elle.

– Moui, Scorpius m'en a parlé...

Moins il en disait, mieux il irait. Astrée était prête à démarrer au quart de tour. L'une des seules personnes qu'il craignait était son amie en colère.

– Il paraît qu'il a dévasté une bonne partie de la rue à lui tout seul ! s'exclama son frère. Et il a fait apparaître une chimère et une manticore. C'est la première fois que l'on voit ça. Le ministère n'a plus eu un tel travail depuis plus de vingt ans.

– Ce n'est pas le premier, rectifia le concerné. Pour la magie je veux dire. Tu n'as jamais écouté Binns parler du combat entre Dumbledore et Grindelwald ?

Tristan ouvrit la bouche et la referma. On entendait la voix de Binns, mais on ne l'écoutait pas, c'était impossible !

En vérité, Lloyd n'écoutait pas non plus les cours d'histoire. Il avait ensorcelé son stylo pour prendre des notes. Les dates ne l'intéressaient pas, mais certains faits étaient très instructifs. Savoir comment des gobelins récalcitrants s'étaient échappés du ministère en cours de jugement, ou quelle était la tactique d'une armée de centaures en pleine révolution pouvait servir.

– Lors de leur dernière bataille, Grindelwald avait métamorphosé une forêt entière en une horde de Géants, et Dumbledore les avait maintenus en invoquant les éléments.

Tristan hocha la tête d'un air appréciateur. Il continua son exposé en vantant les capacités et l'endurance des deux sorciers. Il en était à l'invocation d'un dragon par Dumbledore que le Mage noir avait fait exploser en utilisant une potion, sous le regard noir d'Astrée, qui savait qu'il ne leur disait pas tout, notamment comment ils avaient réalisé ces prouesses, quand le portail de Poudlard s'ouvrit. Il tourna la tête et aperçut Harry Potter et Ted Lupin entrer. James Potter sauta dans les bras de l'Auror. Ce fut les professeurs Londubat et Hagrid qui les escortèrent jusqu'au bureau du Directeur.

Il soupira. Devait-il conclure que Flitwick avait craché le morceau ? Il fit comme si de rien n'était. Il s'exigea de garder un calme absolu et bavarda avec son camarade, en le laissant parler cette fois.

– Lloyd !

Il se retourna et vit le concierge s'approcher. C'était un jeune homme qui ne devait pas avoir plus de vingt ans, avec qui il s'entendait bien. C'était un Américain qui travaillait ici pour se payer des études avancées en Médicomagie. Lloyd le respectait car c'était l'un des rares dans cette école à avoir une réelle ambition. Il savait ce qu'il voulait et faisait ce qu'il fallait pour y arriver. Il lui fit un signe de tête pour qu'il poursuive.

– Tu es convoqué chez le directeur.

– Qu'est-ce que tu as encore fait ? s'exclama Tristan en rigolant. Les Maraudeurs t'ont entraîné quelque part ?

Il fit un mince sourire et suivit Curtis Bryant les mains dans les poches. Ils marchèrent en silence jusqu'à ce que le concierge, n'y tenant plus, lui déclara.

– J'ai passé l'examen d'entrée pour l'académie d'Édimbourg ! J'ai été reçu !

– La rentrée est pour quand ?

– À la fin des vacances de Toussaint. J'ai hâte d'y être !

Ils continuèrent leur conversation dans les corridors. Quand ils tournèrent à l'angle d'un couloir, ils aperçurent un attroupement d'étudiants riant à gorge déployée. Il avancèrent, piqués par la Curiosité, une petite fée qui s'introduisait partout pour envoûter ses victimes, et constatèrent que tous les préfets étaient réunis, dont Rose faisait partie. Ils étaient entourés d'un halo lumineux, et dansaient en frappant les pieds au sol. Ils chantaient tous gaiement, parfois accompagnés d'un élève né-moldu.
« wimboe wimboe wimboe

L'indomptable le redoutable
Le lion est mort ce soir
Viens ma belle viens ma gazelle
Le lion est mort ce soir
Wimboe wimboe wimboe »

Ils restèrent ébahis. D'autres élèves applaudissaient la prestation et sifflaient le numéro de danse que leur offraient leurs camarades. Il vit le reste des Maraudeurs pleurer de rire devant le spectacle de leur amie. Lloyd eut un mal de tête atroce dû à la lassitude que lui procurait ce groupe. L'année n'avait pas encore commencé, un de leur parent était dans le château, mais rien ne les empêchait de chahuter. Ces jeunes étaient définitivement bons pour être le prochain sujet d'étude du Département des Mystères.

L'aura blanche se fondit dans la pierre, les préfets semblèrent revenir à eux et s'horrifièrent en lançant de lourd regard de reproche aux coupables.

– Euh...

Curtis ne savait pas quoi faire, mais comme ils n'avaient rien sali, décida de laisser passer l'incident. Il fit signe à Lloyd de le suivre en lançant un clin d'œil aux blagueurs qui le saluèrent avec des rires complices.

Une quinte de toux venant de derrière son dos. Le concierge se retourna. Les sourires disparurent. Le professeur de DCFM lança un regard insistant vers Curtis qui s'empourpra.

– Oh ! Mrs Cohen ! Comment allez-vous ? Les vacances vous ont embellie et je ...

– Suffit, cria la belle femme brune. Faites votre devoir au lieu de déblatérer des sottises !

Curtis baissa les yeux. Il avait toujours été attiré par cette femme. Elle possédait une classe majestueuse et naturelle. Il bredouilla des excuses et marmonna :

– Les Potter, Weasley, et Malefoy, dans mon bureau à dix-huit heures.

Malicia Cohen sembla se calmer légèrement, quand elle croisa le regard de Lloyd, elle fronça les sourcils.

– Harshad, siffla-t-elle. Qu'attendez-vous pour vous rendre chez le directeur ? Le chef des Aurors n'est-il pas plus important que les stupidités de son fils ?

– Papa est là ? s'exclama Albus.

On ne prit pas la peine de lui répondre. La directrice de la maison des Serpentards continuait de le menacer du regard.

Depuis des années maintenant, Cohen saisissait toutes les occasions qui se présentaient pour lui faire une remarque sur son comportement. Lloyd avait, aussi loin que lui permettait sa mémoire, toujours été inattentif à son cours. Il lui arrivait de lire des livres de la bibliothèque ou de faire ses devoirs sous le nez de la brune pendant qu'elle expliquait l'origine d'un maléfice. Et, bien sûr, il réussissait tout ce qu'elle lui demandait, et avait des notes convenables à l'écrit, passable aurait-elle dit. En réponse à ce manque de discipline, elle tentait de le punir, mais n'avait jamais eu de bonnes raisons. Lloyd avait même l'appui de Flitwick qui l'encourageait à prendre de l'avance s'il le pouvait, compréhensif le vieil hibou de Serdaigle.

– J'y vais de ce pas madame, répondit-il poliment en s'inclinant, retenant mal un rictus narquois.

– Je l'accompagne, s'empressa Curtis.

Comme si elle avait lu dans ces pensées, elle secoua strictement la tête.

– Non, j'ai à vous parler. Cela concerne votre manque d'autorité, rajouta-t-elle en voyant la dernière lueur d'espoir du concierge. Qu'attendez-vous, tous ? Dehors ! Et plus vite que ça !

Les élèves s'échappèrent. Il entendit Curtis murmurer.

– Fuyez, bande de veinard. N'empêche, quelle présence !

Il allait lui lancer une pique amicale, mais les yeux de Cohen lui suffirent pour se raviser.

Il continua sa route en solitaire, se préparant à un interrogatoire dans les règles de l'art des Aurors. Devant la statue, il hésita. Il pouvait très bien prendre un passage secret et vivre à l'écart de la société, en persévérant son affaire. La statue se déplaça sur le côté pour le laisser passer. Le directeur avait choisi pour lui. Résigné, il alla saluer ses ennemis de cœur, d'esprit, et de profession.

La pièce gardait son étrangeté habituelle. Meeko courait sur la bibliothèque en essayant d'attraper un insecte quelconque. Flitwick était assis sur son fauteuil rembourré de multiples coussins, et les deux Aurors prenaient les deux seules places assises qui restaient, mis à part le vieux tabouret en bois que tout le monde évitait.

– Messieurs.

Il aurait pu faire mieux comme accueil, mais l'envie n'y était pas. Les trois sorciers se retournèrent et l'examinèrent. Il s'exaspéra vite de ce manque de réaction.

– Ô joie ! Voilà que les hommes aussi me regardent comme si j'étais un steak !

Le directeur toussota.

– J'espère que vous ne comparez pas Mr Potter et Mr Lupin avec vos admiratrices.

– Pourquoi pas ? Il y a des similitudes. Notamment les robes. Le ministère n'a pas pensé à en faire pour homme ? interrogea-t-il en pointant du doigt leurs uniformes d'Auror.

Phineas Black dissimula un ricanement en éternuant, ce qui lui valut plusieurs regards noirs tandis que Rogue riait franchement, pour une fois qu'on s'en prenait à saint Potter.

Si la remarque l'avait touché, Harry Potter n'en montra rien, alors que son collègue le fusillait du regard. Ted Lupin eut cependant un sourire et prit la parole.

– Pourquoi êtes-vous donc autant sur la défensive ? Vous craigniez quelque chose ?

– Je viens seulement d'être interpelé par des Aurors comme si j'étais un criminel devant la moitié de l'école, mais à part ça il fait beau, les oiseaux chantent, aucune raison de s'inquiéter.

L'Auror perdit son sourire aussi vite qu'il était apparu.

Il attira le tabouret et l'invita à s'assoir, bien que ce geste dut lui faire du mal, à la grimace de dégoût qu'il exprimait. Potter était resté muet jusqu'à présent.

– Nous ne nous sommes pas déjà rencontrés ?

Que Gryffondor soit maudit pour ses élèves stupides, pour leur manque de tact, pour...

– Le Poudlard Express, éluda Lloyd d'une voix neutre.

– Non, ce n'est pas ce que j'appelle une rencontre. Non. Harshad. Ce nom me dit quelque chose. Sans compter mes fils. Je vous ai déjà vu.

''C'est ça, remue le couteau dans une plaie encore saignante. Je m'étais juré de rester calme'', crépita intérieurement le Serpentard.

– L'affaire Harshad/Seirra peut-être... gronda-t-il.

Le visage de son interlocuteur s'illumina en retrouvant la mémoire, mais déchanta en se souvenant de quoi il s'agissait.

– Ah... Euh... Merci, enfin excusez-moi.

– Le mal est déjà fait, articula-t-il en se mordant la langue pour ne pas lui cracher des insultes.

L'homme quarantenaire eut un air désolé. Il comprenait tout à fait le jeune homme, mais celui-ci ne semblait pas vouloir s'étendre sur le sujet.

Une bouffée de haine le submergea. Il se vengerait, il la vengerait. Potter dut sentir l'aura malsaine et haineuse de Lloyd car il le vit ahuri. Cela ne dura que quelques secondes avant qu'il fasse lui aussi ressortir son aura. Celle-ci n'était que calme. Une harmonie d'une telle puissance qu'elle lui donna froid dans le dos.

Les autres occupants de la pièce ne s'aperçurent de rien. L'aura n'était pas une chose qui se voyait, sauf si on désirait la montrer, souvent pour impressionner et dissuader un ennemi. Un peu comme quand les chiens montraient les crocs, c'était très primaire, c'était pour cela que les sorciers avaient rendu leurs halos invisibles. Les personnes présentes frémirent. Lloyd se hâta de se modérer.

Il commença à s'agiter. Il n'allait pas tenir très longtemps dans une ambiance comme celle-là. Il lança un regard furieux à Flitwick, qui cessa d'être compatissant. Il s'éclaircit la gorge.

– Hem. Nous vous avons convoqué pour l'enquête sur le dénommé Arsène Lupin. Vous êtes un suspect potentiel.

Il attendit.

– Et ? s'exaspéra Lloyd.

– Et nous vous prions de coopérer, et de nous faciliter la tâche lors de cet interrogatoire, finit Potter.

Les deux hommes se levèrent pour se mettre en face de lui, le toisant de haut. Il s'attendait à mieux d'une légende vivante. Mais un Gryffondor ne devait pas s'accorder à utiliser la Legilimancie ou le Veritaserum. Il soupira. Ça promettait d'être long. Il sortit sa baguette. Aussitôt Lupin dégaina la sienne et l'en menaça.

– Ted ! s'exclama Potter.

– Interdiction formelle d'utiliser la magie pendant un interrogatoire, déclara froidement l'Auror.

Il ne digérait pas la morsure, à moins que ce soit le fast-food ? Lloyd le nargua et transforma son tabouret en un confortable fauteuil vert.

S'il était sensible aux regards, il serait mort sept fois déjà sous l'œil acharné de Lupin. Potter posa sa main sur l'épaule de son collègue et filleul et le força à se rassoir et à se calmer. Puis, il changea son expression d'homme bienveillant et le questionna rapidement d'un regard perçant.

– Étiez-vous en Europe du onze juillet au vingt-sept août ?

– Oui.

– Où exactement ?

– Portugal, Espagne, France, Belgique, Grande-Bretagne, Irlande, Pays-bas, Danemark, Allemagne, Pologne Ukraine, Roumanie, Grèce, et Italie.

– … En deux mois ?

– Je ne suis pas Moldu. Avec le transplanage, la poudre de Cheminette et les Portoloin, on peut faire le tour du monde en une heure et prendre de belles photos.

– Hum... oui, si on ne prend pas le temps d'être légalement sur chaque territoire. Aviez-vous une autorisation ?

– Le billet du Wizard World Way est-il suffisant ? Vous savez, un des billets gagnants glissé dans des Chocogrenouilles.

Ted Lupin, qui écrivait l'entrevue sur un parchemin, sabra rageusement le papier. Ces billets permettaient de voyager en toute légalité durant les vacances scolaires. Il aurait pu aller de l'enfer au paradis sans problème grâce à ces places.

– Vous l'avez gagné ?

– Si l'on veut, je l'ai acheté.

– Sûrement très cher, on m'a pourtant dit que vous n'aviez pas beaucoup d'argent, et votre famille n'a pas eu à participer puisqu'elle n'était pas au courant de votre ballade. Comment avez-vous fait ?

– J'ai cambriolé Gringotts pardi, ironisa-t-il. Et tant qu'à faire les chose en beauté, j'ai chevauché un dragon pour m'évader ! J'ai travaillé, reprit-il plus sérieusement, comme tout le monde.

Potter retint un sourire.

Le temps semblait ne plus avancer. Lloyd ne regardait plus l'horloge, il se faisait du mal. Au bout d'une énième question, Potter intima à son filleul d'aller fouiller ses affaires. Avant qu'il n'ait pu dire un mot, Potter sortit un mandat du ministère et le lui colla sous le nez. Ils patientèrent. Potter s'étira et fit le tour de la pièce. Lloyd n'y fit pas attention mais ne put s'empêcher de se retourner quand Potter éclata de rire devant un tableau.

– Comment allez-vous mon cher Severus ?

Le portrait prit son temps pour répondre.

– Comme un Prince. Dois-je vous rappeler, que le saint Harry James Potter, en plus d'avoir donné mon prénom à un de ses rejetons, a mis mon tableau dans sa modeste demeure pour continuer à m'excéder par-delà la mort ? Vous n'êtes qu'arrogance Potter, vous vous permettez de jouer avec mon éternité.

– Pardon ? Ne vous ai-je pas surpris, récemment, en train de rougir de plaisir quand ma fille vous a appelé tonton Sevy ? Et pourtant, elle n'a pas mes yeux. L'éternité ne vous aurait-elle pas rendu délicat ?

– Potter, avertit l'ancien directeur de Poudlard.

Ils échangèrent quelques remarques sournoises, insultantes mais paradoxalement respectueuses, et les deux protagonistes en semblaient ravis. De son côté, Lloyd se disait qu'ils étaient encore plus insensés que lui.

Lupin revint déçu. Il fit signe qu'il n'avait rien trouvé d'accablant.

– Et si...

Potter, en se passant une main de les cheveux, regarda le tableau de Dumbledore.

– Quoi ? s'énerva Lloyd. Vous pensez que j'ai caché un coffre fort derrière un tableau ?

– Non, non, suivez-moi, nous n'en aurons par pour longtemps.

Harry Potter descendit vivement les marches pour s'arrêter au septième étage, suivit de Lloyd.

– Vous dites que vous n'avez rien à cacher ?

– Absolument rien.

– Nous allons voir jusqu'où vont vos connaissances du château.

Lloyd fronça les sourcils. Il savait que de nombreux Gryffondors avaient marqué leurs époques, souvent pour leur génie, en parallèle avec leur folie guillerette. Ce genre de personne était capable de parler de la mort en proposant un bonbon au citron, d'autres parlaient de culpabilité et de L'Histoire de Poudlard.

Ils stoppèrent devant un mur vierge. Potter le dévisagea intensément.

– Alors ?

En se disant que Godric Gryffondor devait choisir ses élèves à la masse de muscles compensant leur cerveau, il ironisa.

– Ça mur, se moqua-t-il. Ça Barnabas le Follet écartelé par des trolls. Ça abruti.

Il pointa le chef des Aurors tournant en rond devant lui.

Une porte apparut et Potter le fixa, goguenard face à l'expression d'incrédulité du Serpentard.

– Ça magie. Toi imbécile.

Lloyd eut l'irrésistible envie d'exploser quelque chose. Tout ! N'importe quoi ! Une peluche, une Acromentule, un Gryffondor !

Il rentrèrent dans ce qui semblait être une cathédrale. La salle était extraordinairement vide par rapport à tout l'espace qu'elle contenait. Quelques livres traînaient de-ci de-là comme s'ils étaient perdus.

– Elle était pleine à craquer la dernière fois que je suis venu, expliqua capitaine Potter.

Un punching-ball apparut avec une photo de la tête du Survivant à leur pied, et un poignard. Elle était vraiment magnifique cette salle, s'émerveilla Lloyd.

– Je vois que tu te feras un plaisir de la re-remplir, constata-t-il. Pourquoi es-tu si en colère ? Je te fait horreur à ce point ?

– Allez dire ça à ma sœur !

Il lui tourna le dos rageusement et partit. Harry resta choqué un instant. ''Les blessures du cœur sont inguérissable'', lui avait un jour dit son directeur préféré," elles ne se referment jamais entièrement. Demandez à Pom-Pom, elle vous le confirmera. Elle a passé une grande partie de sa carrière à consoler le professeur McGonagall à propos de Julien. Son enterrement m'avait profondément ému, quelle brave souris !''

Il se reprit. Il n'était pas payé pour penser à Albus et ses excentricités. Il lança négligemment un Accio qui attira tout les livres et autres objets de valeurs vers lui. Il ne trouva rien pouvant servir de preuve, mais il s'en doutait dès qu'il avait vu sa surprise de voir apparaître la Salle sur Demande. Pourtant, il faisait selon toute vraisemblance un suspect idéal. C'était un sacré Serpentard !

Harry se promit de garder un œil sur lui, d'autant plus qu'un de ses fils était son rival, l'autre son admirateur, et sa fille, connaissant son caractère, ne serait certainement pas neutre. Peut-être que son filleul allait pouvoir s'en occuper, puisqu'il semblait si attaché à l'idée que Harshad soit le voleur.

Lloyd erra sans but en fulminant. Ses pas le conduisirent devant la bibliothèque, le château était désert, tous les élèves, ainsi qu'une moitié du corps professoral, profitaient du soleil. Comme la circonspection de Mars croisait celle d'Uranus, à moins que ce ne soit Pluton, il vit James Potter attendre devant les portes de la bibliothèque. Pour ceux qui ne comprenaient pas le sens de l'horoscope de Brenda Lucinée, cela donnait en langage clair : Journée Lamentable, et c'était la version censurée.

– Qu'est-ce que tu fais là toi ? s'emporta Lloyd. Tu attends que ton père vienne te donner le sucre comme un bon chien ?

Quoi de mieux quand on en voulait à un Potter que de se venger sur un autre Potter ? Surtout celui-là, il aurait eu du mal à crier sur Albus.

L'ironie faisait bien son travail. Il se souciait d'Albus, alors qu'il était le portrait craché de son père, qu'il considérait comme son ennemi numéro un. Comme quoi, aussi maladroit et tête en l'air qu'était Albus, il avait réussi à s'y attacher.

James Potter ne lui ressemblait pas autant, un roux aux cheveux emmêlés qui essayait de les dompter en se les coiffant en catogan. La véritable aversion entre eux se trouvait dans deux personnalités bien trempées, du travail de gobelin ! Les deux étaient étrangement fiers et aucun ne baisserait un jour les yeux. Ils étaient des opposés parfaits. Des aimants qui s'attirent et se repoussent.

Ils étaient extrêmement doués en magie. Ils auraient pu faire une paire parfaite. Seulement l'un se sentait obligé de porter sur ses épaules le poids d'un chasseur de mage noir, l'autre de se surpasser, quitte à devenir un mage noir.

Lloyd l'enviait pour ce qu'il était, un fils chanceux qui n'avait manqué de rien, et symbole de la réussite à Poudlard. Potter l'enviait parce qu'il rivalisait avec lui, voire le dépassait, alors qu'il n'avait aucun nom ayant l'effet d'une épée de Damoclès. Et aussi, Lloyd soupçonnait Potter d'être jaloux de sa proximité avec la belle Astrée, alors qu'il ne la méritait pas.

Au fond d'eux, peut-être que James et Lloyd s'appréciaient. C'était l'autre côté du miroir pour chacun. Mais une glace les séparait, et ils frapperaient dessus jusqu'à ce que le reflet se brise.

– Qu'est-ce que tu veux ? répliqua Potter.

L'autre ricana cyniquement.

– Les Potter veulent ma peau aujourd'hui ou quoi ? J'en quitte un et en voilà un autre, tout aussi désagréable.

– Casse-toi Harshad ! Tu n'es pas encore à Azkaban ? Quel dommage, je serais même venu te rendre visite de temps en temps, pour montrer aux gens à quel point tu as gâché ta vie !

– Mais qui te dit que j'ai gâché ma vie Potter ? Je ne m'en plains pas ! Je ne crains rien, contrairement à toi !

Une lueur sauvage alluma ses yeux. Potter sortit sa baguette par prudence.

– Espèce de taré ! Rien qu'à te voir on comprend que tu es Arsène Lupin !

– Tss tss, je n'ai jamais demandé à être surnommé ainsi. La presse n'a aucun goût.

– Tu avoues en plus !

Il haussa les épaules, indifférent.

– De toute façon, il m'a fallu trois ans pour te faire comprendre que je n'étais pas le fils caché de Voldemort malgré la différence de couleur de peau, alors je ne vais pas perdre mon temps sur un détail comme celui-là.

– Je pourrais donner ce souvenir à mon père pour te faire enfermer !

– Si tu fais ça, petit a, tu perds toutes tes maigres chances avec Astrée, petit b, exposa Lloyd, son sourire devenant carnassier, je pourrais m'amuser avec ta sœur ou ta cousine. Elles ont bien grandi cet été. Un petit Impero ou une potion d'Amortentia, sur l'une d'elles et j'aurais de quoi m'occuper pour toutes mes soirées.

Potter s'étouffa et eut un frisson, ce qui élargit son sourire. Un mélange Potter/Weasley, ça avait un grand sens de la famille. Ça aussi, cela aurait pu être un autre point commun.

– Tu... tu ne ferais pas ça, gémit-il.

Lloyd ne répondit rien. Il le tenait. Il ne passerait jamais à l'acte, il était un voleur, pas un violeur, mais si ça pouvait maintenir un lion dans sa cage, il ne se priverait pas de l'effrayer.

– Qui sait ? murmura-t-il sadiquement.

Il s'avança vers la grande porte pour sortir. Potter leva un peu plus sa baguette.

– Tu t'attends à quoi, crétin ? Je n'ai même pas ma baguette en main, comment veux-tu que je te fasse du mal ? Avec mes dents ?

Il sortit en respirant l'air frais de cette fin de journée. Il allait mieux. Potter allait le maudire pour une vingtaine de générations mais il s'en fichait. Il avait transmis sa rage et son stress à quelqu'un d'autre. Il avait évité Azkaban par manque de preuves, Potter Senior lui avait fait découvrir une pièce de Poudlard qui lui était inconnue, et Potter Junior allait le fuir pour un petit moment.

Il rejoignit ses amis en chantonnant et se jeta dans l'herbe avec plaisir.

– Qu'est-ce qu'on te voulait ? s'enquit Tristan.

– Faire de l'ombre à une merveilleuse journée, assura Lloyd.

Quelques heures plus tard, Lloyd était assis dans un siège en se tordant les mains, en se mordillant les lèvres, et cherchant des yeux une échappatoire dans cette salle baignée par l'obscurité et l'humidité. Il était enfin seul avec Astrée, qui avait passé sa journée à accumuler sa colère en attendant le moment opportun pour la décharger. Tristan était parti se coucher, ils étaient seuls dans la Salle commune, le moment opportun semblait clignoter au-dessus de sa tête.

– Bon, eh bien moi je vais me coucher, lâcha-t-il faiblement.

– Je te colle tout le mois si tu fuis ! s'écria la blonde.

Elle était debout, les membres tremblants. On aurait pu voir des flammes se dérober d'elle.

– Évidemment, si tu te sers de ton statut de préfète aussi...

– Qu'est-ce qui t'a pris ? Passe encore que tu voles, tu as prouvé que tu pouvais faire pire, mais que tu assassines !

Lloyd remercia le ciel d'avoir eu l'idée de poser un sort de silence dans la pièce. Il attendit qu'elle reprenne son sang-froid, mais elle ne le vit pas ainsi.

– Réponds !

Il sursauta. Elle le fixait toujours. Elle ne clignait même plus des yeux.

– C'était lui ou moi.

– Mais de quoi tu parles ? Diamond était une pourriture de scientifique, il avait collaboré avec Voldemort. Je te parle du Moldu et de son fils, ils t'ont fait quelque chose ceux-là ?

– Mauvais endroit au mauvais moment, ils auront plus de chance la prochaine fois, dit-il avec sarcasme.

Il jeta sa tête en arrière pour éviter une gifle bien sentie. Il dégaina aussitôt sa baguette. Il attira vers lui le fauteuil en face de lui. Les genoux d'Astrée flanchèrent et elle s'étala sur le pouf. Il agita machinalement sa baguette et des chaînes apparurent et lui retinrent les poignets. Il tenait à repartir en un seul morceau à la fin de cette entrevue.

Rassuré de voir qu'elle ne pouvait plus le frapper, il sortit un calepin de sa poche et commença à dessiner.

– Pourquoi ? insista-t-elle.

– 'Parce que c'est comme ça et pas autrement' ne te convient donc pas ?

On ne répondait jamais parfaitement à un ''pourquoi''. Il fit un sourire et ouvrit totalement son esprit, comme pour lui donner son accord. Il sentit une petite pointe passer à travers son esprit et la laissa se faufiler jusqu'aux souvenirs. Elle vit Diamond lui lancer un Avada, sa course poursuite dans Manchester, et l'interrogatoire de Potter. Elle essaya d'aller encore plus loin mais il la repoussa.

C'était plus parlant qu'un long débat. Ensuite, qu'elle le comprenne, c'était une autre histoire. Mais il ne s'inquiétait pas plus qu'il ne le devrait, elle lui pardonnerait plus tard.

Elle dut ressentir son sentiment car elle lui lança un regard courroucé. Il ne répondit pas et continua à travailler son esquisse. Elle s'intéressa enfin à ce qu'il faisait.

– Tu te mets au dessin maintenant ? Ou tu élabores un plan pour dévaliser le British Muséum ?

– Tu ne dévoileras rien sous le coup de la colère ?

– Tu m'as bien regardé ? fit-elle d'un ton pompeux.

Il haussa les épaules et montra sa feuille. Le schéma représentait un ange de dos. Autant le corps et le visage n'étaient faits que de traits légers, autant les ailes étaient consciencieusement détaillées. Sur le côté de la page étaient dessinés des croquis de masques. Certains avaient des symboles compliqués ayant sûrement des significations magiques, connaissant Lloyd, d'autres étaient composé de runes, d'autres étaient tout en simplicité. Sur tout le calepin étaient griffonnés des calculs, des mots latins et elfiques, ou des idées de sorts.

Il reprit la feuille avant qu'elle n'ait le temps de lire. D'un sortilège, il ramena à lui deux bouteilles de Bièraubeurre et des sucreries. Il posa le tout par terre et but une gorgée en apportant des retouches à son travail. Il la relâcha et Astrée prit un carré de chocolat en cherchant où voulait en venir Lloyd avec son ange. Il ne s'était pas découvert une passion pour l'art cet été, elle en était sûre.

Il regarda nonchalamment sa montre. Ils devaient déjà être dehors. Il rangea son carnet en lui jetant un sort de protection avancé. Rien ne servait de jeter une multitude de sorts s'ils étaient basiques. Un seul sortilège rare et puissant avait plus de résistance, c'était magiquement prouvé.

– Pas la peine de m'attendre ou de m'accompagner. Je sors pour la nuit.

Elle hocha la tête et le laissa partir en fronçant les sourcils. Sûrement devait-elle imaginer qu'il allait faire en sorte qu'on relate ses actions dans les journaux. Elle allait être déçue. Il se jeta un sort de désillusion et traversa le mur.

Un autre avantage des Serpentards était qu'ils ne dépendaient pas d'un tableau pour rentrer et sortir. À quatre heures du matin, on avait rarement envie de répondre à une énigme ou d'attendre qu'un portrait ait fini de décuver.

Il s'élança dans les couloirs. Il se colla aux murs plus d'une fois. Les professeurs se doutaient que des élèves n'étaient pas dans leurs dortoirs. Après tout, c'était la rentrée, et le lendemain était dimanche, il était plutôt logique que les étudiants soient d'humeur festive.

Il sortit par une fenêtre. C'était plus discret que de déplacer des grandes portes qui grinçaient.

Il alla directement vers la Forêt interdite en surveillant tout le parc, à la recherche d'un groupe d'animaux hétéroclites.

À l'ombre d'un arbre, il se rendit à nouveau visible, et, d'un coup de baguette, se métamorphosa en loup gris. Il avait hésité avec un fauve comme le tigre, mais ça n'allait pas avec son caractère, trop Gryffondor pour lui.

Il savoura les sensations que sa nouvelle forme lui procurait. Il huma l'air, et décida qu'il était temps de retrouver les Maraudeurs. Apparemment, ils avaient eux aussi conclu qu'il valait mieux s'amusait à l'abri des yeux des enseignants qui patrouillaient.

Il les pista de son flair, s'accommodant vite à ses sens aiguisés. Il arriva dans une clairière éclairée par la pleine lune où des animaux indistincts s'amusaient.

– Quel bande de créatures bizarres !

Il sursauta et se planta devant la source du bruit en montrant les crocs. Il n'avait ni entendu ni senti une présence humaine. Il inspecta les lieux. Il se trouva ridicule à grogner devant un arbre, mais il n'était pas encore fou. Il renifla et pista s'il n'y avait pas un centaure qui les espionnait.

– Salut vieille branche ! Qu'est-ce que tu fais ?

– Je m'occupe en regarde cette bête. Tu as vu comme il est gros ?

Lloyd releva vivement la tête. Il recula un peu et s'aperçut que des ombres bougeaient sur une branche. Il s'approcha encore et posa ses deux pattes avants sur le tronc pour mieux étudier d'où venait ces voix. Se pouvait-il que les branches aient le don de la parole ?

– Il s'approche un peu trop près celui-là. S'il continue je lui arrache les yeux !

Le loup écarquilla les yeux de stupéfaction. C'était de fines brindilles qui proférait des menaces à un Animagus, il aura tout vu. Mais depuis quand ça parlait un Botruc ? Hagrid leur en avait montré, mais il n'avait pas prévenu qu'ils savaient discuter. À moins qu'ils ne parlent qu'en l'absence d'humains dans les parages.

– Et bien qu'est-ce qu'il a à me mater comme ça ? Il peut pas me laisser profiter de la pleine lune ?

– Laisse tomber. C'est une espèce sous-évoluée. Il a du se perdre. Je me demande à quoi il sert. Tu crois qu'il garde les arbres lui aussi ?

Il ré-atterrit sur ses pattes. Il en avait assez entendu, et il n'était pas une espèce sous-évoluée ! Une idée fugace lui traversa l'esprit. Si on le prenait pour une bête, qu'il agisse comme une bête. Il leva la patte arrière sur l'arbre.

– Mais qu'est-ce qu'il fait ?

Il sourit aux Botrucs et partit rejoindre ses camarades en se promettant de comprendre pourquoi donc il percevait ce que disaient ces créatures magiques.

La clairière semblait féérique. Le vent traversait la verdure comme une main passant dans l'herbe. Les Animagus gambadaient intuitivement en se mordillant et en se donnant des coups de pattes amicaux.

Il les compta rapidement, ils étaient quatre. Le loup fronça les sourcils. Peut-être que Potter avait décidé de ne pas accompagner ses cousins et son frère, peut-être même qu'il n'était pas au courant de l'escapade.

Une panthère bondit devant lui et gronda. Lloyd fit un pas en arrière sous la surprise. Il détailla l'animal du regard et remarqua que c'était son rival. C'était une belle panthère à la robe d'or. Il n'y avait pas d'indice réel dans le physique pour l'identifier. On le reconnaissait à sa prestance. Le fait qu'il sache que Potter s'appelle Mantor aidait aussi. Un mentor protecteur au manteau d'or. Ça se tenait.

Il grogna à son tour. Que ce soit en homme comme en animal, ils s'entendaient vraiment comme chien et chat. Potter sortit les griffes. Lloyd montra les crocs. C'était contre-nature de ne pas le défier.

C'est alors qu'il vit la suite des Maraudeurs venir à sa rencontre. Un kangourou avec un petit singe dans sa poche, et un dragon de Komodo avec un écureuil sur son dos.

Le loup pencha la tête face au spectacle.

Hugo, Marsupatte, kangourou, déduisit-il. Les grands pieds, un trou à la place du ventre , et le kangourou a un pelage roux, évidemment. Scorpius, poster, dragon de Komodo, Cuiracéré. Yeux gris, le seul lézard. Jusque là, ça va. Ensuite, l'écureuil, la queue touffue, des dents plus longues que la moyenne, et des yeux magnifiques, il faut le reconnaître. C'est Rose, Caudaleste. Il en reste un, pensa-t-il. Albus, le singe, Crinsmêlés.

Il examina le singe en question. Il avait une crinière flamboyante et emmêlée, et des yeux verts, un tamarin. Pas de doute, c'était le Gryffondor, même ses poils tiraient vers le rouge.

Le singe le reconnut et lui sauta dessus. Il s'agrippa à ses poils en lançant un petit cri aigu. Lloyd sauta par-dessus Scorpius et Rose et courut vers le centre de la clairière. Le kangourou tentait tant bien que mal de suivre le rythme, par contre la panthère le dépassa, et lui bloqua le passage. Loin de s'en inquiéter, le loup prit une autre direction. Il fonça vers les troncs, le félin sur ses talons. Il s'élança sur un tronc, rebondit et continua son manège, faisant des tours entiers de la clairière.

Il s'arrêta enfin pour souffler un peu. La panthère le surveillait toujours. Il l'ignora. Il prit la pose du chien qui veut jouer et Marsupatte se déclara d'attaque, en agitant ses bras comme un boxeur.

Le loup lui sauta dessus. Hugo l'évita mais Cuiracéré le fit trébucher et il s'écrasa.

Ils continuèrent de jouer, sans Mantor, qui hésitait face à ce loup qui lui était inconnu.

Avant que les premiers rayons du soleil viennent ouvrir les fleurs de l'aurore, Lloyd s'étira et se retira. Crinsmélés essaya de le faire rester, puis le suivit. Albus se transforma et fit signe aux autres qu'il revenait. Ils s'enfoncèrent dans la forêt.

– Wouah ! C'est géant ! Depuis quand tu es un Animagus loup ?

Lloyd reprit sa forme humaine, tenant dans sa main sa baguette. Il la mit sous les yeux d'Albus.

– Je ne suis pas vraiment Animagus, c'est de la métamorphose basique, dit-il raisonnablement.

– Ce n'est pas grave. Il va falloir te trouver un nom de maraudeur !

– J'ai une idée, pourquoi on garderait pas Lloyd tout simplement ?

Le jeune Gryffondor protesta véhément. Ils reprirent leur forme animale pour traverser le reste de la forêt. Lloyd sentit qu'on les suivait très discrètement. Il leva son museau et inspecta chaque odeur. James Potter, aucune raison de s'inquiéter pour un chaton. Une fois arrivés dans le parc, il se retransforma, ainsi qu'Albus.

– Pourquoi tu restes pas avec nous ? On s'amusait bien.

– Fatigué, affirma-t-il en baillant.

– Chochotte, le taquina le tamarin téméraire.

– Hu-hu. Allez, va les retrouver. Et fais attention de pas tomber sur une Acromentule.

Il se désillusionna et partit vers le château, sans un regard pour le singe qui allait en sens inverse.

Il était frustré. Quand lui avait su quel était son Animagus, il avait été surpris, puis déçu. Lui qui aurait aimé être un cobra, il était tombé bien bas. Il en enviait presque les Maraudeurs pour leur variété. Enfin, il devait se l'avouer, son animal lui était utile pour ses ''activités extra-scolaires'', en plus, il était dangereux.

Son esprit dériva sur les Botrucs, quand il vit un homme marcher le long du mur, près du lac. Intrigué, Lloyd le suivit, en faisant attention de ne pas faire de bruit.

L'homme portait une cape qui ne laissait pas voir son visage. Il glissait comme une ombre silencieuse sous le soleil levant.

À mesure que Lloyd s'approchait de l'intrus, un faible murmure s'éleva, semblable au souffle du vent. C'était une langue que Lloyd ne connaissait pas. Les intonations étaient très musicales. Il aurait cru entendre une prière elfique.

L'homme se retourna pour vérifier qu'il n'était pas repéré. Lloyd arrêta de bouger au cas où il percevrait ses mouvements. L'intrus plaça sa main sur une pierre de l'édifice en reprenant sa longue ''prière''. Il passa à travers la roche comme si elle n'existait pas.

Lloyd se précipita à sa suite mais ne put que rencontrer le mur dur et froid. Il posa sa main là où était celle de l'homme et appuya. Rien ne se produisit. Il agita sa baguette pour révéler quels sorts protégeaient l'entrée de cette partie inconnue du château, toujours rien. Il pesta. Poudlard ne devait pas avoir de secret pour lui.

Dépité, il alla dans son dortoir. Il ne pouvait même pas prévenir un professeur qu'un intrus s'était invité, car sinon, il devrait expliquer pourquoi il était dehors à une telle heure. Déjà que le directeur le soupçonnait d'être un criminel, il devait absolument tout faire pour être un élève modèle et ne pas attirer l'attention. Tan pis pour Poudlard et ses habitants si quelque chose se tramait. Il mènerait son enquête, dans le doute, ça lui ferait mal que l'école saute à cause de son égoïsme, alors que c'était le seul endroit qu'il prenait pour une maison. Et puis, pourquoi s'inquiéter ? C'était peut-être juste des professeurs qui faisaient des trucs pas très catholiques à l'abri des regards. Enfin, ils étaient matinaux, même pour une bagatelle !

Il s'intéressa au réveil. Cinq heures seize. Trop tard pour se coucher. Il monta les escaliers et sortit de la salle commune. Il alla dans les toilettes des garçons du deuxième étage, son repère. Il avait hésité avec les toilettes de Mimi Geignarde, mais il préférait qu'il n'y ai aucun témoin, mort ou vif. Même si pour ce choix, il fallait supporter une odeur immonde. Et puis le fantôme venait tout de même quelques fois pleurer dans ces canalisations, au plus grand désespoir de Lloyd qui tirait la chasse pour s'en débarrasser.

Il prit l'évier du milieu et le souleva. Derrière, il y avait un trou fin. Il y glissa sa baguette et la tourna comme une clef. Une trappe s'ouvrit au dessus du siège des toilettes qui était le plus à droite. Il remit le lavabo en place. Et se dirigea vers la trappe. Il mit le verrou pour qu'il n'ait pas à croiser un indésirable quand il sortirait.

Il arriva dans son local personnel. Il y avait entreposé toutes ses potions, ses trésors volés, et son matériel d'alchimiste. Les Aurors pouvaient toujours chercher, cette salle n'était pas sur la Carte des Maraudeurs.

Il ouvrit son coffre contenant ses potions et prit la dernière énergisante. Il grimaça. Il allait devoir réapprovisionner son stock. On était dimanche, il allait profiter de sa journée. Il bailla et but sa préparation. Une fois les idées en place, il fit apparaître son remède du bézoard doré et fit sa piqûre.

Il soupira lentement. Quelle journée ! Il allait devoir régler le cas Potter une bonne fois pour toutes, celui de Lupin aussi, qui commençait à devenir trop présent, calmer Astrée avant qu'elle ne lui arrache la langue, comprendre pourquoi les Botrucs faisaient la conversation, et découvrir ce qui se passait dans une pièce inconnue de Poudlard. Il eut un rictus et prépara son chaudron et un plan.


Si vous en êtes arrivez jusque là, je présume que vous n'êtes pas sans avis sur ma fic, donc maintenant, une petite review ferait plaisir :)

Au prochain chapitre.