Bonjour!

Oui, je suis encore en vie (à moins que les lecteurs ne décident de m'achever pour cause de retard...) mais après avoir reçu mon chapitre via email (et la clef USB par courrier), j'ai relu mon chapitre et je dois avouer qu'il ne me plaisait plus vraiment. Alors, ne m'en voulez pas s'il est un peu plus court que les précédents, j'ai supprimé certains passages, rajouté d'autres et une spéciale dédicace à Sasuke Sarutobi or Koro-chan qui m'a donné l'idée de faire un petit résumé en tête de chapitre pour ceux qui ont un peu de mal à suivre. Je reprendrais les autres chapitres pour le faire. Merci aussi à tout ceux qui ce sont interrogés sur la mort de Kiba, ça fait parti des rajouts pour ceux qui voulaient plus de détails.

Alors, juste un petit mot pour tout le monde avant la lecture : à la fin, je vous garantie que vous allez me détester. Juste pour vous prévenir. Ce chapitre est l'un des piliers de la fic, on y voit à peu près tout le monde et je laisse une quantité d'indices non négligeable... Amateurs de mystères, sortez vos loupes! On apprend enfin quel est le métier de Sasuke d'ailleurs, félicitations à ceux qui avaient trouvé!

Merci à Masashi Kishimoto pour le monde qu'il a créé et qui nous permets d'en profiter même si en ce moment, je suis attirée par un autre fandom et une autre fic en cours d'écriture (rassurez-vous, je finirais celle-ci et je n'abandonne pas Naruto).

PS: Chapitre non corrigé, je m'en excuse par avance et je dois faire la mise à jour du précédent la semaine prochaine. Gomen!

Détails :

Les rewiews sont le carburant du stylo de l'auteur mais c'est donnant-donnant c'est pour cela que je réponds toujours aux rewiews (avec beaucoup trop de retard je sais...) :

□ Les membres inscrits par le système mis en place par le site.

□ Les anonymes directement sur mon profil.

Bonne lecture !

Résumé:

Shikamaru cherche à sens à son comportement insupportable envers son amant alors qu'il le trompe allègrement grâce à la présence de son ami de toujours, Chōji. Celui-ci a bien réussi dans la vie mais sa vie sentimentale est un désert depuis que la sincérité de ses sentiments a été éprouvé par une jeune femme qui n'en voulait qu'à son argent. Itachi est en souffrance due à l'annonce de sa future cécité malgré le soutien de Sakura et la promesse d'un traitement expérimental qui pourra peut-être l'empêcher de devenir aveugle. Son désespoir l'amène à réfléchir à ce qu'il fera au cas où... Sakura, elle, traverse une grave crise avec son époux et se tourne apparemment vers son collègue éperdument épris d'elle mais excessivement timide, Shino. Tenten est mariée à Neji après l'avoir poursuivi de ses assiduités jusqu'en Amérique et se trouve déçue du manque de sentiments de son époux envers elle jusqu'à ce que la déception se change en haine quand elle en comprend les motifs. Gaara tente de faire face à l'infidélité de Shikamaru en se lançant dans des bagarres de bars tout en cherchant à oublier la peur qui lui mine les tripes de constater la rupture qu'il sent inéluctable avec son amour. Cela ne l'empêchera pas de sauver ce dernier et Sasuke d'un chauffard qui avait failli les renverser au péril de sa vie. Enfin, on retrouve un Sasuke inquiet du non-retour de Naruto alors qu'il va se coucher au petit matin en rentrant de son travail jusqu'à ce que le blond débarque et ne lui annonce la mort de Kiba.


Chapitre 4

Vents contraires


Il sifflotait gaiement tout en roulant pour se donner du courage. Ça avait été une rude semaine, surtout avec cette urgence qui l'avait obligé à parcourir le trajet entre le canton de Tokyo et celui de Tochigi et à s'absenter de chez lui pendant si longtemps mais finalement, il allait enfin pouvoir rentrer. Et Hinata l'attendait. Son sourire s'élargit. Sa douce Hinata l'attendait dans leur maison, leur chez eux. Leur foyer.

Il savait qu'il était chanceux et il ne n'en revenait toujours pas. C'est vrai qu'il lui avait fallu du temps pour la convaincre de ses intentions mais elle avait fini par dire oui et accepter de sortir avec lui, Kiba. Il n'avait rien d'exceptionnel, pas de grands diplômes ou de grande fortune. Il était juste éleveur de chiens, même s'il en était fier, et elle avait accepté de sortir avec lui.

Rien n'avait pu lui ôter son sourire pendant les deux jours suivants.

Il avait pris le temps de la courtiser dans les règles de l'art, enfin, il avait essayé mais en sa présence, il se révélait un peu intimidé et maladroit. Elle avait tant de grâce et de prestance ! Mais elle ne s'était pas moquée de sa maladresse ou de son côté un peu lourdaud. Elle lui avait souri. Ça avait été merveilleux.

Puis, il avait osé demander sa main.

Il avait crû que son cœur allait exploser quand elle avait timidement baissé les yeux et soufflé un presque inaudible « oui ». Il n'avait pu s'empêcher de la prendre dans ses bras et de la faire tournoyer. Elle avait ri. Hinata a le plus beau rire du monde d'après lui. Hinata a toutes les qualités.

Ça fait deux ans qu'ils sont mariés mais il l'aime comme au premier jour.

Et puis, ils ont voulu un enfant et les ennuis ont commencé. Leur vie était si parfaite. Hinata l'a aidé à agrandir et rénové l'élevage familial pour qu'il puisse se développer. Il a voulu protester car c'était à l'homme de s'occuper de son foyer mais elle a eu l'air si triste qu'il n'avait pu résister. Et puis c'était une excellente idée car les bénéfices ont doublés mais ça l'avait aussi obligé à être moins présent pour leur couple.

Mais Hinata comprenait et ne lui en voulait pas.

Il aimerait tellement lui donner un enfant mais les analyses avaient révélé une « oligospermie » ou comme l'avait gentiment indiqué leur médecin traitant : il avait une « quantité trop faible de petits poissons dans son étang ». Et il se croyait drôle… Hinata avait fondue en larmes et il lui avait fallu presque deux heures pour qu'il réussisse à la consoler.

Il lui avait proposé d'adopter.

Elle avait relevé doucement la tête et avait tendrement posé ses lèvres sur les siennes avant de murmurer que ça prendrait le temps qu'il faudrait mais qu'ils finiraient par y arriver et que ce n'était pas parce que leurs chances étaient faibles qu'elles étaient inexistantes. Il n'avait rien répondu et s'était contenté de serrer contre lui sa précieuse femme, ému.

Ils avaient pris un traitement pour augmenter leur fertilité et ainsi leurs chances de concevoir. C'était lourd, surtout pour Hinata et cela avait déclenché de nombreuses sautes d'humeur. Il avait été surpris la première fois où elle lui avait hurlé dessus avant de fondre en larmes et de s'excuser mais il savait que cela faisait parti des effets possibles du traitement hormonal et il ne lui en avait pas voulu.

Mais ça ne marchait toujours pas.

Et chaque mois, il entendait Hinata pleurer doucement à la vue du test négatif alors qu'elle était dans la salle de bain bien qu'elle ressortait avec un mince sourire malgré ses yeux rouges et qu'elle l'enlaçait en lui disant que ce serait pour la prochaine fois. Il ne pouvait alors se retenir de maudire la cruauté du destin et son incapacité à honorer sa moitié du plus beau présent du monde.

Il serra les mains sur le volant.

Il devait faire attention. Avec Gaara dans le coma depuis une semaine, Hinata l'avait pressé de prendre soin de lui quand il faisait de si grands trajets. Il devait rendre visite à l'hospitalisé demain avec Hinata. Ce qui était arrivé était invraisemblable et le chauffard qui avait percuté Gaara s'était lâchement enfui.

Shikamaru ne quittait presque jamais son chevet.

Pas qu'il appréciait spécialement le roux mais Kiba se sentait désolé pour lui même si le comportement de Shika le laissait un peu désappointé. Leurs problèmes n'étaient un secret pour personne mais en même temps, Gaara s'était précipité pour le sauver alors il pensait qu'il devait lui en être reconnaissant.

C'était quand même la moindre des choses à son avis.

Il jeta machinalement un coup d'œil à côté de lui avant de secouer la tête. Il cherchait encore son compagnon de toujours, Akamaru, mort depuis deux ans de vieillesse. Il ne l'avait pas vu venir mais son cœur avait décidé qu'il était temps pour lui de prendre sa retraite. Il avait été si triste qu'Hinata lui avait proposé de ramener un nouveau chien à la maison.

Il avait refusé.

Hinata avait une peur bleue des chiens même si elle n'avait jamais rien redit à la présence d'Akamaru à la maison. Le chien, sentant sa peur, réagissait toujours en grondant à son approche même s'il n'avait jamais rien fait contre elle. Les animaux sentaient la peur et Akamaru étant un mâle adulte, on ne pouvait lui reprocher de vouloir s'imposer sur une femelle inférieure de sa meute.

Il n'avait pas remplacé son compagnon mais il lui manquait.

Surtout quand il était fatigué comme ce soir car la bête l'aurait obligé à rester éveillé et à faire attention à la route. Il bailla. Il avait vraiment envie de dormir. Il n'aurait pas dû prendre ce thé chez Okana-san mais elle avait tellement insisté pour le remercier de s'être déplacé à une heure si tardive pour s'occuper de son chien alors qu'il aurait déjà dû être reparti qu'il n'avait pu refuser.

Il n'était pas vétérinaire mais il connaissait les animaux et leurs comportements et avant de faire appels aux docteurs, les gens préféraient faire appel à lui car ils avaient confiance en son jugement. Parfois un animal refusait de manger car son maître absent lui manquait et il donnait des petites astuces en attendant le retour de celui-ci en laissant un vêtement imprégné de son odeur ou de reprendre les mêmes rituels du maître pour le divertir…

Ça marchait souvent.

Quand ça dépassait sa compétence, il recommandait lui-même le vétérinaire adéquat, prenant rendez-vous lui-même parfois. Il adorait son métier même s'il était très occupé mais comme Hinata était aussi très occupée avec les affaires familiales, ils avaient un équilibre dans leurs emplois du temps et ils arrivaient tout de même à trouver du temps pour être ensemble et… essayer encore.

Il avait vraiment sommeil.

Sans qu'il s'en rende vraiment compte, sa tête vint se poser sur le volant. Dans la brume de son esprit, il ne vit pas sa voiture quitter la route et se diriger vers le ravin en contrebas. Il se réveilla à peine quand la voiture heurta brusquement le fond du gouffre avant que tout ne devienne noir et froid.

o0o0o

- C'est Kiba. Il est… mort.

Les mots avaient été si durs et prononcés avec tant de douleur que je l'avais serré très fort contre moi. Fort. Kiba est – était – un ami très proche de Naruto, son pote dans les mauvaises vannes, les blagues pourries et les conversations loufoques jusqu'à pas d'heures. Il m'avait toujours saoûler mais il fait – faisait – rire Naruto et ça, je ne pouvait que l'en remercier. Et il est mort. Je comprenais que mon Naruto soit bouleversé, surtout après ce qui est arrivé à Gaara.

Ça faisait trop en trop peu de temps.

Toute cette semaine, les cauchemars se sont succédés et j'ai passé mon temps à rassurer Naruto, arrangeant mon planning pour être présent avec lui chaque soir, chaque nuit. Il ne me parle pas de ces cauchemars et ça m'inquiète. Ce soir, une urgence sur mon enquête actuelle que je ne pouvais pas remettre à plus tard sinon mon contact aurait pu disparaître et avec lui m'oblige à m'absenter et laisser Naruto seul. Ça aurait été dix-huit mois de travail foutu en l'air.

Mais quand je vois l'état présent de Naruto, j'aurais bien du lui dire d'aller se faire foutre à mon chef.

Quand il est rentré, le matin après la mort de Kiba, il n'était pas dans son état normal. Il s'était agrippé à moi comme s'il avait peur que je parte. Il n'y avait pas de douceur dans ses gestes, juste e l'urgence et quelque chose qui ressemblait fort à de la panique. Ce n'était pas bon. Naruto n'était jamais si pressant quand il voulait faire l'amour. Il m'avait déshabillé avec frénésie et impatience et je métais laissé faire, pour qu'il prenne ce dont il avait besoin mais alors que je m'attendais à me faire rapidement préparer, la voix tremblante de mon amant avait retentie dans la pâle lueur de l'aube qui traversait nos fenêtres :

- Prends-moi, Sasuke.

Je suis resté sans voix. Était-ce la supplique de sa voix qui me faisait douter, je ne sais pas mais j'ai eu la nette impression que quelque chose n'allait vraiment pas mais Naruto était trop chamboulé pour parler. Il voulait du sexe comme on avale un verre de whisky pour oublier.

- S'il te plaît, fais-moi tien. Je suis à toi, s'il te plaît. Rien qu'à toi.

J'ai oblitéré toutes mes pensées et les ait laissé de côté. Ce n'était pas de cela dont Naruto avait besoin à ce moment-là. Il me caressa et m'embrassa sans me laisser le temps de reprendre mon souffle. Ça m'a vraiment fait peur. Ce n'était pas le Naruto que je connaissais. J'ai essayé de ralentir le rythme, je voulais quand même faire les choses bien, même dans la précipitation, mais Naruto n'était pas de mon avis. Il me poussa sur le lit et me força à m'allonger avant de me chevaucher et de s'empaler net sur mon sexe tendu.

Je n'avais même pas pu le préparer.

J'ai observé avec fascination l'expression de douleur mêlé à un soulagement que je ne comprenais pas se peindre sur son visage. Il n'attendit même pas de s'être habitué pour bouger. La cadence fut rapide et même si le plaisir était là, c'était plus une réaction mécanique qu'autre chose. Nous ne faisions pas l'amour. Je n'ai pas vu de plaisir sur le visage de Naruto et je n'ai pas aimé ça mais je ne pouvais m'empêcher de ressentir cette chaleur qui m'enserrais si bien et ce mouvement qui me pressait de venir. Je ne pouvais pas l'en empêcher, Naruto me bloquait les poignets pour me forcer à le laisser faire et m'embrassait pour m'empêcher de parler.

J'ai jouis dans un râle douloureux.

Enfin, la pression sur mes poignets s'était relâché et il m'avait autorisé à me relever pour le regarder. Il pleurait. Je l'ai enlacé aussi étroitement que je le pouvais. J'ai eu peur tout à coup, comme une crainte diffuse qui ne fit que resserrer encore mon emprise, la rendant sans doute douloureuse. Mais Naruto ne s'en plaignit pas. N'étais-je pas celui qui était pourtant le plus à même de déchiffrer ces yeux si bleus? Je me suis finalement redressé et j'ai cherché à confronter ces yeux qui semblaient vouloir me fuir. Lorsque je les ai rencontré, les larmes continuaient de couler mais cette fois, un murmure les accompagnait, désespéré :

- Tu me laisses pas, hein ? Je suis à toi, rien qu'à toi... Me laisse pas Sasuke…

Ça ressemblait à la plainte d'un enfant au sortir d'un cauchemar. Je réalisais soudain que les évènements survenus, l'accident et le coma de Gaara, aggravé encore par la mort de Kiba avaient réveillé l'insécurité profonde de Naruto. Il avait peur. Peur de me perdre. Peur d'être seul. A nouveau.

Alors, je l'ai rassuré comme ai pu : je le berçais dans mes bras, comme un enfant et je lui murmurais inlassablement que je l'aimais et que rien ne nous séparerait jamais, que jamais je ne le laisserais partir loin de moi et que jamais je ne partirais non plus. Il avait fini par me croire et s'endormir.

Je ne suis pas aller bosser ce jour-là. Merde à mon chef.

o0o0o

L'enterrement a lieu deux jours plus tard. La cérémonie est simple et sobre mais le nombre de personnes présentes démontre à quel point le dresseur de chiens était aimé. Naruto se tient à côté de moi, le regard vide. Il faut que je le force à se nourrir. C'est comme s'il se punissait pour la mort de son ami uniquement parce que c'est lui qui avait recommandé à cette femme Okana-san de faire appel à Kiba pour son chien je pense après l'avoir rencontré à l'hôpital.

Il ne m'en parle pas.

Il a pris quelques jours de congés et j'ai essayé d'en faire autant mais l'enquête délicate sur laquelle je suis me contraint à rester en poste. C'est à peine si j'ai pu me libérer pour être présent pour rendre les derniers hommages à Kiba. Heureusement, Sakura et nos amis sont présents. Ils se relaient auprès de la jeune veuve qui a le même visage sans expression que mon amant.

Je l'admire sans le dire, Hinata est vraiment très digne dans sa douleur même si son regard semble distant de tout. Elle n'ouvre sa porte à personne, même Sakura.

Je sais que Naruto et Sakura ont été les premières personnes appelées par elle quand elle l'a su. C'est pour cela que Naruto est rentré si tard – ou plutôt si tôt. Il a passé la nuit avec Hinata et Sakura chez elle à consoler la jeune femme dans les vapeurs de l'alcool de riz, finissant par tomber à même le sol, accablés par le chagrin et le spiritueux.

Et Gaara qui ne se réveille toujours pas.

o0o0o

J'entend un son. Un bip, régulier mais lointain. Il me guide. J'ai du mal à formuler une pensée cohérente. Je ne sens rien. J'essaie de me rappeler mais rien ne viens. Je suis si fatigué mais je combats le sommeil car une voix vient se superposer au bip et cette voix m'intéresse. Je crois qu'elle dit mon nom mais je n'en suis pas sûr.

J'aime cette voix.

Je n'entend pas vraiment ce qu'elle dit ou plutôt, je ne comprend pas ce qu'elle dit. Cette voix m'appelle et me fais me sentir bien mais aussi, curieusement, en colère. Je ne sais pas pourquoi. Je crois que j'ai sombré plusieurs fois mais à chaque fois, la voix était de nouveau là.

J'aime ça.

Et puis, quelque chose a changé, je ne sais pas quoi mais la voix a parue plus claire et je l'ai trouvé triste. Je n'aime pas ça. Je ne veux pas que la voix soit triste. En plus, je pense que c'est à cause de moi mais je ne sais pas pourquoi.

Je dois arrêter ça.

Je prends peu à peu conscience de mon corps. J'ai mal. Je ne peux pas bouger. J'ai le sentiment d'être entravé et ce n'est pas agréable. J'ai mal. Il y a quelque chose dans ma gorge et quelque chose sur mon bras. J'émerge difficilement.

Je suis Gaara.

Je me rappelle maintenant. Beaucoup de choses passent dans ma tête. Des bons souvenirs. Des mauvais aussi. Beaucoup. Je sais à qui appartient la voix et d'un seul coup, j'ai vraiment envie de me réveiller. Mes paupières sont lourdes mais je veux les ouvrir.

Parce qu'il est resté à mon chevet.

Il m'a veillé. Il tient à moi et il est resté à mes côtés pour prendre soin de moi. Alors, il m'aime. Shikamaru m'aime. Il nous reste encore une chance. Je veux lui faire savoir que je vais bien et vérifier si lui aussi va bien. Je sais que je l'ai sauvé mais je veux vérifier de mes propres yeux qu'il n'a pas été blessé.

Mes paupières se soulèvent un peu.

C'est dur. Le soleil heurte la rétine fragilisée par mon sommeil. Je mets un moment avant de faire le point. Quand enfin c'est fait, je le cherche. Je ne prête pas attention au décor, je note juste que c'est blanc. Hôpital sûrement. Je m'en fous, je veux le voir. Maintenant. J'atteint enfin mon objectif et le sourire que je sentais fleurir sur mes lèvres se fane.

Shikamaru est en train de draguer l'infirmière manifestement chargée de mes soins.

Je n'ai pas de doute à ce sujet. Je connais cette posture et ce regard, ce léger sourire qu'il laisse flotter sur son visage. Je vois les réactions de cette greluche qui glousse comme une poule et roule des yeux tout en faisant pigeonner au maximum son décolleté. Ridicule.

J'ai mal mais surtout : je suis en colère.

o0o0o

Ça fait des jours que je suis ici. Je ne me rappelle que vaguement de l'ambulance qui arrive et des paroles réconfortantes de Sasuke (qui aurait crû qu'il était capable de réconfort ?). Je ne voyais que Gaara et cette masse sanguinolente qui représentait mon amant. On ne voulait pas me laisser monter dans l'ambulance mais je me suis imposé.

Je lui ai tenu la main pendant tout le trajet et là, franchement, j'en avais rien à cirer qu'on pouvait nous regarder. Gaara était entre la vie et la mort. Ils avaient stabilisé son état mais ses blessures nécessitaient plusieurs interventions délicates et ce n'était même pas sûr qu'il puisse survivre.

Le bilan fut lourd.

Une fracture au bras pour commencer. Gaara ne pourra plus jamais du violon, du moins, plus jamais professionnellement. J'ai regretté à ce moment là de ne pas avoir été l'écouté plus souvent. Ces deux jambes sont plâtrées et il faudra encore plusieurs interventions pour savoir s'il pourra jamais remarcher. Mais le pire, plus que les côtés à ressouder ou les contusions qui défigurent son beau visage, c'est la commotion.

Gaara pourrait ne jamais se réveiller.

J'ai failli m'effondrer. Je me suis assis et j'ai pleuré. On m'a ordonné de rentrer chez moi mais j'ai refusé. J'ai attendu des heures juste pour le voir. Quand ils en ont eu fini avec lui, ils sont venus m'expliquer que je n'avais aucun droit d'être là, que sa famille avait été contacté et que je devais partir.

Je lui ai planté mon poing dans la figure.

Ce n'était sans doute pas la chose la plus intelligente à faire mais ça m'a défoulé. Heureusement pour moi, Sasuke et mon père sont arrivés à ce moment là pour empêcher la sécurité de me mettre dehors. Je ne sais pas ce qu'a dit mon père au médecin mais ça a été efficace et on m'a installé un lit près du sien.

Quand je suis entré dans sa chambre, j'ai failli arrêter de respirer. J'ai du mal à reconnaitre mon amant sous ces amas de plâtre et de bandage, sous ce masque qui lui permet de continuer à respirer. J'aime autant que je déteste ce moniteur qui m'informe que Gaara vit mais qui ne me renseigne pas. M'entend-il ? Sent-il ma présence ?

Mon père est venu se poster à mes côtés et sa main sur mon épaule n'était pas désapprobatrice mais réconfortante. Je n'ai su que j'avais arrêter de respirer quand j'ai senti une grande goulée d'air s'insuffler dans mes poumons. Je n'aurais pas pu supporter le rejet de ma famille à cet instant. Ça aurait juste été… trop.

Kankurô est arrivé puis Naruto et Sakura. Kankurô s'est aussitôt assuré que les meilleurs médecins s'occupaient de son petit frère et qu'il bénéficierait des meilleurs soins. Temari était dans le premier avion mais n'arriverait pas avant au moins une journée. Sasuke s'était chargé de raconter ce qu'il s'était passé.

Tout le monde a dit que ce n'était pas de ma faute.

Pourtant ça l'est. Je sais que Gaara vient presque chaque soir m'attendre au sortir du travail pour qu'on soit ensemble. Je ne me suis jamais gêné pour lui montrer les femmes qui se pendaient à mon bras mais il n'a jamais fait de scandale. Je ne sais pas où il va dans ces cas là mais il est toujours à la maison quand je rentre.

Je regrette beaucoup de chose.

Déjà, je regrette d'être si con. C'est un début je pense. Parce que maintenant que j'ai failli le perdre, je sais que je veux rester avec Gaara, mon rouquin au caractère de rottweiler. Je veux m'intéresser à lui, à sa vie et faire enfin en sorte que mon couple fonctionne. Je m'en fous de ne pas avoir de moutard ou de ce que les autres pourront en dire.

Je veux Gaara.

Je veux qu'il me pardonne, je veux lui dire que je l'aime tous les jours de toutes les semaines jusqu'à ce qu'on soit vieux, chauves, bedonnants et pleins d'arthrite. Je veux lui dire que je regrette et je veux prendre soin de lui, être vraiment son petit-ami et même plus que ça même s'il n'y a pas de statut légal pour ça.

L'infirmière qui s'occupe de lui est jeune. J'en fait ce que je veux. Elle me laisse lui poser toutes les questions concernant les soins à donner à mon amant sans trop rechigner. Elle croit que je suis un « bon ami » et je me garde de la détromper pour le moment car elle m'en dit bien plus sur l'état de Gaara que ne le font les médecins qui, pour se protéger, en disent le moins possible comme ça, en cas de problème, leurs responsabilités ne pourra pas être impliquée.

Mais j'ai besoin de savoir.

Alors j'en profite une nouvelle fois lorsque d'un seul coup, je sens un regard familier se poser sur moi. Je tourne la tête et un sourire immense et soulagé s'affiche sur mon visage. Gaara est réveillé. Je n'arrive pas à ne pas pleurer. Je suis si subitement apaisé. Les yeux turquoises sont fixés sur moi, bien éveillés.

Je ne note pas la haine qui s'y trouve présentement tapie.

o0o0o

Ce n'était pas vraiment déshonorant. Pas vraiment. Il n'y avait pas lieu de se sentir coupable. C'est ce qu'il se disait à chaque fois. Il avait beau tenter de se persuader, il avait honte quand même. Il avait pris un pardessus alors que le jour était doux et que le vêtement était superflu mais il ne pouvait s'empêcher de vouloir se cacher.

Il prit le métro et descendit à sa station en scrutant les alentours, tout en sachant que c'était stupide et qu'il n'y avait aucune raison pour lui d'être suivi. Il se sentait coupable, aussi. Il avait pris un peu d'argent, juste ce qu'il fallait. Et comme d'habitude, il l'avait réparti en deux. Le premier serait pour l'homme ou la femme qui le ferait monter et l'autre pour la jeune femme. Celle qui lui offrirait son corps.

Il allait voir une prostituée.

Il allait à chaque fois dans le même quartier mais jamais au même endroit. Il avait commencé après le départ d'Hitomi. Il avait eu besoin de lui faire payer mais en son absence, il avait été voir une autre femme. Il était en colère et avait besoin de le faire savoir. Aujourd'hui, il reconnaissait que sa conduite était lâche et stupide.

Il était entré dans cet établissement, avait payé et avait suivi la matrone qui l'avait conduit jusqu'à la chambre. Toute sa colère était retombée lorsqu'il l'avait vu. Elle n'était pas Hitomi. Une jeune femme, presqu'une jeune fille l'avait regardé avec des grands yeux noisettes… tellement résignée. Elle n'était pas Hitomi.

Il n'avait pas bougé et la femme-fille était venue jusqu'à lui et c'est elle qui l'avait déshabillé puis allongé sur le lit miteux. Il s'était laissé faire et lorsqu'elle s'était empalée sur lui, il avait ressenti du plaisir. Physique. Mais moralement, il aurait voulu faire disparaître cette expression et ces gémissements qu'il savait surjoués juste pour l'exciter.

Une fois fini. Il s'était rhabillé lentement et c'était tourné vers elle et lui avait demandé son nom. Elle avait montré une véritable émotion à ce moment-là : une ineffable tristesse et lui avait répondu du bout des lèvres que les filles comme elles n'avaient plus de nom. Il n'avait pas su quoi dire mais il avait sorti son portefeuille et lui avait donné tout ce qu'il avait dedans.

Puis il était parti en courant presque.

Il y était retourné.

Mais plus pour les mêmes raisons. Il avait des besoins à satisfaire et même si c'était honteux et plutôt rare, il fallait qu'il trouve un moyen de les extérioriser. En échange, il essayait d'être doux et gentil avec elles. Et il leur donnait toujours de l'argent en plus qu'il savait que leurs proxénètes ne leur donneraient pas.

Aujourd'hui, il changeait encore d'endroit, regrettant l'allure presque gaie du quartier qui cachait si bien ce qui se passait derrière les murs et les portes des immeubles colorés et décorés de publicités diverses de Dogenzaka. Il passa son chemin devant des entrées trop misérables pour être sûres. Il ne voulait pas se retrouver assommé et séquestré pour une rançon.

Il s'arrêta enfin devant un petit immeuble qui, certes ne payait pas de mine mais semblait relativement bien tenu. Il entra et une vieille femme l'accosta immédiatement, le sourire édenté, lui demandant quel type de fille lui plairait. Il s'en fichait et lui fit savoir ce qui n'empêchait la maquerelle de lui vanter les qualités de sa « protégée » tout en le guidant.

Il lui donna l'argent demandé et pénétra dans la pièce où son besoin serait soulagé. La porte se referma et la pièce s'assombrie. Les fenêtres ne laissaient filtrer qu'une fine raie de lumière entre deux volets entrebâillés. Il enleva son pardessus et le posa sur la chaise à l'entrée et attendit. La jeune femme était dos à lui, près de la fenêtre lui permettant de distinguer la couleur de miel de sa chevelure.

Elle se tourna vers lui et ses yeux s'écarquillèrent sous le choc.

Elle le regarda sans le voir et commença à se dévêtir. Il ne put qu'assister à sa lente mise à nue, incapable d'esquisser un geste, de prononcer un seul mot. Elle se dirigea mécaniquement vers le lit et écarta les jambes, attendant son bon vouloir. Il lui fallut un moment pour se reprendre sans qu'elle ne bouge ou ne parle.

Il articula difficilement une question qu'il savait stupide mais son cerveau avait besoin d'une confirmation :

Ino ?

Les yeux de la forme évanescente semblèrent se ranimer un peu, le temps qu'il puisse y lire l'horreur absolue et la terreur qui se reflétaient dans les yeux aigue-marine.

o0o0o

Il n'aurait jamais pensé que le fait d'avoir rencontré Orochimaru lui serait utile un jour. Comme quoi, tout le monde pouvait se tromper. L'entraînement de face-de-serpent s'était finalement révélé utile à quelque chose. Étonnamment, malgré le temps passé depuis lors, il n'avait rien perdu de son agilité et cela lui avait permit de faire rapidement ses classes et d'être jugé parmi les meilleurs de sa promotion.

Ajouté à cela son intelligence et il avait graduellement mais rapidement atteint une position élevée. Ce qui lui avait valu de nombreuses jalousies et rancunes de la part de collègues plus âgés mais il n'en avait cure. Il aimait son métier et il était fier de pouvoir dire qu'il le faisait bien. Il avait finalement choisi une carrière qui n'était pas ce qu'il pensait que ses parents auraient voulu.

Certes, il aimait l'informatique, résoudre des problèmes complexes et la gestion était quelque chose de fort plaisant. Mais rapidement, il s'était ennuyé. Pas que ce soit quelque chose de facile mais ce n'était pas nouveau. Ce n'était pas, il fallait bien l'avouer, excitant. Il lui avait fallu peu de temps pour s'en rendre compte.

Mais il n'était pas homme à prendre des décisions sans y réfléchir à deux fois. Il s'était donc assuré de terminer ses études, brillamment, cela va sans dire, et ensuite d'assurer l'avenir de son entreprise. Il savait que Shikamaru et Neji seraient capable de reprendre les rennes, lui permettant ainsi de s'occuper de seulement faire le point avec eux régulièrement.

De plus, la société était toujours à son nom, du moins comme actionnaire majoritaire ce qui lui assurait une certaine stabilité au cas où son nouveau projet ne lui aurait finalement pas convenu. Naruto lui en avait voulu de ne pas lui en avoir parlé de suite mais il avait attendu d'avoir vraiment tout prévu et mis au point.

Il y avait eu là une de leurs plus importantes crises de couple. Naruto avait écouté, calmement, ce qui l'avait surpris par ailleurs (et aurait dû l'alerter), pendant qu'il lui expliquait les choses d'une façon logique et tout à fait cohérente, de son point de vue. Il y avait eu un moment de flottement et il avait su que les choses n'allaient peut-être pas finalement tournées comme il l'avait pensé.

Naruto s'était levé du canapé et lui avait expliqué son point de vue. En quelque sorte.

Le poing l'avait frappé si soudainement qu'il ne l'avait même pas vu venir et il avait été trop abasourdi par cet éclat qu'il n'avait commencé à réellement écouté les hurlements de son amant que lorsque celui-ci l'avait attrapé par le col de sa chemise et que ses yeux remplis de larmes contenues avaient rencontré les siens.

Il avait compris alors que ce n'était pas le fait qu'il ne lui en ait pas parlé ou qu'il est tout prévu sans lui demander son avis qui l'avait rendu si furieux ou, du moins, ce n'était pas la raison principale. Ce qui effrayait, terrorisait serait plus juste, Naruto c'était les risques que sa décision impliquait. Et pas des moindres.

Devenir flic était dangereux, très dangereux.

Il alors prit sur lui de prendre Naruto dans ses bras et de le serrer jusqu'à ce que son amant cesse de se débattre et s'autorise enfin à laisser échapper toute son anxiété. Après, ils avaient pu parlé. Il avait écouté les arguments de Naruto. Ce dernier avait fait pas mal de garde aux services des urgences et les blessures par balles et les décès auxquels il avait assisté en salle d'opération.

Il avait passé des heures à tenter de sauver des cas désespérés qui ne trouvaient le soulagement que dans le repos éternel était amplement suffisant pour ne pas avoir envie de voir un juste l'homme qu'il aimait finir sous un drap blanc, un bip sans fin résonnant dans une pièce aseptisée et lugubre.

Il pouvait assurément le comprendre.

Malgré les années, la peur de perdre l'autre n'avait pas diminué. C'était irrationnel et totalement obsessionnel mais c'était là et ils avaient tous les deux du mal à le surmonter. Pour Sasuke, cela passait par une jalousie et une possessivité maladive. Pour Naruto, c'était une terreur absolue d'être seul et une angoisse quasi-permanente.

Ils n'arrivaient pas à le surmonter.

C'est aussi pour cela que Naruto avait réagi si fortement au coma de Gaara et ensuite à la mort de Kiba. Les faits étaient assurément graves néanmoins. Il avait passé plusieurs heures pendant lesquels Naruto avait sangloté, n'arrêtant pas de s'excuser, de lui faire jurer qu'il ne le quitterait jamais et qu'ils resteraient toujours ensemble. Ça avait été assez effrayant.

Rassurer Naruto et lui dire qu'il n'y avait rien à excuser, qu'il avait le droit d'être bouleversé et qu'il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour rester toujours à ses côtés. Les jours suivants, Naruto s'était montré inhabituellement silencieux mais il supposait que c'était lié à l'enterrement de Kiba mais quand le blond avait commencé à se lever avant lui pour lui préparer chaque jour son petit-déjeuner même quand il rentrait à peine de son service, il s'était inquiété.

Bien entendu , les attentions de Naruto lui plaisaient mais pas les motivations allant derrière. Naruto ne disait rien, se contenant de veiller sur lui autant que possible. Il se faisait discret et pas envahissant mais cette ombre constante stressait Sasuke. Quand Naruto ne pouvait pas être présent aux même heures que Sasuke à la maison, il préparait néanmoins toujours des plats à son attention.

Naruto faisait même le ménage sans se plaindre et veillait à ne plus laisser traîner ses affaires partout et il lui avait offert dernièrement un bracelet avec leurs initiales entrelacées. C'était bien mais c'était juste… trop. Comme si Naruto avait l'impression qu'au moindre faux-pas, leur couple serait terminé. Cette insécurité permanente lui mettait les nerfs à vif mais il n'osait pas en parler au concerné, sachant que cela ne ferait qu'empirer le problème.

Il en avait parlé avec Tsunade.

Elle avait convoqué Naruto aujourd'hui. Il espérait que cela l'aiderait à aller mieux. Surtout que Gaara était enfin sorti de son coma et même si personne ne ferait revenir Kiba, sa veuve était bien entourée et on sentait qu'elle ferait face même s'il devait avouer l'avoir trouvé très pâle et presque fragile dan ses vêtements de deuil.

Il revint de ses pensées, ses sens et réflexes aux aguets, lorsqu'il entendit une voix moqueuse et basse le héler :

- Alors, Sasuke-kun, on ne dit pas bonjour à Kabuto-san alors qu'il prend de son temps pour venir te voir ?

o0o0o

- Bonjour, Naruto, déclara la voix douce de Tsunade en invitant son fils à entrer.

Il rendit un mince sourire et alla s'asseoir dans la cuisine. Jiraya était en voyage et ne rentrerait pas avant au moins une semaine, ce qui fait qu'il pouvait passer dans la maison qui fut celle de son enfance. Jiraya lui manquait. Il avait essayé, sans en parler à Sasuke, de prendre contact avec lui mais la seule fois où celui-ci avait répondu c'était pour lui dire qu'il ne fallait pas qu'il s'attende à quoi que ce soit de lui tant qu'il n'aurait pas cessé ses folies.

Briser son couple avec Sasuke.

Ça faisait mal. Sa famille avait été un point d'ancrage essentiel quand il avait emménagé au Japon et Jiraya en était au cœur. C'est lui qui l'avait sauvé, qui lui avait donné un foyer. Il avait l'impression de l'avoir trahi quelque part mais à chaque fois qu'il y pensait, il se rappelait toujours à quel point il tenait à Sasuke et comment la simple possibilité d'être séparé de lui était bien plus douloureuse que celle de perdre Jiraya.

Mais il en souffrait tout de même.

Pourquoi les choses ne pouvaient elles pas être simples ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas former une famille, comme avant ? Le regard pénétrant de Tsunade le rendait mal à l'aise. Il savait qu'elle attendait qu'il se confie à elle. Même s'il n'était plus son patient depuis longtemps, leur relation et leurs discussions lui avaient souvent permis d'y voir plus clair et d'aller de l'avant. Mais pas cette fois. Il ne pouvait rien dire.

C'était trop dur.

Il saisit la anse de la tasse de thé et la but doucement tout en contemplant celle qui était et serait toujours sa mère. Les années avaient enfin commencé à avoir prise sur elle. Ses yeux étaient désormais marqués de fines rides et ses longs cheveux blonds avaient commencés à prendre une teinte grise. Elle se tenait moins droite, plus courbée. Malgré cela, elle était encore redoutable et Naruto en eut encore la preuve.

- Alors, qu'est-ce que tu caches ? Demanda t'elle en le scrutant intensément.

Il était inutile de lui mentir.

- Je ne peux pas en parler, murmura t'il doucement.

- Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ? Pointa t'elle calmement.

- Je… Il prit une profonde inspiration avant de se forcer à articuler : Si je t'en parlais, à toi ou à qui que ce soit, ça rendrais juste les choses… réelles. Et je veux juste…oublier.

- Tu devrais pourtant le savoir depuis le temps Naruto que ce n'est pas comme ça que tu seras soulagé… Commença Tsunade, gentiment, ne s'attendant pas à l'éclat qui suivit :

- Je ne veux pas être soulagé ! Je… C'est ma faute ! Si je n'avais pas… J'aurais dû…

Deux bras vinrent se poser autour de lui et elle le fixa droit dans les yeux. Il ne put résister à ce regard empli d'amour et de sollicitude maternelle et s'effondra contre la poitrine de Tsunade. Laissant sortir tout qu'il avait tenté de contenir, les mains douces caressant doucement son dos dans une tentative de le réconforter. Ils restèrent un moment comme ça jusqu'à ce qu'elle murmure à son oreille :

- Que vas-tu faire ? Tu dois lui en parler.

- Non, coupa t'il abruptement. Sasuke ne doit jamais savoir.

o0o0o

L'endroit était sombre mais joliment décoré. Sakura secoua la tête, découragée avant de rallumer la lumière. Itachi la regarda, résigné. Cela faisait plus d'un mois maintenant qu'ils testaient différentes formules sur lui, tentant d'endiguer la rapide déchéance dans laquelle il sombrait. Il posa une main réconfortante sur l'épaule de la jeune femme.

- Tu as fait de ton mieux, Sakura-san. Je te remercie.

Il faut du temps pour que cela agisse tu sais, ce n'est pas parce que les résultats sont nuls pour le moment qu'il ne faut pas garder espoir, dit-elle, dans une vaine tentative pour se convaincre elle-même plus que son patient.

Sa vision était de plus en plus mauvaise. Il était obligé de porter des lunettes à présent pour soulager le peu de vision qu'il lui restait. Il l'entendit lui fixer un autre rendez-vous sans vraiment l'écouter. Le trajet jusque chez lui lui fit une nouvelle fois prendre conscience de l'augmentation de son handicap. Il avait du mal à trouver son chemin dans les différentes stations de métro et à ne pas se tromper de station d'arrêt car le bruit de la foule couvrait le son de l'hôtesse annonçant sa station.

Dernièrement, il prenait parfois un taxi mais uniquement quand même sa fierté lui permettait de s'y résoudre. En rentrant , il sur immédiatement que son amant était là. Il vit la forme avachie dans le canapé de son amant scotché devant la télévision. Enfin, plus exactement, il devina la forme de Kakashi et la lueur clignotante du poste lui ayant permis de l'identifier comme tel.

- Ce n'est pas comme ça que nos bénéfices vont grimper, fit remarquer d'un ton sévère mais dont la moquerie était facilement discernable néanmoins.

- Mais sans le cerveau de l'entreprise, je ne suis rien, lança ingénument son amant en se levant pour aller à son encontre et l'enlacer.

Il frémit, ce que l'argenté prit pour du désir et dont il s'efforça de ne pas le détromper. L'entreprise qu'il avait créer reposait uniquement sur lui. Sur ses yeux. Kakashi avait tout abandonné pour le soutenir et c'était encore plus cruel pour lui de réaliser ce qui allait se passer quand… Il répondit avec presque désespoir aux baisers coquins de Kakashi et l'entraîna dans la chambre pour que celui-ci lui fasse l'amour, pour oublier cette foutue épée de Damoclès au dessus de leurs têtes.

Il se gorgea des traits d son amant autant que possible. Le nez droit et racé, les pommettes hautes, les lèvres fines et cette tignasse indomptable. Ces doigts vinrent en support à ces yeux défaillants pour suivre les contours des traits de son amour profondément endormi. Il ne pourrait jamais s'en lasser. Mais bientôt, il allait devoir le quitter.

Il avait fini de tout préparer.

Son avocat avait pris toutes les mesures et il savait que Kakashi ne manquerait de rien. Il lui léguait tout. Son amant serait à l'abri du besoin quoiqu'il arrive. Il avait fait des placements sur qui garantirait des rentes confortables en investissant dans des projets immobiliers notamment et il avait d'ors et déjà couché sur papier les mots qu'il n'arrivait pas à formuler. Il en avait fait une autre pour son petit frère, pour qu'il ne lui en veuille pas de tout confier à Kakashi.

Il n'avait pas de doute néanmoins quant à la réaction de Sasuke à ce sujet. Il avait su utiliser son capital pour le faire fructifier et avec les dividendes qu'il recevait de la société, il était loin d'être dans le besoin. Il ne lui en voudrait pas. Du moins pas pour ça. Il était si bien dans les bras de Kakashi. Il voulait y demeurer pour toujours. Il ouvrit le tiroir de sa table de chevet et en sortit l'enveloppe qui contenait ses derniers mots.

Et la boîte de somnifères qu'il avait caché avec.

Alors que les médicaments faisaient effet lentement et qu'il se blottissait contre la chaleur de son amour, il repensait aux mots de la lettre. Seraient-ils suffisants pour son amant. Il n'était pas habitué à exposer ainsi ses sentiments et il espérait vraiment que son amant trouverait du réconfort et la force de lui pardonner dans ces quelques lignes qu'il lui laissait.

Mon ange, mon amour,

Je sais que tu vas m'en vouloir atrocement. Je sais que c'est lâche de ma part de partir sans t'avoir dit au revoir mais le courage n'a jamais fait parti de mes qualités et je sais que si je t'en avais parlé, tu m'en aurais dissuadé.

Je t'aime, tu sais ? Je sais que tu as souvent crû que tu étais le second après Shisui mais je peux te le dire sans crainte maintenant. Tu es et à toujours été le premier. Ce que je ressentais pour Shisui n'est rien comparé à ce que je ressens pour toi. Tu m'a tellement apporté et jeme sens mal de te laisser tomber.

Tu dois te demander pourquoi je te fais ça. Je deviens aveugle, tu sais ? Parles-en à Sakura, elle t'expliquera ça mieux que moi mais ne lui en veut pas, je lui interdis d'en parler. Il n'y a pas de traitement. J'ai tout essayé mais rien n'a marché. Et oui, ces lunettes que tu trouvais si sexy n'étaient pas due à une quelconque fatigue visuelle mais au développement de plus en plus rapide de ma cécité.

Je ne pourrais pas vivre comme ça. Je ne veux pas être un fardeau. Surtout pour toi, tu mérites mieux que ça. Tu mérites tellement plus que ce que j'ai jamais pu t'offrir. Je regrette de ne pas t'avoir emmener en France comme tu le voulais, de ne pas avoir accepter d'aller à cette stupide séance de dédicace de cet auteur yaoi que tu aimes tant. Je regrette ce temps que nous n'aurons pas.

Mais je sais que tu vas continuer à vivre et je veux que tu retienne bien ce qui va suivre parce que c'est important : je veux que tu sois heureux. Tu es quelqu'un d'extraordinaire, j'ai eu tellement de chance d'avoir attiré ton attention. Et je veux que tu refasses ta vie. Je sais que tu y arriveras même si ça prends du temps.

Quand tu m'auras pardonné ce que j'ai fait sans doute.

Je t'aimerais à jamais,

Ton Itachi.

Le noir se faisait de plus en plus présent et la langueur de son corps faisait qu'il se sentait partir de plus en plus loin. Il ne prêta pas attention, trop plongé dans le sommeil à ces mains qui le secouaient et cette voix qui hurlait pour qu'il se réveille. Il n'y avait rien. Absolument rien.

o0o0o

- Tout le monde est là ? demanda une voix monocorde.

- Oui, chef, répondit un homme au visage à moitié masqué, les yeux iridescents contemplant l'assemblée froidement.

- Bien Kakuzu, déclara doucement ledit chef, alors commençons. Sasori ?

- Le commerce marche bien mais avec le rythme auquel Deidara consomme les filles, nous devenons visible et nous risquons d'attirer l'attention des flics sur nous… Déclara sournoisement le roux, le visage inexpressif.

- Si tu préfères servir de la marchandise périmée, c'est ton problème. Mes filles, au moins , rapportent gros…

- Où en est l'enquête Hidan ? Interrompit le leader, ne voulant pas encore être témoin d'une nouvelle dispute.

- Ne vous inquiétez pas. Mes prières à Jashin nous protègent, ils n'ont pas le début d'une piste et encore moins de preuves sauf pour ce projet spécial…

- En effet, approuva l'homme. Où en sommes-nous des préparatifs, Konan ?

- Cela ne devrait plus tarder. Trois jours au plus. Et notre partenaire ? Demanda la jeune femme, la seule à oser s'adresser ainsi au chef et lui poser des questions.

- Son apport va nous permettre d'étendre notre marché et de développer une nouvelle filières d'approvisionnement. Kakuzu ?

- Nous prévoyons une augmentation des bénéfices de l'ordre de 33% dès que l'implantation sera confirmé, on note déjà une croissance des commandes de 5%. Déclara avec satisfaction l'homme masqué, ses yeux luisants d'avidité et de cupidité.

- Bien. Vous savez tous quel est votre rôle ? Demanda le maître.

Tous hochèrent la tête, concentrés. Le partenariat était trop important pour être négligé. Surtout que la compensation était vraiment faible rapport aux bénéfices même si la plupart trouvait la chose particulièrement incompréhensible. Mais après tout, ils n'étaient pas là pour douter ou se poser des questions sur les motifs du chef. Ils étaient là pour obéir.

Une fois que la salle fut vidée de ses membres, le chef se tourna vers une silhouette masculine aux longs cheveux bruns et déclara, un sourire effrayant se dessinant sur ses traits :

- La fête va bientôt commencer.

L'homme hocha lentement la tête et sortit.


Bien, voilà...

Normalement, à la fin de ce chapitre, vous devez avoir pleins de questions et commencer à faire des déductions. Normalement, il doit rester un ou deux chapitres et peut-être un épilogue à part. J'essaierais de publier le prochain chapitre plus rapidement mais je me suis lancé dans une autre fic et je dois admettre que je n'ai pas consacré suffisamment de temps au prochain chapitre pour l'instant à moins de les raccourcir donc, il faudra patienter un peu. j'indiquerais la date de publication sur mon profil mais je vais tout ce que je peux pour ne pas trop tarder.

Merci encore pour toutes vos sympathiques rewiews, je vous assure que même si je n'y réponds pas toujours de suite, c'est toujours un plaisir de les lire.

A +, Mariko.