Lorsque l'italien eut terminé son récit, Ziva se trouvait à la cuisine toujours silencieuse. Caitlin blottie tout contre Ari semblait réellement désolée, son regard passait de Tony à sa belle-sœur.

Soudain l'israélien se leva et rejoignit sa sœur. Il se posta devant elle, la forçant ainsi à poser la bouilloire d'eau qu'elle venait de faire chauffer.

« Je suis dé… »

La jeune femme posa une main sur la bouche de son frère, esquissant un sourire.

« On ne s'excuse pas…c'est une marque de faiblesse. »

Kate sourit à l'allusion et Tony paraissait soucieux. En effet, il avait vu une lueur s'allumer dans le regard d'Ari durant son récit et cela l'inquiétait parce qu'il était incapable de savoir ce qu'il se passait dans sa tête.

« Je ne sais toujours pas comment ton caleçon a atterrit sur le lit de ma belle-sœur ? »

Kate venait de jeter un coussin sur Tony qui de nouveau posa les yeux sur Ari l'air anxieux.

« Kate ! Je te savais prude mais étant donné que tu as une petite princesse maintenant, je pense que tu sais comment tout cela se passe ? »

L'ancien agent du NCIS lui sourit, fière de son petit effet. De plus en plus surprit, Tony se laissa faire lorsque Ziva vînt s'asseoir sur ses genoux passant un bras autour de son cou. Ari venait de poser les tasses de thé sur la table basse et de reprendre sa place.

« Racontez ! Ari ne va pas te tuer Tony bon sang ! »

Ziva cru voir une des mimiques d'Abby sur le visage de Kate et sourit franchement pour la première fois.

Après tout, pourquoi ne pas leur parler. Tout serait bientôt terminé et la jeune femme venait de prendre sa décision quant aux prochaines actions à mener. Et compte tenu du comportement d'Ari, il était clair qu'il avait prit la même décision. Elle observa Caitlin quelque seconde avant de reprendre, et elle se rendit compte que la jeune femme savait. Elle était beaucoup trop détachée, beaucoup trop accrochée à son mari pour ne pas savoir ce qui se passerait par la suite. Et Ziva admira son courage et sa détermination. Elle ferait donc de même.

« Cela faisait quelques semaines que j'étais devenu l'agent David. Je me remettais peu à peu de toute cette histoire sans pour autant me rapprocher comme avant de l'équipe. J'étais persuadée que Tony m'en voulait, à juste titre d'ailleurs. Et puis un soir il est arrivé avec une pile de dvd en me disant qu'on ne devenait une vraie américaine que lorsqu'on connaissait ses classiques. »

Elle plongea son regard dans celui de l'Italien qui réprima un frisson, cette lueur qu'il avait vue en Ari venait d'apparaître chez Ziva. Il la laissa cependant reprendre resserrant instinctivement son étreinte.

« Et voilà comment chaque soir, Tony DiNozzo me montrait les plus beaux films américains des années 50. »

« Pas très original comme technique Tony, je te savais plus….je sais pas inventif. » Lança Kate taquine.

« Et ça a marché non ? » Répondit-il avant de recevoir une claque magistrale derrière la tête par sa partenaire.

« Tu oublie la partie la plus importante, mon petit derrière poilu. »

Elle ne pu s'empêcher de sourire, se remémorant ce fameux soir.

Il était plus de minuit et comme chaque soir depuis une semaine, Ziva raccompagnait Tony à la porte. En général elle se contentait d'un geste de la main avant de refermer la porte mais ce soir là elle sentit le besoin de le remercier. Elle dormait mieux depuis quelques jours et les bizarreries de son partenaire la détendaient. De plus, elle savait à présent qu'il ne lui en voulait plus et que ces blagues incessantes sur le fait qu'elle devienne américaine n'étaient qu'une façade.

Alors qu'il lui faisait un petit signe d'au revoir, elle s'approcha passant une main derrière la nuque de l'italien qui s'était soudain figé. Et délicatement elle posa ses lèvres sur les siennes. Cela ne dura que quelques secondes et déjà la jeune femme reculait en le remerciant. Il murmura un pas de quoi avant de tourner les talons et de se diriger vers l'ascenseur, pensif.

Alors que les portes s'ouvraient, il fit demi-tour s'infligeant une claque Gibbsienne tout en se traitant d'idiot. Il allait certainement se faire tuer dans les pires conditions mais peu lui importait à ce moment là. Il avait manqué la perdre plusieurs fois, et aujourd'hui la vie semblait leur sourire alors que la jeune femme reprenait peu à peu goût à la vie. Et c'était en partie grâce à lui. Il frappa à la porte et la devina en train de s'y diriger arme au poing. Les habitudes seraient longues à changer. Il s'annonça et elle ouvrit replaçant son arme à l'arrière de son jean.

« Tu as oublié quelque chose ? »

« Oui… » Lança-t-il tout en claquant la porte derrière lui.

Il s'approcha, posa ses mains de chaque coté du visage de Ziva et l'embrassa avec toute la passion dont il était capable. C'est à bout de souffle qu'ils se séparèrent, et l'italien attendit les foudres de la jeune femme.

« Anthony DiNozzo ne se contente jamais d'un chaste baiser. » Lança-t-il le regard plongé dans celui de Ziva.

Quelques secondes plus tard, la porte de la chambre s'ouvrait avec fracas, Ziva accroché à Tony, ses jambes nouées autour de la taille de son partenaire.

« Qui est au courant ? » Demanda Kate sortant Ziva de ses souvenirs.

Tony secoua la tête et répondit.

« Personne, tu ne voudrais pas me voir mort si ? Entre Gibbs et sa règle numéro 12 et Abby pour ne pas lui en avoir parlé…. »

Ziva étouffa un bâillement.

« …je ne sais pas pour vous les fugitifs mais nous avons besoin de dormir un peu. Demain nous trouverons une solution, Gibbs aura une idée miraculeuse et tout ira bien. »

Personne ne répondit et Tony se força à sourire. Il venait de voir chez Kate le même regard qu'Ari et Ziva. Et ses tripes lui hurlèrent qu'il se passait quelque chose, pourtant il se contenta de prendre la main de la jeune femme et de se diriger vers la chambre. Et lorsque vingt minutes plus tard, Ziva le rejoignit au lit, il se contenta d'éteindre la lumière et de la serrer contre lui.


Voilà la suite, merci encore pour vos reviews. J'espère ne pas vous décevoir sur ce chapitre.

A bientôt,