Titre: L'affaire des douze Jacks 5/9
Beta : Black59
Fandom : Torchwood/Réalités Alternatives.
Personnages, couples: Jack/Ianto, Jim/Ifan, Owen/Tosh, Martha, Liza, Mickey, Rose, Jackie et bien sûr le Maître.
Les douze Jacks qui sont en réalité quatorze : Jack Harkness, Jay Aldrin, Jim, Jill, Jeff, John, Jeffrey, Jethro etc…
Rating: NC-17
Résumé: Au Moyen Age sans le vouloir une petite congrégation de moines déjoue sans le savoir les plans du Maître en libérant les douze alter egos de jack. Les petits malins se font passer pour des anges et se préparent pour affronter le Maître.
Jim est une autre version de Jack, dont nous ne feront qu'effleurer la tragique histoire. C'est dans son univers que tout se passe.
Warnings éventuels : Prévoir l'aspirine ou tout autre succédané. Âmes sensibles : prévoir les kleenex ! Mention de torture, de violences domestiques et de viol. (Toujours rien d'explicite)
Disclaimer: évidement, comme toujours ces personnages ne m'appartiennent pas mais appartiennent à la BBC et à RTD
…..
Jim s'était réveillé au milieu d'un champ de bataille, les autres étaient tous morts. Quelque part le Tardis l'appelait. Il avait couru, il y avait urgence, ils allaient partir sans lui. Lorsqu'il était arrivé dans la salle de contrôle le vaisseau était toujours là, mais sa porte était restée fermée. Jim avait bien essayé. La serrure était bloquée. Il avait tambouriné en pure perte. Il avait appelé. Il avait supplié.
Dans un hurlement inhumain le Tardis avait disparu sous ses yeux.
Jim s'était effondré le cœur comme arraché. Pour la première fois de sa vie, il avait été heureux. Pour la première fois de sa vie, il avait eu ce qui ressemblait à une famille.
Jim ne se faisait pas d'illusion le Docteur l'avait abandonné en connaissance de cause. Il avait même du batailler contre le Tardis pour le faire.
Lorsque Jim était reparti dans le passé, c'était pour retrouver Rose.
La vie n'avait pas été tendre avec lui. Orphelin à quatre ans sur une planète en guerre. Enfant soldat à huit ans. Il avait été tiré de cet enfer à l'âge de 16 ans par un agent temporel qui l'avait confié aux services sociaux de Tel'maran.
On lui avait fait subir un programme de réhabilitation draconien. C'était un garçon brillant vite repéré par l'Agence. Jim était entré à l'Académie à l'âge de vingt ans et en était ressorti coordinateur de brigade.
Le coordinateur dans une brigade d'intervention temporelle était celui qui servait de relais télépathique. Ça impliquait d'être capable de pouvoir maintenir un lien télépathique privilégié avec plusieurs personnes et de pouvoir servir de relais entre eux. Jim était très bon, d'autant qu'il avait une facilité pour les langues et pouvait faire de la traduction instantanée pour ses coéquipiers.
Son arrivée sur Terre avait été rude. Non seulement, il était arrivé un siècle et des poussières beaucoup trop tôt, mais il était directement tombé entre les mains de Torchwood. Ça n'avait pas été le coup de foudre. C'est entre leurs mains que Jim avait découvert son immortalité.
Il avait fallu du temps à l'Institut pour accepter l'idée qu'il n'arriverait pas à se débarrasser de lui. D'autant que Jim refusait de leur fournir le moindre début d'explication sensée.
Torchwood avait finalement fait le tour des moyens éventuels de l'éliminer. Les médecins de l'Institut s'étaient lassés de le disséquer dans le seul but de comprendre comment la régénération marchait.
Toujours pragmatique l'Institut l'avait recyclé. Puisque Jim était indestructible, il serait leur kamikaze, celui que l'on enverrait sur les missions suicides.
Évidement, la question était comment s'assurer de sa loyauté, comment le tenir en laisse. Jim avait un point faible : il avait bon cœur.
Torchwood s'était donc toujours assuré d'avoir un otage, avant d'envoyer Jim en mission.
C'est dans les années 70 qu'Alex Hopkins était devenu le médecin de l'Unité de Cardiff. A cette époque là, Jim s'était un peu résigné. Il faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Ce qui lui valait un peu plus d'autonomie et de jouir d'une semi liberté.
Alex, comme tous les médecins de Torchwood avant lui, était évidement curieux de ses capacités, de leurs origines et leur fonctionnement. Mais contrairement aux autres, Alex n'avait jamais forcé Jim à se soumettre au moindre examen sans en avoir préalablement parlé avec lui. Et de plus, son premier souci était de faire en sorte d'éviter toute forme de souffrance à Jim. Il avait ainsi découvert que le système de cryogénisation Teclan fonctionnait très bien sur lui, et que cela pouvait permettre beaucoup de manipulations.
Jim aimait bien Alex, il avait dû lui faire un peu de rentre dedans au début. Jim n'en revenait pas qu'un homme aussi instruit qu'Alex, un médecin puisse partager ce type de préjugé. Mais Jim était du genre patient et il avait fini par séduire le médecin. Jim aimait bien Alex, mais il aimait bien tous ceux qui ne lui voulaient pas de mal. Alex, lui, avait un peu tendance à considérer que Jim lui appartenait.
Lorsque dans les années 80 Annabelle avait rejoint Torchwood contrainte et forcée, la jalousie d'Alex était devenue maladive. Bien sûr que Jim n'était pas insensible au charme d'Annabelle et qu'il passait de plus en plus de temps avec elle. Cependant lorsque le Directeur Whitman avait passé l'arme à gauche, c'était Alex que Jim avait aidé à prendre sa place. Si Jim n'avait pas procédé à quelques petites manipulations de fichier, Alex ne serait jamais devenu directeur de Torchwood 3.
Jim aimait bien Alex et il avait confiance en lui. Il ne l'aimait pas comme il avait aimé le Doc, bien sûr. Il ne lui faisait pas confiance, comme il avait fait confiance au Doc, mais pas loin. Le Docteur s'était contenté de l'abandonner au milieu de nulle part, sans aucune explication. Avec Alex, il y aurait des explications.
Moins de trois semaines après la prise de fonction du médecin à la tête de l'Unité de Cardiff, Annabelle Granger disparaissait sur le terrain. Une intervention qui n'aurait jamais du être confiée à quelqu'un avec si peu d'expérience. C'était arrivé alors que Jim avait lui été envoyé à Glasgow pour une intervention mineure. Jim ne voulait pas croire qu'Alex pouvait envoyer délibérément quelqu'un à la mort.
Il n'empêche que cela avait méchamment refroidi Jim à l'égard d'Alex. Alex, lui en revanche se faisait de plus en plus pressant. Jim s'était d'abord contenté de l'ignorer et de prendre ses distances. Alex avait insisté, s'était fait menaçant et même violent.
Jim n'était pas du genre violent. Il était d'une rare efficacité sur le terrain mais absolument incapable de la moindre violence domestique.
Ce n'était pas le cas d'Alex.
Alex l'avait frappé, Alex lui avait fait mal délibérément. Alex l'avait violé. Le cœur de Jim en avait été déchiré.
Jim avait ravalé son chagrin. Face à Alex, il n'avait opposé qu'une résignation silencieuse. Ce qui n'avait fait que renforcer la colère du médecin qui refusait d'être ainsi ignoré.
Jim s'était vu accusé injustement de la responsabilité de la mort d'un de ses coéquipiers et retrouvé confiné dans sa cellule. Alex venait lui rendre visite. Souvent. Jim serrait les dents et attendait que ça se passe. Il ne voulait pas donner à Alex la satisfaction de le voir pleurer ou même de se défendre. Jim se contentait de l'ignorer. Jim ne voulait pas s'abaisser à son niveau.
Cette tactique ne fit qu'attiser encore plus la fureur d'Alex qui fini par tourner à la folie. Les choses allèrent de mal en pis pour Jim.
À quelques centaines de mètres de là, des anges assistaient à tout cela, impuissant.
« Ça va mal finir »
« Ben, moi qui me croyait à plaindre… »
« Yep, je crois vraiment que celui-là est le plus mal chanceux d'entre nous »
« On dirait qu'il les attire… »
« J'ai déjà entendu ça quelque part, moi »
« Non, mais vraiment ? »
« T'as pas tort, faut avouer… »
Dans le sous-sol de leur Abbaye, nos anges avaient installé leur propre quartier général. Un sanctuaire où aucun moine ne pouvait mettre les pieds. Ils avaient assemblé là, du matériel recraché par la faille et récupéré au court des siècles. Ils avaient ainsi piraté tous les moyens de communications actuelles et pouvaient, de leur bastion, savoir ce qui se passait partout dans le monde.
Il n'était pas question qu'ils ratent l'arrivée du Maître.
Si de l'extérieur cette Abbaye ressemblait à n'importe quelle autre complexe de ce genre, l'intérieur réservait quelque surprises. Totalement fermée sur ses quatre côtés, il fallait franchir la petite porte qui s'ouvrait dans une des larges doubles portes qui en interdisaient l'accès.
On accédait ainsi à la conciergerie sur laquelle ouvrait le parloir. Les éventuels visiteurs n'avaient pas la possibilité d'aller plus loin. Le médecin lui avait le privilège de pouvoir accéder à l'infirmerie attenante. Ce qui lui permettait de jeter un coup d'œil au passage sur le splendide cloître.
La conciergerie, le parloir, l'infirmerie suivis d'une salle de travail fermaient un des quatre côtés. La chapelle, la salle de conseil constituaient les éléments principaux de l'autre aile de l'entrée. Le réfectoire et les cuisines faisaient face à l'entrée. Le dernier côté visible depuis l'entrée abritait le scriptorium et les autres salles de travail et d'archivage. Les cellules individuelles des moines se trouvaient à l'étage. La congrégation de St Bernard attirait beaucoup de vocation, cent vingt quatre moines vivaient ici.
Seuls quelques rares privilégiés avaient accès au deuxième cloître caché par le bâtiment de travail. Le Cloître des Anges. Privilégiés choisis pour leur érudition, leur esprit qui devait être vif et curieux. Si à cela le jeune moine ajoutait une bonne figure, ce n'était que mieux.
Le révérend père Alfred avait été un de ces privilégiés et sa façon de voir le rôle de leur congrégation en avait été bouleversé. Les Anges étaient coquins, facétieux et très joueurs. Mais si le malin venait à se manifester à leur porte, ils avaient tôt fait de redevenir sérieux et de prendre les armes. En fait ça faisait belle lurette qu'Alfred gardait ce genre de discours pour les novices. Jill, Jay et compagnie n'étaient probablement pas des anges, loin s'en faut, mais ils n'en étaient pas moins une bénédiction pour cette ville bâtie sur une brèche spatiotemporelle.
Le Cloître des Anges était organisé comme un avant goût du paradis. L'aile qui faisait face aux salles de travail abritait leur douze cellules qui, quoiqu'individuelles, étaient vastes et accueillaient toutes un lit double. Ce détail pouvait surprendre d'autant que les anges dormaient fort peu.
Sur l'aile droite se trouvait leur propre salle de travail et de lecture, en face se trouvait les bains. Bains chaud, bain froid, étuve et salle de massage, il y avait aussi une imposante salle d'exercices.
Les anges étaient dotés une énergie inépuisable, il fallait bien qu'ils la dépensent.
Les anges partageaient en toute simplicité le repas des moines au réfectoire. C'était généralement là qu'ils repéraient ceux qui seraient invités à les servir.
A suivre…
