Bonjour à tous !
Tout d'abord un grand merci à tous ceux qui ont laissé des reviews, vous vous imaginez pas le plaisir que c'est ! :D
Sinon je m'excuse pour ce retard, mais la dernière année du lycée est un peu chargée ... et puis le symptôme de la page blanche ne m'a pas aidé non plus ! J'espère donc que vous me pardonnerez et aimerez ce dernier chapitre !
Bonne lecture,
Chapitre 5 : Les convictions sont faites pour être brisées
Tout était blanc, d'un blanc éclatant et aveuglant. Le blanc de l'infirmerie qu'elle ne connaissait que trop bien. Lorsqu'Hermione ouvrit les yeux, ce fut la seule chose qui s'offrit à sa vue, et elle avait ensuite immédiatement refermé ses paupières. Puis il y avait eu la voix douce de Madame Pomfresh et l'odeur de Harry. Et enfin cette chaleur apaisante qui se diffusait dans sa main et envahissait son corps douloureux.
Après cet état des lieux, elle avait senti la douleur qui lui vrillait la tête. Comme un bourdonnement d'abeille assourdissant. Une douleur qui semblait prête à lui faire éclater le crâne. Elle gémit et aussitôt un visage apparut dans son champ de vision. Des lunettes rondes et un regard vert émeraude.
« Hermione ? Ça va ? »
La jeune femme ferma de nouveau les yeux et soupira alors que tout lui revenait en mémoire. Le match, la victoire, Olmes, le cognard… Et cette foutue douleur… On aurait dit que son père utilisait sa fraise pour lui trouer le crâne !
« C'est violent le Quidditch, marmonna-t-elle. Je l'ai toujours dit… Sport de brutes…
- C'est bon elle va bien, rit Harry.
- Tu nous as fait une de ces peurs, s'écria la voix chaude de Ron qui fit virevolter son cœur.
- Certainement pas plus qu'à Neville, fit Ginny, il a bien failli s'évanouir !
- Doucement, siffla Madame Pomfresh en les écartant du lit. Avec le choc qu'elle a eu elle n'a pas besoin de vos cris ! »
Hermione était trop sonnée et nauséeuse pour nier qu'elle avait l'impression qu'on essayait d'enfoncer un clou dans sa tempe gauche. Elle se laissa donc examiner par l'infirmière qui renvoyait ses amis dans leurs dortoirs. La préfète lui en fut infiniment reconnaissante. Elle ne se sentait vraiment pas capable d'affronter une deuxième fois Ron dans la journée. Rien que la vue du rouquin faisait apparaître une peur panique en elle. Elle avait envie de prendre ses jambes à son cou lorsqu'il la fixait, et de rentrer sous terre quand il ouvrait la bouche pour lui parler. Et là encore c'était quand elle était en forme ! Il était donc totalement exclu d'avoir un face à face avec lui alors qu'elle était clouée sur un lit d'infirmerie avec un mal de crâne de tous les diables. Et une horrible bosse sur le front.
« Vous allez certainement avoir envie de vomir, c'est tout à fait normal après un violent coup à la tête, expliqua Madame Pomfresh en lui faisant avaler une cuillère d'un médicament infect. Mais vous devriez surtout vous reposer…C'est la première fois depuis que je travaille à Poudlard qu'un élève dans le public est blessé ! s'exclama-t-elle soudainement. D'ailleurs c'est la première fois que je vois un cas comme ça dans toute ma vie ! »
Hermione ne lui laissa pas le temps de continuer son monologue. Son estomac se souleva brusquement et ce qui semblait être son petit déjeuner, atterrit au sol. La préfète s'écroula ensuite sur le lit, le ventre retourné et la tête prête à exploser. Ça ne pouvait pas être pire !
En fait si. Ça le pouvait. Ça l'était même !
Il avait fallu que Ron ait la bonne idée de venir la voir. Quelques minutes plus tard après qu'elle s'était lavée la bouche. Il avait fallu qu'il soit pris de pitié pour sa meilleure amie dont le visage était aussi blanc que la bosse sur son front était bleue. Il avait fallu qu'il vienne poser ses questions alors qu'elle était dans un état lamentable. Ron avait comme toujours le chic pour choisir les mauvais moments. Un autre trait de sa personnalité qui ne coïncidait pas avec ses critères sur le garçon idéal. Un autre de plus. Mais elle ne les comptait plus… D'ailleurs pourquoi comparait-elle Ron à l'idole de son enfance, à son preux chevalier, son héros mythique, son sauveur aux multiples qualités ? C'était idiot de sa part de comparer une chimère sans âme à un Ron maladroit mais si réel et souriant. Ne l'aimait-elle pas justement à cause de ces défauts qui le rendaient unique ? Toutes les filles avaient la même image du garçon parfait. C'était impersonnel. Ron était unique et rien qu'à elle. Il n'était pas à partager avec toutes les autres rêveuses de la planète.
D'accord. Il était cynique à ses heures. D'accord il avait un gros complexe d'infériorité. D'accord il était maladroit, fainéant, bougon, énervant. D'accord, d'accord. Tout ça elle le savait… Il n'était pas ce que ses amies d'enfance auraient appelé un « bad boy » au charme envoûtant ni un prince charmant aux manières galantes. Non. Il était imparfait, nuancé. C'était une palette de couleurs. Pas une simple peinture uniforme qui brille d'une seule et même teinte que certains décriraient de parfaite. Pas Hermione, parce que pour elle, il scintillait comme un arc-en-ciel. Mêlant la lumière au brouillard. Il était orange et gris, il était brun et vert, il était bleu et rouge, il était blanc et noir. Il était lui. Unique. Il était juste Ron. Juste trois petites lettres. Et ça lui suffisait amplement. Peu importe ce qu'en penseraient les autres, peu importe ses propres convictions sur le prince charmant et le grand amour. Elle ne savait pas si c'était l'amour avec un grand A, mais elle savait qu'elle l'aimait.
C'était déjà ça.
Il était assis sur une chaise, à coté de son lit. Il la regardait. Anxieux. Ses yeux étaient perdus dans un brouhaha de questions non formulées. Elle évitait son regard, incapable d'affronter ses interrogations muettes. Elle aurait voulu mettre pause. Elle aurait voulu faire marche arrière sur la cassette de sa vie. Elle aurait voulu effacer ce baiser et ne pas tout détruire. Mais on n'était pas devant un film où l'on peut rembobiner. On n'était dans une rédaction où on peut gommer pour réécrire. On était dans la vraie vie. Celle qui ne pardonne pas. Celle dont chaque erreur reste à jamais gravée. Celle qui vous oblige à faire face.
Hermione leva les yeux, croisa son regard bleu. Elle déglutit, son cœur à la renverse et tous ses sens en émois. Il mordillait sa lèvre inférieure, lui donnant envie d'y goûter encore une fois. Elle était hypnotisée. Toutes les sensations de leur étreinte d'hier soir lui sautaient à la figure. Elle rougit brusquement mais se ressaisit aussitôt. Elle pouvait encore réparer ses bêtises en faisant comme si de rien n'était. En lui faisant comprendre implicitement qu'il n'avait pas à se torturer pour trouver une manière délicate de la rejeter. Il pouvait arrêter de se poser des questions parce qu'elle pouvait faire semblant de ne rien ressentir. Faire croire que rien de tout ça n'était arrivé. C'était le mieux qu'elle pouvait faire. Le mieux pour eux deux. Ou du moins pour lui.
« C'est super que vous ayez gagné le match, se réjouit-elle en souriant.
- Pas grâce à moi, grogna Ron.
- Tu as bien joué quand même… Et puis tu sais, même les meilleurs ont des bas, psalmodia-t-elle. Maman me disait toujours ça quand j'avais une mauvaise note.
- Toi ? Une mauvaise note, s'exclama-t-il en la fixant enfin de ses yeux éberlués. Arrête ! Tu es trop sérieuse et intelligente pour en avoir eue ! J'y crois pas !
- Je te jure ! se força-t-elle à rire.»
Oui, Hermione : tu es sérieuse. Tu es intelligente. Il te l'a bien dit. Arrête de rêver alors. Arrête d'espérer. Tu es trop fade pour lui. Il est comme un soleil. Comme un sourire. Toi tu es comme la pluie. Triste et froide. Toujours plongée dans de trop gros livres. Arrête. Arrête !
« Comment va ta tête ? demanda-t-il après quelques secondes de silence où il tentait certainement d'assimiler sans succès Hermione à « mauvaise note ».
- Oh… ça va. Mais quand même ! C'est violent un cognard !
- Je vais tuer Olmes, grogna-t-il.
- Laisse tomber c'est pas grave. J'ai même plus mal, mentit-elle en tapotant son crâne pour lui montrer sa solidité.
- Ça aurait pu être pire !
- Ça ne l'a pas été. »
Nouveau silence. Comme c'était étrange. D'habitude leurs conversations étaient toujours animées. Pourquoi cela avait-il changé… ? C'était à cause de son baiser ? C'était à cause d'elle ?
« Hermione, pourquoi tu refuses d'en parler ? demanda-t-il sérieusement ayant soudainement retrouvé son calme.
- On n'est pas obligés d'en parler, murmura-t-elle en perdant son sourire. On peut… oublier.
- Ah, non ! J'aimerais comprendre moi ! s'énerva-t-il, tu crois que je peux oublier du jour au lendemain qu'on s'est embrassés ?
- T'as même pas essayé ! rétorqua Hermione que la douleur irritait plus vite.
- Je sais très bien que je pourrai pas, fit-il les oreilles rouges.
- Qui ne tente de rien n'a rien, riposta Hermione en se dressant sur son lit.
- Arrête un peu ! Tout ça c'était un défi entre Ginny et toi ? Vous vous en foutez bien des sentiments des autres !
- Et toi alors ? s'écria-t-elle. Tu n'es pas mieux !
- Ce n'est pas moi qui embrasse juste pour rire ! se leva-t-il le visage cramoisi.
- Ce n'était pas une blague ! explosa Hermione. »
Par Merlin. Elle l'avait dit. Elle l'avait dit ! Ses yeux s'agrandirent d'horreur à cette constatation tandis que la colère de Ron chutait. Il ouvrit la bouche tel un poisson hors de l'eau. Et Hermione s'entendit continuer à déverser hors d'elle les mots qui entravaient son cœur depuis trop longtemps. Elle n'arrivait plus à s'arrêter. C'était comme si elle ne contrôlait plus sa colère et toute cette frustration qui avait grandi en elle au fil des années. Comme si sa retenue et sa raison étaient sorties d'elle lors du choc avec le cognard. Comme si Hermione Granger, l'intelligente, la studieuse et la retenue-même était encore endormie dans ce lit.
« Toi aussi tu joues avec moi, continua-t-elle. T'es aveugle ou quoi ? Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi ? Je te demande d'oublier ! Pourquoi tu veux pas ! Pourquoi tu ne fais aucun effort ? Pourquoi je suis pas normale ? Pourquoi il a fallu que je le fasse ! Je suis idiote ! Comme si tu pouvais… Non vraiment ! Je suis bien trop bête ! Je suis désolée, je regrette… Laisse-moi ! Vas-t-en ! »
Nom de nom. Est-ce que ce qu'elle venait de dire avait un sens ? Est-ce qu'elle avait encore un semblant de logique et de bon sens ? Est-ce qu'elle pourrait retenir ses larmes ? Ah. Non. Elle n'avait pas pu. Voilà qu'elle se transformait en une fontaine ! Ça ne pouvait pas être elle. Elle n'était pas cette fille qui pleure pour rien, elle n'était pas du genre à se dévoiler, elle n'était pas aussi expansive sur ses sentiments ! Le cognard aurait-il endommagé son cerveau ? Merlin soit loué, Madame Pomfresh n'était pas à l'infirmerie pour assister à son hystérie. Elle conserverait un peu d'amour propre tant que personne ne verrait le massacre de l'image de la sage et sérieuse préfète en chef.
« Hermione…, souffla-t-il doucement en lui prenant la main.
- Quoi… murmura-t-elle soudain emplie d'un espoir fou.
- Mais qu'est ce que tu racontes ? »
Hermione se retint pour ne pas fondre en sanglots. Il n'avait même pas compris !
« Tu regrettes ? Pourquoi ? »
Ok. Il voulait plus d'explications. Hermione baissa les yeux sur sa grande main constellée de tâches de rousseur, posée sur la sienne toute fine. Elle la contemplait, le regard vide. Elle voulait garder le peu de dignité qui lui restait. Mais elle voulait aussi cette main dans la sienne. Cette chaleur près d'elle. Ron la fixait, attendant une réponse qui ne venait pas.
« Je n'étais pas contre, tu sais. Je… Je croyais que tu l'avais compris. »
Oh, mon dieu. Jamais elle ne l'avait vu aussi rouge. Aussi gêné. Et elle, elle restait inerte, sans rien dire. Le cœur battant. Pourquoi ne disait-elle rien ? Elle n'arrivait pas à trouver la moindre réplique alors que quelques minutes plus tôt elle le heurtait avec ses mots... Qu'est ce qui se passait ? Est-ce qu'elle dormait encore ? Ron leva ses yeux bleus vers elle, un sourire crispé sur les lèvres. Il était attendrissant. Hermione eut encore envie de pleurer. C'était trop d'émotions, elle avait le cœur en émoi, le ventre retourné et des papillons dans l'âme. Il la regardait, incertain et mal à l'aise.
« Tu veux dire que ça… que ça ne t'as pas gêné ?
- Au contraire, marmonna-t-il embarrassé en se grattant la tête.
- Mais… mais… je suis pas du tout ton type de fille, souffla Hermione sans réfléchir.
- Quoi ? s'exclama-t-il les yeux écarquillés de surprise. Qu'est est ce que tu racontes ?
- Ben…, elle se tortillait les mains, je ne suis pas… drôle. Ni une jolie fille. Je suis une… une Miss-je-sais-tout.
- Quoi ? répéta-t-il. Qui est-ce qui t'a dit ça ?
- Toi.
- Ah, oui. C'est vrai... - sa colère retomba aussitôt - Enfin non ! C'est pas vrai ! C'est pas du tout ce que je pense, enfin si, mais c'était avant ! Pas avant la bibliothèque, hein ! Avant quand on était enfants ! il s'emmêlait les pinceaux tout en essayant de paraître plus clair. Raaaaah ! Hermione, les types de fille ça ne veut rien dire ! La preuve !
- Quelle preuve, souffla d'espoir la sorcière.
- Mais…. Ça ! rougit-il plus (si c'était possible), enfin… tu vois quoi…
- Quoi ? »
Il se leva brusquement, les oreilles couleur tomate. Il ouvrit la bouche avant de se prendre la tête entre ses mains lorsqu'il croisa son regard. Il se rassit brutalement, il semblait dans tous ses états. Hermione bizarrement était incroyablement calme. Elle ne pensait à rien. Elle attendait juste. Simplement. Ron paraissait au summum du stress et de l'anxiété, ses oreilles avaient la même couleur que ses cheveux.
« La preuve… Je… Je suis quand même amoureux de toi. »
On aurait dit que tout son sang s'était retiré de son visage. Il passa du rouge au blanc plus rapidement qu'un caméléon. Il la regardait. Mal à l'aise. C'était ridicule. N'avait-il pas compris qu'elle l'aimait ? Non apparemment pas. Un Ron restait un Ron. Il ne devenait pas un prince charmant à cause d'un baiser. Pas comme le crapaud dans ce conte qu'elle adorait enfant… A cet âge là, elle était loin de se douter que le beau, classe et blond prince serait en réalité ce garçon roux, bougon et maladroit qu'elle avait rencontré un jour de septembre dans un train rouge magique.
Il restait là, les bras ballants, à se tortiller sur sa chaise. Et elle, elle se perdait dans un océan de béatitude et de plénitude. Son cœur semblait envahir son corps, et ses pensées dansaient entre elles tandis qu'une onde de chaleur l'atteignait de plein fouet. Elle devait agir avant de se noyer. Il devait l'embrasser, comme dans la fin des contes de fées.
Maintenant.
« Normalement c'est là que tu m'embrasses, sourit-elle en s'approchant doucement de lui. »
Ses yeux bleus la fixèrent mais il ne se fit pas prier. Il attrapa vivement son visage pour poser ses lèvres sur sa bouche. Tout devint électrique. Un courant la secoua de haut en bas. La faisant frissonner de plaisir. La langue de Ron étreignit la sienne et tout ne fut plus qu'une explosion de sensations et de couleurs. Elle plongea ses mains dans ses cheveux de feu tandis qu'il perdait les siennes dans son épaisse chevelure. Elle ne put retenir un gémissement de plaisir mais n'en rougit pas. Au contraire. Elle pressa son corps contre le sien, comme pour sentir sa chaleur la traverser, la faire s'enflammer. Son sang s'échauffait tandis qu'il lui mordillait les lèvres. Son souffle se mêlait au sien. Il sentait l'orange et le chocolat. Il sentait le bonheur.
C'était ça. Le baiser final qui clôt toutes les histoires d'amour. C'était ça la récompense du héros pour tous ses efforts. C'était ça le rêve des petites filles, des adolescentes, des gamines rêveuses. C'était ça. Hermione s'était imaginée ça tant de fois… Elle l'avait idéalisé ce baiser, l'avait peint de toutes les couleurs, recrée cent fois, avait refait des dizaines de fois les gestes. Elle s'était imaginé ça incroyable. En vérité, c'était tellement plus fort... C'était au dessus des mots. Parce que ce n'était pas le prince charmant. Parce que c'était Ron.
Heureusement.
Alors, votre avis ? Que pensez-vous de cette déclaratio qui m'a donnée tant de mal ? Est-elle réussit ?
Sinon ce chapitre est le dernier, j'espère que vous avez aimé lire cette petite fic.
Un petit mot final pour me dire que vous avez aimé ou non vous qui avez lut toute la fic sans rien dire ^^
Merci à tous !
