Ziva avait posé la tête sur l'épaule de son frère et fermé les yeux. Elle savait qu'il fallait absolument qu'elle dorme. Hélas les récents évènements et la décision qu'elle avait prise l'en empêchait. Tout comme Ari d'ailleurs.
« Tu aurais du rester. » Murmura soudain Ari, les yeux toujours fermés.
« Et te laisser t'amuser tout seul ? »
Elle se rendit soudain compte que Tony déteignait sur elle, elle en eut un pincement au cœur.
« Qu'aurais-je dis à ta fille, lorsqu'elle m'aurait demandé pourquoi son papa est parti tout seul à la mort ? »
Ari soupira.
« Et que lui aurais-je dis lorsqu'elle m'aurait demandé pourquoi j'ai laissé sa tante encore une fois régler nos affaires. »
Cette fois ce fût Ziva qui soupira, elle serra plus fort les acoudoirs de son fauteuil.
« Dormons maintenant, petite sœur. »
Bizarrement, ils ne s'exprimaient presque plus dans leur langue maternelle, préférant celle d'adoption.
C'est un cauchemar qui éveilla la jeune femme peu avant l'atterrissage, sans un bruit elle inspira profondément. Hélas Ari venait de sentir la tête de sa sœur se redresser et ouvrit les yeux, plongeant son regard dans celui de Ziva.
« Les vieux démons ne sont jamais bien loin… » Lança-t-elle l'air plus sérieux que jamais.
Elle les savait proche de l'arrivée et avait revêtu son masque d'assassin. Ari posa une main sur sa joue avant de faire de même. A présent, ils n'avaient plus qu'un seul objectif.
Ils avaient bien choisit leur vol, leur atterrissage à Tel Aviv se fit de nuit. Ils avaient tout le temps de rejoindre la villa d'Eli et avec un peu de chance, ils y arriveraient sans encombre. Après tout, ils avaient vécu la plus grande partie de leur vie dans cette maison. La sortie de l'aéroport se fit sans problèmes majeurs, ils avaient réussi la première phase de leur plan. Quelques minutes plus tard, Ari et Ziva roulaient, dans une voiture volée, en direction de la maison de leur enfance. Eli n'était certainement pas encore rentré, cela aiderait grandement.
A plusieurs milliers de kilomètres, Tony tournait comme un lion en cage au NCIS. Kate était restée chez Ducky avec Abby et sa fille. Les trois hommes avaient préféré retourner au bureau.
Gibbs avait disparu dans le bureau de Leon Vance dès leur arrivée alors que McGee s'attablait devant son ordinateur. Il avait mit des alertes sur les vols de retour pour Lisa et Tommy Dinardo. Il savait que cela ne servirait certainement à rien mais il n'avait rien d'autre à faire et voir Tony dans cet état de nerfs le perturbait. Il avait renoncé à lui demander de s'asseoir. Le jeune homme faisait les cent pas, sa main gauche complètement bandé. Il cherchait une idée, n'importe laquelle pour aider Ziva et Ari. Il s'arrêta soudain regardant sa blessure, Ducky lui avait dit que ce n'était qu'une foulure et que d'ici quelques jours il n'y paraîtrait plus. Il aurait voulu que cela s'applique à la douleur qui lui enserrait le cœur.
« DiNozzo rentre chez toi ! » lança Gibbs du haut des escaliers.
« J'peux pas patron… »
Il soupira, il devait le dire à Gibbs et tant pis pour ses fichues règles. Il leva les yeux vers Jethro puis se dirigea sans un mot vers l'ascenseur. Gibbs le suivit sous les yeux étonnés de McGee.
« Que veux-tu Tony ? » Demanda Gibbs une fois la cage de métal bloquée.
« Euh… » Il se passa une main nerveusement derrière la nuque. « …Ziva et moi nous avons légèrement violée une de tes règles. »
Voilà c'était dit, il se demanda soudain pourquoi il avouait cela maintenant. Il avait peut être besoin de réconfort et malgré les apparences, Gibbs était le seul qui à pouvoir le faire.
« Tu crois que je ne le sais pas ? »
Tony leva les yeux, curieux.
« Ce sourire chez Ziva vient bien de quelque part triple idiot. Tu crois que je n'ai pas remarqué un changement chez elle depuis quelques mois. Et ce n'est pas parce qu'elle est devenue américaine et agent définitif du NCIS ! »
Ouah ! Pensa le jeune homme, c'était une longue phrase pour Gibbs.
La main de Jethro se posa sur l'épaule de son agent, puis il relança l'ascenseur et sortit sans laisser à Tony la moindre chance de répliquer
« Au fait….tu devrais aller voir Abby….avant qu'elle ne te tue…. » Termina Gibbs, un sourire un coin.
Tony n'en cru pas ses oreilles, l'heure était grave, Ziva risquait de ne pas revenir et il faisait des blagues ! Il eut envie de hurler après son patron et se rendit compte qu'il essayait seulement de lui changer les idées. Il hocha la tête et referma les portes de l'ascenseur. McGee cligna plusieurs fois des yeux avant de recevoir une claque derrière la tête.
« Rentre chez toi McGee… »
Le jeune homme se replongea dans son ordinateur sans répondre à son chef d'équipe.
Lorsque Tony arriva chez Ducky, Abby ne lui laissa pas le temps de sonner et ouvrit la porte avec fracas.
« Tonyyyyyyyyyyyyyy ! »
La gothique le traîna à l'intérieur avant de se jeter dans ses bras.
« Pourquoi tu n'as rien dit ! Pauvre Tony ! Elle va revenir tu sais, elle revient toujours ! Je le sais, c'est obligé, c'est notre Ziva et rien ne peux arrêter notre Ziva. En plus Ari est avec elle, ce sont les meilleurs tu sais !»
DiNozzo se contenta de serrer son amie dans ses bras, Kate avait du lui parler. Tant mieux, il n'aurait su comment lui annoncer.
« Comment va Kate ? » Demanda-t-il alors qu'ils se séparaient enfin.
« Elle fait front… » Lança-t-elle soudain triste.
« …pour Sarah. » Acheva la jeune femme.
Elle prit la main valide de son ami et l'entraîna au salon, le reste de leurs amis venaient de commencer une partie d'un jeu de société dont il ignorait jusque là l'existence.
A Tel-Aviv, Eli David venait de rentrer chez lui. Lorsqu'il entra dans son bureau, la lumière s'alluma soudain. Et s'il fut surpris, il se garda bien de le montrer. Ari se tenait debout derrière son fauteuil de bureau, alors que Ziva derrière son dos fermait la porte.
« Bonsoir, papa. » Lança l'ancien espion du Hamas.
Jamais depuis 5 ans, Ari n'avait eut cet expression là sur le visage. Eli tourna la tête et se rendit compte que Ziva arborait la même. Son fils tapota sur le dessus de la chaise, lui intimant de venir le rejoindre. L'arme qu'il tenait à la main le dissuadant de toute objection. Ziva dos à la porte jouait avec son couteau, son glock étant à portée de main à l'arrière de son jean.
« Tu n'as pas vraiment l'air surpris de nous voir, n'est-ce pas ? Quel acteur, je sais à présent d'où nous tenons notre habileté. » Continua le jeune homme.
Ziva ne disait toujours rien, Eli s'installa dans son fauteuil sans une seule expression sur le visage si ce n'est l'arrogance habituelle qu'on pouvait y lire. Il avait l'air confiant alors que ces propres enfants se trouvaient sur le point de l'abattre.
Eli bougea légèrement, ce qui n'échappa ni à Ari ni à Ziva. La jeune femme eut un rire désincarné, celui qui faisait frémir ses assaillants en tant normal.
« Tu croyais que nous allions laisser les alarmes ? Tu nous as toujours sous-estimés. Et pourtant regarde-nous. Les deux meilleurs assassins du monde. Malgré tous tes efforts nous sommes encore en vie. »
Elle parlait calmement et pourtant toute la haine contenue transparaissait dans ses paroles.
« Et bien devine quelle sera notre dernière action en tant qu'assassins ? » Enchaîna Ari sur le même ton que sa sœur.
«Je suis heureuse que maman et Tali ne soient plus là pour contempler tes actions de père attentionné. »
Cette fois, le directeur laissa passer une émotion sur son visage et Ziva et Ari sourirent.
« Regarde ce que tu as fait de nous ! Et lorsque nous avons tenté de nous en sortir, tu as continué à nous nuire ! Ne pouvais-tu pas nous laisser en paix ? Tu as fait de nous des monstres et lorsque quelques personnes nous rendent notre âme, tu ne trouves rien de mieux que de lancer des hommes à nos trousses et nous l'enlever, encore ! »
Si Ari n'avait plus rien à dire à son père, Ziva elle voulait une fois pour toute clore cette partie de sa vie.
« Et bien soit…redevenons ces monstres sans émotions. »
Elle rangea son couteau dans son holster à sa cheville droite et sortit son arme, le pointant sur le visage d'Eli qui, s'il ne disait rien, pour la première fois de sa vie n'en menait pas large. Ari posa le canon du glock sur l'arrière du crâne de son père.
« Je crois que c'est la première fois qu'une émotion autre que l'arrogance passe sur son visage, Ziva. »
La jeune femme approuva du chef et s'approcha l'arme toujours braqué sur son géniteur. C'était tout ce qu'il était pour elle à présent.
Allez une fois n'est pas coutume, je met la suite en avance. Je suis en vacances, il pleut et je suis toujours inspirée j'en profite on ne sait jamais quand arrivera la prochaine vague du syndrome de la page blanche.
Et voilà.
La suite demain normalement sauf si j'écris aussi vite qu'aujourd'hui. Je vais peut être continuer un début de fic sur stargate aussi pour les amateurs ^^
