Titre: L'affaire des douze Jacks 6/9
Beta : Black59
Fandom : Torchwood/Réalités Alternatives.
Personnages, couples: Jack/Ianto, Jim/Ifan, Owen/Tosh, Martha, Liza, Mickey, Rose, Jackie et bien sûr le Maître.
Les douze Jacks qui sont en réalité quatorze : Jack Harkness, Jay Aldrin, Jim, Jill, Jeff, John, Jeffrey, Jethro etc…
Rating: NC-17
Résumé: Cela fait maintenant 20 ans qu'Alex Granger dirige Torchwood 3. Au sein même de l'unité de Cardiff. Plus personne ne connait l'histoire de Jim, il y a bien une créature sans nom, enfermée dans une cellule du troisième sous-sol, mais ce n'est qu'un morceau de viande inerte.
Warnings éventuels : Attention mention de violences domestiques et de tortures. Âmes sensibles : prévoir les kleenex !
Disclaimer: évidement, comme toujours ces personnages ne m'appartiennent pas mais appartiennent à la BBC et à RTD
…..
Cela faisait 18 mois qu'Ifan était le secrétaire particulier du Directeur de Torchwood 3. Particulier, c'était le cas de le dire. Son souffre douleur aurait été plus approprié. Dans toute l'acceptation de l'expression.
C'est par son père qu'Ifan avait obtenu ce poste.
Winston, le père d'Ifan, était une sale brute en fauteuil roulant. L'un n'empêchant pas l'autre. Il avait eu un accident de voiture. Sa femme était morte. Il en avait rejeté une fois pour toute la responsabilité sur Ifan. C'était sa faute puisque c'était à cause de lui que Marion et Winston se disputaient. Les deux grammes d'alcool dans le sang de Winston n'étaient que pure coïncidence, certainement pas une cause.
Ifan avait huit ans lors de l'accident.
Winston n'était pas un rigolo, il menait son fils à la baguette. Une vraie baguette en jonc bien souple. Si Winston était en fauteuil roulant, c'était la faute du gamin. Il était donc du devoir d'Ifan de veiller à son confort. Winston avait les moyen de se payer une aide à domicile, mais pourquoi faire entrer un étranger chez lui quand il avait un fils.
Ifan était un bon garçon qui faisait de son mieux pour satisfaire aux exigences de son père. Il n'était pas vraiment sûr d'être responsable de cet accident, mais son père était handicapé et il souffrait. Il tenait donc la maison, ménage, cuisine, lessive, repassage, les courses, mais aussi les soins et la toilette de son père. Ça faisait déjà de rudes journées, mais il y avait aussi l'école.
Il ne fallait surtout pas oublier l'école parce qu'il n'était absolument pas question qu'il fasse honte à son père. Winston ne cessait de le lui rappeler sur tous les tons. Ifan était un bon élève. Il était même très doué et ses professeurs avaient été très surpris qu'il interrompe ses études.
Winston avait d'autre projet pour son fils.
Ifan était rentré de sa première journée de travail en retenant ses larmes. Honteux, il avait avoué à son père que son nouveau patron l'avait violé.
« C'est que tu lui plais. C'est une bonne chose. Ça te facilitera la tâche.» Avait dit son père.
Ifan avait ravalé ses larmes et avait été se doucher.
Ça faisait 18 mois. 18 mois qu'il supportait tout. Tête baissée, serrant les dents, soumis jusqu'à l'écœurement de ses collègues qui n'étaient pas dupes. Le patron était un grand malade et faisait régner la terreur.
« Ifan, je m'absente avec Karl. Veille à ce que la viande soit prête à être découpée à mon retour » Avait lancé Alex en traversant l'aire centrale.
Ifan était dans la kitchenette en train de préparer le thé.
« Tu préviendras aussi ton père que tu ne rentreras pas ce soir, j'aurais besoin de toi ! »
« Bien Monsieur » Avait répondu sans sourciller Ifan.
Il avait suivi du regard Karl et Alex jusqu'à la porte. Il avait surpris au passage le regard compatissant de Carys. Il avait esquissé un léger sourire qui se voulait rassurant. Puis il avait mélangé au thé le flacon de sédatif qu'il avait emmené le matin.
30 minutes plus tard, toute la base était plongée dans un profond sommeil.
Ifan avait ramassé au passage dans le vestiaire des vêtements de rechange pour retrouver la viande.
D'après son père et Alex, c'était une créature qui avait du être élaborée en laboratoire en vu de servir de donneur universel. On coupait : ça repoussait.
« Mais n'est-ce pas un être vivant ? » S'était inquiété Ifan.
« Les plantes aussi, si tu vas par là » Avait répondu Alex.
La viande était dénuée de toutes réactions et ne répondait qu'à des ordres très simples : lève le bras, écarte les jambes, marche… Mais, si vous lui ordonniez de s'assoir, mieux valait vérifier qu'il était bien en face d'une chaise. Il n'esquissait jamais le moindre mouvement de sa propre volonté. Ses immenses yeux bleus étaient vides, le regard perdu dans le néant.
« Salut beauté, on va faire un tour, aujourd'hui » Avait lancé Ifan en entrant dans la pièce où la pauvre créature était enchaînée à une table.
Ifan avait d'abord libéré les deux chevilles qui étaient chacune attachées à un pied de la table.
« Rapproche tes jambes que je puisse t'enfiler ce jogging » Avait dit Ifan en lui tapotant légèrement le dos des cuisses.
Il ne pouvait se résoudre à traiter cette pauvre chose comme un objet. Il savait bien que faire des phrases ne servait à rien.
Une fois le pantalon et les baskets enfilés, Ifan avait fait le tour de la table pour libérer les poignets qui étaient attachés de l'autre côté aux deux autres pieds.
« Voilà debout, maintenant. On va enfiler le sweat gentiment, d'abord la tête, voilà, le bras et puis l'autre… »
L'espace d'une seconde, Ifan avait cru apercevoir une étincelle dans le regard bleu. Juste l'espace d'une seconde. Ce n'était pas la première fois. C'était déjà arrivé alors qu'il lui faisait sa toilette ou qu'il le préparait pour le bloc. Tu te fais des idées mon pauvre Ifan s'était-il dit, et c'est vraiment pas le moment.
« Allez viens beauté, marche, on va aller prendre l'air, ça te fera du bien »
….
Pas très loin de là…
*Eh, les gars ! Il se passe quelque chose*
*Et quoi donc ?*
*Ben je crois que le môme est train de voler Jim*
*Pardon ? Voler ?*
*Yep ! Ça en a tout l'air en tous les cas*
…
C'est quand Ifan avait voulu le faire entrer dans le 4X4 que les choses s'étaient compliquées. S'il avait voulu le faire assoir sur le siège passager ça aurait été simple, mais il n'était pas question que qui que ce soit le voit quitter le parking avec la viande. Il avait donc voulu le faire assoir par terre entre le dit siège et le tableau de bord. Il l'avait donc fait assoir sur le sol du véhicule puis avait lui-même rentré les jambes.
« Fais un petit effort, pousses-toi un peu plus au fond. Je veux pas te faire mal, hein, soit un peu coopératif… »
Ifan savait bien qu'espérer la moindre coopération était peine perdue. De toute façon, il ne s'agissait pour lui que d'un changement de propriétaire. Il ne serait pas mieux traiter là où il allait.
Alors qu'Ifan allait se résoudre à pousser en force, l'homme s'était de lui-même recroquevillé dans l'espace réduit. Ifan avait cherché dans le regard bleu mais n'y avait trouvé que le néant.
Ifan avait pris le volant et ils avaient rapidement quitté le parking souterrain croisant à la sortie, Fred, un des tueurs qui rentrait de mission. Ifan l'avait salué et avait filé droit comme si de rien n'était. Il n'avait que peu de temps pour retrouver les hommes de son père.
Ifan avait cherché un endroit un peu à l'écart sous un pont de chemin de fer pour s'arrêter. Il lui fallait appeler pour demander où se trouvait le point de rendez-vous. Quand Ifan avait voulu attraper son portable, il avait trouvé le regard bleu posé sur lui. C'était un regard perdu et triste, un regard d'enfant. Ifan avait éteint son portable.
« Qu'est-ce qu'il y a beauté ? Tu veux me dire quelque chose ? » Avait demandé Ifan avec un nœud dans la gorge.
Il ne savait s'il espérait une réponse ou pas, mais ce qu'il savait pour sûr c'est que, maintenant, il ne pourrait plus livrer cet homme à ses commanditaires. Il y avait bien quelqu'un derrière ses yeux là. Quelqu'un de terriblement endommagé, probablement, mais quelqu'un tout de même.
Il était un homme mort.
« Allez viens on se tire »
Pendant trois jours, Ifan et Jim avaient joué à cache-cache avec les tueurs de Torchwood dans les égouts de Cardiff.
Le premier jour, Ifan avait traîné un poids mort. L'homme trébuchait sur le moindre obstacle et Ifan était obligé de le tirer pour qu'il avance. Finalement, épuisé, découragé, Ifan s'était laissé glisser contre une paroi et avait décrété une pause. Il avait dû s'assoupir parce qu'il s'était réveillé nez à nez avec le canon de l'arme de Fred.
« Ça va être ta fête » Avait grimacé le tueur amusé.
Les deux tueurs avaient commis l'erreur d'ignorer Jim qui était sagement assis par terre, face à Ifan, les yeux clos. Ifan n'avait même pas eu le temps de réaliser qui était le deuxième homme, que les deux tueurs gisaient inconscients, à terre.
« Okay, pas mal pour un morceau de viande inerte… » Avait dit Ifan.
L'homme accroupi à côté de Karl avait levé des yeux chargés d'incompréhension.
« Vaut peut-être mieux ne pas traîner ici » Avait dit Ifan.
L'homme s'était relevé et avait attendu qu'Ifan donne le signal du départ.
Au soir du troisième jour, l'homme avait eu raison des six tueurs de Cardiff, mais n'avait toujours pas prononcé le moindre mot. Cependant, il avait clairement retrouvé réflexe et agilité. Son esprit était lui aussi alerte.
Ifan avait, lui, de plus en plus de mal, à se tenir sur ses jambes. Sans les injections massives d'antibiotiques que lui faisait journalièrement Alex, l'infection avait repris le dessus. La promenade dans les égouts n'arrangeait rien. La faim et la soif non plus.
Ifan s'était réveillé dans un lit propre et chaud.
« La plaie est nécrosée, et une amputation ne peut être envisagé » Avait dit la voix d'une vieille femme dans la pièce d'à côté.
« Une greffe ? »
« Pas dans ces circonstances, Jim. De toute façon ce garçon n'est qu'une plaie, je ne sais pas où tu l'as trouvé »
« C'est pas moi qui l'ai trouvé, c'est lui… »
A suivre…
