Du côté d'Akito et de Sana à nouveau.
CHAPITRE 3 : Une vie chamboulée
« Akito, réveille-toi. »
…
« AKITOOOOO ! »
…
« Akito-kun. Hihi.
Aaaaaaah !
Evidemment, c'est quand je parle de cette manière que tu te réveilles ! Quel hasard !
A qui le dis-tu… Mmmmmh… »
Akito se grattait le crâne, non remis de son réveil assez mouvementé. Il s'était endormi sur le canapé du salon en regardant la télévision.
« Aujourd'hui, je refais une pub avec Naozumi-kun !
- Encore avec lui…
- Quoi, qu'est-ce que tu as à ronchonner encore ? Je te rappelle que tu as pour objectif de devenir professeur de karaté !
- Et toi pendant ce temps-là, tu vas t'amuser avec ce crétin…
- Naozumi-kun est mon ami, je te l'ai déjà dit au moins cent mille fois ! Et tu continues à être jaloux ? Mmh, d'un côté c'est très mignon de ta part, héhé !
- La ferme ! »
Sana partit en boudant, Akito la fixant tristement. Oui, il était affreusement jaloux de ce lien entre sa femme et Naozumi. Il savait qu'ils n'étaient que amis, mais malgré tout, il ne pouvait s'empêcher d'être anxieux à ce sujet. Il ne voulait pas perdre Sana, celle qui a changé sa vie, celle qui l'a tant aidé à travers le passé…
Il avait aussi énormément de regrets, quand il l'avait fait atrocement souffrir en sortant avec Fuuka, la meilleure amie de Sana.
Du côté de celle-ci, à peine ayant dit au revoir à sa maison, observa silencieusement le ciel, une peinture bleue avec des motifs de diverses formes blanches. Sana, pour se consoler de sa petite querelle amoureuse avec Akito, essayait de se divertir en tentant de reconnaître certaines apparences.
Deux minutes plus tard, ayant retrouvé son sourire, elle galopa, faisant tournoyer son petit sac à dos jaune à la main, vers le studio, afin de réaliser la pub avec Naozumi.
Celui-ci était également sur le chemin. Il traversa comme à son habitude une allée entourée de magnifiques cerisiers en fleur. Chaque jour, il les observait, le regard doux et rêveur. Les fleurs de cerisier s'envolaient et certaines atterrissaient sur le visage de Naozumi, ceci le faisant légèrement rire.
Il était tellement attiré par cette merveille de la nature qu'il n'avait même pas aperçu une jolie jeune fille installée au pied d'un de ces cerisiers, en train de lire un roman qui devait au moins faire 500 pages, vu la grosseur de l'œuvre. Ses cheveux, tellement blonds qu'on pouvait dire même si ça pouvait paraître complètement insensé qu'ils pouvaient représenter le soleil, étaient si longs qu'ils se laissaient doucement emporter par l'entraînante mélodie du vent. Naozumi était stupéfié. C'était comme si cette fille s'accordait parfaitement avec l'environnement qui l'entourait. Les mots ne pouvaient pas sortir de sa bouche. C'était la première fois qu'il possédait de telles émotions. Cela le laissait de marbre. Il ne pouvait se contenter que d'observer la jeune fille, rien de plus. Celle-ci ne prêtait pas attention à ce qu'il y avait autour d'elle. Elle avait une apparence calme et posée, et quand Naozumi voyait ses petites mains candides tenir le roman, il n'avait qu'une folle envie, c'était de la protéger.
La protéger… de quoi ?
Sans s'en rendre compte, Naozumi était tombé amoureux. Il rougissait, rougissait… tellement qu'on pouvait croire que c'était la période de la canicule. Pendant un instant, il avait un air insouciant, comme si il était capable de tout abandonner pour elle : quitter son travail, s'enfuir rien que tous les deux…
Mais cet instant là ne dura pas longtemps. En regardant sa montre, Naozumi pouvait constater qu'il était déjà en retard de dix minutes ! Le jeune homme cria et accourut vers sa destination. La jeune fille sursauta, tout était si silencieux pour elle avant d'entendre un cri de ce genre… Elle remarqua vite fait Naozumi, mais n'eut pas le temps d'apercevoir son visage. Ce qui était sûr, c'était qu'il l'intriguait. Naozumi l'intriguait. Elle ne savait pas pourquoi, alors qu'elle ne le connaissait même pas, mais elle voulait le revoir.
« Ben alors Naozumi-kun, qu'est-ce qui t'arrive aujourd'hui ? D'habitude, c'est toujours toi qui surprends les autres car tu es en avance !
- Excuse-moi Sana-chan, il peut arriver que moi aussi, je puisse avoir des contretemps…
- Oui, c'est vrai, faut pas croire que tu es parfait non plus !
- Euh… oui, si tu veux, on peut dire ça comme ça.
- Tu n'as pas l'air dans ton assiette !
- Mais si, tout va bien je t'assure ! Je sens que la pub va être une véritable réussite - -grâce à mon énergie !
- Si tu le dis ! »
Mais… Pourquoi je me sens…si impuissant ?
La pub avait pour sujet des bonbons. Zenjirô avait pour rôle d'en faire tomber du haut d'un balcon qui faisait partie du décor sur Sana. Et Naozumi devait pousser celle-ci en dehors de ces sucreries et prononcer un discours disant qu'il ne faut pas trop manger de bonbons, avec toutes les histoires de caries, et tout le tralala. La première prise et peut-être la dernière, comme souvent avec Sana et Naozumi, débuta.
Mais sans succès.
« Naozumi-kun, franchement tu n'as pas l'air en forme ! On dirait que tu penses à tout autre chose ! Qu'est-ce qui se passe, dis le moi !
- Mais rien, je te dis !
- Tu sais que je suis ton amie, et que normalement tu peux tout me dire !
- Tu… Tu ne comprendrais pas.
- Ah oui ? Et comment peux-tu le savoir, hein ? Tu me fais si peu confiance ?
- Non, ce n'est pas ça, mais…
- Maiiiiiis...
- Non non, sincèrement, ce n'est rien.
- Ok, donc je suppose que mon rôle d'amie s'arrête là.
- Sana-chan… Ne t'énerve pas je t'en prie… Mais ce genre de choses, je ne peux pas le dire, même à ma meilleure amie !
- Bon… Mais si tu as besoin de quoique ce soit, ou si tu veux que je t'aide, fais moi-en part.
- J'y compte bien. »
La pub enfin réalisée, la séance enfin terminée, Naozumi rentra par le même chemin qu'à l'aller. Il espérait revoir celle qui a tant fait chavirer son cœur rien qu'en quelques secondes.
Il regarda partout autour de lui, mais rien, absolument rien. La jeune fille devait être rentrée chez elle…
Je veux… te revoir…
