Hum... bon, une très longue absence, pour en plus un chapitre plus court que d'habitude, c'est vrai que c'est pas très excusable, mais bon, vous ne me ferez pas de mal pour ça tout de même, si ?
Merci aux reviewers qui font chaud au coeur. J'en ai peu, mais au moins, elles sont complètes et intéressantes, donc merci :)
On remercie aussi Poka Rock qui a le courage de me relire et de corriger mes fautes, applaudissons la svp lol.
Bonne lecture
Harry Potter se passa mécaniquement une main dans les cheveux. Il souhaitait plus que tout pouvoir passer Halloween avec sa femme, et être frais pour accueillir ses enfants le lendemain. Mais avait-il déjà connu un fête d'Halloween tranquille ? Non, jamais. Au mieux, il passait une heure à rechercher un petit voyou qui s'amusait à effrayer les Moldus avec des citrouilles enchantées. Au pire, il devait combattre un troll...
Mais cette fois, c'était différent. Il avait reçu une lettre. Il avait tout de suite été intrigué par le corbeau qui lui avait transmis le message. Il sortit le parchemin de sa poche et le relut pour la cinquième fois de la journée. Le mot était bref, et pourtant très significatif. La personne qui lui avait adressé la missive lui parlait comme s'ils se connaissaient, et le défiait humblement à un duel à mort, faute de quoi, il ferait sauter un établissement bondé. En temps normal, il aurait laissé la Brigade d'intervention s'en charger, mais il ne voulait pas prendre de risque. Surtout que le polémiste avait précisé qu'il viendrait avec un ami de longue date nommé T. E. J. Le sang de Harry n'avait fait qu'un tour à ces initiales.
Harry était donc en plein milieu d'un Pré-au-Lard submergé par des vagues humaines, où il résistait tel un roc dans la tempête des fêtes. Des Aurors étaient habillés en civil et parcouraient la rue en quête de l'inconscient qui gâchait leur soirée.
Il fit signe aux Aurors de repousser les sorciers pour qu'ils aient le terrain libre pour agir en cas de réelle menace. Les civils obéirent docilement. L'allée était dégagée.
Il regarda la montre ayant anciennement appartenu à Prewett. Il ne restait plus qu'une dizaine de minutes avant l'arrivée de l'expéditeur.
Soudain, un jet de lumière rouge s'éleva et éclata dans le ciel, suivi d'un cri. Harry courut en dégainant sa baguette, il comprit trop tard que ses hommes avaient tous été immobilisés un par un dans son dos.
Ses entrailles se glacèrent quand il s'aperçut que le cri venait de son filleul. Il avait un couteau dans le ventre. La personne qui lui avait infligé la blessure était en face de lui, mais était-ce un humain ? Cela ressemblait plus à une harpie, mais la silhouette était trop masculine. Et puis, mis à part les ailes, la composition du corps était celle d'un Homo sapiens.
L'homme sortit de l'ombre. Il portait de larges vêtements noirs. Son visage était caché par un masque blanc, un serpent ayant des ailes sur ses flancs était dessiné sous l'ouverture de l'œil gauche. Une des épaules saignait.
Harry prit à peine le temps de noter ces détails qu'il attaqua.
C'en était trop facile. Lloyd n'avait quasiment pas besoin de stratégies subtiles pour se débarrasser des gêneurs. Il s'était caché dans la rue sous sa forme Animagus environ une heure avant l'arrivée des Aurors, en réduisant sa taille. Une araignée de trente centimètres d'envergure n'était pas un fait commun, même chez les sorciers.
La mygale avait patienté à l'ombre d'une ruelle, puis, quand les civils étaient partis, elle avait lancé l'attaque.
Harry Potter était au centre du village, tandis que ses hommes étaient dans les rues adjacentes, ou sur les immeubles en poste d'observation. La tisseuse avait mordu les différents surveillants, en entraînant leur paralysie.
En reprenant sa forme humaine, il avait ensorcelé un homme qui patrouillait près de lui. Le reste s'était déroulé très rapidement. Sa marionnette avait pétrifié deux gardes, alors qu'il s'en était pris aux trois autres silencieusement. Il les avait assailli par derrière, certes, mais il ne les avait pas invités. En plus, il avait été plutôt bienveillant, s'il avait écouté la voix dans sa tête, tous seraient morts.
Son plus grand sursaut fut lorsque Ted Lupin lui sauta dessus. Ils étaient dans l'avenue près de Zonko, autrement dit, près du centre-ville et de Potter. Lloyd eut le réflexe de sortir ses ailes pour tenir le héros éloigné. Il se servit de ses nouveaux membres pour encaisser les multiples maléfices que lui jetait l'Auror. Ses ailes étaient dotées d'une protection contre la magie, sauf les Impardonnables, cela lui préservait d'avoir un bouclier dans n'importe quelle situation, sauf si on l'agressait avec des armes moldues, mais ses adversaires n'avaient pas à être au courant de cet immanquable détail.
Sentant qu'il ne pourrait pas obtenir seul la gloire de sa capture, l'Auror lança un appel aux autres unités. L'Ange Noir accéléra l'allure, le Survivant allait débarquer et il ne pouvait gagner qu'en combat singulier face à lui.
– On alerte la meute quand on est en difficulté, il faut croire que tu as hérité de l'instinct animal de ton père, nargua le duelliste.
Le visage de Lupin se crispa en une grimace de rage, et il redoubla d'effort pour l'abattre, délaissant sa défense. Le changement était presque indétectable, mais cet état offrit la faille désirée.
Lloyd fit un bond en avant et le poignarda. Dans sa précipitation, il se prit un sortilège de découpe à l'épaule. Il réprima un frisson quand il réalisa à quel point sa gorge avait de la chance d'être intacte.
La lame se planta dans le ventre comme dans du beurre. Il tourna le couteau pour avoir le plaisir d'entendre les gémissements de sa victime. Il le relâcha et se tourna en essuyant le sang du métal avec son gant. Il jeta silencieusement un sort pour ralentir la saignée.
Il entendit des bruits de pas. Il tourna lentement la tête pour admirer le chef des Aurors défiguré par la stupéfaction de voir un démon ôter ainsi la vie de son filleul.
L'assaut fut à la hauteur de ses attentes. Il dut s'élancer derrière un magasin pour ne pas être recouvert de blessures.
Lloyd s'envola pour ne plus être à portée des tirs répétés. Il se posa sur le toit d'un immeuble. Malheureusement pour lui, le sort anti-transplanage du ministère n'avait aucun effet sur les Aurors. Harry Potter se matérialisa devant lui et enchaîna avec un Expelliarmus. Il roula sur le côté et glissa aussitôt sur les tuiles pour redescendre. Le Survivant le suivit sans problème. Pire que ça, celui-ci semblait tourbillonner. Il transplanait à une vitesse incroyable, en ne déposant les pieds au sol que le temps de lui jeter un sortilège avant d'apparaître à un autre emplacement et réitérer son assaut.
L'ange se servit de ses ailes pour parer la charge du lion et tenta une attaque. Le Survivant esquiva comme prévu le sort en transplanant. Grand mal lui en prit. Le sort de Lloyd atteignit le banc désiré qui se métamorphosa. Une Acromentule fonça sur le héros alors que celui-ci réapparaissait quelques mètres plus loin. Potter tomba, l'arachnéenne agitant ses pinces frénétiquement en rasant ses cheveux, mais il usa d'un maléfice explosif. Huit pattes velues s'envolèrent dans le décor du village. L'instinct de l'Animagus eut un pincement en voyant un des siens servir à son insu de feu d'artifice.
Lloyd changea de tactique et mit en pratique sa répartie. Son adversaire était trop rapide alors qu'il ne pouvait pas lui-même transplaner.
– Quelle performance ! Les plus grands criminels me remercieront d'avoir débarrassé l'Angleterre du héros historique. Peut-être aurai-je même une médaille en guise de félicitations, fanfaronna-t-il.
Potter releva sa baguette, mais profita du moment de répit pour en savoir davantage sur cet insolite assassin céleste.
– On t'a payé pour me tuer ?
– Non, c'était sur ma liste depuis longtemps, répondit-il négligemment. Et puis, un ami commun voulait en découdre avec toi.
Le lion resserra sa prise sur son arme.
– Et où est cet ami ? articula-t-il prudemment.
S'il n'avait eu pas de masque, Potter aurait sûrement repris l'offensive à la vue du sourire carnassier qu'il arborait. Il laissa son colocataire mental obtenir le contrôle de son corps. La seule modification physique était les pupilles rouges du Seigneur des Ténèbres qui brillait dans la nuit. Il pouvait faire l'effort de dissimuler ses iris magiquement, mais Harry avait droit à un traitement de faveur.
– Mon cher, ravi de voir que tu es en bonne santé, j'aurai le mérite de t'exterminer à petit feu.
Le Survivant tiqua. Avait-il affaire à un schizophrène ? Néanmoins, les yeux pourpres étaient remplis d'une nostalgie psychopathe, il n'y avait aucun doute là-dessus.
– Allons Harry, tu ne m'as pas oublié. On ne peut oublier les yeux du meurtrier qui a tué tout tes proches.
Harry blanchit maladivement. Il eut envie de vomir sa peur. Pour une fois, le sage Gryffondor allait faire une crise d'angoisse. Il haleta.
– Ce n'est pas possible. Vous êtes mort. Cela fait vingt-six ans.
Tom croisa les bras avec dédain.
– Mais c'est que tu comptes les années en plus, siffla-t-il. Non, je ne suis pas exactement celui que tu crois. Je ne suis pas le Lord que tu as tué, je suis pire, le Voldemort du journ...
Il bloqua, ses lèvres continuant de bouger sans qu'aucun son ne sorte. Il sembla très contrarié par cela, mais reprit contenance. Il ramena ses épaules en avant, et pencha la tête avec le sourire d'un enfant curieux voulant savoir ce qui allait arriver s'il allait plus loin.
– Cela fait trop longtemps que j'attends ce moment Harry.
Il fit un gracieux mouvement avec sa baguette, en murmurant une formule. Harry se crispa, mais aucun sort ne vint. Il chercha un quelconque piège, comme s'il allait soudainement pleuvoir des couteaux, mais rien, absolument rien d'offensif ne vint. Pourtant, Voldemort commençait déjà à ricaner.
– Tu ne vois pas Harry ? Tu ne sais pas ce que je prépare, n'est-ce pas ? Je m'occupais juste du nécessaire pour que tu ne puisses t'échapper.
C'est alors qu'il réalisa l'horreur. Voldemort avait installé un sort anti-transplanage pour que lui non plus ne puisse se déplacer à volonté. Il était pris au piège.
Le mage noir attaqua en douceur avec un Avada. Harry retrouva tous les réflexes de sa jeunesse, dont un qui l'avait souvent sorti d'affaire, la fuite. Il commença à déambuler dans les ruelles, un fou pour compagnon de jeu. Mais Voldemort avait un atout, il volait, et à sa hauteur, viser était enfantin.
Harry regretta sincèrement de ne pas avoir conservé la Baguette de Sureau. Surtout que ce Voldemort ne lui offrait plus la protection de son sang. Dans sa course, il arriva aux limites de Pré-au-Lard, cela éloignait Voldemort des civils restés chez eux. Il esquiva un énième sort mortel et chuta dans une colline, il la reconnut comme étant celle qui cachait la grotte de son parrain. Il se réfugia à l'intérieur et se prépara à l'entrée du Seigneur des Ténèbres.
Il était sur le dos, légèrement tremblant, prêt à affronter son ennemi de toujours. Mais il trouva le temps long et put concocter un plan digne de son intelligence.
Tom survolait la colline en se léchant les lèvres avec gourmandise. Il allait enfin tuer ce misérable. Il allait se poser et entrer dans la caverne quand la voix de son collègue retentit dans son esprit.
« Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne vois pas que c'est un piège ? Laisse-moi reprendre le contrôle de mon corps ! »
La ferme ! Tu crois être le seul à réfléchir ? Je te rappelle que je l'ai vu grandir contrairement à toi.
« À t'entendre on dirait que tu es sa nourrice ! »
Tout ce qu'il sait, il me le doit, cet ingrat. Et je te prierais de ne plus m'interrompre quand je parle à mon assassin.
« Tu n'as qu'à savoir tenir ta langue de vipère, il ne te restait plus qu'à dire mon nom et ça aurait été parfait ! »
Idiot...
« Mais qu'est-ce qu'on fait là ? Tu attends le Nouvel an pour le tuer ou quoi ? Tu es loin d'être le terrible mage noir dont j'ai entendu parler. »
Estime-toi heureux que j'ai besoin de ton corps pour exister, sinon tu serais en train de pourrir dans une décharge à cette heure-ci.
L'Ange Noir marcha vers la caverne et créa un bouclier pour parer tout sortilège.
« Solidifie le plafond, je sens qu'il veut provoquer un effondrement pour se débarrasser de nous. »
Tu connais mal Harry, il ne ferait pas de plan si grossier, il foncerait tête baissée en comptant sur la chance.
Malgré la moquerie, il s'exécuta. Tom se plaça au milieu de la grotte en cherchant l'Auror du regard. Aucun des deux ne put prévoir ce qui allait suivre. La caverne se referma d'elle-même et un golem de terre prit forme sous leurs yeux.
Le Survivant était fier de son coup. Il avait profité du temps offert par Voldemort pour détruire sa barrière anti-transplanage, et s'était téléporté depuis la grotte pour chercher du renfort en laissant le fou furieux avec une de ses créations. Il courut à en perdre haleine en activant son badge pour avertir tous les Aurors et les médicomages. Ceux-ci arrivèrent dans une cohue impossible. Harry ne réussit pas à rejoindre le corps de Ted.
Angoissé comme jamais, il réunit une troupe d'hommes sans les prévenir de ce qui les attendait et les mena devant la grotte. Il creusa une ouverture de fortune à son piège et se lança à l'intérieur.
La caverne était vide. Le Gryffondor écarquilla les yeux de stupeur et fouilla les lieux. Il n'y avait pas de trace de l'individu schizophrène, ni de son golem. Il ne restait qu'une écriture sur un recoin éclairé par la brèche de l'entrée.
« L'Ange Noir vous souhaite un bon Halloween ! »
Harry se passa une main sur le visage. Il n'en croyait pas ses yeux. Ça avait un nom en plus, cette chose. Il avait l'impression qu'il venait d'ingérer une potion de vieillissement.
Il ne pouvait délibérément pas annoncer qu'un homme venu de nulle part était sans doute une réincarnation du mage noir le plus redouté du siècle. Un ange en plus. Les médias et la population délireraient en s'imaginant un Voldemort transformé littéralement en un démon vengeur.
Pour ce que Harry en savait, la mort était surmontable. Il avait dans sa vie de nombreux cas défiant cette règle de la nature. Un Tom Jedusor revenu des enfers, c'était aussi crédible que de créer sept Horcruxes ou de posséder les mythiques Reliques de la Mort après tout.
Le mur s'écarta et laissa passer un Lloyd bouillant de fureur. Il rentra dans son dortoir et s'enferma. La première chose qu'il fit fut d'exploser les cinq lits de la chambre. Il laissa sa rancune éclater comme un feu incendiant les alentours.
Il partit dans la salle de bain et commença à se soigner. Le golem l'avait salement amoché. Il était quasiment sûr que son bras gauche était cassé et que sa cheville était foulée, en plus de l'épaule en lambeaux à cause de l'excès de zèle de Lupin.
Il serra les poings. Potter l'avait mis en échec. Il n'en revenait pas d'avoir échouer si lamentablement. Il n'avait eu l'avantage que grâce à la peur que procure Tom au Survivant, et il en était certain, cette frayeur n'était que passagère, elle allait bientôt se transformer en redoutable combativité.
Il prit une potion contre la douleur et guérit magiquement son membre endolori.
Il fixa son reflet et vit l'expression de son visage changer.
« Imbécile ! Je t'avais bien dit que c'était un piège ! »
Enflure ! Tu n'avais pas prévu qu'il fasse ça non plus !
Ils s'insultèrent avec hargne, à haute voix dans un seul et même corps. Quiconque aurait vu cette scène aurait appelé la section psychiatrique de Sainte-Mangouste.
De rage, Voldemort prit possession du bras de Lloyd et planta ses ongles dans l'épaule encore abîmée. Le Serpentard siffla.
« Je t'ai interdit de faire ça ! »
Les premiers temps avec Tom avait été très dur. Ils en arrivaient même à se haïr bien plus qu'ils ne détestaient Potter. Le mage noir essayait de subtiliser le contrôle du corps à chaque instant, obligeant Lloyd à bloquer son esprit constamment. Il en avait eu des crises d'insomnies. Voldemort ne cherchait qu'à faire parler de lui, comme le mégalomane qu'il était, et ses méthodes étaient souvent trop grandiloquentes pour lui. Il ne pouvait pas se permettre de faire brûler Gringotts pour le plaisir d'un fou.
Il y avait néanmoins des avantages à partager ainsi sa boîte crânienne. Leurs esprits avaient fusionné comme Tom lui avait promis. Lloyd était maintenant un Fourchelang et connaissait tous les secrets de la magie noire. Et, bien qu'il soit loin du niveau de Tom, il avait de bonnes capacités en tant qu'occlumens et légilimens.
Seulement, à mesure que le temps passait, il se demandait s'il avait fait le bon choix. Après tout, il avait agi sous le coup d'une impulsion, sous la colère.
Je t'interdis de penser que tu aurais dû brûler mon carnet !
Et il n'était plus seul, il avait perdu toute intimité. Heureusement que le Seigneur des Ténèbres n'était pas un bavard. Il ne l'aurait pas supporté. Il avait déjà du mal à se concentrer quand il était près d'une source de bruit externe, alors avec un serpent à la langue trop longue maugréant dans sa tête, il ne pourrait plus organiser de plan.
Parlons-en, de tes plans. Depuis quand devions-nous partir avant d'avoir tué Potter ?
« Nous n'avions aucune chance. »
Potter avait utilisé l'Ancienne Magie pour invoquer le golem, un art que ni Tom ni lui ne connaissaient, l'ayant toujours sous-estimé. Aujourd'hui, ils venaient de payer les frais de leur suffisance. Et la note était salée.
Ils avaient explosé à multiples reprises le golem qui se régénérait inlassablement. Après avoir reçu quelques violents coups de la part de ce dernier, Voldemort trouva le moyen de s'en défaire en utilisant un sort de magie noire normalement destiné à faire fondre le corps d'un être vivant. Puis, ils avaient à leur tour annihilé la barrière anti-transplanage des Aurors et s'étaient échappés.
Lloyd avait ensuite repris le contrôle de son corps, tout en profitant de cette occasion pour faire rentrer ses ailes dans son dos, et était passé par le passage secret de la Maison Abandonnée pour retourner à Poudlard.
Après concertation, ils décidèrent de se coucher directement. Un bal costumé avait été organisé pour Halloween. Personne ne devrait se rendre compte de son absence. Il dirait qu'il s'était déguisé en loup-garou, ou qu'il avait mis un des chapeau sans tête du magasin Weasley.
Il retourna dans le dortoir et répara les meubles. Il s'allongea et se massant son membre récemment réparé.
Une défaite, il ne s'en remettait pas. À force de réussir la majorité de ses actions, il avait cru être immunisé contre ce terme. Malheureusement, non.
Il se retourna et ferma les yeux. Et souhaita bonne nuit à son colocataire mental.
« Je te hais. »
De même.
Le lendemain, il fut réveillé par le vacarme de ses camarades de chambre geignant contre leur mal de tête. Il prit son oreiller et le lança à la tête du premier venu pour étouffer ces plaintes. Il n'était pas d'humeur à être compatissant avec des adolescents qui vidaient une bouteille sans en apprécier le contenu.
Il se redressa et se frotta pensivement les yeux. Il sentait qu'un détail lui échappait, un détail important. Il se leva, ses compagnons le laissèrent occuper la salle de bains. Un mois déjà qu'il les avait dressés et il ne le regrettait pas. La vie était plus facile ainsi.
Il se doucha calmement en songeant aux vacances naissantes de Toussaint. Il avait prévu d'aller en Amérique latine durant cette semaine, pour scruter les ruines d'une cité d'or, et apprendre la magie traditionnelle de quelques-unes de ces civilisations.
Il retourna dans son dortoir et prit sa valise pour descendre dans la Grande Salle où devaient sûrement patienter des élèves.
– Aaahh ! Mais qui est le con qui prend des douches aussi glacées ?
La main sur la poignée, Lloyd se retourna flegmatiquement vers le malchanceux qui avait crié avant qu'il ait franchi la porte.
Harry Chow grelottait dans sa serviette. S'il n'avait pas déjà perdu ses couleurs, il aurait pâli en se rendant compte qui il venait d'insulter. Le Serpentard s'approcha de son congénère. De son pouce, qu'il plaça entre les deux yeux de sa victime, il le poussa dans la salle d'eau, et l'arrosa d'un puissant Aguamenti. La force du jet était comparable à celle d'une lance à incendie. L'autre cria, puis se recroquevilla en attendant la fin de la sentence.
Une fois fini, Lloyd s'accroupit près de l'étudiant.
– Franchement, à quoi t'attendais-tu en hurlant comme un abruti ? murmura-t-il. Si tu ne sais pas tenir ta langue, tu ne feras pas long feu. Que crois-tu qu'il serait arrivé si j'étais aussi déséquilibré que ne l'était Voldemort ?
Hé ! Je préfère que l'on me traite de visionnaire emphatique.
– Un déséquilibré, répéta Lloyd avec plus de rigueur.
Harry eut l'impression qu'il ne s'adressait plus à lui. Ce qui renforça sa frayeur. Lloyd revint à lui et l'incita à répondre.
– Je... tu m'aurais tué...
Mauvaise réponse, il a oublié la séance de torture précédant le crime.
– Par un heureux hasard, continua Lloyd, je ne suis pas Voldemort l'Emphatique, mais fais attention, on ne sait jamais.
Pour appuyer ses dires, il fit glisser sa baguette sur sa gorge. Il se releva et reprit sa route comme s'il n'avait pas été interrompu. Ses camarades furent surpris de voir Harry Chow ressortir en un seul morceau.
Ta bonté te perdra.
« Je sais ».
Il se fraya un chemin entre les bagages qui jonchaient devant les grandes portes et sortit prendre un bol d'air pur.
– Mr Harshad ! Votre autorisation je vous prie.
Le directeur était devant les calèches à discuter avec le professeur Hagrid. Quand il l'aperçut, il l'accosta suspicieusement.
– Majeur et vacciné, rappela Lloyd en tendant un papier qu'il avait lui-même signé.
Il attendit une réplique, mais le professeur Flitwick le laissa passer et retourna dans son bureau précipitamment. Lloyd regarda fixement le demi-géant, qui, mal à l'aise, rentra dans le château.
Lloyd détacha un des Sombrals et le chevaucha.
– Hep, descends de là ! héla Hagrid.
–Toujours à gâcher la vie des autres celui-là, maugréa Tom. Il n'était pas parti ?
– Tu as dit quelque chose le freluquet ? s'énerva le garde-chasse.
Lloyd ne répondit pas et posa pied à terre avant que l'homme ne l'aide à obéir.
« Ne prends pas possession de mon corps ! Encore moins quand il y a des témoins ».
Oui, mais lui c'est un abruti.
Il caressa la créature et la ramena à la calèche.
– Qui as-tu vu mourir, petit ? demanda le demi-géant un peu plus doucement.
Le Serpentard bloqua. Que devait-il répondre à ça ?
Le filleul de Harry Potter, c'est moi qui lui ai planté le couteau dans le ventre. Tu crois qu'il serait satisfait de la réponse ?
« La ferme ».
Lloyd n'avait pas songé à une explication concernant sa vision des Sombrals.
– Euh... mon... j'ai assisté à un accident de voitures mortel, improvisa-t-il.
– Voitures ?
– Oui, les engins dont se servent les Moldus pour se déplacer sur des grandes distances.
Hagrid hocha la tête en fronçant les sourcils.
– Tu devais être jeune quand tu as vu ça.
– Non, pourquoi ?
Le professeur prit un air gêné en sautillant d'un pied à l'autre alors que Lloyd ne comprenait rien.
Idiot, il fait référence à ta sœur défunte !
– Oh ! Oui, enfin... non, je veux dire, je croyais que vous me disiez que j'avais vu l'accident pendant mon enfance, et...
Il sentait qu'il perdait toute sa crédibilité, et la légilimancie le confirma. Le demi-géant était très sceptique. Il laissa tomber et s'assit sur sa valise en attendant que les étudiants aient fini de déjeuner pour qu'il puisse aller dans le train en diligence.
Les premiers élèves furent des cinquièmes années de Poufsouffle. Il se contenterait de ça. Ils partagèrent l'instant qui les mena au train.
Lloyd alla directement dans le compartiment généralement abandonné. Il rangea ses affaires et s'assit confortablement. Il ferma les yeux, s'étira, et commença à méditer. Autant profiter du voyage pour s'améliorer. Il avait appris que le corps possédait deux cœurs. L'un propulsait le sang, l'autre la magie, le muscle sorcier étant bien sûr spirituel. Celui-ci fonctionnait comme un feu. Si on l'alimentait avec sa magie, la flamme s'agrandissait, et par conséquent le potentiel du sorcier aussi. C'était de cette manière que des vieux mages comme Dumbledore avaient réussi à conserver et développer leurs puissances. Logiquement, l'âge affaiblissait la plupart des sorciers.
Une personne ne pratiquant pas cet exercice ne pouvait progresser fructueusement, elle ne pouvait pas perdre sa magie si elle pratiquait, mais avait plus de chance de la voir partir en cendres à l'arrivée de la vieillesse.
Lloyd dédiait trois heures par semaine à cette activité, sous les conseils de Wito. La transe était très difficile. Néanmoins, depuis que Voldemort logeait dans son corps, sa force augmentait à une vitesse hallucinante. C'était concevable, il détenait un des mages les plus puissants en lui, et pendant qu'un des esprits était conscient, l'autre méditait continuellement. Il estimait que ses capacités auraient doublé d'ici une décennie.
Il remarqua qu'on l'appelait bruyamment. Il ouvrit enfin les yeux, imaginant que le train était incendié et qu'il fallait évacuer, ou encore qu'il fallait aider à repousser une invasion de sauterelles, mais pas que Tristan veuille simplement discuter en bon ami avec lui. Il l'incita d'un mouvement de tête à parler.
– Alors, la rumeur est vraie ? Tu sors avec Julie ? Tu l'attends ? On doit sortir ?
Lloyd pencha la tête comme un animal curieux de comprendre le mécanisme d'un engin complètement inconnu. Astrée, qui était déjà assise, pouffa à son expression.
Leur dispute n'avait pas duré plus d'un mois. Cela avait été une guerre de Serpentard, à base de trahison, dénonciation, arsenic dans le lait, enfin, les banalités des cachots en somme. Puis, au fil du temps c'était de nouveau tissé le désir de se reparler, d'abord en se criant des sortilèges, ensuite en se proférant des menaces, et finalement, après avoir consulté différents devins, Lloyd pris sur lui l'énorme fardeau de présenter des excuses plates à Astrée.
– Tu peux me dire de quoi ton frère me parle ? interrogea-t-il.
– Oh mais c'est évident voyons, de ton incroyable aventure avec Julie Fletcher. Ne me dis pas que tu n'étais pas au courant ? se moqua-t-elle.
Il les dévisagea pour distinguer une quelconque blague. Il utilisa la légilimancie pour s'assurer de ses interprétations. Il ne remarquait presque pas la présence mentale d'Astrée, par contre son frère n'exprimait que de l'amusement et de la curiosité. Ses doutes étaient donc confirmés.
– Qu'a-t-elle dit exactement ? Et puis, c'est qui cette fille ?
Le sourire qu'ils lui firent l'énerva un peu plus encore.
– C'est la fille de Julius Fletcher ! Le directeur du département de la Coopération magique internationale ! répondit Tristan. Elle n'a rien dit de vraiment choquant, c'est juste des occupations d'adolescents.
– Il y a des gamines à peine sorties de l'enfance qui promènent déjà leurs mômes en poussette, railla-t-il. Qu'a-t-elle dit ?
Il insista lourdement sur la dernière phrase.
– Juste que tu l'avais invité à rentrer dans ta chambre dans la soirée. Elle n'a pas voulu en dire plus, mais elle semblait très satisfaite.
Il leva les yeux au ciel. Ça aurait pu être pire, on ne lui avait pas inventé de fantasmes tordus, ni recouvert son corps de tatouages d'hippogriffes et de dragons.
Ils continuèrent à le charrier comme les soi-disant amis qu'ils étaient. Il n'y prêta pas plus d'intérêt que ça. En sortant du compartiment à l'arrivée à la gare, un groupe de filles gloussèrent en le croisant. Il perçut leur conversation hautement philosophique incluant sa ''baguette'' et le fait qu'il soit métis.
Complètement dépité par les ressources inépuisables de la bêtise humaine, il traversa le mur en compagnie des Trévithitch. Ils parvinrent enfin dans la ville. Il salua poliment les parents de ses amis, une femme glaciale et un homme chaleureux. Il serra la main de Tristan, Astrée lui fit signe de s'approcher en se tenant à l'écart. Son frère fit un clin d'œil suggestif avant de rentrer dans un taxi contenant un Portoloin. Il rejoignit donc son amie qui semblait distraite.
– Si tu n'étais pas avec Fletcher hier soir, où étais-tu ? Je ne t'ai pas vu.
– Tu n'es pas omnisciente. J'étais près du bar à prendre des photos de mes camarades ivres pour avoir un moyen de pression, ça te va ?
Elle jeta un regard en arrière.
– Et l'Ange Noir ?
– Pourquoi automatiquement moi ? C'est ma couleur de peau qui te fait penser ça ?
– Bien sûr que non, s'indigna-t-elle. C'est juste ton style.
– Je suis déjà implicitement surveillé pour l'affaire d'Arsène Lupin, tu crois que je vais m'amuser à attirer encore plus l'attention sur moi ? Je ne connais pas l'histoire en détail, mais battre une vingtaine d'Aurors en une soirée, c'est peut-être un peu trop pour moi.
Elle le transperça du regard.
– Et où vas-tu cette fois ?
Un passant portant sa casquette de travers vint réclamer une cigarette auprès d'eux en lui tapotant le bras. Ils le rejetèrent et il se dirigea vers un couple non loin d'eux.
– M'expliquer avec ma famille d'adoption.
– Il te faudra une semaine pour ça ?
Il lui jeta un regard ennuyé.
– Tu travailles pour le Ministère de la magie ou quoi ? Tu es encore plus envahissante qu'eux.
L'homme qui tirait sur son mégot acquis on-ne-sait-comment toussa. Astrée lui adressa un dernier regard et monta dans le taxi sans un mot de plus.
Il sourit avec contentement et se détourna. La valise dans sa poche, il marcha dans l'avenue à la recherche d'un passe-temps. Il en trouva un d'ailleurs très distrayant, et s'amusa à faire une longue ballade en ville en empruntant des chemins complexes. Il arriva à East London, et s'arrêta devant une petite maison s'emboîtant dans l'ensemble des bâtiments. Il hésita, puis, dans un soupir à fendre l'âme qui perturba presque Voldemort, il frappa à la porte.
Il attendit, se retournant pour observer les passants. La porte s'ouvrit sur un petit homme chauve que Lloyd domina de toute sa hauteur.
– Tu n'est pas à Poudlard ? Tu t'es fait virer, c'est ça ?
On aurait pu croire en lisant ces mots que c'était de l'inquiétude, la vérité était différente.
– Et toi, tu ne travailles pas ?
Et cette phrase aurait pu manifester de l'étonnement, mais sincèrement, le sous-entendu était plus cynique.
L'expression du père adoptif se tordit.
– Je ne suis pas le bienvenu ?
– Si. Si, bien sûr.
Il se décala pour le laisser rentrer. Lloyd alla directement dans la cuisine et prit une mandarine.
– René, qui est-ce ?
– Ton fils, marmonna l'homme.
Une femme entra à son tour en robe de chambre, l'air réjoui.
– Mon petit lion, tu es venu pour fêter Noël en famille, je suis si contente.
Son mari haussa un sourcil en tapotant le calendrier indiquant le premier novembre. Le Serpentard resta impassible et mordit le fruit. Il fit une grimace en constatant qu'il avait oublié de retirer l'écorce.
– Ça tombe bien que tu sois là, tu vas m'aider, grogna le Cracmol. Je dois construire un sauna pour l'avocat Santiépi. Avec ta magie on aura fini en une heure.
L'étudiant prit le temps d'éplucher et de savourer l'agrume avant de rétorquer.
– Je ne crois pas.
Le mortel serra son poing de colère.
– J'ai autre chose à faire qu'assister un égoïste. En fait, je suis venu récupérer des affaires, et accessoirement vous dire adieu.
Il se leva et sonda la rue de son regard par la fenêtre, puis alla dans sa chambre. Il poussa le lit contre le mur, grimpa dessus, ouvrit le placard situé en hauteur, et enleva le double fond. Il prit une énorme bourse regroupant toutes ses économies, et rangea le tout.
Il ne pouvait pas déposer cet argent à la banque depuis que les gobelins travaillaient en coopération avec le ministère, et en fin de compte, les astuces moldues étaient ce qui fonctionnait le mieux pour échapper à la magie.
Il enfonça son butin dans sa poche après avoir allégé le contenu, et retourna à la cuisine.
Il s'arrêta sous le cadran de la porte. Il avait toujours rêvé du moment où il pourrait partir définitivement de cette maison, mais il n'avait jamais imaginé la scène. Il présumait un moment intense d'émotion, ou chacun dirait une vérité marquante dont ils se souviendraient pour les prochaines années à venir. Néanmoins, il n'y eut rien d'autre que des regards lourds de sens. Il en fut même déçu.
Il quitta le domicile et se promena. Dès qu'il fut à l'abri des regards des Moldus, il transplana. Il apparut sur un cargo. Il était à présent dans un port au sud de la Grande-Bretagne, les marins chargeaient la nourriture pendant qu'une grue installait des conteneurs. Personne ne l'avait remarqué.
Il tourna imperceptiblement la tête et regarda derrière lui. L'homme à la cigarette était encore derrière lui. On le suivait depuis la gare. Lloyd se giflait mentalement d'avoir laissé un inconnu le toucher, il devait avoir placé un mouchard magique sur lui.
La première pensée qu'il eut fut de le semer. Cependant, cela renforcerait l'idée qu'il était le suspect idéal, et l'hypothèse des Aurors qu'il soit Arsène Lupin ne pourrait que briller au-dessus de lui comme une épée de Damoclès.
Car, oui, cet espion ne pouvait être qu'un Auror, cela se voyait dans sa manière d'agir militairement, et surtout, à son accoutrement. Les criminels de renoms ne portaient que des vêtements taillés sur mesure, leurs hommes de main s'habillaient souvent en smoking, ou pour les filatures, se couvraient de manière neutre, ni sorcier, ni moldu.
Mais les agents du ministère avait une spécificité qui leur était propre. Ils tentaient à chaque fois de s'intégrer le mieux possible à la foule, et en faisaient généralement trop. Ainsi, celui-ci était revêtu façon rock, en mettant une casquette à l'envers, des chaines bling-bling, une montre du Roi Lion, et des chaussures flashy. Un ensemble très hétéroclite en somme, qui plairait sûrement aux générations futures. Une rumeur circulait dans le banditisme, contant que le style tecktonik serait apparu par la faute d'un Auror inexpérimenté.
Lloyd délibéra sur la meilleur façon de se débarrasser de ce délateur. S'il le semait, on présumera qu'il avait des intentions illégales, et il serait inculpé de tous les actes criminels commis en son absence. S'il faisait comme si de rien n'était, et continuait sa route vers le Brésil, il risquait l'emprisonnement pour le non-respect des règles internationales, il lui fallait un passeport, et il n'avait pas le temps. Et s'il l'attaquait, il serait coupable, les experts reconnaitraient une trace magique, et il serait immédiatement accusé. À moins que l'agression ne soit moldue, et ne vienne pas de lui.
Lloyd ne pouvait pas provoquer une altercation, cela serait trop douteux. Il ne lui restait plus qu'à aller en Amérique Latine avant que le Portoloin ne s'active sans lui. Il expédiera l'indésirable sur place, pour le coup, ce sera très facile.
Il alla dans le pont inférieur, des camionnettes y étaient entreposées. Il en chercha une en se référant à la plaque d'immatriculation. Il l'ouvrit d'un Alohomora. Le véhicule était vide, il ne contenait qu'un paquet de chewing-gum. Il s'enferma dedans, en profita pour se changer et détecter où se trouvait le traceur. Il s'assit en tenant la boite de confiseries, et attendit.
Il eut la sensation habituelle d'un crochet le prenant au nombril. Il se posa dans une autre camionnette, au Brésil. Wito et ses contacts étaient extrêmement minutieux.
Sachant que l'Auror avait dû inéluctablement suivre son voyage grâce au mouchard. Il sortit du véhicule calmement. Ce n'était plus qu'une question de timing à présent. Étant en irrégularité, l'espion allait essayer de l'arrêter. Il fallait juste qu'il ne lui en laisse pas le temps.
Il descendit directement dans une rue en pente. Les habitations avaient été fabriquées avec les moyen du bord. Des poteaux électriques reliaient les immeubles du quartier, donnant l'impression qu'une toile d'araignée les privait du ciel.
– O que você está fazendo aqui fora ? Você só insulto aos pobres ?
Lloyd jeta un coup d'œil à l'Auror. Il était entouré de traîne-misère malveillants, ses vêtements étaient beaucoup moins discrets dans un bidonville qu'à Londres. L'agent se débattit sous le regard des passants qui ne firent aucun mouvement pour lui venir en aide. Il allait sortir sa baguette magique quand un des soldats de la misère abattit une brique sur son crâne.
L'Auror perdant connaissance, le sort de traçage n'était plus actif.
Le Serpentard ne s'attarda pas dans le quartier, il pouvait très bien être la prochaine cible des gangsters.
Désormais libéré du poids du ministère, il put enfin accélérer la cadence. Il emprunta plusieurs ruelles délabrées, et dès qu'il put, se transforma à l'aide de sa baguette en faucon émerillon.
Il explora aussitôt le ciel en direction de l'Amazonie. Son expédition commençait réellement.
Lloyd se passa de l'eau sur le visage. Il était dans une petite embarcation, traversant l'Amazone à la recherche de l'entrée de la fameuse cité d'or dont il voulait connaître les secrets. D'après ses investigations, il aurait déjà dû croiser le seuil de la civilisation perdue. Il remontait pour la troisième fois le cours d'eau dans l'espoir de découvrir un indice.
Il souffla en scrutant le fleuve. Il hésitait à plonger pour fouiller les fonds du flot, qui, il en était sûr, détenaient la clé du savoir. Le problème était que, comme tout accès à une aire magique puissante, les protections étaient sophistiquées et funestes. Il se doutait que les piranhas faisaient partie des gardiens, mais le reste lui était totalement inconnu.
Une onde anormale l'intrigua. Il se pencha un peu plus pour en examiner la cause.
Attention !
Il eut à peine le temps de rejeter sa tête en arrière qu'une main aux griffes tranchantes se refermait là où se trouvait son cou un instant plus tôt. Un homme étrange suivit le bras en sortant de l'eau. Il semblait ne faire qu'un avec l'élément.
La créature avait un pouvoir d'attraction stupéfiant, elle était très belle. Elle avait le physique des vampires, une silhouette fine et allongée, sa peau claire était légèrement teintée de bleu, et ses oreille étaient pointues.
Debout sur l'eau, l'individu lui fit un sourire aimable, et réattaqua. Il fonça droit sur Lloyd. Celui-ci l'évita en se tordant techniquement sur la barque pour l'éviter. Cela ne suffit pas, la créature contrôlait vraisemblablement l'eau, un jet s'éleva du fleuve et le frappa dans le dos.
Les courants perdirent toute logique et se mirent à tournoyer, faisant chavirer le bateau.
– Yopuh w'ymtu!
Les ailes se matérialisèrent hâtivement dans le dos de Lloyd et il s'envola avant de toucher l'eau. Il se posa sur une branche solide au-dessus du courant en cherchant son adversaire. Ce dernier l'observait, la moitié de son corps fondu dans le fleuve.
– Magie elfique, constata-t-il. Pas mal pour un humain.
Il disparut complètement, fusionnant avec son élément. Lloyd dégaina sa baguette, les sens aux aguets.
Ne reste pas statique !
Un torrent défiant la loi de la gravité le prit par surprise en s'élevant vers lui. Il fut sonné sous le choc et chuta dans la rivière.
Sachant qu'il n'aurait plus aucune chance s'il plongeait, il changea d'un sort le liquide en solide. Il retomba lourdement, mais toujours vivant.
La glace se brisa au même moment qu'un typhon prenait forme, l'entraînant dans le fond du lac. Lloyd s'étala sur le sol boueux, l'eau se contractant comme un étau autour de lui, comme s'il était au fond d'un puits.
Au milieu de cet enfer bleu, un rire s'éclaircit, et la chimère inconnue réapparut en sortant du mur d'eau. Il y eut un flash, puis elle relâcha son emprise sur les flots. Lloyd eut juste le temps de transplaner avant que ne soit engloutie la parcelle de terre.
Il atterrit sur la rive.
« Mais bordel, qu'est-ce que c'est que ce machin ? »
Un nixe, ignorant ! Une créature ne faisant qu'un avec l'élément de l'eau.
« Tu ne me donnes qu'un nom, renseigne-moi sur leur faiblesse, tu seras plus utile. »
Les nixes sont moins dangereuses à l'écart de l'eau, c'est évident.
Lloyd coupa leur discussion mentale et esquiva un jet en roulant sur le sol. Il s'apprêta à lancer l'Avada Kedavra.
– Assez.
Le fleuve se calma et retrouva son activité naturelle. Le nixe glissa sur l'eau et posa pied à terre, il ne semblait même pas essoufflé.
– Sache que tu viens de passer la première épreuve, et tu as réussi.
Lloyd fronça les sourcils, très sceptique.
– C'est un test pour accéder à la cité d'or ?
L'autre pouffa de sa bêtise.
– Non, disons que tu viens simplement de passer un examen d'embauche.
Il fit une petite pause exaspérante.
– Mon employeur, Mr Bennino, aimerait beaucoup que tu mettes tes dons à son service.
– Et en quoi mes dons lui seraient utiles une fois noyé ? répliqua le garçon.
– Voyons, nous cherchons toujours à savoir si la recrue est au niveau qu'elle prétend. De plus, l'Ange Noir a largement fait parler de lui ces derniers temps. Nous pensions que tu pourrais être l'invité surprise de notre prochaine réunion.
– Comment savez-vous ? Et comment vous m'avez retrouvé ?
L'autre se tritura la pointe de son oreille d'un air distrait.
– Ta magie est repérable pour certaines créatures. Après avoir lu dans le journal ton acte d'éclat, nous avons décidé de te rechercher. Nous avons envoyé des Fureteurs analyser ta magie, et leur traque m'a conduit jusqu'ici. Ne t'en fais pas pour les ministères, officiellement, les Fureteurs sont une espèce disparue depuis un siècle. Ils pensent qu'ils ont été exterminés durant la Première Guerre mondiale.
La première pensée de Lloyd fut qu'il n'avait pas affaire avec n'importe qui. Un excellent combattant, des créatures rares, et un réseau permettant de le tracer sans qu'il ne s'en aperçoive, il ne savait pas ce qu'on lui voulait, mais il allait devoir être très prudent.
Brave garçon. Tu as enfin appris le respect des êtres supérieurs. Peut-être serait-il temps que tu me laisses agir en grand seigneur.
« La ferme ! »
– Et quelles sont vos attentes ? demanda Lloyd.
– Que tu viennes passer une autre épreuve dans notre manoir, et travailler pour Mr Bennino si tu réussis.
– Et vous croyez vraiment que je vais perdre mon temps avec vous alors que j'ai mes propres projets ? répliqua cyniquement le Serpentard.
– Oh, oui, regarde.
Il sortit d'une de ses poches un appareil photo.
– Tu croyais que le flash n'était là que pour t'aveugler ? J'ai sur cet ingénieux engin une photo de toi à visage découvert et les ailes sorties. À mon avis, les agences de presses se l'arracheront.
IMBÉCILE ! Tue-moi ce type ! Endoloris ! Avada Kedavra !
Il se massa la tête. Mais pourquoi avait-il accepté de loger un psychopathe ?
Il avait encore son poignard. Il allait devoir agir.
– Bien sûr, je ne suis désormais plus le seul à posséder cette image compromettante. Tous mes collègues pourront t'afficher entre le poster de Tony Montana et de Fernandel, rajouta le nixe.
Coincé. Accepte maintenant. Nous leur ferons regretter plus tard. S'ils révèlent ton identité, je ne pourrai plus faire mon coup d'état surprise.
« Je me passerais de tes commentaires ».
– Très bien. Qu'est-ce que je dois faire ?
La créature magique eut un sourire satisfait et lui tendit un papier.
– Rends-toi à ce lieu, ce soir à vingt heures, heure locale.
Lloyd lut avec consternation: Museo della Cattedrale, Chiusi, Italie.
– Et comment je fais pour y être à temps ? Avec le décalage, il ne me reste qu'une heure pour traverser un océan.
– Ce n'est pas mon problème. Et pour ton propre bien, il vaudrait mieux que tu sois présent.
Le nixe plongea dans l'eau, et disparut complètement.
Lloyd enflamma un arbre de rage. Il n'avait pas pas beaucoup d'options. Sa liberté était en jeu, il devait faire le clown pour un inconnu, et avait subi une nouvelle défaite.
Il ne lui restait plus qu'à faire le tour du monde en transplanant vers l'Ouest pour ne pas être désavantagé par le décalage horaire. Cependant, il allait avoir de sérieux problèmes avec les ministères s'ils le repéraient.
Il commença à mettre au point un plan pour pouvoir vivre dans la clandestinité. Il ne devrait ainsi plus rien au monde. Le problème était que l'organisation de ce Bennino pouvait le retrouver sans problème. Il devait réellement obéir pour une fois.
Mais le transplanage, en plus de le faire remarquer par les autorités, allait l'épuiser, et il ne survivrait certainement pas à un autre ''examen d'embauche'' après un tel voyage.
Ses yeux scintillèrent et devinrent rougeâtre.
Amateur, laisse-moi te montrer comment l'on agit lorsqu'on est un Seigneur des Ténèbres.
