Je remercie Poka Rock, ma bêta lectrice, ainsi que ceux qui m'ont laissé des reviews.
Bonne lecture
Lloyd se leva en bon dernier de son dortoir. Il était seul. Ça lui apprendra à ne pas se reposer alors qu'il s'écroulait de fatigue. Il passa sous une douche froide pour se réveiller et fit sa piqûre nonchalamment. Il prit son sac et se traîna jusqu'à la Grande Salle. Les emplois du temps avaient déjà été distribués. Il s'assit au milieu d'élèves couleur rose bonbon chantant Wonderful world, pour certains en dansant une valse à mille temps. Ce n'est qu'à ce détail qu'il jugea préférable de ne pas prendre de petit-déjeuner.
Astrée, qui, grâce à la légilimencie avait prévu la farce et était dans un état normal, lui tendit son emploi du temps.
– On dirait que Scorpius a encore perdu aux dés, dit-il pour engager la conversation.
Elle jeta un œil incisif au Serpentard qui dansait avec ses camarades de chambre.
– Je suis sûre que Hugo et Albus trichent. Leurs maisons ne sont presque jamais touchées.
– Mouais. Qui aurait cru que ce serait un Poufsouffle qui prouverait qu'il est plus malin qu'un Serpentard ?
Les Maraudeurs avaient coutume de choisir la maison victime en faisant une partie de dés, ou une bataille de cartes explosives. Comme chacun représentait une maison, il y avait normalement des chances équitables pour que les boucs émissaires changent régulièrement. Rose refusait de jouer le sort de ses camarades, c'était Albus qui incarnait les lions. Lloyd se doutait que Scorpius perdait pour faire plaisir à Albus. Lloyd en arrivait à espérer qu'un jour ils finissent ensemble, qu'ils n'aient plus rien à se prouver, qu'il fasse une longue lignée de petit Malefoy ou Potter, dans la mesure du possible avec les progrès apportés par la médecine, et qu'enfin il puisse arrêter de sauter des repas à cause de leurs gamineries.
Astrée se leva avant qu'il ait terminé de manger. Elle lui en voulait encore de toute évidence.
Il vérifia ses horaires. Il n'avait pas pris beaucoup de cours contrairement à sa troisième année. Juste le strict minimum pour devenir duelliste professionnel. Défense contre les Forces du Mal, Métamorphose, Runes et Sortilège. Il aurait bien pris Arithmancie pour pouvoir créer des sorts, mais le professeur était un incapable, Lloyd avait plus appris dans les livres que dans son cours. Pour les autres classes, soit elles ne l'intéressaient pas, soit son niveau était largement supérieur pour s'y attarder. Merci les Magies Mauve et Verte.
Il n'avait cours que dans deux heures. Ça valait la peine de se réveiller !
Il alla à son local en attendant. Peu de personnes utilisaient les toilettes du deuxième étage à cause de Mimi Geignarde qui passait régulièrement.
Il s'installa à son bureau et travailla sur ses parchemins. Il commença des calculs qu'il polymérisa avec des runes et la magie du sang pour inventer un puissant sigle qu'il se tatouera en temps voulu. Il fit aussi une estimation pour changer la poussière en cristaux incolores, de la trinitrotoluène, connu également sous le nom de TNT. Ce serait toujours fructueux pour faire exploser un bâtiment. Il essaya ce petit sortilège sans prononcer la formule. Il l'arrêta vite mais le fait de le réussir du premier coup lui donna un air suffisant.
Il repartit vers sa salle de sortilège en jonglant avec sa baguette. Il ouvrit la porte et s'installa à sa place sans paraitre gêné.
– Vous êtes en retard Mr Harshad. Vous avez une excuse ?
– Désolé, je n'ai pas fait attention à l'heure.
– Cinq points de moins pour Serpentard, décréta Gabrielle Delacour.
Il regarda les personnes dans la pièce. Il y avait James Potter et Balthazar Dolios, évidemment, Astrée, Roger Davies Junior, le préfet à lunettes de Serpentard qui n'arrêtait pas de froncer les sourcils, et des élèves des autres maisons qui n'intéressaient pas particulièrement Lloyd.
Le reste de la journée se passa normalement à l'école de Poudlard, les escaliers bougeaient, les tableaux parlaient, les fantômes volaient, banal.
Le lendemain, Lloyd eut enfin son cours préféré, DCFM. Même si Cohen ne pouvait pas le voir en peinture, ses cours ne l'ennuyaient jamais. Ils faisaient presque tout le temps des exercices pratiques.
Il lui fit un sourire hypocrite qu'elle lui rendit à la perfection. Les directeurs des Serpentards étaient tous de bons acteurs.
– Cette semaine, nous réviserons les grandes lignes de ce que nous avons fait ensemble ces dernières années. Pour aujourd'hui, ce sera les épouvantards.
Un vent de protestation souffla. Elle claqua des doigts pour ramener le silence.
– Je sais que cela peut paraître ridicule pour vous, commenta-t-elle sèchement, mais j'ose espérer que vous avez évolué depuis votre troisième année. Vos peurs ne sont plus les mêmes. Maintenant, vous me ferez le plaisir de sortir vos baguettes. Je vous appelle par ordre alphabétique... inversé !
Les étudiants levèrent les yeux au plafond. Peu importe l'ordre, le résultat sera le même, mais bon, les profs et leurs plaisirs …
– Zeller Justin.
Lloyd ne fit pas vraiment attention aux élèves qui passaient. Il savait lesquels avaient du potentiel et lesquels n'en avaient pas. Il se languit désespérément en avisant le défilé de serpents, d'acromentules, d'inféris, de vampires, de dragons. Le cas le plus intéressant resta le policier moldu au visage rougeaud qui proférait des insultes en agitant inutilement les bras comme pour gérer la circulation.
Puis, vint enfin le tour d'Astrée Trevithitch. Il se redressa par curiosité. Il n'avait aucune idée de ce qui pourrait faire grimacer le visage de l'occlumens.
Il sentit un froid envahir ces entrailles quand une créature encagoulée apparut. Les détraqueurs, il n'y aurait pas pensé. Elle n'hésita qu'une seconde avant de lancer le sort. L'épouvantard s'entrava dans sa robe et s'étala par terre. La blonde repartit directement à sa place. Potter ne put s'empêcher de lui parler.
– Tu sais, mon père m'a dit qu'avoir peur de la peur elle-même était un signe de grande sagesse, récita le Gryffondor en s'efforçant de ne pas rougir.
– Si ton père le dit, siffla-t-elle sarcastique.
James eut une mine déçue mais ne rajouta rien. L'appel continua jusqu'à son tour. Potter se leva et fit face à sa peur, très concentré. Lloyd eut un rictus à cette vision. Peur de ne pas être à la hauteur, Potter ?
Une tombe avec le nom de tous ceux qui comptaient pour lui. Le Serpentard parcourut à toute vitesse les noms qui y étaient inscrit. Famille, amis, et... oh, une belle blonde ! Mais il était sincère le rouquin !
– Riddikulus !
Les inscriptions se brouillèrent, et des fantômes des maraudeurs apparurent en chahutant. L'ectoplasme d'Albus sourit, en chevauchant un cerf.
– Les Maraudeurs pour vous servir, au delà de la mort !
Typiquement Gryffondor, constata le vert et argent. Potter retourna à sa chaise solennellement sous les regards tendres de ses admiratrices qui devaient trouver que cette attachement aux personnes qui lui étaient proches était touchant, beau, romantique, et tout un ensemble de qualificatifs mélioratifs qui dépassait l'entendement de Lloyd. Pourquoi s'acharnaient-elles alors qu'on voyait que son cœur était déjà pris ? N'y avait-il personne d'autre qui avait pris le temps de lire le dernier nom gravé dans la tombe ?
Pendant que d'autres passaient, il s'interrogea sur l'apparence qu'allait prendre la créature des ombres face à lui. La dernière fois, en troisième année, sa peur était de perdre sa sœur, mais maintenant ? Une Trevithitch en colère ? Ce n'était pas sérieux. Il tressaillit. Son but, son ennemi du moment le plus important de tous, pouvait-il être aussi sa plus grande frayeur ? Ce serait très mal vu d'avoir peur du Survivant et du chef des Aurors, c'était comme crier haut et fort qu'on était mage noir. Cependant, c'était la seule solution plausible, il n'avait aucune crainte des créatures magiques, et il n'avait plus rien à perdre.
Quand ce fut son tour, il souligna sa maîtrise en avançant assurément jusqu'au tableau. Il fit signe qu'il était prêt d'un reniflement arrogant. Cohen ouvrit la malle où était caché l'épouvantard en le canardant du regard.
Une main blanche se posa sur le bord du coffre. Un homme sortit de la malle d'une mollesse méprisante, un sourire collait aux lèvres. Lloyd ne le reconnut pas tout de suite. Ce n'était pas Harry Potter, c'était lui. Il eut un pas de recul en se voyant.
C'était une version plus âgée de lui, entièrement vêtue de larges habits noirs. Il était plus pâle que le Serpentard ne l'avait jamais été. Sur sa pommette gauche ressortait un tatouage d'un cobra la gueule ouverte, prêt à mordre. Les deux yeux du serpent étaient de minuscules runes.
Il ne put se retenir de ricaner devant le look de son double.
– La mode des prochaines années se dégradera à ce que je vois.
L'épouvantard s'était trompé, ce n'était pas possible, il ne craignait pas ça. Même si son orgueil en prenait un sacré coup pour l'accoutrement qu'on lui avait affublé, il surmonterait l'épreuve.
Son double plissa les yeux en voyant où il était. Il passa la salle au peigne fin de son regard.
– Tiens donc, mon moi du passé, susurra-t-il, sais-tu que tu perds ton temps ici, au milieu de ces vauriens ?
D'abord surpris, puis se rappelant que les épouvantards ne prenaient pas que la forme, mais aussi la psyché et les capacités de la terreur de leur proie, il engagea la conversation.
– Je m'en fais une idée, admit-il, mais il faut des diplômes pour réussir.
– J'ai réussi, et sans ASPICs, précisa son double. J'ai atteint les sommets.
– Harshad, lancez le sort ! intervint Cohen. J'imagine qu'avoir une discussion philosophique avec vous même doit vous enorgueillir, mais vous n'êtes pas le sujet principal de mon cours. Allez vous mettre en spectacle ailleurs !
– Veux-tu savoir comment j'ai réussi ? reprit son double.
Il eut un sourire carnassier que Lloyd reconnut entre mille. La cruauté, visage qu'il réservait généralement à Potter, Dolios, et les Aurors. Il réalisa à quel point Potter était inconscient de soutenir ce regard brûlant de haine, glacé de sadisme.
Son double dégaina sa baguette. Une onde de choc le propulsa en arrière. Cohen, qui était près de l'épouvantard, fut jetée sur le mur. Elle resta au sol, assommée.
Lloyd se releva, en garde, quand son double jeta un sort inconnu sur le premier camarade qui lui passa sous le nez. Il fit aussitôt léviter le bureau pour contrer le maléfice. Les élèves commencèrent à s'agiter en voyant que la situation leur échappait.
– Mais t'attends quoi ? Dépêche-toi d'envoyer ce Riddikulus ! Lui cria Camu.
Il ne chercha plus à cacher son trouble. Si Potter était apparu devant lui, il n'aurait eu aucun problème pour lancer le sortilège, mais s'imaginer en tutu rose, c'était au-dessus de ses forces, surtout qu'il se concentrait pour que personne ne soit touché par les maléfices, et qu'il cherchait toujours pour quelle raison son épouvantard prenait cette forme.
Son double continua à lancer sort sur sort en visant des élèves qui se protégeaient comme ils le pouvaient. Lloyd commença à trouver le temps long et attaqua avec des sorts ricochant sur les murs. Cela ne déplut pas à son double qui augmenta peu à peu le rythme sans trace d'effort.
James Potter arriva à la hauteur de Lloyd et se plaça devant l'épouvantard dans l'espoir qu'il change de forme. Lloyd le tira en arrière avant qu'il ne se prenne un sort noir.
– Abruti, si tu avais la puissance d'un sorcier, tu perdrais ton temps à te transformer en tombe ?
Le gryffondor haleta en regardant la marque encore fumante laissée par le sortilège. Lloyd ne perdit pas de temps et continua son assaut. Son double commença à utiliser des sorts plus dangereux, pour ne pas dire meurtriers. Lloyd se reconnaissait dans cette technique. Il ne gaspillait pas son temps à se servir de sorts mineurs. Il utilisait des sorts capables de se débarrasser de l'adversaire du premier coup. Il pensait que son double n'innovait pas comme lui le faisait, quand il se rendit compte que les murs se resserraient comme un étau. Il comprit enfin l'épouvante de cette apparition, elle allait tout détruire, sans raison, par plaisir, et c'était lui qui faisait ça.
En conjurant un bouclier, il donna un coup de pied à Potter pour qu'il s'active.
– Tu sais toujours faire ton bouclier spécial ?
– Celui qui m'a protégé de la tonne d'armes et de sorts que tu m'as envoyé en fin d'année ?
– D'après toi ?
– Oui, laisse moi juste le temps de me concentrer.
Ça avait du bon tout de même d'avoir un rival compétent sous la main. Potter ferma les yeux et prononça une litanie latine. Une surface solide comme du diamant recouvrit une partie des élèves, les autres se précipitant sous ce nouvel abri.
Lloyd, ne pouvant se résoudre à se ridiculiser lui-même par excès d'orgueil, ni à prouver qu'il pourrait en découdre avec autant d'audace qu'Arsène Lupin par excès de fausse modestie, préféra canaliser sa magie. Il fit tournoyer sa baguette. La situation était critique, les étudiants n'avaient pas été touchés par les sorts, mais les diverses explosions les avaient blessés. Sa baguette dessina les contours d'un disque de lumière. Il l'agrandit en amplifiant ses mouvements, et projeta le tout sur son double.
« Se concentrer sur la malle, se concentrer sur la malle », se répéta-t-il en croisant les doigts pour que l'épouvantard n'esquive pas le coup.
Son double fut enveloppé par le disque et disparu en même temps que le sortilège. Un juron digne de Lloyd s'échappa de la malle. Il se tourna mécaniquement vers le coffre.
– Bombarda ! acheva-t-il.
Le meuble explosa en laissant fuir une fumée noire. Le silence se fit dans l'accalmie oppressante d'une après-guerre. Dolios s'accroupit près du professeur.
– Enervatum, somma-t-il.
Cohen reprit peu à peu ses esprits. Tous regardaient Lloyd avec la crainte qu'il devienne comme l'épouvantard. Le visage de Potter signifiait clairement '' Je l'avais bien dit qu'il était pas net ce type ! ''.
Lloyd réalisa pleinement la situation. Ils allaient prévenir le directeur, qui lui irait prévenir Potter, et il serait domicilié à Azkaban. Les Aurors et le Magenmagot n'hésiteraient pas longtemps face à un suspect qui a peur de devenir un mage noir psychopathe dans sa quête de pouvoir. Au minimum, on le priverait de sa baguette avec interdiction de retourner dans le monde sorcier.
Ni une ni deux, il attrapa Astrée par le bras et s'élança dans les couloirs sous les protestations de la dernière. James Potter essaya de l'en empêcher mais il l'envoya voler dans la salle de classe.
Il n'avait que très peu de temps avant que Flitwick ne soit informé. Il grimpa jusqu'au septième étage en traînant sa camarade. Il la désillusionna ainsi que lui. Devant la gargouille, il ignora encore Astrée, n'entendant même pas ce qu'elle lui proférait. Il ensorcela le passage du directeur pour qu'il ne fasse entrer ni sortir personne pendant une durée limitée. Les gens croiraient que le mot de passe aura été changé sans qu'on ne les ait avertis.
Il repartit en tenant toujours son amie par le poignet. Il daigna enfin l'écouter.
– … complètement malade ! Qu'est-ce qui te …
Il cessa d'écouter. Que les femmes pouvaient être pénibles parfois ! Il passa derrière une tapisserie et courut dans le passage secret les menant à une sortie.
– Tu sais, commença-t-il, je suis dans une merde à peine croyable ces derniers temps. Tu veux bien m'aider ?
Elle lui lança un regard noir. Il lui rendit une moue justificative.
– On n'a pas beaucoup de temps. C'est oui, c'est non. C'est ma liberté qui se joue.
Elle relâcha ses épaules en signe de défaite.
– D'accord, décida-t-elle.
– Très bien, viens avec moi.
Il la prit par les épaules et transplana dès qu'il fut assez éloigné des protections de Poudlard. Ils atterrirent dans un bois sombre et montagneux. Il sortit sa baguette et marcha rapidement en bousculant les fougères et dissipant comme il put le brouillard épais. Astrée le suivit sans comprendre. Il n'allait pas se réfugier avec elle ici en attendant qu'on l'oublie, si ?
– Tu es à partir de maintenant une des rares personnes en qui je place toute ma confiance. Ne révèle cet endroit à quiconque, et ne parle jamais de ce que tu verras.
– Sinon ?
– Il te le fera regretter amèrement. Et moi aussi, je trouverais un moyen de te faire payer ta trahison.
– Qui c'est ce Il ?
Il s'approcha d'un saule cogneur et jeta un Stupéfix sur le nœud de la racine avant que le végétal ne démontre son agressivité. Il se coupa profondément la paume de la main d'un sort et trempa sa baguette dans son sang. Astrée ne put retenir une grimace de dégoût. Il traça un cercle délimitant une rune de son item magique. L'arbre réagit en s'ouvrant en deux pour dévoiler un escalier. Il se soigna et la prit par la main.
– Dépêche-toi, murmura-t-il. On a déjà de la chance de ne pas être tombés sur les sphinx.
Elle entra vite. Au fur et à mesure qu'ils descendaient dans des sous-sols qui lui était inconnus, Astrée remarqua que des tableaux étaient de plus en plus présents. Lloyd semblait se détendre un peu dans cet endroit ténébreux.
Il ouvrit la seule porte se trouvant tout en bas de l'escalier qui les mena dans une pièce exiguë ressemblant à une salle d'attente sans autres issues, tout était recouvert de tableaux. Il appuya sur une sonnette et fit le tour de la pièce anxieusement en regardant sa montre. Elle ne le quitta pas des yeux, il était surprenant de le voir si démonstratif.
– Celui qui vit ici m'a tout appris, expliqua-t-il, bien qu'elle sentait que c'était plus pour se raccrocher à une conversation qui l'empêcherait de paniquer que par réelle envie de faire partager son savoir. Après le décès de ma sœur, j'ai fait une fugue. Une nuit, à l'Allée des Embrumes, alors que j'étais attaqué, il m'a sauvé la vie et m'a amené ici pour me guérir. Il m'a avoué que s'il n'avait pas senti mon potentiel magique, il m'aurait laissé mourir. C'était sa façon d'entrer en matière. Il a été et est toujours mon maître. Il m'enseigne toutes ses connaissances, en échange, je lui rapporte des objets pouvant l'intéresser, ce pacte tient la route malgré quelques écorchures. C'est un rejet du Ministère de la magie, il travaillait pour eux en temps que chercheur de nouveaux sorts, mais a été viré. Il a été privé de sa baguette pour utilisation de la magie sur Moldu. Un voisin qui mettait du Manu Chao à fond toute la journée je crois. Quoi qu'il en soit, ce génie s'est alors mis en tête de continuer à pratiquer la magie. Il est devenu vampire et a appris la magie du sang, et petit à petit, il a découvert et maîtrisé de nouvelles formes de magie. Il se fait passer pour mort auprès du ministère.
– Et comment s'appelle cet érudit frappé de folie ? S'enquerrait-elle.
– Wito Harewicz, susurra une voix sortant de l'ombre.
Un homme de taille moyenne avança en claudiquant légèrement. Elle sursauta en le voyant sortir de nulle part. C'était un homme grisâtre au front dégarni, le reste de ses cheveux gris étaient indomptés comme une crinière. Il portait des lunettes agrandissant ses yeux pâles. Il se fit méfiant face à la jeune femme.
– Ne t'ai-je pas dit de fuir les belles femmes ? C'est un Filet du Diable auquel on ne peut se délaisser.
Elle fronça les sourcils et s'apprêta à répliquer.
– J'ai besoin d'elle. Ce sera ma gardienne du secret. Et tu vas m'aider, je sais que tu as la potion.
Elle ouvrit la bouche puis la referma. Il aurait pu lui en parler, demander son avis, mais non, c'était Lloyd. Il croyait toujours qu'elle pouvait suivre toutes ses pensées.
– Tu fais confiance à ça ?
Il lui tourna autour en l'examinant.
– Tu es sûr de toi ? Ce n'est pas un excès de confiance dû à ses charmes ? Tu n'as rien bu d'étrange récemment ?
Elle rougit de colère. Lloyd lui fit signe de se calmer.
– Je suis pressé, répondit-il sèchement. Alors passons à l'acte.
Le vieil homme acquiesça. Il fit pivoter un tableau qui déboucha sur ce qui pourrait être un bureau ou un laboratoire. Elle comprit comment il avait réussi son entrée. Harewicz distribua les ordres.
– Lloyd, tu écris exactement le secret que la vipère devra garder, la blonde, tu attends bien gentiment et tu ne touches à rien si tu ne veux pas que je te coupe les mains. Je vais chercher la potion et la formule du Fidelitas.
– Vous ne connaissez pas les formules de politesse ? Grinça-t-elle d'une colère envenimée.
Ses lèvres s'étirèrent en un trait qu'on interpréterait comme un sourire.
Il sortit en caressant un chien dans un cadre. Lloyd se mit au travail sans tarder. Il regardait automatiquement sa montre à chaque mot. Le vampire revint en portant un livre et un flacon dans ses mains. Lloyd se leva aussitôt et les rejoignit.
Le pédant continuait de la mordre vicieusement du regard.
– Tu es sûr de ton choix ? Tu ne préfères pas que je sois le gardien ?
Lloyd soupira.
– Tu sais, il y a un moment où il faut savoir sauter dans le vide. Le destin pourrait te donner des ailes, qui sait ?
– Une diablesse peut aussi te pousser dans le vide et te clouer les ailes, enchaîna son mentor.
– Wito ! s'exclama Lloyd, visiblement indigné. Respecte mes décisions ! Dépêche-toi, les minutes sont précieuses.
Lloyd tendit son parchemin à sa camarade. Elle tenta de lire, mais ne comprit aucun mot à ce gribouillis linguistique.
– Bien bien, ronronna le vampire d'une voix rauque. Si la sorcière veut bien se donner la peine de boire la potion ainsi que le principal concerné.
Ils s'exécutèrent, puis obéirent aux directives du vieil homme. Ils signèrent le parchemin. Ensuite, Astrée dut se préparer à réciter une formule elfique en brûlant le papier.
– Tu as intérêt à prononcer clairement les syllabes.
Il lui tendit le grimoire. Elle se répéta la formule intérieurement, ferma les yeux, et démarra.
– Lyj pûh liefiojh keo nu himg ximvûjû, ru reju wu tyjwuj xu huxjug ÿ rynyoh ! (1)
Le secret brûla instantanément. Elle releva la tête et croisa le regard de Lloyd.
– Woah, je n'ai rien compris à ce que j'ai dit mais c'est impressionnant.
Il se permit de sourire.
– Ne te relâche pas malheureuse ! cria Harewicz. Il faut que tu te changes tout de suite, tu dois mettre ce costume traditionnel des elfes, attention, c'est très court, ce n'est pas prévu pour les humaines, et entamer une danse rituelle.
Pendant qu'il parlait, Astrée avait déjà enlevé sa robe de sorcière inconsciemment. Lloyd lui posa une main sur l'épaule avant qu'elle ne retire le T-shirt.
– C'est bon, il te fait marcher, c'est terminé.
– Au moment où ça allait devenir intéressant, je pensais t'avoir inculqué de meilleurs valeurs, le réprimanda Harewicz.
Lloyd regarda sa montre et s'affala sur une chaise.
– Normalement, ils devraient avoir compris que la gargouille a été ensorcelée depuis dix minutes. Ils ne vont pas tarder à briser mon enchantement, et vont se retrouver muets devant Flitwick dès qu'ils voudront lui parler.
Un silence apaisant voleta dans l'air. Le vampire leur proposa d'aller dans le salon en sirotant un hydromel, maintenant qu'on ne pouvait plus parler de l'incident, autant prendre quelques instants de repos. Ils s'assirent dans un salon aux dominantes bleues. Lloyd sortit son calepin et le tendit à Harewicz.
– Je n'ai pas chômé cet été, entama-t-il. Est-ce que tu pourras y jeter un œil et y apporter tes corrections s'il te plait ?
Astrée le dévisagea. Lloyd n'avait pas l'habitude de quémander de l'aide. L'érudit feuilleta le tout, d'un air appréciateur en secouant la tête à chaque erreur, sans pour autant s'en désintéresser. Lloyd se leva, elle l'imita.
– Nous allons partir. Notre absence a déjà dû être remarquée.
Il allait vers une peinture représentant une forêt, sûrement la sortie.
– STOP !
Astrée dut avoir recours à toute son occlumancie pour ne pas sursauter et paraître ennuyée d'avoir été coupée dans son élan. Lloyd, moins expérimenté, se crispa en pivotant. Harewicz avait le nez en l'air et reniflait comme un animal.
– Ça sent une puissante magie par ici, elle n'était pas là avant votre arrivée…
Il se dirigea vers Astrée, elle recula, ne voulant pas se laisser sentir comme une bête. Cependant, il se retourna vers Lloyd et s'arrêta à cinq centimètres de son visage.
– Tu sens bon toi, tu sais ?
Lloyd haussa un sourcil interrogateur. Le vampire continua son manège, il se mit à humer son cou. Astrée sortit sa baguette, l'homme était trop près, il allait le mordre. Mais son camarade ne faisait rien alors qu'il était le plus méfiant, elle n'agit pas, redoutant ce qui allait arriver.
– Depuis quand aimes-tu les bijoux ? lui demanda Harewicz en tenant entre ses doigts une chaînette d'argent. C'est un belle œuvre d'art.
Sans autorisation, il détacha le collier, et passa sa main dessus.
– Specialis revelio !
Le torque d'or réapparut. Astrée eut le souffle coupé. Ce type savait faire de la magie sans baguette. Lloyd vit son expression.
– Quoi ? Tu t'attendais à ce qu'il cache un parapluie rose dans sa poche pour contourner les règles ?
Elle resta silencieuse. La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe.
– Ça, c'est vraiment du grand art, murmura Harewicz en levant le torque sous ses yeux. Je peux l'examiner ?
Son ami hocha la tête, lui fit un signe de main pour le saluer, et partit en retournant le cadre dans le sens des aiguilles d'une montre. Astrée le suivit. Ils remontèrent les escaliers, ils ressortirent du Saule cogneur, et transplanèrent.
Ils arrivèrent à l'heure pour le déjeuner, mais leur entrée fut remarquée. Des têtes retournées, des chuchotements précipités, des mines suspicieuses, un bain de foule comme Lloyd les aimait.
Les aînés, la partie qui était présente à son cours, le toisaient avec des expressions différentes. Les Gryffondors ne connaissaient que le défi, les Poufsouffles hésitaient, les Serdaigles l'étudiaient, les Serpentards s'en fichaient. Quant aux profs, il supposa que le regard de Cohen signifiait qu'il aurait bientôt droit à sa poupée vaudou jetée dans les flammes, Flitwick cherchait à savoir ce qui avait bien pu lui passer sous le nez, et Trelawney prédisait que le Survivant était en danger de mort après avoir vu un Sinistros manger un éclair au café dans sa salade .
Il s'assit à sa table et se servit comme si de rien n'était. Il ne dit rien durant le repas, scrutant Astrée qui discutait avec son frère. Avait-il bien fait de la choisir ? La question qu'il se répétait sans cesse. C'était la première idée qui lui était venue, mais était-ce la bonne ? Elle ne partageait pas ses opinions, était contre ce qu'il faisait, et par chance, elle ne savait pas tout ce qu'il avait et prévoyait de faire.
Il se traîna en métamorphose. Weasley allait peut-être lui occuper l'esprit avec un exercice difficile, mais il en doutait sérieusement. Transformer une table en cheval, vingt points pour Serpentard.
Son voyage de deux mois l'avait renforcé, plus qu'il ne l'avait imaginé. L'utilisation fréquente de la magie, les courses poursuites, les duels, les fuites grandiloquentes, les entraînements avec Wito, Poudlard devenait son lieu de repos après les vacances. Ce n'était pas la première année qu'il faisait ces expéditions. Depuis qu'il avait rencontré Wito, il passait la majorité de son temps libre là-bas. Il disait à ses parents adoptifs qu'il allait chez un ami, appelait Wito sur son miroir, et il venait le chercher. Ce ne faisait que depuis l'année dernière qu'il partait à l'aventure, sur ordre de Wito. Il avait carte blanche, il faisait ce qu'il voulait, mais à la fin il devait ramener un butin consistant. Il en avait profité pour se venger de l'Auror Seirra, une obsession qui l'avait rongé pendant deux ans, son premier meurtre. À l'époque, il n'avait pas été remarqué par les autorités. Il n'avait volé que les particuliers, les protections étant plus faibles, les gardiens moins entraînés. Quant à Seirra, il devait être le seul à savoir la vérité, que c'était un homicide volontaire. Il l'avait soumis à l'Imperium. L'ancien Auror avait ''accidentellement'' mis le feu à sa maison pendant que sa femme était au marché. Il n'y avait pas de témoin, sauf l'elfe de maison. Lloyd lui avait jeté un sort de confusion pour qu'il témoigne qu'il nettoyait la baguette de son maître à ce moment là, ce qui expliquait que Seirra n'ait pas pu s'en sortir. L'elfe n'avait pas pu aider son maitre car on lui avait ordonné de ne pas réapparaitre devant lui avant d'avoir parfaitement lustré l'item. Lloyd devait avouer qu'avant que Seirra soit pris par les flammes, il était apparu devant et lui avait jeté le Doloris, sa victime l'avait supplié de l'épargner, et Lloyd, en bon prince, s'était présenté comme le frère d'Alysson Harshad qui réclamait réparation. Seirra avait brûlé tristement.
L'expérience ne venait qu'en pratiquant, Wito lui apprenait tout ce dont il avait besoin, son cerveau anticipait les actions, et les potions régénératrices étaient un cadeau des fées.
Il sortit dans le parc, il avait pris un repas aux cuisines, et ne se présenterait pas au dîner. Il avait besoin d'être seul, et au calme, ce que des adolescents en pleine croissance, ou même des humains normaux, ne pouvaient lui offrir.
Quelle était sa priorité ? Comprendre pourquoi les botrucs parlaient, chercher le passage secret qu'avait emprunté l'inconnu, ou se baigner dans le lac ?
La Forêt interdite fut la plus accueillante des propositions, et il s'y engouffra. En vérifiant qu'il n'y avait personne, il prit sa forme Animagus, la vraie, celle qui l'aidait pour les cambriolages. Il courut vers la clairière. Sur sa route, il croisa des Acromentulas qui le laissèrent passer, la priorité à droite existait aussi chez les araignées, des Sombrals qui ne firent pas attention à lui, et des licornes qui fuirent son âme impure.
Il monta sur l'arbre où il les avaient vus la nuit dernière. Les botrucs étaient là, en train de jouer avec des insectes. Discrètement, en se cachant dans l'ombre, il les écouta. Il perçut des ultrasons, mais pas de mots. Il resta à sa place quelques minutes, puis voyant qu'il n'obtiendrait rien de plus, partit de la clairière.
Sur le chemin du retour, il se fit poursuivre par des centaures l'ayant reconnu, et qui l'accusaient de faire flamboyer Mars dans l'alignement astral de Pluton et Jupiter.
Quand il arriva à la limite de la forêt, près de la cabane de Hagrid, en sueur, il décréta que l'inconnu pouvait attendre et se rafraîchit dans le lac. C'était quelque chose qu'il adorait, l'eau. Il fit une longueur, avant de sortir essoufflé, le lac était grand.
Il redressa la tête pour voir James Potter et Balthazar Dolios pointer leurs baguettes sur lui, près de ses affaires.
– Vous m'aviez manqué tout les deux ! Que voulez-vous ? Voir la marque de mon boxer ? C'est vrai que je suis extrêmement bien foutu !
– Toi et ton ego …
Le Gryffondor lui jeta sa baguette. Il la rattrapa aisément, pas même surpris du souci d'égalité du lion.
– Je t'avais dit que nous continuerions notre combat plus tard.
– Ah bon ? Quand ?
– Au premier chapitre, souviens-toi, papota Dolios.
Lloyd claqua des doigts à ce souvenir. Il savait bien qu'il avait une raison pour se battre avec eux. Il se sécha, s'habilla. Pas que ce soit plus confortable, mais pour un duel décent, la règle était de se présenter en bonne tenue.
– Qu'est-ce que tu as fait ? Je n'arrive plus à parler, commença Potter.
– Pourtant c'est ce que tu es en train de faire, joua Lloyd, feignant d'être idiot et innocent, ce qui ne lui allait pas du tout.
– Tu ne veux pas attirer l'attention sur toi alors que tout le monde t'a à l'œil. C'est stupide.
– Exact. Si tout le monde sait, mais que personne ne peut rien dire, c'est magiquement merveilleux pour moi, non ?
– Tu viens seulement de prouver ce que tu es, observa Dolios.
Il haussa les épaules comme s'il était au dessus de tout cela. Potter s'enflamma, virant au rouge. Le Serpentard vit une nymphe l'asperger de poudres à canon. Il se prépara pour le feu d'artifice.
– Toi ! explosa-t-il. Je ne veux plus que tu t'approches de ma famille ! Tu crois que je ne sais pas que tu es le loup ? Ne les regarde même plus, ou tu le regretteras !
– C'est plutôt toi qui vas le regretter si tu continues à hurler dans mes pauvres tympans. Je n'ai rien compris de ce que tu m'as dit, nargua-t-il.
Potter le salua comme dans les duels officiels, et il lui répondit par le même geste. C'était une habitude qu'ils avaient pris, à force de se défier depuis la première année. Il n'était pas rare qu'ils fassent ce numéro en plein couloir, quand il y avait peu de témoins. Dès que l'un se baissait, l'autre l'imitait en dégainant sa baguette.
Ils se retournèrent pour les cinq pas en arrière. La règle affirmait qu'il fallait marcher, mais ne précisait pas à quelle vitesse. Lloyd fut le premier à jeter un sort. Un souffle de cristal vint frapper le bouclier spécial de Potter. De la glace recouvrit la surface, brouillant la visibilité de Potter. Lloyd profita de l'avantage pour bombarder de sorts la protection, ainsi Potter la maintiendrait par sécurité, et il attaquerait par revers.
Ne pouvant transplaner, il créa un portail dimensionnel comme il avait fait en DCFM contre l'épouvantard et jeta un Stupéfix qui se téléporta et se dirigea vers Potter par derrière.
Malheureusement, son rival devait mieux le connaître qu'il ne le pensait. Son sort traversa une illusion, la glace se dissipa, le bouclier aussi.
Il vit des sortilèges apparaître de nulle part le viser. Il les évita sans grande difficulté et en renvoya au hasard dans le vide.
Lloyd tourna autour de lui pour tenter de visualiser le Gryffondor. Il n'y avait aucune cachette possible. Il jeta un sort de détection en se baissant pour vérifier que le lion ne s'était pas désillusionné. Il ne détecta que trois présences, Hagrid dans sa cabane, Dolios en spectateur, et quelqu'un dans le lac. Il comprit que Potter utilisait sa technique du portail dimensionnel pour lui jeter des maléfices en restant à l'abri. Il apprenait vite, c'en était perturbant.
Avec un grand sourire, il fit monter la température de l'eau en un instant.
– Ascendio !
Potter s'envola dans le ciel, rouge comme une écrevisse. Il retomba lourdement sur la terre en fumant.
Lloyd jeta un Levicorpus et le remit au-dessus de l'eau, la tête en bas.
– Que c'est bon de gagner en te ridiculisant.
– Je n'abandonnerai pas devant un mage noir !
Pour donner de la force à ses dires, il lui envoya un Expelliarmus. Lloyd le contra, et avec un plaisir non dissimulé, fit bouillir l'eau, avant de se retrouver lui aussi les pieds au-dessus de la tête en survolant le lac à côté de Potter.
– Dolios, grommela le serpent.
Pris à son propre piège, il se réconforta en faisant glisser Potter près de l'eau.
– Je ne ferais pas ça si j'étais toi. Si je tombe, il tombe, alors relâche moi.
– Mais s'il tombe, tu tombes, répliqua Dolios.
Il croisa les bras en attendant.
– Ne t'approches plus de ma famille !
Il l'avait presque oublié celui-là.
– Qu'est-ce qui te fait le plus peur, ce que je t'ai dit ou ce que tu as vu ?
– Tu ne me fais pas peur, s'énerva Potter.
– Ne t'en fais pas, ce sont des gamines. Comment pourrais-je, d'une quelconque manière, me lier avec des choses si apparentées avec toi ou le Survivant ?
– Ce ne sont pas des choses !
– En fait, le coupa Lloyd en se frottant le menton, ça tombe bien que tu sois venu me voir. J'avais besoin de te museler. Tu n'es pas sans savoir que les Animagus non déclarés sont punissables, n'est-ce pas Mantor ? Donc je veux que tu m'évites, que tu ne parles plus de moi, que tu ne m'espionnes plus.
– Effrayé à l'idée que je révèle que tu es Arsène Lupin, hein ?
Lloyd se prit la tête entre les mains en maugréant.
– Que je déteste ce nom !
– J'en sais suffisamment sur toi pour te faire renvoyer, poursuivit Potter. Tu te réfugies dans les toilettes du deuxième étage pendant des heures sans que quiconque sache ce que tu manigances, tu vas illégalement à la réserve, tu récoltes des ingrédients pour des potions limitées dans la forêt interdite, tu sors tous les week-end de Poudlard, couvert par tes camarades, ces serpents, pareil pendant les matchs de Quidditch, tu t'entraînes tous les soirs dans des salles de classes désaffectées à lancer des sortilèges de haut niveau, je continue ?
– Je te rappelle, que je veux devenir duelliste professionnel, éluda lentement Lloyd. Il est normal que je m'entraîne à être le meilleur. On se demande comment tu arrives à tenir face à moi alors que tu perds ton temps à m'espionner.
– Je ne pense pas que s'entraîner à passer à travers les murs ou à transformer des armes en plein vol en Portoloin soit requis pour ce sport.
Maintenant qu'il y pensait, il aurait dû demander à Astrée d'être la gardienne du secret de toute sa vie, ça lui aurait évité ce genre de situation. Mais dans un sens, il était réconforté par ce que lui disait Potter.
– Et après toutes ces preuves, je suis toujours élève. Tu as dû en parler à d'autres personnes, non ? Si je suis encore dans cette école, c'est pour que l'on me surveille, car si je suis jeté dans la nature, je serais un risque incontrôlable.
– J'en ai parlé à ma famille, admit le Gryffondor, c'est eux qui m'interdisent de te renvoyer.
Lloyd sourit de plus en plus.
– Si ce n'est pas beau ça ! Je peux faire tout ce qui me chante dans ce château et c'est le Survivant lui-même qui insistera pour que je reste jusqu'à ce que j'obtienne mes ASPICs. Ça me donne même envie de redoubler !
– Que... mais t'es pas bien ! Tu comprends rien !
– Oh que si, tant que je ne dérape pas sur les lois du ministère, je suis intouchable à Poudlard !
Le Gryffondor semblait déconfit de son insouciance, il avait espéré une réaction moins enthousiaste.
Lloyd ne le montrait pas, mais même s'il pensait ce qu'il disait, être sur la touche l'inquiétait. Et le sang qui lui montait à la tête ne l'arrangeait pas. Il n'en pouvait plus. Il diminua la chaleur du lac en conservant l'illusion des bulles, et lâcha Potter. Il le suivit sans tarder.
Il nagea vers l'autre rive, près de l'endroit où avait disparu l'intrus, signe que la conversation était terminée. Il sortit de l'eau, sécha ses vêtements, et fit venir ses affaires d'un Accio. Ô combien ce sort était serviable ! Il vit un billet suivre son sac. Il le saisit et lut : ''Nous n'en avons pas fini tout les deux''.
Il brûla le papier. Ça ne se terminerait jamais. C'était la lutte perpétuelle du Bien et du Mal selon James Potter. Il avait souvent remarqué que les ''gentils'' avaient des barrières bien distinctes pour délimiter la frontière du bon et du mauvais. Alors que le monde des ''méchants'' ne s'encombrait pas de ce genre de détails, il n'y avait que la puissance, la détermination à atteindre ce pourquoi l'on existait, et les illusions de la morale étaient méprisées. Il n'y avait pas d'amour bravant la mort, pas de haine vainquant la douleur, pas de sagesse conquérant le savoir. Il n'y avait que soi contre les autres, l'ambition contre les contraintes, et son esprit contre les idéaux.
Les Serpentards n'étaient pas les seuls à se démettre des règles en Grande-Bretagne, même s'ils étaient toujours plus pointés du doigt que les autres à cause de leur ambition flagrante. Les Serdaigles, dans leur recherche de connaissances, à vouloir repousser les limites de la magie, pouvaient sombrer dans la folie, ou devenir un puits de sciences dangereux et indépendant, comme Wito. Un roi anglais du seizième siècle avait déclaré la guerre aux gobelins pour leur voler leur travail artisanal en étant inconscient du danger que son peuple encourait, alors qu'il avait été à Gryffondor, maison de la vertu quand on entendait parler le sorcier moyen. Un autre mage noir du dix-huitième siècle avait exterminé une centaine de Moldus, en fidèle Poufsouffle servant ses sorciers traditionalistes.
Lloyd l'avait appris, le noir et le blanc ne sont pas séparés comme le yin et le yang, ce n'était que des jeux d'ombres et de lumières.
Potter et Dolios étaient allés chez Hagrid le demi-géant. Il se doutait qu'un des deux le fixait à partir de la fenêtre du garde-chasse, mais il s'en moquait.
Il s'approcha du mur de pierre et reposa sa main dessus. Il balaya la surface en cherchant une fissure, un défaut infime, mais ne trouva rien. Le travail était parfait, trop parfait pour un château de mille ans. En longeant le mur de quelques mètres, il revenait sur une surface rugueuse. Il n'y avait que l'ouverture du passage secret qui était lisse.
Il sortit sa baguette et tapota la roche. L'emblème de Poudlard apparut, il y lut « Drago Dormiens Nunquam Titillandus » Le passage secret devait sûrement mener aux entrailles du château.
Il soupira, il n'irait pas plus loin. Il n'imaginait même pas ce que venait faire l'inconnu dans cette histoire.
Énervé, il retourna dans la salle commune à la recherche d'Astrée. Il la trouva assise à une table à aider une deuxième année à un exercice. Elle ne leva pas les yeux du parchemin qu'elle corrigeait.
– Que tu es calme ! signala-t-elle. Comme si tu avais été tenu en échec à plusieurs reprises.
Il se posa sur la table. Il n'était vraiment pas un bon Occlumens.
– J'aimerais que tu m'aides.
– Ça va devenir une habitude si tu continues.
Il ignora la remarque. D'impatience devant le manque d'attention de sa camarade, il prit le parchemin de ses mains et le redonna à la jeune étudiante et lui fit signe de dégager.
– Tu es vraiment impoli quand tu veux.
– Est-ce que Madame daignera enfin me suivre, ou dois-je faire partir les élèves de leur salle commune pour une durée indéterminée ? s'irrita-t-il.
– Mon cher, tu m'as fait courir une bonne partie de la matinée, je t'ai rendu service, et tu m'as ignorée le reste de l'après-midi. Crois-tu vraiment que tu mérites que je te suive ?
Il souffla. Pourquoi les filles jouaient-elles les fragiles alors qu'elles prouvaient à chaque colère qu'elles étaient redoutables et redoutées ? N'ayant pas envie de s'éterniser, il ensorcela la chaise sur laquelle elle était assise. Les Serpentards, accoutumés au manège de deux amis, ne quittèrent pas leurs activités pour contempler une Astrée vociférer des menaces en étant clouée sur sa chaise, avec ladite chaise qui suivit Lloyd dans les couloirs. Certains pariaient même qu'un jour ils finiraient ensemble.
Il la reposa dans une classe vide et la libéra. Elle se leva aussitôt les poings serrés, les lèvres pincées, ses yeux lançant des éclairs, Zeus lui-même devait sentir qu'il y avait un orage dans l'air qu'il n'avait pas ordonné.
Avant qu'elle ne crie ou lui jette un sort bien senti, il sortit de son sac une fiole contenant un liquide doré et lui tendit.
– Ton cadeau d'anniversaire, avec un petit peu de retard.
Elle rangea ses griffes, et saisit la potion.
– C'est du Felix Félicis, examina-t-elle.
– La préparation est longue, c'est pour ça que je ne te le donne que maintenant, mentit-il.
– Bien essayé, mais c'est une potion de ta réserve, je le sais, elle posa un doigt sur sa tempe en lui lançant un regard perçant.
– J'aurais essayé, céda-t-il. En fait, c'est aussi de ça dont je voulais te parler. J'ai besoin que tu m'apprennes l'occlumancie et la légilimencie.
– Et le cadeau c'est un moyen de m'acheter.
Il fronça les sourcils.
– Enfin, tu sais bien que les anniversaires n'ont aucune signification pour moi ! C'est déjà un miracle que je me rende compte que j'ai oublié le tien !
Elle se tritura les cheveux du bout des doigts en réfléchissant.
– Et ce Harewicz ne peut pas t'apprendre ?
– Je ne peux le voir que les week-end, et je voudrais maitriser l'occlumancie rapidement. La légilimencie peut attendre.
– Très bien, si tu le permets, nous ne commencerons que la semaine prochaine. Je dois régler mes obligations de préfète-en-chef afin d'avoir plus de temps libre. Donc à vingt et une heures, ici, tous les jours dès lundi. D'accord ?
– Je n'espérais pas mieux ! Merci !
Il allait partir quand elle le rattrapa par l'épaule et l'embrassa sur la tempe.
– Merci pour la potion, et pour ta confiance.
Elle retourna dans la salle commune. N'ayant rien à faire, il s'assit en tailleur et se concentra. Il mit sa baguette dans son sac pour ne pas être tenté, et commença la magie sans baguette. Il prit un livre au hasard dans son sac et le plaça à plat sur les dalles crasseuses et le fit voleter sans trop de problèmes pour s'échauffer.
Il ferma les yeux et visualisa à présent la chaise devant lui en train de voler. Il pensa de toutes ses forces au Wingardium Leviosa, et fixa la pièce de bois, encore et encore. Il ressentait sa magie circuler en lui, il sentait que sa détermination poussait sa magie au bout de ses doigts, de ses yeux, mais la chaise sommeillait toujours.
Au bout d'un temps qui lui parut interminable, il eut la maigre consolation de voir le meuble vaciller. Il se laissa tomber, totalement éreinté. Il regarda l'heure et s'étouffa. Il était presque une heure du matin. Cela faisait trois heures qu'il peinait à faire léviter une chaise.
Il s'allongea dans son lit comme une masse cette nuit-là.
On était en fin de semaine, il était chez Wito. L'érudit le faisait travailler sur les runes, en les mélangeant avec des magies plus complexes, il avait pour devoir de rajouter des hiéroglyphes, des sigles japonais, et tout un tas de langues mortes et oubliées, même de l'atlante. Il avait beaucoup de mal à garder une rune correcte avec toutes ces combinaisons. Wito lisait les grimoires qu'il lui avait apporté. Lloyd posa une question sur sa dernière visite.
– Qu'as-tu appris sur le torque que je t'ai passé ?
L'homme, qui devait approché des deux cents ans à présent, leva lentement la tête.
– C'est un ornement ayant appartenu à Merlin. Son possesseur, aussi appelé l'élu, obtient la puissance perdue du mage, peut se transformer en n'importe quel animal sans sa baguette, et est capable de contrôler les éléments par la pensée.
Lloyd eut des étoiles dans les yeux, c'était ce dont il avait besoin, merci Merlin !
– Non, je déconne. C'est un torque ayant appartenu à un druide quelconque. Rien de légendaire.
Il baissa la tête, rageur, se maudissant d'y avoir cru. Wito continua.
– C'est pas ma faute si tu es naïf quand il s'agit de pouvoirs extraordinaires. Par contre, il y a bien de la magie là dedans.
– Arrête de me faire attendre, critiqua-t-il.
– Tu es impatient aussi, ça te perdra un jour. Ce collier permet de parler à toutes les créatures existantes.
Lloyd hocha la tête en signe de compréhension, il n'avait pas saisi les paroles des botrucs ces derniers jours car il n'avait pas ce collier, c'était vraisemblable. Il exprima une de ses pensées.
– Donc si je parle à un serpent, je parlerai Fourchelangue…
– Erreur, l'interrompit Wito. Tu parleras normalement, c'est lui qui comprendra ton langage, et quand il te répondra, il sifflera et tu le comprendras. Tu suis ?
– Je crois.
– Je te le rendrai ce soir, travaille maintenant.
Et ils reprirent leurs activités comme si de rien n'était. Lloyd repartit à Poudlard sans encombre, avec une chaînette en argent dissimulant un pouvoir ignoré de tous, mais qui n'était pas de Merlin.
Il alla d'abord dans son local pour ranger ses livres. En sortant, il eut la mauvaise surprise de voir Mimi Geignarde assise sur un des lavabos. Il n'aimait pas les pleurnicheurs. Sa logique était de souffrir en silence, on la fermait et on subissait, les larmes ne faisaient pas revenir en arrière.
Il lui fit un sourire charmeur, il était toujours utile d'avoir des alliés à sa disposition. Les fantômes étaient une source de renseignements incroyables surmontant les époques. Et comme le Baron Sanglant n'était pas un grand bavard, il faisait avec les moyens du bord. Elle blanchit plus qu'elle ne le devrait.
– Quoi de neuf Mimi ?
– Oh, rien de bien, les gens m'évitent, personne ne vient me voir, je me sens seul.
La même rengaine depuis qu'il la connaissait, c'était comme une chanson triste qui passait en boucle.
– Ils ne savent pas ce qu'ils ratent.
Il fallait toujours flatter la bête avant de la chevaucher, c'était valable pour un hippogriffe comme pour une adolescente défunte. Il continua :
– Est-ce que tu ne connaitrais pas le passage secret qui mène aux entrailles de Poudlard, près du lac ? Je n'arrive pas à l'ouvrir.
– Hum, non, je n'en ai jamais entendu parler. Mais je connais un passage secret qui va jusqu'aux entrailles du château, minauda-t-elle en se rapprochant.
Ravi de faire une découverte, il l'incita à lui en dire plus.
– C'est donnant-donnant, monsieur le Serpentard.
Il leva les bras en signe d'acceptation.
– Tu veux quoi ?
– Un strip-tease intégral !
Il manqua de tomber sous le choc. Il avait déjà séduit pour arriver à ses fins, avait fait miroiter ses sentiments à quelques-unes le temps qu'elles lui ouvrent leurs portes et les dévalisent, mais il ne se ridiculiserait jamais !
– Je suis destinée à avoir éternellement quinze ans, expliqua-t-elle d'une petite voix. J'ai été privée de l'odorat, du goût, et du toucher. Comment veux-tu que je m'occupe ?
– Je savais que tu espionnais les préfets dans leur salle de bain, mais là, tu me déçois franchement ! Je ne veux même plus entendre parler de toi.
Il ouvrit la porte mais Mimi le traversa et s'arrêta devant lui pour l'empêcher d'aller plus loin. Elle avait les larmes aux yeux, encore.
– Non ! S'il te plait, ne pars pas ! Excuse-moi !
– Soyons clair, menaça-t-il. Si tu veux que je te pardonne, tu me montres ton passage secret, et tu chercheras celui dont je t'ai parlé, sinon, je raconte tout à Peeves !
– D'accord, d'accord.
L'art et la manière des manipulateurs, une maîtrise qu'il devait à son éducation. Sa sœur aussi avait été une excellente manipulatrice, meilleure que lui. Il se souvenait l'avoir vu pleurer volontairement pour obtenir ce qu'elle voulait, et la seconde d'après battre des cils pour sa prochaine victime. Il sourit en se remémorant le visage de sa douce sœur et seule famille.
Il suivit Mimi Geignarde, blanche de honte, jusqu'aux toilettes des filles. Il s'arrêta devant la porte par pudeur, puis ne voyant pas pourquoi il bloquait, entra.
– Ce robinet, elle montra un évier, permet d'aller à la Chambre des secrets.
Lloyd sourit. Il savait bien que le bon vieux Salazar n'avait pas que bluffé avec cette histoire.
– Il faut parler en Fourchelangue pour que le passage s'ouvre. Je n'en sais pas plus.
Évidemment, on lui disait que son collier ne permettait pas de parler la langue des serpents, et dans les heures qui suivaient, il avait soudainement besoin d'être Fourchelangue pour continuer sa progression. Ironie, ironie.
– Comment connais-tu ce passage ? Je sais que tu passes tout ton temps ici, mais tu viens d'affirmer qu'une légende existait, ça paraît difficile à croire, non ?
– J'ai vu Harry Potter passer ici. Il a tué le basilic avec l'épée de Gryffondor, et il a sauv...
– Potter est un Fourchelangue ?
– Oui, et il a sauvé Ginny Weasley de l'héritier de Serpentard. Quelques années après, Ron Weasley l'a aussi ouvert pendant la Bataille de Poudlard, mais je ne pense pas qu'il soit Fourchelangue, il a dû s'y prendre plusieurs fois avant d'avoir un résultat.
Potter était un Fourchelangue, et seuls les descendants de Serpentard pouvaient parler la langue des serpents. Aurait-il un lien de parenté avec Voldemort ? Sûrement, le Fourchelangue était héréditaire. Mais... oh, les âges concordaient, il aurait pu avoir eu l'idée de détrôner le Seigneur des ténèbres, son père potentiel, pour régner. N'aurait-il pas ouvert la chambre lui-même ? Ça ne collait pas. Sa meilleure amie était une née-Moldue. Il fréquentait les enfants Potter, pas toujours en termes amicaux, certes, mais ils n'avaient jamais sifflé devant un serpent, et pourquoi Potter aurait-il tué son serviteur vénéneux ? Déjà, pourquoi vouloir faire face à un Basilic ? Il était complètement fou ! ''Quelques années après'', mais cela voulait dire...
– Il avait quel âge quand il a tué le basilic ?
– Je crois qu'il avait douze ans, c'était la même année que les cinq cents ans de mort de Sir Nicholas.
Il pâlit et vacilla. Il avait terrassé le roi des serpents en étant un môme. Un véritable taré ! Lloyd n'aurait jamais fait ça, même pour une fortune tout aussi colossale que le monstre, l'instinct de son Animagus n'aurait pas arrangé les choses.
Il devrait s'entraîner plus qu'il ne le faisait s'il voulait avoir une chance de le battre un jour.
– Merci Mimi. Tu m'as beaucoup aidé. Je repasserais te voir ici pour savoir ce qui se passe à Poudlard.
Il partit sans lui laisser le temps de répondre quoi que ce soit. Cette fille le dégoûtait de plus en plus. Elle avait de la chance d'être morte !
Il s'allongea dans son lit, ses camarades de chambre dormaient déjà, sauf un, Roger Davies Junior, qui lisait. Ce dernier lui fit un signe de tête, peu surpris qu'il ait disparu du week-end. Il lui répondit et tira les rideaux. Il savait qu'aucun d'eux ne le dénoncerait, il les tenait en respect. Un seul avait essayé, Lloyd était rentré dans une colère noire et le malheureux infidèle quitta le collège un mois plus tard sous l'autorité de ses parents, victime de menaces, d'humiliations, et d'abandons. Plus personne n'avait osé relater ses actions, et il pouvait à présent dormir sur ses deux oreilles.
(1) Je vous jure, il y a une logique dans cette "langue".
Slt
