Bien le bonjour!
Merci à tous pour toutes vos rewiews qui m'encouragent à écrire, le prochain chapitre n'est pas encore commencé mais la trame est construite donc je vais tâcher de ne pas trop vous faire patienter. Regardez sur mon profil, je tiendrais à jour la date de publication.
Ce chapitre n'est pas corrigé mais bon, j'ai fais gaffe et vous ne devriez pas trop souffrir à la lecture. Je vais mettre les autres chapitres à jour, grâce à Kitsune no Kyubi.
Comme toujours, les personnages ne m'appartiennent pas véritablement, du moins, pas en dehors de cette histoire.
Trêve de blabla, bonne lecture!
Résumé du chapitre précédent :
Arrêt sur le moment de la mort de Kiba, ses dernières pensées. Retour à l'appartement de Naruto après avoir appris la mort de Kiba et avoir passé la nuit chez Hinata avec celle-ci et Sakura. Après cela, le couple semble envahi par l'incertitude et Naruto agit étrangement, comme s'il avait peur de perdre Sasuke. De son côté, Gaara se réveille après une période de coma et en surprenant le flirt de Shikamaru avec infirmière, décide de laisser libre cours à sa colère. De son côté, Shikamaru se rend compte de ses sentiments et fait tout ce qu'il peut pour son amant, quitte à flirter avec le personnel soignant pour avoir plus d'informations. Chôji éprouve le besoin de fréquenter la compagnie des prostituées pour satisfaire ses "besoins" primaires mais se retrouve choqué en découvrant Ino dans une maison close. Egalement, retour sur Sasuke, son parcours depuis qu'il a décidé de laisser l'entreprise qu'il avait créée aux soins de Shikamaru et Neji mais aussi ses inquiétudes face à l'attitude de son amant qu'il met sur le compte de sa peur de le perdre mais le malaise ne se dissipe pas et le couple ne dialogue pas et s'enferme dans cette dimension. De son côté, Naruto vit très mal la situation et hésite à se confier, surtout pas à Sasuke, avant de se relâcher avec Tsunade. Itachi a appris que Sakura ne pouvait rien faire pour empêcher la progression de sa maladie et a préparé son suicide en laissant une note à son amant pour expliquer son geste avant de "s'endormir" dans ses bras. Enfin ,une petite réunion de l'Akatsuki et de ses projets avec un mystérieux personnage caché dans l'ombre.
! J'ai l'impression qu'il y a des problèmes d'affichage au niveau du site, je vais donc réessayer de publier le chapitre!!
Chapitre 5
Troubles
Il n'avait pas réussi à la convaincre de venir avec lui, ni cette fois-là ni les suivantes. Elle l'avait supplié de s'en aller et de ne jamais revenir mais il ne pouvait pas. Ino était son amie. Et elle avait besoin de lui. Il avait été si choqué la première fois qu'il l'avait revu, il avait failli ne pas la reconnaître. Elle était si différente.
Pas tant au niveau physique même si la pâleur et la maigreur de la jeune femme l'avait marqué mais c'était les yeux vides qui l'avait réellement troublé. Ino lui avait toujours semblé une fille forte, avec un caractère bien trempé et une volonté à toute épreuve. La voir si vulnérable l'avait décidé. Il l'aiderait, qu'elle le veuille ou non. Même s'il ne savait pas trop comment s'y prendre.
Elle lui avait demandé de n'en parler à personne et il avait tenu sa promesse, même si elle lui coûtait. Il voulait qu'elle lui fasse confiance. C'était essentiel pour avancer. Il était revenu chaque jour depuis. Avec toujours quelque chose pour elle. De la nourriture, principalement. Et aussi des photos. Elle lui avait demandé avidement comment allait les autres, Sakura en particulier.
Pendant qu'elle mangeait ce qu'il lui avait cuisiné, elle adorait l'écouter lui parler du restaurant, de la carrière de Sakura, de Naruto et Sasuke, de leurs amis. Elle regrettait de n'avoir pas pu aller aux funérailles de Kiba. Ses yeux s'animaient un peu pendant leurs entretiens même si la question de ce qui se passerait après son départ restait toujours latente entre eux.
Parfois, Choji croisait un autre homme qui montait les marches et il se demandait toujours si celui-ci allait « voir » Ino. Lui-même n'avait plus envie de fréquenter des prostituées pour assouvir ses besoins. Il ne le pouvait plus depuis qu'il avait retrouvé Ino. Cela faisait presque deux mois à présent et elle refusait obstinément de sortir.
Il ne savait plus quoi faire. D'autant plus que la vieille femme le regardait de façon suspicieuse maintenant mais tant qu'elle le laissait monter pour rencontrer Ino, il ne s'en plaignait pas même s'il sentait que sa chance allait bientôt tourner. Il n'aurait pu mieux dire. Car ce jour-là, il y avait du monde dans le petit hôtel de passe. Des hommes dont les armes se montraient négligemment au détour des vestes entrouvertes.
Il l'avait mal senti mais avait pris son courage à deux mains pour demander à la matrone de le conduire à Ino. Elle lui répondit qu'elle n'était pas disponible. Il avait dit qu'il allait attendre et là, elle s'était fait plus explicite. Ino n'était plus disponible pour lui. Elle avait fait signe à un homme qui l'avait raccompagné plus ou moins brusquement à l'entrée et lui avait fait comprendre qu'il valait mieux pour lui ne plus revenir.
Une fois dehors, il ne sut plus que faire. Il craignait d'avoir attiré des ennuis à Ino. Allait-elle bien ? Lui avait on fait du mal à cause de lui ? Il voulait s'en assurer mais comment faire avec tous ses hommes armés devant l'entrée ? Il fit mine de s'en aller mais une fois à l'intersection, il bifurqua pour contourner le bâtiment et des retrouver derrière, espérant trouver une autre entrée.
Il fut déçu, il n'y avait pas de porte arrière. Néanmoins, il y avait un escalier de secours. Il descendit l'échelle et entreprit de grimper. Il eut de la chance car une fenêtre était ouverte. Il faillit rester coincer dans l'étroite ouverture mais finalement réussit à se dégager. Il était au premier étage. Il lui fallait encore monter pour retrouver la jeune femme sans se faire repérer.
Ça ne s'annonçait pas évident mais il n'était pas aller si loin pour rebrousser chemin maintenant. Il tenta de rendre ses pas le plus légers possible, écoutant son environnement pour intercepter le moindre signe d'une autre présence. Heureusement, tout était tranquille. Il atteignit la chambre d'Ino avec une sourde appréhension, ne sachant pas à quoi s'attendre.
Il poussa doucement la porte et s'engouffra dans la pièce. Il chercha aussitôt la jeune femme. Son regard passa sur le lit, devant le bureau avant de s'arrêter devant un bout de kimono dont le reste se perdait dans l'ombre. Il s'approcha lentement, apeuré de ce qu'il allait découvrir. Il entendit une respiration sifflante, haletante.
- Ino ? Appela t'il, incertain.
Un gémissement se fit entendre et il n'y tint plus. Il s'accroupit et tira la jeune femme vers lui, dans la lumière. Ce qu'il vit le choqua. Ino, la si jolie Ino était couverte de sang, de bleues et d'ecchymoses. Son œil droit était fermé et maculé de noir bleuté et sa lèvre était fendue. Il prit sa décision. Il ne pouvait pas la laisser ici.
Il la prit dans ses bras, constatant avec peine la légèreté du petit corps à présent évanoui dans ses bras. Il sortit précautionneusement de la chambre. Il réussit miraculeusement à éviter de se faire repérer et retrouva son chemin vers la chambre avec la fenêtre ouverte par laquelle il était entré. Il eut quelques difficultés pour faire passer Ino puis lui sans l'écraser au passage. Il descendit avec son fardeau serré contre lui.
Au moment où il croyait pouvoir s'en sortir sans trop de peine. Il vit un des hommes armés, une canette à peine sorti du plus proche Jidōhanbaiki[1] à la main le héler depuis l'autre bout du bâtiment. Pourquoi n'avait il pas prit sa pause cinq minutes plus tard ? C'était vraiment un coup de malchance. Évidemment, l'autre appela ses petits copains en renfort et Chôji n'eut pas d'autre choix que fuir le plus vite possible.
Hélas, il ne connaissait pas bien le quartier et en tournant deux intersections plus loin pour se dissimuler, il se retrouva prit dans un cul-de-sac. Il n'eut pas le temps de faire demi-tour avant que les hommes ne le rattrapent et ne l'entourent. Il était piégé. Et vu comme c'était parti, il ne s'en sortirait pas avec juste un petit sermon.
Il déposa doucement Ino sur le sol, contre le mur pour lui éviter d'être blessée. Ils étaient quatre contre un. En admettant qu'ils n'utilisent pas leurs armes, il avait peut-être une chance de les battre mais pas s'en en sortir indemne. De plus, il ne pouvait compter sur aucune aide. Dans ce genre de quartier, le mieux on se tient à l'écart des affaires des autres, le mieux on se porte.
- Alors, gros tas, tu veux ramener ta petite copine aux flics ? Lança le premier, celui qui l'avait repéré.
- Mais c'est peut-être même un poulet lui-même si ça se trouve, rajouta un autre. La vieille a dit qu'il venait presque tous les jours depuis deux mois.
- Ouais, ou alors il est tombé amoureux de la donzelle, ricana un autre. C'est vrai que ça se voit plus trop là mais c'est un sacré beau petit lot, et docile avec ça !
Qu'on s'en prenne à lui, il avait l'habitude et il y avait un moment maintenant que les réflexions ne le touchaient plus mais qu'on insulte Ino, il ne pouvait pas le supporter. Il s'élança vers celui qui semblait être le chef mais au moment où il allait lui coller son poing dans la figure, les trois autres l'attrapèrent et l'immobilisèrent. Il sentit un premier coup à l'estomac qui lui coupa le souffle.
- Ah ! J'ai l'impression de frapper un zabuton tellement c'est mou, railla le chef.
Il frappa de nouveau et, au bout d'un moment, le corps de Choji n'était plus que douleurs. Son visage le tirait et son ventre était douloureux. Il se demandait quand la correction allait cesser. Il ne prêtait pas attention aux ricanements des autres mais il s'inquiétait. Ils allaient sans doute ramener Ino et elle allait encore se faire punir à cause de lui.
Il se doutait qu'ils allaient bientôt se lasser et l'abandonner sur place. Il n'y avait rien d'amusant à frapper une cible qui ne pouvait pas se défendre, ils ne faisaient que lui donner une leçon. Quand on le lâcha enfin, il eut honte de s'écrouler au sol mais ses jambes ne le portaient plus. Mais un cliquetis métallique lui fit relever la tête.
L'homme avait sorti son arme et avait enlevé la sécurité. Là, il prit peur. Ils n'allaient quand même pas le tuer ? Il eut sa réponse quand il le vit ajouter un silencieux au bout du canon. Il allait mourir avant d'avoir fêter son vingt-sixième anniversaire. Malgré cela, il continuait à se faire du souci pour Ino. Lui réserverait on le même sort ? Il s'en voulu de l'avoir fait sortir sans avoir préparé son coup, d'avoir agi sous l'impulsion du moment.
- Ne t'inquiètes pas pour ta petite copine, Maître Sasori va s'occuper d'elle, se moqua le chef, interceptant son regard vers le corps inanimé de la jeune femme. Il lui apprendra ce qu'il en coûte de le défier.
Dans un sursaut de désespoir, Choji bondit sur l'homme et le renversa, faisant tomber l'arme au passage. Il s'attendait à ce que les autres ne sortent leurs propres flingues avant qu'un coup de feu ne retentisse. Soudainement, il fut relevé et il constata, surpris, qu'une horde de policier avait débarqué. Il regarda celui qui l'avait aidé à se remettre sur pieds et fut stupéfait par le visage qu'il rencontra :
- Sasuke ?
0o0o0
- Tadaima ! Lança sans grande conviction Shikamaru en entrant chez lui.
Il n'y eut, comme d'habitude, pas de réponse. Gaara l'avait pourtant entendu rentrer, c'était certain mais de toute façon, c'est à peine s'il lui avait adressé la parole depuis son réveil. Mais c'était sans doute dû au choc des révélations du médecin sur son état. Son amant n'avait pourtant pas cillé lorsqu'il avait appris pour le délais de rétablissement de ses jambes, pas même lorsqu'il avait appris qu'on allait devoir le réopérer pour sa fracture en spirale.
Maintenant, la jambe droite était ornée de plaque et de vis et il ne pourrait prétendre à la moindre rééducation avant au moins encore quatre mois et deux pour l'autre jambe si tout allait bien. Il n'avait rien laissé transparaître lorsque le chirurgien lui avait appris que sa carrière de violoniste professionnel était terminée. Rien, pas un pli sur son visage n'avait marqué une quelconque émotion.
Néanmoins, il devait en souffrir. Et lui en vouloir. Après tout, c'était bien pour le sauver qu'il s'était élancé devant la voiture. Pour le protéger. Alors maintenant, il ne pouvait que comprendre le comportement de son compagnon. Mais il n'avait pas l'intention de laisser tomber. Il avait embauché une assistante médicale pour aider Gaara dans les tâches de la vie quotidienne car son amant s'était farouchement opposé à ce qu'il s'en occupe. Il n'y avait que le soir, après le départ de l'assistante quand il rentrait, que Gaara le laissait s'occuper de lui.
Il trouva le jeune homme dans son bureau, en train de taper sur le clavier d'une main. En le voyant, il releva le nez de l'écran. Il ne savait pas trop quoi dire, alors il se contenta de banalités :
- Tu as passé une bonne journée ? Lança t'il avant de se frapper mentalement. Évidemment qu'il n'avait pas passé une bonne journée, confiné entre les murs de leur appartement.
- Oui, répondit l'autre, indéchiffrable.
- Ah…euh… tu as faim ? Je peux préparer quelque chose à manger ? Demanda t'il. Gaara cachait toujours ses sentiments, c'en était presque désespérant. Il aurait préféré qu'il hurle, qu'il crie ou qu'il l'insulte plutôt que cette froide indifférence.
- Non. Commande plutôt, je n'ai pas envie de mourir empoisonné, répliqua Gaara avant de replonger sur son écran.
- Tu.. tu veux quelque chose en particulier ? Se risqua t'il à demander.
- Mon plat favori, répondit doucement le rouquin en le regardant droit dans les yeux avant de se concentrer de nouveau sur son ordinateur.
Shikamaru acquiesça et alla saisir le téléphone d'un des traiteurs qu'il avait aimanté sur le réfrigérateur. Il s'était essayé aux fourneaux mais après avoir failli brulé la cuisine et, par extension, l'appartement, Gaara lui avait sèchement recommandé de s'en tenir aux services de professionnels. Il regrettait le temps où c'était Gaara qui préparait des petits plats pour eux.
Il s'en était plaint auprès de Sasuke et de Naruto qui lui avaient rétorqué, amusé, qu'au départ Gaara non plus ne savait pas cuisiner. Mais qu'il avait appris. Pour lui. Il ne s'en était jamais rendu compte. Une autre de ces choses qu'il ignorait sur son compagnon songea t'il alors qu'il fixait le combiné, désespéré, cherchant à se rappeler quel était le nom du plat préféré de Gaara. Il aurait dû le savoir pourtant, non ?
Takoyaki ? Sashimi ? Tempura ? Ah, les ramens ! Non, ça c'était Naruto… Il avait honte de lui-même. Après près de quatre ans de vie commune, il était incapable de dire quel était le plat que son amant aimait le plus. Gaara connaissait le sien pourtant. Il le lui avait suffisamment cuisiné comme ça. Il devrait peut-être prendre des cours ? Il soupira. Il n'aurait jamais la patience… Ce serait trop chiant.
Bon, cette commande ? Il n'allait pas rester planté devant ce foutu combiné pendant trente ans, non ? Il soupira, encore. Il allait devoir retourner voir Gaara et lui poser la question. Il était vraiment minable reconnut-il. Il raccrocha, tendu. Il se retourna pour voir le roux devant lui. Son fauteuil électrique était très silencieux et Shikamaru était parfaitement apte à se déplacer seul la plupart du temps grâce à sa main intacte.
- Shepherds' Pie, murmura le roux.
- Hu ?
- Shepherds' Pie [2], répéta le roux, le regard insondable. J'ai longtemps vécu en Grande Bretagne. C'est le plat que je préfère mais sinon, tu peux commander aussi des sakoyaki, ça m'ira très bien.
Il s'en alla, laissant Shikamaru songeur. C'est vrai que le roux avait passé plusieurs années à l'étranger et il savait également qu'il était russe d'origine. Pourtant, ils n'en avaient jamais parlé. Il ne connaissait pas vraiment Gaara, reconnut-il. Mais avait-il jamais vraiment cherché à le connaître ? Il souffla encore avant de s'emparer de l'annuaire et de chercher un traiteur britannique. Tâche ardue.
Ayant passé commande, il retourna dans le salon où Gaara avait allumé la télévision, l'ignorant complètement. Il hésita à lui parler. Comment amorcer le sujet ? Avant, c'était Gaara qui débutait la conversation, lui demandant comment s'était déroulé sa journée, quelles étaient ses affaires en cours. Il rebroussa chemin, préférant s'occuper du courrier en attente. Cela faisait une semaine depuis leur retour de l'hôpital et deux mois depuis le réveil de Gaara. Il avait l'impression que continuer à le laisser s'amonceler comme il le faisait n'était pas la bonne solution.
D'habitude, c'était Gaara qui se chargeait de ses formalités administratives ennuyeuses mais il fallait bien qu'il s'en charge maintenant. Pourquoi ne s'en était-il jamais occupé avant ? Il ouvrit les lettres et commença à les parcourir. Factures à payer, relevés de compte, récépissés d'achat, formulaires à remplir, prospectus, et ah ! Une lettre de l'agent de Gaara aussi. Il fut tenté de l'ouvrir mais se retint. Peut-être que Gaara lui en parlerait. Ça ferait au moins à truc à discuter.
Il prit son courage à deux mains et commença à parer au plus pressé. Les factures d'abord, priorité absolue, mais une fois cette tâche achevée, il décida que le reste pouvait attendre encore un peu. C'était vraiment trop chiant… Comment faisait Gaara ? Et puis, il lui fallait encore s'occuper du linge sinon il allait se retrouver sans rien à se mettre sur le dos. Il déposa la lettre sur la table devant son amant qui ne lui prêta aucune attention et pénétra dans le local hautement redouté de la buanderie.
Il prit un tas de linge sale de différentes couleurs dans la corbeille et l'engouffra tant bien que mal dans la machine. Où était le mode d'emploi ? Il chercha un moment comment refermer le couvercle avant d'y parvenir enfin. Bon, mettre la lessive maintenant. Où pouvait elle avoir été rangée ? Il chercha dans les placards mais ne trouva rien. Puis il eut l'idée de regarder dans le petit placard derrière la porte de la buanderie et fut soulagé de trouver la barrique de lessive. Il s'en saisit mais fut perplexe quant à l'utilité de la petite boule en plastique dessus.
Il décida de la laisser sur place et chercha où verser le liquide. Il faillit rendre les armes devant les trois orifices. Et évidemment, aucun n'avait « lessive » marqué devant, juste des symboles inconnus. Il décida de laisser faire son instinct et rouvrit le tambour et y versa directement la lessive. De toute façon, ça allait bien finir par aller dedans, alors quelle différence ? Quant à la dose… et bien, au moins, ce serait propre !
Après, il fallait choisir le programme de lavage. Shikamaru laissa échapper un grognement désespéré. Il comprenait de mieux en mieux les efforts qu'avait fait Gaara pour s'occuper d'eux. Il ne pensait jamais à tous ces détails auparavant, cela allant de soi pour lui. Maintenant il se rendait compte du soin que le roux avait apporté à son confort quotidien et il s'en voulait vraiment de n'avoir jamais même eu l'idée de l'aider.
Il sélectionna un programme au hasard, croisant les doigts pour ne pas provoquer de catastrophe et laissa la machine démarrer. Il retourna dans le salon juste à temps pour entendre la sonnette d'entrée. Il se précipita vers l'interphone pour ouvrir au livreur. Après avoir payé, il déposa les plats sur la table et croisa le regard étonné de son amant devant son plat de Shepherds' Pie. Il eut un petit sourire.
- Tu savais qu'il n'y avait qu'un seul traiteur anglais dans tout le quartier ? Plaisanta Shikamaru.
- Merci, répondit Gaara avant de se renfermer.
- Est-ce que tu voudras… que je t'aide pour ta toilette ensuite ? Demanda nerveusement le brun.
- Il me semble que je n'ai pas le choix en la matière de toute façon, répliqua froidement le roux.
- Ce n'est que provisoire, rappela Shikamaru, mal à l'aise.
L'autre ne répondit rien, tentant de manger tant bien que mal son plat qu'il avait peine à saisir d'une seule main. Shikamaru hésita à aller l'aider, ne sachant pas comment il serait accueilli mais en le voyant faire tomber une nouvelle fois son couvert, il ne se retint plus. Il essuya la fourchette et présenta une bouchée à Gaara qui s'obstina à garder bouche close.
- Il faut que tu manges pendant que c'est chaud, déclara doucement le brun.
Finalement, Gaara ouvrit la bouche et ils mangèrent en silence. Il aida le jeune homme à se déshabiller et se laver en se retenant de le caresser comme il en mourrait d'envie. Cela faisait plus de deux mois, depuis l'accident en fait, qu'il n'avaient pas eu de rapports et il devait admettre que ça lui manquait. Il n'était sorti avec personne depuis.
Depuis qu'il avait fini par comprendre et accepter ses sentiments, il n'avait plus l'intention de fuir mais depuis son retour chez eux il y a une semaine, il ne savait pas comment se comporter avec Gaara, ne savait pas quoi lui dire. Alors il essayait juste de faire de son mieux. Même si les résultats étaient un peu décevants.
Il passa le gant de toilette dans le dos du roux avec délicatesse avant de le rincer. Il en fit de même pour le visage, les bras, les jambes mais il eut une hésitation à s'occuper de son sexe. D'ordinaire, le roux lui demandait de le laisser à ce stade mais cette fois-ci, il se dit qu'il pourrait peut-être prendre l'initiative. Il passa l'étoffe humide le long de la verge, puis de son autre main, la souleva pour la passer en dessous.
L'effet ne se fit pas attendre et le sexe du roux commença à durcir. Il replongea le gant dans l'eau pour le rincer avant de recommencer l'opération, se demandant si Gaara allait l'arrêter maintenant. Il le laissa faire avant de lui permettre de l'essuyer et de passer la longue chemise qui lui servirait de pyjama. Il le conduisit jusqu'à leur chambre et souleva difficilement son amant jusqu'au lit où il le reposa.
Après s'être couché à son tour, il prit son courage à deux mains et se tourna vers le jeune homme pour se pencher et saisir ses lèvres mais avant qu'il n'y parvienne, la voix froide de son compagnon se fit entendre :
- Bonne nuit.
- … Bonne nuit, répondit Shikamaru, un peu dépité.
Le lendemain il se préparait à partir et allait saluer Gaara avant de partir quand il remarqua le courrier non ouvert sur la table du salon. Il hésita puis, pris d'une impulsion, il s'en saisit et le fourra dans sa poche. Il alla dire au revoir à son amant qui ne prit pas la peine de lui répondre, plongé une nouvelle fois devant son écran. Shikamaru se demandait parfois ce qu'il pouvait bien lui trouver de si intéressant.
Arrivé au bureau, il avait complètement oublié l'enveloppe jusqu'à ce qu'il aille suspendre sa veste sur le porte-manteau de son bureau, la voyant dépasser depuis sa poche. Il la prit et la déposa devant lui. Décidant de ne pas tergiverser plus que de raison, il prit son coupe-papier et ouvrit le pli. Il pensait qu'il s'agissait de l'agent artistique de Gaara qui lui assurait des modalités de cessation de son contrat maintenant que le jeune homme ne pouvait plus assurer de prestations en tant que violoniste professionnel mais il n'en était rien.
Il s'agissait d'un autre type de contrat. Un contrat d'écrivain qui s'adressait à un certain auteur appelé « Kazekage ». Shikamaru en avait déjà entendu parler. C'était un auteur qui écrivait depuis quelques années et qui connaissait un succès de plus en plus certain que ce soit au Japon mais aussi à l'étranger. Gaara serait donc ce fameux Kazekage ? Il lui en aurait parlé, non ?
Pris d'un doute, il ressortit de son bureau en quatrième vitesse et alla à la librairie la plus proche. Il demanda le dernier livre de Kazekage à une jeune vendeuse qui s'extasia sur ces œuvres, complètement fan semblait-il de ce que Gaara ( ?) écrivait. Il y avait de nombreuses références alors il se laissa guider par la jeune fille et choisit le dernier exemplaire sorti. Il paya et s'en alla.
Une fois de retour à son travail, il s'enferma et demanda à ce qu'on ne le dérange pas sauf en cas d'urgence. Il ouvrit le livre avec une sorte d'impatience et d'appréhension mêlée. Que pouvait donc écrire Gaara ? Pas des romans d'amour, c'était certain. De la science-fiction ? De l'horreur ? Le mieux était encore de se faire sa propre idée décida t'il.
Deux heures plus tard, ce fut un coup de téléphone qui le sortit de sa lecture. Neji l'appelait. C'est ainsi qu'il se rendit compte du temps passé. Il avait été tellement pris par l'intrigue qu'il n'avait pas senti le temps s'écouler. Et Neji lui demandait de le rejoindre dans son bureau où deux investisseurs l'attendaient depuis près de dix minutes. Il rangea le livre en se promettant de s'y remettre dès qu'il aurait un moment de libre.
Ce qu'il fit. Les dossiers pouvaient bien attendre un peu.
Il découvrit un Gaara comme il ne l'avait jamais soupçonné. Il aurait pensé que le roux écrirait des romans policiers ou quelque chose dans ce goût-là étant donné son sens de la bagarre mais il n'en était rien. Ses livres était une ode à l'émotion intérieure. Chaque ligne, chaque mot évoquait la douceur de l'amour, les joies et les peines du quotidien. A travers les personnages, on découvrait une myriade de petits détails qui rendaient l'intrigue presque inutile même si intéressante et bien menée.
Il était bluffé.
En rentrant ce soir-là, Shikamaru se résolut à faire ce qu'il détestait le plus à l'exception de travailler : avoir une discussion sérieuse. Avec Gaara. Ça ne pouvait plus continuer comme ça entre eux. Il fallait qu'ils parlent. A l'hôpital, les conditions n'étaient pas idéales avec tout le monde qui était présent, leur laissant peu d'intimité mais depuis qu'ils étaient rentrés, ce n'était pas mieux. Entre son travail, les tâches ménagères, administratives et s'occuper de Gaara, il avait repoussé le moment autant qu'il l'avait pu.
Il salua l'assistante qui s'apprêtait à partir et rejoignit Gaara dans le salon. Il s'assit sur le canapé, ne sachant comment amorcer la conversation. Ce fut une surprise pour lui quand il entendit la télévision s'éteindre et Gaara parler :
- Ça y est, tu t'es décidé ?
- Décidé ? Demanda t'il interloqué ? A quoi ?
- A rompre, déclara machinalement le jeune homme.
- Rompre ? Tu veux… rompre ? Reprit bêtement Shikamaru, consterné.
- C'est bien ce que tu voulais, non ? Poursuivit le jeune homme, implacable. J'ai les moyens de me payer une assistance médical permanente et j'ai déjà pris des dispositions pour mon déménagement…
- Je ne veux pas rompre ! S'exclama Shikamaru, choqué, avant de prendre une grande inspiration et de se lancer : je t'aime Gaara.
Il y eut un moment de silence avant que Gaara n'explose :
- Dis pas de conneries, putain ! Tu restes avec moi parce que tu te sens coupable et uniquement pour ça ! Tu sais où tu peux te la foutre, ta pitié ?
Là, ça allait mal pour Shikamaru. Il ne savait pas comment prendre les choses ni comment faire pour convaincre le roux que ses sentiments pour lui était bien réels et pas le fruit d'un quelconque remord. Il laissa alors son esprit logique prendre le relais. L'émotionnel ce n'était vraiment pas son truc alors peut-être qu'il devait laisser la logique lui donner un coup de main ?
- Je t'aime parce que tu as pris soin de moi sans que je te le demande. Parce que tu t'es occupé de tout ici sans te plaindre en payant les factures, en gérant notre vie sans faire exploser la machine à laver, teindre les vêtements en rose (comment aurait pu savoir qu'il ne fallait jamais mélanger les couleurs? C'était marqué nul part!) ou en apprenant à cuisiner pour me faire plaisir. Parce que tu as toujours pris la peine de chercher à me connaître et de savoir ce qui comptait pour moi.
Il reprit sa respiration avant de continuer :
- Et moi, je reconnais que j'ai eu tort de ne pas faire le même effort, d'avoir laisser la réussite de notre couple sur tes épaules, de ne pas avoir su quel était ton plat favori, ni que tu jouais merveilleusement bien du violon ni de t'avoir accompagné à tes concerts au moins une fois. Je ne savais pas non plus que mon petit-ami était un écrivain si brillant et pour couronner le tout, il a fallu attendre que je te perde presque pour me rendre compte à quel point je t'aimais et de la chance que j'avais de t'avoir auprès de moi. Je crois pas que je pourrais retrouver quelqu'un capable de me supporter comme tu l'as fait et il est donc hors de question que je te laisse filer.
Il se leva et se positionna devant le roux et se pencha pour l'embrasser mais il se fit repousser violemment.
- Et toutes ces putains qui passaient dans tes bras, c'était une preuve d'amour peut-être ? Hurla le roux.
- Je sais que je me suis comporté comme le dernier des salauds…
- Et des égoïstes.
- Oui mais…
- Et des connards…
- Je sais ! J'aimerais qu'on reparte à zéro, sur de bonnes bases, lâcha t'il. Je veux apprendre à te connaître comme toi tu me connais.
- Et tu crois que je vais te croire ? Fit l'autre, sceptique.
- Non, je ne crois pas, répliqua Shikamaru en se saisissant de ses lèvres avec douceur avant de murmurer : Mais je vais tout faire pour y parvenir, peut importe le temps que ça prendra.
Il y eut un silence puis une esquisse de sourire sur les lèvres purpurines de Gaara :
- T'es un vrai connard, marmonna t'il.
- Ouais, je sais, acquiesça Shikamaru.
- Mais t'es mon connard, reprit il.
- Ouais, tout à toi.
- Jusqu'à quand ? L'inquiétude transparaissait nettement dans cette question et Shikamaru s'empressa de le détromper.
- Jusqu'à ce que t'en ai marre de moi ? Un léger rire se fit entendre.
- Ouh ! Tu prends des risques !
- C'est un risque calculé, répliqua tendrement Shikamaru, les bras autour du cou de Gaara, les lèvres pressées contre sa nuque.
- Et ton calcul nous mène où ? Demanda Gaara, encore incertain.
- Jusqu'au bout, répondit résolument le brun.
- Jusqu'au bout ? La voix était rauque d'émotion.
- Ouais… Dis… tu veux pas m'aider à faire à bouffer ce soir, on va manquer de tunes à force de commander chez les traiteurs… Un rire plus franc mais toujours tendre s'éleva et les bras du roux se rejoignirent pour enlacer son amant.
- Comment j'ai pu tomber amoureux d'un mec comme ça ?
- Aucune idée.
- Va falloir que je t'apprenne à cuisiner sinon on va finir fauché.
- Ouais. Et puis, va falloir aussi que tu m'explique comment tu fais pour écrire des trucs aussi romantiques avec un caractère de chien comme le tien…
- T'as lu mes livres? Demanda le roux, incrédule.
- Un. Aujourd'hui. T'es plutôt doué pour ces conneries, va falloir que tu me donnes ton secret, se moqua t'il tendrement.
- Et toi comment tu fais pour réussir à me faire changer d'avis en dix minutes pour une décision que j'ai pris plusieurs mois à prendre ?
- Je suis un génie.
- Un bouffon, oui.
- Mais tu m'aimes.
- Ouais. J'aurais mieux fait de rester coucher ce jour-là…
- Hé !
Ils firent l'amour cette nuit-là. Pas d'une façon ordinaire car il n'y eut pas de pénétration à cause du handicap de Gaara mais parce qu'il y avait un nouveau respect entre eux, une autre intimité et ils se contentèrent de caresses et de jouir de la compagnie de l'autre. Tout n'était pas pardonné ou réglé et il leur restait encore un long chemin à faire. Néanmoins ils étaient tout deux déterminés à faire en sorte que ça fonctionne entre eux et à tout faire pour.
Une nouvelle galère en perspective mais à deux, on rame mieux…
0o0o0
- J'me casse ! Hurla la jeune femme en prenant sa veste au passage et en claquant violemment la porte derrière elle.
Sakura tremblait de rage en sortant de chez elle. Elle ne supportait plus cette tension permanente entre elle et Kankurô. Et cette façon dont il lui parlait ! Toujours en train de lui faire la morale comme si elle était une gamine immature et déraisonnable. Comme si elle était une petite fille qu'on grondait gentiment en lui expliquant qu'elle avait tort et qu'il fallait qu'elle arrête ses caprices et obéisse bien gentiment.
Quel muffle !
Le sujet était encore une nouvelle fois revenu sur le tapis. Ils parlaient – non pardon, hurlaient – à ce sujet constamment. Ils n'avaient plus un seul autre sujet de conversation. Et en plus, elle avait l'impression que tout était de sa faute. Il lui disait qu'il ne comprenait pas ses réticences, qu'il n'y avait rien de mal à être mère au foyer et à s'occuper de ses enfants et de sa maison. Il disait comprendre son engagement dans son travail mais que cela ne devait pas primer sur leur couple.
C'était un dialogue de sourd.
Sa colère retombée, elle hésita sur la conduite à tenir. Normalement, elle aurait déboulé chez Naruto et Sasuke mais elle avait bien vu la tension entre eux en ce moment. Elle se demandait ce qu'il arrivait à Naruto. Il se comportait étrangement mais se défilait toujours quand elle essayait d'aborder le sujet. Et Sasuke semblait être inquiet. Non, elle ne pouvait pas aller chez eux.
C'était son jour de congé et elle avait toute la journée devant elle. Au départ, elle avait prévu de proposer à Kankurô un pique-nique vu le temps radieux qu'il faisait, histoire de relâcher un peu les tensions et de faire une sortie en couple, comme avant. Mais ils s'étaient disputés avant qu'elle ait eu la possibilité de lui en parler. Elle soupira. Elle n'avait pas envie d'aller chez Hinata non plus, elle ne se sentait d'humeur à voir personne.
Résolument, elle choisit d'aller où elle savait qu'elle serait seule et où on ne viendrait pas la chercher : à son travail. C'était jour de congé pour tout le monde mais elle possédait un jeu de clef et pouvait aller et venir quand bon lui semblait. Elle préférait se plonger dans le travail plutôt que de ressasser encore sa dispute avec son mari.
Une fois arrivée, elle se changea dans le vestiaire et gagna son laboratoire. Elle avait retrouvé son entrain. Les cultures de cellules souches étaient prometteuses et elle avait hâte d'essayer le nouveau protocole sur des sujets vivants. Elle regrettait seulement que ça n'ait pas marché pour Itachi… Elle choisit d'éviter d'y penser. Elle n'avait vraiment pas besoin de ça !
Quelle ne fut pas sa surprise en ouvrant la porte du laboratoire pour y découvrir Shino penché sur son microscope.
- Shino ?
Le jeune homme se retourna vers elle, manifestement aussi étonné qu'elle de la voir ici.
- Bonjour Sakura-san. Je ne pensais pas te voir ici aujourd'hui.
- Moi non plus à vrai dire… Murmura la jeune femme, sombrement. Shino se releva complètement et alla au devant d'elle.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda t'il simplement.
Elle hocha lentement la tête avant de sentir les larmes couler sur ses joues. Elle se retourna, honteuse. Elle devenait vraiment une fontaine en ce moment ! Deux bras l'obligèrent doucement à se retourner et elle sentit un mouchoir essuyer ses joues gentiment. Shino était vraiment adorable pensa t'elle avant de se reprendre.
Les choses avaient été clairement établies entre eux. Shino lui avait même dit, après leur baiser, qu'il n'était pas question qu'il se passe quoi que ce soit avec une femme mariée. Ce qu'elle était. Mais sa présence était vraiment réconfortante et il ne la jugeait jamais ni ne blâmait Kankurô devant elle. Il était toujours objectif et leurs entretiens la soulageaient beaucoup. Il méritait de trouver une femme bien qui prendrait soin du merveilleux garçon qu'il était.
- Tu veux en parler autour d'un café ? Proposa t'il.
Elle hocha la tête avant de le regarder ranger ses affaires. Il la raccompagna au vestiaire des femmes avant d'aller lui-même se changer. Il se rejoignirent dans l'entrée et sortir sans un mot de la clinique. Ils s'installèrent à un café de Shinjuku où ils avaient leurs habitudes. Une fois installés, Shino entama la conversation sur le dernier livre de Kazekage dont il était un grand admirateur et Sakura lui en fut reconnaissante. Shino n'essayait pas absolument de la faire parler, il voulait juste qu'elle se sente mieux.
Cette pensée lui fit retrouver le sourire. Ils discutèrent un moment avant qu'une idée saugrenue ne vienne à l'esprit de la jeune femme. Elle avait remarqué les regards des jeunes femmes sur son ami qui semblaient intéressées avant de regarder le look pour le moins débraillé du jeune homme et de passer leur chemin. Et là, c'était parfaitement de sa compétence !
Elle proposa une séance de shopping à Shino mais ne lui laissa pas le temps de répondre et l'entraîna dans la première boutique de vêtements pour homme qu'elle trouva et lui fourra une dizaine de vêtements, pantalons, tee-shirts et chemisette avant de l'envoyer en cabine. Le tout en moins de dix minutes chrono !
Kankurô était toujours bien habillé mais c'était parce qu'il faisait appel à des stylistes du monde entier et Sakura n'avait jamais eu le plaisir de pouvoir l'aider à se vêtir. Il ne venait jamais avec elle faire les boutiques, trouvant la chose inintéressante au possible. De toute façon, il y a peu de choses qu'il prenait le temps de faire avec elle. Même l'amour mais c'est parce qu'à chaque fois ils se disputaient pour savoir si elle avait arrêtée enfin la pilule donc elle finissait invariablement dans la chambre d'ami pour la nuit.
Elle attendit un peu puis appela Shino à travers le rideau pour savoir où il en était. Le rideau fut timidement tiré et elle put constater, bouche-bée, que Shino était loin, très loin, d'être laid. Il était grand et la ligne du pantalon qu'elle avait choisi, accentuait cette taille de même que le tee-shirt noir, simple mais élégant, mettait en valeur la poitrine musclée du jeune homme.
Celui-ci était rouge de gêne et croisait les bras comme pour se cacher. Elle ne put retenir une exclamation :
- Ouah, Shino ! T'es trop mignon comme ça. Pourquoi est-ce que tu continues à porter des vêtements aussi informes, tu n'as vraiment rien à cacher ! Plaisanta t'elle avant de remarquer que celui-ci ne semblait pas convaincu.
Elle l'encouragea à essayer encore plusieurs pantalons, prenant un réel plaisir à ce qu'il la laisse le guider et le conseiller malgré ses réticences. Pendant qu'il se rhabillait après le dernier essayage, elle se dit qu'elle pouvait pousser les choses un peu plus loin. Shino avait vraiment besoin qu'on s'occupe de lui ! Après tout, il avait été si gentil avec elle que c'était une sorte de façon pour elle de le remercier.
Elle le traina jusqu'aux caisses pour payer mais insista pour en payer une partie. Après tout, c'était son idée avant tout. Par contre, elle lui fit jurer d'accepter ce qu'elle avait en tête sans rechigner, arguant que comme ce serait elle qui allait payer, il n'y avait pas moyen de refuser. D'abord suspicieux car elle ne voulait pas lui dire ce dont il s'agissait, il finit par accepter, n'arrivant pas à dire non face au sourire enthousiaste de la jeune femme.
Ravie, elle le traina dans le salon de beauté le plus proche pour un soin du visage, une manucure et une coupe de cheveux. Ce fut là qu'elle eut un drôle de choc lorsqu'il dut enlever ses lunettes. Shino avait les plus beaux yeux qu'elle ait jamais vu. D'un vert intense, profond, presque comme des émeraudes et à voir les regards que lui lançait les femmes et l'esthéticienne présente, elle n'était pas la seule à le penser.
Ça l'agaça un peu en vérité de sentir leurs regards sur le jeune homme avant de se morigéner intérieurement. Après tout, Shino était son ami et c'est bien pour l'aider à faire de nouvelles rencontres, notamment féminines qu'elle était là avec lui. Elle le regarda se laisser faire masser le visage tandis qu'une autre esthéticienne s'occupait de ses mains. Une demi-heure plus tard, ce fut le tour de la coupe de cheveux. Les cheveux de Shino était souples mais pas particulièrement entretenus, ils allaient dans tous les sens sur sa tête.
Elle discuta un peu avec le coiffeur pour envisager le meilleur style tandis que le jeune homme se tortillait sur le fauteuil, mal à l'aise. Finalement, il fut décidé de choisir une coupe courte légèrement hérissée qui mettait en valeur le regard . Mais Sakura fut surprise que le jeune homme ne se regarde pas dans le miroir, lui demandant où se trouvait ses lunettes. A croire qu'il avait honte de ses yeux.
- Qu'est-ce qu'il y a Shino ? Demanda t'elle avant de rajouter, sa mauvaise conscience la travaillant : Je sais que je ne t'ai pas trop laissé le choix… Tu m'en veux ?
- Non, non ! C'est juste que… j'ai pas l'habitude qu'on s'occupe de moi comme ça et puis, j'ai besoin de mes lunettes, ajouta le jeune homme, tendu, évitant de la regarder, les yeux au sol.
Sakura eut une révélation. Elle attrapa la main du jeune homme et le planta devant un miroir de plein pied.
- Regarde Shino, demanda t'elle doucement. Lève la tête.
Le jeune homme lui obéit, une fois de plus. Il se stupéfia devant son reflet.
- Tu es vraiment très beau Shino, tu sais. Quand tu ne te dissimules pas derrière des vêtements trop larges et derrière tes affreuses lunettes.
- Mes yeux… tenta t'il.
- Sont vraiment magnifiques. Tu n'as pas de raison de les cacher, ajouta t'elle, mutine. Et je crois que la moitié de la population féminine est de mon avis…
- Tu trouves vraiment ?
A son air incrédule, elle sut que ce ne serait pas si facile. Elle eut une idée un peu farfelue mais après tout, elle n'était plus à cela près. Elle le tira par la manche devant la terrasse d'un café et aborda un groupe de jeune fille alors que Shino virait au rouge, complètement confus. Elle héla l'une des jeunes filles :
- Bonjour, excusez-moi de vous déranger mais mon ami, qui est là, fit-elle en désignant Shino, ne me croit pas quand je lui dit qu'il a des yeux magnifiques. J'aimerais que vous lui donniez votre avis, annonça t'elle solennellement.
Les jeunes filles étudièrent son compagnon des pieds à la tête avant de glousser. L'une d'elle, moins timide, se lança :
- Moi, je dis qu'il n'y a pas que les yeux qui sont magnifiques ! Êtes-vous célibataire ? Argh ! Fit elle quand une autre se leva à son tour, la repoussant sur sa chaise.
- Moi, je suis libre ce soir si vous voulez…
- Et moi, tout de suite !
Décidant que la séance avait assez traînée, Sakura tira un Shino totalement éberlué hors de la cohue formée par les jeunes filles complètement excitées et en train de se bagarrer pour savoir qui aurait le droit de l'inviter à sortir. Une fois éloignés, Sakura se mit à rire.
- Finalement, je n'aurais peut-être pas dû t'emmener à cette séance de relookage, pouffa t'elle.
- Pourquoi ? L'interrogea le jeune homme, perplexe.
- Parce que tu vas finir par provoquer une émeute ! Ricana la jeune femme.
- Merci Sakura, murmura le jeune homme, les joues rouges.
- Non. Merci à toi, répondit sincèrement la jeune femme. Il y a longtemps que je ne m'étais pas sentie si détendue. Ça fait du bien.
- Ça fait du bien de te voir sourire aussi, répondit tendrement le jeune homme avant de se rattraper et de continuer la conversation pour savoir si elle voulait prendre une glace.
Pas dupe, la jeune femme accepta la proposition mais tandis qu'ils cheminaient vers le glacier, elle réfléchissait. Se pourrait-il que Shino éprouve plus que de l'amitié envers elle ? Si oui, que devait-elle faire ? Elle n'avait pas envie d'arrêter de voir le jeune homme. Et puis, il avait dit lui-même qu'il ne tenterait rien puisqu'elle était mariée…
Elle se sentait confuse. C'est là qu'elle regrettait la présence de son amie Ino. Elles avaient perdues le contact depuis si longtemps et elle savait aussi que la jeune femme avait rompu tout lien avec sa famille également. Elle s'inquiétait pour elle mais leur amitié lui manquait tout autant. Elle n'avait pas été là pour son mariage avec Kankurô et là, alors qu'elle se sentait si perdue, elle aurait aimé avoir son point de vue si franc sur les choses.
0o0o0
Itachi nageait dans une semi-torpeur. Il se sentait bien. Mais il y avait comme un écho, quelque part dans son esprit. Quelque chose qui résonnait au loin mais dont le son semblait se rapprocher de plus en plus. Il n'aimait pas ça surtout qu'il avait l'impression que son corps lui faisait de plus en plus mal en même temps. Il essayait de s'éloigner mais le bip se faisait insistant.
Et puis il y avait cette voix, accompagnant le bip. Et cette chaleur qui s'en émanait était si attirante. Il résistait mais en même temps il avait envie de la rejoindre. Finalement, il ne put plus résister plus longtemps et se laissa guider vers la voix. Sa tête semblait lourde et il sentait quelque chose de rugueux dans sa gorge.
Il souleva difficilement les paupières alors qu'il entendait La voix s'affoler et appeler. Il reconnut le propriétaire. Kakashi. Soudainement il eut peur. Il n'avait pas réussi, il avait échoué et maintenant, Kakashi était au courant. Il allait le détester. Il sentit son souffle se comprimer dans sa poitrine alors que le tuyau l'empêchait d'articuler un son.
Il entendit le bip s'affoler de même que la voix de son amant. Un médecin fut bientôt auprès de lui, lui demandant de se calmer mais n'y parvenant pas, il sentit quelque chose couler dans ses veines et il se rendormit. Il se réveilla quelques heures plus tard peut-être, il ne savait pas, mais en tout cas, l'appareil respiratoire avait disparu.
Une voix le ramena à la réalité.
- Bien dormi, crevette ?
- Kisame ? Articula t'il péniblement.
- Ouais. Qu'est-ce t'as foutu, gamin ? Sérieusement, pour un génie, on peut pas dire que t'es brillé sur ce coup là, le sermonna le géant avant de reprendre : t'as encore à revoir tout mes contrats de sponsors j'te rappelle.
Il émit un faible sourire. Kisame resterait toujours Kisame avec sa façon franche et maladroite de s'exprimer.
- Où est… tenta Itachi avant de se laisser emporter par une quinte de toux. Kisame lui tendit un verre d'eau avant de lui désigner le lit voisin.
- Il dort pour l'instant, c'est à peine s'il a fermé l'œil de la semaine et encore, il a fallu que l'infirmière Shizune le menace de ne plus l'autoriser à te veiller ! C'est une bonne femme effrayante, rigola le géant. Une femme comme je les aime !
- Tu devrais tenter ta chance, s'amusa Itachi.
- Ouais, c'est ce que je vais faire ! D'ailleurs, je sais qu'elle finit son service dans dix minutes… lança son ami en s'esclaffant bruyamment. Je peux te laisser seul, gamin ? Reprit-il, plus sérieusement.
- T'inquiète pas, murmura Itachi, qui se sentait repartir dans le sommeil.
- Fais pas de connerie gamin ou j'te jure que j'vais t'chercher en enfer par la peau du cul ! jura l'armoire à muscle en lui ébouriffant affectueusement quoiqu'énergiquement les cheveux.
- D'accord acquiesça Itachi, se laissant emporter de nouveau.
Lorsqu'il se réveilla encore, il put voir les traits pâles et la mine fatiguée de son amant penchée au dessus de lui. Lorsqu'il remarqua qu'il était éveillé, Kakashi laissa échapper un soupir audible de soulagement avant de le gifler violemment. Éberlué, Itachi ne réagit pas, choqué par ce geste. Mais aussitôt, Kakashi le prit dans ses bras, murmurant à son oreille :
- Ne me refais jamais plus un coup comme ça, j'ai crû mourir d'angoisse…
Le silence s'installa, inconfortable pour Itachi, qui ne savait trop quoi dire. Il se sentait mal pour Kakashi mais ce n'était rien comparé à cette peur latente qu'il conservait en lui face à cette cécité qui l'attendait dans peu de temps maintenant. Il savait qu'il n'aurait pas le courage de tenter de nouveau de se supprimer mais affronter l'avenir était une perspective terrifiante.
- On trouvera une solution, murmura Kakashi à son oreille, comme s'il avait deviné la tournure de ses pensées.
- Il n'y a rien à faire, répondit doucement Itachi, le cœur serré.
- Il y a toujours quelque chose à faire, amour, rétorqua fermement l'argenté en se dégageant et le regardant droit dans les yeux. Je serais tes yeux.
- Mes… yeux ? Questionna Itachi.
- Je te décrirais tout ce qu'il y a autour de toi, je suivrais tes indications et nous construirons ensemble tes projets, déclara avec enthousiasme Kakashi.
- Mais… tenta Itachi.
- Pas de mais qui tienne, gronda Kakashi. Être aveugle ne fais pas de toi quelqu'un de moins compétent ou de moins créatif. Tu vas juste devoir apprendre à avoir confiance en toi… et en moi, rajouta t'il tendrement.
- J'ai confiance en toi mais…
- Ça ne sera pas facile, j'en suis conscient, coupa son amant en lui caressant les cheveux. Mais on y arrivera. Je… ne supporterais pas de te perdre, 'Tachi. Me laisse pas, tu seras jamais un fardeau pour moi. Je t'aime et j'ai besoin de toi.
Attirant à nouveau Kakashi contre lui, Itachi se dit que celui-ci avait peut-être raison. Peut-être qu'ils pourraient s'arranger ainsi. Il pourrait sans doute apprendre à vivre dans la nuit si Kakashi devait être sa lumière. Il ne pourrait pas le laisser seul maintenant qu'il avait compris dans quels tourments il avait plongé son amant. Alors oui, ça valait peut être la peine d'essayer.
Même s'il crevait de trouille à en pleurer.
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Sasuke rentrait chez lui, exténué. Il avait dû échanger sa garde avec un collègue à la dernière minute à la demande expresse de son chef et avait donc enchaîné presque vingt quatre heures non stop. Il était épuisé. Le seul point positif était que c'était son jour de congé et qu'il allait enfin pouvoir aller voir plus longuement son frère, ce très grand imbécile, pour vérifier comment il allait puisque c'était son jour de sortie.
Il rentra calmement dans son appartement mais se figea lorsqu'il entendit des voix dans le salon. Il se tendit lorsqu'il reconnut les voix de Naruto et Hinata.
- Je suis désolée Naruto. Ce n'était pas voulu, je te le jure ! Sanglotait Hinata.
- Mais… tu es sûre ? Balbutia le blond. Ce n'est pas Kiba qui… ? Il y avait une note d'espoir dans sa voix.
- J'ai vérifié les dates au moins dix fois, s'étrangla Hinata.
- Mais je… C'était qu'une nuit ! S'exclama Naruto, bouleversé. Je m'en souviens même pas, on était complètement saoul cette nuit-là…
- Et tu crois que je ne m'en veux pas ? Hurla Hinata, hystérique. J'ai trompé mon mari le jour même de sa mort et maintenant je porte un enfant de son meilleur ami ! Je suis horrible !
- Hinata…. Commença Naruto.
- Je voulais juste que tu saches, reprit la jeune femme, vacillante. Je… ne te demande rien mais… je ne veux pas avorter, Naruto. Ne me demande pas ça. Je crois que je ne le supporterais pas murmura la jeune femme, les épaules tremblantes.
- Hinata, je ne t'ai jamais dit de faire ça… Je ne sais pas quoi dire, bredouilla maladroitement Naruto. Je ne m'attendais pas à ça…
Incapable de supporter ça sans rien faire, sasuke ouvrit grand le shoji de séparation, découvrant un Naruto et une Hinata dans les bras l'un de l'autre. Furieux, il ne dit pourtant pas un mot, traversant le salon et ne répondant pas aux appels de son compagnon. Il s'engouffra dans la chambre et se saisit du premier sac qu'il trouva pour y fourrer quelques affaires. Il entendit à peine la porte d'entrée claquer, signe du départ d'Hinata.
- Sasuke ! Sasuke, qu'est-ce que tu fais ? S'exclama Naruto en le rejoignant dans la chambre.
- Je me casse d'ici, répondit froidement celui-ci.
- Non ! Ce n'est pas ce que tu crois ! C'était un accident, Sasuke, je te le jure. On était saoul ce soir là quand on a appris la mort de Kiba. Je me rappelle de rien en plus. Ça ne veut rien dire ! Hurla le jeune homme hystérique.
- Ça veut dire que tu m'as trompé, rétorqua Sasuke, glacial.
- Je… je sais mais ça ne veut pas dire que je ne t'aime plus, tenta Naruto, au plus mal.
- C'est pour ça que tu n'as pas arrêté de chercher à te faire pardonner ces deux derniers mois ? Tu crois que je n'avais pas remarqué ton comportement étrange, hein ? Le nargua le brun, complètement aveuglé par sa colère.
- Je me sentais mal pour ce qu'il s'était passé…
- Et au lieu de me le dire tout de suite, tu as préféré garder ça pour toi ? N'est-ce pas la preuve que ça a eu finalement plus d'importance pour toi que ce que tu dis ? Fit-il sarcastique.
- Non ! Je ne voulais pas te faire de mal, je ne voulais pas que tu m'en veuilles, argua maladroitement le blond.
- Je suppose que tu vas vouloir reconnaître l'enfant, n'est-ce pas ? Questionna abruptement Sasuke. Le manque de réponse du blond lui donna confirmation et il se dirigea vers la porte. Il avait besoin de réfléchir. Ailleurs.
- Sasuke ! Sasuke où tu vas ? Paniqua Naruto, en larmes. Tu ne vas… Sasuke ! Ne pars pas !
Malgré les supplications de Naruto, il claqua la porte derrière lui et s'en alla. Il prit une chambre dans le premier hôtel et une fois son sac posé et la porte refermée, il se laissa aller à ses émotions. Naruto l'avait trompé. Avec Hinata. Bien sûr, tout était question de contexte et il voulait bien croire les explications de son compagnon mais il y avait des choses dont il ne pouvait faire abstraction.
Naruto lui avait menti. A lui. Cela expliquait son comportement ces derniers temps bien sûr mais ce manque de confiance était singulièrement perturbant. Naruto et lui s'était toujours tout dit avant. Si on le lui avait demandé il aurait pu parié que Naruto et lui n'avaient aucun secret l'un pour l'autre. Mais il y en avait un et de taille.
Et Hinata était enceinte. Et allait garder l'enfant. Il pouvait bien sûr comprendre qu'après tous les efforts que la jeune femme avait fait pour réussir à concevoir, elle ne veuille pas gâcher ce « cadeau » mais néanmoins, il sentit son ressentiment monter. Elle allait donner à Naruto ce que lui ne pourrait jamais faire. Une famille bien à lui.
Et ça lui faisait peur. Et il se sentait trahi aussi. Naruto allait certainement et légitimement vouloir s'impliquer dans la vie de son enfant et il n'aurait aucune raison de l'en empêcher mais… quelle serait sa place, à lui ? Sa colère était retombée maintenant. Il en voulait encore à Naruto et il se rendait compte qu'il y avait peut-être des choses, entre Naruto et lui, qui devaient être mises au clair.
Il avait crû son couple solide, indestructible, pourtant, maintenant qu'il se retrouvait dans cette situation, il se rendait compte qu'il avait volontairement laissé de côté ses interrogations et celles de Naruto également. Cela avait fragilisé sa relation et peut-être mené à la situation présente. Il soupira. Il faudrait qu'il en discute avec Naruto mais pas maintenant. Il ne se sentait pas capable d'aborder le sujet pour l'instant.
D'autant plus qu'il devait en plus gérer les suspicions à son travail avec l'enquête des services d'inspection à son encontre. On l'accusait, de façon plus ou moins détournée, de profiter de sa mission d'infiltration auprès d'Akatsuki pour profiter des fonds provenant du trafic et il était sur la sellette malgré qu'aucune preuve n'ait été trouvé contre lui.
Ses collègues murmuraient dans son dos, trop ravis de l'occasion de pouvoir médire sur le jeune prodige qui leur faisait de l'ombre avec ses résultats trop parfaits et son attitude hautaine et méprisante. Sasuke n'en avait que faire, il n'était pas dupe des jeux de pouvoir mais ne voulait pas s'y impliquer. Il faisait son boulot, c'est tout.
Même si ça devenait franchement dangereux ces derniers temps. Finalement, se séparer de Naruto un moment lui permettrait peut-être de le protéger de tout ça car si son identité venait à être révélée, le blond pourrait également se retrouver en danger. Oui, c'était la meilleure solution pour l'instant. Il réglerait les problèmes entre eux quand tout ce serait calmé, il lui fallait du temps pour éclaircir les choses entre eux.
Il se coucha, épuisé émotionnellement et physiquement.
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Le lendemain, les journaux faisaient la une avec une seule et unique nouvelle :
« L'Akatsuki frappe au sein des forces de police, un haut membre en cours d'arrestation ! »
Sasuke venait d'entrer dans la clandestinité.
[1] Distributeur de boissons qui pullulent au Japon en raison des fortes chaleurs en été.
[2] La Shepherd's Pie est un plat familial anglo-saxon. D'ordinaire, elle sert à recycler les restes de viandes : ils sont alors recouverts d'une couche de pommes de terre en purée, dans un plat à gratin.
Alors, ça vous intéresse toujours?
Vous voyez, tout ne va pas si mal, non? Y'en a pour qui ça s'arrangent... et d'autres... je vous fais pas un dessin, hein?
A la prochaine!
