Merci pour les personnes qui m'ont laissée une review et qui m'ont mise dans leur favoris et même en alerte.

Bonne lecture!

Chapitre 32

Après le procès, nous allâmes fêter la bonne nouvelle au restaurant.

J'en profitai pour leur raconter ma première semaine de cours, rassurant ainsi les parents. Emmett, Jasper et Edward firent tout pour me faire rire en racontant des choses que je n'avais pas assistées. Ainsi les garçons imitèrent leurs professeurs et même nous les filles quand nous étions en colère. Rose avait donné un coup dans la nuque de mon grand-frère, quant à Bella et moi, nous avions fait semblant de nous offenser.

Le lendemain matin, Emmett et Rose partirent à Seattle, les parents à Forks et Edward avec Bella à leur appart' sur la côte Nord-Est. Quant à Jasper et moi, nous réglions l'hôtel avant de rentrer chez nous, à Dartmouth.

Nous avions loupé deux jours de cours jusque là, donc nous espérions ne pas rater celui de jeudi, c'est-à-dire demain. Je savais que je pourrais compter sur Kate et Jasper sur Riley et Jack pour rattraper les cours.

Nous étions tous partis très tôt, vers les 8 heures. Mon grand-frère et ma confidente car ils avaient cours et n'étant pas loin (pas plus de 1h de route) ils préféraient ne pas louper leurs cours de la journée. Quant à mes parents, Edward et ma meilleure amie, ils voulaient rentrer rapidement pour pouvoir reprendre leur travail pour les premiers, et à cause des 23 heures de route pour les seconds. Nous étions tous venus en voiture à Tacoma, du coup les trajets étaient plus long que si nous étions venus en avion, c'est pourquoi nous partions tôt de Tacoma.

Je laissai conduire Jasper les deux premières heures avant de prendre le relais. J'en profitai pour continuer ma nuit. Je m'étais assoupie dès que Jasper avait mis en route le moteur.

Avant que je ne prenne le relais, nous nous arrêtâmes à une aire de repos pour aller aux toilettes et s'acheter à manger pour midi car nous n'avions rien pris en nourriture avant de partir.

Nous arrivâmes à Dartmouth jeudi entre 10 et 11 heures du matin donc nous n'irions pas en cours aujourd'hui. Pour ma part, j'étais beaucoup trop fatiguée entre le procès et le trajet qui avait duré près de 23 heures avec les pauses effectuées que ce soit pour se ravitailler ou aller aux toilettes.

Je m'affalai dans mon lit et m'endormis immédiatement.

C'est pourquoi je ne me rendis pas compte que Jasper n'était pas monté avec moi.

POV Jasper:

Nous venions d'arriver après près de 23 heures de route. J'avais bien cru que nous n'arriverions jamais à destination entre les bouchons et les pauses que nous avions faites toutes les deux heures pour se relayer et se ravitailler. Sofia ne voulait pas que je conduise plus de deux heures d'affiler, ayant trop peur d'avoir un accident de voiture par faute d'inattention. Je n'ai pas encore compris pourquoi elle avait aussi peur des accidents de voiture. Ça ressemblait à une phobie. C'était même pas pour dire qu'elle avait un peu peur parce que j'allais trop vite ou que je conduisais vraiment mal. Non! Pas du tout! A chaque fois que quelqu'un prenait sa voiture le soir ou quand la circulation était très dense, elle disait toujours « fait attention » ou « sois prudent ». Il faudrait que je me renseigne mais en douceur et pas dans l'immédiat. Pas après ce qu'elle venait de vivre.

Enfin bon, là je supposais qu'elle venait de monter à l'appartement car, étant plongé dans mes pensées, je ne m'étais pas rendu compte tout de suite qu'elle n'était plus à mes côtés.

Je m'apprêtais donc à la rejoindre quand une voix qui m'était familière m'interpella:

- Jasper?

Je me retournais et là, stupeur:

- Maria?

- Oui, c'est moi.

- Comment tu m'as reconnu? Enfin, je veux dire, nous étions tout petits quand nous nous sommes perdus de vue donc...

- Grâce à tes cheveux couleur blé et ondulés. Et toi, comment tu as fait?

- Bah, je ne peux pas dire ta voix puisque ça fait plus de 10 ans qu'on ne s'est plus vus donc elle a changé, mais tes cheveux sont toujours du même noir et tes yeux aussi! Expliquai-je. Mais dis-moi. Qu'est-ce que tu fais ici?

- J'étudie ici, en Littérature.

- Ah! Comme Sofia!

- Sofia?

- Oui. Ma copine.

- Depuis longtemps?

- Ça va faire deux mois. Ça te dit de venir boire un coup chez moi? Proposai-je.

- Oui, pourquoi pas! On pourrait rattraper le temps passé comme ça.

C'est ainsi qu'on passa toute l'après-midi à parler de tout et de rien, et à rigoler comme nous en avions l'habitude quand nous étions en maternelle et en primaire, avant qu'elle ne déménage suite à la mutation de son père dans un autre État des États-Unis.

Elle resta déjeuner avec moi.

Elle partit vers 16 heures après avoir échangé nos numéros de téléphone et s'être promis de nous revoir.

Sofia se réveilla une heure après.

J'avais eu le temps de prendre une douche et lancer une machine pour nos vêtements portés au cours du procès.

Quand elle sortit de sa chambre, elle me trouva au salon, en train de regarder la télévision.

- Hey! Bien dormi?

- Mmm. acquiesça-t-elle en m'embrassant chastement.

Elle se blottit contre moi et nous regardâmes la télé jusqu'à l'heure du dîner.

Le lendemain, nous fîmes la grasse mat' puisque nous étions vendredi et que nous n'avions pas cours.

L'après-midi, nous devions faire les courses donc nous allâmes au centre commercial ensemble pour se répartir les rayons afin d'aller plus vite, et puis au moins nous ne prenions pas le risque d'oublier certaines choses.

Mais évidemment, vu que Mademoiselle adorait les bonbons, nous en achetâmes trois sachets. Quant à moi, je pris à la librairie du centre commercial un gros livre sur la guerre de sécession et un autre sur les femmes abusées. Au moment où je les achetais, Sofia était dans le rayon des livres fantastiques.

Je l'attendis devant l'entrée de la librairie patiemment, en prenant garde qu'elle ne le voit pas. Je ne voulais pas qu'elle se pose des questions et encore moins qu'elle m'en pose. Je le cacherais précautionneusement dans un tiroir fermé à clef pour ne pas qu'elle tombe dessus.

Quand elle sortit de la boutique, après 15 minutes d'attente, elle avait à la main deux gros livres de Fantasy.

Ah la la, qu'est-ce qu'elle adore lire, mon ange!

Je souris et lui pris sa main libre. Heureusement que nous avions déposé les courses dans le coffre de ma Vanquish!

- On rentre? Demanda-t-elle.

- Ouais! Après avoir ranger les courses, ça te dirait d'aller manger un Kebab?

- Oh oui! Bonne idée! S'enthousiasma-t-elle.

Elle adorait les Kebabs. Je savais qu'elle préférait ça au McDo'. Elle me disait toujours que c'était plus consistant que des hamburgers et compagnie. Et aussi que c'était plus équilibré par la présence de tomates, salades et viande.

Ainsi, après avoir rangé les courses, caché mon livre sur les femmes abusées, posé mon livre sur la guerre de sécession sur ma table de chevet, et après sa douche, nous allâmes manger au Kebab de notre rue.

Après avoir été servis, nous entamâmes notre Kebab mais j'avais du mal. Elle me faisait rire car elle avait vraiment du mal avec son sandwich. Elle en mettait de partout: un morceau de viande par-ci, une feuille de salade par-là...

- Te moques pas! S'écria-t-elle.

- Je ne me moque pas de toi! Jamais! Me défendis-je en levant les mains en l'air, mais en souriant et m'efforçant de ne pas rigoler.

- Si! Je te connais Jasper Hale! Donc...Dit-elle en levant sa main d'un air de dire « attention à tes fesses ».

- Ouh...J'ai peur! souris-je.

- Bêta! S'exclama-t-elle, souriante, en me donnant un petit coup dans mon épaule droite.

Je ne pus me retenir d'exploser de rire tellement sa réaction était hilarante pour moi.

Nous continuâmes à manger dans une atmosphère détendue.

Durant le week-end, nous en profitâmes pour rattraper nos cours. Sofia allait chez Kate et moi au bar du coin où j'avais donné rendez-vous à Riley et Jack.

POV Sofia:

Quand je rentrai à l'appart', j'en avais plein la tête. Kate n'avait pas arrêté de parler, que ce soit pour m'expliquer les cours ou me rapporter tout ce que j'avais loupé. Ainsi, j'avais appris qu'elle et Riley s'étaient très rapprochés et qu'elle était optimiste sur sa futur relation avec lui. Ainsi, elle avait confirmé mes dires sur le fait qu'elle était amoureuse de Riley et que bientôt il y aurait un nouveau couple dans le groupe.

De plus, j'avais appris qu'elle avait fait la connaissance, durant mon absence, d'une fille « super sympa », selon ses dires, et qu'elle me la présenterait lundi, ayant le même emploi de temps que nous.

Je me laissai tomber sur le canapé, toujours chaussée, et lâchai mon sac qui atterrit près de mes pieds. Je calai ma tête contre le dossier et fermai les yeux, essayant de me vider la tête un instant.

Cependant, je n'y arrivai pas donc je pris une douche bien chaude.

Dès que je fus vêtue d'une nuisette, je m'affairai à la cuisine, en attendant que Jasper rentre.

Je mettais la table quand il rentra enfin.

- Hey! Ça sent bon! Tu fais quoi?

- T'en as mis du temps pour rentrer! Vous aviez besoin de tout ce temps pour te faire rattraper les cours? Ripostai-je en allant voir la cuisson du dîner. Je ne savais pas pourquoi je lui avais dit ça. Je n'avais pas l'habitude de me prendre la tête pour ce genre de détail.

- Qu'est-ce que tu as? Pourquoi tu es énervée?

Je soupirai, puis m'excusai.

- Tu as une migraine?

- Un début, oui. Approuvai-je. Ça pouvait expliquer ma réaction.

Tout au long de cet échange, je n'avais pas daigné me retourner pour lui faire face, me contentant de surveiller la cuisson de la purée et des steaks hachés.

Il m'encercla la taille de ses bras réconfortants, qui réussissaient toujours à m'apaiser. Il embrassa ma nuque dégagée de mes cheveux par un chignon fait à la va-vite dont quelques mèches en sortaient. Je frissonnai sous ses baisers sur ma nuque, mes joues, mes cheveux et mes épaules.

- A table! Réussis-je à articuler quand le repas fut prêt.

Alors il me relâcha pour prendre les plats, et les posa sur la table. Il étais toujours serviable, aux petits soins avec moi et c'était ça que j'adorais chez lui.

Je le remerciai tout en m'asseyant en face de lui.

Nous mangeâmes tranquillement. Je lui racontais que Kate et Riley n'allaient pas tarder à être ensemble en lui rapportant ce qu'elle m'avait dit. Il m'avoua que Riley leur en avait aussi parlé et que Jack avait confirmé en lui relatant quelques moments où les deux se tournaient autour et leurs moments de complicité, qui étaient nombreux selon le rapport de Jazz. Nous avions énormément rigolé. Ça me faisait du bien de rigoler après le début de semaine pas du tout joyeux à cause du procès.

Et voilà! C'est reparti!

Je replonge dans mes sombres pensées comme j'en ai souvent l'habitude depuis ma rencontre avec Jack, malgré qu'il n'ait rien avoir avec Jacob.

Je me revois témoigner, leurs regards perçants dont j'ai l'impression que si à la place des yeux il y avait des balles bah je ne serais plus de ce monde. Ce qui m'amène à penser à la mort de mes parents causée par mon appel à mon père qui conduisait à ce moment, et tellement il m'aimait bah il avait pas osé me le dire et il avait perdu le contrôle de la voiture, par ma faute.

Mes yeux s'embuèrent. Il faut pas qu'il me voit dans cet état!

Je me levai précipitamment, faisant tomber dans mon élan ma chaise. Je courus jusqu'à ma chambre et au moment où je m'apprêtais à la fermer à clef, il ouvrit brusquement la porte, m'obligeant à reculer pour ne pas la prendre en pleine figure.

- Sofia. Chut...Chut...

Il me porta jusqu'à mon lit et m'y déposa délicatement dessus tout en me gardant dans ses bras en me berçant. J'enfouis ma tête dans son cou et m'effondrai, inondant son maillot de mes larmes.

Je ne sais pendant combien de temps je restai ainsi mais je finis par m'endormir dans ses bras, vidée de toutes mes forces.

...

Lundi matin, je courais le plus vite possible pour ne pas louper le début de mon premier cours de la journée. J'avais eu le malheur de me rendormir après avoir arrêté mon réveil. J'avais juste eu le temps de m'habiller, prendre un fruit que je mangerais à ma première pause et ranger le mot que Jasper m'avait écrit et que je lirais quand j'aurais le temps.

Quand j'arrivais dans l'amphithéâtre, toute essoufflée à cause de mon footing improvisé, le prof entamait son cours. J'aperçus Kate sur la gauche. Il y avait une place de libre à sa droite donc je m'y dirigeai et m'installai rapidement.

Je lâchai un « salut » avant de prendre des notes tout au long du cours. En réponse, elle me sourit.

A la fin du cours, je relevai la tête seulement après avoir rangé mes affaires dans mon sac. C'est à ce moment que je me rendis compte que Kate m'attendait avec une fille que je ne connaissais pas. J'en déduisis que c'était la fameuse, euh...Kate m'avait dit qu'elle s'appelait comment déjà?...Ah oui! Maria! Donc la fameuse Maria qui « est super sympa » selon Kate.

Je les rejoignis devant la porte de sortie de l'amphi, où elles m'attendaient.

- Problème de réveil ce matin? Me sourit Kate.

- Il a sonné.

- Mais tu t'es rendormis? Proposa ladite Maria, une fille grande et mince, aux yeux aussi noirs que ses cheveux.

Je hochai la tête.

- Désolée, je ne me suis pas présentée. Je m'appelle Maria.

- Sofia. Me présentai-je à mon tour.

- Je sais. Kate m'a beaucoup parlée de toi depuis jeudi.

- En bien, rassure-toi! Intervint Kate.

- J'espère bien! Rétorquai-je, souriante.

- Allez, en cours les miss! S'exclama Kate en nous prenant chacune par le bras. Nous arrivâmes ainsi, bras dessus bras dessous au cours suivant.

Je n'eus pas le temps d'apprendre beaucoup de chose sur Maria car les profs nous lâchaient en retard à chaque fois et nous devions courir à chaque fois pour arriver à temps au cours suivant. Nous eûmes juste 10 minutes pour avaler un sandwich entre deux cours.

Nous avions ainsi prévu de manger ensemble demain midi.

Je retrouvai Jasper, épuisée de ma journée. Le pire était que je devais réviser les cours de demain pour me remettre en mémoire ce que j'avais rattrapé avec Kate durant le week-end.

- Je suis rentrée!

- Coucou mon ange. Je t'ai préparée à manger. Viens.

Je me déchaussai et m'installai à table pour dîner.

- Merci. Dis-je quand il me servit ce qu'il m'avait préparée.

Je mis une première bouchée dans ma bouche.

- C'est délicieux Jazz.

En guise de réponse, il m'embrassa tendrement sur le front, me sourit et s'assit en face de moi.

Pendant que je mangeais, il me raconta sa journée. Lui aussi les profs les avaient lâchés après l'heure de fin de cours fixée. Il me raconta les farces de Riley et Jack, ce qui me fit m'étouffer à plusieurs reprises.

Je l'embrassai rapidement avant d'aller prendre une bonne douche.

Ma douche finie, je cherchai Jasper pour lui souhaiter une bonne nuit.

Je le trouvai dans sa chambre, en train de lire un bouquin sur la guerre de sécession.

- Bonne nuit.

- Tu dors pas avec moi? S'enquit-il.

- Non...Je...Il faut que je révise. Répondis-je. En fait, ce n'était pas la seule raison. Le procès m'avait un peu éloignée de lui. Je ne dormais plus avec lui. Sauf si je m'endormais inconsciemment dans ses bras, dans ce cas il dormait avec moi.

- Dors bien dans ce cas. Il m'embrassa tendrement sur la bouche mais je ne lui rendis pas le baiser. En me dégageant, je lui souris timidement et me dépêchai à sortir de sa chambre.

Comme prévu, je révisais, ce qui me fit me coucher très tard, dans les minuit et quelques.

Le lendemain, le réveil fut difficile. Mais je pris garde de ne pas me rendormir après avoir éteint le réveil.

J'allais à la fac avec Jasper. Il m'accompagna jusqu'à ma salle de cours avant d'aller à son cours.

Je trouvais Maria et Kate en pleine conversation, assise à un bureau de quatre places.

Je les rejoignis.

Nous parlâmes jusqu'à ce que le prof commence son cours.

A la fin du cours, nous allâmes à la cafét'. Kate et moi regardâmes si les garçons y étaient déjà mais ce n'était pas le cas donc nous nous assîmes à une table de façon à ce qu'ils nous voient quand ils arriveraient. Kate voulait manger avec Riley, il n'y avait pas de doute. Même Maria comprit que Kate était impatiente de voir quelqu'un et elle lui dit « tu attends qui? Ton chéri? ». Kate rougit, ce qui nous fit rire, Maria et moi.

Ils arrivèrent quelques minutes après cet échange.

Par contre, un truc inattendu se produisit.

- Hey mais c'est Jasper là-bas! S'exclama Maria.

Je me tournai dans la direction qu'elle regardait. En effet, Jasper rentrait dans la cafét' avec Riley et Jack. Est-ce qu'elle le connait? Ou est-ce qu'elle parle d'un autre mec qui s'appelle ainsi?

Je fis demi-tour pour vérifier où son regard se portait.

Je n'eus pas le temps de me retourner pour voir si c'était Jasper qu'elle regardait puisqu'ils atteignirent notre table avant que je ne pus le faire.

- Salut Maria!

- Hey Jasper! Ça va?

- Oui, et toi? Salut mon ange. Dit-il ensuite en m'embrassant.

- Oui, tranquille. Attendez! Vous vous connaissez? S'étonna-t-elle de nous voir s'embrasser.

- Oui. Approuva Jasper en s'asseyant à côté de moi et en face d'elle.

- Tu la connais? Me renseignai-je.

- Oui Sofia. C'est une amie d'enfance. Nous nous étions perdus de vue suite à la mutation de son père pour son travail.

- Tu es donc la fameuse Sofia qu'il m'avait parlée jeudi! Comprit-elle.

- Comment ça « jeudi »? Fis-je, perdue.

- On venait d'arriver du...de Tacoma. Tu étais montée directement à l'appart'. Au moment où je m'apprêtais à te rejoindre, Maria m'a accosté en me reconnaissant. Commença-t-il.

- Ses cheveux n'ont pas changé. M'expliqua-t-elle, l'interrompant par la même occasion.

- Ah. Lâchai-je.

- Je l'ai invitée à boire un coup à la maison. Elle a accepté donc nous en avons profité pour parler de tout ce que nous avions vécu chacun de notre côté. Tu ne l'a pas vue car tu dormais à poings fermés sur ton lit. Finit-il de m'expliquer.

- Je comprends mieux.

- Il ne m'a dit que du bien de toi. Désolée de ne pas avoir compris que tu était sa Sofia. Pourtant il m'avait bien dit que tu faisais Littérature.

- C'est pas grave. C'est juste que ça me fait bizarre de savoir que vous vous connaissez alors que je ne le savais pas.

Jasper me serra ma main gauche. Je lui souris faiblement.

Pendant notre conversation, nous n'avions pas remarqué que Kate et Riley étaient plus que proches.

Je le vis au moment où je tournai la tête vers mon plateau. Ils s'embrassaient à pleine bouche.

...

Quand je rentrai après le seul cours de l'après-midi, je déposai mes chaussures à l'entrée puis mon sac dans ma chambre.

Ensuite, j'insérai un CD dans ma chaîne Hi-Fi installée dans le salon, qui m'avait été offerte par Rose et Jazz à Noël, et j'appuyai sur Play.

La musique sortit très forte des enceintes pour que je puisse ressentir les vibrations de son rythme. J'avais besoin de me vider la tête. Je m'imaginais les pires scénarios concernant Jasper et sa « copine d'enfance » Maria. J'avais des doutes concernant leur amitié. Et je me posais beaucoup trop de questions. Mon cerveau n'allait pas tarder à exploser si je ne me défoulais pas au plus vite. Pendant les deux heures de mon cours, je n'avais pas arrêté de ressasser ce qu'ils m'avaient dit. Alors maintenant, j'allais danser avec la musique à fond, pour me vider la tête.

Je me dirigeai dans mon dressing pour me vêtir d'un jogging pantacourt noir et d'une brassière rose. Je pris soin d'enlever mes chaussettes, pour avoir un meilleur appui, et de rassembler mes cheveux en queue de cheval.

Je visualisai l'espace que j'avais pour danser.

Avant de danser, je commençai par un échauffement de la nuque, des épaules, des poignets, des chevilles et du bassin en faisant des cercles. Ensuite, j'étirai les bras tout en me mettant sur la demi pointe des pieds en fixant un point devant moi pour garder l'équilibre.

Une fois l'échauffement terminé, je m'imprégnai du rythme en fermant les yeux.

Dès que je ne fus consciente que de la musique, j'entrepris quelques pas de danse en utilisant tout l'espace de l'appart', ne me contentant pas seulement du salon, d'où l'utilité du volume à fond de la musique.

Au fur et à mesure que je dansais en circulant dans l'appartement, je me sentais légère, dans mon élément, sans me prendre la tête à savoir dans quelle direction je devais aller, quel pas effectuer. Non, je ne me posais aucune question, me contentant de faire ressortir ce que je ressentais par la musique en dansant.

Ainsi, je lançais mes bras en haut, en bas, à gauche, à droite, ou que sais-je encore, comme si je cherchais à attraper quelque chose. Je sautais dans toutes les directions en variant les pas et les types de danses, du Jazz au Hip-hop, en passant par la danse classique.

Rares étaient les pauses pour boire.

Je ne savais pas depuis combien de temps je dansais mais j'étais en sueurs et ma queue de cheval commençait à partir en live, donc quelques mèches tombaient devant mes yeux, m'empêchant de voir nettement où j'allais.

Je continuais à danser. J'étais sûre de trois choses. La première était que je me trouvais à nouveau au salon après être passée dans les chambres, les douches. La deuxième chose dont j'étais sûre était que je ne réfléchissais plus du tout à ce que je faisais, comme si j'étais en transe, donc je ne guidais plus mes gestes. Et la troisième était que la musique avait changé entre temps. Je ne savais même pas sur quoi je dansais, me contentant de danser sur le rythme, sans plus.

Alors que je dansais encore et encore, ce qui devait arriver arriva: la fin de journée de Jasper et donc son retour à l'appart'.

Dans ma « transe », je ne me rendis pas compte qu'il était rentré, donc je le percutai. Je perdis l'équilibre et tombai sur lui. Nous nous trouvâmes ainsi yeux dans les yeux, moi étalée de tout mon long sur lui. Je sentais quelque chose ,qui me faisait penser à une bosse, au niveau de mon ventre. J'essayai de me relever mais je n'y arrivai pas, trop perturbée par cette bosse et le regard de Jazz, que je n'avais jamais vu chez lui, posé sur moi.

Au bout de ce qui me parut une éternité, il se redressa, se trouvant en position assise, toujours sous moi. Il rapprocha ses lèvres des miennes mais soudain je pris conscience de ce qu'était la bosse. Je me raidis, paniquant. Ça me rappelait trop de mauvaises choses. Il dut s'en apercevoir car il éloigna son visage du mien et m'examina attentivement, cherchant à comprendre ce qu'il se passait. Je tentai une nouvelle fois de me lever mais cette fois-ci je ne pus pas le faire car il m'en empêcha.

- Ça va?

Je hochai la tête, sans en être certaine. Évidemment il le perçut, me connaissant bien.

- Dis-moi ce qui ne va pas. S'il te plaît. Me supplia-t-il.

Je soupirai, et répondis, vaincue:

- Laisse-moi me lever d'abord.

Il me relâcha alors, me permettant de me lever et de m'asseoir sur le canapé, posant mes coudes sur mes genoux et mettant ma tête entre mes mains.

Il s'accroupit devant moi et dégagea ma tête de mes mains de façon à ce que nos yeux se croisent et ne se lâchent plus. Il savait que de cette façon je ne pouvais pas lui mentir, même si je le voulais.

Que vais-je bien pouvoir lui dire?

- Sofia. Dis-le moi. Dit-il en serrant mes mains dans les siennes.

- Je...Tu...J'ai ressentis ton...enfin tu vois et...je me suis souvenue de...bégayai-je.

- Oh!... Désolé mon ange.

- Tu n'as pas à...

Mais il me coupa en m'embrassant comme il ne m'avait jamais embrassée.

Il quitta ma bouche pour nous permettre de reprendre notre respiration.

La chaîne Hi-Fi marchait toujours le volume à fond.

Je dégageai mes mains de celles de Jasper et le poussai pour me lever afin d'arrêter la musique. Au début, il m'empêcha de me lever, mais à force de persévérer il me laissa faire.

Je profitai d'être debout et un peu éloignée de lui pour arrêter la musique mais aussi aller dans ma salle de bain prendre une douche.

J'avais besoin de me rafraîchir après avoir danser plus de deux heures et me relaxer après ce qu'il venait d'arriver.

Je sortis de la salle de bain une heure plus tard. J'avais pris soin de fermer à clef la porte pour être sûre qu'il me laisse seule pendant ce temps. Ça ne l'avait pas empêché de toquer à deux reprises à la porte pour savoir si tout allait bien, craignant sûrement que j'avais eu un malaise ou je ne savais trop quoi d'autre.

Il jouait de la guitare quand j'atteignis l'embrasure de la porte du salon. Il ne m'avait pas entendue, ou alors il ne le montrait pas, donc je restais là à l'écouter et le regarder jouer. Ça faisait longtemps que je ne l'avait pas vu gratter sa guitare.

Je me calai contre le l'embrasure et l'admirai jouer.

Sa mélodie me parut torturée, comme s'il y avait un combat entre l'amour, la tristesse, l'hésitation et le désir. Son humeur était donc ainsi: torturée. En effet, quand il grattait sa guitare, il transmettait toujours ses émotions, ses états d'âmes.

Est-ce que je suis la cause de quelques unes de ses émotions? Que dois-je faire pour effacer sa tristesse et son hésitation? Et pourquoi hésite-t-il?

En me posant ces questions, je ne m'étais pas rendue compte qu'il s'était arrêté.

Il me regardait, toujours assis dans le canapé, sa guitare déposait sur la table basse.

- Sofia?

- Oui?

- Viens là, s'il te plaît. M'ordonna-t-il en tapant une place à côté de lui, sur le canapé.

Je m'assis donc à côté de lui et le regardai, interrogative.

- Ça faisait longtemps que tu n'avais pas touché ta guitare. Rompis-je le silence qui s'était installé, tandis que je le regardai, toujours interrogative, me demandant pourquoi il ressentait autant de sentiments contradictoires.

- J'en avais besoin aujourd'hui. Expliqua-t-il, vaguement. Ça faisait longtemps que tu m'écoutais?

- ...Oui. Avouai-je après quelques secondes de silence à me demander s'il fallait que je lui mente ou pas. Tu veux me parler de ce qui te tracasse?

- C'est...à propos de...

- Tout à l'heure? Finis-je sa phrase, voyant qu'il n'arrivait pas à me le dire.

- Oui. Je sais que c'est encore trop tôt pour toi. J'attendrais le temps qu'il faudra pour que tu te sente prête.

Je voyais de quoi il me parlait et ça me touchait qu'il comprenne que j'avais besoin de temps avant de faire le grand pas. Je décidai de changer de conversation:

- A propos de Maria...

- Ce n'est qu'une amie d'enfance. C'est toi que j'aime. Me coupa-t-il.

Je baissai la tête, honteuse d'avoir pu croire que.., enfin honteuse d'avoir été jalouse, car c'était de la jalousie que j'avais éprouvée envers elle.

- Mon ange, tu n'as pas à t'en vouloir d'avoir pensé une seconde qu'il pouvait se passer quelque chose entre elle et moi. Me rassura-t-il en plaçant un doigt sous mon menton pour relever mon visage.

Pour confirmer ses dires, il plaqua ses lèvres contre les miennes et entreprit un ballet sensuel comme il ne l'avait jamais fait, au point que je gémis contre sa bouche. Ça dut l'encourager car il posa une main derrière ma nuque et sur mes reins pour me coller à lui. Je passai mes doigts derrière sa nuque, les fourrageant dans ses cheveux. Il rompit le baiser et posa son front contre le mien, plongeant ses yeux dans mes yeux. Je pouvais y lire du désir. Cependant, je n'étais pas encore prête à procéder au niveau supérieur de notre relation. C'était encore trop récent, mon kidnapping et mes tortures. Je soupirai en fermant mes yeux avant de les rouvrir et de déposer un léger baiser sur ses douces lèvres.

Nous restâmes l'un dans les bras de l'autre, assis dans le canapé pendant un long moment, profitant seulement de la proximité de l'autre.

Fin chapitre 32

Je crois que c'est le dernier chapitre avant l'épilogue car je n'ai plus d'idées pour continuer.

Bises!